Pour la protection de la Grive à pieds jaunes et du Pigeon à couronne blanche en Guadeloupe

Alors qu’un nouvel arrêté soulève des inquiétudes en Guadeloupe concernant la liste des espèces dont la chasse pourra être autorisée, le Comité français de l’UICN demande le classement en espèces protégées de la Grive à pieds jaunes et du Pigeon à couronne blanche sur ce territoire.

Grive à pieds jaunes © Stéphane Morin

Grive à pieds jaunes © Stéphane Morin

La Grive à pieds jaunes est une espèce dont la répartition mondiale est extrêmement restreinte, endémique de quatre îles des Petites Antilles (Dominique, Montserrat, Sainte-Lucie et Guadeloupe). Elle est menacée au niveau mondial – catégorie “Vulnérable” dans la Liste rouge mondiale de l’UICN – et au niveau national – catégorie “Vulnérable” dans la Liste rouge nationale établie par le Comité français de l’UICN et le MNHN.

En 2008 déjà, face à cette situation, le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Guadeloupe avait demandé la protection légale intégrale de la Grive à pieds jaunes. Par ailleurs, la contamination de cette espèce par les pesticides organochlorés a conduit le préfet de Guadeloupe à interdire la consommation des oiseaux tués à la chasse sur une partie du département.

Le Pigeon à couronne blanche est une espèce dont la population connaît un déclin au niveau mondial et qui apparaît en situation très menacée au niveau national, classé “En danger” en Guadeloupe sur la Liste rouge nationale.

La France a ratifié en 2002 le protocole international SPAW relatif aux zones et à la vie sauvage spécialement protégées, selon lequel “chaque Partie doit identifier, dans les zones relevant de sa souveraineté, de ses droits souverains, ou de sa juridiction, les espèces végétales et animales menacées ou en voie d’extinction, et accorder à ces espèces le statut d’espèces protégées”. Plus récemment, la France s’est engagée à atteindre les objectifs du plan stratégique 2011-2020 de la Convention sur la Diversité Biologique (objectifs d’Aichi), en particulier l’objectif 12 selon lequel l’extinction d’espèces menacées connues doit être évitée et leur état de conservation amélioré.

Compte tenu de ces engagements internationaux, le Comité français de l’UICN s’inquiète du fait que ces deux espèces ne bénéficient pas d’un statut réglementaire de protection et qu’elles puissent encore être chassées. Le Comité français de l’UICN demande donc le retrait de la Grive à pieds jaunes et du Pigeon à couronne blanche de la liste des espèces dont la chasse pourrait être autorisée en Guadeloupe et l’inscription de ces deux espèces sur la liste des espèces protégées. Il appelle également à la mise en œuvre d’un plan d’action visant à assurer les mesures nécessaires à la conservation et à la restauration de ces deux espèces.

Ces préconisations ont fait l’objet d’un courrier adressé par le Comité français de l’UICN à Madame Barbara Pompili, Secrétaire d’Etat à la Biodiversité, pour qu’une protection effective de ces deux espèces soit rapidement mise en œuvre.

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