Le 3e colloque national des aires marines protégées : des objectifs concrets placés sous le signe de la cohérence et de la gestion efficace des AMP

Le 3e colloque national des aires marines protégées, qui a rassemblé plus de 500 professionnels concernés par la protection du milieu marin, s’est achevé le 8 octobre sur des conclusions encourageantes et inspirantes pour les prochaines années. Il s’agit dès à présent de mettre en œuvre les actions nécessaires et de poursuivre la dynamique engagée. L’état des lieux dressé par le colloque a fait état d’un bilan positif avec 16,5% des eaux françaises protégées contre 0,01% en 2005, grâce à la dynamique impulsée par la stratégie nationale des aires marines protégées et à la création de l’agence nationale des aires marines protégées en 2006. Tout en veillant à poursuivre la mise en place de nouvelles aires marines protégées (AMP) pour atteindre 20% du domaine maritime français protégé d’ici 2020, le principal défi est aujourd’hui de renforcer l’efficacité de la gestion et la cohérence du réseau. Ce bilan rejoint les conclusions du dernier Congrès mondial des parcs de l’UICN (2014), inscrites dans la promesse de Sydney, à savoir « augmenter de toute urgence la superficie océanique gérée efficacement et équitablement dans des réseaux représentatifs et bien reliés d’AMP ou par d’autres mesures de conservation efficaces. » De plus, « ces réseaux devraient cibler la protection à la fois de la biodiversité et des services écosystémiques et comprendre au moins 30% de chaque habitat marin. Le but ultime est de créer un océan réellement durable, dont au moins 30% de la superficie n’accueillera aucune activité extractive. » Enfin, les aires marines protégées doivent être reconnues comme des solutions pour l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques. Pour progresser, des recommandations ont été établies par le 3e colloque national des aires marines protégées grâce aux travaux menés par l’ensemble des acteurs au sein de 24 ateliers thématiques. Avec le deuxième domaine maritime mondial, réparti dans les trois grands océans de la planète, la France a une responsabilité majeure pour assurer la préservation des écosystèmes marins et le développement durable des activités menées en mer. Les aires marines protégées françaises doivent ainsi avoir pour objectif de réaliser une conservation efficace et équitable de la nature, des écosystèmes et des valeurs culturelles associées qui soit reconnue et inspirante au niveau international. La France doit continuer de rester pionnière dans le domaine de l’efficacité de la gestion à travers le développement des tableaux de bord et son implication dans la liste verte des aires protégées pour aider les gestionnaires à piloter ces espaces protégés et à améliorer l’efficacité de leurs mesures. EN SAVOIR PLUS http://www.aires-marines.fr/3e-colloque-national-des-aires-marines-protegees/

L’UICN France et le CILB publient aujourd’hui leur rapport « Corridors d’infrastructures, corridors écologiques ? Etat des lieux et recommandations »

Suite à la collaboration entre le Comité français de l’UICN et le Club des infrastructures linéaires et biodiversité (CILB) autour de la question suivante « Sous quelles conditions les infrastructures linéaires de transport et leurs emprises peuvent-elles contribuer efficacement aux continuités écologiques ? », ils publient aujourd’hui leur rapport « Corridors d’infrastructures, corridors écologiques ? Etat des lieux et recommandations ». Le Comité français de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) et le Club des infrastructures linéaires et biodiversité CILB (regroupant l’ASFA, Eiffage Concessions, ERDF, GRTgaz, LISEA, SNCF Réseau/ex-RFF, RTE, TIGF, VNF) ont initié en 2013 une collaboration sur la thématique des infrastructures de transports et des corridors écologiques. Après un premier travail préliminaire d’état de la connaissance et des enjeux où l’UICN France a mobilisé son réseau d’experts, les deux parties ont organisé ensemble le 3 novembre 2014, un séminaire « Corridors d’infrastructures, corridors écologiques ? Quelles contributions des infrastructures linéaires de transport et leurs emprises aux continuités écologiques ? ». Ce séminaire a rassemblé 160 participants issus d’horizons divers (chercheurs, gestionnaires d’espaces naturels, ONG, services de l’Etat, autorités publiques, acteurs du territoire, gestionnaires d’infrastructures….) pour un questionnement partagé et une production collective à travers des exposés et des ateliers de travail. Il a confirmé une réelle volonté de dialogue et de collaboration entre le monde des entreprises et le monde de l’écologie. Le séminaire a ensuite été suivi par la rédaction d’un état des lieux et des recommandations. De nombreuses pistes de travail ont été proposées dans les recommandations pour améliorer le dialogue, la connaissance, réduire la fragmentation des territoires et la destruction d’habitats, et mettre à disposition de nouveaux espaces judicieusement choisis afin de renforcer les continuités écologiques. Certaines de ces pistes sont déjà expérimentées par les entreprises et elles demandent seulement à être généralisées et perfectionnées. D’autres pistes, plus expérimentales, devront être testées, suivies et évaluées avant d’être développées. Enfin, innovantes ou éprouvées, ces préconisations ne s’adressent pas seulement aux nouveaux projets mais à bien l’ensemble du réseau existant, pour réparer et rétablir les continuités écologiques dans une approche territoriale et partenariale. Elles pourront ainsi constituer une base de réflexion et de travail pour l’élaboration de plans d’actions au sein de chaque entreprise, au sein du CILB mais également pour l’ensemble des acteurs concernés par le sujet. Téléchargez le rapport : UICN France & CILB, « Corridors d’infrastructures, corridors écologiques ? Etat des lieux et recommandations », septembre 2015, 37p.   Contacts Elodie Russier-Decoster, Chargée de mission « Entreprises et biodiversité » Florence Clap, Chargée du programme « Politiques de la biodiversité » Documents joints UICN-CILB-publication CP_UICN-CILB-publication

La moitié des régions de France métropolitaine dotées de Stratégies régionales pour la biodiversité

Après avoir publié un état des lieux des stratégies régionales pour la biodiversité (SRB) et des lignes directrices pour soutenir leur élaboration et leur mise en œuvre en 2011, l’UICN France poursuit sa mobilisation pour promouvoir ce dispositif et actualiser le panorama national. Ces dernières années, les évolutions successives du contexte législatif français ont renforcé le rôle et les compétences de l’échelon régional en matière de préservation et de gestion du patrimoine naturel à l’échelle des territoires. De nombreuses régions ont souhaité aller au-delà de l’exercice de ces compétences en se dotant de dispositifs volontaires et engagés visant à préserver la biodiversité, telles que les stratégies régionales pour la biodiversité (SRB). Une Stratégie régionale de la biodiversité est : • construite par et pour l’ensemble des acteurs du territoire régional (démarche participative, exercice de concertation régionale) ; • une vision partagée des enjeux et des objectifs du territoire en matière de préservation de la biodiversité (diagnostic stratégique du territoire) ; • un cadre de référence commun qui détermine les orientations stratégiques à suivre pour préserver la biodiversité régionale ; • mise en œuvre par des actions opérationnelles reposant sur l’implication des partenaires volontaires, dans le cadre de leurs propres dispositifs et en fonction de leurs compétences. Afin d’améliorer la connaissance et le déploiement de ce dispositif, l’UICN France a publié en 2011 un état des lieux des stratégies régionales pour la biodiversité accompagné de lignes directrices pour leur élaboration et leur mise en œuvre. Depuis, l’UICN France poursuit sa mobilisation pour suivre et actualiser régulièrement le panorama des stratégies régionales pour la biodiversité. Ainsi, à ce jour, en France métropolitaine 11 régions ont élaboré des SRB en collaboration avec d’autres acteurs locaux (services déconcentrés de l’Etat et établissements publics, autres échelons de collectivités, socio-professionnels, société civile, etc.) contre 6 en 2011. En outre-mer, 2 collectivités sont actuellement dotées de stratégie de préservation de la biodiversité. Ce dispositif, préconisé aux niveaux international et national, contribue à l’atteinte des objectifs de la Convention sur la diversité biologique (CDB), ainsi qu’à la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB). Cette dernière, qui concrétise l’engagement de la France au titre de la CDB, met en effet l’accent sur la nécessité d’agir ensemble et à tous les niveaux territoriaux, et vise à être mise en œuvre non seulement par l’Etat mais aussi par les collectivités locales et les différents acteurs de la société civile. En savoir plus • UICN France, 2015. Etat des lieux synthétique des politiques ou stratégies de préservation de la biodiversité des régions de France métropolitaine et en outre-mer. Paris 4 p. • UICN France, 2011. Lignes directrices pour l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies régionales pour la biodiversité en France métropolitaine. Paris. 8 p. (également disponible en anglais et en espagnol). • UICN France, 2011. Quelles stratégies régionales pour la biodiversité en France métropolitaine ? Paris. 116 p. • UICN France, 2011. Quelles stratégies régionales pour la biodiversité en France métropolitaine ? Monographies des 6 stratégies régionales pour la biodiversité analysées. Paris. 124 p.   Contacts Valérie Moral, Chargée de mission « collectivités territoriales et biodiversité », Tél : 01.44.05.73.26 Florence Clap, Chargée de programme « politiques de la biodiversité », Tél : 01.44.05.73.69   Documents joints CP UICN France SRB 2015