Les grands singes à l’honneur

Du 17 au 23 octobre 2018, le Comité français de l’UICN a soutenu la participation de 3 membres de l’Alliance pour la conservation des grands singes en Afrique centrale (A-GSAC) à plusieurs événements à Paris.

Cette alliance, impulsée en 2016 avec l’appui du Programme de Petites Initiatives (PPI) coordonné par le Comité français de l’UICN, réunit à l’heure actuelle 6 organisations de la société civile issues de 4 pays du Bassin du Congo (Cameroun, République du Congo, Gabon, RDC).

Organisé du 17 au 19 octobre au musée de l’Homme, le 31ième colloque de la Société francophone de primatologie a réuni 110 personnes, essentiellement issues du milieu scientifique, pour présenter les dernières études et résultats de recherche ou de conservation sur les primates du monde entier. L’A-GSAC a ainsi pu présenter ses actions auprès d’un public académique et ainsi démarrer des discussions en vue de nouer des partenariats scientifiques pour ses études in situ sur les grands singes. L’objectif était également de faire connaître l’A-GSAC auprès des acteurs français, ce qui semble particulièrement stratégique au vu de l’investissement de la France sur la conservation de la biodiversité dans le Bassin du Congo.

Au Sénat, un colloque intitulé « sauver les grands singes, un enjeu pour l’humanité » était organisé le 22 octobre par le sénateur de Loire Atlantique Ronan Dantec en partenariat avec le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et en particulier la primatologue Sabrina Krief. L’objectif : dessiner des perspectives pour renforcer l’action et la mobilisation de l’ensemble des acteurs français (Etat, société civile, secteur privé, …) et internationaux (UNESCO, …) afin de franchir une étape supplémentaire pour la protection des grands singes. L’occasion pour l’ONG congolaise Mbou-Mon-Tour, active sur la conservation des bonobos et partenaire du (PPI) depuis 2012, et l’A-GSAC d’intervenir et de partager leurs travaux devant le Ministre de la Transition écologique et solidaire, d’élus français, du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), de représentants d’institutions internationales (UNESCO, …) et d’ONG françaises.

Afin d’identifier des pistes d’actions et de financement à court et moyen termes, l’A-GSAC a ensuite participé à des réunions avec l’UNESCO, les ministères de la Transition écologique et solidaire et de l’Europe et des Affaires étrangères, le FFEM, la Fondation pour la Nature et l’Homme ou encore le RASTOMA (réseau des acteurs africains pour la conservation des tortues marines, également appuyé par le PPI).

Cette semaine s’est conclue par un ‘Café brousse’ organisé par le Comité français de l’UICN.  L’occasion pour une vingtaine d’experts français du réseau de se réunir et d’échanger autour des enjeux de la conservation des grands singes en Afrique centrale, grâce aux interventions de Victor Narat, primatologue au MNHN, et de l’AGSAC.

La participation de l’A-GSAC à l’ensemble de ces évènements a permis de renforcer sa visibilité et sa reconnaissance institutionnelle et politique et de mettre en avant le travail concret de conservation mis en œuvre par ses membres, les actions menées et les perspectives de collaboration qu’elle offre aux experts français sur la connaissance et le suivi des grands singes des forêts du Bassin du Congo. Des partenariats institutionnels, techniques, académiques et, plus tard espérons-le, financiers devraient ainsi naître suite à cette mission parisienne du réseau, et ce dès l’année 2019.

De belles perspectives s’ouvrent donc pour l’Alliance et la conservation des grands singes dont les sept espèces sont aujourd’hui toutes inscrites comme « menacées »sur la liste rouge mondiale de l’UICN.

 

Plus d’informations

Le Programme Coopération internationale de l’UICN France
Le Programme de Petites Initiatives (PPI)
Le site internet du FFEM
Le site internet de RASTOMA
Le Facebook du PPI
Le Facebook de l’ONG Miou-Mon-Tour

 

1Le Gorille de l’Est (Gorilla beringei) est maintenant classé « en danger critique d’extinction », suite au déclin catastrophique de sa population, réduite de plus de 70% en 20 ans. Le Gorille de l’ouest (Gorilla gorilla) ainsi que les 3 espèces d’Orang-outan sont également en danger critique et les chimpanzés (Pan troglodytes) et Bonobos (Pan paniscus) sont en « en danger ».
Photo © Thomas Bacha
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