Un webinaire pour sensibiliser aux enjeux de biodiversité en méditerranée

Du 7 au 15 janvier 2021, le Congrès mondial de la nature de l’UICN se tiendra en France. Il s’agit d’un évènement majeur qui va contribuer à définir les prochains objectifs pour la planète jusqu’à 2030. Le bassin méditerranéen est un des 36 hotspots de biodiversité identifiés dans le monde. En amont de cet évènement, le Comité français de l’UICN a organisé le 7 août, un webinaire sur les enjeux biodiversité auxquels doit faire face le bassin méditerranéen et a présenté des solutions : les actions de lutte contre la pollution plastique et les Solutions fondées sur la Nature. Jean Jalbert, Directeur de la Fondation Tour du Valat et Patrick Deixonne, Navigateur explorateur et fondateur d’Expédition 7e Continent sont intervenus dans cette rencontre virtuelle.   « La lutte contre la pollution plastique » et « les Solutions fondées sur la Nature en Méditerranée » font l’objet de recommandations politiques, proposées par les membres français de l’UICN et discutées au niveau international. Elles seront votées et officiellement adoptées au Congrès Mondial de l’UICN et contribueront à définir les prochains objectifs de protection de la nature pour 2030. Le Comité français de l’UICN proposera des évènements sur ces sujets sur son Pavillon au Congrès.   Plus d’informations – Site internet de la Tour du Valat – Site internet d’Expédition 7e continent – Les Solutions fondés sur la Nature – Le Rapport du WWF « Guide décideurs, stoppons le torrent de plastique » – La Liste rouge des écosystèmes en France : Chapitre sur les dunes côtières et les rivages sableux méditerranéens / Chapitre sur les forêts méditerranéennes de France métropolitaine – Coopération internationale et Méditerranée – Le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN – Le Congrès Mondial de la Nature de l’UICN

Les dunes côtières et rivages sableux méditerranéens sont menacés en France

Le Comité français de l’UICN a évalué, en partenariat avec l’OFB et le MNHN, les menaces pesant sur les dunes côtières et rivages sableux méditerranéens de France métropolitaine, dans le cadre de « La Liste rouge des écosystèmes en France ». Les analyses montrent que ces écosystèmes, qui représentent environ 26 % du linéaire côtier méditerranéen en France, sont globalement menacés. Présentation des résultats 7 des 9 écosystèmes constituant les littoraux sableux méditerranéens en France sont menacés, évalués « En Danger » ou « Vulnérable ». Cette première évaluation révèle combien ces écosystèmes ont été profondément affectés et fragmentés par l’artificialisation du littoral depuis les années 1960, mais soulignent également les impacts actuels de la surfréquentation touristique et de la modification de la dynamique sédimentaire littorale à l’échelle de la façade méditerranéenne, qui aggravent les phénomènes d’érosion des côtes. Les dunes blanches constituent l’écosystème le plus menacé des côtes sableuses méditerranéennes en France et sont évaluées « En Danger « (EN). Les plage sableuses, les dunes embryonnaires ou encore les dunes grises sont quant à elles évaluées « Vulnérable » (VU). Or, le bon état de la végétation des dunes littorales et leur capacité à accompagner les mouvements d’avancée ou de recul du trait de côte sont des conditions nécessaires pour assurer le stockage du sable et le rechargement efficace des plages. La lutte contre l’artificialisation du littoral doit être la priorité pour assurer la sauvegarde de ces écosystèmes et il faut investir dans les solutions fondées sur la nature, afin de lutter contre l’érosion côtière tout en préservant la biodiversité. Ces solutions doivent notamment être mises en œuvre comme alternatives ou en remplacement des infrastructures construites par le passé. Protéger les dunes mobiles contre l’érosion et le piétinement dû à la surfréquentation touristique représente également une stratégie de conservation des littoraux sableux méditerranéens efficace, tout comme la modification des pratiques de nettoyage mécanisé des plages. Maintenir le bon fonctionnement et la dynamique de nos côtes sableuses méditerranéennes est enfin nécessaire dans le contexte des changements climatiques, qui entraînent une montée du niveau marin et un renforcement des événements climatiques extrêmes.   La Liste rouge des écosystèmes de l’UICN La Liste rouge des écosystèmes de l’UICN permet, selon un standard mondial, d’évaluer les menaces pesant sur la biodiversité à l’échelle des écosystèmes. Cette Liste rouge vient ainsi s’inscrire en complément de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN pour apporter des connaissances plus complètes sur l’état de la biodiversité. En plus d’identifier les écosystèmes menacés, la Liste rouge des écosystèmes permet de connaître et de décrire l’ensemble des processus qui les affectent. Ces résultats facilitent la mise en place d’actions et la prise de conscience politique et sociétale face à l’importance des enjeux de conservation de la biodiversité, à l’échelle des écosystèmes. L’élaboration de la Liste rouge des écosystèmes en France est pilotée par le Comité français de l’UICN, en partenariat avec l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN). Les évaluations des littoraux méditerranéens ont été réalisés en collaboration avec les Conservatoires botaniques nationaux et l’expertise de nombreux membres et des experts du réseau de l’UICN en France. >>  La Liste rouge des écosystèmes en France   Plus d’informations – Communiqué de presse (mai 2020) – Rapport de synthèse : Comité français de l’UICN, 2020. La Liste rouge des écosystèmes en France – Chapitre littoraux méditerranéens de France métropolitaine Vol 1 : dunes côtières et rivages sableux, Paris, France, 28 pages. Contacts Clémentine Azam, Chargée du programme « écosystèmes » Aurélien Carré, Chargé de mission « Liste rouge des écosystèmes » photo bandeau © EID méditerranée

Quelles Solutions fondées sur la Nature en Méditerranée ?

L’atelier international sur la « mise en œuvre des Solutions fondées sur la Nature pour lutter contre le changement climatique – focus sur la région méditerranéenne » a rassemblé du 22 au 24 janvier 2019 à Marseille plus d’une centaine de participants intéressés par l’utilisation et la diffusion de ces solutions. Organisé conjointement par le Plan Bleu, le Centre de coopération de l’UICN pour la Méditerranée, le Comité français de l’UICN, le Conservatoire du Littoral, la Tour du Valat, MedWet et Wetlands International, cet événement a réuni les chercheurs, gestionnaires d’espaces naturels, décideurs, collectivités locales, société civile et ONG de la région méditerranéenne et de l’Union européenne afin de partager les défis et leviers pour la dissémination des Solutions fondées sur la Nature dans les territoires. Les Solutions fondées sur la Nature sont définies comme des actions de protection, de gestion durable et de restauration permettant de répondre à la fois aux enjeux de l’atténuation et l’adaptation au changement climatique et de la conservation de la biodiversité. Si, en France, ces solutions sont intégrées au nouveau Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC 2) ainsi que dans le Plan Climat et le Plan Biodiversité, elles sont encore peu identifiées parmi le panel des réponses possibles face au changement climatique dans le monde. Cet atelier visait en premier lieu à partager les meilleures pratiques européennes et méditerranéennes en termes de Solutions fondées sur la Nature afin sensibiliser les décideurs politiques à l’importance de la restauration, la gestion durable et la préservation des écosystèmes pour une adaptation efficace au changement climatique. Il était également l’occasion d’inciter à de nouvelles collaborations en faveur de la mise en œuvre de ces solutions en Europe et dans tout le bassin méditerranéen. Les conclusions de cet atelier viendront alimenter les réflexions nationales, européennes et internationales sur les Solutions fondées sur la Nature en particulier dans la perspective du Congrès mondial de la nature qui se tiendra en 2020 à Marseille.   Un policy brief de l’atelier sera publié en février 2019   Plus d’informations – Les Solutions fondées sur la Nature – Le Communiqué de presse annonçant l’évènement – Consulter le site web du Plan Bleu – Contacts UICN France : Pauline Teillac-Deschamps, Chargée de Programme « Ecosystèmes », pauline.teillac-deschamps@uicn.fr et Justine Delangue, Chargée de mission « Services écologiques’ », justine.delangue@uicn.fr bandeau photo © N. Poulet

Position sur les forages pétroliers offshore en Méditerranée

Après avoir pris position contre les forages pétroliers offshore en Guyane lors de son dernier congrès en juin 2011, le Comité français de l’UICN exprime également son opposition sur la réalisation d’un projet de forage exploratoire au large du parc national de Port-Cros et du futur parc national des Calanques.   Forages pétroliers offshore en Méditerranée RAPPELANT la fragilité écologique et l’importance socio-économique des milieux naturels marins et côtiers de la Méditerranée ; RAPPELANT PAR AILLEURS le rôle important que jouent les écosystèmes marins et côtiers en fournissant des biens et services tels que la régulation du climat, la fourniture d’eau, l’atténuation des effets des catastrophes naturelles et la sécurité alimentaire ; CONSIDÉRANT les importantes pressions dont font déjà l’objet les écosystèmes méditerranéens, RAPPELANT que la demande portée par la société Melrose de prolongation du permis de recherche exclusive d’hydrocarbures liquides et gazeux concerne un secteur situé à moins de 50 km du Parc National de Port Cros, du sanctuaire Pelagos et du futur Parc National des Calanques, appartenant aux plus hauts sites naturels marins et côtiers français ; CONSIDÉRANT que les travaux prévus par la société Melrose comprennent un forage exploratoire qui pourrait intervenir rapidement, alors que le rapport présente des lacunes importantes dans la rigueur des mesures de précaution mises en œuvre et la qualité scientifique des observations ; RAPPELANT que le parc national de Port Cros, en qualité d’établissement public et d’animateur de la partie française de Pelagos, s’appuyant sur un avis défavorable de son Conseil scientifique, a émis les plus vives réserves quant à une possibilité de forage exploratoire ; CONSIDÉRANT donc que les écosystèmes marins et côtiers sont susceptibles de subir un impact majeur en relation avec l’exploitation pétrolière ; CONSIDÉRANT EGALEMENT les conséquences non maîtrisables qu’aurait un tel accident sur les milieux naturels, les ressources marines et sur les populations littorales ; CONSIDÉRANT que le monde est confronté à des changements climatiques globaux qui entraînent une perte croissante de biodiversité et que l’exploitation non durable des ressources naturelles, au-delà de leur capacité de régénération, est une cause fondamentale des changements climatiques et exacerbe ses effets sur la biodiversité ; RAPPELANT que, pour répondre à la fois au défi du réchauffement climatique et à la raréfaction progressive des énergies fossiles, la France s’est engagée dans le développement des énergies renouvelables et que la poursuite de ces travaux menaçant de hauts lieux du patrimoine naturel français est contradictoire avec les annonces faites dans le cadre du Grenelle, du fait des concentrations élevées de dioxyde de carbone rejetées dans l’atmosphère par l’exploitation et l’utilisation du pétrole ;   Le Comité français de l’UICN demande au gouvernement français de REFUSER la demande de la société Melrose de prolongation du permis de recherche exclusive d’hydrocarbures liquides et gazeux ; RENFORCER la politique d’économie d’énergie et le soutien aux énergies renouvelables compatibles avec la sauvegarde de la biodiversité en France ; ENCADRER le développement des politiques et des projets énergétiques, en : • appliquant le principe de précaution pour les milieux naturels les plus sensibles, • renforçant le travail scientifique préalable à la prise de décision des projets d’aménagement ou d’exploitation des milieux ou ressources naturels, • exigeant une application exemplaire de la réglementation, avec des études d’impacts complètes sur la biodiversité et le respect du principe « éviter, réduire, compenser », RENFORCER sur ce thème la concertation avec l’ensemble des acteurs de la société civile, notamment avec les associations de protection de la nature et les gestionnaires d’espaces naturels.

Encore beaucoup de poissons dans la Méditerranée ? Plus pour très longtemps…

Plus de 40 espèces de poissons marins présentes actuellement dans la Méditerranée pourraient disparaître dans les quelques prochaines années. Selon une étude réalisée pour la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées ™ sur le statut des poissons marins dans la mer Méditerranée, près de la moitié des espèces de requins et de raies (poissons cartilagineux) et au moins 12 espèces de poissons osseux sont menacées d’extinction en raison de la surpêche, de la dégradation des habitats marins et de la pollution. Des espèces commerciales comme le Thon rouge (Thunnus thynnus), le Mérou brun (Epinephelus marginatus), le Bar commun (Dicentrarchus labrax) ou le Merlu commun (Merluccius merluccius) sont considérées comme menacées ou quasi menacées d’extinction au niveau régional en raison principalement de la surpêche. « L’état de la population de Méditerranée et de l’Atlantique Est du Thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus) est particulièrement préoccupant. Il ya eu une baisse estimée de 50% dans le potentiel de reproduction de cette espèce au cours des 40 dernières années en raison de la surpêche intensive« , explique Kent Carpenter, coordonnateur de l’évaluation. « Le manque de respect des quotas actuels combiné avec la sous-déclaration généralisée des captures aurait sapé les efforts de conservation pour cette espèce en Méditerranée. » L’utilisation d’engins de pêche, telles que les lignes de pêche, filets maillants ou de chalutage, et l’utilisation illégale de filets dérivants signifie que des centaines d’animaux marins sans valeur commerciale sont capturés, menaçant les populations de nombreuses espèces de requins, raies et autres poissons, ainsi que d’autres animaux marins, dont les dauphins, les baleines, les tortues et les oiseaux. « L’utilisation de chaluts est l’un des principaux problèmes pour la conservation et le maintien de nombreuses espèces marines« , explique Maria del Mar Otero, Chargée du programme marin de l’UICN en Méditerranée. « Parce ce qu’elle n’est pas sélective, cette technique de pêche permet de capturer les poissons recherchés mais également celle d’un grand nombre d’autres espèces, tout en détruisant les fonds marins, où de nombreux poissons vivent, se reproduisent et se nourrissent.«  L’étude souligne la nécessité de renforcer la réglementation sur la pêche, de créer de nouvelles réserves marines, de réduire la pollution et de revoir les quotas de pêche, en particulier le nombre de captures autorisées pour les espèces menacées. « La consommation responsable est une des façons dont nous pouvons tous contribuer à la conservation de nombreuses espèces marines », explique Catherine Numa, Chargée du programme pour les espèces de l’UICN Méditerranée.« Sur la base des conclusions de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, nous espérons que les politiciens prendront les décisions appropriées pour sécuriser cette source importante de nourriture à l’avenir, tout en protégeant et en valorisant la diversité biologique de la planète en même temps. » C’est la première évaluation régionale complète réalisée pour la Liste Rouge de l’UICN portant sur les espèces indigènes de poissons marins d’une mer entière. Le rapport souligne également le manque substantiel d’informations sur l’état de conservation de près d’un tiers de ces poissons marins de la Méditerranée (qui ont été évalués comme « données insuffisantes »), sachant qu’une proportion importante d’entre eux sont endémiques de la région. De futures recherches pourraient montrer que les espèces classées en « données insuffisantes » seraient en fait menacées pour une grande proportion d’entre elles. De nouveaux financements et de nouvelles recherches doivent donc être focalisés vers ces espèces classées en données insuffisantes. Pour en savoir plus, consultez le document complet.   Pour plus d’informations, vous pouvez contacter : Nicki Chadwick, Chargée des relations avec les médias, t +41 22 999 0229, m +41 79 528 3486 ; Lynne Labanne, Chargée de communication du Programme de l’UICN sur les espèces, t +41 22 999 0153 ;