Un rapport clé de l’IPBES sur la biodiversité et les pandémies

IPBES, 29 octobre 2020. Des pandémies futures vont apparaître plus souvent, se propageront plus rapidement, causeront plus de dommages à l’économie mondiale et tueront plus de personnes que la COVID-19, à moins que l’approche globale de la lutte contre les maladies infectieuses ne soit modifiée, avertit un nouveau rapport clé sur la biodiversité et les pandémies rédigé par 22 experts de premier plan du monde entier. Au terme d’un atelier virtuel organisé par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES de son acronyme anglais) sur les liens entre la dégradation de la nature et l’augmentation des risques de pandémie, les experts conviennent qu’il est possible d’échapper à l’ère des pandémies, mais que cela nécessite un profond changement d’approche pour passer de la réaction à la prévention. La pandémie de COVID-19 est au moins la sixième pandémie mondiale depuis la pandémie grippale de 1918, et bien qu’elle trouve son origine dans des microbes portés par des animaux, comme toutes les pandémies, son émergence a été entièrement déterminée par les activités humaines, indique le rapport publié ce jeudi. On estime à 1,7 million le nombre de virus « non découverts » actuellement présents dans les mammifères et les oiseaux, dont 827 000 pourraient avoir la capacité d’infecter les êtres humains. « Il n’y a pas de grand mystère sur la cause de la pandémie de COVID-19, ou de toute autre pandémie moderne. Ce sont les mêmes activités humaines qui sont à l’origine du changement climatique, de la perte de biodiversité et, de par leurs impacts sur notre environnement, du risque de pandémie. Les changements dans la manière dont nous utilisons les terres, l’expansion et l’intensification de l’agriculture, ainsi que le commerce, la production et la consommation non durables perturbent la nature et augmentent les contacts entre la faune sauvage, le bétail, les agents pathogènes et les êtres humains. C’est un chemin qui conduit droit aux pandémies. » Dr. Peter Daszak, président de EcoHealth Alliance et de l’atelier d’IPBES. Le risque de pandémie peut être considérablement réduit en diminuant les activités humaines entraînant la perte de biodiversité, par une plus grande conservation des zones protégées et par des mesures réduisant l’exploitation non durable dans les régions riches en biodiversité. Cela permettra de réduire les contacts entre les animaux sauvages, le bétail et les êtres humains, et aidera à prévenir la propagation de nouvelles maladies, indique le rapport. « Les preuves scientifiques conduisent à une conclusion encourageante. Nous avons la capacité croissante de prévenir les pandémies, mais la manière dont nous les abordons actuellement ignore largement cette capacité. Notre approche actuelle des pandémies stagne et consiste encore à essayer de contenir et de contrôler les maladies aprèsqu’elles sont apparues, par le biais de vaccins et de thérapies. Pour nous échapper de l’ère des pandémies, nous devons, en plus de la réaction, nous concentrer sur la prévention. Le fait que l’activité humaine ait pu modifier aussi fondamentalement notre environnement naturel ne doit pas nécessairement être vu comme négatif, mais prouve, au contraire, notre capacité à opérer les changements nécessaires pour réduire le risque de futures pandémies, tout en protégeant la nature et en réduisant les changements climatiques. » Dr. Peter Daszak, président de EcoHealth Alliance et de l’atelier d’IPBES. Le rapport propose également un certain nombre d’options politiques qui permettraient de faire face et de réduire le risque de pandémie. En voici quelques-unes : Un Conseil intergouvernemental de haut niveau sur la prévention des pandémies pourrait être créé afin de fournir aux décideurs les meilleures données scientifiques sur les maladies émergentes ; de prévoir les zones à haut risque ; et d’évaluer l’impact économique des pandémies potentielles et de mettre en évidence les lacunes en matière de recherche. Un tel conseil pourrait également coordonner la conception d’un cadre mondial de suivi. Les pays pourraient se fixer des objectifs dans le cadre d’un accord ou d’une entente internationale, avec des avantages évidents pour les êtres humains, les animaux et l’environnement. L’approche « Une seule santé » pourrait être institutionalisée par les Gouvernements nationaux afin de renforcer la préparation aux pandémies, d’améliorer les programmes de prévention des pandémies et d’enquêter sur les épidémies et de les contrôler dans tous les secteurs. Des évaluations de l’impact sur la santé des risques de pandémies et de maladies émergentes pourraient être développées et intégrées dans les grands projets de développement et d’aménagement du territoire, tout en réformant l’aide financière à l’aménagement du territoire afin que les avantages et les risques pour la biodiversité et la santé soient reconnus et explicitement ciblés. Le coût économique des pandémies devrait être pris en compte dans la consommation, la production et les politiques et budgets gouvernementaux. Une réduction des formes de consommation, d’expansion agricole mondialisée et de commerce qui ont conduit à des pandémies devrait être rendue possible, par exemple au travers de taxes ou d’impôts sur la consommation de viande, la production de bétail et d’autres d’activités à haut risque de pandémie. Les risques de zoonoses dans le commerce international d’animaux sauvages pourraient être réduits grâce à un nouveau partenariat intergouvernemental « santé et commerce » ; les espèces à haut risque de maladie devraient être retirées partiellement ou totalement du commerce des espèces sauvages ; l’application de la loi dans tous les aspects du commerce illégal d’animaux sauvages devrait être renforcée et l’éducation des communautés sur les risques sanitaires du commerce d’animaux sauvages devrait être améliorée, particulièrement dans les zones à haut risque de propagation de maladies. L’engagement et les connaissances des populations autochtones et des communautés locales dans les programmes de prévention des pandémies devraient être valorisés afin d’atteindre une plus grande sécurité alimentaire et de réduire la consommation d’animaux sauvages. D’importantes lacunes dans les connaissances seraient à combler au sujet des principaux comportements à risque, de l’importance relative dans le risque de maladie du commerce illégal, non réglementé et légal d’animaux sauvages, et de la relation entre la dégradation et la restauration des écosystèmes, la structure des paysages et le risque d’émergence de maladies. Plus d’informations –

Le rapport mondial de l’IPBES confirme le déclin alarmant de la nature

« La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier », alerte le nouveau et historique rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), dont le résumé a été approuvé lors de la 7ème session plénière de l’IPBES, qui s’est réunie la semaine dernière (du 29 Avril au 4 mai) à Paris. « La santé des écosystèmes dont nous dépendons, ainsi que toutes les autres espèces, se dégrade plus vite que jamais. Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier » a déclaré le président de l’IPBES, Sir Robert Watson. « Le rapport nous dit aussi qu’il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial », a-t-il ajouté  « Grâce au « changement transformateur », la nature peut encore être conservée, restaurée et utilisée de manière durable – ce qui est également essentiel pour répondre à la plupart des autres objectifs mondiaux. Par «changement transformateur », on entend un changement fondamental à l’échelle d’un système, qui prend en considération les facteurs technologiques, économiques et sociaux, y compris en termes de paradigmes, objectifs et valeurs. Les États membres de la plénière de l’IPBES ont reconnu que, par sa nature même, un changement transformateur peut susciter une opposition de la part de ceux qui ont des intérêts attachés au statu quo, mais également que cette opposition peut être surmontée pour le bien de tous. Le rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques est le document le plus exhaustif réalisé à ce jour. Il s’agit du premier rapport intergouvernemental de ce type. Il s’appuie sur l’évaluation historique des écosystèmes pour le millénaire (Millenium Ecosystem Assessment) de 2005 et introduit de nouveaux moyens pour d’évaluation des preuves. Élaboré par 145 experts issus de 50 pays au cours des trois dernières années, avec des contributions additionnelles apportées par 310 autres experts, le rapport évalue les changements au cours des cinq dernières décennies et fournit un aperçu complet de la relation entre les trajectoires de développement économique et leurs impacts sur la nature. Le document propose également un éventail de scénarios possibles pour les décennies à venir. Basé sur une revue systématique d’environ 15 000 références scientifiques et sources gouvernementales, le rapport s’appuie aussi (et pour la première fois à une telle échelle) sur les savoirs autochtones et locaux, et aborde en particulier les questions concernant les peuples autochtones et les communautés locales. « Les contributions apportées par la biodiversité et la nature aux populations sont notre patrimoine commun et forment le plus important ’filet de sécurité’ pour la survie de l’humanité. Mais ce filet de sécurité a été étiré jusqu’à son point de rupture », a déclaré la professeure Sandra Díaz (Argentine), qui a co-présidé l’évaluation avec les professeurs Josef Settele (Allemagne) et  Eduardo S. Brondízio (Brésil et États-Unis). « La diversité au sein des espèces, entre les espèces et celles des écosystèmes, ainsi que de nombreuses contributions fondamentales qui proviennent de la nature se dégradent rapidement, même si nous avons encore les moyens d’assurer un avenir durable aux êtres humains et à la planète.» Le rapport estime qu’environ 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, notamment au cours des prochaines décennies, ce qui n’a jamais eu lieu auparavant dans l’histoire de l’humanité. Depuis 1900, l’abondance moyenne des espèces locales dans la plupart des grands habitats terrestres a diminué d’au moins 20 % en moyenne. Plus de 40 % des espèces d’amphibiens, près de 33 % des récifs coralliens et plus d’un tiers de tous les mammifères marins sont menacés. La situation est moins claire pour les espèces d’insectes, mais les données disponibles conduisent à une estimation provisoire de 10 % d’espèces menacées. Au moins 680 espèces de vertébrés ont disparu depuis le 16ème siècle et plus de 9 % de toutes les races domestiquées de mammifères utilisées pour l’alimentation et l’agriculture avaient disparu en 2016, et 1 000 races de plus sont menacées. « Les écosystèmes, les espèces, les populations sauvages, les variétés locales de plantes et les races locales d’animaux domestiques diminuent, se réduisent ou disparaissent. Le tissu vivant de la Terre, essentiel et interconnecté,  se réduit et s’effiloche de plus en plus », a déclaré le professeur Settele. « Cette perte est la conséquence directe de l’activité humaine et constitue une menace directe pour le bien-être de l’humanité dans toutes les régions du monde. » Pour accroître la pertinence politique du rapport, les auteurs de l’évaluation ont classé, pour la première fois à une telle échelle et sur la base d’une analyse approfondie des données disponibles, les cinq facteurs directs de changement qui affectent la nature et qui ont les plus forts impacts à l’échelle mondiale. Les facteurs responsables sont, par ordre décroissant : (1) les changements d’usage des terres et de la mer ; (2) l’exploitation directe de certains organismes ; (3) le changement climatique ; (4) la pollution et (5) les espèces exotiques envahissantes. Le rapport souligne que, depuis 1980, les émissions de gaz à effet de serre ont été multipliées par deux, provoquant une augmentation des températures moyennes mondiales d’au moins 0,7 degré Celsius. Le changement climatique a déjà un impact sur la nature, depuis le niveau des écosystèmes jusqu’à celui de la diversité génétique – impact qui devrait augmenter au cours des décennies à venir et, dans certains cas, surpasser l’impact dû au changement d’usage des terres et de la mer et des autres facteurs de pression. En dépit des progrès réalisés pour conserver la nature et mettre en œuvre des politiques en faveur de celle-ci, le rapport met aussi en évidence que les trajectoires actuelles ne permettent pas d’atteindre les objectifs mondiaux visant à conserver et exploiter durablement la nature. Les objectifs pour 2030 et au-delà ne pourront

7ème plénière de l’IPBES : Quels enjeux ?

La France va accueillir la 7ème session de l’IPBES, la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, se tiendra du 29 avril au 4 mai 2019, à Paris.  Quels enjeux lors de cet évènement ? Une nouvelle synthèse mondiale décisive sur l’état de la nature et des écosystèmes ainsi que des contributions apportées par la nature aux populations sera présentée aux représentants de 131 Etats, qui en discuteront en vue d’une approbation. C’est le premier rapport de ce type depuis l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire (Millenium Ecosystem Assessment) a de l’ONU publiée en 2005, et le tout premier qui soit intergouvernemental. Entre 2016 et 2018, l’IPBES a également publié deux rapports thématiques sur les pollinisateurs et la dégradation des sols, un rapport méthodologique sur les scénarios et les modèles, ainsi que quatre rapports régionaux sur l’état de la biodiversité dans le monde. Objectif : Contribuer à améliorer les politiques et les actions en faveur de la conservation et de l’usage durable de la biodiversité au cours de la décennie à venir.   Le rapport Il a été élaboré par 150 experts internationaux issus de 50 pays, conciliant les domaines des sciences naturelles et sociales, avec des contributions additionnelles de 250 experts supplémentaires, travaillant avec l’IPBES. Le rapport sera achevé et examiné lors cette septième session plénière de l’IPBES. Ayant exigé trois années de travail et un coût total de plus de 2,4 millions de dollars, l’évaluation mondiale de l’IPBES s’appuie sur près de 15 000 références, y compris des documents scientifiques et des informations gouvernementales. Il s’agit également de la toute première évaluation qui examine systématiquement et intègre les savoirs, problématiques et priorités des populations autochtones et locales. Le rapport aidera à évaluer les progrès (ou l’absence de progrès) liés aux principaux objectifs internationaux, dont les objectifs de développement durable (ODD), les objectifs d’Aïchi relatifs à la diversité biologique et l’Accord de Paris sur les changements climatiques. Il étudie les causes des changements affectant la biodiversité et les écosystèmes, les conséquences pour les populations, les options politiques et les futures trajectoires possibles pour les trois prochaines décennies si les tendances actuelles se confirment, ainsi que d’autres scénarios. En résumé : il couvre l’ensemble des écosystèmes terrestres (à l’exception de l’Antarctique), des eaux intérieures et des océans il évalue les changements survenus au cours des 50 dernières années, et les conséquences pour nos économies, nos moyens de subsistance, notre sécurité alimentaire et notre qualité de vie il explore les incidences du commerce et d’autres processus mondiaux sur la biodiversité et les services écosystémiques il traite des impacts relatifs du changement climatique, des espèces envahissantes, de la pollution, des changements dans l’utilisation des mers et des terres et de toute une série d’autres défis posés à la nature il identifie les lacunes prioritaires dans nos connaissances disponibles, qu’il conviendra de combler il anticipe ce à quoi pourrait ressembler la biodiversité dans plusieurs décennies à la lumière de six scénarios il évalue les changements, options et trajectoires en matière politique, de technologie, de gouvernance et de comportement en vue d’atteindre des objectifs mondiaux, en observant les synergies et les compromis entre production alimentaire, sécurité hydrique, énergie et expansion des infrastructures, atténuation du changement climatique, protection de la nature et développement économique   Un « résumé à l’intention des décideurs » détaillé qui souligne les principaux messages, résultats et options, doit être présenté au public au siège mondial de l’UNESCO, à Paris, le lundi 6 mai 2019.   Plus d’informations – Toutes les informations sur l’évènement – Le Millenium Ecosystem Assessment – Les principaux messages et chiffres des rapports régionaux – Consulter les rapports complets publiés entre 2016 et 2018 – Le Programme Ecosystèmes de l’UICN France

L’ONU donne un feu vert à la création de l’IPBES

Lors de sa session pleinière du 21 décembre 2010, l’Assemblée Générale de l’ONU a approuvé la création de la plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES, en anglais). L’UICN salue cette décision attendue qui permet de clore l’année internationale de la biodiversité sur une avancée importante et de confirmer le nouvel élan mondial lancé à Nagoya. La plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a pour but d’améliorer l’interface entre les connaissances scientifiques et les décisions politiques sur les enjeux de la biodiversité. Elle devrait jouer un rôle comparable à celui du Groupe intergouvernemental sur le changement climatique (GIEC) qui a permis de renforcer la compréhension et l’action mondiale sur le réchauffement climatique. L’IPBES fournira des expertises collectives sur l’état et les évolutions de la biodiversité, basées sur les travaux de recherche réalisées dans le monde. Elle sera chargée d’éclairer les gouvernements, en leur fournissant les meilleures connaissances disponibles et identifiant les scénarios possibles, pour prendre les décisions nécessaires. L’idée de la création de l’IPBES a été proposée par la France lors de la conférence internationale « Biodiversité, science et gouvernance » tenue à Paris en janvier 2005. Elle a été reprise par l’Union Européenne puis longuement débattue au sein des Nations Unies. L’UICN a soutenu fortement cette initiative et a joué un rôle important dans son processus de création, notamment à travers ses commissions d’experts. Pour en savoir plus sur l’IPBES, consultez le site www.ipbes.net

Un nouvel élan mondial pour la biodiversité lancé à Nagoya

Les 193 Etats Parties à la Convention sur la diversité biologique, réunis à Nagoya du 18 au 29 octobre 2010, ont pris de nouveaux engagements pour la sauvegarde de la biodiversité, à l’issue de longues négociations. Un « paquet biodiversité » a été adopté comprenant un plan stratégique d’action avec 20 objectifs à atteindre d’ici 2020, un protocole sur l’accès et le partage des avantages liés à l’exploitation des ressources génétiques, et une stratégie de financement pour augmenter l’aide publique internationale consacrée à la biodiversité. Point d’orgue de l’année internationale de la biodiversité, la 10ème Conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique, qui a rassemblé près de 18000 participants à Nagoya au Japon pendant 10 jours, a réussi à adopter plusieurs décisions importantes pour enrayer la disparition de la biodiversité et tenter d’inverser la tendance. Après avoir échoué à atteindre leur objectif de réduire significativement l’érosion de la biodiversité d’ici 2010 et, face à la crainte d’un nouvel échec des négociations suite au Sommet de Copenhague sur le climat, les Etats ont su réagir et donner une nouvelle et forte impulsion pour relancer les efforts de préservation et de valorisation de la biodiversité. En premier lieu, les Etats ont adopté le plan d’action stratégique 2011-2020 de la Convention sur la diversité biologique qui comporte 20 objectifs à atteindre d’ici 2020 dont : la mise en place d’un réseau d’aires protégées couvant 17% des milieux terrestres et d’eau douce et 10% des milieux côtiers et marins (contre respectivement 13% et 5% actuellement) ; la diminution, de moitié au moins, du taux de perte de tous les habitats naturels, y compris les forêts, et lorsque cela est possible ce taux est porté à près de zéro ; la restauration d’au moins 15% des écosystèmes dégradés pour lutter contre les impacts du changement climatique (stockage du carbone) et la désertification ; la suppression ou la réforme des incitations financières et des subventions néfastes à la biodiversité, et la mise en place d’incitations positives pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité ; la gestion durable de tous les stocks de pêche, évitant ainsi la surexploitation, ainsi que la restauration des stocks dégradés ; la sauvegarde des espèces menacées, empêchant l’extinction des espèces identifiées comme menacées et améliorant le statut de conservation des espèces les plus en déclin ; la gestion durable des espaces dédiés à l’agriculture, l’aquaculture et la foresterie, intégrant la conservation de la biodiversité ; la réduction des pollutions à des niveaux non dommageables pour les écosystèmes ; la lutte contre les espèces exotiques envahissantes. Ce plan d’action constitue un cadre international commun d’action et les Etats se sont engagés à le décliner dans leurs stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité d’ici deux ans. La nouvelle stratégie française pour la biodiversité, en cours de révision, devra donc en tenir compte. En discussion depuis plus de 8 ans, les Etats ont finalement adopté le Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation. Cet accord va permettre d’encadrer l’exploitation des ressources génétiques (molécules naturelles ou gènes) entre les pays détenteurs de ces ressources, principalement basés au Sud, et les industries, principalement localisées au Nord, et d’assurer qu’une partie des bénéfices reviennent aux pays détenteurs. Les secteurs particulièrement concernés sont ceux de la pharmacie et de la cosmétique. Les communautés locales qui possèdent des connaissances et des savoir-faire traditionnels devront également être prises en compte. L’adoption de ce protocole répond à une forte demande des pays du Sud pour mettre fin à la bio-piraterie et recevoir des avantages liées à l’utilisation de leurs ressources. Le Protocole de Nagoya devrait entrer en vigueur d’ici 2012, avec un soutien du Fonds pour l’environnement mondial d’un million de dollars (USD) afin de faciliter une entrée en vigueur rapide, et d’un million d’euros de la France. Un plan de financement, ou stratégie de mobilisation des ressources, a également été adopté demandant une augmentation substantielle des financements pour la biodiversité, mais le montant et les modalités n’ont pas été clairement définis. Plusieurs pays ont néanmoins fait des annonces importantes, notamment le Japon, qui consacrera deux milliards de dollars (USD) dans les trois prochaines années pour aider les pays en développement à élaborer et mettre en place leurs stratégies nationales pour la biodiversité. La Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a annoncé que la France allait doubler ses financements dans le cadre de l’aide publique au développement d’ici 2012, soit une enveloppe de plus de 200 millions d’euros, et qu’à compter de 2014, ce montant sera porté à 500 millions d’euros par an, un montant équivalent à celui annoncé par l’Allemagne. Le Comité français de l’UICN se félicite de cette annonce qui va contribuer à remplir l’engagement du Grenelle de l’Environnement demandant de consacrer 10% de l’aide publique au développement à la biodiversité. Plus de 120 millions de dollars seront également consacrés à l’initiative « Life web » de la Convention pour le renforcement des aires protégées. Plusieurs autres décisions ont été prises par la conférence, notamment l’approbation du Plan d’action sur les villes, les autorités locales et la biodiversité, qui a été adopté par le Sommet sur les villes et les autorités locales qui s’est tenu les 25 et 26 octobre, et un soutien à la création de l’IPBES, la future plate-forme scientifique internationale sur la biodiversité et les services écosystémiques. Pour consulter l’ensemble des décisions prises : http://www.cbd.int/nagoya/outcomes/ La prochaine conférence des Parties de la Convention sur la Diversité Biologique se tiendra à New Delhi, Inde, en 2012.

Conférence mondiale des océans 2010

Le Comité français de l’UICN a participé à la 5ème Conférence mondiale des océans qui s’est tenue du 3 au 7 mai 2010 à l’UNESCO à Paris. Elle a été initiée en 2001 pour aider les gouvernements à mettre l’accent sur les questions liées aux océans, aux côtes et aux petits Etats insulaires en développement. Cette conférence a réuni 859 experts de 80 pays représentant les principales parties prenantes relatives au domaine des océans : des représentants des gouvernements, des Nations Unies, des parlementaires, des élus locaux, des ONG, des entreprises, des scientifiques, des musées et aquariums. Le principal objectif de la Conférence était de faire progresser l’agenda mondial des océans sur les principaux thèmes qui les affectent comme la perte de la biodiversité marine ou les effets des changements climatiques. Le Comité français de l’UICN a organisé deux sessions dans le cadre de cette conférence sous le thème général « Préserver la vie ». Elles ont été présentées par les principales ONG françaises (WWF, FNH, Greenpeace), l’Agence des aires marines protégées et la Fondation pour la recherche sur la biodiversité en collaboration avec l’IFREMER, FNE, Planète mer et des consultants indépendants.   Les sujets abordés furent : • Session 1 : Pour une nouvelle approche de la conservation de l’espace marin fondée sur l’identification et le maintien des services écosystèmiques. • Session 2 : Vers une nouvelle gouvernance de la planification territoriale en mer : apports des outils de gestion intégrée des pêches aux aires marines protégées.   Parmi les principales conclusions de la Conférence globale des océans, on peut souligner : • La volonté de développer le « mandat des Océans de Nagoya » pour la prochaine conférence de la Convention sur la diversité biologique afin de compléter les précédents engagements (« mandat de Jakarta ») portant sur la biodiversité marine et côtière. • Le soutien à la création de la future plateforme intergouvernementale science/politique pour la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). • La demande pour la mise en œuvre de meilleures politiques maritimes intégrées et cohérentes au niveau local, régional, national et international.   Le Forum mondial des océans relayera l’ensemble de ces recommandations à différents niveaux dans les forums internationaux comme l’Assemblée générale des Nations unies, la Conférence de la Convention sur la diversité biologique (COP 10, Nagoya), la Conférence de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (COP 16, Cancun).   Documents à consulter : Les résumés des sessions proposées par le Comité français de l’UICN et la liste des participants (à télécharger ci-dessous) Le résumé des conclusions de la réunion du groupe de travail portant sur la biodiversité marine et les réseaux d’aires marines protégées et celui sur la gouvernance des zones situées hors juridiction nationale (à télécharger ci-dessous) La déclaration finale des co- Présidents : cliquez ici Le programme de la Conférence mondiale des océans 2010 : cliquez ici Le site du Forum global des océans : cliquez ici   Documents joints Présentation ateliers UICN France – Forum mondial des océans Résumé atelier 1 Résumé atelier 2 Résumé sessions