Des nouvelles du terrain : Forêt d’Ebo au Cameroun

Ebo forêt

Un groupe d’acteurs de la société civile camerounaise, dont font partie les organisations EBO FOREST RESEARCH PROJECT, SEKAKOH et COMAID (tous les trois bénéficiaires d’un appui du PPI) vient d’adresser un courrier au gouvernement camerounais, lui demandant de suspendre les plans de création de deux concessions d’exploitation forestière dans la forêt d’Ebo. Il préconise d’engager à la place toutes les parties prenantes, y compris les communautés locales vivant autour de la forêt, pour élaborer un plan d’aménagement du territoire inclusif. Ce courrier est cosigné par plus de 60 écologistes et chercheurs camerounais et internationaux dont le président du Groupe de Spécialistes des Primates de l’UICN,

Située à environ 60 km de Douala, dans la région du Littoral, la forêt d’Ebo (1 110 km2), est l’écosystème fonctionnellement intact le plus important dans le hotspot de biodiversité du golfe de Guinée. Cette forêt abrite la population la plus importante de chimpanzés du Nigeria-Cameroun (Pan troglydtes ellioti, EN), mais aussi des gorilles (Gorilla gorilla sp., CR), des éléphants de forêt (Loxodonta cyclotis, EN), des drills (Mandrillus leacophaeus, EN) ainsi que des colobes Bai de Preuss (Piliocolobus preussi, CR). En plus de cette riche biodiversité, la forêt d’Ebo abrite plus de 40 communautés qui accordent à cet espace et aux ressources une importance culturelle, coutumière et économique considérable. Les populations riveraines d’Ebo y puisent en effet des ressources pour leur subsistance (produits forestiers non ligneux et pour la médecine traditionnelle).

Guenon

Cercopithèque de Preuss dans la forêt d’Ebo © Robbie Whytock

En 2007, avec l’appui technique du WWF et du San Diego Zoo Global, le processus de création d’un parc national avait été enclenché mais force est de constater qu’à ce jour le parc national d’Ebo n’a toujours pas été classé par le gouvernement du Cameroun.

La biodiversité de cette forêt est principalement menacée par le braconnage et le trafic d’espèces, mais aussi par l’exploitation forestière illégale et l’établissement d’une vaste plantation de palmiers à huile dans la zone tampon au nord-ouest.

Comme constaté dans d’autres zones, ces exploitations forestières menacent directement la biodiversité exceptionnelle abritée par cette forêt. Elles risquent également d’aggraver les pressions sur les espèces et leurs habitats par l’afflux de travailleurs peu rémunérés dans la région qui pourraient chercher à compléter leurs maigres revenus par la chasse et l’agriculture de subsistance.

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