COP24 Climat : Les messages clés de l’UICN

Le rapport spécial sur un réchauffement climatique de 1,5°C publié par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en octobre 2018 souligne la gravité de la menace que le changement climatique fait peser sur les systèmes naturels et humains. Pourtant, comme le révèle le Rapport 2018 du PNUE sur les écarts d’émissions, une différence très importante subsiste entre les engagements actuels exprimés par les Parties dans leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN) au titre de l’Accord de Paris, et ce qui serait nécessaire pour maintenir le réchauffement de la planète à un niveau bien inférieur à 2°C et 1,5°C. La nécessité d’une action mondiale urgente et ambitieuse visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) est plus évidente que jamais. Alors que les Parties se réunissent à Katowice pour finaliser les règles, procédures et lignes directrices nécessaires à la mise en œuvre de l’Accord de Paris, c’est-à-dire le Programme de travail de l’Accord de Paris (PTAP), l’UICN tient à souligner le rôle crucial des écosystèmes mondiaux en tant que fournisseurs de solutions pratiques et efficaces, fondées sur la nature, tant pour l’atténuation du changement climatique comme pour l’adaptation à celui-ci. Ces solutions sont également directement pertinentes dans le cadre de la phase politique du Dialogue de Talanoa pendant la COP24, qui dressera un bilan des efforts collectifs des Parties vers les objectifs à long terme de l’Accord de Paris et informera la préparation des futures CDN.   Les recommandations spécifiques de l’UICN concernant le PTAP sont les suivantes : I. Atténuation / Contributions déterminées à l’échelle nationale – Les directives supplémentaires fournies aux Parties quant à la préparation et communication futures de leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN) devraient encourager et permettre une plus grande reconnaissance et intégration des solutions au changement climatique fondées sur la nature, en plus des mesures ambitieuses d’atténuation dans d’autres secteurs. – Ceci tient compte des principaux bénéfices en matière d’atténuation du changement climatique que la conservation, la restauration et la gestion durable des écosystèmes terrestres, côtiers et marins offrent en tant que puits et réservoirs pratiques et rentables de gaz à effet de serre, comme le reconnaît clairement l’Accord de Paris. Une analyse publiée dans les Actes de l’Académie nationale des sciences (PNAS) en 2017 estimait que les solutions climatiques naturelles peuvent fournir plus d’un tiers des mesures rentables d’atténuation climatique nécessaires d’ici 2030 pour stabiliser le réchauffement à moins de 2°C. Le Rapport 2017 du PNUE sur les écarts d’émissions estime que les options terrestres d’élimination du carbone, y compris les forêts, les zones humides et les sols, offrent un potentiel annuel total de réduction d’émissions de 4 à 12 GTCO2e. Ces options aident également à atteindre d’autres objectifs mondiaux en matière de durabilité, tels que l’amélioration de la qualité de l’eau, la conservation de la biodiversité et le renforcement de la sécurité alimentaire.   II. Communications en matière d’adaptation – Les directives supplémentaires fournies aux Parties quant à leurs Communications relatives à l’adaptation, que ce soit dans le cadre de leurs Plans nationaux d’adaptation (PNA), de leurs Communications nationales (CN) ou de leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN), devraient également encourager et permettre une plus grande reconnaissance et inclusion du rôle essentiel que jouent les écosystèmes sains (forêts, mangroves, océans), au travers de l’adaptation basée sur les écosystèmes, en aidant les pays et les communautés vulnérables à mieux s’adapter aux effets néfastes du changement climatique. Une étude récente estime que les zones humides ont permit d’éviter 625 millions de dollars de dommages directs causés par les inondations lors de l’ouragan Sandy, en 2012. De façon plus générale, on estime que les zones humides côtières des États-Unis fournissent des services de protection contre les tempêtes d’une valeur annuelle de 23 milliards de dollars. – Ces directives devraient également encourager les Parties à évaluer systématiquement les risques que représente le changement climatique pour les communautés et les écosystèmes vulnérables, comme souligné dans le Rapport spécial du GIEC sur un réchauffement climatique de 1,5°C, et à en faire une priorité dans la planification et les mesures nationales d’adaptation, afin de renforcer la résilience des personnes comme des écosystèmes.   III. Bilan mondial – Les modalités du Bilan mondial (BM), prévu pour 2023 et par la suite, tous les cinq ans, devraient explicitement tenir compte de la contribution des solutions fondées sur la nature à la lutte contre le changement climatique, et évaluer et rapporter systématiquement le degré d’incorporation par les pays de mesures d’atténuation et d’adaptation fondées sur les écosystèmes dans leurs CDN. – Elles devraient également encourager les Parties à inclure des mesures plus ambitieuses d’atténuation et d’adaptation fondées sur les écosystèmes dans leurs CDN ultérieurs.   Plus d’informations – Télécharger les messages clés de l’UICN pour la COP24 Climat – Les Solutions fondées sur la Nature – Pour tout renseignement, veuillez contacter : Stewart Maginnis, Directeur mondial, Solutions basées sur la nature au siège de l’UICN stewart.maginnis@iucn.org / Cyrie Sendashonga, Directrice mondiale, Politiques et Programme au siège de l’UICN cyriaque.sendashonga@iucn.org / Sandeep Sengupta Coordonnateur mondial, Portefeuille Changement climatique au siège de l’UICN sandeep.sengupta@iucn.org – Le site internet dédié à la COP24 Climat Photo © Mariusz Prusaczyk on Unsplash

Lancement du Comité France Océan

Le Ministre de la Transition écologique et solidaire a officiellement installé lundi 10 décembre le Comité France Océan (CFO), en présence du Secrétaire général de la mer et des organisations de protection de l’environnement marin, dont le Comité français de l’UICN. Présidé par le ministère de la transition écologique et solidaire, le Comité France Océan est composé de représentants des principales organisations non-gouvernementales de protection de l’environnement marin, des administrations en charge de la mer et de la gestion de ses ressources, des grands établissements publics de recherche mobilisés sur le sujet et de personnalités qualifiées. Face à la montée des enjeux liés à la protection de l’environnement marin (changement climatique, érosion de la biodiversité, développement de l’économie bleue, négociations internationales sur la haute-mer, etc.), ce groupe a pour vocation de renforcer le dialogue et de construire des propositions concertées et concrètes. Celles-ci viendront alimenter les travaux du Conseil national de la mer et des littoraux et du Comité national de la biodiversité ainsi que ceux du Congrès mondial de la nature qui se tiendra en 2020 à Marseille. Le principe de la mise en place de ce groupe de concertation sur l’environnement marin avec les acteurs de la société civile avait été acté lors du Comité interministériel de la mer du 15 novembre 2018. Le Comité France Océan se réunira tout particulièrement pour apporter des réflexions et des recommandations sur la problématique des déchets marins, la préservation de la biodiversité marine et les enjeux liés à l’artificialisation. Une cinquantaine de représentants  d’ONG, d’établissements et de services publics étaient réunis pour cette installation, partageant ensemble l’urgence à agir. Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN, est intervenu aux côtés du WWF France pour présenter les enjeux biodiversité liés au milieu marin. François de Rugy, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, a déclaré : « Cette instance est nécessaire pour créer les conditions d’un dialogue à la hauteur des défis environnementaux et permettre une mise en œuvre effective des politiques de protection des milieux marins. Elle s’inscrit dans le cadre de la gouvernance de la politique maritime intégrée qui a été mise en place suite au Grenelle de la mer. Une gouvernance qui rassemble les acteurs économiques, sociaux et de l’environnent, mais aussi élus et services publics. Un grand évènement célébrant les 10 ans de ce Grenelle sera d’ailleurs organisé en 2019 pour dresser le bilan de nos actions et dresser les perspectives de celles des 10 années à venir». Plus d’informations – Le Programme Ecosystèmes de l’UICN France Source : Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire

Un nouveau Centre de ressources dédié aux espèces exotiques envahissantes

Pour faire face au phénomène des espèces exotiques envahissantes et fournir un appui à tous les acteurs qui y sont confrontés, l’UICN France et l’Agence française pour la biodiversité inaugurent un nouveau Centre de ressources. Accompagné d’un réseau d’expertise scientifique et technique, ce dispositif collaboratif permettra de développer la prévention et de renforcer les actions de gestion en métropole et en outre-mer. Avec la mise à disposition d’un grand nombre de ressources et d’informations, en favorisant l’échange d’expériences et le partage de bonnes pratiques, il aidera à répondre aux défis de plus en plus pressants posés par cet enjeu. Les espèces exotiques envahissantes : une menace majeure pour la biodiversité Les espèces exotiques envahissantes sont reconnues comme l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité à l’échelle mondiale. Par leurs multiples impacts, elles menacent les espèces indigènes, le fonctionnement des habitats naturels et les services rendus par les écosystèmes, mais également les activités économiques et la santé humaine. La France n’échappe pas à ce phénomène et les exemples d’invasions sont nombreux : jussies, écrevisses américaines ou frelon asiatique en métropole ; fourmi électrique en Nouvelle-Calédonie, arbre miconia en Polynésie française, raisin marron à la Réunion, etc. Pour l’Europe continentale, par exemple, les coûts générés par la gestion et la réparation des dommages causés par les invasions biologiques ont été estimés à plus de 12,5 milliards d’euros par an. Un outil collaboratif pour accompagner les acteurs et améliorer les connaissances Sur tout le territoire français, un grand nombre d’acteurs se mobilise pour définir des stratégies, mettre en œuvre des actions de gestion, organiser la surveillance, évaluer les impacts et améliorer les connaissances. Pour franchir un nouveau cap, le renforcement de ces actions requiert un effort de partage et de mise à disposition des informations, un appui au développement des compétences et la diffusion de méthodologies, de retours d’expériences et de bonnes pratiques. Pour répondre aux demandes d’accompagnement des acteurs confrontés à ce phénomène, l’Agence française pour la biodiversité et l’UICN France lancent ainsi un Centre de ressources sur les espèces exotiques envahissantes. Ce dispositif répond dans le même temps à l’une des actions phares de la stratégie nationale adoptée sur cet enjeu et au plan biodiversité portés par le Ministère en charge de l’écologie. A l’occasion de ce lancement, l’ancien Groupe de travail national IBMA, qui officiait depuis 10 ans sur les invasions biologiques en milieux aquatiques, devient le réseau d’expertise scientifique et technique destiné à épauler le nouveau dispositif. Le Centre de ressources consacrera ainsi son activité à toutes les espèces exotiques envahissantes de faune et de flore, en milieux terrestres, marins et d’eau douce, en métropole comme en outre-mer. Ce dispositif fournira un appui pratique et contribuera à renforcer l’efficacité des actions sur les espèces exotiques envahissantes. Parmi ses activités, il assurera l’élaboration de méthodes, le développement de formations, la capitalisation des connaissances et la diffusion de savoir-faire et de bonnes pratiques à destination de tous les acteurs concernés : gestionnaires d’espaces naturels, associations, chercheurs, collectivités, entreprises, établissements publics et services de l’Etat notamment. Véritable boîte à outils, le site internet du Centre de ressources propose quant à lui des informations générales et des chiffres-clés sur le sujet, des actualités locales, nationales et internationales régulières, ainsi que de nombreuses ressources réglementaires, techniques et scientifiques. Alors que les Etats signataires de la Convention sur la diversité biologique viennent de se réunir (COP14) pour accroître les efforts, ce nouveau dispositif permettra également à la France de répondre à ses engagements internationaux et aux exigences du règlement européen, en améliorant l’anticipation, la prévention et la gestion des espèces exotiques envahissantes sur son territoire.   Plus d’informations – Site internet du Centre de ressources : www.especes-exotiques-envahissantes.fr – Téléchargez le communiqué de presse Photo bandeau : JP Damien, PNR Brière

Concours Quarry Life Award : les lauréats français dévoilés

Le concours international Quarry Life award, organisé par HeildelbergCement, récompense les chercheurs, associations, étudiants, scolaires et citoyens qui mettent en œuvre des actions novatrices en faveur de la biodiversité sur ses carrières. Le Comité de l’UICN est partenaire des filiales françaises d’HeildebergCement, Ciments Calcia et GSM, depuis 11 ans. Il a contribué à l’organisation du concours et soutenu les projets, au côté des équipes de Ciments Calcia et de GSM. Le 14 novembre, le Jury national composé de représentants de l’entreprise et de personnalités externes (Agence française pour la biodiversité, Muséum national d’Histoire naturelle, association Entreprises pour l’Environnement et UNICEM), a décerné les prix du concours français.   Catégorie recherche : 1er prix : étude des papillons nocturnes sur une carrière calcaire – Marek Banasiak & Raphaël Bourigault 2eme prix : restauration d’un chenal en faveur d’espèces piscicoles, le Brochet et la Loche d’étang – Sébastien Cormont, Fédération de la Meuse pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique 3eme prix : aménagement d’un cours d’eau et création d’une frayère à brochets – Anne Brangeon et David Bouché, Syndicat Mixte des Vallées du Clain Sud     Catégorie initiatives sociétales : 1er prix : espace pédagogique et initiation à l’observation naturaliste – Marion Parisot, association ROSELIERE 2ème prix : sciences participatives pour les écoliers – Patrick Lapouyade, CPIE Médoc 3ème Prix : la biodiversité des carrières en bande dessinée – Virginie Leenknegt, Conservatoire d’espaces naturels d’Aquitaine       Les actions engagées par les porteurs de projets et les dynamiques créées avec les équipes de Ciments Calcia et GSM se poursuivront après le concours.   Ces six projets participent également au concours à l’international. Les prix internationaux seront décernés lors de la cérémonie du 5 décembre.   POUR PLUS D’INFORMATIONS – Communiqué de presse d’HeidelbergCement France – Précédents articles sur le concours – Blog des porteurs de projets – Page du partenariat UICN France/ Ciments Calcia-GSM

COP14 Biodiversité : 196 gouvernements acceptent d’intensifier leurs efforts pour la nature d’ici 2020 et au-delà

A l’issue de la 14ème conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP14 CDB) qui vient de se terminer à Sharm El-Sheikh, en Egypte, les 196 Etats signataires de la convention sur la diversité biologique ont pris les principales décisions suivantes : – La Déclaration de Charm El-Cheikh adopte et invite l’Assemblée générale des Nations Unies à convoquer un sommet sur la biodiversité pour les chefs d’État d’ici 2020 – Les gouvernements acceptent d’accélérer les actions pour atteindre les objectifs d’Aichi relatifs à la biodiversité d’ici 2020 – Un accord a été pris sur la mise en place d’un processus global et participatif visant à élaborer un cadre mondial sur la biodiversité pour l’après-2020 – De Sharm El Sheikh à Pékin, un Agenda pour la Nature et les Hommes a été lancé pour mobiliser largement les parties prenantes – De nombreuses décisions ont été prises sur des questions importantes telles que les pollinisateurs, la gestion durable de la faune sauvage, la santé, les espèces exotiques envahissantes ou la mobilisation de ressources financières   Cette conférence, organisée sous le thème « Investir dans la biodiversité pour les peuples et la planète », s‘est fermée avec un large accord international pour renverser la destruction globale de la nature et de la perte de biodiversité menaçant toutes les formes de la vie sur Terre. Pour combattre cette crise, les gouvernements ont accepté d‘accélérer leurs actions pour atteindre les objectifs d’Aichi relatifs à la biodiversité, adoptés en 2010, dès maintenant jusqu’en 2020. Le travail pour atteindre ces objectifs doit être mené à tous les niveaux : global, régional, national et sous–national. La réunion a également convenu d’un processus complet et participatif pour l’élaboration d’un nouveau cadre mondial pour la biodiversité post-2020, qui devrait être approuvé lors de la prochaine Conférence des Parties (COP 15) à Pékin en 2020. Ce cadre vise à sauvegarder la nature et la biodiversité pour les décennies à venir. Dr. Cristiana Paşca Palmer, Secrétaire exécutive de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), a remercié les délégations pour leur travail et leurs engagements lors de cette COP14. Tout au long de la conférence, elle a exposé les constats scientifiques indiquant que l’humanité est actuellement engagée sur une voie non durable qui implique une perte de biodiversité considérable et continue, avec des conséquences en cascade pour la nature et les humains, y compris dans l’économie mondiale, la disponibilité de nourriture et d’eau, et en matière de sécurité humaine, santé et bien-être. Elle a indiqué que « La nature est dynamique et interconnectée – comme doit l’être notre réponse. Nous devons passer du changement progressif que nous avons créé à un modèle qui continue à obtenir des victoires progressives tout en cherchant fondamentalement à opérer un changement transformationnel. Comme le montre cette COP, nous avons déjà commencé ce voyage. » Pour faire participer tous les secteurs et toutes les parties prenantes, le gouvernement de la République arabe d’Égypte, le gouvernement de la République populaire de Chine et le Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique des Nations Unies ont annoncé le lancement de l’Agenda pour la Nature et les Hommes pour catalyser, rassembler et célébrer les actions prises en faveur de la conservation de la biodiversité et de son utilisation durable. Son excellence, Yasmine Fouad, Ministre de l‘environnement de la République Arabe d‘Egypte, et Présidente de la COP14, a rappelé que les ministres et les chefs de délégation se félicitaient de l’initiative prise par l’Égypte de promouvoir une approche coordonnée pour lutter contre la perte de biodiversité, les changements climatiques et la dégradation des sols et des écosystèmes. Elle a appelé l’Assemblée générale des Nations Unies à organiser un sommet sur la diversité biologique pour les chefs d’État avant la COP15 de la CDB en 2020 et a invité les pays à mener à bien la réalisation du Plan stratégique de la CDB avant la fin de la décennie. « Nous devons réfléchir sérieusement à la transformation du système et à un nouveau contrat social visant à protéger le bien commun », a déclaré Naoko Ishii, Présidente du Fonds pour l’environnement mondial, à l’ouverture de la COP14.« La nature et les hommes méritent un nouvel accord », a déclaré Ishii. « 2020 offre une dernière chance à la communauté mondiale d’agir ensemble – ne le manquons pas! ».   D‘autres annonces et décisions prises à la conférence : – Un sommet ministériel africain tenu juste avant la COP 14 a produit une déclaration ministérielle ainsi qu’un Agenda d’actions panafricaines sur la restauration des écosystèmes pour accroître leur résilience ; – Un appel à l‘Assemblée générale de l‘ONU pour déclarer la période 2021–2030 comme décennie de la restauration des écosystèmes ; – Le Forum sur les entreprises et la biodiversité a produit des recommandations pour renforcer davantage l’engagement du secteur privé et des entreprises en faveur de la diversité biologique et son intégration dans différents secteurs économiques ; – S’appuyant sur le thème de la conférence, la COP14 a adopté une décision concernant une approche stratégique à long terme visant à intégrer la biodiversité dans les travaux d’un certain nombre de secteurs productifs, notamment l’énergie et les mines, les infrastructures, et la santé ; – Un Sommet sur la Nature et la Culture a proposé des activités visant à faire progresser les travaux sur la diversité biologique et culturelle en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), les peuples autochtones et les communautés locales; – Des directives volontaires ont été adoptées sur diverses questions, notamment sur la conception et la mise en œuvre efficace de solutions fondées sur la nature pour l’adaptation au changement climatique et la réduction des risques de catastrophes naturelles, sur les connaissances traditionnelles et sur l’intégration d’aires protégées et d’autres mesures de conservation dans les paysages terrestres et marins plus vastes ; – La Conférence a adopté d’importantes décisions sur des questions liées aux pollinisateurs, à la gestion durable des espèces sauvages, à la santé, aux espèces exotiques envahissantes, à la mobilisation des ressources financières, et l’accès aux ressources génétiques et au partage juste et équitable des bénéfices issus de leurs utilisations.   En savoir plus – Les résultats des négociations sont disponibles sur : www.cbd.int/conferences/2018 – Les streaming des vidéos sur les négociations, les conférences de presse et certains événements parallèles sont disponibles à l’adresse suivante: www.cbd.int/webcast/ – Les réseaux sociaux de la Conférence sont : Facebook, Twitter, Instagram et Linkedin Source : Cdb.int Photo bandeau © Andrzej Kryszpiniuk on Unsplash

L’UICN France s’inquiète du projet de piste «supermotard» qui menace une zone humide en Guadeloupe

Un projet de piste dédié à la pratique des sports mécaniques (motos, karting..) menace directement une zone humide en Guadeloupe. Le projet, en gestation depuis 10 ans, se construit depuis 2016 sans que les procédures réglementaires soient achevées. L’UICN France souligne l’absence d’étude d’impact environnemental sur ce projet, et demande à ce qu’une enquête publique soit menée, dans le respect des procédures requises légalement pour ce type de projets.   L’origine du projet Ce projet de circuit moto date de 2008, lorsque la Ville de Baie-Mahault avait organisé des « Etats généraux de la jeunesse » dont était ressortie l’idée d’un « lieu dédié à la pratique des sports mécaniques, en toute légalité et sécurité ». Une zone humide en partie dégradée (mais en voie de cicatrisation) au milieu de la mangrove, à proximité du pont de la Gabarre, près de la Rivière Salée, avait été privilégiée pour ce circuit (voir images ci-dessous). L’accord de principe de l’Etat sur cet emplacement avait été donné par le Préfet dès 2012, à condition que l’emprise du projet ne dépasse pas 2 hectares et s’implante « sur la partie la plus dégradée du site». Le projet a évolué, ses ambitions revues à la baisse pour éviter l’épreuve de l’enquête publique, et les travaux de défrichage ont démarré dès 2016 (voir image aérienne de droite ci-dessous). Cependant la demande de concession sur le Domaine Public Maritime (DPM) de 30 ans n’a été déposée qu’en 2017, malgré un avis « très défavorable » du Conseil scientifique du Parc National de Guadeloupe, et le dossier complet en juillet 2018.   Un chantier en pleine zone humide, à l’emprise mal appréhendée Pour qu’un projet de telle ampleur puisse se construire en DPM, la loi exige de prouver qu’il répond à un service public nécessitant la proximité de la mer (loi pour les concessions sur le DPM, article L.2124-2 du CG3P) – ce qui n’est a priori pas le cas pour un circuit moto. D’autre part, ce type de projet doit comporter au titre de la loi sur l’eau « une analyse des avantages liés à l’aménagement de la zone humide au regard des dommages prévisibles et de l’absence de solutions alternatives dans des zones voisines », analyse qui n’a pas été faite ici alors que d’autres sites, aux enjeux écologiques moindres, auraient pu être étudiés. Enfin, le projet est incompatible avec les documents de planification territoriale, développés par la Région, que sont le Schéma d’Aménagement Régional (SAR) et son chapitre valant Schéma de Mise en Valeur de la Mer (SMVM), qui classent le site comme « espace naturel à forte protection ». Malgré ceci, en mars dernier (et donc après que les travaux de remblaiement aient déjà démarré) la DEAL a publié un arrêté dispensant le projet de réaliser une étude d’impact, considérant que « le projet n’est pas susceptible d’entraîner des impacts notables sur l’environnement », alors qu’il engendrera inévitablement des dommages conséquents sur un site à valeur écologique importante. Lorsque l’on se penche sur les détails du dossier, de nombreuses contradictions apparaissent : le projet, pourtant présenté comme accueillant des manifestations d’envergure nationale, ne prévoit ni voie d’accès, ni parking, ni de bâtiments type hangar, tribune, ou espaces de restauration. L’emprise réelle du projet une fois finalisé sera donc possiblement le double de ce qui est affiché dans le dossier du projet, et ce au sein d’une zone humide, inondable, parmi les plus emblématiques de Guadeloupe, à proximité immédiate d’un espace remarquable du littoral, au sein de l’aire maritime adjacente du Parc National de Guadeloupe et de la Réserve de Biosphère. Ce site est aussi l’un des derniers couloirs écologiques entre la Grande-Terre et la Basse-Terre, habitat important pour nombre d’espèces d’oiseaux protégées dont le Pic de la Guadeloupe (Melanerpes herminieri, localement nommé « toto bwa »), un oiseau endémique et classé Quasi menacé sur la Liste rouge des espèces menacées en France. Le projet, dont l’impact sonore (estimé entre 95 à 102 décibels) causera de profonds dérangements à la faune alentour, perturbera pendant la phase de construction, comme pendant la phase d’utilisation, certaines espèces migratrices comme les parulines, ainsi qu’un nombre important d’espèces protégées de mammifères comme les chauves-souris, de végétaux et de reptiles, tels que le Sphérodactyle bizarre (Sphaerodactylus fantasticus) et l’Anolis (Anolis marmoratus) qui ont été observées sur le site.               Les recommandations du Comité français de l’UICN Le Comité français de l’UICN demande à ce que la Région Guadeloupe étudie la possibilité de construire ce circuit sur un site alternatif, aux enjeux environnementaux moindres. Si le choix du site est maintenu, il demande qu’une étude d’impact environnemental complète soit menée au regard des enjeux écologiques cités plus haut. Le dossier dans son intégralité doit être rendu disponible lors d’une enquête publique, nécessaire aux titres de la Loi du l’eau et de la convention d’utilisation du DPM, afin de permettre à tous de prendre officiellement connaissance du projet, et de pouvoir exprimer son point de vue. Le Comité français de l’UICN rappelle que la France se doit d’être exemplaire sur la gestion de zones humides sensibles et particulièrement en outre-mer, où elles rendent des services écosystémiques essentiels dans un contexte d’élévation du niveau de la mer et d’intensification des cyclones. Une convention internationale, ratifiée par la France, défend leur préservation. Les zones humides ne doivent pas être considérées comme des réserves foncières pour des projets d’intérêt public discutables et qui dans tous les cas, ne nécessitent pas d’être localisés en zone littorale. Le terrain concerné ici, qui relève du domaine public de l’Etat, est certes en partie dégradé mais il pourrait être intégralement restauré. A quelques centaines de mètres de là seulement, de nombreuses actions de restauration et de sensibilisation à l’importance des zones humides sont entreprises (zone humide de Jarry notamment), et il est contradictoire que l’Etat puisse investir dans ces projets de restauration et autoriser dans le même temps la dégradation d’une autre zone humide, sans suivre les procédures usuelles d’autorisation de projets

Dix sites français reconnus internationalement pour la qualité de leur gestion

A l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP14) qui a lieu actuellement en Égypte, l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature – a annoncé l’inscription de dix sites naturels français sur sa Liste verte des aires protégées. La France est aujourd’hui le pays qui compte le plus de sites naturels protégés avec cette certification mondiale, récompensant une gestion efficace. Avec au total 10 lauréats répartis sur l’ensemble de son territoire, la France est le pays abritant le plus de sites naturels sur la Liste verte mondiale de l’UICN, certains protégeant de petits espaces et d’autres de vastes superficies : l’Espace naturel sensible du Marais d’Episy (Département de Seine-et-Marne), le Parc national de Guadeloupe, le Parc national des Pyrénées, le Parc naturel marin d’Iroise, la Réserve naturelle nationale de Cerbères-Banyuls, la Réserve Biologique Intégrale Bois du Loc’h, le Parc marin de la Côte bleue, la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage d’Orlu, la Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises et le Parc naturel régional des Vosges du Nord. Grâce à l’action du Comité français de l’UICN, les espaces protégés français ont pris une part active dans le développement de la Liste verte depuis son lancement en 2014. Un groupe d’experts présidé par Jean-Philippe Siblet, Directeur de l’expertise au Muséum national d’Histoire naturelle, a été mis en place pour promouvoir la Liste verte en France, assurer l’accompagnement de candidatures et contribuer à leur évaluation. L’approche française de la Liste verte a toujours été soucieuse de promouvoir la diversité des candidatures, qui sont représentatives à la fois de la richesse des espaces naturels et de la pluralité des outils de protection. Une attention particulière a été portée à l’équilibre entre les écosystèmes terrestres et marins, de plaine et de montagne, en métropole comme en outre-mer. Le classement de ces sites constitue une reconnaissance internationale de la qualité de la gestion et de la gouvernance de ces aires protégées françaises. Le label a également été attribué à des aires protégées en Italie, Espagne, Australie, Chine, Corée du Sud, Kenya, Égypte, Jordanie, Liban, Mexique, Pérou, Colombie et aux Emirats arabes unis. La Liste verte de l’UICN comporte actuellement 39 sites. Pour les prochaines années, environ 250 sites se sont engagés à atteindre le niveau des standards de la Liste verte. La Californie a par exemple engagé l’évaluation de 124 aires marines protégées et la Commission Européenne appuie un projet pour adapter la liste verte aux spécificités du réseau Natura 2000 dans 21 pays pilotes, dont la France. En plus de constituer une reconnaissance internationale, la liste verte rassemble une communauté d’experts et de gestionnaires soucieux d’améliorer les performances de l’ensemble des aires protégées. Les sites lauréats partagent une responsabilité de premier plan pour guider les autres sites dans la voie de l’excellence. C’est pourquoi le Comité français de l’UICN, avec l’appui du Ministère des affaires étrangères, a mis en place cette année un réseau francophone de la Liste verte, dont le lancement officiel est intervenu à l’occasion de la célébration des lauréats 2018. Ce réseau accompagnera le développement de la liste verte dans les pays francophones. Il compte aujourd’hui 72 membres répartis dans 17 pays. La Liste verte des aires protégées est à la fois une méthodologie et un label volontaire développé par l’UICN qui vise à accompagner et à reconnaître, à travers le monde, des aires protégées équitables et efficaces qui offrent aux populations et à la nature des résultats durables de conservation, et à en augmenter le nombre. Elle repose sur des standards qui permettent d’apprécier la bonne gouvernance, la planification, l’efficacité de la gestion et les réussites obtenues. La Liste verte de l’UICN permet également de mesurer et d’accélérer les avancées vers la réalisation de l’Objectif 11 d’Aichi pour la biodiversité des Nations Unies. Ce dernier comporte un engagement des Etats en termes de superficie d’aires protégées (17% des zones terrestres et 10% des zones marines) et un engagement pour qu’elles soient efficacement conservées et équitablement gérées d’ici à 2020.   Plus d’informations – Découvrir les 10 sites français labellisés dans la Liste Verte de l’UICN – Le communiqué de presse – La liste complète des sites labellisés dans La Liste Verte de l’UICN – Le programme Aire protégées de l’UICN France – Contact : Thierry Lefebvre, Chargé de Programme Aires protégées,  thierry.lefebvre@uicn.fr / 01 43 31 02 79 Photo bandeau : Parc naturel marin d’Iroise © F. le Mouillour

Journée mondiale des zones humides 2019

La journée mondiale des zones humides (JMZH) aura lieu le 2 février 2019. Pour cette nouvelle édition, le thème retenu est « zones humides et changement climatique ». La JMZH permettra de sensibiliser le public sur le rôle vital que jouent des zones humides dans la lutte contre le changement climatique.  La JMZH célèbre l’anniversaire de la convention sur les zones humides, la « Convention de Ramsar », du nom de la ville d’Iran où elle a été signée le 2 février 1971. Dans ce cadre, du 27 janvier 2019 au 28 février 2019, de nombreuses activités dans le monde entier feront découvrir au public l’importance de ces milieux aussi riches que variés : visites de terrain, expositions, conférences… Pour la France métropolitaine et outre-mer, il est désormais possible d’inscrire des animations « Journée Mondiale des Zones Humides » sur le portail national, afin de les labelliser. Dans les Outre-mer, le Pôle Relais Zones Humides Tropicales (PRZHT), co-animé par l’UICN France, prend part à cet événement en mobilisant les acteurs ultramarins.   Le thème 2019 de la JMZH : « Zones humides et changement climatique » Le changement climatique se traduit localement par une augmentation et une intensification des évènements météorologiques extrêmes dont nous subissons directement les conséquences : ouragans, crues, inondations, sécheresses, érosion du littoral, etc. Les milieux humides  participent à la prévention de ces risques naturels et amortissent les impacts que subissent les populations en réduisant l’érosion du littoral, atténuant l’intensité des crues et en alimentant les cours d’eau pendant les sécheresses, entre autres. En outre, les zones humides sont les puits de carbone les plus efficaces sur Terre. Elles couvrent environ 3% des terres de notre planète et retiennent près de 30% de tout le carbone terrestre, soit deux fois plus que toutes les forêts du monde réunies. À la lumière de ces faits, la protection et la gestion durable des zones humides est cruciale. En effet, l’atténuation des changements climatiques fondées sur les écosystèmes est une solution pour répondre aux défis du changement climatique tout en préservant la biodiversité de ces milieux. Ce type de solution fait écho au concept des Solutions fondées sur la Nature de l’UICN.   Le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales Co-animé par le Comité français de l’UICN et par le Conservatoire du Littoral, le Pôle-relais zones humides tropicales a permis de mettre en réseau les acteurs des territoires ultramarins travaillant sur les zones humides, d’apporter des connaissances, de former des gestionnaires et et de créer une dynamique autour des zones humides en Outre-mer.   Plus d’informations – Site internet de la convention Ramsar – Accéder au Portail national des zones humides – Toutes les animations sont disponibles sur le moteur de recherche en ligne – Télécharger l’application mobile « BaladOmarais » – Télécharger la brochure « Les zones humides : la clé pour faire face au changement climatique » – Le site internet du Pôle relais zones humides tropicales Photo bandeau © Pôle relais zones humides tropicales

Revue Billebaude : « Affronter la sixième extinction »

A partir du constat alarmant de l’extinction des espèces, le dernier numéro de la revue Billebaude, réalisé en partenariat avec le Comité français de l’UICN, explore les enjeux de la crise du vivant et envisage de nouvelles façons de penser nos relations à la nature et d’affronter la sixième extinction. Pour croiser différents regards et interroger la crise écologique, cet opus réunit des spécialistes de la conservation de la nature, des artistes et des chercheurs en écologie et en sciences humaines. Il propose des histoires de conservation en France, sur l’ours, les papillons ou la réintroduction du vautour fauve par exemple, des récits d’extinction comme celle des escargots d’Hawaï, une réflexion sur les promesses évolutives d’une éponge de mer, ou des explorations artistiques et des entretiens sur les grands défis de la conservation. Quels sont les enjeux de la Liste rouge des espèces menacées ? Comment retisser des liens et une sensibilité à la biodiversité qui nous entoure ? Comment repenser nos relations au vivant et affronter la 6ème extinction ? Au fil des pages, alors que les données scientifiques sur la crise de la biodiversité sonnent l’alerte, les contributeurs apportent des clés pour comprendre les enjeux et ouvrent des chemins pour renouer avec le vivant et affronter la 6ème extinction. Billebaude est une revue d’exploration et de réflexion, située au croisement de la recherche, des arts graphiques et du terrain, éditée par la Fondation François Sommer et les Editions Glénat, disponible en librairie.   Plus d’informations – La revue Billebaude – Acheter en ligne le numéro 13 « Affronter la sixième extinction » – La Liste rouge mondiale des espèces menacées – La Liste rouge des espèces menacées en France Bandeau © Détail d’une oeuvre de Brandon Ballengée

Palme IFRECOR 2018 : Et les lauréats sont…

Mardi 20 novembre, Annick Girardin, Ministre des Outre-mer a dévoilé les trois lauréats 2018 du concours Palme IFRECOR, organisé avec le soutien du Comité français de l’UICN. La cérémonie de remise de la Palme s’est déroulée au Ministère des Outre-mer, en présence d’élus ultramarins conviés par la Ministre à cette occasion. « La valorisation des projets en faveur des récifs coralliens, et plus généralement du développement durable, est aujourd’hui une nécessité », déclare Annick Girardin, ministre des Outre-mer. « C’est une excellente nouvelle que nous puissions aujourd’hui récompenser l’engagement de ces trois élus investis dans leurs territoires : la Martinique, la Nouvelle-Calédonie et La Réunion. Ces trois lauréats témoignent une nouvelle fois de l’investissement des territoires d’outre-mer pour la protection des récifs coralliens et les écosystèmes qui y sont associés. »   Cette année, la Palme IFRECOR prend une forme différente des précédentes éditions en récompensant pour la première fois un élu pour chacun des trois bassins océaniques (Indien, Pacifique et Atlantique). Le choix des lauréats 2018 s’est fait en étroite collaboration avec les Comités locaux de l’IFRECOR.   Les lauréats 2018 OCÉAN ATLANTIQUE « Protection de la Zone marine protégée du Pothuau », porté par Jean‐Marc CARDON, Conseiller municipal en charge de la pêche et des énergies renouvelables au sein de la Commune du Carbet, Martinique  « L’engagement de la ville du Carbet pour le respect de l’environnement et la protection de nos ressources naturelles est un objectif que nous voulons durable pour notre commune. La création de cette zone marine protégée s’intègre dans une politique de protection de notre littoral côtier, de nos fonds marins et de valorisation de la pêche et du tourisme. Ce projet innovant pour le Nord Caraïbe permettra d’améliorer la résilience des coraux et des herbiers, au large d’un site de nidification des tortues marines. Je tiens à remercier chaleureusement Madame la Ministre pour cette reconnaissance nationale qui est pour moi vraiment significative. Elle va nous permettre de redoubler d’efforts pour réduire les impacts sur nos précieux récifs coralliens, herbiers et mangroves », déclare Monsieur Cardon. La Ville du Carbet et des acteurs locaux s’engagent depuis près de deux ans pour protéger la biodiversité marine de la commune. Suite à des réunions de concertation avec les usagers de la caye Pothuau (pêcheurs, association des plaisanciers, clubs de plongée), un plan de balisage a été défini par consensus général. Le plan intègre une zone marine réglementée au Pothuau, où la pêche et le mouillage sont interdits. Le plan a également permis la mise en place d’un sentier sous-marin pédagogique à l’anse Turin, parcours ludique de découverte qui permet d’éduquer des groupes scolaires martiniquais ou les touristes sur la biodiversité des écosystèmes sous-marins.   OCÉAN INDIEN « Création et gestion de l’Aire Marine Educative (AME) de la Souris Blanche », porté par Brigitte ABSYTE, Conseillère municipale de la commune de Trois‐Bassins, La Réunion « Pour mettre en œuvre l’Aire Marine Educative de la Souris Blanche, il a fallu créer une dynamique de travail participative impliquant la société civile, les jeunes, la commune, mais aussi les associations d’usagers ou de protection de l’environnement ainsi que des professionnels de la mer et du littoral. Je reçois donc ce trophée avec gratitude au nom de tous les acteurs engagés dans ce beau projet. En formant les adultes de demain, cette initiative montre la volonté de la collectivité d’adopter une démarche territoriale et durable. Plus qu’une solution à court terme, c’est en effet sur le long terme que nous devons regarder pour préserver l’environnement et par conséquent le bien-être de tous les réunionnais. Ce projet d’AME représente une excellente leçon de citoyenneté, où les élèves sont acteurs et sources de propositions » annonce Madame Absyte. Tout au long de l’année scolaire 2017 – 2018, le projet d’Aire Marine Educative (AME) de la Souris Blanche a réunit la ville de Trois-Bassins, les acteurs locaux et les élèves de CM2 de l’école des Trois-Bassins autour d’une seule initiative pédagogique. Officiellement inaugurée en février 2018, cette AME a permis d’éduquer les enfants réunionnais à leurs patrimoines naturel et culturel et fédérer leur gestion durable en les impliquant pleinement. La classe a été placée ainsi au sein d’une dynamique territoriale faisant appel à l’expertise de l’école et de la commune, mais aussi d’associations d’usagers ou de protection de l’environnement ainsi que des professionnels de la mer et du littoral (les pêcheurs, les scientifiques…). Le projet sera poursuivi pour l’année scolaire 2018 – 2019 dans 3 nouvelles écoles de la Réunion.   OCÉAN PACIFIQUE « Protection forte du Parc Naturel de la Mer de Corail », porté par Philippe GERMAIN, Président du Gouvernement de la Nouvelle‐Calédonie « Je suis très honoré de recevoir ce trophée qui couronne un travail de longue haleine. Le Parc naturel de la mer de Corail est un véritable paradis de la biodiversité marine, notamment récifale. Notre devoir de protection nous projette aux niveaux régional et international, nous offrant ainsi l’opportunité de démontrer que la préservation peut aussi être une richesse ; qu’il est possible de valoriser notre espace marin, sans y porter atteinte. Il nous faut donc inventer un nouveau modèle économique qui consiste à observer plutôt qu’à prélever, à valoriser la biodiversité au lieu de l’exploiter. Pour cela, nous devons mobiliser la recherche et l’innovation, favoriser les activités durables et partager cette vision avec nos voisins. À l’avenir, c’est à ce patrimoine que la perception de la Nouvelle-Calédonie devra être associée. », affirme Monsieur Germain. En 2018, la Nouvelle-Calédonie célèbre les 10 ans d’inscription des lagons de Nouvelle-Calédonie, diversité récifale et écosystèmes associés au Patrimoine mondial de l’UNESCO. En parallèle, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a annoncé une protection élevée de 28 000 km2 d’espaces marins au sein du Parc Naturel de la Mer de Corail en août, et il y a quelques semaines, à l’occasion de la conférence « Our Océan », le président Philippe Germain a annoncé qu’il s’engageait à placer sous protection élevée 200 000 à 400 000 kilomètres carrés supplémentaires d’ici fin 2019. Crée en 2014, ce parc naturel d’une surface de 1,3 million de kilomètres