Interview d’Osiris Doumbé, SEKAKOH

Osiris, parlez-nous un peu de l’histoire de SEKAKOH et de sa création : quelle est la raison d’être de l’organisation, sa genèse et à quoi renvoie le nom de l’ONG ? Tout est parti du Projet Ellioti. Le but de ce projet que j’ai lancé en 2013 était de mener une étude sur la distribution du plus rare et moins connu des chimpanzés, le chimpanzé d’Elliot (Pan troglodytes ellioti), et d’étudier la diversité des singes de la région du Nord-Ouest Cameroun. Cette région est très anthropisée, et trop peu de projets de conservation y sont menés. En plus de l’aspect scientifique, nous avons eu une démarche de sensibilisation des habitants des villages entourant les derniers fragments de forêt, en contact plus ou moins direct avec les chimpanzés. Après deux années d’études et de marche dans le Nord-Ouest, j’ai créé avec des amis passionnés de l’environnement SEKAKOH, afin de poursuivre les efforts engrangés par le projet. Les objectifs de SEKAKOH sont de protéger les animaux sauvages et leurs milieux tout en aidant les habitants à utiliser leurs ressources de manière durable. SEKAKOH signifie « souvenez-vous d’eux » en Balikumbat, une langue du Nord-Ouest Cameroun. Le logo de l’ONG est un rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest – sous-espèce dont les derniers individus sont désormais éteints au Cameroun. Il est peint en blanc, la couleur du deuil dans ce pays.   Depuis le démarrage des activités, quelles ont été vos axes d’actions prioritaires ? Quelles sont les actions déjà menées et celles dont vous êtes le plus heureux et fier ? Depuis 2015, au sein de SEKAKOH nous avons principalement travaillé dans la forêt de Kom, dans le Département de Boyo, à une vingtaine de kilomètres de Bamenda. Cette petite forêt située dans les basses montagnes en bordure de la chaîne montagneuse de Bamenda est le refuge d’au moins deux groupes de chimpanzés et de 12 autres primates selon nos études. Une recherche ethnobotanique nous a permis de mettre en évidence plus de 90 espèces de plantes utilisées par les habitants des 4 villages alentours pour l’alimentation, la médecine, le bois de construction, et le bois de chauffe. Même si jusqu’ici nous avons privilégié la recherche, nous n’avons pas négligé le rapport avec les communautés locales avec qui nous entretenons de bons rapports à travers des activités de sensibilisation (distribution de livres scolaires sur l’environnement camerounais) et de développement (construction de fours améliorés et don de moulin pour moudre les grains de maïs). Je pense que l’activité qui m’a personnellement rendu le plus fier était le don du moulin au village de Baiso. Cette machine a ainsi permis aux villageois de ne plus avoir à envoyer leurs enfants à Fundong (à plusieurs kilomètres de Baiso) pour y moudre les grains de maïs, aliment de base de la région.   Quelles sont les perspectives en cours pour l’année 2018 ? Quelles activités particulièrement excitantes envisagez-vous de mettre en œuvre ? Pour 2018, SEKAKOH a plusieurs activités prévues à Kom, la plus grande partie financée par PPI-5. Ces activités seront développées en collaboration avec une autre ONG, SURUDEV, qui apportera son expertise en matière d’agroforesterie. Au sein de SEKAKOH, nous poursuivrons nos recherches en mettant un accent particulier sur la diversité des plantes et l’alimentation des chimpanzés. En plus de cela, nous avons prévu de construire un centre de recherche, qui permettra aux scientifiques d’avoir un lieu où se poser dans un village isolé, proche de la forêt. De plus, nous allons commencer un projet de reforestation en bordure de forêt, très excitant selon moi. En effet, la question de reboiser les forêts tropicales est souvent débattue mais rarement efficace sur le terrain, notamment à cause des feux de brousse saisonniers. Nous espérons innover et trouver une solution durable, permettant de planter diverses espèces d’arbres utiles aussi bien aux hommes qu’aux primates de la forêt.   Un mot à propos de la société civile… Quel est selon vous le rôle de cette dernière dans le combat en cours pour protéger la biodiversité africaine et sauver certaines espèces emblématiques, telles que notamment le chimpanzé Nigéria-Cameroun ? La société civile est très importante pour la conservation de l’environnement et des espèces menacées. Elle a prouvé son utilité à nombreuses reprises. Un bon exemple est celui d’ERuDEF, au Sud-Ouest Cameroun, qui a été le maître d’œuvre du processus de création du Sanctuaire de Tofala Hills, une Aire Protégée où vivent des gorilles de la Cross River (Gorilla gorilla diehli), en Danger Critique, et des chimpanzés d’Elliot. Le Cameroun a la chance d’avoir une société civile active et c’est un atout que le pays se doit d’utiliser à bon escient, notamment pour la protection de P. t. ellioti. Avec probablement moins de 6,000 individus dans le monde, et surement pas plus de 4,000 au Cameroun, cette sous-espèce de chimpanzés est une richesse régionale que nous devons sauver. Malheureusement, le Ministère des Forêts et de la Faune du Cameroun bénéficie d’un trop petit budget pour protéger efficacement la biodiversité au niveau national. Ainsi, qui d’autre que les sociétés civiles, proches des communautés locales qui partagent leur environnement avec les chimpanzés, peuvent travailler avec elles et promouvoir ce changement de comportement qui  redonnerait une chance aux générations futures d’observer librement leurs plus proches cousins dans la nature ?   Plus d’informations – Site internet de SEKAKOH : https://sekakoh.org – La fiche de présentation du projet porté par SEKAKOH et SURUDEV

RETOURS SUR L’ATELIER DES GESTIONNAIRES D’ESPACES NATURELS DE MAYOTTE

Restauration écologique des Milieux Terrestres – Septembre 2018 Les 19 et 20 septembre dernier se tenaient  deux journées d’atelier consacrées aux gestionnaires d’espaces naturels de Mayotte. Organisé par le Comité français de l’UICN et la DEAL de Mayotte avec le soutien de TeMeUm, près de 40 représentants de l’Etat, du département, du secteur privé et du monde associatif (DEAL, Parc Marin de Mayotte, ONF, Conseil Départemental, Lycée Agricole de Coconi, CNFPT) se sont regroupés autour de la thématique de la restauration écologique des milieux terrestres. Une grande mobilisation des organisations de la société civile est à noter avec la moitié des structures présentes: Conservatoire Botanique Nationale des Mascarins, Gepomay, Naturalistes, Association Mangrove Environnement, Les Gardiens HAR (Honneur Amour Respect), Jardin de Mtsangamouji. Des experts du Parc National de la Réunion (projet Life+ Forêt Sèche), de la Mauritian Wildlife Foundation et de l’ONG Dahari aux Comores avaient notamment fait le déplacement pour cette occasion. Un programme bien chargé alternant présentations en salle et sorties de terrain était prévu comme par exemple la visite d’une parcelle anciennement exploitée et revégétalisée par l’ONF en forêt du Mont Combani ou e ncore celle de la pépinière Pot Concept dans le sud de l’île. La manifestation s’est soldée par des ateliers participatifs  permettant aux participants de construire ensemble une note regroupant des lignes directrices permettant de mener des projets de réhabilitation ou de restauration avec succès. Un évènement ayant reçu des retours très positifs des participants et qui espérons-le permettra de déboucher sur des projets partenariaux et régionaux. Documents à consulter: Liste des participants Programme de l’évènement Présentations: DEAL – introduction & concepts DEAL – Eviter, Réduire, compenser ONF – Retours sur la FOP CDL – Projets de restauration de la forêt sèche (SNB) UICN France – Guide technique de restauration des mangroves (Pôle relais zones humides tropicales) Parc National de la Réunion – Projet Corexerun et Life + Forêt Sèche Dahari – Projets de conservation Mauritian Wildlife Foundation – Restauration de l’Ile Ronde et l’Ile aux Aigrettes Quelles clés pour une restauration/réhabilitation écologique réussie? – Restitution des ateliers participatifs (disponible prochainement) Pour plus d’information, contacter: mayotte@uicn.fr  

Récifs coralliens : un enjeu pour l’humanité

Dans le cadre de l’Année Internationale pour les Récifs Coralliens (IYOR 2018), une exposition unique sur les récifs coralliens va être installée à Paris, Gare de Lyon, du 15 septembre au 9 novembre 2018. L’exposition « Récifs coralliens : un enjeu pour l’humanité » en visite libre offre aux visiteurs la possibilité de s’immerger visuellement dans l’univers merveilleux et peu connu des récifs coralliens.   Les récifs coralliens, des écosystèmes exceptionnels Les récifs coralliens, grandioses et pourtant fragiles, font partie des écosystèmes les plus menacés. Les spécialistes estiment qu’aujourd’hui plus de la moitié sont en situation critique. Les coraux sont en effet très sensibles aux modifications de leur milieu naturel. Ils supportent mal la hausse des températures, l’acidification des océans et les pollutions liées aux diverses activités humaines. Et quand le corail succombe, les espèces animales et végétales qui composent les communautés récifales sont en danger. Or celles-ci représentent un tiers de la biodiversité marine dans le monde. Et il y en a encore beaucoup à découvrir. Les détruire revient à perdre un patrimoine naturel inestimable, à menacer toute la chaîne alimentaire marine et mettre en péril la vie des populations humaines actuelles et à venir. En effet, la vie d’un demi-milliard de personnes dépend de la bonne santé des récifs coralliens. Ces nurseries géantes qu’ils constituent sont essentielles aux poissons, et donc aux hommes qui s’en nourrissent. Plus largement, l’économie littorale des zones tropicales est directement tributaire de la protection des barrières de corail (tourisme, protection des côtes contre les cyclones…). Afin de mettre à l’honneur ces écosystèmes, Alexis ROSENFELD a utilisé une technique d’images pour restituer ces paysages sous-marins dans toute leur beauté et révéler leur importance pour chacun de nous. Jamais les récifs coralliens n’ont été montrés de cette façon.   L’année internationale pour les récifs coralliens et la France La France abrite près de 10 % des récifs et 20% des atolls du monde dans ses collectivités d’Outre-mer. La biodiversité de ces écosystèmes est unique : 1km2 de récifs coralliens abrite autant d’espèces que l’ensemble des côtes littorales de France métropolitaine. La France détient ainsi une responsabilité locale, nationale et mondiale en matière de conservation des récifs et des mangroves et herbiers qui leur sont associés. L’Année Internationale pour les Récifs Coralliens (IYOR 2018) est une opportunité pour la France de sensibiliser le grand public, notamment métropolitain, sur cette responsabilité, et d’encourager tous les acteurs – qu’ils soient en métropole ou en outre-mer – à s’engager pour les préserver. L’initiative Internationale pour les Récifs coralliens (ICRI) a déclaré 2018 l’Année Internationale pour les Récifs Coralliens (IYOR 2018) pour la troisième fois. L’objectif de cette célébration internationale est double : premièrement, sensibiliser le grand public sur la valeur des écosystèmes coralliens et leurs écosystèmes associés (mangroves et herbiers), et sur les menaces qui pèsent sur eux. Ensuite, faciliter les échanges entre porteurs d’enjeux pour favoriser l’émergence de stratégies efficaces de conservation de ces écosystèmes exceptionnels. A cette fin, tout au long de l’année, de nombreuses actions de sensibilisation répondant à cet objectif seront rassemblées sous le label IYOR 2018. Le Comité français de l’UICN participe à la promotion et l’organisation d’événements tout au long de l’Année Internationale pour les Récifs Coralliens.   Plus d’informations – Dossier de presse de l’exposition – Site internet d’Alexis Rosenfeld – Les actions du Comité français de l’UICN dans les Outre-mer – Le site internet de l’IFRECOR – Le site internet de l’IYOR2018 crédit photo © Alexis Rosenfeld

35 nouveaux retours d’expériences de gestion d’espèces invasives

L’UICN France et l’Agence française pour la biodiversité publient un nouveau recueil de trente-cinq retours d’expériences de gestion d’espèces exotiques envahissantes. Fruit des travaux du groupe de travail national « Invasions biologiques en milieux aquatiques », cette publication a mobilisé plus de cinquante contributeurs.  Les espèces exotiques envahissantes et les impacts qu’elles engendrent sont une préoccupation croissante pour les gestionnaires d’espaces naturels. C’est particulièrement vrai pour les milieux aquatiques, où un grand nombre d’acteurs se mobilise pour agir. En parallèle, des politiques publiques se développent aux niveaux national et européen. L’Union européenne est ainsi dotée depuis janvier 2015 d’un règlement relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes. En France, la stratégie nationale dédiée à cette problématique a été publiée début 2017 et propose désormais un nouveau cadre pour mobiliser l’ensemble des acteurs et répondre à ces engagements internationaux. Publiés en 2015, un premier volume proposait un état des lieux sur la gestion de ces espèces et un deuxième recueillait plus de cinquante retours d’expériences de gestion en France métropolitaine et en Europe. Plus de cent contributeurs s’étaient mobilisés à l’échelle nationale pour rassembler les éléments nécessaires à une réflexion claire et à la présentation d’une démarche argumentée d’aide à la mise en place d’actions de gestion pour et par les gestionnaires. Fort du succès rencontré par ces deux premiers volumes et de la dynamique enclenchée, ce nouveau volume offre un recueil supplémentaire de trente-cinq retours d’expériences originaux portant sur vingt-et-une espèces, dont certains conduits en outre-mer. Chaque retour d’expérience apporte des informations sur la structure impliquée, le site d’intervention, et l’intervention elle-même (méthode, calendrier, résultats, bilan technique et financier, valorisation des actions, documentation, etc.).  Le groupe de travail invasions biologiques en milieux aquatiques (GT IBMA) est co-piloté par l’UICN France et l’Agence française pour la biodiversité.  L’ensemble des retours d’expériences de gestion produit est disponible en téléchargement sur le site internet du GT IBMA pour le bénéfice de tous les acteurs nationaux impliqués dans la prévention et la gestion des espèces exotiques envahissantes.   PLUS D’INFORMATIONS – Télécharger la publication – Le groupe de travail national «invasions biologiques en milieux aquatiques » – Contacts : Doriane Blottière, chargée de projet «espèces exotiques envahissantes», Emmanuelle Sarat, chargée de mission «espèces exotiques envahissantes», Yohann Soubeyran, chargé de mission «espèces outre-mer».   Photo bandeau © Syndicat Mixte de la Ria d’Etel  

3ème édition de la Journée internationale des mangroves en Guadeloupe

Cette troisième édition guadeloupéenne a rassemblé plus de 100 personnes, ce jeudi 26 juillet, pour partir à la découverte de l’écosystème et des croyances magico-religieuses qui lui sont liées. À la fois zone d’ultime refuge et lieu emprunt d’un réalisme fantastique parfois inquiétant, cette forêt difficilement pénétrable nourrit depuis longtemps l’imaginaire des sociétés qui la côtoie. Mais avant d’aborder le kenbwa an Gwada, an nou gadé mangrov la ! Guidés par M. Éric Léopold, garde du littoral de la commune de Morne-à-l’Eau, les visiteurs ont pu découvrir la mangrove et la forêt marécageuse du site de Babin. Opportunité parfaite pour découvrir la transition entre ces deux écosystèmes, du point de vue de la succession des espèces d’arbres par exemple. Palétuviers rouges aux racines courbées, palétuviers noirs aux drôles de « tubas » qui sortent de terre, mangles médailles ou « Sang-Dragon », fromagers abritant des Soukougnans, diversité des crabes… un beau parcours émaillé d’anecdotes enrichissantes sur la nature, un plaisir pour les yeux. À la fin du parcours, le sociologue et historien M. Franck Garain a pris le relais pour évoquer  le thème des pratiques magico-religieuses en Guadeloupe et dans les Antilles de manière générale, puis autour de la mangrove en particulier. Le terme kenbwa désigne une forme de magie utilisée dans les Antilles pour apporter bonheur et protection ou pour lutter contre des forces malveillantes, des ennemis. Cette magie repose sur l’accumulation de croyances aux origines diverses – de l’Afrique à l’Inde en passant par l’Europe – ce qui est caractéristique de ces territoires. Une exposition photographique sur ces rites magiques ont permis aux visiteurs, le long d’un cheminement sur le site, de découvrir leur signification et leur application concrète : assemblages d’objets, de matières, d’un autel… autant de formes incantatrices qui parfois passent inaperçues pour celui qui n’y est pas initié ! Après un Bik à pawol final où les participants se sont exprimés sur leurs interrogations et même leurs propres expériences, cette matinée a tenu toutes ces promesses… La deuxième partie de cette journée a été dédiée à l’accueil des enfants du centre de loisir sans hébergements (CLSH) Paradi à timoun. Au programme : fabrication de masques magiques et conte sur la mangrove ! L’atelier « masques », permettant aux enfants de manipuler des matériaux naturels tout en appelant à leur sens artistique, s’est donc effectué en continuité avec le thème de la journée. Tout comme l’intervention interactive de M. Pascal Solvé, à la fois contée et chantée, accompagné de son musicien aux instruments évocateurs des bruits de la mangrove et qui a partagé avec les enfants le message important de la respecter, point d’orgue final de cette journée haute en couleur !   En savoir plus – Le Pôle Relais Zones Humides Tropicales

L’UICN France fait connaitre les pratiques d’éducation et de communication sur la nature de ses membres

Afin de valoriser les initiatives de celles et ceux qui agissent pour la biodiversité, l’UICN France publie aujourd’hui un inventaire des principales actions de communication et des projets éducatifs en faveur et de la biodiversité de ses membres. La Commission Education et Communication de l’UICN France qui réunit les experts français en la matière a piloté en 2017 un recueil d’actions de communication et de projets éducatifs en faveur de la biodiversité mis en oeuvre par ses membres. Le panel d’acteurs ayant contribué à ce recueil concerne aussi bien les associations de protection de la nature tels que les Conservatoires d’espaces naturels, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), la Fédération des française d’étude et de sports sous-marins (FFESSM) ou encore le WWF France, que les établissements publics comme l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB), le Conservatoire du littoral, ou le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN).  Ce sont au total 46 initiatives ayant une portée locale et nationale qui ont été analysées dégageant ainsi des tendances communicationnelles et des pistes de stratégies à adopter pour mettre en place des actions en faveur de la biodiversité à destination principalement du grand public. A titre d’exemple on peut citer : « La Nuit internationale de la chauve-souris » de la Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères « La forêt s’invite à l’école » de l’Office National des forêts « Aires protégées : halte aux idées reçues ! » du réseau France Nature Environnement  » Les Jardins de Noé Junior » de l’association Noé « Le Festival des Images de Mer » de Nausicaa « Un coin de nature pour tous » du Réseau Ecole et Nature « Honu récré » de l’association Te mana o te moana Le recueil réalisé pour cette étude n’est pas exhaustif et représentatif de l’ensemble des initiatives en faveur de la biodiversité mises en place par les membres du Comité français de l’UICN. Il permet toutefois d’identifier plusieurs enseignements et processus commun pour informer et sensibiliser dans la durée. Le Comité français de l’UICN invite son réseau à partager ce travail pour favoriser l’échange et le partage des pratiques d’éducation à la nature de ses membres avec le plus grand nombre et susciter l’envie de devenir des acteurs de la sensibilisation.   Plus d’informations – Télécharger l’étude : Inventaire Tome 1 analyse  –  Inventaire Tome 2 panorama – Le programme Education et Communication – Contacts : Florence Clap, responsable du programme « Politiques de la biodiversité » et Emilie Dupouy, Chargée de communication

Plus d’une espèce d’éphémères sur cinq menacée en France métropolitaine

Pour étendre progressivement la Liste rouge nationale à de nouvelles espèces, le risque de disparition de tous les éphémères recensés sur le territoire métropolitain a été évalué. Après l’analyse des informations compilées pour chacune des 142 espèces, les résultats montrent que 22 % sont menacées et mettent en évidence les pressions qui pèsent sur ces insectes et leurs habitats. Les résultats de cet état des lieux appellent à améliorer la qualité des cours d’eau et à restaurer leur naturalité, pour préserver ces espèces au rôle clé dans les écosystèmes et essentielles comme indicatrices de l’état de santé des milieux aquatiques. L’évaluation de la situation des éphémères a été conduite par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (juillet 2018)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN France, MNHN & Opie (2018). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Ephémères de France métropolitaine. Paris, France. Photo bandeau :Rhithrogena germanica © Jean Kardacz

Lancement réussi d’Act4Nature pour la mobilisation des entreprises sur la biodiversité

L’initiative Act4Nature a lancé avec succès le 10 juillet 2018 une nouvelle mobilisation des entreprises sur les enjeux de biodiversité. 65 entreprises ont en effet présenté leurs engagements pour répondre aux enjeux urgents d’érosion du tissu vivant de la planète. Le Comité français de l’UICN est partenaire de cette initiative pilotée par l’Association Française des Entreprises pour l’Environnement (EpE) et espère qu’elle va se poursuivre pour prendre de l’ampleur d’ici 2020. Les entreprises mobilisées au sein d’Act4nature ont souscrit à 10 engagements communs et ont présenté des engagements individuels (voir lien ci-dessous). Parmi ces entreprises, le Comité français de l’UICN salue en particulier l’engagement de ses entreprises partenaires Ciments Calcia – GSM, EDF, Engie, Storengy et Veolia. Il salue également la signature par Eqiom et L’Occitane, ses deux autres entreprises partenaires, des engagements communs d’Act4Nature et de leur volonté de déposer un engagement individuel avant la fin de l’année 2018. Le Comité français de l’UICN attend que les engagements pris soient régulièrement évalués et améliorés pour répondre aux défis de plus en plus pressants de la disparition accélérée de la biodiversité. Il invite également toutes les entreprises à rejoindre l’initiative pour que l’ensemble du secteur privé se mobilise sur cette grande cause.   #act4nature#act4nature Plus d’informations – Site internet  de l’initiative : www.act4nature.com – Découvrir les engagements des 65 entreprises sur ce lien – Découvrir les engagements des entreprises partenaires de l’UICN France :  Engagement de Ciments Calcia – GSM Engagement de EDF Engagement de Engie Engagement de Storengy Engagement de Veolia – Contacts : Florence CLAP, Chargée de Programme ‘Politiques de la Biodiversité’ +33 (0)1 47 07 78 58

L’UICN France appelle les entreprises à mobiliser leurs salariés pour la biodiversité

L’UICN France publie aujourd’hui un rapport montrant comment les entreprises peuvent mobiliser leurs salariés dans leurs stratégies et actions pour la biodiversité. Face à son érosion qui continue à un rythme alarmant, les entreprises doivent prendre de nouveaux engagements tout en sensibilisant et en impliquant davantage leurs salariés. Adopter une stratégie ambitieuse pour limiter ses impacts sur la biodiversité et agir directement pour la préserver constitue un objectif majeur que toute entreprise doit se fixer. Mais l’efficacité d’une stratégie biodiversité repose avant tout sur des acteurs essentiels, les salariés, pour mettre en œuvre des opérations concrètes et adaptées sur les sites et à l’échelle de l’entreprise. Ainsi, la sensibilisation et la mobilisation des collaborateurs constituent une étape indispensable pour passer à l’action, et progresser vers un changement des comportements des salariés et donc de l’entreprise. C’est pour répondre à cet enjeu que le groupe de travail « Entreprises et biodiversité » de l’UICN France a analysé les pratiques réussies de ses partenaires entreprises et de ses organismes membres : visites naturalistes sur sites, réalisation d’un chantier nature, systèmes d’affichage présentant les enjeux biodiversité des sites, identification d’un référent biodiversité, sessions de formation ou encore l’organisation de concours. L’analyse apporte un éclairage sur les catégories de salariés concernés par les démarches ainsi que les succès et les freins rencontrés lors de leur mise en place. Onze exemples concrets illustrent les dynamiques engagées. Elle explore également les messages utilisés pour encourager les salariés à agir et leur pertinence. Il est souligné la nécessité d’un discours adapté au public ciblé pour lui permettre de mieux appréhender les enjeux ainsi que l’importance des expériences de nature et du dialogue avec des experts, comme des catalyseurs pour passer à l’action L’UICN France complète cet état des lieux par des recommandations et développe deux aspects fondamentaux pour mobiliser efficacement les salariés. D’une part, la nécessité l’élaborer une démarche sociale engageante portée par le plus haut niveau de l’entreprise. D’autre part, l’importance de favoriser un dispositif menant à l’action avec un discours valorisant les expériences.   Plus d’informations – Télécharger la publication « Sensibiliser et mobiliser les salariés d’entreprises en faveur de la biodiversité » – Le programme « Politiques de la biodiversité » – Contacts : Florence Clap, Chargée de « Programme Politiques de la biodiversité » et Elodie Russier-Decoster, Chargée de mission « Entreprises et biodiversité » Photo bandeau © Elodie Russier-Decoster

Dire « non » à l’huile de palme ne ferait que déplacer la perte des espèces, sans y mettre un terme, selon l’UICN

Interdire l’huile de palme augmenterait très certainement la production d’autres cultures oléagineuses pour répondre à la demande d’huile, et ne ferait ainsi que déplacer, sans arrêter, l’appauvrissement significatif de la biodiversité à l’échelle mondiale causé par l’huile de palme, met en garde un rapport de l’UICN.  Le rapport de l’UICN, intitulé Huile de palme et biodiversité, est une analyse objective des impacts de l’huile de palme sur la biodiversité mondiale et les solutions possibles. Sachant que les autres cultures oléagineuses requièrent jusqu’à neuf fois plus de terres que l’huile de palme pour la même production, le remplacement de cette dernière par d’autres cultures augmenterait significativement la surface terrestre totale utilisée pour la production d’huiles végétales afin de satisfaire la demande mondiale. Selon le rapport, c’est en évitant davantage de déforestation liée à l’huile de palme que l’on obtiendrait, de loin, les plus gros gains pour la biodiversité.  Selon le rapport, l’huile de palme nuit à la biodiversité mondiale : 193 espèces considérées comme menacées par la Liste rouge de l’UICN sont concernées – les orangs-outans, les gibbons et les tigres étant parmi les espèces les plus affectées. Toujours selon le rapport, les impacts de l’huile de palme sur la biodiversité convergent en Malaisie et en Indonésie, mais ils pourraient s’étendre à l’Afrique tropicale et à l’Amérique si la production se développait pour répondre à la demande. L’huile de palme est cultivée dans les régions tropicales riches en espèces, c’est pourquoi son développement peut avoir des effets catastrophiques sur la biodiversité mondiale. Les zones où la culture de l’huile de palme pourrait potentiellement s’étendre abritent plus de la moitié (54%) des mammifères menacés dans le monde, et presque les deux tiers (64%) de tous les oiseaux menacés, selon le rapport. Si d’autres cultures oléagineuses remplaçaient l’huile de palme, les dommages pourraient se déplacer vers des écosystèmes comme les forêts tropicales d’Amérique du Sud ou la savane. Les palmiers à huile produisent 35% de toute l’huile végétale produite dans le monde, sur moins de 10% des terres affectées aux cultures oléagineuses – la plus grande partie de cette huile de palme étant consommée en Inde, en Chine et en Indonésie. Les trois quarts de toute l’huile de palme sont utilisés pour l’alimentation, l’huile de cuisson et dans les aliments transformés. Le reste est utilisé dans les cosmétiques, les produits de nettoyage et les biocarburants. Les auteurs de l’étude ont utilisé des données satellites pour estimer la zone totale plantée, qui est de 18,7 millions d’hectares uniquement pour l’huile de palme industrielle, soit au moins 25 millions d’hectares en incluant les petites plantations. C’est plus que la zone rapportée par les pays producteurs – 21 millions d’hectares pour toute l’huile de palme. « L’huile de palme décime la riche diversité d’espèces de l’Asie du Sud-Est, car elle dévore des pans entiers de forêt tropicale. Cependant, si elle était remplacée par des zones bien plus vastes de champs de colza, de soja ou de tournesol, d’autres écosystèmes et d’autres espèces en subiraient les conséquences. Pour mettre un terme à la destruction, nous devons chercher à avoir une huile de palme exempte de déforestation, et veiller à ce que toutes les tentatives pour limiter l’utilisation de l’huile de palme soient renseignées par une compréhension scientifique solide des conséquences » déclare le principal auteur du rapport et Président du Groupe d’études sur l’huile de palme de l’UICN, Erik Meijaard. Les solutions doivent se focaliser sur l’amélioration de la planification des nouvelles plantations de palmiers à huile, afin d’éviter le déboisement des forêts tropicales ou des zones de tourbières, et sur l’amélioration de la gestion des pans de forêts encore intacts dans les plantations, que l’on appelle « zones mises en réserve ». Au final, l’huile de palme certifiée s’est avérée, jusqu’à présent, à peine plus efficace pour empêcher la déforestation que son équivalente non-certifiée, mais l’approche est encore relativement nouvelle et possède un potentiel pour améliorer la durabilité. Il convient d’accentuer les efforts pour garantir que les engagements en faveur de la durabilité soient respectés et que leur signalement soit transparent, et qu’il reste une demande pour l’huile de palme certifiée. Les auteurs recommandent que les politiques gouvernementales protègent les forêts dans les pays produisant de l’huile de palme et d’autres huiles, et limitent la demande pour les utilisations non-alimentaires d’huile de palme, comme les biocarburants. Enfin, une plus grande sensibilisation des consommateurs dans les principaux pays consommateurs – Inde, Chine et Indonésie – pourrait fortement accroître la demande en huile de palme certifiée.  Écrit par le Groupe d’études sur l’huile de palme de l’UICN, en réponse à une résolution de 2016 adoptée par les Membres gouvernementaux et non-gouvernementaux de l’UICN, le rapport vise à fournir une solution constructive pour améliorer la durabilité dans l’industrie de l’huile de palme. Ce rapport ne s’intéresse qu’aux impacts de l’huile de palme sur la biodiversité, et ne prend pas en compte les impacts socio-économiques, que le Groupe d’études étudiera en 2019. Vous pouvez lire le rapport en entier ici.   Plus d’informations – Goska Bonnaveira, Relations avec les médias UICN, tél.: +41 79 276 01 85, goska.bonnaveira@iucn.org ; – Ewa Magiera, Relations avec les médias UICN, tél.: +41 76 505 33 78, ewa.magiera@iucn.org