Alerte pour les lézards et la flore de Nouvelle-Calédonie

Reconnu pour sa faune et sa flore exceptionnelles, l’archipel néo-calédonien héberge une biodiversité remarquable confrontée à de nombreuses menaces. Au terme d’un état des lieux conduit sur près de 10 ans, 69 espèces de reptiles et 643 espèces de plantes se révèlent menacées de disparition. Représentant un point chaud de la biodiversité mondiale, la Nouvelle-Calédonie abrite de nombreuses espèces endémiques : plus de 75% de la flore et plus de 90% des lézards de l’archipel n’existent nulle part ailleurs au monde. L’état des lieux réalisé porte sur une grande partie des lézards (comprenant les geckos et les scinques) et de la flore vasculaire (fougères, orchidées, arbres et autres plantes à fleurs) dont le risque de disparition a été analysé. Au total, 66% des lézards (69 espèces sur les 104 évaluées) et 40% des plantes (643 espèces sur les 1624 évaluées) sont menacées et pourraient disparaître si les mesures de conservation et de réduction des menaces n’étaient pas renforcées. Les feux de brousse, les activités minières et les espèces exotiques envahissantes représentent les principales pressions pour la biodiversité de l’archipel. Menées par l’association Endemia, ces analyses ont été réalisées dans le cadre de la Liste rouge mondiale des espèces menacées. Elles ont été établies avec la contribution des organisations scientifiques du territoire et grâce aux connaissances et à l’expertise d’un réseau de plus de 100 spécialistes. Ces résultats intègrent désormais la Liste rouge des espèces menacées en France, coordonnée par le Comité français de l’UICN et l’unité PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (décembre 2024) Chapitre Lézards de Nouvelle-Calédonie• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Fiches espèces avec catégories (sur Endemia)• Publication : Endemia, UICN Comité français, OFB et MNHN (2024). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Lézards de Nouvelle-Calédonie. Paris, France Chapitre Flore vasculaire de Nouvelle-Calédonie• Tableau synthétique avec catégories et critères (xls)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Fiches espèces avec catégories (sur Endemia)• Publication : Endemia, UICN Comité français, OFB et MNHN (2024). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Flore vasculaire de Nouvelle-Calédonie – 1er volet. Paris, France Photo bandeau :Oedodère marbré © Matthias Deuss
Un arbre menacé de Nouvelle-Calédonie à l’honneur aux Floralies de Nantes

L’action de l’association Dayu Biik pour protéger le Kaori du Mont Panié (Agathis montana), arbre conifère en danger critique d’extinction sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, est mise à l’honneur cette année par le comité organisateur des Floralies Internationales de Nantes, le plus grand spectacle végétal et floral de France. Le Comité des Floralies a en effet décidé pour la première fois de mettre en avant la nécessité de conserver les espèces de flore menacées en France et dans le monde, en soutenant la participation de Dayu Biik, association accompagnée par le Comité français de l’UICN dans le cadre du programme européen BEST, à la manifestation. Les représentants de l’association feront ainsi le déplacement depuis la Province Nord de Nouvelle-Calédonie. Ils recevront les fonds collectés grâce à l’ « arbre à vœux ». Cette œuvre symbolique et participative permettra aux visiteurs de nouer un ruban de couleur, acheté à un prix symbolique, dans les branches de l’arbre afin de déposer un message de vie et d’espoir. L’association Dayu Biik est l’une des deux structures choisies par le Comité des Floralies pour être destinataire de ces fonds. Ce soutien permettra à Dayu Biik, co-gestionnaire de la Réserve de Nature Sauvage du mont Panié en Nouvelle-Calédonie, de pérenniser son programme de sauvegarde du Kaori. La kaori du mont Panié (Dayu Biik en langue local Némi) est un arbre conifère qui peut vivre plus de 1000 ans et qui revêt une importance culturelle majeure en Nouvelle-Calédonie. Endémique des plus hautes altitudes du massif du Panié, son aire de répartition mondiale est restreinte à une forêt de nuage qui s’étend sur moins de 5000ha ; c’est une espèce socle structurant l’ensemble de l’écosystème. Cet arbre remarquable est menacé par le changement climatique et l’érosion des sols due à l’activité fouisseuse des cochons envahissants. Plusieurs partenariats techniques et scientifiques, dont Conservation International, soutiennent par ailleurs Dayu Biik dans ce programme de conservation. Venez nombreux aux Floralies de Nantes et faites un geste pour sauver le kaori ! Plus d’informations Site des Floralies de Nantes Site de l‘association Dayu Biik La Liste rouge des espèces menacées en France Le programme européen BEST Photo bandeau © François Tron, Conservation International
Palme IFRECOR 2018 : Et les lauréats sont…
Mardi 20 novembre, Annick Girardin, Ministre des Outre-mer a dévoilé les trois lauréats 2018 du concours Palme IFRECOR, organisé avec le soutien du Comité français de l’UICN. La cérémonie de remise de la Palme s’est déroulée au Ministère des Outre-mer, en présence d’élus ultramarins conviés par la Ministre à cette occasion. « La valorisation des projets en faveur des récifs coralliens, et plus généralement du développement durable, est aujourd’hui une nécessité », déclare Annick Girardin, ministre des Outre-mer. « C’est une excellente nouvelle que nous puissions aujourd’hui récompenser l’engagement de ces trois élus investis dans leurs territoires : la Martinique, la Nouvelle-Calédonie et La Réunion. Ces trois lauréats témoignent une nouvelle fois de l’investissement des territoires d’outre-mer pour la protection des récifs coralliens et les écosystèmes qui y sont associés. » Cette année, la Palme IFRECOR prend une forme différente des précédentes éditions en récompensant pour la première fois un élu pour chacun des trois bassins océaniques (Indien, Pacifique et Atlantique). Le choix des lauréats 2018 s’est fait en étroite collaboration avec les Comités locaux de l’IFRECOR. Les lauréats 2018 OCÉAN ATLANTIQUE « Protection de la Zone marine protégée du Pothuau », porté par Jean‐Marc CARDON, Conseiller municipal en charge de la pêche et des énergies renouvelables au sein de la Commune du Carbet, Martinique « L’engagement de la ville du Carbet pour le respect de l’environnement et la protection de nos ressources naturelles est un objectif que nous voulons durable pour notre commune. La création de cette zone marine protégée s’intègre dans une politique de protection de notre littoral côtier, de nos fonds marins et de valorisation de la pêche et du tourisme. Ce projet innovant pour le Nord Caraïbe permettra d’améliorer la résilience des coraux et des herbiers, au large d’un site de nidification des tortues marines. Je tiens à remercier chaleureusement Madame la Ministre pour cette reconnaissance nationale qui est pour moi vraiment significative. Elle va nous permettre de redoubler d’efforts pour réduire les impacts sur nos précieux récifs coralliens, herbiers et mangroves », déclare Monsieur Cardon. La Ville du Carbet et des acteurs locaux s’engagent depuis près de deux ans pour protéger la biodiversité marine de la commune. Suite à des réunions de concertation avec les usagers de la caye Pothuau (pêcheurs, association des plaisanciers, clubs de plongée), un plan de balisage a été défini par consensus général. Le plan intègre une zone marine réglementée au Pothuau, où la pêche et le mouillage sont interdits. Le plan a également permis la mise en place d’un sentier sous-marin pédagogique à l’anse Turin, parcours ludique de découverte qui permet d’éduquer des groupes scolaires martiniquais ou les touristes sur la biodiversité des écosystèmes sous-marins. OCÉAN INDIEN « Création et gestion de l’Aire Marine Educative (AME) de la Souris Blanche », porté par Brigitte ABSYTE, Conseillère municipale de la commune de Trois‐Bassins, La Réunion « Pour mettre en œuvre l’Aire Marine Educative de la Souris Blanche, il a fallu créer une dynamique de travail participative impliquant la société civile, les jeunes, la commune, mais aussi les associations d’usagers ou de protection de l’environnement ainsi que des professionnels de la mer et du littoral. Je reçois donc ce trophée avec gratitude au nom de tous les acteurs engagés dans ce beau projet. En formant les adultes de demain, cette initiative montre la volonté de la collectivité d’adopter une démarche territoriale et durable. Plus qu’une solution à court terme, c’est en effet sur le long terme que nous devons regarder pour préserver l’environnement et par conséquent le bien-être de tous les réunionnais. Ce projet d’AME représente une excellente leçon de citoyenneté, où les élèves sont acteurs et sources de propositions » annonce Madame Absyte. Tout au long de l’année scolaire 2017 – 2018, le projet d’Aire Marine Educative (AME) de la Souris Blanche a réunit la ville de Trois-Bassins, les acteurs locaux et les élèves de CM2 de l’école des Trois-Bassins autour d’une seule initiative pédagogique. Officiellement inaugurée en février 2018, cette AME a permis d’éduquer les enfants réunionnais à leurs patrimoines naturel et culturel et fédérer leur gestion durable en les impliquant pleinement. La classe a été placée ainsi au sein d’une dynamique territoriale faisant appel à l’expertise de l’école et de la commune, mais aussi d’associations d’usagers ou de protection de l’environnement ainsi que des professionnels de la mer et du littoral (les pêcheurs, les scientifiques…). Le projet sera poursuivi pour l’année scolaire 2018 – 2019 dans 3 nouvelles écoles de la Réunion. OCÉAN PACIFIQUE « Protection forte du Parc Naturel de la Mer de Corail », porté par Philippe GERMAIN, Président du Gouvernement de la Nouvelle‐Calédonie « Je suis très honoré de recevoir ce trophée qui couronne un travail de longue haleine. Le Parc naturel de la mer de Corail est un véritable paradis de la biodiversité marine, notamment récifale. Notre devoir de protection nous projette aux niveaux régional et international, nous offrant ainsi l’opportunité de démontrer que la préservation peut aussi être une richesse ; qu’il est possible de valoriser notre espace marin, sans y porter atteinte. Il nous faut donc inventer un nouveau modèle économique qui consiste à observer plutôt qu’à prélever, à valoriser la biodiversité au lieu de l’exploiter. Pour cela, nous devons mobiliser la recherche et l’innovation, favoriser les activités durables et partager cette vision avec nos voisins. À l’avenir, c’est à ce patrimoine que la perception de la Nouvelle-Calédonie devra être associée. », affirme Monsieur Germain. En 2018, la Nouvelle-Calédonie célèbre les 10 ans d’inscription des lagons de Nouvelle-Calédonie, diversité récifale et écosystèmes associés au Patrimoine mondial de l’UNESCO. En parallèle, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a annoncé une protection élevée de 28 000 km2 d’espaces marins au sein du Parc Naturel de la Mer de Corail en août, et il y a quelques semaines, à l’occasion de la conférence « Our Océan », le président Philippe Germain a annoncé qu’il s’engageait à placer sous protection élevée 200 000 à 400 000 kilomètres carrés supplémentaires d’ici fin 2019. Crée en 2014, ce parc naturel d’une surface de 1,3 million de kilomètres
Des parlementaires engagés pour la protection des récifs coralliens
Dans le cadre de l’Année Internationale pour les Récifs Coralliens (IYOR 2018), deux évènements à destination des parlementaires se sont tenus respectivement à l’Assemblée Nationale le 17 octobre et au Sénat le 6 novembre. Ces deux évènements « miroirs » avaient pour but de sensibiliser les parlementaires sur la valeur des récifs coralliens, des mangroves et des herbiers, et de les interpeller sur leur influence pour mieux les protéger par le biais des outils juridiques existants ou d’autres formes d’engagement. Organisées par le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN, ces petits-déjeuners débats IYOR 2018 ont été préparés en collaboration avec deux co-hôtes pour chaque chambre du parlement : Maïna Sage, députée de la Polynésie française et Philippe Gomès, député de la Nouvelle-Calédonie pour l’Assemblée Nationale le 17 octobre ; Jérôme Bignon, sénateur de la Somme et Michel Magras, sénateur de Saint Barthélemy pour le Sénat le 6 novembre. Afin de sensibiliser les élus, un court film sur les récifs coralliens a été diffusé puis des interventions divisées en 3 blocs de sujets ont permis de poser le socle avant les discussions avec les parlementaires : Une expertise scientifique pour éclairer les décideurs politiques Un premier bloc scientifique a permis de présenter les enjeux liés aux récifs coralliens, depuis les divers services écosystémiques fournis par les coraux jusqu’aux différentes menaces pesant sur eux. Deux spécialistes de la conservation des écosystèmes coralliens se sont chargées de cette contextualisation scientifique : Pascale Joannot, directrice des expéditions du Muséum national d’Histoire naturelle et spécialiste des récifs coralliens, et Serge Planes, Directeur du LabEx CORAIL. Ils ont tous les deux rappelé ce qu’est le corail. La France abritant près de 10 % des récifs, lagons et atolls du monde dans ses collectivités d’Outre-mer, ils ont souligné la responsabilité locale, nationale et mondiale de la France en matière de conservation et de gestion durable de ses récifs coralliens et leurs écosystèmes associés (mangroves et herbiers). Ils ont insisté sur l’importance des dangers liés au réchauffement climatique et sur la nécessité d’une véritable politique de gestion intégrée du littoral. L’action gouvernementale pour la protection des récifs coralliens Dans un deuxième temps, un représentant ministériel a présenté l’action gouvernementale en faveur des récifs coralliens dans le cadre de l’Initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR). Sous la tutelle des ministères en charge de l’environnement et des Outre-mer, cette initiative, dont l’UICN France est membre, agit pour la protection et la gestion durable des récifs coralliens, mangroves et herbiers dans les collectivités françaises d’outre-mer depuis sa création en 1999. Les parlementaires présents ont été appelés à s’investir dans l’IFRECOR à travers le collège des parlementaires de l’initiative. Les récifs coralliens : du droit global au droit local Le troisième bloc a été dédié aux outils et leviers juridiques pour la protection des récifs coralliens. Sébastien Mabile, président de la Commission Droit et Politiques Environnementales de l’UICN France, a présenté les différents cadres légaux touchant à la protection des récifs coralliens, en citant les principales conventions internationales, les traités régionaux et les directives européennes pour aboutir sur le droit interne français. Il s’est notamment penché sur la loi sur la Biodiversité (2016) qui prévoit l’élaboration d’un plan d’action pour protéger 75% des récifs coralliens dans les Outre-mer français d’ici 2021. Il a aussi souligné l’importance de l’examen du projet de Loi de Finance (PLF) 2019 d’octobre à novembre 2018, une excellente opportunité pour solliciter un meilleur soutien financier de l’Etat en faveur de la protection des récifs coralliens en votant l’augmentation du budget alloué : A la biodiversité (programme 113) ; A l’IFRECOR (programme 123) ; A l’action de l’Etat en mer (programme 205). Un espace de débat axé sur la conservation des récifs coralliens Le débat qui s’est tenu après les présentations a été l’occasion pour les parlementaires de se rencontrer, de partager leurs expériences personnelles et d’échanger sur les perspectives futures pour la conservation des récifs coralliens, mangroves et herbiers. Comment s’investir dans leur protection ? Comment concilier cette protection avec le développement du tourisme ? D’autres idées ont été évoquées telles la formation de groupes d’amitié autour de la biodiversité marine, l’importance d’agir au niveau européen, l’intérêt de la création d’un ministère de la mer… Grâce à des casques de réalité virtuelle (VR), les parlementaires ont pu faire une plongée sous-marine et découvrir les récifs coralliens de la Nouvelle Calédonie. Les casques VR, composés de lunettes apposées sur un Smartphone ordinaire, sont une proposition de The Ocean Agency en partenariat avec Google Street View. Ces lunettes VR ont été distribuées aux parlementaires intéressés. Voici les instructions pour accéder à ces plongées virtuelles. Des résultats encourageants Suite à ces rencontres, les députés calédoniens Philipe Dunoyer (UDI) et Philippe Gomès (UDI) ont déposé un amendement sur le PLF 2019 pour augmenter les crédits de l’IFRECOR de 500 000 € dans le budget de l’année prochaine et accompagner son plan d’action pour protéger 75% des récifs coralliens d’ici à 2021. Son examen est en cours et il a été soutenu par des députés de l’UDI, Les républicains, la France Insoumise et LREM. En attendant la décision finale quant à son adoption, cette mobilisation encourage à poursuivre les efforts de sensibilisation des parlementaires pour la protection des récifs coralliens. Les présentations des intervenants (format pdf) – Pascale Joannot : télécharger sa présentation – Serge Planes : télécharger sa présentation – Intervention ministérielle : télécharger sa présentation – Sébastien Mabile : télécharger sa présentation / télécharger le « précis » – Le court film diffusé aux parlementaires : Dans le cadre de l’Année internationale pour les récifs coralliens IYOR 2018, découvrez ces écosystèmes uniques sous un angle macroscopique étonnant. Partagez et agissons pour les préserver ! @IYOR2018 @ifrecor 🎥 BioQuest studios pic.twitter.com/aQDNoBH32a — UICN France (@UICNfrance) 7 novembre 2018 Plus d’informations et liens utiles – Assemblée Nationale : programme / page web sur le site web de l’IYOR 2018 – Sénat : programme / page web sur le site web de l’IYOR 2018 – Le site web de l’IFRECOR Contacts : Bernardo Sanchez, coordinateur de l’IYOR 2018 en France : iyorfrance2018@ifrecor.com Emilie
Neuf jeunes chercheuses et chercheurs sur la biodiversité récompensés par la FRB !
Le 26 septembre, le Conseil d’orientation stratégique de la FRB a récompensé neuf jeunes chercheuses et chercheurs dont les travaux sur la biodiversité ont contribué à l’amélioration des connaissances et ont essayé d’apporter des réponses aux grands enjeux sociétaux. Le Comité français de l’UICN, pour qui l’outre-mer est une priorité géographique de son action, a soutenu le prix dans la catégorie « outre-mer », avec la LPO, le programme Science & enseignement EDF – Institut de France – Académie des sciences. Le prix de la catégorie « outre-mer » est décerné à Pauline Palmas pour ses travaux de thèse sur l’écologie et les impacts des chats harets en Nouvelle-Calédonie. Les chats harets, chats domestiques revenus à l’état sauvage, figurent parmi les prédateurs introduits et envahissants les plus catastrophiques pour les écosystèmes insulaires. Leur rôle dans l’érosion de la biodiversité dans les îles ne cesse de se confirmer études après études. Pour autant, leur écologie et la quantification de leurs impacts ont été très peu étudiés en Nouvelle-Calédonie, hotspot mondial de biodiversité, rendant difficile l’élaboration de mesures de gestion. Les résultats sont marquants : 44 espèces de vertébrés figurent dans leur régime alimentaire, la plupart endémiques de la Nouvelle-Calédonie, dont 20 sont menacées d’après la Liste rouge mondiale de l’UICN. Ces résultats viennent augmenter de 44 % le nombre d’espèces menacées connues pour être consommées par les chats harets sur l’ensemble des îles du monde, noircissant un peu plus le bilan mondial des impacts de cette espèce. En intégrant également des questions de gestion appliquée dès le début, la thèse a permis de dégager des premières pistes d’applications pratiques pour la conservation des espèces endémiques confrontées à ce prédateur. La jeune chercheuse poursuit actuellement ses recherches sur les chats harets en Polynésie française, où ils ont fait l’objet de peu d’études alors qu’ils sont soupçonnés d’avoir contribué à l’extinction de nombreuses espèces et d’être l’une des causes principales de la régression des populations de gallicolombes (Gallicolumba sp.). Les travaux de Pauline Palmas rejoignent parfaitement les préoccupations du Comité français de l’UICN. Ce thème de recherche répond à l’un des principaux enjeux de conservation de la biodiversité dans les outre-mer, la prévention et la gestion des espèces exotiques envahissantes, et à un axe stratégique de son action. En effet, depuis près de 13 années, le Comité coordonne une initiative spécifique sur ce sujet mobilisant l’ensemble des outre-mer et bénéficiant de l’appui d’un réseau de plus de 80 experts et personnes ressources. Plus d’informations – Communiqué de presse annonçant les lauréats – Dossier de presse détaillant les prix jeunes chercheurs – Site internet dédié aux 10 ans de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité – Site internet de l’initiative sur les espèces exotiques envahissantes en Outre-mer – Le programme Espèces et le programme Outre-mer de l’UICN France Photo bandeau : © Thibaut VERGOZ / IRD images / CNRS images
Palme IFRECOR 2017 et le lauréat est …
Mardi 21 novembre, Annick Girardin, Ministre des Outre-mer a dévoilé le projet lauréat 2017 du concours Palme IFRECOR. La cérémonie de remise de la Palme s’est déroulée au Ministère des Outre-mer, en présence de Guillaume Néry, quadruple champion du monde d’apnée et Julie Gautier, sa femme et réalisatrice de vidéo en apnée, parrain et marraine de cette 6ème édition. La collectivité de la province Nord (Nouvelle-Calédonie), la mairie de Bouéni (Mayotte) et la ville de Carbet (Martinique) étaient les trois nominés pour cette édition. Le lauréat 2017 La Palme IFRECOR 2017 est décernée au projet « Plans de gestion sur la Zone Côtière Nord-Est, Patrimoine Mondial de l’UNESCO » de Nouvelle Calédonie. Le projet est porté par Mme Nadia Heo, Présidente de la commission environnement de la province Nord. La lauréate a reçu une dotation de 5 000 euros qui viendra abonder le projet présenté. « Je suis très heureuse de récompenser une élue calédonienne qui s’est beaucoup investie pour la protection du lagon en Province Nord. Mme Heo n’hésite pas à montrer l’exemple au sein de sa propre commune pour défendre la biodiversité récifale », déclare Annick Girardin, Ministre des Outre-mer. « Je suis profondément honorée de recevoir ce trophée, qui couronne un travail de longue haleine de la province Nord, impliquant l’ensemble des acteurs locaux, les jeunes, les femmes, les mairies, ainsi que les autorités coutumières, pour mieux préserver notre lagon à valeur universelle exceptionnelle, déclare Nadio Heo, Présidente de la commission de la province Nord en Nouvelle Calédonie et Lauréate 2017 du concours Palme IFRECOR. C’est un projet ambitieux que je soutiens depuis ses débuts, et sa reconnaissance au niveau national est pour moi vraiment significative. Elle va nous permettre de redoubler d’efforts pour réduire les impacts sur nos précieux récifs coralliens, herbiers et mangroves ». « Les récifs coralliens sont de véritables oasis de vie qui rendent des services inestimables à l’humanité. En parcourant la mer et plongeant régulièrement je constate qu’il est urgent de se mobiliser pour les préserver, ajoute Guillaume Néry, quadruple champion du monde d’apnée. En tant que parrain de ce concours, je suis heureux de soutenir les actions menées par des élus engagés comme Mme Heo, qui contribuent à la protection de ces écosystèmes uniques. » « Les Outre-mer français englobent 10% des récifs coralliens du monde. Les élus ultramarins sont donc des ambassadeurs de premier rang pour encourager la protection des ces milieux naturels source d’émerveillement et de services socio-économiques et culturels. A l’échelle mondiale, les services à l’humanité de ces écosystèmes sont estimés à 30 milliards de dollars par an. Cette année, le thème de la Palme IFRECOR était « l’urgence d’agir » et a permis de mettre en valeur trois projets innovants. Bravo à la lauréate de Nouvelle-Calédonie, Mme Heo, dont le projet était particulièrement ambitieux », souligne Bernard Cressens, Président de l’UICN France. Le projet Depuis 2014, la collectivité de la province Nord a mis en place des plans de gestion sur la Zone Côtière Nord-Est inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, accompagnée des acteurs locaux des villages concernés (Touho, Poindimié, Poum et Ouégoa). Soit 371 400 hectares de récifs, herbiers et mangroves. Ces plans de gestion intègrent, sur la base d’un diagnostic environnemental participatif, l’ensemble des préoccupations des populations et des collectivités locales en matière de préservation des récifs coralliens et des écosystèmes associés. Les sites concernés présentent des enjeux de conservations variés, dont la gestion des prélèvements des ressources halieutiques, la gestion du trait de côte, la gestion des feux de brousse et la gestion des déchets. Les plans de gestion fixent les objectifs à moyen terme concernant la gestion des zones inscrites au Patrimoine Mondial. Ils définissent également les actions prévues, leur coût, les pilotes, ainsi que les indicateurs nécessaires à leur évaluation. Plusieurs actions ont d’ores et déjà été mises en œuvre en matière de replantation de mangroves, de sensibilisation locale, d’arrachage d’espèces invasives. Découvrir la vidéo du projet : Plus d’informations – Communiqué de presse annonçant le lauréat de la Palme 2017 – Dossier de presse de la 6ème édition de la Palme IFRECOR – Discours d’Annick Girardin, Ministre des Outre-mer – Site internet de l’IFRECOR crédit photo bandeau : © Yannick Rigaber
L’UICN France appelle à l’adoption d’une protection forte de la Mer de Corail
Alors que le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie s’apprête à finaliser le plan de gestion du Parc Naturel de la Mer de Corail, le Comité français de l’UICN encourage l’adoption d’une protection forte et durable pour ce patrimoine naturel marin exceptionnel, dans un avis publié suite à la consultation de son groupe « Outre-Mer ». L’avis rappelle la nécessité pour la Nouvelle-Calédonie d’adopter un plan de gestion ambitieux à la hauteur des forts enjeux écosystémiques et socio-économiques du parc marin, et d’avoir une démarche exemplaire soutenant la dynamique engagée en faveur des océans au niveau international, notamment en appliquant la recommandation de l’UICN « d‘intégrer au moins 30% de chaque habitat marin dans un réseau d’Aires Marines Protégées ou d’autres mesures efficaces de conservation sur une zone donnée ». Ces préconisations ont fait l’objet d’un courrier adressé par le Comité français de l’UICN aux co-présidents du Comité de Gestion, Messieurs Philippe Germain (Président du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie) et Thierry Lataste (Haut-Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie), demandant à ce qu’une protection effective du Parc Naturel de la Mer de Corail soit rapidement mise en œuvre. La Nouvelle-Calédonie a mis en place depuis 3 ans un Comité de Gestion réunissant les parties prenantes, effort collégial salué localement, qui a permis de fixer les grands objectifs du Plan de Gestion du parc. Une consultation publique a été menée en février 2017 sur tout le territoire. En 2014, le gouvernement de Nouvelle-Calédonie avait crée le Parc Naturel de la Mer de Corail, couvrant l’ensemble de la Zone Economique Exclusive du territoire à l’exception des eaux provinciales (12 milles nautiques depuis la côte). Le Comité français de l’UICN avait alors félicité la Nouvelle-Calédonie, souscrivant à son ambition affichée de rejoindre les efforts de protection du milieu marin engagés au niveau international. Le parc, d’une superficie de 1,3 million de km2, représente en effet une des plus grandes aires marines protégées du monde, abritant une biodiversité marine exceptionnelle. Il comprend notamment des récifs coralliens éloignés des activités humaines, qui pourraient bien être les derniers ‘refuges’ pour ces écosystèmes aujourd’hui gravement menacés au niveau mondial. DOCUMENT JOINT Avis – Mer de Corail (Mai 2017) EN SAVOIR PLUS Site officiel dédié au parc naturel de la mer de corail Site de l’Agence française de la biodiversité sur le parc naturel de la mer de corail Article Wikipedia sur le parc naturel de la mer de corail CONTACTS Anne Caillaud, Chargée de programme « Outre-mer » François Devinck, Coordinateur pour la Nouvelle-Calédonie de la Commission Mondiale des Aires Protégées de l’UICN – milieu marin (UICN-WCPA)
BEST 2.0 : l’appel à projets 2017 est lancé !
L’appel à projets 2017 du programme BEST 2.0 pour 2017 est lancé aujourd’hui lundi 20 mars. Cet appel s’adresse aux acteurs de la conservation de la biodiversité dans les Pays et Territoires d’outre-mer (PTOM) de l’Union européenne dans les régions Pacifique, Océan Indien, Caraïbe, Atlantique Sud, et Polaires/sub-polaires. Les candidats peuvent postuler pour des petites subventions (jusqu’a 100 000 euros) avant le 14 avril 2017. Le Programme BEST 2.0 (biodiversité et services écosystémiques dans les territoires d’outre-mer européens) a lancé le troisième et dernier appel à projets « petites subventions » pour des projets appuyant la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques dans les PTOM de l’UE. Les porteurs de projets éligibles Ce troisième appel est ouvert aux acteurs locaux des PTOM: organisations de la société civile, municipalités, villes ou services communaux, Provinces en Nouvelle-Calédonie, et PME répondant aux critères de la micro-entreprise. Dans le Pacifique et l’Océan Indien, les 2 régions pour lesquelles l’appel à projets est coordonné par le Comité français de l’UICN, les territoires concernés sont : la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, la Polynésie française et Pitcairn pour le Pacifique, et les îles éparses et l’archipel des Chagos pour l’Océan Indien. Types de subvention Deux types de subventions sont disponibles : des « petites subventions rapides » allant jusqu’à 50 000 euros, et des « petites subventions » entre 50 000 et 100 000 euros. Les projets financés doivent contribuer à des résultats tangibles en termes de conservation de la biodiversité et/ou d’utilisation durable des ressources naturelles et des services écosystémiques, y compris l’adaptation au changement climatique ou son atténuation fondée sur les écosystèmes. Date de clôture de l’appel à projets Vendredi 14 avril 2017 – 23h59 (heure de Paris GTM +1) Vous souhaitez présenter un dossier ? Rendez vous sur le portail dédié du Programme BEST 2.0, où vous trouverez les lignes directrices pour les demandes de petites subventions, les critères d’éligibilité, les réponses aux questions fréquemment posées, des conseils et leçons apprises de l’appel 2015. C’est sur ce portail qu’il vous faudra soumettre une note de concept avant le 14 avril 2017. Contacts et liens utiles Contact région Pacifique: pacific_hub@uicn.fr Contact région Océan Indien: indianocean_hub@uicn.fr Page BEST de l’UICN France Portail BEST 2.0 Site BEST de la Commission Européenne (fiches d’information sur les projets financés précédemment) Article de Polynésie 1ère sur le sujet
Parc naturel de la mer de Corail : la plus grande aire marine protégée mondiale créée en Nouvelle-Calédonie
Le Comité français de l’UICN salue la création du parc naturel de la mer de Corail le 23 avril 2014 par le gouvernement de Nouvelle-Calédonie qui devient la plus grande aire marine protégée du monde. Ce parc naturel apporte une contribution majeure à la protection internationale des océans et à l’atteinte de l’objectif 11 d’Aichi visant à préserver 10% des océans de la planète. L’importance de ce projet, engagé en 2012, a été reconnue lors du 3ème congrès international des aires marines protégées organisé par l’Agence française des aires marines protégées et l’UICN, à Marseille, en octobre dernier. Le Comité français de l’UICN a soutenu le projet auprès du Président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie. Avec 1, 3 million de km², soit la quasi-totalité de la ZEE de Nouvelle-Calédonie, le parc naturel de la mer de Corail constitue désormais la plus grande aire marine protégées en France et dans le monde. Le précédent record était détenu par le parc marin des îles Cook avec une superficie de 1,065 million de km². Cette création contribue de façon significative au renforcement du réseau français d’aires marines protégées qui passe de 4 à 16 % des eaux sous juridiction française. Le parc naturel de la mer de Corail a pour ambition de protéger l’environnement marin, d’œuvrer au maintien des services rendus à l’homme par les différents écosystèmes présents dans son périmètre et de contribuer au développement durable des activités maritimes. Cette création constitue un grand pas en avant dans la protection des océans. La prochaine étape pour le parc, et enjeu fondamental, sera la mise en œuvre de son plan de gestion qui permettra de définir à 15 ans les objectifs de protection et de développement durable des activités liées à la mer.
Soixante experts et acteurs réunis sur les espèces exotiques envahissantes dans les collectivités françaises du Pacifique
Du 29 novembre au 2 décembre, le Comité français de l’UICN organise en Nouvelle-Calédonie un atelier de travail sur les espèces exotiques envahissantes dans le Pacifique. Cet événement accueille soixante experts et acteurs de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie française et de Wallis et Futuna, ainsi que de pays voisins (Nouvelle-Zélande, Fidji…) et de tout l’outre-mer (La Réunion, Mayotte, les Antilles françaises…). Pendant 4 jours, ces participants échangent et confrontent leurs expériences sur ce sujet majeur pour la conservation de la biodiversité. L’objectif est d’identifier des priorités d’action et d’élaborer des recommandations pour renforcer la sensibilisation, la prévention et la gestion des invasions biologiques. Les espèces exotiques envahissantes sont reconnues comme l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité à l’échelle mondiale, et plus particulièrement dans les îles. Elles engendrent des dégâts écologiques importants, pouvant s’accompagner d’impacts négatifs pour les activités économiques ou la santé humaine. Les collectivités françaises d’outre-mer sont particulièrement concernées : 49 des 100 espèces considérées comme les plus envahissantes au monde y sont déjà présentes. Organisé par le Comité français de l’UICN, cet atelier a été conçu en collaboration avec la Province Nord, la Province Sud et le Gouvernement de Nouvelle-Calédonie, et avec le Territoire de Wallis et Futuna. Pour télécharger le communiqué de presse >> cliquez ici Pour visiter le site Internet dédié à cet enjeu, rendez-vous sur : www.especes-envahissantes-outremer.fr Documents joints Communiqué Atelier espèces exotiques envahissantes Pacifique