Liste rouge mondiale : Le nombre de Rhinocéros noirs d’Afrique en augmentation

Le Rhinocéros noir d’Afrique reste en danger critique d’extinction mais sa population augmente lentement grâce aux efforts de conservation réalisés contre les menaces persistantes du braconnage, selon la mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN.  Entre 2012 et 2018, la population de rhinocéros noirs (Diceros bicornis) en Afrique a connu une croissance annuelle modeste de 2,5 %, passant respectivement d’environ 4 845 à 5 630 animaux sauvages. Selon cette mise à jour, les modèles démographiques prévoient au cours des cinq prochaines années une nouvelle augmentation lente. La Liste rouge des espèces menacées de l’UICN compte aujourd’hui 116 177 espèces dont 31 030 sont menacées d’extinction.   L’augmentation du nombre de rhinocéros noirs est principalement due aux efforts continus d’application des lois et aux mesures de gestion de ses populations, comprenant des déplacements de rhinocéros sélectionnés dans des populations établies vers de nouveaux sites pour maintenir d’autres populations et accroître l‘aire de répartition de l’espèce. Une sous-espèce de Rhinocéros noir, le Rhinocéros noir du Sud-Ouest (D. b. bicornis) – précédemment évaluée comme « Vulnérable » – a eu une croissance démographique suffisante au cours des trois dernières générations pour être nouvellement classée comme « Quasi menacée ».  Les deux autres sous-espèces survivantes, le Rhinocéros noir du Sud-Est (D. b. minor) et de l’Est (D. b. michaeli), restent toutes les deux « En danger critique d’extinction » après de fortes baisses constatées entre 1970 et le milieu des années 1990. Bien que ces trois sous-espèces soient en lent rétablissement, elles restent dépendantes de la poursuite des actions de conservation. L’autre espèce de rhinocéros d’Afrique, le Rhinocéros blanc (Ceratotherium simum), est toujours classée comme « Quasi menacée » sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN.  Le nombre d’individus de la sous-espèce de Rhinocéros blanc du Sud (C. s. simum) a diminué de 15% entre 2012 et 2017 passant d’environ de 21 300 à 18 000 animaux, ce qui a largement annulé la majeure partie de la croissance de son nombre de 2007 à 2012. Ce déclin récent est dû en grande partie aux hauts niveaux de braconnage dans le parc national Kruger en Afrique du Sud, qui abrite la plus grande population de Rhinocéros blanc. Une autre sous-espèce de Rhinocéros blanc, le Rhinocéros blanc du Nord (C. s. cottoni) reste « En danger critique » (possiblement éteinte à l’état sauvage). Le Rhinocéros blanc est plus vulnérable au braconnage car il a de plus grandes cornes et préfère les habitats plus ouverts, il est donc plus facile à trouver que le Rhinocéros noir. Le braconnage des rhinocéros d’Afrique pour approvisionner le commerce international illégal de corne de rhinocéros reste la principale menace pour les deux espèces. Cependant, les fortes mesures prises par les Etats, les propriétaires fonciers privés et les communautés locales ont un effet positif : le braconnage des rhinocéros enregistré sur le continent a baissé ces dernières années. Après un pic en 2015, lorsqu’un minimum de 1 349 rhinocéros braconnés ont été retrouvés, soit en moyenne 3,7 rhinocéros braconnés par jour – ce nombre a diminué chaque année depuis. En 2018, il y avait un minimum de 892 rhinocéros braconnés, approximativement 2,4 rhinocéros braconnés par jour soit un toutes les 10 heures. Les données préliminaires de 2019 indiquent que les niveaux de braconnage ont encore diminué.  Bien que les efforts de conservation soient efficaces, les coûts liés à la sécurité des rhinocéros ont considérablement augmenté et les prix de vente d’animaux vivants ont considérablement diminué au cours de la dernière décennie, réduisant les incitations pour les propriétaires fonciers privés et les communautés à les protéger. Avec environ la moitié des Rhinocéros blancs et près de 40 % des Rhinocéros noirs aujourd’hui conservés sur des terres privées ou gérées par les communautés, la tendance croissante à considérer les rhinocéros comme un fardeau coûteux pourrait limiter ou inverser l’expansion de l’aire de répartition et des effectifs de ces espèces.   Plus d’informations – L’article complet sur le site de l’UICN (en anglais) – Contacts : Harriet Brooker, IUCN Media Relations, +44 7960 241862, harriet.brooker@iucn.org / Matthias Fiechter, IUCN Media Relations, +41 79 536 0117, matthias.fiechter@iucn.org – La Liste rouge mondiale des espèces menacées

Mise à jour de la Liste rouge mondiale des espèces menacées

Liste rouge des espèces menacées de l’UICN : la pêche non durable et la chasse pour la viande de brousse entraînent l’extinction d’espèces emblématiques. La surpêche a poussé deux familles de raies au bord de l’extinction, tandis que la chasse de viande de brousse et la perte d’habitats ont conduit au déclin de sept espèces de primates, selon la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Cette mise à jour révèle également d’autres preuves de l’état critique des poissons d’eau douce dans le monde, comme le montre le grand nombre d’espèces menacées en raison de la disparition de rivières aux cours d’eau non perturbés, de la dégradation de leurs habitats, de la pollution et des espèces envahissantes au Japon et au Mexique. Avec cette mise à jour, la liste rouge des espèces menacées de l’UICN a franchi la barrière des 100 000 espèces évaluées. Sur les 105 732 espèces précisément étudiées, 28 338 sont classées menacées. « Avec plus de 100 000 espèces désormais évaluées dans la Liste rouge de l’UICN, cette mise à jour montre clairement à quel point les humains surexploitent la vie sauvage », a déclaré la Directrice générale ad interim de l’UICN, Dr Grethel Aguilar. « Nous devons nous rendre compte que la préservation de la diversité de la nature est dans notre intérêt et qu’elle est absolument fondamentale pour atteindre les Objectifs de Développement Durable. Les États, les entreprises et la société civile doivent agir d’urgence pour mettre un terme à la surexploitation de la nature et doivent respecter et appuyer les communautés locales et les peuples autochtones pour le renforcement de moyens de subsistance durables. »   Chiffres mondiaux pour la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN 2019-2 : ESPÈCES TOTALES ÉVALUÉES = 105 732 (Total des espèces menacées = 28 338) Eteintes = 873 Eteintes à l’état sauvage = 73 En danger critique = 6 127 En danger = 9 754 Vulnérables = 12 457 Quasi menacées = 6 435 Faible risque/dépendant de mesures de conservation = 205 (cette ancienne catégorie est progressivement éliminée de la Liste rouge de l’UICN) Préoccupation mineure = 54 039 Données insuffisantes = 15 769   Plus d’informations – L’article complet de l’UICN (en anglais) – Pour en savoir plus sur la Liste rouge mondiale des espèces menacées – Contacts : Goska Bonnaveira, IUCN Media Relations, +41 792760185, goska.bonnaveira@iucn.org Harriet Brooker, IUCN Media Relations, +44 7960241862, harriet.brooker@iucn.org – Pour en savoir plus sur la Liste rouge des espèces menacées en France Photo bandeau : Cercopithecus roloway © Hans Hillewaert / CC BY-SA 4.0 / Wikipédia

Une espèce de poissons d’eau douce sur cinq menacée en France métropolitaine

Neuf ans après le premier état des lieux, la mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées montre une situation toujours préoccupante pour les poissons d’eau douce dans l’Hexagone : sur les 80 espèces de notre territoire, 15 apparaissent menacées de disparition. Le bilan s’aggrave même, puisque 39 % des espèces sont désormais menacées ou quasi menacées contre 30 % en 2010. Menées dans le cadre de la Liste rouge nationale, les évaluations ont été conduites par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec la Société française d’ichtyologie (SFI) et l’Agence française pour la biodiversité (AFB). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale   DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (juillet 2019)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Synthèse des changements de catégories entre 2010 et 2019• Publication : UICN Comité français, MNHN, SFI & AFB (2019). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Poissons d’eau douce de France métropolitaine. Paris, France. Photo bandeau :Brochet commun © Denis Poracchia

Liste rouge : le rorqual commun et le gorille des montagnes en voie de récupération

Les efforts de conservation apportent un nouvel espoir pour le rorqual commun et le gorille de montagne, selon la dernière mise à jour de la Liste Rouge de l’UICN des espèces menacées publiée aujourd’hui. Le rorqual commun a bénéficié des interdictions de chasse à la baleine et passe de la catégorie « En Danger » à la catégorie « Vulnérable », tandis que la sous-espèce de gorille des montagnes passe de « En Danger Critique » à « En Danger » grâce aux efforts concertés de conservation. La mise à jour de la Liste Rouge de l’UICN publiée le 14 novembre révèle également que la surpêche provoque un déclin des espèces de poissons dans certaines parties du monde en voie de développement, 13% des espèces mondiales de mérous et 9% des poissons du lac Malawi étant ainsi menacés d’extinction. La surexploitation menace également le Vène (Pterocarpus erinaceus), source importante de bois, qui fait son entrée dans la Liste Rouge de l’UICN dans la catégorie « En Danger ». La Liste Rouge de l’UICN couvre maintenant 96 951 espèces dont 26 840 sont menacées d’extinction. « Cette nouvelle mise à jour de la Liste Rouge de l’UICN illustre la portée des actions de conservation, à travers les améliorations de statut constatées pour le rorqual commun et le gorille des montagnes », selon Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Ces succès de conservation sont la preuve que les efforts ambitieux et concertés des gouvernements, des entreprises et de la société civile peuvent inverser la tendance de la perte d’espèces. Malheureusement, cette dernière mise à jour illustre également comment les menaces à la biodiversité continuent de freiner les avancées vers certains des objectifs les plus importants de la société, comme la sécurité alimentaire. Il est urgent de voir les mesures de conservation efficaces renforcées et soutenues. Le sommet de l’ONU sur la biodiversité qui se tient actuellement en Égypte constitue une occasion précieuse pour une action décisive pour protéger la diversité de la vie sur notre planète ».   Augmentation des effectifs de baleines Autrefois « En Danger », le rorqual commun (Balaenoptera physalus) est désormais considéré comme « Vulnérable », la population mondiale de l’espèce ayant presque doublé depuis les années 1970. Cette augmentation fait suite aux interdictions internationales de chasse commerciale à la baleine dans le Pacifique Nord et dans l’hémisphère Sud, en vigueur depuis 1976, ainsi qu’à des réductions importantes des captures dans l’Atlantique Nord depuis 1990. Le statut de la sous-population occidentale de baleines grises (Eschrichtius robustus) s’est également amélioré, passant de « En Danger Critique » à « En Danger ». Ces deux espèces de baleines étaient historiquement menacées par la surexploitation de leur graisse, de leur huile et de leur viande. « Les populations de rorquals communs et de baleines grises occidentales ont été gravement réduites par la chasse, et c’est un grand soulagement de voir enfin leurs effectifs repartir à la hausse. Ces baleines se rétablissent en grande partie grâce aux interdictions de chasse commerciale, aux accords internationaux et à diverses mesures de protection. Les efforts de conservation doivent continuer jusqu’à ce que les populations ne soient plus menacées », indique Randall Reeves, Président du groupe de spécialistes des cétacés de la CSE de l’UICN. « Ces exemples de gouvernements, industries et société civile agissant de concert pour la conservation devraient inspirer les Parties réunies en Égypte, cette semaine, pour la conférence de la Convention sur la diversité biologique ». La protection presque complète des rorquals communs sur l’ensemble de leur aire de répartition a permis à la population mondiale d’atteindre environ 100 000 individus matures. Les baleines grises occidentales sont protégées de la chasse à la baleine dans presque tous les États de leur aire de répartition depuis 1980, mais ce n’est que récemment que l’on a clairement constaté une augmentation de leur nombre dans le Pacifique occidental, en particulier au large de l’île de Sakhalin, en Russie. La différence entre les effets des mesures de conservation et la détection du rétablissement des populations de baleines est en partie due au faible taux de reproduction de ces animaux. Cinq États de l’aire de répartition de la baleine grise occidentale (le Japon, la Fédération de Russie, la République de Corée, les États-Unis et le Mexique) ont signé un mémorandum de coopération concernant les mesures de conservation des populations de cette espèce. L’activité industrielle, y compris l’exploitation pétrolière et gazière et la pêche commerciale, représente également une menace potentielle pour les baleines grises. Depuis 2004, un groupe de scientifiques indépendants dirigé par l’UICN conseille Sakhalin Energy, l’une des plus grandes sociétés opérant en offshore dans l’Extrême-Orient russe, sur comment gérer les impacts potentiels de ses activités sur les baleines.   Un espoir pour le gorille des montagnes Cette mise à jour de la Liste Rouge de l’UICN apporte également un espoir concernant le gorille des montagnes (Gorilla beringei beringei), dont le statut de conservation s’est amélioré de « En Danger Critique » à « En danger » grâce aux efforts de conservation concertés, par-delà les frontières nationales, et à l’engagement positif des communautés vivant autour de l’habitat des gorilles. Le gorille des montagnes est l’une des deux sous-espèces de gorille oriental (Gorilla beringei). Celui-ci reste « En Danger Critique ». Des mesures conséquentes de conservation, y compris des patrouilles anti-braconnage et des interventions vétérinaires in-situ telles que l’élimination des pièges, ont contribué à la croissance des populations de gorilles des montagnes depuis leur précédente évaluation par la Liste Rouge de l’UICN, en 2008. Alors que les populations de gorilles des montagne n’étaient estimées qu’à environ 680 individus en 2008, les estimations de 2018 montrent qu’elles sont passées à plus de 1 000 individus, chiffre le plus élevé jamais enregistré pour la sous-espèce. La croissance des populations a été confirmée par des méthodes de comptage coordonnées et améliorées. L’habitat des gorilles des montagnes est limité à des aires protégées couvrant environ 792 Km2 dans deux régions de la République démocratique du Congo, du Rwanda et de l’Ouganda: le

Mise à jour de la Liste rouge mondiale des espèces menacées

Des espèces sauvages de blé, de riz et d’igname sont menacées par l’urbanisation croissante et par une agriculture surintensive, tandis que des pratiques de pêche non viables ont causé un fort déclin des populations du Dauphin de l’Irrawaddy et du Marsouin aptère, selon la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™. Cette nouvelle édition constate aussi que le Possum à queue en anneau présent en Australie se trouve au bord de l’extinction du fait de la sécheresse croissante qui sévit dans sa zone de distribution.  Trois espèces de reptiles présentes uniquement sur une île australienne, le scinque de l’île Christmas, le scinque à queue bleue Cryptoblepharus egeriae et le gecko Lepidodactylus listeri sont éteints, d’après cette mise à jour de la Liste rouge. En Nouvelle-Zélande, en revanche, la situation de deux espèces de kiwis s’est améliorée grâce à des mesures de conservation. « Des écosystèmes en bonne santé et riches en espèces sont une condition indispensable pour nourrir la population mondiale croissante et réaliser le 2ème Objectif de développement durable, éliminer la faim d’ici 2030 », explique Mme Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Les espèces végétales sauvages apparentées aux espèces cultivées entretiennent la diversité génétique des cultures agricoles, leur permettant ainsi de s’adapter aux changements climatiques et d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle au niveau mondial. Cette nouvelle mise à jour de la Liste rouge de l’UICN nous alerte sur leur déclin et souligne le besoin d’y répondre, afin de sauvegarder notre propre avenir. »   L’agriculture non durable et l’urbanisation menacent les espèces apparentées aux plantes cultivées Parmi les espèces apparentées aux cultures, 26 espèces de blé sauvage, 25 espèces de riz sauvage et 44 espèces d’igname sauvage ont été évaluées pour la Liste rouge de l’UICN, souvent pour la première fois, grâce à des fonds du partenariat stratégique UICN-Toyota consacrés à mieux connaître les menaces qui pèsent sur la biodiversité mondiale. Trois espèces de riz sauvage, deux espèces de blé sauvage et 17 espèces d’igname sauvage sont menacées. Le déboisement et l’urbanisation croissante, associés à une agriculture intensive, avec notamment le surpâturage et l’usage généralisé d’herbicides, représentent les principales menaces pour ces espèces. Les variétés modernes obtenues par croisement avec des espèces sauvages apparentées enrichissent la diversité génétique nécessaire, améliorant ainsi la résistance à la sécheresse, aux maladies et aux parasites. Ces problèmes devraient d’ailleurs s’aggraver avec les changements climatiques. Selon une étude récente, près des trois quarts (72%) des espèces sauvages apparentées aux cultures ne sont pas préservées de façon appropriée dans des banques de gènes et la conservation in situ à l’état sauvage demeure très difficile. Les espèces sauvages apparentées ont une grande importance économique : elles apportent annuellement 115 milliards de dollars à l’économie mondiale, et ce chiffre pourrait encore beaucoup s’accroître à l’avenir. « La diversité génétique issue des espèces sauvages apparentées nous permettra de mettre au point des cultures plus résilientes vis-à-vis du changement climatique, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire au niveau mondial. Si nous ignorons le sort de ces espèces, c’est à nos risques et périls », dit Nigel Maxted, co-président du Groupe de spécialistes des espèces sauvages apparentées de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) de l’UICN. « L’évaluation des espèces sauvages apparentées pour la Liste rouge de l’UICN met à notre disposition des informations détaillées sur les menaces pesant sur ces espèces. Grâce aux nouvelles évaluations, nous sommes maintenant en mesure d’agir de façon systématique pour sauvegarder les espèces sauvages apparentées à nos cultures en réduisant les pratiques agricoles surintensives, comme le surpâturage et l’usage généralisé d’herbicides. »   Le changement climatique en Australie menace le Possum à queue en anneau Le réchauffement climatique et la sécheresse croissante en Australie ont causé un très fort déclin du Possum à queue en anneau (Pseudocheirus occidentalis), qui passe de la catégorie Vulnérable à En danger critique, en raison d’une baisse de plus de 80% de sa population pendant les dix dernières années. Le possum, autrefois très répandu dans les forêts d’Eucalyptus gomphocephala et d’Agonis flexuosa, est maintenant confiné à des habitats côtiers fragmentés. Les tentatives de réinstallation de l’espèce dans le Parc de conservation de Lane-Poole, près de 100 km au sud de Perth, ont échoué à cause de la qualité médiocre de la nourriture pour cette espèce de possum, due à une sécheresse croissante. En effet, l’espèce a besoin d’aliments d’une certaine qualité, notamment de feuilles de Agonis flexuosa, en raison de son appareil digestif particulier. Le Possum à queue en anneau est sensible au stress thermique et peut se trouver en surchauffe si la température dépasse 35ºC, ce qui est de plus en plus fréquent dans cette région de l’Australie. L’espèce a subi aussi les effets de l’urbanisation, la prédation par les renards roux (Vulpes vulpes) et les chats sauvages (Felis catus), le déboisement, les incendies et des régimes inadaptés de gestion de ces derniers.   Des espèces de dauphins et de marsouins d’Asie sont menacées par la pêche non durable Le Dauphin de l’Irrawaddy (Orcaella brevirostris) et le Marsouin aptère (Neophocaena asiaeorientalis) sont en déclin ; ils passent du statut Vulnérable à En danger. Les effectifs du dauphin de l’Irrawaddy ont diminué de moitié depuis 60 ans, et ceux du marsouin aptère depuis 45 ans. Les deux espèces vivent en eaux côtières peu profondes, et leurs populations ne se trouvent que dans des milieux d’eau douce, ce qui les rend extrêmement vulnérables aux activités humaines. La cause principale de leur déclin est l’emmêlement dans des engins de pêche non sélectifs. La destruction des habitats et la surpêche de leurs proies contribuent aussi à la diminution des effectifs. « Le dauphin de l’Irrawaddy est vénéré par de nombreuses communautés et l’observation des dauphins est une activité touristique importante pour les économies locales dans certaines régions de l’Inde et du Cambodge », explique Randall Reeves, président du Groupe de spécialistes des cétacés de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) de l’UICN. « En raison du statut de protection dont bénéficient les deux espèces, la chasse ou la capture délibérées sont rares

Une espèce de mammifère sur trois désormais menacée ou quasi menacée en France métropolitaine

Huit ans après le premier état des lieux, la mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées montre une aggravation de la situation des mammifères dans l’Hexagone : 33 % des espèces terrestres et 32 % des espèces marines apparaissent menacées ou quasi menacées, contre respectivement 23 % et 25 % en 2009. Le bilan réalisé porte sur le risque de disparition de l’ensemble des mammifères terrestres et marins recensés sur le territoire métropolitain. Après une analyse de la situation de chacune des 125 espèces, les résultats montrent que 17 espèces sont menacées et 24 autres quasi menacées. Menées dans le cadre de la Liste rouge nationale, les évaluations ont été conduites par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM) et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale   DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (novembre 2017)• Infographie des résultats et infographie des évolutions• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Synthèse des changements de catégories entre 2009 et 2017• Rapport d’évaluation• Publication : UICN France, MNHN, SFEPM & ONCFS (2017). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Mammifères de France métropolitaine. Paris, France. Photo bandeau :Vison d’Europe © Julien Steinmetz

Mise à jour de la liste rouge mondiale des espèces menacées

Les espèces de frênes les plus répandues et précieuses d’Amérique du Nord sont au bord de l’extinction en raison d’un coléoptère envahissant qui ravage leurs populations, tandis que la disparition des milieux sauvages et le braconnage contribuent au déclin de cinq espèces d’antilopes d’Afrique, selon la dernière édition de la Liste des espèces menacées de l’UICN™. Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN met aussi en évidence un déclin dramatique des sauterelles et des mille-pattes endémiques de Madagascar, ainsi que l’extinction de la pipistrelle de l’île Christmas, une espèce endémique de chauve-souris présente uniquement sur cette île. La Liste rouge de l’UICN comporte à l’heure actuelle 87 967 espèces, dont 25 062 sont menacées d’extinction.   « Les activités humaines poussent les espèces vers l’extinction à une telle vitesse qu’il est impossible d’évaluer leur déclin en temps réel », dit Mme Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Même des espèces que nous croyions abondantes et non menacées, comme certainesantilopes en Afrique ou les frênes aux États-Unis, sont maintenant confrontées à une menace imminente d’extinction. » « Les actions de conservation portent leurs fruits, mais la préservation des forêts, des savanes et d’autres biomes dont nous dépendons pour notre survie et notre développement n’est pas considérée comme une priorité de financement. Notre planète a besoin de mesures urgentes, prises à l’échelle mondiale et guidées par les données de la Liste rouge, afin d’assurer la survie des espèces et un avenir durable pour l’humanité. »   Les frênes d’Amérique du Nord au bord de l’extinction Cinq des six principales espèces de frênes d’Amérique du Nord font leur entrée dans la Liste rouge de l’UICN dans la catégorie En danger critique (à un pas de l’extinction), la sixième étant classée En danger. Ces espèces sont décimées par un coléoptère envahissant, l’Agrile du frêne (Agrilus planipennis). Trois d’entre elles, le Frêne rouge de Pennsylvanie (Fraxinus pennsylvanica), le Frêne blanc (Fraxinus americana) et le Frêne noir (Fraxinus nigra) sont les frênes prédominants dans le pays, avec près de neuf milliards d’arbres dans les régions boisées des États-Unis. Le Frêne blanc (Fraxinus americana), autrefois abondant, est l’un des arbres les plus précieux d’Amérique du Nord, utilisé comme bois d’œuvre pour la fabrication de meubles, de battes de baseball et de cannes de hockey. Les frênes sont une composante essentielle des forêts nord-américaines. Ils procurent un habitat et de la nourriture à de nombreuses espèces d’oiseaux, d’écureuils et d’insectes, et accueillent d’importantes espèces pollinisatrices, dont des papillons diurnes et nocturnes.  « Les frênes sont un élément essentiel des peuplements végétaux aux États-Unis, ainsi qu’une espèce ornementaletrès répandue, plantée par des millions de personnes le long de nos rues et dans nos jardins », dit Murphy Westwood, membre du Groupe  de spécialistes des Arbres de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN et qui a piloté l’évaluation. « Leur déclin, qui pourrait toucher plus de 80% des arbres, changera de façon très profonde la composition des espaces boisés, tant naturels qu’urbains. Compte tenu de l’importance écologique et économique des frênes, et du fait que l’abatage et le déblaiement  des frênes morts est extrêmement coûteux, de nombreuses recherches sont actuellement menées pour enrayer ce déclin dévastateur. Ceci apporte un espoir quant à la survie de l’espèce. ». L’agrile du frêne s’est propagé très rapidement : arrivé au Michigan depuis l’Asie à la fin des années 1990 dans des palettes d’expédition infestées, le coléoptère a déjà détruit des dizaines de millions de frênes aux États-Unis et au Canada. Plus de huit milliards d’arbres risquent d’être détruits, car il se propage vite et peut tuer un peuplement entier de frênes en six ans. Il est aussi favorisé par le réchauffement climatique; des zones qui étaient trop froides pour le coléoptère deviennent maintenant mieux adaptées à son développement, de telle façon qu’il est impossible de savoir jusqu’où il pourrait s’étendre à l’avenir.   Cinq espèces d’antilopes en déclin Bien que le statut de la plupart des espèces d’antilopes reste inchangé, cinq espèces d’antilopes d’Afrique, dont quatre étaient classées dans la catégorie Préoccupation mineure, subissent un déclin important en raison du braconnage, de la dégradation des habitats et de la compétition avec l’élevage domestique. Cette réduction reflète une tendance plus générale au déclin chez les grands mammifères d’Afrique qui sont en compétition avec une population humaine croissante en termes d’espace et de ressources. « Les antilopes déclinent à mesure que les populations humaines continuent de s’accroître, de défricher des terres pour l’agriculture, de prélever de la viande de brousse de façon non durable, d’étendre les habitations, d’extraire des ressources et de construire de nouvelles routes », dit David Mallon, co-président du Groupe des spécialistes des antilopes de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. « Afin d’inverser cette tendance dangereuse, il faut qu’un degré de priorité beaucoup plus élevé soit accordé à la conservation de la biodiversité en faveur du développement économique des pays concernés. La législation existante pour la protection des espèces sauvages doit aussi être appliquée de manière beaucoup plus efficace. » La plus grande espèce d’antilope du monde, l’Éland de Derby (Tragelaphus derbianus), précédemment classée en Préoccupation mineure, se trouve maintenant dans la catégorie Vulnérable. Sa population totale est estimée entre 12 000 et 14 000 individus au maximum, avec moins de 10 000 animaux matures. Les principales raisons de son déclin sont le braconnage pour sa viande, l’empiètement sur les aires protégées et l’expansion de l’agriculture, et de l’élevage de bétail. L’instabilité politique et les conflits armés en République Centrafricaine, qui abritait auparavant la plus grande population de l’espèce, sont des obstacles importants à la protection de cette espèce, si bien que c’est maintenant le Cameroun qui se trouve être le principal bastion de l’espèce. Le Rédunca de montagne (Redunca fulvorufula), précédemment classé aussi en Préoccupation mineure, a subi un déclin de près de 55% dans sa population d’Afrique du Sud au cours des 15 dernières années. Il est maintenant classé En danger. Les principales causes en sont l’expansion des implantations humaines, le braconnage, le dérangement important par les éleveurs et leur bétail, et la chasse avec des chiens.

Accélération de la crise d’extinction des espèces

D’après une étude scientifique qui vient de paraître, basée sur les données de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, la disparition des espèces s’est accélérée sur la période de 1900 à 2016. L’étude réalisée par les chercheurs Gerardo Cebellas (Université nationale autonome du Mexique), Paul Ehrlich et Rodolfo Dirzo (Université de Stanford) et publiée le 10 juillet dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) rappelle la situation alarmante de la réduction du nombre d’individus pour de nombreuses espèces de vertébrés (mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens), ainsi que la diminution de leurs aires de répartition géographique.   L’érosion de la biodiversité se poursuit La Liste rouge des espèces menacées de l’UICN constitue l’inventaire de référence sur la situation des espèces. En se basant sur celles-ci, les trois scientifiques ont examiné les évolutions des populations de 27 600 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens terrestres, réparties sur les cinq continents. Plus précisément, ils ont étudié les données plus détaillées de 177 espèces de mammifères et leurs évolutions depuis 1900. Au total, 32 % des espèces étudiées déclinent en termes de population et d’étendue. Plusieurs mammifères qui se portaient bien il y a une ou deux décennies sont maintenant en voie de disparition. Leur constat indique que beaucoup d’espèces qualifiées de communes sont touchées (30% de l’échantillon des 27600 espèces).   Des populations d’espèces en déclin sur tous les continents En 2016, plusieurs espèces déjà considérées comme menacées ont subi un déclin important sur les 10 à 30 dernières années. C’est le cas des guépards (plus que 7000 individus), des lions d’Afrique (35000, soit – 43 % depuis 1993) ou des orangs-outans vivants à Bornéo et Sumatra (-25 % ces dix dernières années). Cependant des espèces encore communes il y quelques années sont aussi maintenant touchées par un déclin sévère : c’est le cas en Afrique des girafes qui sont passées de 155 000 individus en 1985 à 97 000 en 2015 (-40%), ou, en France, du Chardonneret élégant, un petit passereau, dont les effectifs ont chuté de 40% en 10 ans ou de l’Alouette des champs dont la population a diminué de 20% en 15 ans. Ce déclin généralisé de la faune sauvage terrestre a été observé dans tous les continents. Il est plus marqué dans les régions tropicales (Amazonie, bassin du Congo, Asie du Sud-Est), compte-tenu de l’importante biodiversité qu’elles abritent, mais il est aussi prononcé dans les régions tempérées comme l’Europe. Les conclusions de l’étude confirment celles du dernier rapport « Planète vivante », publié en octobre 2016 par le Fonds mondial pour la nature (WWF), en estimant que la planète a actuellement perdu au moins 50% du nombre d’animaux vertébrés vivant dans les mieux terrestres et que la 6ème crise d’extinction de la biodiversité s’amplifie.   Plus d’informations – Lien vers l’étude – La liste rouge des espèces menacées de l’UICN – La liste rouge des espèces menacées en France Photo : © Thomas Bacha

40 ans de protection de la nature : succès et défis de la préservation des espèces

Alors que l’année 2016 marque les 40 ans de la première grande loi relative à la protection de la nature en France, le réseau des spécialistes des espèces du Comité français de l’UICN dresse à cette occasion un bilan de la situation. Si l’avenir de nombreuses espèces de la faune et de la flore est aujourd’hui très préoccupant, quelques succès marquants tracent la voie à suivre et démontrent que les actions de conservation permettent de sauver des espèces parmi les plus menacées.   Des responsabilités mondiales Selon la dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN, la France figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces animales et végétales menacées au niveau mondial. Avec 1143 espèces mondialement menacées présentes sur son territoire, notre pays porte une responsabilité majeure dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité qui frappe la planète. Ce sont en particulier les collectivités françaises d’outre-mer qui placent la France dans cette position. Les territoires français ultra-marins sont en effet quasiment tous situés dans des points chauds de la biodiversité mondiale, c’est-à-dire des régions très riches en espèces mais également très menacées : îles Caraïbes, îles de l’océan Indien, Polynésie-Micronésie, Nouvelle-Calédonie. A l’échelle du continent européen, la France est également directement concernée : 275 espèces mondialement menacées sont recensées dans l’Hexagone. Cette situation est liée à la grande diversité des habitats naturels considérés comme prioritaires au niveau européen sur notre territoire, ainsi qu’à la richesse biologique de la zone méditerranéenne, autre point chaud de la biodiversité mondiale. Les principales menaces pesant sur les espèces sont bien connues : dégradation et fragmentation des milieux naturels, surexploitation, introduction d’espèces devenant envahissantes, pollutions et changement climatique.   Une loi constituant un acte fondateur La loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature a posé les grands principes du droit français de l’environnement en matière de préservation des espèces et des milieux et a apporté des outils importants pour les faire respecter. Elle est en particulier à l’origine des premières listes d’espèces animales et végétales protégées. Elle a permis de renforcer significativement la protection des espaces naturels, avec la création des réserves naturelles et des arrêtés de protection de biotope. Elle a introduit un régime de permis obligatoire pour la détention et la commercialisation des espèces de la faune et de la flore protégées au niveau international par la Convention de Washington (ou CITES). Elle a également imposé la réalisation d’études d’impact environnemental avant tout projet d’aménagement portant atteinte aux milieux naturels et a introduit le principe de la compensation écologique. Par ses dispositions novatrices, la loi de 1976 a constitué un véritable tournant pour la protection de la nature en France. Sa mise en œuvre a impulsé une réelle dynamique positive et favorisé l’investissement de nombreux bénévoles et professionnels dans la conservation de la biodiversité.   Des succès qui tracent la voie à suivre Parmi les succès marquants, la protection réglementaire de la Loutre d’Europe et les campagnes menées en sa faveur ont fini par porter leurs fruits : alors que l’espèce était en situation très précaire il y a quelques décennies, elle a désormais recolonisé de vastes secteurs de son territoire dans la plupart des régions françaises. Les actions de protection des zones humides ont amélioré la situation de plusieurs échassiers, comme la Spatule blanche ou le Blongios nain. Le Bouquetin des Alpes, lui, avait quasiment disparu de l’arc alpin français. Grâce à l’action d’associations, à sa protection et à la création des parcs nationaux alpins, il a aujourd’hui repeuplé plusieurs départements. Enfin, suite au succès de son programme de réintroduction, le Vautour moine niche à nouveau dans les Grands Causses, après avoir disparu de France pendant près d’un siècle. D’autres succès sont encourageants mais restent fragiles. Dans les Antilles françaises et en Guyane, la situation des tortues marines est en voie d’amélioration, grâce à la mobilisation continue des acteurs de la société civile depuis de nombreuses années pour assurer la surveillance des plages de ponte, désormais renforcée par un plan national d’action. De même à la Réunion, où la restauration des plages et la réduction des captures accidentelles en collaboration avec les pêcheurs de l’île ont permis le retour de la Tortue verte. Ces réussites remarquables sont le plus souvent le résultat d’actions efficaces des pouvoirs publics et des associations de protection de la nature, menées en synergie et soutenues par des moyens financiers et humains adaptés, sur la base de lignes directrices scientifiques et avec l’adhésion des acteurs locaux.   Des efforts à conforter et des obstacles à surmonter Pour autant, d’autres espèces demeurent en situation précaire alors qu’elles font l’objet d’initiatives pour restaurer leur état de conservation. C’est le cas d’oiseaux comme l’Aigle de Bonelli et le Râle des genêts, ou d’un papillon comme l’Azuré de la sanguisorbe, qui bénéficient actuellement de plans nationaux d’action. C’est le cas également de plusieurs plantes faisant l’objet de programmes de conservation, comme la Saxifrage oeil-de-bouc ou l’Armérie de Belgentier. Les actions entreprises doivent encore s’inscrire dans la durée pour assurer à ces espèces un avenir pérenne en France. Pour d’autres espèces, malgré la mise en place de programmes et de plans de conservation, la situation reste très préoccupante en raison d’un manque d’actions, de coordination, de concertation ou de moyens financiers. L’Anguille d’Europe, bien que protégée à divers titres et bénéficiant de plans de gestion dans tous les pays de l’Union européenne, subit toujours de nombreuses pressions et demeure menacée. En dépit des efforts entrepris, le Vison d’Europe et la Grande Mulette continuent quant à eux de voir leurs effectifs chuter de manière alarmante. Et la situation complexe et fragile de l’Ours brun, du Loup et du Lynx en France illustre bien les difficultés de coexistence et les polémiques qui n’ont pas été résolues depuis 40 ans. Enfin, au-delà du cadre législatif national, les collectivités françaises du Pacifique font face à d’importants défis. Si l’Etat français est garant de la préservation de la biodiversité sur l’ensemble de son territoire, les collectivités locales et la

Liste rouge de l’UICN : Les girafes et de nouvelles espèces d’oiseaux menacées

Cancun, Mexique, 7 décembre 2016 (UICN) – Plus de 700 espèces d’oiseaux nouvellement identifiées ont été évaluées pour la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, et 11% d’entre elles sont menacées d’extinction. Cette mise à jour révèle un déclin dévastateur de la girafe, causé par la destruction des habitats, les troubles civils et la chasse illégale. La population totale de la girafe a subi un déclin de 40% ces 30 dernières années. Elle est classée dans la catégorie Vulnérable sur la Liste rouge de l’UICN.  La mise à jour de la Liste rouge publiée aujourd’hui comprend aussi les premières évaluations d’espèces sauvages d’orge, de mangue et d’avoine, ainsi que d’autres espèces sauvages apparentées à des plantes cultivées. Ces espèces sont de plus en plus importantes pour la sécurité alimentaire, car leur diversité génétique peut contribuer à améliorer la résistance des cultures aux maladies, à la sécheresse et à la salinité. La mise à jour de la Liste rouge a été publiée aujourd’hui lors de la 13e session de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB COP13), qui a lieu à Cancun, au Mexique. La Liste rouge de l’UICN comprend actuellement 85 604 espèces, dont 24 307 sont menacées d’extinction.    « Un grand nombre d’espèces disparaissent avant même d’avoir été décrites, » déclare Mme Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN montre que l’ampleur de la crise mondiale de l’extinction pourrait être supérieure à ce que nous pensions. Les gouvernements réunis à Cancun lors du sommet de la biodiversité des Nations Unies ont l’immense responsabilité d’intensifier leurs efforts afin de sauvegarder la biodiversité de notre planète, et ceci non pas seulement pour son propre bien, mais pour répondre à des impératifs humains tels que la sécurité alimentaire et le développement durable.»    Des espèces d’oiseaux nouvellement identifiées et déjà menacées Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN comprend une nouvelle évaluation de toutes les espèces d’oiseaux. Grâce à une étude taxonomique très complète réalisée par BirdLife International en collaboration avec le Handbook of the Birds of the World (Guide des oiseaux du monde), 11 121 espèces d’oiseaux au total ont été évaluées. 742 espèces d’oiseaux nouvellement identifiées ont été évaluées, dont 11% sont menacées. Par exemple, le Troglodyte de Serna (Thryophilus sernai), récemment décrit, est classé En danger, car plus de la moitié de son habitat pourrait disparaître suite à la construction prévue d’un barrage. L’Artamie azurée des Comores (Cyanolanius comorensis) est aussi En danger à cause de la perte de ses habitats due à l’agriculture et à la dégradation causée par des plantes envahissantes. Parmi les espèces d’oiseaux nouvellement identifiées, treize entrent dans la Liste rouge dans la catégorie Éteinte. Un grand nombre d’entre elles, dont Acrocephalus yamashinae, une espèce de l’île de Pagan, l’Akepa de O’ahu (Loxops wolstenholmei) et l’’Apapane de Laysan (Himatione fraithii) ont disparu au cours des 50 dernières années. Toutes ces espèces étaient endémiques de différentes îles, probablement anéanties par des espèces envahissantes. « Malheureusement, l’identification de plus de 700 espèces « nouvelles » ne signifie pas que les oiseaux de la planète se portent mieux », précise Ian Burfield, Coordinateur scientifique mondial de BirdLife. « À mesure que nous approfondissons nos connaissances, nos craintes se confirment : l’agriculture non durable, l’exploitation forestière, les espèces envahissantes et d’autres menaces, comme le commerce illégal qui a été mis en relief ici, continuent à conduire beaucoup d’espèces vers l’extinction. »  Les évaluations de la Liste rouge de l’UICN montrent aussi que des oiseaux très populaires pourraient bientôt disparaître à l’état sauvage si des mesures de sauvegarde adéquates ne sont pas prises. Des espèces emblématiques, comme le Perroquet jaco (Psittacus erithacus) – un animal de compagnie très prisé capable d’imiter le langage humain,- risquent de disparaître à l’état sauvage, dû à la destruction des habitats et à des captures non durables. Le perroquet jaco, natif d’Afrique centrale, était classé Vulnerable et est maintenant En danger. Une étude dirigée par BirdLife International a constaté que, dans certains secteurs du continent, les populations de perroquet jaco ont diminué de 99%. La situation est particulièrement urgente en Asie : le Garrulaxe à front roux (Garrulax rufifrons), le Loriquet de Forsten (Trichoglossus forsteni) et le Bulbul à tête jaune (Pycnonotus zeylanicus), parmi d’autres espèces, sont reclassés dans des catégories de risque plus élevées en raison de l’impact du commerce illégal de faune sauvage. Il a été prouvé que les méthodes de capture non durables réalisées pour le commerce des oiseaux, particulièrement à Java, sont responsables de l’aggravation du statut de nombreuses espèces. Cependant, la situation s’améliore pour certains des oiseaux les plus rares et les plus vulnérables de la planète : ceux qui se trouvent seulement sur de petites îles isolées. Le Bouvreuil des Açores (Pyrrhula murina), le Pluvier de Sainte-Hélène (Charadrius sanctaehelenae), et le Zostérops des Seychelles (Zosterops modestus) font partie des espèces endémiques insulaires qui sont maintenant classées dans des catégories de risque moins élevées, leur statut s’étant amélioré grâce à d’intenses efforts de conservation, après avoir été au bord de l’extinction.   La girafe L’emblématique girafe (Giraffa camelopardalis), le mammifère le plus grand en hauteur et l’un des animaux les plus reconnaissables de la planète, est maintenant menacée d’extinction. L’espèce, répandue en Afrique australe et orientale, avec des sous-populations plus petites et isolées en Afrique occidentale et centrale, passe de la catégorie Préoccupation mineure à Vulnérable, car les populations ont subi un déclin dramatique atteignant 36 à 40%, passant d’environ 151 702 ou 163 452 girafes en 1985, à 97 562 in 2015. La croissance de la population humaine a des effets négatifs sur de nombreuses sous-populations de girafes. La chasse illégale, la destruction des habitats, l’expansion de l’agriculture et des exploitations minières, les conflits croissants entre l’homme et la faune sauvage, ainsi que les troubles civils, poussent l’espèce vers l’extinction. Sur les neuf sous-espèces de girafes, trois comptent des populations en croissance, cinq des populations en déclin et une reste stable. Une résolution adoptée lors du Congrès mondial de la nature en septembre dernier appelle à prendre des mesures pour inverser le déclin de la girafe.