COP24 Climat : Les messages clés de l’UICN

Le rapport spécial sur un réchauffement climatique de 1,5°C publié par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en octobre 2018 souligne la gravité de la menace que le changement climatique fait peser sur les systèmes naturels et humains. Pourtant, comme le révèle le Rapport 2018 du PNUE sur les écarts d’émissions, une différence très importante subsiste entre les engagements actuels exprimés par les Parties dans leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN) au titre de l’Accord de Paris, et ce qui serait nécessaire pour maintenir le réchauffement de la planète à un niveau bien inférieur à 2°C et 1,5°C. La nécessité d’une action mondiale urgente et ambitieuse visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) est plus évidente que jamais.

Alors que les Parties se réunissent à Katowice pour finaliser les règles, procédures et lignes directrices nécessaires à la mise en œuvre de l’Accord de Paris, c’est-à-dire le Programme de travail de l’Accord de Paris (PTAP), l’UICN tient à souligner le rôle crucial des écosystèmes mondiaux en tant que fournisseurs de solutions pratiques et efficaces, fondées sur la nature, tant pour l’atténuation du changement climatique comme pour l’adaptation à celui-ci.

Ces solutions sont également directement pertinentes dans le cadre de la phase politique du Dialogue de Talanoa pendant la COP24, qui dressera un bilan des efforts collectifs des Parties vers les objectifs à long terme de l’Accord de Paris et informera la préparation des futures CDN.

 

Les recommandations spécifiques de l’UICN concernant le PTAP sont les suivantes :

I. Atténuation / Contributions déterminées à l’échelle nationale

– Les directives supplémentaires fournies aux Parties quant à la préparation et communication futures de leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN) devraient encourager et permettre une plus grande reconnaissance et intégration des solutions au changement climatique fondées sur la nature, en plus des mesures ambitieuses d’atténuation dans d’autres secteurs.

– Ceci tient compte des principaux bénéfices en matière d’atténuation du changement climatique que la conservation, la restauration et la gestion durable des écosystèmes terrestres, côtiers et marins offrent en tant que puits et réservoirs pratiques et rentables de gaz à effet de serre, comme le reconnaît clairement l’Accord de Paris.

  • Une analyse publiée dans les Actes de l’Académie nationale des sciences (PNAS) en 2017 estimait que les solutions climatiques naturelles peuvent fournir plus d’un tiers des mesures rentables d’atténuation climatique nécessaires d’ici 2030 pour stabiliser le réchauffement à moins de 2°C.
  • Le Rapport 2017 du PNUE sur les écarts d’émissions estime que les options terrestres d’élimination du carbone, y compris les forêts, les zones humides et les sols, offrent un potentiel annuel total de réduction d’émissions de 4 à 12 GTCO2e. Ces options aident également à atteindre d’autres objectifs mondiaux en matière de durabilité, tels que l’amélioration de la qualité de l’eau, la conservation de la biodiversité et le renforcement de la sécurité alimentaire.

 

II. Communications en matière d’adaptation

– Les directives supplémentaires fournies aux Parties quant à leurs Communications relatives à l’adaptation, que ce soit dans le cadre de leurs Plans nationaux d’adaptation (PNA), de leurs Communications nationales (CN) ou de leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN), devraient également encourager et permettre une plus grande reconnaissance et inclusion du rôle essentiel que jouent les écosystèmes sains (forêts, mangroves, océans), au travers de l’adaptation basée sur les écosystèmes, en aidant les pays et les communautés vulnérables à mieux s’adapter aux effets néfastes du changement climatique.

  • Une étude récente estime que les zones humides ont permit d’éviter 625 millions de dollars de dommages directs causés par les inondations lors de l’ouragan Sandy, en 2012. De façon plus générale, on estime que les zones humides côtières des États-Unis fournissent des services de protection contre les tempêtes d’une valeur annuelle de 23 milliards de dollars.

– Ces directives devraient également encourager les Parties à évaluer systématiquement les risques que représente le changement climatique pour les communautés et les écosystèmes vulnérables, comme souligné dans le Rapport spécial du GIEC sur un réchauffement climatique de 1,5°C, et à en faire une priorité dans la planification et les mesures nationales d’adaptation, afin de renforcer la résilience des personnes comme des écosystèmes.

 

III. Bilan mondial

– Les modalités du Bilan mondial (BM), prévu pour 2023 et par la suite, tous les cinq ans, devraient explicitement tenir compte de la contribution des solutions fondées sur la nature à la lutte contre le changement climatique, et évaluer et rapporter systématiquement le degré d’incorporation par les pays de mesures d’atténuation et d’adaptation fondées sur les écosystèmes dans leurs CDN.

– Elles devraient également encourager les Parties à inclure des mesures plus ambitieuses d’atténuation et d’adaptation fondées sur les écosystèmes dans leurs CDN ultérieurs.

 

Plus d’informations

Télécharger les messages clés de l’UICN pour la COP24 Climat
Les Solutions fondées sur la Nature
– Pour tout renseignement, veuillez contacter : Stewart Maginnis, Directeur mondial, Solutions basées sur la nature au siège de l’UICN stewart.maginnis@iucn.org / Cyrie Sendashonga, Directrice mondiale, Politiques et Programme au siège de l’UICN cyriaque.sendashonga@iucn.org / Sandeep Sengupta Coordonnateur mondial, Portefeuille Changement climatique au siège de l’UICN sandeep.sengupta@iucn.org
Le site internet dédié à la COP24 Climat

Photo © Mariusz Prusaczyk on Unsplash
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