Liste rouge des espèces menacées en France : 16 ans de résultats

À l’occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage, la Liste rouge des espèces menacées en France dresse son bilan. Après 16 années d’évaluations et d’analyses sur la faune et la flore, le panorama établi permet de mesurer l’ampleur des enjeux, les progrès accomplis et les défis à relever. Riche d’une remarquable biodiversité, la France abrite en métropole et en outre-mer de nombreuses espèces menacées. Grâce à la Liste rouge, elle dispose d’une base scientifique pour identifier les priorités et agir pour les sauvegarder. Le Comité français de l’UICN et l’unité PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD) publient le bilan de 16 années de résultats, depuis le lancement de la Liste rouge nationale en 2008 : – 17 367 espèces ont été évaluées en France métropolitaine et en outre-mer ;– 2 903 espèces sont aujourd’hui menacées ;– 189 espèces ont disparu de France dont certaines sont également éteintes au niveau mondial. Grâce aux analyses réalisées, la Liste rouge agit comme un véritable baromètre de l’état de santé des espèces. Depuis ses débuts, l’état des lieux a été élaboré avec l’appui de 32 organisations partenaires et plus de 500 experts mobilisés. Il contribue à définir les priorités d’actions, à surveiller les évolutions et à préserver les espèces menacées en France. Pour en savoir plus, découvrez la plaquette et les infographies en téléchargement ci-dessous. >> Accéder à la présentation et aux résultats détaillés de la Liste rouge nationale   Documents et liens – Plaquette : 16 ans de résultats de la Liste rouge des espèces menacées en France– Infographie des résultats en métropole– Infographie des résultats en outre-mer (quelques exemples)– Consulter les résultats sur le site de l’INPN   Photo bandeau : © Mickaël Sanchez 

One Ocean Summit : Le bilan

Annoncé lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN de Marseille par le Président Emmanuel Macron, le One Ocean Summit s’est tenu du 9 au 11 février à Brest. Les deux premières journées d’ateliers ont été l’occasion pour le Comité français de l’UICN d’appeler à la concrétisation de 8 engagements forts, basés sur les recommandations du Congrès mondial de l’UICN de Marseille. Une délégation du Comité français de l’UICN a participé aux 3 jours de Sommet composée de la Présidente, du Directeur, du Chargé de mission « biodiversité marine » et du président du Groupe « Mer & littoral ». De nombreux membres et experts du Comité français de l’UICN étaient également présents pour rappeler l’urgence de la protection de l’océan (WWF France, Office français de la biodiversité, Conservatoire du littoral, Océanopolis, Nausicaa, Muséum National d’Histoire Naturelle, IRD, Te Mana O Te Moana, Fondation Yves Rocher…). Le One Ocean Summit s’est achevé ce vendredi midi à Brest par le segment de haut niveau réunissant, autour du Président de la République, de nombreux chefs d’Etats, de responsables d’institutions multilatérales, de chefs d’entreprises et de décideurs de la société civile, dont le Comité français de l’UICN, représenté par sa Présidente. Le Président Macron y a invité les participants à « prendre des engagements fermes en faveur de l’Océan ». Les principaux engagement du segment de haut niveau Premier des quatre thèmes du segment de haut niveau, la protection de la biodiversité marine a été consacrée par l’engagement de nombreux chefs d’Etat (Malte, Chypre, Irlande, Portugal, Colombie…) à poursuivre la création d’aires marines protégées et à soutenir l’objectif mondial de 30% d’aires marines protégées d’ici 2030 dans la nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité qui sera adoptée par la COP 15 Biodiversité. Le Président a appelé les Etats à rejoindre la Coalition de la haute ambition pour la Nature et les peuples qui regroupe actuellement 83 pays et à prendre des engagements très clairs sur la protection des AMP. Le Comité français de l’UICN salue à ce titre l’atteinte par la France de l’objectif ciblé de 30 % d’aires marines protégées grâce à l’extension de la Réserve Naturelle des Terres Australes Françaises et 4% de protection forte sachant que l’objectif de 10% est refixé pour 2030 (initialement fixé en 2022). Le Président a annoncé une stratégie polaire et son soutien à la demande de classement de la Mer de Weddell et de l’Antarctique Est en AMP, qui nécessite d’engager des négociations avec la Chine et de la Russie.   Le Président de la Polynésie Française Édouard Fritch a quant à lui annoncé la multiplication des réserves de biosphère, la protection de 500 000 Km² de zones côtières réservées à la pêche traditionnelle et vivrière, la protection de toutes les espèces de récifs coralliens, le classement de toute la ZEE de la Polynésie française en Zone Marine Particulièrement Vulnérable, et l’organisation en 2023 d’un One Island Summit.  Rappelant la mort de milliers de dauphins communs par an, due aux captures accidentelles dans les filets de pêche dans le Golfe de Gascogne, le président Macron a annoncé l’accélération de la recherche scientifique et le déploiement des équipements des navires par des pingers, sans toutefois proposer de fermeture saisonnière des pêches, comme le recommande l’UICN, le Conseil international pour l’Exploration de la mer et les ONG. Il a également soutenu la mise en place de TED (Turtle Excluder Device) pour réduire les prises accidentelles des tortues marines. Sur la surpêche, le Président a demandé à ce que la 12ème conférence ministérielle de l’OMC qui se tiendra à Genève aboutisse à un accord supprimant les subventions publiques qui contribuent à la surpêche et la pêche illicite. Ce traité serait le premier accord biodiversité sous l’égide de l’OMC et permettrait de synchroniser pour la première fois les agendas biodiversité, climat et commerce. Le leadership de l’Union européenne a été rappelé pour construire une gouvernance des océans pour protéger les zones de non droit écologique et aboutir à un traité « universel, opérationnel et efficace » sur la haute mer lors des négociations BBNJ qui ont été lancées il y a 10 ans et qui se tiendront en mars à New York. A ce titre, le Président a lancé avec la Présidente de la Commission Européenne une coalition pour soutenir l’adoption de cet accord. La nécessité de lancer les négociations sur la lutte contre la pollution plastique a fait consensus, pour engager la rédaction d’un traité international contraignant, à l’ANUE 5 qui se tiendra fin février à Nairobi. La France et l’Inde étant d’ores et déjà engagées pour l’élimination des plastiques à usage unique. Par ailleurs, le Président Macron a annoncé vouloir régler la problématique des décharges littorales et a identifié une cinquantaine de sites prioritaires en métropole et en outre mer et s’engage à agir, dès 2022, sur les sites de Dollemard, Fouras et Anse Charpentier (Martinique). Le One Ocean Summit a également été l’occasion de rappeler la place primordiale des sciences océaniques et de la nécessité de mieux « comprendre les secrets de l’océan ». L’Unesco, tout comme le Shom, se sont engagés à passer de 20 à 80 % des fonds marins connus et cartographiés d’ici 2030.  Le Président Macron a insisté sur le fait que la connaissance scientifique est la condition sine qua non à la protection des grands fonds marins et annoncé le lancement de grandes missions d’exploration des fonds marins – et des pôles – en déclarant « On ne peut pas protéger ce que l’on ne connait pas ». Mais il n’a pas pris position sur l’exploration et l’exploitation minière suite à l’adoption de la demande de moratoire au Congrès mondial de la nature de l’UICN de Marseille. Le One Ocean Summit marque le début de l’année 2022 qui sera bien l’année de l’Océan. Les prochains événements internationaux qui vont jalonner l’année (les négociations BBNJ qui se tiendront en mars à New York, l’ANUE 5, la conférence de Palau, la COP 15 Biodiversité, la conférence des Nations Unies sur l’Océan à Lisbonne en juin puis la COP27 Climat qui se tiendra à Charm

Congrès UICN : Act4nature, l’heure du bilan

Le Comité français de l’UICN s’est associé en 2017 avec d’autres organisations à l’Association Française des Entreprises pour l’Environnement (EpE) pour concevoir et lancer l’initiative Act4Nature afin de mobiliser davantage les entreprises pour la biodiversité. A l’occasion du Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se déroule à Marseille du 3 au 11 septembre 2021, EpE publie le bilan de la mise en œuvre d’act4nature entre 2018 et 2020. Act4nature a permis de créer une dynamique collective nationale grâce à l’implication de dirigeants d’entreprises de tous les secteurs, entraînant leurs collaborateurs et leurs parties prenantes. A travers un engagement volontaire collectif et des engagements individuels, 65 entreprises ont intégré la biodiversité dans leurs stratégies, leurs activités et leurs chaînes de valeur afin de contribuer aux objectifs fixés par la communauté internationale sur la biodiversité.Tandis que pour certaines, il s’agissait de leur premier engagement public concernant la biodiversité, cela a permis pour les autres de renforcer leurs stratégies biodiversité. 6 entreprises partenaires du Comité français de l’UICN – CIMENTS CALCIA GSM, EDF, ENGIE, PRIMAGAZ, STORENGY, VEOLIA – ont rejoint l’initiative et déposé un dossier individuel dès 2018. Deux d’entre elles – EQIOM et L’OCCITANE – ont signé les engagements communs avant de déposer directement leur dossier individuel dans le nouveau dispositif Entreprises engagées pour la nature – act4nature France. Le bilan de l’initiative, est encourageant. Parmi les 65 entreprises, 56 ont transmis leur état d’avancement dont les engagements se déclinent à travers des actions concrètes. Il en résulte que plus de la moitié (57%) des actions prévues a été menée à terme et près de 40% des actions sont toujours en cours, soit parce qu’elles ont été retardées, soit parce qu’elles ont été prorogées. En outre, 57% des engagements ont fait l’objet d’une vérification externe, que ce soit paær un organisme tiers indépendant, ou bien par des labels, certifications ou autres moyens de contrôle. « Reporter de manière précise et détaillée, auprès des parties prenantes, les actions prévues par les entreprises dans leurs engagements individuels act4nature est un exercice indispensable. Le reporting des entreprises sera d’autant plus efficace si l’entreprise a mis en place dès le départ des actions accompagnées d’objectifs et d’indicateurs SMART (significatif, mesurable, additionnel, réaliste et temporellement encadré) » rappelle Florence Clap, chargée de programme politique de la biodiversité. En 2020, EpE a lancé son nouveau dispositif Act4nature international à destination des entreprises françaises dont le périmètre d’action s’étend à l’international, et l’Office français de la biodiversité pilote le dispositif Entreprises Engagées pour la nature – act4nature France pour les entreprises françaises. Ces nouveaux dispositifs, aux exigences renforcées, requièrent des engagements SMART et des bilans réguliers. Le Comité français de l’UICN, membre des Comités de pilotage de ces deux dispositifs, invite l’ensemble des entreprises à se mobiliser et à rejoindre ces deux initiatives, en reportant sur les actions réalisées de façon précise et transparente et ce de manière régulière. Plus d’informations – Retrouvez le bilan sur le site d’act4nature– Le communiqué de presse du Comité français de l’UICN– Le bilan act4nature a été présenté au Congrès mondial de la nature de l’UICN sur le Pavillon du Comité français de l’UICN le jeudi 9 septembre à 14h à l’occasion de l’événement Quel bilan des engagements des entreprises dans Act4nature ?– Retrouvez les engagements de nos entreprises partenaires sur les sites d’Entreprises engagées pour la nature – act4nature France et d’act4nature International– Le groupe de travail « Entreprises & biodiversité » du Comité français de l’UICN  

Retour sur le Congrès français de la nature 2019

300 représentants des organisations, experts et partenaires du Comité français de l’UICN ont participé au Congrès français de la nature le 12 juin 2019 à Marseille pour préparer le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020. Cet événement clé de la préparation française a permis de débattre de 28 recommandations qui présentent des propositions concrètes sur plusieurs grands enjeux de la préservation de la nature à l’échelle mondiale, et de poursuivre la mobilisation sur la biodiversité d’ici juin 2020 en donnant la parole à plusieurs membres et partenaires du Comité français de l’UICN engagés dans cette voie.   Une ouverture soulignant l’importance du Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 et de la préparation française Pour mettre les participants dans l’ambiance d’un Congrès mondial de l’UICN , la vidéo « La planète à la croisée des chemins – IUCN Congress 2016 » présentant le bilan du Congrès mondial de l’UICN de 2016 à Hawaii a été diffusée.  Bernard Cressens, Président du Comité français de l’UICN a ensuite ouvert le congrès en rappelant ses objectifs et ses enjeux. Il a pointé l’urgence d’agir pour la biodiversité en rappelant les chiffres clés du récent rapport de l’IPBES et l’opportunité unique de 2020 avec le Congrès mondial de l’UICN à Marseille suivi de la COP15 de la Convention pour la Diversité Biologique, en Chine, qui fera le bilan des actions menées par les 196 Etats Parties sur l’atteinte des 20 grands objectifs internationaux sur la biodiversité, dits objectifs d’Aïchi, fixés en 2010. Son discours a également mis en avant la nécessité d’avoir une mobilisation collective pour et autour du Congrès mondial de l’UICN afin que la prise de conscience sur les enjeux de biodiversité soit aussi importante que celle sur le climat. La Région Sud Provence-Alpes-Côtes d’Azur est impliquée dans les groupes de travail locaux pour la préparation du Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020. Renaud Muselier, Président de la Région Sud Provence-Alpes-Côtes d’Azur s’est adressé aux congressistes à travers un message vidéo en affirmant le soutien de la région vers le Congrès français de la nature 2019 qui est un évènement clé de la mobilisation pour le congrès de 2020. > la vidéo de son intervention La ville de Marseille, hôte du Congrès français de la nature 2019 et du futur congrès mondial de l’UICN était également présente pour parler de l’engagement de la ville dans la biodiversité. Didier Réault, Adjoint au Maire de Marseille, délégué à la mer, au littoral, au nautisme et aux plages, a réaffirmé l’enthousiasme et l’implication de la ville pour faire en sorte que le Congrès mondial de la nature de l’UICN de 2020 soit une réussite et les différentes actions engagées par la municipalité pour la biodiversité. Emmanuelle Wargon, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Transition écologique et solidaire, a rappelé que le Comité français de l’UICN est le second comité par le nombre de membres dans le monde, soulignant ainsi l’importance des travaux réalisés durant le Congrès français de la nature. Elle a indiqué que le Congrès mondial d e l’UICN 2020 est très important pour la France car ses futurs résultats seront des éléments clés pour nourrir les réflexions et les accord pris lors de la COP15 de la CDB qui se tiendra quelques mois après. Mme. Wargon a salué l’engagement des collectivités territoriales pour faire de ce congrès une réussite et précisé que celui-ci ouvrira largement ses portes au grand public pour accueillir 100 000 visiteurs. La biodiversité est au coeur de l’agenda international autant que la lutte contre le changement climatique.    Présentation du Congrès mondial de la nature 2020 de l’UICN et la préparation française Marc Magaud, Manager du Forum au sein du Secrétariat international de l’UICN, a présenté aux participants l’impact d’un Congrès mondial de la nature de l’UICN.  Il est ensuite entré de manière plus détaillée dans le déroulement, les thématiques, les parties, le calendrier du Congrès de 2020. Pour finir, il a invité les participants à s’impliquer dans la programmation de ce congrès mondial notamment en soumettant des propositions pour le Forum (jusqu’au 17 juillet). > Sa présentation Par la suite, Marc Strauss, Directeur de projet « grands événements internationaux » au Ministère de la Transition écologique et solidaire, a rappelé l’importance pour la France de l’accueil du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille pour lancer une dynamique nationale et internationale sur la biodiversité. Il a détaillé l’organisation et les modalités pratiques actuellement prévues, dont les espaces Génération Nature pour sensibiliser le grand public. > Sa présentation Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN a ensuite présenté la feuille de route du Comité français de l’UICN pour le Congrès mondial de l’UICN 2020 composée de 7 actions. > Sa présentation       Une second partie dédiée aux ateliers sur les motions Le Comité français de l’UICN a mis en place une préparation collective des motions, à travers des groupes d’échanges, qui a abouti à la préparation de 28 projets de motions sur des enjeux internationaux de la biodiversité. Ils ont été débattus lors du Congrès français de la nature. Ils seront ensuite finalisés et soutenus par les membres français de l’UICN pour être soumis au débat et au vote de l’Assemblée Générale de l’UICN. Plusieurs ateliers thématiques ont été mis en place durant le Congrès français de la nature 2019 (matin et après-midi) : – Mer et Espèces – Aires protégées – Droit et politiques environnementales – Forêt – Mer – Enjeux tropicaux et globaux – Coopération internationale et Espèces – Ecosystèmes 28 projets de motions du Comité français de l’UICN dont 2 portées par des membres ont été travaillés durant cette journée. > la liste des projets de motions   Une table ronde dédiée à la mobilisation pour 2020 et au-delà Ensuite, une table ronde animée par Maud Lelièvre, Vice-présidente du Comité français de l’UICN a permis de réunir Christophe Aubel, Directeur général de l’Agence Française pour la Biodiversité, Guy Geoffroy, Président de des Eco-Maires, Marine Braud, Responsable de la diplomatie verte

COP14 Biodiversité : 196 gouvernements acceptent d’intensifier leurs efforts pour la nature d’ici 2020 et au-delà

A l’issue de la 14ème conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP14 CDB) qui vient de se terminer à Sharm El-Sheikh, en Egypte, les 196 Etats signataires de la convention sur la diversité biologique ont pris les principales décisions suivantes : – La Déclaration de Charm El-Cheikh adopte et invite l’Assemblée générale des Nations Unies à convoquer un sommet sur la biodiversité pour les chefs d’État d’ici 2020 – Les gouvernements acceptent d’accélérer les actions pour atteindre les objectifs d’Aichi relatifs à la biodiversité d’ici 2020 – Un accord a été pris sur la mise en place d’un processus global et participatif visant à élaborer un cadre mondial sur la biodiversité pour l’après-2020 – De Sharm El Sheikh à Pékin, un Agenda pour la Nature et les Hommes a été lancé pour mobiliser largement les parties prenantes – De nombreuses décisions ont été prises sur des questions importantes telles que les pollinisateurs, la gestion durable de la faune sauvage, la santé, les espèces exotiques envahissantes ou la mobilisation de ressources financières   Cette conférence, organisée sous le thème « Investir dans la biodiversité pour les peuples et la planète », s‘est fermée avec un large accord international pour renverser la destruction globale de la nature et de la perte de biodiversité menaçant toutes les formes de la vie sur Terre. Pour combattre cette crise, les gouvernements ont accepté d‘accélérer leurs actions pour atteindre les objectifs d’Aichi relatifs à la biodiversité, adoptés en 2010, dès maintenant jusqu’en 2020. Le travail pour atteindre ces objectifs doit être mené à tous les niveaux : global, régional, national et sous–national. La réunion a également convenu d’un processus complet et participatif pour l’élaboration d’un nouveau cadre mondial pour la biodiversité post-2020, qui devrait être approuvé lors de la prochaine Conférence des Parties (COP 15) à Pékin en 2020. Ce cadre vise à sauvegarder la nature et la biodiversité pour les décennies à venir. Dr. Cristiana Paşca Palmer, Secrétaire exécutive de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), a remercié les délégations pour leur travail et leurs engagements lors de cette COP14. Tout au long de la conférence, elle a exposé les constats scientifiques indiquant que l’humanité est actuellement engagée sur une voie non durable qui implique une perte de biodiversité considérable et continue, avec des conséquences en cascade pour la nature et les humains, y compris dans l’économie mondiale, la disponibilité de nourriture et d’eau, et en matière de sécurité humaine, santé et bien-être. Elle a indiqué que « La nature est dynamique et interconnectée – comme doit l’être notre réponse. Nous devons passer du changement progressif que nous avons créé à un modèle qui continue à obtenir des victoires progressives tout en cherchant fondamentalement à opérer un changement transformationnel. Comme le montre cette COP, nous avons déjà commencé ce voyage. » Pour faire participer tous les secteurs et toutes les parties prenantes, le gouvernement de la République arabe d’Égypte, le gouvernement de la République populaire de Chine et le Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique des Nations Unies ont annoncé le lancement de l’Agenda pour la Nature et les Hommes pour catalyser, rassembler et célébrer les actions prises en faveur de la conservation de la biodiversité et de son utilisation durable. Son excellence, Yasmine Fouad, Ministre de l‘environnement de la République Arabe d‘Egypte, et Présidente de la COP14, a rappelé que les ministres et les chefs de délégation se félicitaient de l’initiative prise par l’Égypte de promouvoir une approche coordonnée pour lutter contre la perte de biodiversité, les changements climatiques et la dégradation des sols et des écosystèmes. Elle a appelé l’Assemblée générale des Nations Unies à organiser un sommet sur la diversité biologique pour les chefs d’État avant la COP15 de la CDB en 2020 et a invité les pays à mener à bien la réalisation du Plan stratégique de la CDB avant la fin de la décennie. « Nous devons réfléchir sérieusement à la transformation du système et à un nouveau contrat social visant à protéger le bien commun », a déclaré Naoko Ishii, Présidente du Fonds pour l’environnement mondial, à l’ouverture de la COP14.« La nature et les hommes méritent un nouvel accord », a déclaré Ishii. « 2020 offre une dernière chance à la communauté mondiale d’agir ensemble – ne le manquons pas! ».   D‘autres annonces et décisions prises à la conférence : – Un sommet ministériel africain tenu juste avant la COP 14 a produit une déclaration ministérielle ainsi qu’un Agenda d’actions panafricaines sur la restauration des écosystèmes pour accroître leur résilience ; – Un appel à l‘Assemblée générale de l‘ONU pour déclarer la période 2021–2030 comme décennie de la restauration des écosystèmes ; – Le Forum sur les entreprises et la biodiversité a produit des recommandations pour renforcer davantage l’engagement du secteur privé et des entreprises en faveur de la diversité biologique et son intégration dans différents secteurs économiques ; – S’appuyant sur le thème de la conférence, la COP14 a adopté une décision concernant une approche stratégique à long terme visant à intégrer la biodiversité dans les travaux d’un certain nombre de secteurs productifs, notamment l’énergie et les mines, les infrastructures, et la santé ; – Un Sommet sur la Nature et la Culture a proposé des activités visant à faire progresser les travaux sur la diversité biologique et culturelle en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), les peuples autochtones et les communautés locales; – Des directives volontaires ont été adoptées sur diverses questions, notamment sur la conception et la mise en œuvre efficace de solutions fondées sur la nature pour l’adaptation au changement climatique et la réduction des risques de catastrophes naturelles, sur les connaissances traditionnelles et sur l’intégration d’aires protégées et d’autres mesures de conservation dans les paysages terrestres et marins plus vastes ; – La Conférence a adopté d’importantes décisions sur des questions liées aux pollinisateurs, à la gestion durable des espèces sauvages, à la santé, aux espèces exotiques envahissantes, à la mobilisation des ressources financières, et l’accès aux ressources génétiques et au partage juste et équitable des bénéfices issus de leurs utilisations.   En savoir plus – Les résultats des négociations sont disponibles sur : www.cbd.int/conferences/2018 – Les streaming des vidéos sur les négociations, les conférences de presse et certains événements parallèles sont disponibles à l’adresse suivante: www.cbd.int/webcast/ – Les réseaux sociaux de la Conférence sont : Facebook, Twitter, Instagram et Linkedin Source : Cdb.int Photo bandeau © Andrzej Kryszpiniuk on Unsplash

Retour sur le Congrès français de la Nature 2018

Le Comité français de l’UICN a organisé le 7 juin 2018 son Congrès français de la Nature. Son objectif était de lancer une large mobilisation sur les enjeux de la biodiversité dans la perspective de deux grands événements internationaux qui se tiendront en 2020 : le Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille et la 15ème Conférence des Parties de la Convention sur la Diversité Biologique à Pékin. Durant cette journée, de nombreuses personnalités du réseau du Comité français de l’UICN ont insisté sur les enjeux de ces deux événements et ont échangé sur les possibilités d’actions et la mobilisation à mettre en place.   Une ouverture sous le signe de la célébration Bernard Cressens, Président du Comité français de l’UICN a ouvert le congrès en rappelant ses objectifs, ses enjeux, et en célébrant les 25 ans d’actions pour la nature du Comité français de l’UICN. Il a rappelé l’importance d’agir avec la nature et d’une humanité plus solidaire avec elle. Une présentation exhaustive à retrouver en image sur la page dédiée. > la vidéo de son intervention Marc Magaud, Conseiller principal auprès de la directrice générale de l’UICN, a présenté le message d’Inger Andersen aux membres et experts français de l’UICN sur ses attentes pour le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 et les défis auxquels nous devons répondre pour enrayer la perte de biodiversité dans le monde. Il a souligné, qu’au niveau mondial, l’UICN célébrait aussi cette année sur ses 70 ans d’actions depuis sa création en 1948 à Fontainebleau. > la vidéo de son intervention   Une matinée dédiée au congrès mondial de la nature 2020 Sonia Pena Moreno, Conseillère biodiversité du programme des politiques globales de l’UICN a tout d’abord présenté le Congrès mondial de la nature de l’UICN et comment ses recommandations ont influencé l’agenda mondial de la conservation de la nature. > la vidéo de son intervention Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN a ensuite expliqué comment le Comité français de l’UICN a contribué aux précédents congrès mondiaux de la nature de l’UICN (organisation d’ateliers et autres événements, motions pour l’Assemblée générale…) et le processus mis en place pour contribuer au congrès de 2020. > la vidéo de son intervention Par la suite, Marc Strauss, Directeur de projet « grands événements internationaux » au Ministère de la transition écologique et solidaire, a rappelé l’importance pour la France de l’accueil du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille pour lancer une dynamique nationale et internationale sur la biodiversité. Il a détaillé l’organisation et les modalités pratiques actuellement prévues, dont les espaces Génération Nature pour sensibiliser le grand public. > la vidéo de son intervention La ville de Marseille, hôte de ce futur congrès était également présente pour parler de l’engagement de la ville dans la biodiversité. Didier Réault, Adjoint au Maire de Marseille, délégué à la mer, au littoral, au nautisme et aux plages, a réaffirmé l’enthousiasme et l’implication de la ville pour faire en sorte que le Congrès mondial de la nature de l’UICN de 2020 soit une réussite. Monique Cordier également adjointe au Maire de Marseille, a adressé un message vidéo aux congressistes, soulignant l’adoption prochaine de la stratégie biodiversité de la ville et le déploiement d’actions d’ici à 2020. > la vidéo de son intervention Christophe Aubel, Directeur général de l’Agence Française pour la Biodiversité a ensuite présenté le plan de mobilisation de l’agence pour la société civile et les citoyens, ainsi que deux clips vidéos de la nouvelle campagne de communication de l’agence (disponible ici). > la vidéo de son intervention Après ces présentations, Patrick Blandin, Président d’honneur du Comité français de l’UICN, a rappelé l’importance de réaffirmer la dimension éthique de la conservation de la nature lors du Congrès mondial de l’UICN en 2020 (> la vidéo de son intervention) et les Président(e)s des Commissions et des Groupes de travail du Comité français de l’UICN ont ensuite énoncé les sujets prioritaires, actuellement identifiés au sein du réseau, pour contribuer au congrès mondial. Des échanges avec la salle ont ensuite eu lieu pour en débattre. > la vidéo des présentations et celle des échanges avec la salle   Une après-midi pour lancer la mobilisation pour 2020 et après Jean-François Silvain, Président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité a débuté cette seconde partie en faisant un état des lieux de la biodiversité dans le monde, basé sur les derniers rapports de l’IPBES. > la vidéo de son intervention Sonia Pena Moreno a présenté les enjeux de la préparation de la 15ème COP de la Convention sur la Diversité Biologique qui se tiendra quelques mois après le congrès mondial de l’UICN. Il s’agira de dresser le bilan des objectifs d’Aichi et d’adopter un nouveau cadre mondial d’action après 2020 approuvé par les 196 Etats signataires de cette grande convention internationale. > la vidéo de son intervention Lucien Chabason, Conseiller à l’IDDRI (et directeur par intérim) a ensuite présenté les réflexions et options possibles pour avoir un nouvel accord international plus efficace. > la vidéo de son intervention A travers un message vidéo, le Ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, s’est adressé aux congressistes. Il a rappelé sa volonté de porter les enjeux de biodiversité au même niveau que ceux du climat, l’implication de la France pour négocier un nouvel accord international ambitieux, et l’importance des recommandations de l’UICN et du congrès mondial à Marseille pour y parvenir. Il compte aussi impulser une large mobilisation pour la biodiversité en France d’ici 2020 et a annoncé l’adoption d’un Plan Biodiversité en juillet. Michèle Pappalardo, Directrice du cabinet du Ministre, a ensuite présenté plus en détails les ambitions du Ministre et les grandes lignes du Plan Biodiversité qui impliquera tous les ministères. > la vidéo de son intervention Ensuite, une table ronde dédiée à la mobilisation des acteurs pour 2020 a été animée par Jean-Jacques Fresko. Les intervenants de cette table ronde étaient Maud Lelièvre, Déléguée générale à l’association les Eco-Maires et Jérôme Bignon, Sénateur, pour la thématique sur

Retour sur les Journées FRB : Biodiversité et transition écologique

La journée annuelle de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) du 5 octobre avait pour thème « Biodiversité et transition énergétique : enquêtes sur des liaisons dangereuses » Plus de 300 personnes ont participé à cet événement, dont le Comité français de l’UICN qui a présenté l’intérêt des Solutions fondées sur la Nature et l’importance de la prise en compte de la biodiversité dans le développement des énergies renouvelables lors d’une table ronde « Réconcilier biodiversité énergétique avec les acteurs ». D’autres structures sont également intervenues à cet événement, Iddri, LIFTI, Orée, EDF, Engie, Suez, Total, Enedis, RTE, GRT gaz, CCI France, Séché environnement, LPO, EPE, Icare & consult, AFB, afin d’apporter leur témoignage sur les actions ou les réflexions déjà engagées dans leurs entreprises, aux côtés des instituts de recherche comme l’IRD, le Cirad, l’Inra, le MNHN ou encore l’IIASA. L’ensemble des ces interventions et des échanges ont montré les impacts possibles de la transition énergétique sur la biodiversité et l’importance de concilier ces deux politiques environnementales, que sont celle de la préservation de la biodiversité et celle de la lutte contre le changement climatique. Ce message principal rejoint celui porté par le Comité français de l’UICN depuis plusieurs années (travaux de la Commission de Gestion des écosystèmes, recommandations du Congrès français de la nature et du Congrès mondial de l’UICN). En complément de ces témoignages, cette journée fut l’occasion pour le Ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot d’annoncer ses priorités et sa volonté de placer les enjeux de la biodiversité au même niveau que la lutte contre le changement climatique. Dans le même temps, le ministre a appelé les chercheurs à guider l’action publique, orienter ses choix et l’appuyer dans la reconquête de biodiversité.   Plus d’informations – Télécharger le Compte rendu des Journées FRB 2017 – Accéder à la synthèse de l’article scientifique – Site internet de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité – Publications de l’UICN France sur le thème de la transition énergétique et la biodiversité : Bois-énergie et biodiversité forestière Energies marines renouvelables et biodiversité Energies marines renouvelables et biodiversité en outre-mer Montagnes et Transition énergétique

Bilan de l’Atelier international #Nature4climate

Retour sur l’Atelier international Eau & Climat – « Génie écologique et risques climatiques » 220 participants des 5 continents ont participé à l’atelier international Eau & Climat sur le thème « Génie écologique et risques climatiques » organisé par l’Agence de l’eau Seine-Normandie et l’Agence Française de développement en partenariat avec le Comité français de l’UICN, le Partenariat Français pour l’Eau, l’Institut du développement durable et des relations internationales et l’Agence française pour la biodiversité, les 20, 21 et 22 septembre 2017 à Paris. Les présentations, échanges et groupes de travail ont permis de souligner l’importance de s’appuyer sur les écosystèmes pour s’adapter au changement climatique et les avantages apportés par ces solutions fondées sur la nature, grâce à des retours d’expériences diversifiés. Les débats ont également mis en lumière la nécessité d’intégrer ces solutions dans les politiques et projets d’aménagement du territoire, d’assurer un portage institutionnel et une appropriation de ces solutions par les populations locales.   Sous l’effet du changement climatique, la raréfaction des ressources en eau, la multiplication des événements extrêmes et la montée du niveau de la mer menacent les écosystèmes et les populations. Favoriser les solutions fondées sur la nature, « sans regret » et multifonctionnelles, permettant de protéger à la fois les populations et les écosystèmes, et les services écologiques qu’ils procurent, sont des défis essentiels pour faire face aux changements climatiques.  Face aux enjeux des risques naturels et dans un contexte de changement climatique, cet atelier a su montrer la nécessité de : Faire de la nature une alliée, de s’inspirer et s’appuyer sur des écosystèmes en bon état pour mieux s’adapter aux changements climatiques, tout en restant humble face aux dynamiques naturelles. Développer un dialogue, permettant de partager des éléments de diagnostic qui vont permettre aux acteurs, praticiens, décideurs de s’en inspirer pour proposer des réponses à la hauteur des enjeux.   Des réflexions qui seront portées sur la scène internationale Les échanges issus de cet atelier seront portés à la COP23 et au Forum Mondial de l’Eau Brasilia 2018 et contribueront à enrichir la dynamique lancée dans les bassins français pour s’adapter aux changements climatiques en cohérence avec la mise en oeuvre des Objectifs de développement durable des Nations Unies. Des écosystèmes sains pour s’adapter au changement climatique Préserver des écosystèmes sains et fonctionnels permet de les rendre plus résilients face aux changements globaux et de favoriser l’adaptation de nos économies et nos modes de vie qui en sont bien plus dépendants que nous le pensons. Des solutions multifonctionnelles Les solutions fondées sur la nature sont multifonctionnelles (comme l’agroforesterie ou la restauration de zones humides) et apportent des co-bénéfices pour l’emploi, les rendements agricoles, l’environnement, les ressources en eau, la biodiversité… Ces solutions nécessitent une réflexion sur l’aménagement du territoire Faire de la place au vivant, accepter des espaces de liberté le long de nos côtes, pour les cours d’eau, pour les dynamiques écologiques de la biodiversité sont autant de « nouvelles » façons de gérer les risques naturels liés à l’eau. Les politiques publiques et d’aménagement doivent intégrer les solutions fondées sur la nature dans le panel des solutions de gestion des risques naturels. Les zones humides, urbaines ou en milieux ruraux, par exemple en Chine ou sur la vallée de l’Oise, supposent un aménagement radicalement différent de l’espace associé à une redistribution des ressources et des priorités. Les solutions fondées sur la nature doivent être de plus en plus considérées, explorées et utilisées tout en sachant qu’il n’y a pas de solution unique mais plusieurs solutions adaptées à un territoire et à sa population. Elles n’excluent pas le recours aux solutions plus classiques de génie civil qui peuvent être combinées dans les territoires à ces solutions douces en fonction des enjeux. Des retours d’expériences diversifiés Nous avons maintenant de nombreux exemples de toutes natures qui sont autant de démonstrateurs qu’il est possible d’avoir recours à la restauration et/ou la protection des écosystèmes dans la gestion des risques liés à l’eau et de leur pertinence dans un contexte de changement climatique. Il s’agit aujourd’hui d’encourager leur mise en œuvre, au-delà de la réalisation technique de ces solutions.   La conduite des politiques et acceptabilité sociale Un certain nombre de pistes ont été évoquées, parmi lesquelles l’importance et l’efficacité de la participation, qui suggèrent qu’il faut des politiques non seulement participatives, mais plus encore inclusives, qui s’appuient sur des diagnostics clairs des besoins des populations locales, comme l’a souligné l’exemple brésilien. Les projets ont pu pointer les insuffisances ou les limites à la mise en œuvre des solutions fondées sur la nature : acceptabilité sociale, portage politique, financement spécifique, manque de données à la fois hydrologique mais aussi sur les écosystèmes, maîtrise du foncier, mais aussi un retour sur l’efficacité des solutions choisies et des bénéfices pour la biodiversité. Nous bénéficions en effet de plusieurs décennies d’expérience de génie écologique, dans des domaines aussi divers que la gestion du trait de côte, de l’érosion, de l’agroforesterie, des trames vertes et bleues en zone urbaine. L’enjeu aujourd’hui est de faire sortir ces expériences, ces savoir-faire techniques, de leur domaine spécialisé et d’en faire les bases de politiques publiques qui répondent à ces défis.   Ils l’ont dit durant l’atelier « Nous n’arriverons pas à relever les défis du climat sans prendre en compte les écosystèmes » Sébastien MONCORPS, Directeur de l’UICN France « Notre responsabilité de décideur politique c’est d’agir, au plan local, par bassin et au plan international. La stratégie d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie, partagée par l’ensemble des acteurs rassemblent nos forces et actions pour relever le défi du changement climatique. » François SAUVADET, Président du Comité de bassin Seine-Normandie « Rendre la ville plus perméable, infiltrer la pluie là où elle tombe, rendre nos milieux naturels plus résistants aux impacts du changement climatiques sont des solutions mises en œuvre par les acteurs du bassin et soutenus par l’Agence de l’eau Seine-Normandie » Patricia BLANC, Directrice générale de l’Agence de l’eau Seine-Normandie « Les pays partenaires de l’Agence Française de Développement sont des pays en

Bilan du 4ème Congrès international des aires marines protégées

Retour sur le 4ème Congrès International des Aires Marines Protégées (IMPAC 4) Le 4ème Congrès international des aires marines protégées s’est tenu au Chili, à la Serena, du 4 au 8 septembre 2017 avec pour thème : « aires marines protégées : réunir les hommes et l’océan ». Près de 900 participants de 80 pays sont venus débattre de la conservation des océans. La France comptait 39 participants, dont deux représentants du Comité français de l’UICN. Les principaux sujets abordés ont porté sur l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, l’efficacité de la gestion, le financement des aires marines protégées (AMP), la protection de la haute mer, la réglementation et la planification. Depuis le congrès précédent (IMPAC3, 2013, Marseille), la superficie globale des AMP a doublé. Elle est passée de près de 3% à 6,35%. L’objectif des 10% d’ici 2020 fixé par la Convention sur la diversité biologique (CDB) progresse, mais de nombreuses publications démontrent qu’il faudra faire plus pour garantir un bon état de conservation des écosystèmes marins et la bonne santé de l’océan mondial. Ainsi, l’objectif de la « promesse de Sydney » issue du Congrès Mondial des Parcs de l’UICN (2014), appellant à classer 30% de l‘océan mondial en Zone de Non Prélèvement d’ici 2030 (« 30% No-Take Target »), a été réaffirmée au Chili. De nombreux types d’AMP participent à l’atteinte de cet objectif et de nouvelles nomenclatures apparaissent. Elles restent le plus souvent peu traduites dans le contexte français : Marine Managed Areas (MMA), Multiple-Use MPA, Large Scale MPA (LSMPA) ou encore Highly ou Fully MPA (HMPA). Ces différentes désignations montrent la diversité des objectifs visés par les AMP et leur rôle dans le contexte de la Planification Spatiale Marine. La progression surfacique des aires marines protégées a été rendue possible à travers la création de sites de très grandes superficies (Large Scale MPA): ainsi, 30 des 15271 AMP actuelles couvrent à elles seules 21.3 millions de km2 soit 80% de la superficie globale protégée. On peut citer par exemple la Réserve Marine de Papahānaumokuākea (USA ; 1,5 million de Km2), le Parc Marin de la Mer de Corail (Nouvelle-Calédonie ; 1,3 million de Km2) ou la récente AMP dans les eaux chiliennes autour de l’île de Pâques (720 000 Km2). Le Chili est ainsi devenu le pays avec la plus importante part de ZEE protégée (46%). Les LSMPA contribuent ainsi à répondre aux engagements internationaux mais en même temps, elles posent la question de l’effectivité de la gestion, de la réglementation, et de la nécessaire implication des communautés littorales dans leur gouvernance, questions centrales pour cette 4ème édition. Le Comité français de l’UICN a pu valoriser l’expertise française et apporter ses connaissances en organisant ou co-organisant plusieurs sessions traitant notamment : De l’efficacité de la gestion (atelier sur la liste verte organisé par le secrétariat international de l’UICN) De valorisation internationale en participant à plusieurs événements concernant les instruments internationaux applicables aux AMP (Réserves de biosphère, Sites Ramsar et Liste du patrimoine mondial). Le congrès a notamment été l’occasion de poursuivre le travail en cours concernant la candidature des Marquises à la liste du Patrimoine mondial De gestion adaptative en valorisant les travaux du groupe de travail « aires protégées et changements climatiques » à travers une table ronde visant à partager de bonnes pratiques à l’échelle internationale De planification en animant une table ronde visant à identifier les critères nécessaires à la mise en œuvre d’un réseau de zones de protection forte en milieu marin dans le contexte de l’objectif des 30% de Zone de Non Prélèvement de la promesse de Sydney « Fully MPA, towards the achievement of the 30% No-Take Target »   Encart. Les évènements (co)organisés par l’UICN France   Les conclusions et engagements du congrès Le congrès s’est achevé par une rencontre politique de haut niveau le 9 septembre à Viña del Mar près de Valparaiso, présidée par Michèle Bachelet, Présidente de la République du Chili. La représentation de la France a été importante, sous la conduite de Serge Ségura, Ambassadeur chargé des océans, et avec la présence de  l’ambassadrice de France au Chili, Caroline Dumas, de la nouvelle ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles Arctique et Antarctique, Ségolène Royal et du Ministre de l’environnement et de la culture de la Polynésie française, Heremoana Maamaatuaiahutapu. Les autorités chiliennes, représentées par le Ministre de l’Environnement, Marcelo Mena, ont annoncé un partenariat technique avec l’Agence Française pour la Biodiversité. Cette rencontre politique s’est conclue par un appel à l’action en faveur des océans, qui vise à unir les Etats autour du thème du congrès « réunir les hommes et l’océan ». Cet appel encourage les Etats à atteindre l’ensemble des composantes de l’objectif n°11 d’Aichi et l’objectif de développement durable 14. Il insiste également sur la qualité de gestion et la nécessité d’une gouvernance inclusive des acteurs à tous niveaux, et favoriser la création d’aires marines protégées au-delà des juridictions nationales. En relation avec l’Accord de Paris sur le Climat, une attention particulière a été portée à l’adaptation et l’atténuation du changement climatique dans les stratégies des aires marines protégées. Rendez-vous à la prochaine édition, dans quatre ans au Canada, pour mesurer l’évolution de ces engagements et partager de nouvelles expériences innovantes !   Plus d’informations Site internet du Congrès Impac 4

Bilan du Grenelle de la Mer

Le Grenelle de la mer s’achève aujourd’hui et dessine enfin les éléments d’une nouvelle politique maritime intégrée pour la France. Le bilan tiré aujourd’hui de ces 5 mois de travail est globalement positif avec des engagements structurants pour la protection de la mer et du littoral et l’intégration de critères écologiques et sociaux dans de nombreux domaines. Cependant, la réussite du Grenelle de la Mer dépendra aussi des mesures et des engagements que doit prendre demain le Président de la République en matière de biodiversité et de pêche, d’exploitation des ressources de la mer et de gouvernance. Aires Marines Protégées : un engagement historique L’objectif d’ici à 2020 de 20 % des eaux françaises (eaux territoriales et zone économique exclusive) en Aires Marines Protégées dont la moitié en réserves marines se fera en concertation avec les pêcheurs en intégrant la représentativité des écosystèmes. Si ces objectifs sont réellement mis en œuvre, la France (deuxième domaine maritime international) deviendra le leader mondial en termes de protection de la biodiversité et de gestion des pêches. Le thon rouge le requin-taupe aux annexes de la CITES La France doit soumettre le classement du thon rouge et du requin-taupe aux annexes de la CITES (convention sur le commerce international des espèces menacées) pour pouvoir réellement protéger ces espèces. Une nouvelle gouvernance intégrée de la mer En termes de gouvernance nationale, la confirmation du poids politique affirmé par le Ministère chargé de la Mer pour la coordination interministérielle et le choix de l’instauration d’un organe consultatif réunissant les 5 collèges constituent une réelle avancée et un processus démocratique original à poursuivre. Quel financement ? Face à l’ensemble des mesures prises qui demandent des engagements forts en termes financiers que ce soit pour le renforcement de la recherche ou la mise en place des mesures prises dans ce Grenelle, les ONG ont proposé de continuer la réflexion avec les autres acteurs sur les nouveaux modes de financement de la mer. Cette réflexion devra se faire en lien avec une réflexion globale sur la fiscalité et en prenant en compte la notion de solidarité de bassin. Les conclusions de cette commission doivent arriver très vite avant 2010. Malgré tout, des défis encore à relever et des pistes à creuser Enfin, les associations signataires seront particulièrement attentives au développement donné à certains sujets d’importance : mise en œuvre d’une aquaculture véritablement durable reposant moins sur la production de poissons carnivores et la pêche minotière, protection des écosystèmes de grands fonds (la France continue à détruire des écosystèmes vulnérables malgré la résolution onusienne qui l’interdit effectivement depuis le 31 décembre 2008), maîtrise des pollutions d’origine terrestre, traitement des déchets portuaires et réduction des macrodéchets. D’autre part, une réflexion sera engagée sur les gigantismes des navires de commerce et à passagers sous l’angle de la sécurité en mer, du sauvetage des vies humaines et de la protection de l’environnement. Les mesures actées dans ce Grenelle doivent être le plus rapidement mises en place que ce soit au sein du grenelle II, au sein des instances compétentes et le suivi des mesures ne peut que se faire entre les 5 collèges réunis pendant ces 5 mois. (Communiqué commun des ONG ayant participé au Grenelle de la Mer) L’ensemble des propositions actées lors du Grenelle de la Mer sont regroupées dans le Livre bleu, consultable en ligne. Pour en savoir plus, visitez le site officiel du Grenelle de la Mer.