News from the field : ACB-CI

Community-based Conservation and local economic development around Tanoé Ehy Forest in Côte d’Ivoire, west Africa The Tanoe Ehy Forest (FTE, 12,000 ha) is located in the southeast of Côte d’Ivoire, on the border with Ghana. This natural area is still not officially recognized as a protected area, however, since 2006, several efforts conducted by national conservation actors such as the Centre Suisse de Recherches Scientifiques in Côte d’Ivoire (CSRS) and NGOs such as SOS Forêt and ACB-CI with the support of partners in Europe and the United States, led to intitate a community based conservation system in which local communities are full engaged as main management. The FTE, mainly surrounded by oil palm plantations whose products are sold mainly to PalmCI, remains spared from the encroachment of the plantations due to its swampy areas and the fight against forest conversion – especially since 2008, when the local population, with the support of ACB-CI and the CSRS, blocked the expansion of PalmCI into Tanoe forest area. Since this period, some projects have been carried out with the support of the PPI. This support help to develop conservation initiatives by supporting and strengthening capacity of local communities to conduct good practices in agriculture and the conservation of the Tanoé Ehy forest. For that, local communities have been organized in each village, in a “Village Association for Conservation and Development” (AVCD). At district level, AVCDs have been combined into “Association Intervillageoises de Gestion (AIVG)”. Since December 2017, local communities were supported to create the federation of AIVG which is the main contact for the communities during discussions with the authorities, donors, etc. ACB-CI strengthened the capacities of these local organizations on (i) good local governance practices, (ii) community association management, (iii) patrol and bio-monitoring, (iv) fundraising, and (v) awareness raising, etc. To date, eleven villages are involved in this community based conservation process in which women and young people play a main role. To better combine conservation and agriculture (their main activity with cocoa and palm oil plantations), a green value chain initiative was developed in collaboration with Man and Nature (with CEPF funding). Cassava and Non Timber Forest product (NTFP) with plant species like Xylopia aethiopica, Irvingia gabonensis, Ricinodendron heudelotii, Beilschmedia mannii, Garcinia kola and Tieghemella heckelii were developed either in farm but also as buffer zone around the Tanoe Ehy Forest.   104 women from 5 villages were thus trained in good practices and in the production of high-yielding cassava using sustainable practices. During an initial cycle, they produced 59 tonnes of cassava and obtained 15,850 kg of « Gari », a local end-product consumed in Côte d’Ivoire but m ainly in Ghana. The selling of this product is the main income of women from 11 villages surrounding the Tanoe ehy Forest. Population were committed to increase the forest cover with the development of agroforestry practices, thus more than 1,200 trees have been planted in 67.5 ha of cocoa plantations. Community patrols, made up of 22 trained young people (2 people per village), are organized twice a month. Many poachers and illegal loggers have been arrested in the presence of forest authorities of Côte d’Ivoire and equipment from these poachers and illegally cut timber have been seized. Transborder patrols have also been organized with neighboring communities from Ghana organized in CREMA and which are also involved in this project. However, for couples of months a new significant threat hangs over the forest and this community conservation initiative: gold mining exploitation. Thanks to the actions initiated by local communities supported by partners including our NGO, CSRS, the NGO SOS Forêt, meetings were organized with the Minister in charge of the environment, we are happy that the implementation of this mining activities is stopped…. for now. The threat is still there so local organizations and our NGO are closely monitoring the situation. In sum, with the support of the PPI, at least four threatened primate species with two critically endangered (Cercopithecus roloway, Cercocebus lunulatus), among numerous other wildlife species are in good protection. Moreover, this conservation support represents a real opportunity to empower local communities and the Community Organizations in order to improve the livelihoods of community members and their farming practices. The conversion of forest into low productivity extensive agricultural land is prevented and broad support of the population for forest conservation by improving livelihoods is ensured.

Interview de Martial KOUDERIN, CREDI

Martial, tu reviens de New York, où tu étais pour recevoir le Prix Equateur 2019 dans le cadre du travail réalisé avec CREDI. Félicitations… Que représente pour toi cette récompense? C’est un sentiment de joie et de satisfaction qui m’anime et qui anime toute l’équipe de CREDI-ONG en ce moment mémorable de notre histoire. Le Prix Equateur représente pour nous, d’une part une marque très encourageante de reconnaissance internationale de nos efforts pour la conservation et la gestion durable des ressources naturelles notre patrimoine commun.  Et d’autre part ce Prix vient mettre en lumière les effets et impacts que ces efforts du quotidien – depuis déjà plus d’une dizaine d’années – ont généré sur la biodiversité et les communautés du Parc Naturel Communautaire de la Vallée du Sitatunga (PNCVS).   Aujourd’hui, plus que jamais nous nous sentons investi d’une lourde responsabilité aux yeux de la communauté internationale et avons à cœur de conserver toute notre CREDIbilité pour « contribuer à l’émergence de générations de ‘‘citoyen∙ne∙s du monde ’’ aptes à proposer et mettre en œuvre des solutions locales et durables pour un développement humain respectueux de la Nature ».  Que retiens–tu de ton séjour à New York, notamment des rencontres avec les autres lauréats du Prix  en 2019 ? Ce séjour a-t-il fait changer ta vision des choses et quelles sont les leçons apprises ?  Mon séjour à New York était une opportunité pour se rendre compte de l’importance accordée à notre travail dans notre petit coin au Bénin. La rencontre et les échanges avec les autres lauréats m’a tout d’abord permis de me rendre compte que nous ne sommes pas seuls dans ce combat pour la protection de l’environnement. Comme nous de nombreux acteurs à travers le monde ont opté pour une approche communautaire de gestion des ressources naturelles. C’est assez réconfortant et galvanisant d’avoir la chance d’en découvrir autant et en si peu de temps dans un même lieu… Je ne pourrais pas cacher mon envie de faire le tour pour aller découvrir, admirer et s’enrichir davantage de ces différentes réalités et actions diverses de terrain mis en œuvre à travers le monde. L’occasion pour moi de constater que les problématiques touchant à la conservation de la Nature sont partout les mêmes mais s’exprimant à des degrés divers. Face à cela, il me paraît important de faire marcher l’intelligence collective et – j’en ai l’intime conviction – nourrir nos solutions actuelles des Sagesses et Savoirs Ancestraux. En termes de vision, ce séjour vient renforcer mes convictions par rapport à la capacité des peuples autochtones à développer des modes d’existence basées sur une gestion durable des ressources naturelles de leur territoire. J’ai davantage d’inquiétude vis-à-vis des peuples urbains comme celui de New-York – où je mettais pieds pour la première fois – qui vivent quasiment ‘’hors sol’’ et auront selon moi davantage de difficultés à y parvenir faute de racines à arroser. Cela questionne nos propres modèles de villes et territoires durables au Bénin et en Afrique. Aujourd’hui, CREDI-ONG a le sentiment d’appartenir à une grande famille – celle des nombreux lauréats du Prix équateur. Cette appartenance filiale nous oblige. Nous souhaitons y prendre une part active pour impulser collectivement des changements de pratiques et politiques globales plus favorables aux peuples autochtones et initiatives locales de conservation de la Nature. Quels sont les défis pour CREDI à l’heure actuelle, les perspectives et les priorités pour les années à venir ? Ton séjour t’a t’il donné de nouvelles idées à expérimenter sur le terrain ?  En se référant à la vision développée dans le Plan d’Aménagement et de Gestion (PAG) de la Vallée du Sitatunga, je cite « A horizon 2030, le PNCVS est un modèle intercommunal de conservation qui assure l’amélioration de l’état des ressources naturelles et la durabilité des services écosystémiques pour le bonheur des populations » fin de citation. Le défi majeur de CREDI-ONG est d’œuvrer pour une autonomisation institutionnelle et opérationnelle du PNCVS. En effet, à l’étape actuelle de l’initiative « Vallée du Sitatunga », CREDI-ONG reste encore très indispensable dans le dispositif de gestion. En même temps que cela apparaît tout à fait normal au regard de notre histoire, le souci de pérennisation nous oblige en ce moment à mettre en place un cadre institutionnel qui responsabilise davantage les collectivités locales et qui renforce le statut juridique de l’aire protégée. A cet effet, CREDI-ONG dans les années à venir va œuvrer pour : Renforcer le système de gestion et le doter des outils adéquats Conserver la biodiversité et les habitats de manière participative Améliorer les connaissances sur les espèces, les écosystèmes et leur fonctionnement Valoriser les ressources par le développement touristique et l’éducation environnementale Améliorer durablement les conditions de vie des couches vulnérables par le développement d’activités culturelles et écologiques. Ce prix vient récompenser des individus et leur leadership. Selon toi, être un bon leader c’est quoi ?  Pour moi un bon leader est celui qui est le premier à incarner pour lui-même les changements qu’ils souhaitent voir se réaliser autour de lui. Ainsi, il veille à la cohérence entre ses actes et ses paroles ce qui lui confère toute sa crédibilité. Humble, un bon leader se rappelle toujours que ce qu’il récolte n’est souvent pas le fruit de son seul labeur mais aussi celui de la pluie, du soleil et de cette magnifique biodiversité qui dans l’ombre et souvent en silen ce a transformé une matière en milles autres… Un conseil à donner à de jeunes acteurs de la société civile africaine souhaitant travailler sur des problématiques environnementales en Afrique de l’Ouest ? Un adage dit: “Ne craignez pas d’être lent, craignez seulement d’être arrêté!” C’est le conseil principal que je donnerais à mes jeunes frères de la société civile africaine. En effet, je remarque que la patience est une espèce de vertu en voie de disparition. Or, le développement d’initiatives comme les nôtres – un peu à contre courant des trajectoires de nos sociétés africaines actuelles –  nécessite des changements profonds et longs de rapport à notre territoire, à sa culture – toujours fortement dévalorisée – et à sa nature. Ses changements doivent être semés aujourd’hui tout en sachant qu’ils peuvent rester longtemps en dormance, pour germer un beau jour, puis croître doucement quand les conditions leurs sont favorables… Nous sommes jeunes et avons le temps pour nous. Alors patiemment, semons, semons sans relâche, une graine finira bien par germer! “Beaucoup de petits gens faisant beaucoup de petits pas dans beaucoup de petits endroits peuvent beaucoup changer le monde”. Soyons tous de petits gens et le monde irait beaucoup mieux.

Interview of Emmanuel WIRSIY, CAMGEW

Emma, you’re coming back from New York, where you were to receive the 2019 Equator Prize in the work with CAMGEW. Congratulations … What does this reward mean to you? CAMGEW winning the Equator Prize Award for 2019 is an acknowledgement that “CAMGEW is a Trust to be Trusted”. This makes our team proud of their commitment and community acceptance and encourages them to work harder. This success could not be there without the engagement of the Kilum-Ijim forest communities. CAMGEW is proud of community ownership of her work that ensures sustainability. This award comes to strengthen community solidarity and show that local actions can have global impacts in tackling climate change. The awards have come to encourage CAMGEW team and forest communities to do more and never to relent their efforts. CAMGEW is proud of citizen engagement in conservation of Kilum-Ijim forest that is shown through the reduction in bushfires (a major forest threat) from 7 in 2012 to zero in 2018 and 2019. This demonstrates that community solidarity can be their insurance to tackle their present community challenges. Our local actions especially in forest regeneration and agroforestry have shown too that it has a global impact and recognition especially in climate change mitigation/adaptation and this has just encouraged our people to keep working. Our people can see that their engagement has something to do with achieving the Sustainable Development Goals (SDGs) of the United Nations. What do you remember from your stay in New York, including meetings with the other winners of the Prize in 2019? Did this trip change your vision and what are the lessons learned? New York is a city with a difference. I could see diversity of people and the management of space through the construction of sky scrapers. The first time I slept on the 50th floor and could watch the world from beyond. It took me less than a minute to get to the 50th floor on a lift. It was amazing but I was saddened because I saw little nature around like trees. It was busy with night and day having the same light. The Equator prize award ceremony of UNDP took place during UN General Assemly week. This brought together indigenous and local people plus their representatives from all continents. They were people with different cultures, dressing, language, behaviours, religions and different solutions that make the world a better place. It was great watching every winner move on the street of New York with their dressing and speaking different languages. New York dwellers watch with much amazement but it mean less to us as we mind our business. I left New York deeply satisfied with the efforts of other people in solving the mother earth problems. The winners used different methods to address world’s environmental, cultural, social and economic problems. They were passionate about their work and confident of their workability to end earth challenges. I was confident about my own methodology in solving mother-earth problems. The commitment was clear, the gathering of government, business actors, indigenous and local people and civil society organization to talk about mother earth problems showed to me that we can get a solution. I left satisfied that local solutions are recognized as a way to tackle mother earth problems I left knowing that the solution to climate change is in our hands and that the war can be won with concerted action. CAMGEW and 21 other winners will join a network of 223 communities from 78 countries that have received the Equator Prize since its inception in 2002 to continue sharing and learning from each other. As a winner, Cameroon Gender and Environment Watch will receive $10,000 USD to continue forest conservation and livelihood improvement activities in Kilum-Ijim forest area. We thank the partners who will make these funds available to us. What are the challenges for CAMGEW at the moment, the perspectives and priorities for the coming years? Did your stay give you new ideas to experiment on the ground? One of the greatest challenges is the socio-political crisis in the Anglophone regions that make work difficult. We pray a solution is gotten for this problem. Despite the crisis CAMGEW has continued working but her funding which came heavily from PPI-FFEM ended. CAMGEW need to engage in fund raising for her activities. CAMGEW need institutional capacity building in financial management and communication strategy. CAMGEW need more funding to facilitate the development of honey value chain. CAMGEW need to build community capacity apiculture, agroforestry and carryout forest regeneration forest monitoring. CAMGEW also wish to promote good forest governance activities. CAMGEW need to work in a synergy with other organizations to develop and execute join proposal. This award recognizes individuals and their leadership. According to you, being a good leader is what? Leadership is about decision making. It is also about being a model in your community for others to emulate. Leadership means leading by example or in practice. It is about listening to others, reporting, information sharing and being ready to answer questions when need be. Leadership is about promoting team spirit and engaging project beneficiaries in project planning, writing, execution, monitoring and evaluation. It is a call to serve and not to be served. Advice to give to young actors of the African civil society wishing to work on environmental issues in Central Africa? Young actors need to start from small and grow. They need to remain focus believe that small is beautiful. They need to learn how to use small money to attain their project goal. They must learn how to share information and skills among themselves and learn from others who have much experience than them. They must think positive, work hard and be committed. They need to know the future is in their hands and must be handed to future generation in the same way or better state. They must create various partnerships for institutional capacity building, fund raising, staff capacity building, financial management and communication strategy.   More

Des nouvelles du terrain : Forêt d’Ebo au Cameroun

Un groupe d’acteurs de la société civile camerounaise, dont font partie les organisations EBO FOREST RESEARCH PROJECT, SEKAKOH et COMAID (tous les trois bénéficiaires d’un appui du PPI) vient d’adresser un courrier au gouvernement camerounais, lui demandant de suspendre les plans de création de deux concessions d’exploitation forestière dans la forêt d’Ebo. Il préconise d’engager à la place toutes les parties prenantes, y compris les communautés locales vivant autour de la forêt, pour élaborer un plan d’aménagement du territoire inclusif. Ce courrier est cosigné par plus de 60 écologistes et chercheurs camerounais et internationaux dont le président du Groupe de Spécialistes des Primates de l’UICN, Située à environ 60 km de Douala, dans la région du Littoral, la forêt d’Ebo (1 110 km2), est l’écosystème fonctionnellement intact le plus important dans le hotspot de biodiversité du golfe de Guinée. Cette forêt abrite la population la plus importante de chimpanzés du Nigeria-Cameroun (Pan troglydtes ellioti, EN), mais aussi des gorilles (Gorilla gorilla sp., CR), des éléphants de forêt (Loxodonta cyclotis, EN), des drills (Mandrillus leacophaeus, EN) ainsi que des colobes Bai de Preuss (Piliocolobus preussi, CR). En plus de cette riche biodiversité, la forêt d’Ebo abrite plus de 40 communautés qui accordent à cet espace et aux ressources une importance culturelle, coutumière et économique considérable. Les populations riveraines d’Ebo y puisent en effet des ressources pour leur subsistance (produits forestiers non ligneux et pour la médecine traditionnelle). En 2007, avec l’appui technique du WWF et du San Diego Zoo Global, le processus de création d’un parc national avait été enclenché mais force est de constater qu’à ce jour le parc national d’Ebo n’a toujours pas été classé par le gouvernement du Cameroun. La biodiversité de cette forêt est principalement menacée par le braconnage et le trafic d’espèces, mais aussi par l’exploitation forestière illégale et l’établissement d’une vaste plantation de palmiers à huile dans la zone tampon au nord-ouest. Comme constaté dans d’autres zones, ces exploitations forestières menacent directement la biodiversité exceptionnelle abritée par cette forêt. Elles risquent également d’aggraver les pressions sur les espèces et leurs habitats par l’afflux de travailleurs peu rémunérés dans la région qui pourraient chercher à compléter leurs maigres revenus par la chasse et l’agriculture de subsistance.

News from the field : Ebo forest in Cameroon

A group of Cameroonian civil society actors, including the organizations EBO FOREST RESEARCH PROJECT, SEKAKOH and COMAID (all three beneficiaries of PPI support) has just sent a letter to the Cameroonian government, requesting the suspension of the creation of two logging concessions in the Ebo forest. It recommends instead engaging all stakeholders, including local communities living around the forest, to develop an inclusive land use plan. This letter is co-signed by more than 60 Cameroonian and international ecologists and researchers, including the president of the IUCN Primate Specialist Group. Located approximately 60 km from Douala in the Littoral region, the Ebo forest (1,110 km2) is the most functionally intact ecosystem in the Gulf of Guinea biodiversity hotspot. This forest is home to the largest population of Nigeria-Cameroon chimpanzees (Pan troglydtes ellioti, EN), as well as gorillas (Gorilla gorilla sp., CR), forest elephants (Loxodonta cyclotis, EN), drills (Mandrillus leacophaeus, EN) as well as Preuss’s red colobus (Piliocolobus preussi, CR). In addition to this rich biodiversity, the Ebo forest is home to more than 40 communities which give this space and resources considerable cultural, customary and economic importance. The people living near Ebo depend on resources for their subsistence (non-timber forest products for food and traditional medicine). In 2007, with the technical support of the WWF and the San Diego Zoo Global, the process of creating a national park had started, but to this day Ebo national park has still not has been classified by the government of Cameroon. The biodiversity of this forest is mainly threatened by poaching and wildlife trafficking, but also by illegal logging and the establishment of a large oil palm plantation in the buffer zone to the northwest. As noted in other areas, these logging operations directly threaten the exceptional biodiversity sheltered by this forest. They are also likely to exacerbate pressures on species and their habitats by the migration of low-paid workers into the region who may seek to supplement their meager incomes with hunting and subsistence farming.  

28 NEW BIODIVERSITY CONSERVATION PROJECTS IN AFRICA

Despite the current context of the crisis linked to the Covid-19 pandemic, the PPI remains mobilized and 28 new biodiversity conservation projects in 9 African countries have started since the beginning of the year (full list of projects available here and the map here). All these projects were selected beforehand by the PPI selection committee, which met at the end of 2019 to study all the 43 preselected proposals (out of a total of 506 proposals received) which were submitted during the last call for proposals. The latter specifically targeted the following topics: the protection of endangered species, the improvement of territorial governance, the management of Protected Areas (PA) and their peripheries and the fight against poaching and illegal wildlife trade. The call for proposals targeted new Civil Society Organizations (CSOs) that had never received PPI funding. Among the innovations, the MAVA Foundation joined the PPI by funding the opening to 7 new countries located on the Atlantic coast of West Africa, which brought to 19 the total number of countries eligible for the program. Thanks to funding from the French Global Environment Facility (FFEM) and the MAVA Foundation, the total amount allocated for these 28 projects is approximately 880,000 euros (an average of 32k€ per project). Through small grants, organizations will have the common objective of implementing local biodiversity conservation projects through concrete actions in the field. They will be supported throughout the duration by the French Committee of IUCN which, beyond the funding granted, will also provide additional support to strengthen their capacities. In addition to the 28 new projects, the PPI also decided to continue supporting the development of two thematic networks: the Alliance for the Conservation of Great Apes in Central Africa (Alliance GSAC) and the Network of Actors for the Conservation of Marine turtles in Central Africa (RASTOMA). Following on from the initial support, these two networks will each benefit from a grant of 50,000 € which will enable them to professionalize, to strengthen the capacities of their members and to increase their political influence in the conservation of these emblematic species for the Central Africa. Quite specifically, the two networks will also begin a strategic collaboration which will initially materialize by sharing a common office in Yaoundé. We warmly thank all the members of the PPI selection committee (Full list of members) , which this year was composed of former beneficiaries, who were not eligible for this session. We wish good luck to the 28 organizations and 2 networks that are launching these new projects despite the current global situation which is causing a lot of uncertainty. We also wish to give them our full support and solidarity during this troubled period. Our priority is to ensure that all of our partner organizations and their teams can get through this ordeal as smoothly and carefully as possible. Good luck to all !  

Les dunes côtières et rivages sableux méditerranéens sont menacés en France

Le Comité français de l’UICN a évalué, en partenariat avec l’OFB et le MNHN, les menaces pesant sur les dunes côtières et rivages sableux méditerranéens de France métropolitaine, dans le cadre de « La Liste rouge des écosystèmes en France ». Les analyses montrent que ces écosystèmes, qui représentent environ 26 % du linéaire côtier méditerranéen en France, sont globalement menacés. Présentation des résultats 7 des 9 écosystèmes constituant les littoraux sableux méditerranéens en France sont menacés, évalués « En Danger » ou « Vulnérable ». Cette première évaluation révèle combien ces écosystèmes ont été profondément affectés et fragmentés par l’artificialisation du littoral depuis les années 1960, mais soulignent également les impacts actuels de la surfréquentation touristique et de la modification de la dynamique sédimentaire littorale à l’échelle de la façade méditerranéenne, qui aggravent les phénomènes d’érosion des côtes. Les dunes blanches constituent l’écosystème le plus menacé des côtes sableuses méditerranéennes en France et sont évaluées « En Danger « (EN). Les plage sableuses, les dunes embryonnaires ou encore les dunes grises sont quant à elles évaluées « Vulnérable » (VU). Or, le bon état de la végétation des dunes littorales et leur capacité à accompagner les mouvements d’avancée ou de recul du trait de côte sont des conditions nécessaires pour assurer le stockage du sable et le rechargement efficace des plages. La lutte contre l’artificialisation du littoral doit être la priorité pour assurer la sauvegarde de ces écosystèmes et il faut investir dans les solutions fondées sur la nature, afin de lutter contre l’érosion côtière tout en préservant la biodiversité. Ces solutions doivent notamment être mises en œuvre comme alternatives ou en remplacement des infrastructures construites par le passé. Protéger les dunes mobiles contre l’érosion et le piétinement dû à la surfréquentation touristique représente également une stratégie de conservation des littoraux sableux méditerranéens efficace, tout comme la modification des pratiques de nettoyage mécanisé des plages. Maintenir le bon fonctionnement et la dynamique de nos côtes sableuses méditerranéennes est enfin nécessaire dans le contexte des changements climatiques, qui entraînent une montée du niveau marin et un renforcement des événements climatiques extrêmes.   La Liste rouge des écosystèmes de l’UICN La Liste rouge des écosystèmes de l’UICN permet, selon un standard mondial, d’évaluer les menaces pesant sur la biodiversité à l’échelle des écosystèmes. Cette Liste rouge vient ainsi s’inscrire en complément de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN pour apporter des connaissances plus complètes sur l’état de la biodiversité. En plus d’identifier les écosystèmes menacés, la Liste rouge des écosystèmes permet de connaître et de décrire l’ensemble des processus qui les affectent. Ces résultats facilitent la mise en place d’actions et la prise de conscience politique et sociétale face à l’importance des enjeux de conservation de la biodiversité, à l’échelle des écosystèmes. L’élaboration de la Liste rouge des écosystèmes en France est pilotée par le Comité français de l’UICN, en partenariat avec l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN). Les évaluations des littoraux méditerranéens ont été réalisés en collaboration avec les Conservatoires botaniques nationaux et l’expertise de nombreux membres et des experts du réseau de l’UICN en France. >>  La Liste rouge des écosystèmes en France   Plus d’informations – Communiqué de presse (mai 2020) – Rapport de synthèse : Comité français de l’UICN, 2020. La Liste rouge des écosystèmes en France – Chapitre littoraux méditerranéens de France métropolitaine Vol 1 : dunes côtières et rivages sableux, Paris, France, 28 pages. Contacts Clémentine Azam, Chargée du programme « écosystèmes » Aurélien Carré, Chargé de mission « Liste rouge des écosystèmes » photo bandeau © EID méditerranée

TRIBUNE « La résilience de notre économie passe par des territoires résilients »

Dans une tribune publiée sur le JDD, des représentants d’espaces naturels et de zones protégées en France appellent à une reprise économique prenant en compte climat et biodiversité. Bernard Cressens, Président du Comité français de l’UICN est un des co-signataires. Le coronavirus n’est que l’un des symptômes du dysfonctionnement de nos sociétés mondialisées dont l’une des conséquences est la transmission facilitée d’agents infectieux entre les animaux sauvages et l’humain. Même si la littérature scientifique en fait déjà état depuis plusieurs dizaines d’années, il n’est plus possible d’ignorer les liens existants entre déforestation, commerce d’espèces sauvages, agriculture intensive ou artificialisation des sols et incidence de maladies infectieuses chez l’homme. La presse nationale et internationale s’est d’ailleurs très largement faite le relais de ces constats et l’ensemble de la classe politique semble s’être rangé derrière les appels croissants à un changement de société, socialement et environnementalement plus juste. Comment ne pas formuler ce vœu ? Face à cette crise sanitaire, et à la crise économique majeure qui s’annonce, il est frappant de trouver une communauté d’origine avec la crise climatique et le déclin dramatique de la biodiversité. Nous nous devons de profiter du « jour d’après » pour tenter de résoudre transversalement l’équation, d’autant que nos efforts en la matière restent pour le moins insuffisants. Cette réalité est appréhendée de façon différente selon nos sensibilités mais elle se traduit déjà par des projets de relance de l’économie d’une ampleur jamais atteinte et par des projets de relocalisation massifs. Que notre gouvernement se consacre à cette priorité est tout à fait légitime mais nous croyons qu’il est tout aussi légitime de privilégier dans sa démarche la construction d’une économie résiliente, centrée sur la préservation de la nature et des services qu’elle nous rend. « Le répit que vit la planète pendant que nous sommes confinés ne doit pas se transformer en sursis » Ainsi, quel que soit le plan qui sera retenu il est impératif que les États ne privilégient pas des stratégies de relance à court terme au détriment de leurs engagements climatiques et environnementaux. En d’autres termes, le répit que vit la planète pendant que nous sommes confinés ne doit pas se transformer en sursis. La France est entrée en récession et il nous sera extrêmement difficile de soutenir une économie dont la vulnérabilité est exacerbée par les effets du changement climatique. Nous savons qu’il est déjà impossible à certains territoires d’accueillir de nouvelles entreprises, faute d’une ressource en eau de qualité, en quantité suffisante. L’an dernier, en France, 85 départements faisaient l’objet de restrictions d’usage du fait d’une sécheresse généralisée et les pénuries, qui se multiplient dans un contexte climatique changeant, remettent aujourd’hui en question la pérennité d’activités économiques historiques. Notre capacité à rembourser la dette que nous allons contracter pour relancer notre économie est fortement conditionnée à la capacité de notre pays à s’adapter au changement climatique. C’est une priorité, car des territoires vulnérables, dont les fonctionnalités écologiques ont été dégradées, sont eux même le support d’un tissu économique fragile. En toute logique, si nous voulons rebâtir une économie résiliente, nos territoires ruraux et urbains doivent eux aussi êtres résilients aux effets du changement climatique, capables de protéger la ressource en eau (en préservant les stocks naturels et en l’épurant), de conserver leur stock de carbone naturel, de préserver les paysages, les espaces et les espèces, non pas uniquement pour leur intérêt propre mais parce qu’ils sont indispensables à toute vie et à toute activité économique. Il en va ainsi de l’ensemble des écosystèmes et notamment des milieux humides : des marais, des mangroves, des récifs coralliens, des tourbières, des prairies inondables, des lagunes, des mares et des étangs, en passant par l’ensemble des cours d’eau, ruisseaux et chevelus de tête de bassins versants (qui sont les châteaux d’eau naturels de la France). « Des territoires vulnérables aux aléas climatiques sont le support d’activités économiques fragiles » Depuis des années, nous détruisons nos espaces naturels. 7m² de nature sont bétonnés chaque seconde dans le monde. Ce qui est vrai au Brésil l’est aussi chez nous, d’autant que nous contribuons à cette destruction en important des produits issus de la déforestation. Depuis le début du 18e siècle, ce sont 87 % des zones humides mondiales qui ont été détruites ou dégradées. Selon le Secrétariat de la Convention de Ramsar, entre 1970 et 2015, environ 35 % des zones humides de la planète ont disparu et le rythme de disparition s’est accéléré depuis 2000. Aucune région n’est épargnée. Nous ne pouvons plus nous permettre l’indécence de détruire notre planète dans une logique de profit à court terme et, avec elle, les services vitaux qu’elle nous rend gratuitement. Il s’agirait d’une perte à moyen-long-terme. Après la crise sanitaire, il existe un véritable risque pour que la destruction de nos écosystèmes se poursuive dans l’indifférence générale. Les responsables politiques doivent aujourd’hui prendre conscience que la relance de notre économie est illusoire si elle contribue à neutraliser les services que nous rend la nature, et si elle se fait au mépris des solidarités territoriales. Au-delà de ses multiples conséquences sociales et économiques, cette crise nous offre en effet l’opportunité de faire de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique les nouveaux déterminants de nos politiques publiques, dans lesquelles les zones humides ont un rôle majeur à jouer. Ces terres d’eau sont des territoires pionniers pour la transition écologique et sociale et, comme « Solutions fondées sur la Nature » (SFN), elles sont plus que pertinentes pour répondre aux grands défis sociétaux : santé, sécurité alimentaire, approvisionnement en eau … Définies par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les SfN consistent à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes pour relever directement les défis de société. Elles sont à ce titre plébiscitées dans les derniers rapports du GIEC, de l’IPBES et des Nations Unies sur l’eau et le changement climatique, comme étant indispensables pour répondre à de nombreux enjeux planétaires relatifs à l’eau, et apporter dans le même temps

Les Actes du 4e colloque national des aires marines protégées sont en ligne

L’OFB et le Comité français de l’UICN, organisateurs du 4ème colloque national des aires marines protégées qui s’est tenu à Biarritz en octobre dernier, sont heureux de vous informer de la mise en ligne des Actes du colloque. Plus de 400 acteurs de la mer venus d’horizons variés (État, gestionnaires d’aires marines protégées, socioprofessionnels, scientifiques, associations) ont travaillé intensément durant les trois jours du colloque afin de contribuer à la prochaine stratégie nationale aires marines protégées 2020-2030.   Ces Actes reprennent toutes les interventions  lors des plénières, dont celles sur : – la contribution des zones de protection forte au bon état du milieu, à la gestion des ressources, à  la naturalité des sites – Outre-mer : Quelles  ambitions pour 96 % de l’espace maritime français ?   Les interventions des panélistes lors des  plénières thématiques dédiées aux cinq enjeux de la nouvelle stratégie 2020-2030 : – Un réseau complet et cohérent – Un réseau de qualité grâce à une gestion efficace et efficiente – Un réseau contribuant à des usages durables – Un réseau intégré dans les politiques et les territoires – Un réseau mobilisateur et engageant   Les synthèses des conclusions des ateliers stratégiques et des ateliers opérationnels sont présentées sous forme de tableau. Enfin, les résumés des conférences et des cafés des connaissances sont également disponibles (en annexe)   Plus d’informations – Télécharger les Actes – Le site internet dédié au colloque – Le programme aires protégées du Comité français de l’UICN photo bandeau © Phoebe Henricks 

TRIBUNE Covid-19 « Biodiversité : il faudra tirer les conséquences de cette crise »

Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), craint une « démobilisation sur les enjeux de biodiversité » avec la crise sanitaire actuelle. Or, plaide-t-il, la pandémie devrait justement être considérée comme une nouvelle alerte. Le Congrès mondial de la nature l’UICN qui devait se tenir en juin 2020 à Marseille vient d’être officiellement reporté du 7 au 15 janvier 2021. Cet événement rassemblera toute la communauté internationale de la conservation de la nature pour relancer la mobilisation en faveur de la biodiversité et enrayer son déclin alarmant. Les 1 300 organisations membres de l’Union Internationale pour la conservation de la nature, son réseau de plus de 15 000 experts, ainsi que de nombreux autres acteurs (Etats, agences de l’ONU, associations, institutions scientifiques, entreprises, collectivités…) y sont attendus pour débattre des enjeux et proposer des solutions. Le congrès sera suivi de la COP15 Biodiversité en Chine, dont le report a également été annoncé, qui va dresser le bilan des actions engagées sur les 10 dernières années et adopter le nouveau cadre mondial de la biodiversité pour les 10 prochaines. Ces deux événements internationaux, en France et en Chine, sont une opportunité exceptionnelle de fixer un cap ambitieux et des mesures opérationnelles pour protéger la nature. « Le virus illustre les dangers de la surexploitation des espèces sauvages » Avec la crise sanitaire actuelle, un risque de démobilisation sur les enjeux de biodiversité pourrait arriver et les reléguer en arrière-plan des priorités internationales et nationales. Cependant le Congrès mondial de l’UICN et la COP15 sont plus que jamais nécessaires pour agir pour une planète plus saine et plus durable! L’épidémie mondiale du Covid-19 trouve en effet son origine dans les pressions que nous exerçons sur la biodiversité. Le virus a émergé depuis un marché de Wuhan en Chine en mettant en contact des animaux sauvages, des animaux domestiques et la population humaine. Il est vraisemblablement issu d’une recombinaison virale impliquant plusieurs hôtes sauvages, parmi lesquels des chauves-souris et des pangolins. Il illustre les dangers de la surexploitation des espèces sauvages, considérée comme la 2e grande cause de disparition de la biodiversité dans le monde, à la fois pour la survie des espèces elles-mêmes et pour les humains. Toutes les espèces de pangolins (4 asiatiques et 4 africaines) figurent dans la liste rouge des espèces menacées de l’UICN et font l’objet d’un braconnage et d’un trafic intenses malgré leur inscription à l’annexe 1 de la convention de Washington (CITES) interdisant leur commerce international. On estime que plus de 200.000 individus sont braconnés chaque année dans le monde. « C’est une nouvelle alerte sur le lien entre crise de la biodiversité et crise sanitaire » C’est une nouvelle alerte, ici sans précédent, sur le lien entre crise de la biodiversité et crise sanitaire puisque de précédentes épidémies (Ebola, le SRAS ou la grippe aviaire) avaient aussi trouvé leur origine dans les atteintes à la biodiversité. La dégradation des milieux naturels et le trafic illégal favorisent les contacts avec les espèces sauvages, et donc la transmission de pathogènes aux humains, et déstabilisent le fonctionnement des écosystèmes. La mondialisation de nos échanges et les élevages intensifs accentuent aussi les risques d’apparition et de propagation de maladies. A l’inverse, des écosystèmes préservés et diversifiés permettent d’avoir un système plus résilient et plus régulé. L’Evaluation des écosystèmes pour le Millénaire publié en 2005 par l’ONU indiquait déjà que l’érosion des écosystèmes pourrait entraîner une augmentation des maladies existantes ainsi qu’un risque accru de nouvelles maladies émergentes. Il montrait aussi tous les services que nous rendent les écosystèmes pour notre santé, la régulation du climat, la pollinisation des cultures et bien d’autres. Il faudra tirer les conséquences de cette crise en intégrant pleinement ses liens avec la dégradation de la nature. La mobilisation engagée pour la protection de la biodiversité en 2020 doit donc impérativement se poursuivre car elle est indispensable au bien-être humain et à une planète plus durable. » Par Sébastien Moncorps, Directeur du Comité Français de l’UICN > Voir la tribune sur le Journal du Dimanche (publiée le 4 avril 2020) > Lire l’article « Le Covid-19 : un symptôme de la crise de la biodiversité » > La page dédiée à notre mobilisation pour Congrès mondial de la nature de l’UICN