Rio+20 : investissez dans la nature !

Les décideurs politiques doivent repenser la croissance économique, promouvoir l’équité sociale et assurer la protection environnementale, dit l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (CNUDD). L’économie verte et la mise en place d’un cadre institutionnel favorable au développement durable et à l’éradication de la pauvreté sont au coeur des débats. « La nature est toujours le chaînon manquant dans les débats de Rio+20, alors même qu’on ne peut réaliser le développement durable sans elle », dit Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « La nature peut apporter des solutions aux grands défis du développement, comme le changement climatique et la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique. Elle le fait déjà. Le moment est venu pour les gouvernements d’incorporer la nature dans leurs stratégies de développement. » L’UICN prône un développement social et économique qui donne à la nature une place centrale et adopte des mesures pour assurer l’équité. Cette démarche comprend des questions cruciales, comme des emplois décents, l’énergie, le développement durable comme réponse aux crises économiques et financières, la sécurité alimentaire, l’eau, les océans et les mesures de préparation pour faire face aux catastrophes. Pour l’UICN, l’équité sociale et l’inclusion sont des principes fondamentaux des stratégies du développement durable. Rio+20 est une importante occasion de promouvoir les investissements destinés à améliorer les actifs naturels dont dépendent les populations pauvres. Ainsi, la valeur des forêts et les avantages directs qu’elles apportent actuellement à 1,6 milliards d’habitants pauvres des zones rurales sont estimés par l’UICN à 130 milliards de dollars par an. Il s’agit d’un montant pratiquement équivalent à celui de l’aide publique au développement (APD). « La remise en état des milieux naturels aidera les pays à mettre en oeuvre leurs engagements internationaux : ralentir, arrêter et inverser la perte des forêts et du carbone et restaurer les écosystèmes dégradés. En remettant en état les terres agricoles et forestières, des milliards de dollars de revenus seront créés chaque année pour les économies nationales et locales et la sécurité alimentaire sera assurée pour des millions de personnes dont la subsistance dépend des forêts », dit Stewart Maginnis, Directeur mondial du Groupe « Solutions fondées sur la nature et droits » de l’UICN. « Il faudrait aussi, dans ce contexte, investir dans le « Défi de Bonn » et restaurer 150 millions d’hectares de forêts détruites et de terres dégradées d’ici 2020. » L’UICN invite les États à prendre des mesures plus fortes pour améliorer la cohérence politique et institutionnelle. Une meilleure compréhension de l’interaction existante entre la nature et le changement climatique permettra de renforcer les politiques et les engagements. « Rio+20 est une excellente occasion de donner un nouvel élan à la collaboration internationale », dit Constanza Martinez, responsable des politiques à l’Unité Politiques mondiales de l’UICN. « Les États, les organisations de la société civile et le secteur privé savent bien ce qu’il faut : un engagement commun à oeuvrer ensemble dans un même but : protéger la nature pour qu’elle puisse à son tour nous protéger. Nous devons améliorer la résilience de notre planète. » Les positions de l’UICN sur les thèmes de Rio+20 sont consultables ici

Rio+20 : l’UICN publie ses positions pour le sommet

La Conférence Rio +20 se déroulera à Rio de Janeiro, au Brésil, du 20 au 22 Juin 2012, afin de marquer le vingtième anniversaire de la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement, également appelée « Sommet de la Terre ». L’UICN prendra une part active aux négociations et a préparé des positions sur les thèmes principaux de la conférence. La Conférence Rio+20 a trois objectifs principaux : – Garantir le renouvellement des engagements politiques concernant le développement durable – Évaluer les progrès réalisés à ce jour et les lacunes qui subsistent dans la mise en œuvre des résultats des grands sommets sur le développement durable – Aborder les défis émergents. La conférence sera axée sur deux thèmes : 1) une économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté, et 2) le cadre institutionnel du développement durable. L’économie verte Les discussions sur la notion d’économie verte ont récemment pris une place importante sur l’agenda environnemental. La crise financière ainsi que l’incertitude vis-à-vis de la pérennité du système économique mondial actuel ont notamment favorisé l’émergence de ce concept. L’économie verte sera au cœur de la prochaine Conférence Rio +20 et sera discutée dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté. La position de l’UICN sur l’économie verte est consultable ci-dessous. Cadre institutionnel du développement durable Il est déclaré dans le Plan d’application du Sommet Mondial sur le Développement Durable de 2002 qu’ « une bonne gouvernance, dans chaque pays et au niveau international, est essentielle pour le développement durable ». La nature étant au cœur du bien-être humain, l’UICN estime qu’une gouvernance efficace implique notamment une meilleure intégration de l’environnement dans les considérations sociales et économiques, de sorte que les trois volets du développement durable se renforcent mutuellement. La position de l’UICN sur le cadre institutionnel du développement durable est consultable ci-dessous. Les défis émergents L’UICN abordera également d’autres enjeux cruciaux à la Conférence Rio+20, comme l’eau, les océans et les forêts.   Pour en savoir plus, consultez la section consacrée à Rio+20 sur le site internet de l’UICN. Pour que chacun puisse saisir les enjeux et le déroulement de la conférence de Rio+20, les autorités françaises ont ouvert un site Internet dédié à la conférence : www.conference-rio2012.gouv.fr. Ce site permet à tous de suivre, en français, l’état d’avancement des préparatifs de Rio+20 : les projets, thèmes abordés, négociations, réunions et conférences préparatoires organisés aussi bien en France que sur la scène internationale y sont présentés.   Documents joints Position UICN Rio+20 cadre institutionnel Position UICN Rio+20 économie verte

Journée mondiale de la biodiversité 2012 : L’ONU plaide pour une protection renforcée des océans

À l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité, le 22 mai 2012, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a plaidé en faveur de la protection de la biodiversité marine, à l’heure où les océans sont de plus en plus menacés. « Les océans couvrent pratiquement trois-quarts de la surface du globe. Ils hébergent à la fois le plus grand animal connu – la baleine bleue– ainsi que des milliards de minuscules micro-organismes. Des rivages de sable jusqu’aux abysses les plus profonds, les océans et les littoraux font vivre une abondante diversité biologique dont l’humanité a besoin », a déclaré M. Ban Ki-Moon, qui regrette dans un message qu’en dépit de son importance, la biodiversité marine ait été « malmenée par l’homme » L’Assemblée générale a proclamé le 22 mai Journée internationale de la biodiversité afin de sensibiliser l’opinion publique à l’importance de la biodiversité. La biodiversité marine est le thème retenu cette année, afin de donner aux États Parties à la Convention sur la diversité biologique et à tous ceux qui s’intéressent à la vie marine l’opportunité de renforcer la prise de conscience sur cette question et de favoriser les actions concrètes. Déplorant la surpêche, le Secrétaire général de l’ONU a indiqué que plus de la moitié des ressources halieutiques de la planète était aujourd’hui épuisée et un tiers supplémentaire appauvri : « On estime que 30% à 35% des environnements marins les plus importants – dont les phanérogames, les mangroves et les récifs coralliens – ont été détruits. Les déchets plastiques continuent de tuer des organismes marins et la pollution terrestre menace certaines eaux côtières d’asphyxie, a-t-il expliqué. « De surcroît », a noté Ban Ki-moon, « l’utilisation accrue de combustibles fossiles perturbe le climat de la planète : elle réchauffe la surface des eaux, élève le niveau de la mer et augmente l’acidité des océans, produisant des conséquences dont nous prenons à peine la mesure. » Or, relève le Secrétaire général, la pêche est à l’origine de plus de 15% des protéines animales consommées dans le monde. Les océans et les zones côtières fournissent des services écosystémiques précieux, du tourisme à la protection contre les tempêtes. Et de minuscules plantes photosynthétisantes appelées phytoplanctons produisent 50% de l’oxygène que nous respirons, a-t-il précisé. Tout espoir n’est cependant pas perdu, selon le Secrétaire général de l’ONU. Une étude scientifique menée en 2011 a ainsi montré qu’en dépit des dommages infligés à la faune marine et aux habitats marins au cours des siècles derniers, 10% à 50% des populations et des écosystèmes avaient affiché des signes d’amélioration dès lors que les menaces posées par l’activité humaine avaient diminué ou disparu. « Ceci étant, alors que près de 15% de la surface de la terre est protégée, à peine plus de 1% des milieux marins le sont », a relevé le Secrétaire général, qui s’est toutefois félicité de récents progrès, notamment grâce à la création de grandes réserves marines et au recensement des habitats de haute mer. Pour Ban Ki-moon, la Conférence Rio+20 doit donner un nouvel élan à l’action en faveur de la gestion et de la conservation des océans en incitant les Nations Unies, les gouvernements et les autres partenaires à prendre des mesures pour freiner la surpêche, élargir les zones marines protégées, réduire la pollution des océans et endiguer les effets des changements climatiques. « En agissant aux niveaux national, régional et mondial, et notamment en resserrant la coopération internationale, nous pourrons atteindre les objectifs d’Aichi pour la biodiversité et conserver 10% des zones marines et côtières d’ici à 2020 et ainsi faire un grand pas vers la protection de la biodiversité marine en vue de l’avenir que nous voulons. » Pour en savoir plus, consultez le document « The Ocean : many worlds of life » (en anglais) publié par le Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique.