Besançon : Capitale française de la biodiversité 2018

La ville de Besançon, commune de 120 472 habitants de la région Bourgogne-Franche-Comté, est la nouvelle « Capitale française de la biodiversité » pour 2018 dont le thème était «Conception et gestion écologique des espaces de nature ». Le Comité français de l’UICN s’est une nouvelle fois associé à ce concours national qui récompense depuis 2010 les collectivités locales qui s’engagent dans la préservation de la biodiversité. L’édition 2018 a permis de mettre en avant les actions de communes et intercommunalités françaises en matière de conception écologique des espaces de nature (depuis la trame verte et bleue en passant par les plans paysages intégrant les fonctionnalités écologiques jusqu’à la restauration écologique et la création de nouveaux espaces de nature) et de gestion écologique, qu’il s’agisse d’espaces de nature ordinaire ou plus spécifique, espaces verts urbains tout autant que réserves naturelles. Besançon bénéficie de la proximité d’espace de nature, exceptionnels, aux portes de la ville historique qu’elle contribue à entretenir et à protéger mais aussi à connaitre. Grâce à une connaissance scientifique solide, elle peut orienter ses actions et aborder des questions émergentes en matière d’écologie urbaine (plan pour les pollinisateurs sauvages, gestion des espèces exotiques envahissantes, protection des espèces protégées ou menacées – Apron du Rhône, Lynx). Ces équipes gèrent 200 ha de parcs et espaces verts urbains, dont 12 sites labellisés Ecojardin. Elles développent notamment le semis et la plantation de végétaux locaux, des chantiers participatifs ainsi qu’un programme d’animation et d’éducation à la nature. La ville de Besançon recherche également à concilier préservation de la biodiversité et usages des espaces natures (production économique, déplacements, aménagement, prévention des risques, activités sportives ou culturelles…). Pour en savoir plus   Sept autres collectivités récompensées : Saint-Privat-de-Vallongue (230 habitants, Lozère), est désignée « Meilleur village pour la biodiversité 2018 ». Nouvelle catégorie de cette édition, ce village s’est distingué pour sa transition rapide vers le zéro pesticide et sa gestion écologique. Il fournit une illustration des bons résultats obtenus sur des territoires ruraux où se coordonnent les acteurs au travers de projet (atlas de la biodiversité associant habitants, écoles et partenaire ; dépollution lumineuse avec la réserve de ciel étoilé des Cévennes ; projet de voie verte sur l’ancienne voie ferrée). Pour en savoir plus Morne-à-l’Eau (17 407 habitants, Guadeloupe) est désignée « Meilleure petite ville pour la biodiversité 2018 ». Dotée d’un important patrimoine naturel, la commune a largement investi dans la connaissance de la biodiversité locale (inventaires, suivis, participation à des travaux de recherche) et a été pilote dans la mise en place d’une Zone humide éducative en partenariat avec le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales. Ce socle de connaissances ainsi qu’une tradition d’écoute et de participation des habitants et des agriculteurs ont permis la mise en place de travaux exemplaires de restauration écologique des milieux dégradés (plage verte de Babin, ancienne décharge de Gédéon Bambou). Pour en savoir plus Grande-Synthe (23 634 habitants, Nord), est désignée « Meilleure ville moyenne pour la biodiversité 2018 ». Première Capitale de la Biodiversité en 2010, la ville a poursuivi et renforcé ses actions de végétalisation et de gestion écologique de son territoire, marqué par la présence de l’industrie. Le site du Prédembourg a été classé Réserve naturelle régionale grâce au partenariat avec le Conservatoire d’espaces naturels du Nord-Pas-de-Calais. Atlas de la biodiversité communal et suivi participatif de la biodiversité par les agents communaux via les programmes de sciences participatives Propage, Spipoll et Sauvages de ma rue viennent compléter un important travail d’élévation du niveau de connaissance réalisé depuis 2010.  Pour en savoir plus La Métropole Rouen Normandie (489 428 habitants, Seine-Maritime) est désignée « Meilleure intercommunalité pour la biodiversité 2018 ». Distinguée en 2016 autour du thème « Sols et biodiversité », elle mène de nombreuses actions en matière de préservation, gestion et restauration écologique. Et ce en milieu agricole, forestier et en zones humides qu’en milieu urbain (parc linéaire Quai Rive Gauche et presqu’île Rollet, accompagnement des acteurs du territoire dans la démarche zéro pesticide et la gestion différenciée…). Des actions exemplaires qui sont organisées au sein d’un plan d’actions Biodiversité 2016-2020 qui inclut un plan pluriannuel de financement. Pour en savoir plus   Cette année, un prix coup de cœur a été attribué : Saint-Rémy (en Comté) (600 habitants, Bourgogne-Franche-Comté) s’est vue attribuer un prix« Coup de cœur » par le comité scientifique et technique 2018 qui a apprécié la grande quantité d’actions mise en œuvre au regard de la taille de la commune, avec le concours de jeunes en service civique : atlas de la biodiversité communale, création de haies, de vergers conservatoires, aménagement d’un réseau de mares. Pour en savoir plus Un prix régional en Ile-de-France a été décerné : Bonnelles (1 979 habitants, Yvelines) est distinguée par le « Prix régional Île-de-France 2018 » décerné par l’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France (ARB îdF), pour sa politique de longue date de préservation de son patrimoine naturel dont la création de la Réserve naturelle régionale des Étangs de Bonnelles est emblématique. La commune a su s’appuyer sur des acteurs locaux (PNR Haute Vallée, associations) pour mettre en place un plan de gestion communal, un plan d’éclairage nocturne adapté, passer au zéro pesticide, végétaliser les trottoirs avec les habitants, assurer une gestion intégrée de l’eau. Pour en savoir plus Un prix régional en Sud-PACA a été décerné : Avignon (92 130 habitants, Vaucluse) reçoit le trophée de « Capitale régionale de la biodiversité 2018 » décerné par l’Agence régionale pour l’Environnement et l’écodéveloppement Provence-Alpes-Côte d’Azur (ARPE). La commune anime un atlas de la biodiversité communale, n’utilise plus aucun produit phytosanitaire dangereux pour l’environnement et consacre une part importante de son budget aux initiatives citoyennes, dont les actions de végétalisation de la ville. La désimperméablisation et la végétalisation des anciens parkings au pied des remparts sont un exemple réussi de transformation et d’amélioration paysagère en site historique classé. Pour en savoir plus Plus d’informations – Gilles Lecuir, Agence régionale de la Biodiversité en Île-de-France – gilles.lecuir@iau-idf.fr –  tél. 06 09 69 00 61 – Aurore Micand, Plante & Cité –  aurore.micand@plante-et-cite.fr  –  tél. 02 22 06 41 27 – Anne Lambert, Agence française pour la biodiversité  –  anne.lambert@afbiodiversite.fr  –  tél. 04 67 10 76 68 – Les travaux de l’UICN France sur les collectivités et la biodiversité

Un nouveau site Internet sur les espèces exotiques envahissantes en outre-mer

L’initiative de l’UICN France sur les espèces exotiques envahissantes en outre-mer se dote d’un nouveau site Internet ! Conçu comme un véritable portail d’informations, il s’adresse à tous les acteurs concernés et impliqués dans la prévention et la gestion des invasions biologiques. Les espèces exotiques envahissantes sont l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité en outre-mer. Ces territoires sont souvent confrontés aux mêmes espèces problématiques et partagent des enjeux communs. Alors que l’ampleur de la problématique des espèces invasives est croissante, le partage et la mise à disposition des connaissances scientifiques, des outils techniques et réglementaires et des pratiques de gestion sont de plus en plus essentiels. A travers ses différentes rubriques, ce nouveau site Internet permet d’accéder à des informations générales sur les enjeux, à des actualités régulières dans chacune des collectivités et à de nombreux documents comme les stratégies de lutte élaborées localement, les textes de réglementation applicables, des outils de sensibilisation ou des guides pratiques pour favoriser la gestion. Développée avec l’appui du réseau de l’initiative, une base de données permet de rechercher des informations sur près de 700 espèces introduites. Une autre base permet quant à elle de consulter la bibliographie disponible parmi plus de 600 références. Mise en oeuvre depuis maintenant 13 ans, l’initiative de l’UICN France mobilise un réseau de plus de 80 experts et personnes ressources avec l’appui de points focaux dans chacune des collectivités ultra-marines, pour renforcer la prévention et développer les réponses face aux impacts écologiques, économiques et sanitaires des invasions biologiques. Pour découvrir le site internet de l’initiative : www.especes-envahissantes-outremer.fr  

Portrait biodiversité de l’ONCFS

Nirmala Séon-Massin Directrice adjointe de la recherche et de l’expertise à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS)   Qu’est ce que l’ONCFS ? L’ONCFS est un établissement public de l’état sous la double tutelle des ministères de l’écologie et de l’agriculture. Ses missions sont la police de l’environnement, l’acquisition de connaissances, la recherche et l’expertise sur la faune sauvage, l’appui aux politiques publiques, et l’organisation et la délivrance du permis de chasser.   Quelles sont vos missions au service de la biodiversité ? L’ONCFS est souvent positionné à l’interface entre activités humaines et faune sauvage, dès lors que ces interactions engendrent des difficultés : espèces protégées menacées à forts enjeux (PNAs grand hamster, vison d’Europe, tortues marines en Guyane, lutte contre les trafics d’espèces…), impacts sur les activités humaines (crises sanitaires impliquant la faune, atteintes aux cultures et aux élevages…), pratiques agricoles favorables à la biodiversité, durabilité des pratiques cynégétiques… Ses différentes missions (police et expertise) sont complémentaires pour aider les pouvoirs publics à concilier ces activités et la préservation de la biodiversité.   Pouvez-vous nous présenter une action phare de votre organisme ? Nous venons d’obtenir un financement Life pour lutter contre l’érismature rousse, un petit canard exotique qui menace par hybridation l’érismature à tête blanche (en danger d’extinction sur la liste rouge). C’est un vrai coup de pouce pour la lutte sur le terrain, mais aussi pour la sensibilisation de tous les acteurs, dont les détenteurs. La police est en effet une approche indispensable pour éviter les introductions dans le milieu naturel et la lutte coûteuse qui s’ensuit. Nous comptons sur le comité français, acteur majeur de la problématique, et tous ses membres et experts pour contribuer au succès de ce projet.   Pourquoi avez-vous adhéré au Comité français de l’UICN ? L’ONCFS dans l’ensemble de ses missions travaille beaucoup en réseau avec tous les acteurs et partenaires concernés (scientifiques, techniques, gestionnaires…). L’UICN est un bel exemple de ces travaux collaboratifs, avec une diversité de points de vue et d’approches, et un regard guidé par la connaissance sur les différents sujets liés à la biodiversité, tant au niveau français qu’international.   Quelle est votre priorité pour les années à venir ? L’ONCFS a construit une expertise reconnue sur la gestion de nombreuses espèces animales, et nous souhaitons maintenant les rassembler pour mobiliser les acteurs de la gestion des milieux, notamment agricoles. Depuis plus de 10 ans, le programme Agrifaune (avec l’APCA, la FNSEA et la FNC) a posé des bases solides, et la fusion annoncée de notre établissement avec l’AFB pourrait être le levier pour enfin changer d’échelle. http://www.agrifaune.fr/ http://www.polebocage.fr/   Plus d’informations – Article du Code l’Environnement sur l’ONCFS – Site internet de l’ONCFS : http://www.oncfs.gouv.fr

Neuf jeunes chercheuses et chercheurs sur la biodiversité récompensés par la FRB !

Le 26 septembre, le Conseil d’orientation stratégique de la FRB a récompensé neuf jeunes chercheuses et chercheurs dont les travaux sur la biodiversité ont contribué à l’amélioration des connaissances et ont essayé d’apporter des réponses aux grands enjeux sociétaux. Le Comité français de l’UICN, pour qui l’outre-mer est une priorité géographique de son action, a soutenu le prix dans la catégorie « outre-mer », avec la LPO, le programme Science & enseignement EDF – Institut de France – Académie des sciences.   Le prix de la catégorie « outre-mer » est décerné à Pauline Palmas pour ses travaux de thèse sur l’écologie et les impacts des chats harets en Nouvelle-Calédonie. Les chats harets, chats domestiques revenus à l’état sauvage, figurent parmi les prédateurs introduits et envahissants les plus catastrophiques pour les écosystèmes insulaires. Leur rôle dans l’érosion de la biodiversité dans les îles ne cesse de se confirmer études après études. Pour autant, leur écologie et la quantification de leurs impacts ont été très peu étudiés en Nouvelle-Calédonie, hotspot mondial de biodiversité, rendant difficile l’élaboration de mesures de gestion. Les résultats sont marquants : 44 espèces de vertébrés figurent dans leur régime alimentaire, la plupart endémiques de la Nouvelle-Calédonie, dont 20 sont menacées d’après la Liste rouge mondiale de l’UICN. Ces résultats viennent augmenter de 44 % le nombre d’espèces menacées connues pour être consommées par les chats harets sur l’ensemble des îles du monde, noircissant un peu plus le bilan mondial des impacts de cette espèce. En intégrant également des questions de gestion appliquée dès le début, la thèse a permis de dégager des premières pistes d’applications pratiques pour la conservation des espèces endémiques confrontées à ce prédateur. La jeune chercheuse poursuit actuellement ses recherches sur les chats harets en Polynésie française, où ils ont fait l’objet de peu d’études alors qu’ils sont soupçonnés d’avoir contribué à l’extinction de nombreuses espèces et d’être l’une des causes principales de la régression des populations de gallicolombes (Gallicolumba sp.). Les travaux de Pauline Palmas rejoignent parfaitement les préoccupations du Comité français de l’UICN. Ce thème de recherche répond à l’un des principaux enjeux de conservation de la biodiversité dans les outre-mer, la prévention et la gestion des espèces exotiques envahissantes, et à un axe stratégique de son action. En effet, depuis près de 13 années, le Comité coordonne une initiative spécifique sur ce sujet mobilisant l’ensemble des outre-mer et bénéficiant de l’appui d’un réseau de plus de 80 experts et personnes ressources.   Plus d’informations – Communiqué de presse annonçant les lauréats – Dossier de presse détaillant les prix jeunes chercheurs – Site internet dédié aux 10 ans de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité – Site internet de l’initiative sur les espèces exotiques envahissantes en Outre-mer – Le programme Espèces et le programme Outre-mer de l’UICN France Photo bandeau : © Thibaut VERGOZ / IRD images / CNRS images

On the networks side: RASTOMA

From November 27th to December 2nd, 2017, some 40 marine turtle conservation stakeholders gathered with the support of the PPI in Kribi, Cameroon, to participate in the second RASTOMA Regional Congress. Leaders of civil society organizations in Central Africa, academics, international experts, public and private decision-makers met to think collectively about marine turtle conservation issues in Central Africa. This gathering enabled RASTOMA members to draw up a long-term joint regional strategy based on (1) the building and animation of a global system of collecting, gathering and data valorization, and (2) the strategies elaboration for actions of the civil society in close connection with government commitments. For about thirty years, marine turtle conservation actions have been carried out by civil society organizations along the coast of Central Africa. In the early 2010s, field actors came together to create a regional network to share their knowledge, techniques and expertise to protect marine turtle populations and their habitats more effectively and sustainably. Thanks to the support of the PPI and IUCN, this dynamic materialized through the operation of the network in 2012, now present in the 6 countries of the region with a coast on the Atlantic: Cameroon, Equatorial Guinea (including the Bioko island), the islands of Sao Tome and Principe, Gabon, Congo and the DRC. RASTOMA is currently a network of 9 civil society organizations and about 20 individual members working across the Atlantic coast of Central Africa to develop synergies between network members and to strengthen their capacity and influence to achieve sustainable conservation of marine turtles and their habitats in Central Africa. At the Congress, 3 new organizations announced their intention to join the network. The network was created by field actors to meet their needs for cohesion and to become a visible and recognized interlocutor with the institutions. It is based on democratic governance: each member is an actor in the life of the network and participates in decisions. To draw the future, each member is invited to express their expectations of RASTOMA and thus the contributions of each combine to achieve a collective vision shared by all members of the network. Decision-making is highly participatory, this dimension being an integral part of the network’s philosophy: ‘Together we can achieve much more!’ For more informations – RASTOMA’s website : http://www.rastoma.org/ – Presentation of the project lead by RASTOMA

Des nouvelles du terrain : Plateforme Tortues Marines Cameroun

Les 10 et 11 aout 2018, s’est tenue à Ebodjé, un petit village du littoral camerounais, la deuxième réunion de la « plateforme tortues marines camerounaise». Avec l’appui de l’UICN-PACO, via son Programme de Petites Initiatives (PPI) désormais dans sa cinquième phase, et du Réseau des Acteurs de la Sauvegarde des Tortues Marines en Afrique Centrale (RASTOMA), cette plateforme constitue une importante innovation institutionnelle à l’échelle du Cameroun, de par sa dimension collaborative et intégrée. Cette plateforme de concertation est constituée de 4 ONG camerounaises travaillant toutes sur la question de la protection des tortues marines au Cameroun (ACBM, AMMCO, KUDATUBE et TUBE AWU), la plupart d’entre-elles étant ou ayant été partenaires du PPI. Ce réseau naissant vise à soutenir la collaboration entre ces acteurs, notamment dans une optique d’harmonisation des pratiques mais également d’influence des politiques publiques en matière d’aménagement marin et côtier et ce notamment via la production d’un rapport national tortue marine à l’issue de chaque saison des pontes. Deux réunions biannuelles sont désormais prévues, une avant et une à l’issue de chaque saison des pontes. La prochaine réunion de la plateforme est prévue pour avril 2019. Pour en savoir plus : alexandre.girard@rastoma.org

Des nouvelles du terrain: A ROCHA GHANA

La forêt d’ATEWA et son paysage Perspectives écologiques durables pour l’eau, la biodiversité et les moyens de subsistance ©N. Salaün La réserve forestière d’Atewa est située dans la région orientale du Ghana, à environ 90 km d’Accra. La forêt couvre une superficie de 23 663 ha et fait partie des forêts de la Haute Guinée d’Afrique occidentale. Cet écosystème unique abrite environ 656 espèces de plantes, 63 de mammifères, 32 d’amphibiens, 227 d’oiseaux et 700 de papillons. En 2017, l’équipe scientifique d’A Rocha a découvert dans la forêt d’Atewa la présence d’un mangabey couronné (Cercocebus lunulatus), espèce en danger critique d’extinction selon la Liste rouge de l’UICN. De plus, cette forêt bénéficie de plusieurs statuts à haute valeur de conservation (réserve forestière nationale, Hill Sanctuary, l’une des 30 zones de biodiversité d’importance du Ghana, zone importante pour la conservation des oiseaux, etc.). Atewa est également un joyau hydrologique fournissant de l’eau potable aux grandes agglomérations, dont Accra. La réserve forestière d’Atewa comprend une zone centrale appelée « Réserve forestière d’Atewa Range (RFAR) » ainsi qu’une extension connue sous le nom de « Atewa Extension, AE ». La zone tampon est constituée de plantations agricoles dont de cacao qui constituent la principale source de subsistance pour les plus de 40 communautés qui vivent dans la forêt. Au fil des ans, la RFAR a dû faire face à plusieurs défis, notamment la chasse, l’empiètement des exploitations agricoles ainsi que les exploitations forestière et minière illégales et, plus particulièrement, avec la décision récente du gouvernement d’exploiter la bauxite. La menace de l’extraction de la bauxite plane sur la forêt d’Atewa depuis au moins deux décennies. Cependant, le plaidoyer axé sur la recherche et plusieurs découvertes de ressources biologiques mettant en évidence la richesse de sa biodiversité et, plus important encore, ses services d’approvisionnement en eau ont fourni une justification suffisante pour que tout plan d’exploitation minière soit abandonné. Toutefois, tout récemment le gouvernement s’est résolu à exploiter la bauxite dans la forêt d’Atewa, ce qui en fait la plus grande menace pour le paysage de la chaîne Atewa. Le soutien financier du PPI-FFEM contribue actuellement à améliorer la participation communautaire à la gouvernance et à la gestion durables des ressources naturelles dans les limites sud-est de la RFAR (principale source d’eau potable) dans le but d’améliorer les moyens de subsistance ainsi que l’état de la biodiversité. Ces objectifs seront atteints en établissant et en renforçant des structures de gouvernance des ressources naturelles ainsi que des outils de gestion dans 10 communautés du paysage Atewa, mais aussi en renforçant et en soutenant les communautés à développer une gestion intégrée du paysage dans le cadre des CREMA et à augmenter les revenus des agriculteurs locaux. Les perspectives pour le paysage d’Atewa sont le classement de la réserve en parc national, avec une industrie touristique florissante qui soutient les activités du parc; l’évaluation du paysage plus large en tant que zone d’économie verte afin d’encourager l’utilisation des terres plus respectueuse; etc. La feuille de route proposée par A ROCHA pour atteindre ces résultats sont (i) la désignation de la RFAR comme parc national avec effet immédiat; (ii) l’élaboration d’un plan directeur du paysage pour améliorer l’efficacité de la gestion de l’aire protégée et de sa zone tampon; (iii) la mise en place d’un processus de financement durable pour mettre en œuvre des actions d’utilisation durable; et (iv) l’encouragement à la coopération internationale dans l’appui au paysage vivant d’Atewa.   Plus d’informations – Site internet d’A ROCHA GHANA: http://ghana.arocha.org/ – La fiche de présentation du projet mené par A ROCHA GHANA

Du côté des réseaux: AGSAC

DEUXIEME ASSEMBLEE GENERALE ALLIANCE GSAC – PARC NATIONAL DE MOUKALABA DOUDOU Le 6 juin 2018 s’est tenue la troisième Assemblée Générale (AG) de l’Alliance pour la conservation des Grands Singes en Afrique Centrale (Alliance-GSAC). Impulsée en 2016 avec l’appui de l’UICN-PACO, et désormais légalisée en association de droit camerounais, cette dynamique collaborative entre ONG réunit à l’heure actuelle 6 organisations de la société civile issues de 4 pays du Bassin du Congo (Cameroun, Congo Brazzaville, Gabon, RDC). Ce réseau a pour objectif de renforcer les capacités de ses membres, ainsi que leur légitimité politique à l’échelle sous-régionale et internationale, tout en cherchant à appuyer la mise en œuvre d’actions concrètes de terrain de leur part. Après une première AG constitutive tenue à Limbé (Cameroun) en octobre 2016, une seconde au Nord de la Réserve de Biosphère du Dja (Cameroun), chez l’ONG membre TF-RD, cette troisième AG du réseau s’est tenue dans le Parc National de Moukalaba Doudou, au sud du Gabon, sur le site d’intervention de l’ONG PROGRAM. Ce site est exceptionnel de par ses fortes densités de gorilles de plaines de l’Ouest. La tenue de l’AG, dont l’organisation a été appuyée par le PPI-PACO, a permis de faire un bilan complet des activités de l’année écoulée, et des perspectives partenariales en cours. Elle a également permis de discuter d’aspects plus stratégiques tels que du plan stratégique du réseau pour la période 2018-2021, des bases éthiques et des critères de bonne gouvernance associative à respecter par les membres du réseau. Un nouveau bureau a également été élu au cours de l’événement. Pour en savoir plus : alliancegsac@gmail.com – La fiche de présentation du projet mené par l’AGSAC

Les partenaires du PPI : le CEPF

Le Fonds de Partenariat pour les Ecosystèmes Critiques (www.cepf.net) est une initiative conjointe de l’Agence Française de Développement, de Conservation International, de l’Union européenne, du Fonds pour l’environnement mondial, du gouvernement du Japon, de John D. and Catherine T. MacArthur Foundation et de la Banque mondiale. Un objectif fondamental du CEPF est de permettre, à travers l’octroi de subventions, à la société civile de s’engager dans la conservation des richesses biologiques terrestres les plus menacées, connues sous le nom de hotspots de biodiversité. Dans le Hotspot de Biodiversité des Forêts Guinéennes de l’Afrique de l’Ouest, qui s’étend du sud de la Guinée au nord-ouest du Cameroun en passant par les îles du Golfe de Guinée, la stratégie du CEPF vise à fournir des moyens techniques et financiers aux organisations de la société civile locales, régionales, nationales et internationales pour établir des partenariats intersectoriels et transfrontaliers à long terme. Le CEPF souhaite voir ces bénéficiaires faire la démonstration de modèles conciliant conservation de la biodiversité et développement socio-économique durable. En particulier, l’investissement du CEPF (USD9 millions de 2016 à 2021) a pour objectifs de : Permettre à au moins 60 communautés locales de gérer durablement certains sites prioritaires et /ou de consolider la connectivité écologique au niveau des paysages ; Cibler au moins 20 Zones Clés pour la Biodiversité et 100 000 hectares de paysages de production pour une meilleure conservation ou une utilisation durable de la biodiversité ; Intégrer dans les politiques publiques et/ou les pratiques du secteur privé des dispositions relatives à la conservation de la biodiversité dans au moins 6 corridors de conservation ; Stabiliser ou augmenter les populations d’au moins 30 espèces menacées à l’échelle mondiale ; Former au moins 15 réseaux entre acteurs de la société civile, gouvernements et secteur privé, afin de maximiser l’impact positif sur la biodiversité ; Améliorer les capacités organisationnelles d’au moins 50 organisations de la société civile. Dans ce hotspot, le CEPF a confié à BirdLife International la responsabilité de l’équipe régionale de mise en œuvre (Regional Implementation Team – RIT en anglais) pour fournir un leadership stratégique à son investissement. Ensemble, c’est déjà USD1,7 millions de subventions octroyées à 14 organisations. Les mois qui viennent seront focalisés sur l’octroi de nouvelles subventions suite à l’appel clôturé fin 2017, ainsi qu’à la diffusion d’un appel dans le cadre d’une initiative de mentorat, au niveau national, où les organisations internationales ayant des capacités prouvées dans des domaines spécifiques peuvent fournir des orientations pertinentes aux organisations locales (y compris les bénéficiaires du CEPF) sur le moyen terme. Le CEPF a par ailleurs souhaité s’inscrire dans l’Alliance autour du PPI afin de mettre en commun des moyens, créer des synergies et capitaliser pour favoriser l’émergence d’organisations environnementales porteuses de changements et d’innovations, travaillant ensemble pour influencer les politiques publiques et les acteurs du secteur privé en matière de conservation de la biodiversité et de développement durable. En savoir plus: https://www.cepf.net/our-work/biodiversity-hotspots/guinean-forests-west-africa

Du côté des réseaux: RASTOMA

Du 27 novembre au 2 décembre 2017, une quarantaine d’acteurs de la conservation des tortues marines se sont rassemblés avec le soutien du PPI à Kribi, au Cameroun pour participer au second Congrès régional du RASTOMA. Leaders d’organisations de la société civile en Afrique Centrale, universitaires, experts internationaux, décideurs publics et privés se sont ainsi retrouvés pour réfléchir collectivement aux questions de préservation des tortues marines en Afrique Centrale. Ce rassemblement a notamment permis aux membres du RASTOMA de dessiner une stratégie régionale commune sur le long terme basée sur (1) la structuration et l’animation d’un système global de bancarisation et de valorisation des données, et (2) l’élaboration de stratégies nationales d’actions de la société civile en lien étroit avec les engagements gouvernementaux. Depuis une trentaine d’années, des actions de conservation des tortues marines sont menées par des organisations de la société civile le long du littoral de l’Afrique Centrale. Au début des années 2010, les acteurs de terrain se sont réunis en vue de créer un réseau régional visant à partager leurs savoirs, techniques et expertises afin de protéger plus efficacement et durablement les populations de tortues marines et leurs habitats. Grâce au soutien du PPI et de l’UICN, cette dynamique s’est concrétisée par la création du réseau en 2012, désormais présent dans les 6 pays de la région disposant d’une façade sur l’Atlantique : le Cameroun, la Guinée Equatoriale (incluant l’île de Bioko), les îles de Sao-Tomé-Et-Principe, le Gabon, le Congo et la RDC. Le RASTOMA est à l’heure actuelle un réseau constitué de 9 organisations de la société civile et d’une vingtaine d’individus membres agissant sur l’ensemble de la façade atlantique de l’Afrique Centrale en vue de développer des synergies entre les membres du réseau et renforcer leurs capacités et leur influence afin d’aboutir à une conservation durable des tortues marines et de leurs habitats en Afrique Centrale. Lors du Congrès, 3 nouvelles organisations ont manifesté leur intention de rejoindre le réseau. Le réseau a été créé par des acteurs de terrain pour répondre à leurs besoins de cohésion et pour devenir un interlocuteur visible et reconnu auprès des institutions. Il est basé sur une gouvernance démocratique: chaque membre est acteur de la vie du réseau et participe aux décisions. Pour dessiner l’avenir, chaque membre est invité à s’exprimer sur ses attentes vis-à-vis du RASTOMA et ainsi les contributions de chacun se combinent pour aboutir à une vision collective et partagée par l’ensemble des membres du réseau.  La prise de décision est fortement participative, cette dimension faisant partie intégrante de la philosophie du réseau : Together we can achieve much more ! (en français, « Ensemble, nous pouvons réaliser tellement plus »). Plus d’informations – Site internet de RASTOMA : http://www.rastoma.org/ – La fiche de présentation du projet mené par RASTOMA