Réaction à la révision du statut de protection du Loup en Europe

Le Conseil de l’Union européenne (UE) a adopté aujourd’hui la révision du statut de protection du Loup gris (Canis lupus), entérinant l’affaiblissement de la protection de l’espèce sur le sol européen. Après le vote du Parlement de l’UE en ce sens en mai dernier, le loup est désormais retiré de l’Annexe IV de la Directive Habitats Faune Flore qui lui conférait une protection stricte, pour être placé dans l’Annexe V qui autorise l’application de mesures de gestion. La gestion de l’espèce restant malgré tout encadrée dans l’UE, les Etat membres devront s’assurer de prendre les mesures nécessaires pour garantir que les tirs de loups dans la nature soient rigoureusement compatibles avec son maintien dans un état de conservation favorable. Cependant, selon la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, six des neuf populations de loups présentes dans l’Union européenne sont classées vulnérables ou quasi-menacées. L’espèce est également classée vulnérable en France. La priorité devrait donc être d’atteindre et de garantir à long terme l’état de conservation favorable du loup, avant d’envisager des mesures de contrôle de ses populations. Alors que le Comité permanent de la Convention de Berne et l’Union européenne avaient jusqu’ici toujours basé leurs décisions sur la réalité des données établies, ce déclassement sans précédent suscite la préoccupation du Comité français de l’UICN. Cette décision soulève des interrogations sur la place accordée aux connaissances scientifiques dans les décisions relatives à la préservation des espèces, faisant craindre une gestion inefficace pour réduire la prédation sur les troupeaux domestiques et constituant un recul supplémentaire dans les engagements en faveur de la biodiversité. Le Comité français de l’UICN continue à plaider en faveur d’une cohabitation durable entre le loup et les activités humaines, notamment d’élevage, et appelle instamment à poursuivre la recherche déterminée d’une approche équilibrée. Il souligne pour cela la nécessité de fonder les décisions prises sur la base des connaissances scientifiques les plus récentes, et d’appuyer les options retenues sur les expériences de terrain ayant fait la preuve de leur efficacité. À l’heure où les Etats membres préparent leur plan national dans le cadre du règlement européen sur la restauration de la nature, le Comité français rappelle le rôle primordial des grands prédateurs, dont le loup, dans l’équilibre des écosystèmes. Une politique ambitieuse en matière de restauration de la nature devrait donc pleinement inclure le maintien de cette espèce essentielle et organiser sa coexistence durable avec les activités humaines. >> Consulter les recommandations du Comité français de l’UICN pour une cohabitation durable avec le loup Photo bandeau :Loup gris (Canis lupus) © Roland Clerc

30% des espèces menacées en outre-mer sont affectées par des espèces exotiques envahissantes

Alors que la France s’est engagée à stopper et à inverser d’ici 2030 la perte de biodiversité sur son territoire, le Comité français de l’UICN publie la première évaluation des impacts des espèces exotiques envahissantes sur les espèces éteintes, menacées et quasi menacées dans les collectivités françaises d’outre-mer. Les résultats montrent qu’il est essentiel d’investir davantage dans la prévention des introductions et la gestion des espèces exotiques envahissantes, pour préserver la biodiversité ultramarine. Les espèces exotiques envahissantes désignent les espèces introduites par l’humain hors de leurs aires de répartition naturelle, volontairement ou accidentellement, et qui menacent les écosystèmes, les espèces locales, la santé ou les activités économiques. Elles figurent parmi les cinq grandes pressions pesant sur la biodiversité au niveau mondial. Les espèces menacées d’outre-mer en première ligne face aux espèces exotiques envahissantes L’analyse des données de la Liste rouge des espèces menacées établie selon la méthodologie de l’UICN met en lumière que les espèces exotiques envahissantes (EEE) constituent une pression pour près de 30 % (soit 772 espèces) des espèces végétales et animales menacées en outre-mer. Elles sont également impliquées dans 43 % (102 espèces) des extinctions documentées et affectent 18 % (142 espèces) des espèces quasi menacées. Les reptiles, les escargots, les oiseaux et les amphibiens sont les groupes biologiques les plus affectés par des EEE en proportion du nombre d’espèces. Au total, près de 150 EEE ont été identifiées comme affectant des espèces menacées et quasi menacées ou impliquées dans des extinctions. Parmi les espèces aux impacts négatifs les plus forts, le Rat noir constitue par exemple une menace pour 277 espèces menacées ou quasi menacées, dont 97 oiseaux indigènes, 84 reptiles et 74 plantes, dont il consomme les graines ou les bourgeons. La gestion des espèces exotiques envahissantes : un investissement indispensable pour la conservation des espèces menacées En application du Cadre mondial de la biodiversité, la France s’est engagée à stopper d’ici 2030 l’extinction des espèces menacées connues sur son territoire (cible 4), à réduire de moitié le taux d’introduction d’EEE et à éradiquer ou à maîtriser ces espèces, en particulier dans les zones prioritaires, dont les îles (cible 6). Pour atteindre ces objectifs d’ici 5 ans, le Comité français de l’UICN propose 6 recommandations et appelle à : Mettre en œuvre une véritable stratégie de « biosécurité » dans chaque collectivité d’outre-mer, basée sur une coopération renforcée entre les acteurs de l’environnement, de l’agriculture, de la santé,  mais aussi avec les secteurs socio-économiques comme ceux du tourisme et du transport de marchandises. L’objectif est de renforcer la prévention de l’introduction des EEE dans les territoires pour éviter des dommages et la mise en place de projets coûteux de gestion de ces espèces ; Accélérer et amplifier les programmes d’éradication d’EEE en outre-mer pour la préservation de la faune et de la flore locales. L’éradication est la solution d’intervention la plus efficace, en particulier dès qu’une nouvelle espèce envahissante est détectée sur le territoire ; Définir les opérations de manière à obtenir un gain maximal pour la biodiversité, et soutenir la recherche et le développement. Cette étude permet de mieux identifier les espèces menacées par les EEE et, parmi ces dernières, celles qui menacent le plus grand nombre d’espèces. Dans les années à venir, deux défis majeurs sont à relever pour agir à plus grande échelle : accroître les capacités pour renforcer l’éradication des EEE dans les grands territoires habités et améliorer la maîtrise des EEE sur le long terme dans les espaces difficiles d’accès ; Assurer la durabilité de ces opérations et leurs bénéfices à long terme. Compte tenu des coûts humains, techniques et financiers de ces opérations, il est essentiel que les efforts déployés et leurs résultats pour la biodiversité soient durables. L’Etat et les collectivités territoriales sont donc appelés à maintenir leur soutien aux acteurs de terrain dans la durée, sous peine de voir les bénéfices récoltés depuis plusieurs années être annulés en cas de désengagement ; Expliquer davantage les objectifs pour la conservation des espèces menacées et les bénéfices écologiques, économiques et culturels des opérations d’éradication ou de maîtrise des EEE pour favoriser l’adhésion du public et de tous les acteurs; Encourager la participation du grand public à ces projets de conservation, afin de renforcer le lien entre les populations et leur environnement et de favoriser une meilleure compréhension des enjeux de la gestion des EEE. Comme le montre l’analyse détaillée de la situation des espèces menacées ultramarines, la prévention et la gestion des espèces exotiques envahissantes sont des clés essentielles pour préserver le patrimoine naturel exceptionnel des collectivités françaises d’outre-mer. Consulter la publication Les espèces terrestres menacées dans les outre-mer français face aux espèces exotiques envahissantes  Le communiqué de presse. Photo bandeau : © Beatriz Conde

Renforcer la protection de l’Océan : le Comité français de l’UICN lance un appel à l’action

A l’occasion de la conférence « Le printemps de l’Océan », organisée aujourd’hui à la Maison de l’Océan à Paris, le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) lance un appel à l’action pour renforcer la protection et de la restauration de l’Océan. Par cette initiative, le Comité français de l’UICN demande à la France et aux autres pays à faire des annonces ambitieuses et intensifier leurs efforts à l’occasion de la 3ème Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC 3), qui se déroulera à Nice du 9 au 13 juin 2025. A mi-chemin de la décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques, cet événement doit accélérer la mise en œuvre de l’objectif de développement durable 14 « vie aquatique », pour assurer la conservation et l’exploitation durable des écosystèmes marins et côtiers. Cet appel à l’action a été signé par une trentaine d’organisations de protection de la biodiversité afin de présenter des recommandations concrètes pour lutter contre les différentes pressions et restaurer la santé de l’Océan. En effet, 2/3 des milieux marins sont sévèrement altérés par les activités humaines alors qu’ils abritent une biodiversité unique et jouent un rôle capital pour le bien être humain et la régulation du climat. Il est structuré en 4 thématiques : RENFORCER LES AIRES MARINES PROTÉGÉES Pour atteindre l’objectif mondial de protéger efficacement 30 % de l’Océan en 2030, il est nécessaire d’augmenter la superficie du réseau des aires marines protégées, spécialement en haute mer, les niveaux de protection des aires marines protégées, et d’en garantir une gestion efficace, avec les moyens humains, techniques et financiers nécessaires. RENFORCER LA PROTECTION ET LA RESTAURATION DES ÉCOSYSTÈMES MARINS Face à leur dégradation, la restauration des écosystèmes marins et littoraux s’impose, notamment dans le cadre du règlement européen sur la restauration de la nature. L’Accord de Paris sur le climat doit être pleinement respecté et le recours aux Solutions fondées sur la Nature doit s’amplifier. La protection des écosystèmes marins profonds et mésophotiques (entre 30 et 200 mètres de profondeur) doit être renforcée, ainsi que la lutte contre la pollution marine de toute origine, tant celle résultant des activités terrestres, que maritimes. RENFORCER LA PROTECTION DES ESPÈCES MARINES Avec des chiffres alarmants montrant le déclin des espèces marines (un tiers des requins, raies, et mammifères marins menacés d’extinction ; un tiers des stocks de poissons marins surexploités…), il faut agir davantage pour leur protection, ce qui passe par la réduction de l’incidence de la pêche sur la biodiversité marine et une protection efficace des zones-clés pour la survie des espèces. ASSURER UN AVENIR DURABLE POUR L’OCÉAN Il est nécessaire de promouvoir une économie bleue régénérative, d’accroître la coopération scientifique et de développer l’éducation aux enjeux de l’Océan, ainsi que de mobiliser des financements pour les actions en faveur de l’Océan tout en réformant les subventions néfastes. Consultez l’ensemble du programme de la conférence « Le printemps de l’Océan ». Cet événement a bénéficié du soutien de l’Institut océanographique de Monaco – Fondation Albert Ier, Prince de Monaco, de la Blue Nature Alliance et de la Fondation Pew Bertarelli Ocean Legacy. Consulter l’appel à l’action. Lire le communiqué de presse et le programme Photo bandeau :  © Damocean  © Dalia Dahmani

Liste rouge des espèces menacées en France : 16 ans de résultats

À l’occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage, la Liste rouge des espèces menacées en France dresse son bilan. Après 16 années d’évaluations et d’analyses sur la faune et la flore, le panorama établi permet de mesurer l’ampleur des enjeux, les progrès accomplis et les défis à relever. Riche d’une remarquable biodiversité, la France abrite en métropole et en outre-mer de nombreuses espèces menacées. Grâce à la Liste rouge, elle dispose d’une base scientifique pour identifier les priorités et agir pour les sauvegarder. Le Comité français de l’UICN et l’unité PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD) publient le bilan de 16 années de résultats, depuis le lancement de la Liste rouge nationale en 2008 : – 17 367 espèces ont été évaluées en France métropolitaine et en outre-mer ;– 2 903 espèces sont aujourd’hui menacées ;– 189 espèces ont disparu de France dont certaines sont également éteintes au niveau mondial. Grâce aux analyses réalisées, la Liste rouge agit comme un véritable baromètre de l’état de santé des espèces. Depuis ses débuts, l’état des lieux a été élaboré avec l’appui de 32 organisations partenaires et plus de 500 experts mobilisés. Il contribue à définir les priorités d’actions, à surveiller les évolutions et à préserver les espèces menacées en France. Pour en savoir plus, découvrez la plaquette et les infographies en téléchargement ci-dessous. >> Accéder à la présentation et aux résultats détaillés de la Liste rouge nationale   Documents et liens – Plaquette : 16 ans de résultats de la Liste rouge des espèces menacées en France– Infographie des résultats en métropole– Infographie des résultats en outre-mer (quelques exemples)– Consulter les résultats sur le site de l’INPN   Photo bandeau : © Mickaël Sanchez 

L’appel de l’UICN pour stopper le déclin des espèces d’ici 2030

L’UICN a lancé un appel urgent pour accélérer massivement l’action de conservation des espèces en réponse à la crise de la biodiversité croissante. L’appel d’Abu Dhabi pour l’Action Mondiale de Conservation des Espèces demande aux gouvernements du monde, aux agences internationales et au secteur privé d’arrêter le déclin des espèces et de prévenir les extinctions induites par l’homme d’ici 2030. Ils demandent également d’améliorer les statuts de conservation des espèces menacées avec pour perspective d’entraîner un rétablissement généralisé d’ici 2050. L’Appel d’Abu Dhabi, lancé début octobre à la réunion des Dirigeants de la Commission de Sauvegarde des Espèces (SSC) de l’UICN, incite les gouvernements à prendre des mesures d’urgence pour sauver les espèces ayant le risque d’extinction le plus élevé et à s’attaquer aux principales menaces qui entraînent le déclin et l’extinction des populations. Cela inclut le manque d’incitation des propriétaires terriens et des gestionnaires à conserver les espèces sauvages et les habitats naturels ; les pratiques qui sont mauvaises ou abusives en agriculture, pêcherie ou foresterie ; la criminalité environnementale ; l’émergence des maladies infectieuses ; la perturbation des cours d’eau ; la gestion inadaptée des déchets et des rejets ; les espèces exotiques envahissantes ; et de plus en plus, le changement climatique et l’acidification des océans. « Avec l’année 2020 arrive l’opportunité de freiner la crise d’extinction croissante et d’investir dans un futur plus optimiste. Avec cet appel, l’UICN se tient prête à soutenir les gouvernements et la société civile, incluant les jeunes, afin de travailler pour un monde dans lequel les espèces sont préservées et estimées pour leur valeur intrinsèque autant que pour les avantages qu’elles offrent », a dit la directrice générale par intérim de l’UICN, Dr. Grethel Aguilar. « Le Congrès Mondial de l’UICN en 2020 va rassembler les états, la société civile et les peuples indigènes pour travailler à l’arrêt du déclin des espèces d’ici 2030. » Cet appel est le résultat de la mobilisation de 300 dirigeants de la SSC réunis à Abu Dhabi à l’aube de 2020, une année dans laquelle des décisions critiques pour le futur de la planète seront prises par les décideurs politiques. Les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies et l’Accord de Paris des Nations Unies sur le Climat vont être réexaminés, et la Convention sur la Diversité Biologique adoptera le Plan Mondial pour la Biodiversité Post-2020. Un nouvel accord contraignant des Nations Unies sur la biodiversité marine en haute mer est aussi en négociation. Le Congrès mondial de l’UICN va amplifier cet Appel, qui sera ensuite traité par le Sommet des Nations Unies sur la biodiversité. « La Commission de Sauvegarde des Espèces (SSC) est le réseau mondial le plus large de scientifiques spécialistes des espèces et un contributeur fondamental au rôle de l’UICN comme source de savoirs qui sont nécessaires à la conservation de la nature. Ces scientifiques consacrent leurs vies, généralement de manière entièrement bénévole, à sauver les espèces. La grande qualité du travail des Groupes de spécialistes de la commission fournit une solide base scientifique pour les actions de conservation. Nous appelons maintenant les gouvernements à répondre d’urgence à cet Appel en aidant à sauver les espèces de l’extinction », a dit le Dr. Jon Paul Rodrigez, président de la Commission de Sauvegarde des Espèces de l’UICN. Un programme global de travail sur la conservation des espèces va être lancé au Congrès mondial de l’UICN en juin de l’année prochaine. L’UICN demande aux Parties de la Convention sur la Diversité Biologique et des autres conventions liées à la biodiversité de répondre en incluant ce Programme dans le cadre global de la biodiversité post-2020 et de le suivre avec des mises en œuvres urgentes. Au Congrès, les gouvernements, la société civile et les organisations des peuples indigènes vont se rassembler pour conduire l’effort de conservation pour un ‘‘monde juste qui valorise et conserve la nature ». « Les décisions prises en 2020 vont décider du futur de la planète », a dit le Dr. Jane Smart, directrice du Groupe de Biologie de la Conservation de l’UICN. « Nous faisons face à une situation urgente. Les espèces sont la première source de revenus et de ressources pour des centaines de millions de personnes à travers le globe ; leurs valeurs esthétiques et leur rôle spirituel procurent autant réconfort et inspiration, qu’elles sont une source de loisirs. En cet instant décisif, les gouvernements du monde doivent accepter la responsabilité de cette urgence et agir maintenant afin d’assurer que nous transmettions un héritage naturel riche aux futures générations. C’est une opportunité unique de mobiliser la société et de galvaniser l’action nécessaire pour résoudre la crise des espèces. » L’UICN rappelle également qu’il est peu probable que l’objectif mondial fixant le rétablissement des espèces menacées adopté à Nagoya, au Japon, en 2010 soit atteint, ce, malgré des efforts considérables des conservateurs de l’environnement à travers le monde. En prévision de cela, l’UICN met l’accent sur l’importance d’inclure des objectifs clairs et ambitieux pour la conservation des espèces dans le Plan Mondial pour la Biodiversité post-2020. « La conservation des espèces est un impératif majeur à l’avenir et je me réjouis du fait que les dirigeants de la SSC réunis à Abu Dhabi l’aient identifié comme tel et que ce soit l’un des points déterminants de cette réunion. Nous reconnaissons qu’il y a beaucoup d’autres problèmes majeurs impactant la biodiversité, toutefois nous devons travailler sans relâche pour assurer que la conservation des espèces reste au premier plan de n’importe quelle discussion de conservation » a dit Son Excellence Razan Khalifa Al Mubarak, le directeur général de l’Agence Environnementale d’Abu Dhabi (EAD). « Les Emirats ont assumé un rôle de chef de file dans la conservation de la biodiversité et notre partenariat avec l’UICN et la SSC en particulier le confirme. » « EAD et Abu Dhabi attachent une grande importance à la conservation des espèces. La conservation des espèces, localement comme globalement, est un héritage de notre père fondateur et la gouvernance à Abu Dhabi s’y implique entièrement. Les

Plus de la moitié des arbres endémiques d’Europe sont menacés d’extinction

La Liste rouge européenne des arbres a évalué le risque d’extinction des 454 espèces d’arbres indigènes recensées à l’échelle du continent européen. Les résultats de cette étude révèlent près de la moitié de ces espèces (42%) sont menacées d’extinction au niveau régional, et que les plus menacées sont les espèces endémiques (58 % d’entre elles)  c’est-à-dire celles uniquement présentes en Europe. Ce nouveau chapitre de la Liste rouge européenne identifie les espèces invasives et parasites comme la plus grande menace pour les arbres européens. En particulier, les ravageurs et pathogènes (insectes, nématodes, agents microbiens infectieux, bactéries, virus et champignons) causent des déclins majeurs chez certaines de nos espèces d’arbres les plus répandues. Ainsi, l’iconique Marronnier (Aesculus hippocastanum) est évalué Vulnérable (VU) en raison de son déclin causé par la Mineuse du Marronnier, petit papillon qui a envahi toute l’Europe au cours des 30 dernières années depuis sa région d’origine des Balkans. Cette information rejoint une des fortes préoccupations des experts Groupe de travail « Forêt » du Comité français de l’UICN, à l’origine d’une proposition de Motion pour le prochain Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 intitulée « Renforcer la prévention des risques associés aux pathogènes et ravageurs exotiques envahissants des forêts ». Cette motion demande notamment aux Etats d’intégrer ces espèces dans les stratégies de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, de renforcer les actions de prévention et les systèmes de détection précoce et de lutter contre les pratiques de gestion qui peuvent favoriser leur installation et dispersion. Enfin, si les changements climatiques sont identifiés comme une menace potentielle pour toutes les espèces d’arbres en Europe, leurs impacts sont encore souvent incertains et peuvent être fortement sous-estimés. Financée par la Commission européenne depuis 2006, plus de 15 000 espèces ont à ce jour été évaluées sur la liste rouge européenne, notamment l’ensemble des espèces de vertébrés (mammifères, amphibiens, reptiles, oiseaux et poissons), les mollusques d’eau douce, libellules, papillons, abeilles, mollusques terrestres, mollusques terrestres, coléoptères saproxyliques et une sélection d’espèces végétales comprenant fougères, mousses, plantes sauvages apparentées aux plantes cultivées, plantes médicinales et arbres.   Plus d’informations – L’article complet de l’UICN (en anglais) – L’étude complète – Le programme Ecosystèmes du Comité français de l’UICN – La liste rouge des écosystèmes en France

Retour sur la COP18 sur le commerce des espèces sauvages (CITES)

La 18e session de la Conférence des parties (CoP18) à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) s’est tenue du 17 au 28 août 2019 à Genève. La CITES est un accord international qui a pour objectif de veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.  La France a été à l’origine ou a fortement encouragé plusieurs des mesures adoptées lors de cette conférence. Le commerce de plusieurs espèces sera encadré de façon plus stricte (en Annexe 2), notamment les girafes, holothuries (concombres de mer), requins-taupes, mygales et tortues étoilées et le prélèvement en milieu naturel des éléphanteaux sera désormais interdit, grâce à la position des 28 Etats membres de l’Union européenne. Les grands félins asiatiques et les geckos tokay ont également bénéficié d’un renforcement de leur protection. « La COP CITES a revêtu cette année une dimension toute particulière alors que les enjeux de biodiversité montent en puissance. Il est donc d’autant plus réjouissant de constater les résultats globalement positifs cette année. Citons notamment les quelques sujets sur lesquels l’Etat français s’est investi : l’inscription à l’annexe II de la girafe et de trois sous-espèces d’holothuries, et l’interdiction de la capture d’éléphants (notamment d’éléphanteaux) dans la nature pour les envoyer dans des zoos ou parcs » a déclaré Yann Wehrling, Ambassadeur à l’environnement.   Interdiction du commerce d’éléphanteaux Alors qu’il ne reste qu’environ 415.000 éléphants d’Afrique, la COP18 a voté plusieurs dispositions favorables à l’espèce après des négociations intenses. C’est en premier lieu le cas de l’interdiction du commerce des éléphanteaux vivants, capturés dans la nature pour les besoins des zoos et des cirques hors de leur habitat naturel. La conférence a également repoussé les propositions de plusieurs pays d’Afrique australe visant à autoriser un commerce limité d’ivoire. L’interdiction existante du commerce est maintenue. Régulation du commerce des girafes La COP18 a accepté une proposition présentée par plusieurs Etats africains de contrôler le commerce des girafes vivantes et des produits qui en sont issus. L’animal est ajouté à l’Annexe II de la convention, sans aller jusqu’à l’interdiction qui s’applique aux espèces inscrites à l’Annexe I. Une protection endurcie pour les requins Dix-huit espèces de requins et de raies, menacées par l’ampleur du commerce international de leurs ailerons et de leur chair, ont reçu la protection de l’Annexe II lors de la COP18 de la CITES. L’inscription concerne le requin-taupe bleu et le petit requin-taupe (ou requins makos), en voie de disparition, ainsi que six espèces de guitares de mer et dix espèces de raies. La décision est importante car elle va permettre de réguler le commerce de ces espèces. Désormais, leur exportation sera proscrite depuis chacun des 183 Etats Parties, à moins d’avoir été formellement autorisée, permis et certificats à l’appui, par le pays en question. Inscription à l’Annexe I pour deux espèces de loutres Les loutres cendrées et les loutres d’Asie, menacées d’extinction par le commerce illicite d’animaux de compagnie et la demande pour leurs peaux, se sont également vues accorder une plus forte protection (en Annexe I). Les populations sauvages de ces deux espèces répondaient aux critères d’inscription à l’Annexe I car elles ont connu un fort déclin à cause de la réduction de leur aire de répartition, de la perte de leur habitat ou de sa qualité, et de la forte exploitation dont elles sont victimes. Ces deux espèces sont classées sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN comme « vulnérables ». Entre 1980 et 2018, il y a eu plus de 250 saisies représentant au total 6 010 loutres, dont des loutres cendrées et d’Asie, selon les données de la CITES sur ces activités commerciales.   Les actions du Comité français de l’UICN pour la CITES Le Comité français de l’UICN est consulté par les autorités françaises avant chaque Conférence des Parties à la CITES. Il fournit des avis reposant sur les analyses de l’UICN et de TRAFFIC et sur la contribution des experts de la Commission de sauvegarde des espèces.   Plus d’informations – Site dédié à la COP18 de la CITES – Les informations et documents de la CITES – Retrouver toutes les analyses de l’IUCN et de TRAFFIC – Le Programme Espèces de l’UICN France – Le Programme Coopération internationale de l’UICN France

Une bande-dessinée sur la protection du Rhinocéros noir à découvrir

La bande-dessinée « Les adieux du Rhinocéros » vient de paraître aux éditions Glénat. Sa réalisation a fait l’objet d’une collaboration entre l’Association des parcs zoologiques français (Afdpz) et le Comité français de l’UICN. Une fable contemporaine sur la préservation des espèces menacées “Alors que le rhinocéros noir est au bord de l’extinction, des défenseurs de la nature mènent une opération de la dernière chance pour sauver l’espèce… mais n’est-il pas déjà trop tard ?”. Ce synopsis posé, suivez Gregory, Alexia, Julien, trois soigneurs animaliers en parc zoologique, dans leur opération de réintroduction de rhinocéros. Accompagnés par des membres de l’ONG « Protect RHINO », ils devront faire face à la brutale réalité du braconnage et du trafic de cornes de rhinocéros qui l’accompagne. Préfacée par Jane Goodall, éthologue, anthropologue et fondatrice de l’Institut Jane Goodall pour la protection de la diversité, « Les Adieux du Rhinocéros » adresse les problématiques de la conservation des espèces menacées. Comment œuvrer à la protection de la biodiversité efficacement en prenant en compte les situations parfois complexes du terrain ? La bande-dessinée a été réalisée par Pierre-Roland Saint-Dizier et Andrea Mutti qui nous alertent sur le risque d’extinction de cet animal majestueux causée par le trafic et, par extension, nous sensibilisent sur la préservation des espèces menacées. Le statut du rhinocéros noir dans le monde Selon la Liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN, au cours de la majeure partie du XXe siècle, le rhinocéros noir était l’espèce de rhinocéros la plus nombreuse, qui pouvait compter environ 850 000 individus. Entre 1960 et 1995, le braconnage à grande échelle a provoqué un effondrement dramatique de 98 % de sa population totale. Entre 1992 et 1995, les chiffres totaux sont restés relativement stables, les augmentations dans certains pays (ceux qui ont les populations les mieux protégées et les mieux gérées) ayant été annulées par des baisses dans d’autres. Aujourd’hui, des augmentations ont été enregistrées dans les pays où les investissements dans les programmes de conservation, y compris la surveillance et l’application des lois, ont été améliorés, et sa population actuelle est estimée à environ 5000 animaux. Néanmoins, le rhinocéros noir reste classé en danger critique d’extinction sur la Liste rouge de l’UICN.   Plus d’informations – Les Adieux du Rhinocéros – Editions Glénat – La Liste rouge mondiale des espèces menacées – La Liste rouge des espèces menacées en France – Site internet de l’Association des Parcs zoologiques français Photo bandeau ©  Lena Baraud – Comité français de l’UICN

Mise à jour de la Liste rouge mondiale des espèces menacées

Liste rouge des espèces menacées de l’UICN : la pêche non durable et la chasse pour la viande de brousse entraînent l’extinction d’espèces emblématiques. La surpêche a poussé deux familles de raies au bord de l’extinction, tandis que la chasse de viande de brousse et la perte d’habitats ont conduit au déclin de sept espèces de primates, selon la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Cette mise à jour révèle également d’autres preuves de l’état critique des poissons d’eau douce dans le monde, comme le montre le grand nombre d’espèces menacées en raison de la disparition de rivières aux cours d’eau non perturbés, de la dégradation de leurs habitats, de la pollution et des espèces envahissantes au Japon et au Mexique. Avec cette mise à jour, la liste rouge des espèces menacées de l’UICN a franchi la barrière des 100 000 espèces évaluées. Sur les 105 732 espèces précisément étudiées, 28 338 sont classées menacées. « Avec plus de 100 000 espèces désormais évaluées dans la Liste rouge de l’UICN, cette mise à jour montre clairement à quel point les humains surexploitent la vie sauvage », a déclaré la Directrice générale ad interim de l’UICN, Dr Grethel Aguilar. « Nous devons nous rendre compte que la préservation de la diversité de la nature est dans notre intérêt et qu’elle est absolument fondamentale pour atteindre les Objectifs de Développement Durable. Les États, les entreprises et la société civile doivent agir d’urgence pour mettre un terme à la surexploitation de la nature et doivent respecter et appuyer les communautés locales et les peuples autochtones pour le renforcement de moyens de subsistance durables. »   Chiffres mondiaux pour la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN 2019-2 : ESPÈCES TOTALES ÉVALUÉES = 105 732 (Total des espèces menacées = 28 338) Eteintes = 873 Eteintes à l’état sauvage = 73 En danger critique = 6 127 En danger = 9 754 Vulnérables = 12 457 Quasi menacées = 6 435 Faible risque/dépendant de mesures de conservation = 205 (cette ancienne catégorie est progressivement éliminée de la Liste rouge de l’UICN) Préoccupation mineure = 54 039 Données insuffisantes = 15 769   Plus d’informations – L’article complet de l’UICN (en anglais) – Pour en savoir plus sur la Liste rouge mondiale des espèces menacées – Contacts : Goska Bonnaveira, IUCN Media Relations, +41 792760185, goska.bonnaveira@iucn.org Harriet Brooker, IUCN Media Relations, +44 7960241862, harriet.brooker@iucn.org – Pour en savoir plus sur la Liste rouge des espèces menacées en France Photo bandeau : Cercopithecus roloway © Hans Hillewaert / CC BY-SA 4.0 / Wikipédia

CITES COP18 : Quelles décisions pour le commerce des espèces sauvages ?

La 18e session de la Conférence des parties (CoP18) à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) initialement prévue du 23 mai au 3 juin 2019 à Colombo, Sri Lanka, se tiendra dans les prochains mois, suite à son report. La CITES est un accord international qui a pour objectif de veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.  Le commerce international des espèces sauvages représente des milliards de dollars par an et porte sur des centaines de millions de spécimens de plantes et d’animaux. Ce commerce est varié, allant de plantes et d’animaux vivants à une large gamme de produits dérivés – produits alimentaires, articles en cuir exotique, instruments de musique en bois, souvenirs pour touristes, remèdes, et bien d’autres encore. L’exploitation et le commerce intensifs de certaines espèces, auxquels s’ajoutent d’autres facteurs tels que la disparition des habitats, peuvent épuiser les populations et même conduire certaines espèces au bord de l’extinction. De nombreuses espèces sauvages faisant l’objet d’un commerce ne sont pas en danger d’extinction mais l’existence d’un accord garantissant un commerce durable est importante pour les préserver. Comme le commerce des plantes et des animaux sauvages dépasse le cadre national, sa réglementation nécessite la coopération internationale pour préserver certaines espèces de la surexploitation. La CITES a été conçue dans cet esprit de coopération. Aujourd’hui, plus de 35 000 espèces sauvages sont couvertes par la CITES en étant inscrites à l’une des trois annexes de la Convention selon le degré de protection dont elles ont besoin. Lors de cette prochaine Conférence mondiale de la vie sauvage, les 183 Parties à la CITES (182 pays, plus l’Union Européenne) se réuniront afin d’examiner les 57 propositions d’amendements aux Annexes de la CITES demandés par les Etats membres, certaines propositions visant à limiter plus encore leur commerce, d’autres contre-propositions visant à supprimer les restrictions, par exemple concernant le commerce des éléphants et de leur ivoire ou des cornes de rhinocéros.   Les actions de l’UICN France pour la CITES Le Comité français de l’UICN est consulté par les autorités françaises avant chaque Conférence des Parties à la CITES, en fournissant des avis reposant sur les analyses de l’UICN et de TRAFFIC et sur la contribution des experts de la Commission de Sauvegarde des espèces.   Plus d’informations – Site dédié à la COP18 de la CITES – Les 57 propositions d’amendements aux Annexes : en français / en anglais – Retrouver toutes les analyses de l’IUCN et de TRAFFIC – Le Programme Espèces de l’UICN France – Le Programme Coopération internationale de l’UICN France photo bandeau © PPI  – Films au clair de lune