Un nouvel élan mondial pour la biodiversité lancé à Nagoya
Les 193 Etats Parties à la Convention sur la diversité biologique, réunis à Nagoya du 18 au 29 octobre 2010, ont pris de nouveaux engagements pour la sauvegarde de la biodiversité, à l’issue de longues négociations. Un « paquet biodiversité » a été adopté comprenant un plan stratégique d’action avec 20 objectifs à atteindre d’ici 2020, un protocole sur l’accès et le partage des avantages liés à l’exploitation des ressources génétiques, et une stratégie de financement pour augmenter l’aide publique internationale consacrée à la biodiversité. Point d’orgue de l’année internationale de la biodiversité, la 10ème Conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique, qui a rassemblé près de 18000 participants à Nagoya au Japon pendant 10 jours, a réussi à adopter plusieurs décisions importantes pour enrayer la disparition de la biodiversité et tenter d’inverser la tendance. Après avoir échoué à atteindre leur objectif de réduire significativement l’érosion de la biodiversité d’ici 2010 et, face à la crainte d’un nouvel échec des négociations suite au Sommet de Copenhague sur le climat, les Etats ont su réagir et donner une nouvelle et forte impulsion pour relancer les efforts de préservation et de valorisation de la biodiversité. En premier lieu, les Etats ont adopté le plan d’action stratégique 2011-2020 de la Convention sur la diversité biologique qui comporte 20 objectifs à atteindre d’ici 2020 dont : la mise en place d’un réseau d’aires protégées couvant 17% des milieux terrestres et d’eau douce et 10% des milieux côtiers et marins (contre respectivement 13% et 5% actuellement) ; la diminution, de moitié au moins, du taux de perte de tous les habitats naturels, y compris les forêts, et lorsque cela est possible ce taux est porté à près de zéro ; la restauration d’au moins 15% des écosystèmes dégradés pour lutter contre les impacts du changement climatique (stockage du carbone) et la désertification ; la suppression ou la réforme des incitations financières et des subventions néfastes à la biodiversité, et la mise en place d’incitations positives pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité ; la gestion durable de tous les stocks de pêche, évitant ainsi la surexploitation, ainsi que la restauration des stocks dégradés ; la sauvegarde des espèces menacées, empêchant l’extinction des espèces identifiées comme menacées et améliorant le statut de conservation des espèces les plus en déclin ; la gestion durable des espaces dédiés à l’agriculture, l’aquaculture et la foresterie, intégrant la conservation de la biodiversité ; la réduction des pollutions à des niveaux non dommageables pour les écosystèmes ; la lutte contre les espèces exotiques envahissantes. Ce plan d’action constitue un cadre international commun d’action et les Etats se sont engagés à le décliner dans leurs stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité d’ici deux ans. La nouvelle stratégie française pour la biodiversité, en cours de révision, devra donc en tenir compte. En discussion depuis plus de 8 ans, les Etats ont finalement adopté le Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation. Cet accord va permettre d’encadrer l’exploitation des ressources génétiques (molécules naturelles ou gènes) entre les pays détenteurs de ces ressources, principalement basés au Sud, et les industries, principalement localisées au Nord, et d’assurer qu’une partie des bénéfices reviennent aux pays détenteurs. Les secteurs particulièrement concernés sont ceux de la pharmacie et de la cosmétique. Les communautés locales qui possèdent des connaissances et des savoir-faire traditionnels devront également être prises en compte. L’adoption de ce protocole répond à une forte demande des pays du Sud pour mettre fin à la bio-piraterie et recevoir des avantages liées à l’utilisation de leurs ressources. Le Protocole de Nagoya devrait entrer en vigueur d’ici 2012, avec un soutien du Fonds pour l’environnement mondial d’un million de dollars (USD) afin de faciliter une entrée en vigueur rapide, et d’un million d’euros de la France. Un plan de financement, ou stratégie de mobilisation des ressources, a également été adopté demandant une augmentation substantielle des financements pour la biodiversité, mais le montant et les modalités n’ont pas été clairement définis. Plusieurs pays ont néanmoins fait des annonces importantes, notamment le Japon, qui consacrera deux milliards de dollars (USD) dans les trois prochaines années pour aider les pays en développement à élaborer et mettre en place leurs stratégies nationales pour la biodiversité. La Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a annoncé que la France allait doubler ses financements dans le cadre de l’aide publique au développement d’ici 2012, soit une enveloppe de plus de 200 millions d’euros, et qu’à compter de 2014, ce montant sera porté à 500 millions d’euros par an, un montant équivalent à celui annoncé par l’Allemagne. Le Comité français de l’UICN se félicite de cette annonce qui va contribuer à remplir l’engagement du Grenelle de l’Environnement demandant de consacrer 10% de l’aide publique au développement à la biodiversité. Plus de 120 millions de dollars seront également consacrés à l’initiative « Life web » de la Convention pour le renforcement des aires protégées. Plusieurs autres décisions ont été prises par la conférence, notamment l’approbation du Plan d’action sur les villes, les autorités locales et la biodiversité, qui a été adopté par le Sommet sur les villes et les autorités locales qui s’est tenu les 25 et 26 octobre, et un soutien à la création de l’IPBES, la future plate-forme scientifique internationale sur la biodiversité et les services écosystémiques. Pour consulter l’ensemble des décisions prises : http://www.cbd.int/nagoya/outcomes/ La prochaine conférence des Parties de la Convention sur la Diversité Biologique se tiendra à New Delhi, Inde, en 2012.
La colonne vertébrale de la nature est en péril
L’étude la plus complète jamais réalisée sur les vertébrés mondiaux confirme une crise de l’extinction : un cinquième des espèces sont menacées. Toutefois, selon l’étude publiée aujourd’hui à l’occasion de la 10e réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) à Nagoya, au Japon, la situation serait encore pire si des efforts de conservation n’avaient pas été déployés dans le monde entier. Pour enquêter sur l’état des vertébrés de la planète (mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles et poissons) et l’évolution de cet état avec le temps, l’étude, publiée dans le journal international Science, s’est appuyée sur les données relatives à 25 000 espèces de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™. Les résultats montrent qu’en moyenne, chaque année, 50 espèces de mammifères, d’oiseaux et d’amphibiens sont poussées un peu plus vers l’extinction sous l’effet de l’expansion agricole, de l’exploitation des forêts, de la surexploitation et des espèces exotiques envahissantes. Selon les termes de l’éminent écologiste et écrivain américain Edward O. Wilson, de l’Université d’Harvard, « la colonne vertébrale ’ de la biodiversité est en voie d’érosion. Une petite marche gravie sur l’échelle de la Liste rouge est un bond de géant vers l’extinction. Ce n’est qu’un aperçu des pertes en cours au niveau mondial. » C’est l’Asie du Sud Est qui a connu les pertes récentes les plus graves, essentiellement causées par la plantation de cultures d’exportation comme les palmiers à l’huile, par les opérations commerciales d’exploitation des forêts de feuillus, par la transformation des terres en rizières et par une chasse non durable. Certaines régions d’Amérique centrale, les Andes tropicales d’Amérique du Sud et même l’Australie ont connu des pertes également marquées, dues en particulier à l’impact du chytridiomycète, un champignon mortel pour les amphibiens. L’étude confirme des rapports précédents qui faisaient état de pertes constantes de la biodiversité mais elle est la première à présenter des preuves indiscutables des effets positifs des efforts de conservation dans le monde entier. Les résultats montrent que si des mesures de conservation n’avaient pas été prises, la biodiversité aurait subi un déclin supplémentaire de presque 20 %. « L’histoire a montré que la conservation peut faire l’impossible, comme le savent bien ceux qui connaissent le cas du rhinocéros blanc d’Afrique du Sud » fait remarquer Simon Stuart, Président de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN et auteur de l’étude. « Mais pour la première fois nous pouvons démontrer les effets conjugués et positifs de ces succès sur l’état de l’environnement. » L’étude met en évidence 64 mammifères, oiseaux et amphibiens dont l’état s’est amélioré grâce à des mesures de conservation qui ont réussi. Ce groupe comprend trois espèces qui étaient éteintes à l’état sauvage et qui ont été réintroduites dans la nature : le condor de Californie Gymnogyps californianus et le putois à pieds noirs Mustela nigripes, aux États-Unis, et le cheval de Przewalski Equus feru, en Mongolie. Les efforts de conservation ont été particulièrement efficaces dans la lutte contre les espèces exotiques envahissantes sur les îles. La population mondiale du shama des Seychelles Copsychus sechellarum est passée de moins de 15 oiseaux en 1965 à 180 en 2006 grâce aux mesures de lutte contre les prédateurs introduits tels que le surmulot Rattus norvegicus, et à des programmes d’élevage en captivité et de réintroduction. Sur Maurice, l’état de six espèces d’oiseaux s’est amélioré, notamment celui de la crécerelle de Maurice Falco punctatus, dont la population est passée de quatre oiseaux en 1974 à près de 1000. En Amérique du Sud, les aires protégées et l’action conjuguée de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et de la Convention sur la vigogne ont permis la reconstitution des populations de vigognes Vicugna vicugna. De même, la législation adoptée pour interdire la chasse commerciale à la baleine a permis de faire passer le mégaptère Megaptera novaeangliae de la catégorie Vulnérable à Préoccupation mineure. Malheureusement, très peu d’amphibiens ont à ce jour montré des signes de reconstitution mais les efforts internationaux s’intensifient et l’on peut citer, à ce titre, le programme de réintroduction dans la nature du crapaud Nectophrynoides asperginis en Tanzanie. Les auteurs indiquent que cette étude ne représente qu’une estimation minimale de l’effet réel des mesures de conservation, soulignant que les populations de quelque 9% des espèces menacées ont augmenté. Les résultats prouvent qu’avec les ressources et l’engagement voulus, la conservation est efficace. Ils montrent également que les mesures prises au plan mondial devront être considérablement renforcées parce qu’elles sont, actuellement, largement compensées par l’ampleur des menaces. Dans ce contexte, les décideurs qui assistent à la réunion de la CDB à Nagoya ont demandé une augmentation très substantielle des ressources – par rapport aux niveaux actuels qui sont extrêmement bas – pour que les objectifs de la Convention soient réalisables. « Cela démontre, à l’évidence, que nous devons absolument partir de Nagoya avec un plan d’action stratégique pour guider nos efforts en faveur de la biodiversité dans la décennie à venir » déclare Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « C’est un appel pour nous tous – les gouvernements, les entreprises, les citoyens – à mobiliser les ressources pour les actions requises. La conservation est payante – mais elle a besoin de notre appui et vite ! » Récemment, une étude parrainée par l’Organisation des Nations Unies et intitulée « The Economics of Ecosystems and Biodiversity (TEEB) » a évalué le coût de la perte de la nature entre 2 à 5 mille milliards USD par an, surtout dans les régions les plus pauvres du monde. Une autre étude récente a déterminé qu’un cinquième des plus de 5000 espèces d’eau douce d’Afrique est menacé, ce qui met en péril les moyens d’existence des millions de personnes dépendant de ces ressources vitales. Comme le démontre l’étude, n’avoir pas réussi à remplir l’objectif de 2010 de réduction de la perte de biodiversité, qui avait été adopté au plan international, ne signifie pas que les efforts de conservation ont été déployés en vain. Toutefois, l’érosion de la biodiversité a atteint des niveaux si
Objectifs biodiversité 2020 en difficulté : la France doit tout faire pour l’adoption de décisions ambitieuses pour la sauvegarde de la planète
Dans le cadre de la 10ème conférence de la Convention sur la diversité biologique (Nagoya, Japon, 18-29 octobre 2010), la communauté internationale négocie difficilement sur son engagement pour la protection de la biodiversité, qui continue pourtant de disparaître à un rythme alarmant. La France, pays à mégadiversité, doit contribuer à l’adoption de décisions plus fortes pour enrayer la disparition de la biodiversité et lancer une décennie décisive pour la préservation de ce bien public mondial. Après avoir échoué à réduire l’érosion de la biodiversité avant 2010, les 193 Etats signataires de la Convention sur la diversité biologique doivent réagir fortement et conclure des accords nouveaux et déterminants. C’est une opportunité historique qui se présente : l’année 2010 a été consacrée, pour la première fois, « année internationale de la biodiversité » par les Nations-Unies, 15 000 délégués du monde entier sont présents à Nagoya et la Convention doit adopter son plan d’action pour les 10 années à venir. Il ne faut pas reproduire la déception du Sommet de Copenhague sur le climat et les pays doivent assumer leurs responsabilités et les traduire en décisions et actions concrètes. Dans ce contexte, l’UICN France presse le gouvernement français de soutenir une conclusion des accords qui soit à la hauteur des enjeux, pour faire de la Conférence de Nagoya un succès. Cela concerne en particulier l’adoption : d’un plan stratégique d’action, ambitieux et concret, pour les 10 prochaines années, centré sur la forte réduction des pressions et la mise oeuvre d’actions de protection directes de la biodiversité, comme le développement des aires protégées, à hauteur de 25% pour les milieux terrestres et 15% pour les milieux côtiers et marins, et la restauration des écosystèmes et des espèces. du protocole règlementant l’accès et le partage des avantages liés à l’exploitation des ressources génétiques, pour encadrer strictement les échanges commerciaux, lutter contre la bio-piraterie et procurer des retombées positives pour la biodiversité et les communautés locales. d’un plan de financement en augmentant fortement la part dédiée à la biodiversité dans l’aide publique au développement, en réorientant les incitations financières et les subventions dégradant la biodiversité, et en mettant en place des mécanismes de financement innovants pour sa conservation. A ce titre, l’UICN France demande que les engagements du Grenelle de l’Environnement soient tenus, à savoir l’attribution de 10% de l’aide publique au développement à des projets de préservation de la biodiversité d’ici 2012, contre 1,2 % actuellement (109 millions d’euros), et la réforme de la fiscalité défavorable à la biodiversité qui devait être engagée en 2008. Pour marquer une première étape vers cet engagement, le gouvernement doit mobiliser les financements des ministères concernés et ceux de l’Agence française de développement, reconstituer le Fonds Français pour l’Environnement Mondial, et annoncer un financement conséquent et pérenne, comme l’Allemagne qui s’est engagée à hauteur de 500 millions d’euros annuels. Le Ministre d’Etat et la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, attendus pour le sommet dans les prochains jours aux côtés de 110 ministres, doivent venir apporter un soutien fort et des propositions précises pour conclure les accords de Nagoya sur la biodiversité Documents joints CP UICN France Nagoya
Conférence de Nagoya : le « grand plan » pour la nature nécessite un engagement fort
Les dirigeants mondiaux devront avoir une vision et une volonté politique pour que l’humanité puisse vivre en harmonie avec la nature, dit l’UICN. Cet appel est lancé à la veille de négociations destinées à arrêter la perte exponentielle de biodiversité, qui menace, en dernière instance, l’existence de l’ensemble de la vie sur la planète. Des milliers de décideurs se réuniront à Nagoya, Japon, du 18 au 29 octobre, afin de débattre d’un « grand plan » pour les dix années à venir, en vue de réduire la pression que subit la biodiversité mondiale à l’heure actuelle. La 10e session de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP 10 CDB) examinera 20 objectifs conçus afin de répondre à la crise d’extinction des espèces et de restaurer le capital naturel de la planète. « Au Japon, nous avons une occasion unique pour rassembler tout le monde – les Etats, le secteur privé et le public – afin de répondre à la crise qui menace la vie sur la Terre », dit Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Nous demandons instamment aux gouvernements, à tous les ministères et départements gouvernementaux, d’investir dans notre capital naturel et d’arrêter le déclin de la biodiversité une fois pour toutes, en adoptant un solide plan stratégique doté d’objectifs mesurables et réalistes. » Les objectifs de réduction de la perte de biodiversité prévus pour 2010 n’ont pas été atteints ; il n’y a aucun signe de ralentissement du taux de déclin des espèces, qui disparaissent actuellement à un rythme mille fois supérieur à la normale. Les mesures de conservation sont effectives, mais elles ne sont tout simplement pas suffisantes. Après de grands bouleversements de la biodiversité, le rétablissement est difficile, coûteux, et trop souvent impossible. Dans le cadre du « grand plan » pour enrayer le déclin de la biodiversité, l’UICN appelle à assurer un financement efficace pour sauver le monde naturel et signale qu’il peut être mis en place en évoluant vers une économie écologique. Elle lance aussi un appel aux gouvernements pour qu’ils lèvent les obstacles empêchant un accord sur un nouveau régime international permettant l’accès aux ressources génétiques de la planète tout en assurant un partage approprié des avantages qui en découlent. « Nous en sommes au point de non retour dans bien des domaines du monde naturel ; nous avons perdu d’innombrables espèces et les services essentiels de l’environnement naturel dans lequel nous vivons », dit Jane Smart, directrice du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN. « La conférence de Nagoya peut être notre dernière chance de mettre en place un plan qui marche ; il n’y aura pas de plan B et, bien évidemment pas de planète de rechange non plus. » L’UICN appelle les Parties présentes à Nagoya à prendre des mesures effectives et immédiates pour arrêter la perte de la biodiversité, de façon à ce qu’en 2020 toutes les politiques et les actions nécessaires soient établies et mises en œuvre. D’ici 2050, la biodiversité doit être valorisée et conservée, restaurée et utilisée de façon rationnelle, rendant ainsi possible la vie sur une planète saine et apportant des services et des bienfaits essentiels à tous les êtres humains. La situation économique mondiale et le besoin de réduire les dépenses publiques ne peuvent être ignorés. Cependant, la réunion de Nagoya permet aux gouvernements de prendre acte du lien existant entre la biodiversité et leurs économies respectives et de définir un nouveau « grand plan » ouvrant la voie à une économie mondiale écologique. Pour consulter les différentes positions de l’UICN, en français, sur les enjeux de Nagoya, cliquez ici Pour plus d’informations ou pour des entretiens, veuillez contacter : • Nicki Chadwick, Relations médias UICN, tél. +4122 999 0229, mobile +41 79 528 3486, nicki.chadwick@iucn.org • Brian Thomson, Directeur relations médias, mobile +41 79 721 8326, brian.thomson@iucn.org
Un nouvel outil de formation « entreprises et biodiversité »
Les entreprises doivent prendre des engagements pour la préservation de la biodiversité afin de respecter leurs obligations et s’impliquer au-delà du cadre réglementaire. Grâce à la contribution de ses membres* et ses entreprises partenaires**, le Comité français de l’UICN publie, pour la première fois, un outil d’initiation à la biodiversité à destination des salariés pour progresser dans cette voie. L’année 2010, année internationale pour la biodiversité, constitue une opportunité unique à saisir pour faire avancer les politiques et mettre en place des outils et des actions nouvelles pour la préservation de la nature. Les entreprises sont en relation constante avec la biodiversité, de façon directe et indirecte, et ont donc un rôle majeur à jouer pour sa conservation. Aujourd’hui, peu de personnes du secteur privé sont suffisamment informées des enjeux actuels. Les salariés ne connaissent pas toujours l’ensemble des interactions existantes entre la biodiversité et l’activité de leur entreprise, ainsi que son intérêt à s’investir pour sa préservation. La sensibilisation et l’information constituent des préalables essentiels pour accompagner la mise en place d’actions : elles facilitent la prise de conscience face à l’urgence de la situation et explicitent le rôle de chacun en faveur de la biodiversité. C’est pourquoi les membres de l’UICN France et ses entreprises partenaires ont conçu conjointement un support de formation des enjeux de la biodiversité pour les salariés du secteur privé. Vous trouverez ci-dessous : le communiqué de presse l’outil « initiation à la biodiversité à destination du secteur privé » les compléments et commentaires supplémentaires à l’outil *La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, la LPO – Ligue pour la Protection des Oiseaux, Noé Conservation, le WWF-France, la Fédération des Conservatoires d’Espaces Naturels, l’Office National des Forêts et la Fondation Nature & Découvertes. ** EDF, GDF SUEZ, GSM, Veolia Environnement et Yves Rocher Contact Hélène SOYER, Chargée de Mission « Entreprises et biodiversité » helene.soyer@uicn.fr ; tél : 01 47 07 78 58 Documents joints Compléments outil formation Outil de formation entreprises et biodiversité cp UICN France outil formation
Second colloque national sur les aires marines protégées
L’Agence des aires marines protégées et le Comité français de l’UICN organisent en partenariat le deuxième colloque national sur les aires marines protégées du 15 au 17 novembre 2010 à La Rochelle. A la suite du succès du premier colloque sur les aires marines protégées qui s’est tenu à Boulogne-sur-mer du 20 au 22 novembre 2007, le Comité français de l’UICN et l’Agence des aires marines protégées s’associent de nouveau pour organiser la 2ème édition de cet événement national. Ce deuxième colloque a pour objectifs : d’évaluer l’état des connaissances sur le patrimoine naturel marin dans l’ensemble des écorégions où la France est présente ; de faire le point sur le cadre politique actuel (international, européen et national) ; d’échanger sur les thématiques clefs pour les aires marines protégées ; de contribuer à la révision de la stratégie nationale pour les aires marines protégées. Cet évènement concerne les collectivités et les décideurs politiques, les services de l’Etat, les gestionnaires d’espaces protégés, les représentants des organisations professionnelles de la pêche et du tourisme, les associations de protection de la nature, les organismes scientifiques, et plus globalement toutes les personnes et organisations intéressées par la conservation de la biodiversité marine. L’outre-mer sera l’enjeu central de cette conférence, compte tenu de la place fondamentale qu’occupent nos collectivités ultra-marines dans la stratégie de développement des aires marines protégées. Pour en savoir plus Brochure à télécharger ci-dessous Contact : Marie-Aude Sévin (AAMP) et Thierry Lefebvre (UICN France) Inscriptions en ligne sur le site Internet du colloque : www.colloque2010-aires-marines.com Document joint Programme du 2nd colloque national AMP
L’état de la biodiversité de 70 Etats et gouvernements passé à la loupe
A l’occasion de l’Année Internationale de la Biodiversité, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) publient, en français et anglais, une analyse synthétique de l’état de la biodiversité terrestre et marine des 70 Etats et gouvernements de la Francophonie. « C’est la première fois qu’une telle analyse est menée. L’Atlas met en lumière l’immense richesse en biodiversité présente à travers la Francophonie et les menaces auxquelles elle fait face. Nous espérons que cet Atlas continuera à évoluer avec l’aide de ses lecteurs » indique Jean-Claude Jacques de l’UICN. Ces pays, présents sur les cinq continents et dans toutes les mers du globe, couvrent 29 millions de km2 sur terre (près de 20% de la surface terrestre) et 25 millions de km2 en mer (7% de la surface des océans). Ils comprennent une douzaine de Points chauds de la biodiversité, plus de 250 écorégions terrestres et 70 écorégions marines. De ce fait, ils ont une responsabilité directe sur la gestion de près d’un tiers des zones humides, des récifs coralliens et des atolls de la planète ainsi que sur le dernier grand bloc forestier d’Afrique et une partie notable des forêts tropicales d’Asie et d’Amérique du Sud. Le caractère insulaire de nombreux Etats de la Francophonie se traduit par un taux d’endémisme élevé, dans des espaces fermés, très vulnérables aux pressions humaines, aux espèces envahissantes et au changement climatique. La conservation de ce patrimoine génétique irremplaçable posera un redoutable défi au cours de ce siècle. Cet atlas montre la biodiversité exceptionnelle abritée par la Francophonie avec des espèces emblématiques comme les gorilles, l’ours blanc, les lémuriens, l’okapi, les grandes tortues terrestres et marines, etc. Les communautés autochtones de certains de ces pays (Pygmées d’Afrique centrale et Amérindiens du Canada et de la Guyane française, par exemple) vivent encore en grande partie des services rendus par les écosystèmes. La conservation de la biodiversité est donc essentielle à leur survie. L’atlas propose aussi une série de pistes d’action pour le futur, adressées à la communauté internationale, à la Francophonie et aux Etats et gouvernements qui la composent. Les recommandations globales sont les suivantes : 1. Produire, à l’occasion du 20e anniversaire du Sommet de la Terre de Rio, un atlas mondial de la biodiversité ; 2. Rendre opérationnelle dans les meilleurs délais la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services rendus par les écosystèmes (International Platform on Biodiversity and Ecosystem Services – IPBES) ; 3. Améliorer et harmoniser la définition et la délimitation des écorégions et écozones ; 4. Mettre à jour la base mondiale de données sur les aires protégées ; 5. Favoriser l’émergence de mécanismes de financement de la conservation de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes. Cet atlas sera officiellement présenté le 23 octobre 2010 au Sommet de la Francophonie à Montreux (Suisse) et le 27 octobre à la Conférence des Parties (COP10) de la Convention sur la Diversité Biologique à Nagoya (Japon). L’atlas est consultable et téléchargeable en cliquant sur le lien suivant. Cet atlas comprend une première série de fiches thématiques, rédigées par des scientifiques et des experts internationaux. Destinées à éclairer les grandes questions qui se posent autour du thème de la biodiversité, ces fiches abordent les problématiques liées à sa connaissance et sa gestion, à sa prise en compte dans l’aménagement du territoire et à la gestion intégrée des grands fleuves, aux services rendus par les écosystèmes, à la valeur économique attachée à ces services et aux mécanismes financiers à mettre en place pour une gestion durable des milieux naturels. La deuxième partie est constituée de 67 fiches présentant une vision synthétique de l’état de la biodiversité dans les pays de la Francophonie, auxquelles s’ajoutent 10 fiches sur le Nouveau-Brunswick et le Québec (Canada), la région de Bruxelles-Capitale et la Wallonie (Belgique) et l’Outre-mer français. Chaque fiche présente, en particulier : • Les écorégions ou régions biogéographiques terrestres et marines, dans lesquelles s’inscrit le pays concerné et leur degré de protection ; • Les Points chauds de la biodiversité ; • La couverture forestière et les zones humides ; • La diversité floristique et faunique et les menaces qui pèsent sur les espèces (espèces considérées comme menacées inscrites sur la Liste rouge de l’UICN, présence d’espèces exotiques envahissantes, impact du changement climatique et des activités humaines) ; • Les aires protégées terrestres et marines existantes ; • Une série d’autres informations liées à la biodiversité : sites du Patrimoine mondial, Réserves de la biosphère, zones humides Ramsar, Zone d’importance pour la conservation des oiseaux. Ces fiches permettent, également, de mettre en avant les actions exemplaires engagées par les gouvernements concernés et, le cas échéant, les difficultés rencontrées. Les fiches pays sont présentées en 10 ensembles régionaux, chacun étant introduit par une fiche régionale axée sur les problématiques transnationales, telles que la gestion des grands fleuves, la biodiversité marine, les aires protégées transfrontalières, les grands mammifères. Pour plus d’informations – Bureau de Représentation de l’UICN auprès de l’Union européenne : Laura Baroni, laura.baroni@iucn.org Jean-Claude Jacques, Jean-claude.jacques@iucn.org