Le Covid-19 : un symptôme de la crise de la biodiversité

Face à l’épidémie mondiale de Covid-19 due à la propagation d’un nouveau coronavirus, les prises de parole des scientifiques de l’écologie se sont multipliées ces derniers jours pour alerter sur le lien entre les atteintes que nous faisons subir à la biodiversité et l’émergence de nouvelles maladies infectieuses épidémiques. Pour le Comité français de l’UICN comme pour ces chercheurs, la destruction des habitats naturels, le commerce et la consommation d’animaux sauvages exotiques et les perturbations de toutes sortes imposées aux écosystèmes par les activités humaines, engendrent des déséquilibres écologiques importants qui créent de plus en plus de possibilités de passage des micro-organismes issus de la faune sauvage vers les humains. Comme d’autres épidémies majeures survenues ces dernières années (SRAS, MERS, Sida, Ebola…), ce sont encore une fois les activités humaines et leurs impacts sur l’environnement qui sont pointées du doigt dans la propagation du nouveau virus de type SARS-CoV. Parti d’un marché commercialisant des animaux sauvages à Wuhan en Chine, le pathogène est vraisemblablement issu d’une recombinaison virale impliquant plusieurs hôtes sauvages, parmi lesquels des chauves-souris et des pangolins. Illustrant la pression des trafics sur la faune, ces derniers figurent au rang des animaux les plus braconnés au monde. Malgré le classement des huit espèces de pangolins parmi les espèces menacées de la Liste rouge de l’UICN et leur inscription à l’annexe 1 de la convention de Washington (CITES) interdisant leur commerce international, ces animaux sont victimes d’intenses trafics pour leur viande et leurs écailles, avec une estimation de plus de 200 000 individus braconnés chaque année dans le monde. Cette crise sanitaire d’une ampleur inédite apparaît ainsi comme le symptôme d’une crise plus profonde, celle de la biodiversité. En poursuivant la destruction de la nature comme nous la menons jusque-là, nous nous dirigeons vraisemblablement au-devant de déséquilibres encore plus dangereux pour l’Humanité. Le Comité français de l’UICN appelle donc instamment à ce que cette crise sanitaire agisse comme un signal d’alarme.  Il appelle également à poursuivre la mobilisation engagée pour la préservation de la biodiversité dans la perspective du prochain Congrès mondial de l’UICN et de la COP15 Biodiversité (lire la tribune du Directeur du Comité français de l’UICN parue dans le JDD). Pour nous prémunir de nouvelles pandémies dans les prochaines années, elle doit être le déclencheur de changements profonds dans nos façons de produire et de consommer, nos modes d’élevage intensif et notre économie mondialisée. Plus largement, elle doit nous conduire à repenser notre relation avec le vivant pour nous assurer à l’avenir un environnement préservé garant de notre sécurité sanitaire. « L’accélération des pressions humaines sur le reste du vivant, la destruction et l’uniformisation des milieux naturels remplacés par les paysages de l’agriculture industrielle, le commerce incontrôlé et international des plantes et des animaux sauvages au prétexte de traditions locales, voilà certaines des raisons du creusement des inégalités et des sources de quelques émergences sanitaires », selon François Moutou, épidémiologiste et expert de la Commission de sauvegarde des espèces du Comité français de l’UICN.   Plus d’informations – La Liste rouge mondiale des espèces menacées – Les décisions prises lors de la COP18 de la CITES Sources et  sélection de quelques articles proposés sur ce thème : – Coronavirus : « La disparition du monde sauvage facilite les épidémies » Marianne, 17 mars 2020, interview de Serge Morand (CNRS / Cirad)  – Covid-19 ou la pandémie d’une biodiversité maltraitée The Conversation, 25 mars 2020, par Jean-Louis Justine (MNHN) et Philippe Grandcolas (CNRS) – Le Covid-19, symptôme d’une biodiversité maltraitée par l’activité humaine Science et avenir, 31 mars 2020 – « Le problème ne vient pas des espèces animales mais des changements environnementaux issus de nos activités » Actu-environnement, 24 mars 2020, interview de Camille Lebarbenchon (Université de La Réunion)

Marseille adopte une stratégie pour sa biodiversité terrestre et marine

Fruit d’un travail volontaire, issu d’une concertation de plus de trois ans avec l’ensemble des acteurs du territoire marseillais concernés par la biodiversité, la Ville de Marseille accompagnée par le Comité français de l’UICN, a adopté à l’automne 2019, sa stratégie locale et partenariale en faveur de la biodiversité terrestre et marine. A quelques mois du Congrès mondial de la Nature de l’UICN, événement incontournable pour la communauté internationale de la conservation de la nature qui se tiendra à Marseille, la Ville souhaite déployer à cette occasion avec ses partenaires un ensemble d’actions pour permettre la reconquête de la biodiversité sur son territoire. La Ville de Marseille s’est investie depuis plusieurs années en faveur de la biodiversité. La priorité a d’abord porté sur la maitrise foncière des espaces naturels, l’éducation à l’environnement de jeunes marseillais et la gestion écologique des espaces verts. La Ville a souhaité renforcer cette implication par la réalisation d’une stratégie locale partagée de la biodiversité. Ainsi près de 70 structures (universités, associations, établissements publics, collectivités, entreprises) ont contribué à son élaboration avec l’appui du Comité français de l’UICN.   Après plusieurs mois d’échanges et de réflexion avec les partenaires, trois enjeux majeurs du territoire ont été définis : 1. Préserver, renforcer et rétablir les continuités écologiques et leurs fonctionnalités, 2. Développer une culture de la nature à Marseille, 3. Améliorer les connaissances scientifiques autour de la biodiversité au niveau local. Ces trois enjeux sont assortis d’une série d’actions opérationnelles qui seront mises en œuvre par la Ville et ses partenaires. A titre d’exemples, on peut citer les mesures suivantes : – Mener des actions de désimperméabilisation des sols dans le tissu urbain -Réhabiliter et renaturer le lit et les berges des cours d’eau (Huveaune, Jarret et Aygalades) pour restaurer la trame verte et bleue – Sanctuariser les dernières zones agricoles péri-urbaines (notamment sur le piémont du massif de l’Etoile) en promouvant l’agro-écologie – Mettre en place des actions pour limiter l’impact des espèces exotiques envahissantes, à l’instar des mesures d’arrachage de plantes invasives (griffes de sorcière, agaves…) sur le littoral prises dans le cadre du programme européen LIFE Habitats Calanques – Mettre en œuvre des projets destinés aux scolaires ou aux jeunes en lien avec la biodiversité (à travers les aires marines éducatives – Soutenir les programmes de recherche sur la biodiversité de la commune déjà engagés par différents laboratoires universitaires (LPED, IMBE, MIO) La stratégie biodiversité de la Ville de Marseille se compose ainsi de deux livrets présentant : – l’un, la stratégie avec ses particularités, ses enjeux, sa gouvernance, ses ambitions et sa communication ; – l’autre, les 3 grands enjeux majeurs du territoires, déclinés en 10 objectifs généraux et 19 objectifs opérationnels, illustrés par des actions. Cette stratégie a été reconnue comme initiative innovante par le Comité français de l’UICN en raison de sa gouvernance qui implique plusieurs services d’une même collectivité, issus de deux directions (Direction de la Mer et Direction de l’Environnement et du Cadre de Vie) désireuses d’améliorer leur transversalité, et de nombreux acteurs du territoire (http://uicn-fr-collectivites-biodiversite.fr/initiatives-innovantes/. pp.78-79). En outre, tout ce travail s’appuie sur la réalisation d’un diagnostic qui décrit l’état des lieux de la biodiversité à Marseille par grandes unités fonctionnelles, une synthèse des activités socio-économiques au niveau local et de leurs impacts sur la nature, et l’ensemble des actions mises en œuvre sur le territoire en faveur de la biodiversité. Celui-ci sera très prochainement publié.   Ainsi, le Comité français de l’UICN se félicite de cette première étape marquant l’engagement de la Ville de Marseille et l’appelle désormais à la mise en œuvre de ces actions avec ses partenaires.   PLUS D’INFORMATIONS – Téléchargez la stratégie biodiversité de la Ville de Marseille –Consultez la page Internet biodiversité de la Ville de Marseille  – Contacts : Florence Clap – Chargée de programme « politiques de la biodiversité » / Anaïs Onno – Chargée de projet partenariat Ville de Marseille – Consultez Le programme Politique de la biodiversité – Consultez le Site internet dédié aux collectivités locales

Des prolongations pour le concours « Les Enfants pour la Biodiversité »

Lancé par Milan Presse en octobre 2019, « Les enfants pour la biodiversité » est un projet de sensibilisation des élèves de CM2 dans la perspective du Congrès mondial de la nature de l’UICN. Près de 400 classes de métropole et d’Outre-Mer se sont investies dans ce concours national ayant pour thème la biodiversité.  En raison du contexte sanitaire, les classes ont désormais jusqu’au 11 mai pour pouvoir déposer leurs travaux : reportage documenté et affiche pour défendre la biodiversité.     L’opération Les enfants seront amenés à enquêter en profondeur sur le thème défini par les enseignants : chauve-souris, martin pêcheur, caméléon… Autant d’espèces à étudier pour prendre conscience des enjeux de l’environnement. Le Comité français de l’UICN est partenaire de Milan Presse aux côtés de la Fondation Varenne et de l’Office Français pour la Biodiversité : son réseau accompagne les enseignants qui le souhaitent dans les enquêtes sur la nature autour de l’école.   Plus d’informations – Le site internet de l’opération – Le journal 1jour1actu – La vidéo 1jour1question “C’est quoi la biodiversité ?”

Des plaidoyers pour la biodiversité rédigés par des élèves

Pour la rentrée 2019, des kits “Connaître, comprendre et agir pour la biodiversité !” ont été édités et diffusés auprès des écoles qui en ont fait la demande. L’éducation à l’environnement étant essentielle, le Comité français de l’UICN a participé à l’élaboration des kits de l’Adphile. Ils étaient accompagnés de fiches pour construire un plaidoyer pour la biodiversité. Aujourd’hui, ils sont disponibles ! 800 classes du CP à la 6ème y ont participé ! Elles ont exposé dans un texte, illustré par le timbre, les actions identifiées comme prioritaires par les élèves. Les textes seront remis de manière collective aux instances représentatives (Etat et associations partenaires) et présentés lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN sur le stand du Comité français de l’UICN. Un livre blanc sera ensuite remis au Ministre de l’Education nationale.   Des sujets variés en faveur de la biodiversité Au secours des insectes Certains insectes comme l’abeille, le papillon, la coccinelle se font de plus en plus rares dans nos campagnes. Ils sont indispensables dans la chaîne alimentaire et donc aussi pour l’homme. Afin d’éviter leur extinction, je propose : – de prévoir des coins sauvages et d’installer des hôtels à insectes dans le jardin ; – de planter des fleurs qui attirent les abeilles et les papillons ; – de ne plus utiliser aucun pesticide, en plus la coccinelle est une très bonne alternative puisqu’elle préserve les fleurs et légumes des pucerons. Alexandre Viel en classe de cinquième au Collège Les Saints Anges à Pontivy  ( 56 Morbihan )   Protéger les océans Il faut commencer par jeter moins de plastique dans l’océan. Il faudrait créer une organisation de plongeurs pour aller ramasser les déchets dans la mer. Pour sauver les espèces animales marines, il faudrait limiter la pêche, faire attention aux coraux qui n’aiment pas les eaux polluées, surveiller les bateaux pour éviter qu’ils mettent du carburant dans l’eau en cas d’accident (marée noire). Stanislas Gourdin, CE2, Ecole Saint Joseph, 59730 Solesmes   Aidons la forêt Bonjour, je  m’ appelle Maryam Quand  j’  avais  6  ans  je  suis  allée  dans  une  forêt magnifique. Mais, quand j’y suis revenue, j’ai vu que des gens étaient en train de l’améliorer. Ils plantaient des graines pour agrandir la forêt. Donc je voudrais passer un message : continuer comme ça ! Un jour, de nouvelles espèces apparaîtront et la biodiversité nous apportera peut-être de nouveaux fruits qui seront les médicaments naturels de demain. CM2, Les Guiblets / 94000 Créteil   Plus d’informations – Découvrir les plaidoyers – Le kit “Connaître, comprendre et agir pour la biodiversité !” – L’association philatélique Adphile – Le programme Education et communication du Comité français de l’UICN

La Fête de la Nature 2020 reportée en octobre

En raison des incertitudes liées aux mesures de confinement, l’association Fête de la Nature a pris la décision de reporter sa 14ème édition. Elle se tiendra du 7 au 11 octobre, durant l’automne sur tout le territoire français, en métropole comme en Outre-mer. A l’issue de cette période particulière, proposer une occasion gratuite de renouer le lien avec la nature prend encore plus de sens ! La thématique « Prenons-en de la graine » restera d’actualité pour octobre. Celle-ci invite à montrer les résultats d’initiatives (ou d’initiatives repérées) en faveur de la biodiversité, en privilégiant les actions reproductibles qui peuvent inspirer plus largement. Ces dernières ne doivent pas nécessairement être impressionnantes afin que chacun ait la possibilité de partager son expérience. L’occasion de dispenser des astuces et conseils pour parvenir à des changements rapides et encourageants.   Déjà 500 projets proposés Une très belle dynamique de projet avait déjà été initiée. Si vous en faites partie, vous serez notifié par mail et aurez la possibilité de modifier les dates pour les soumettre à nouveau. Si vos projets étaient en cours de préparation, vous disposez d’un peu plus de délai pour les adapter voire en proposer de nouveaux. Les organisateurs auront jusqu’au 30 septembre pour finaliser leur inscription.   Plus d’informations – Le site internet de la Fête de la nature – Le Guide de l’organisateur – Le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 et la Fête de la nature – Le programme Education et communication

Lancement de l’agenda du Festival Vivant!

Le Comité français de l’UICN accompagne le festival Vivant, une manifestation nationale culturelle exceptionnelle se déroulant de mars à octobre 2020, qui a pour but de pour mobiliser l’opinion et la sphère publique sur les enjeux de biodiversité.  A travers ce festival, Vivant veut promouvoir auprès du grand public une nouvelle culture de la nature en engageant des acteurs de la conservation de la nature tels que des artistes et acteurs culturels et mais également des lieux (des réserves naturelles, des musées, des centres d’art, des associations et institutions) et tous sous une bannière commune pour faire émerger du grand public et des acteurs politiques une prise de conscience collectives et mener des actions concrètes pour la biodiversité.  Des artistes et des acteurs de la conservation qui se réunissent pour défendre une approche sensible du vivant et de la biodiversité  Les enjeux sont d’inscrire la culture à l’agenda politique de la transition écologique, de favoriser la synergie entre les acteurs culturels et les acteurs de la conservation mais aussi d’encourager la reconnexion à la nature et faire participer le grand public par une approche innovante basée sur la sensibilité, l’émotion et l’imagination, afin de les inciter à s’engager dans la préservation de la biodiversité.  Vivant! propose donc un parcours culturel d’envergure nationale, fait de rencontres, performances, expositions, projections, ateliers participatifs et expérimentations artistiques pour la biodiversité regroupés dans un agenda commun  qui a été lancé ce 25 mars. Au programme : Carnets d’exploration : Cap sur la biodiversité Au Muséum d’histoire naturelle du Havre Du 28 mars au 8 novembre Barbara Réthoré et Julien Chapuis, biologistes-explorateurs, médiateurs scientifiques et chargés d’enseignement universitaire, fondent en 2015 Natexplorers, une structure d’exploration et de culture scientifique. L’exposition part sur leurs traces lors de trois expéditions : les premières en Amérique centrale, la dernière en date à Madagascar.    Le Jardin, refuge pour la biodiversité : Accueillir et connaître la biodiversité en ville Yes We Camp Du 8 mars au 7 juin 6 ateliers et balades les dimanches de 10h à 13h pour découvrir la biodiversité du parc Foresta à Marseille et croiser les disciplines : travail sur les plantes tinctoriales, ateliers cuisines, fabrication d’un herbier, etc.   C’est une diversité d’événements et pour tous publics que l’on retrouve dans l’agenda Vivant!  Tous les évènements du Festival Vivant! sont disponibles ici   Plus d’informations – Site internet du Festival Vivant! – Le prix Coal – Agenda Vivant! – Découvrir l’interview “Composer un nouveau pacte avec le vivant” de Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN

Liste rouge mondiale : Le nombre de Rhinocéros noirs d’Afrique en augmentation

Le Rhinocéros noir d’Afrique reste en danger critique d’extinction mais sa population augmente lentement grâce aux efforts de conservation réalisés contre les menaces persistantes du braconnage, selon la mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN.  Entre 2012 et 2018, la population de rhinocéros noirs (Diceros bicornis) en Afrique a connu une croissance annuelle modeste de 2,5 %, passant respectivement d’environ 4 845 à 5 630 animaux sauvages. Selon cette mise à jour, les modèles démographiques prévoient au cours des cinq prochaines années une nouvelle augmentation lente. La Liste rouge des espèces menacées de l’UICN compte aujourd’hui 116 177 espèces dont 31 030 sont menacées d’extinction.   L’augmentation du nombre de rhinocéros noirs est principalement due aux efforts continus d’application des lois et aux mesures de gestion de ses populations, comprenant des déplacements de rhinocéros sélectionnés dans des populations établies vers de nouveaux sites pour maintenir d’autres populations et accroître l‘aire de répartition de l’espèce. Une sous-espèce de Rhinocéros noir, le Rhinocéros noir du Sud-Ouest (D. b. bicornis) – précédemment évaluée comme « Vulnérable » – a eu une croissance démographique suffisante au cours des trois dernières générations pour être nouvellement classée comme « Quasi menacée ».  Les deux autres sous-espèces survivantes, le Rhinocéros noir du Sud-Est (D. b. minor) et de l’Est (D. b. michaeli), restent toutes les deux « En danger critique d’extinction » après de fortes baisses constatées entre 1970 et le milieu des années 1990. Bien que ces trois sous-espèces soient en lent rétablissement, elles restent dépendantes de la poursuite des actions de conservation. L’autre espèce de rhinocéros d’Afrique, le Rhinocéros blanc (Ceratotherium simum), est toujours classée comme « Quasi menacée » sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN.  Le nombre d’individus de la sous-espèce de Rhinocéros blanc du Sud (C. s. simum) a diminué de 15% entre 2012 et 2017 passant d’environ de 21 300 à 18 000 animaux, ce qui a largement annulé la majeure partie de la croissance de son nombre de 2007 à 2012. Ce déclin récent est dû en grande partie aux hauts niveaux de braconnage dans le parc national Kruger en Afrique du Sud, qui abrite la plus grande population de Rhinocéros blanc. Une autre sous-espèce de Rhinocéros blanc, le Rhinocéros blanc du Nord (C. s. cottoni) reste « En danger critique » (possiblement éteinte à l’état sauvage). Le Rhinocéros blanc est plus vulnérable au braconnage car il a de plus grandes cornes et préfère les habitats plus ouverts, il est donc plus facile à trouver que le Rhinocéros noir. Le braconnage des rhinocéros d’Afrique pour approvisionner le commerce international illégal de corne de rhinocéros reste la principale menace pour les deux espèces. Cependant, les fortes mesures prises par les Etats, les propriétaires fonciers privés et les communautés locales ont un effet positif : le braconnage des rhinocéros enregistré sur le continent a baissé ces dernières années. Après un pic en 2015, lorsqu’un minimum de 1 349 rhinocéros braconnés ont été retrouvés, soit en moyenne 3,7 rhinocéros braconnés par jour – ce nombre a diminué chaque année depuis. En 2018, il y avait un minimum de 892 rhinocéros braconnés, approximativement 2,4 rhinocéros braconnés par jour soit un toutes les 10 heures. Les données préliminaires de 2019 indiquent que les niveaux de braconnage ont encore diminué.  Bien que les efforts de conservation soient efficaces, les coûts liés à la sécurité des rhinocéros ont considérablement augmenté et les prix de vente d’animaux vivants ont considérablement diminué au cours de la dernière décennie, réduisant les incitations pour les propriétaires fonciers privés et les communautés à les protéger. Avec environ la moitié des Rhinocéros blancs et près de 40 % des Rhinocéros noirs aujourd’hui conservés sur des terres privées ou gérées par les communautés, la tendance croissante à considérer les rhinocéros comme un fardeau coûteux pourrait limiter ou inverser l’expansion de l’aire de répartition et des effectifs de ces espèces.   Plus d’informations – L’article complet sur le site de l’UICN (en anglais) – Contacts : Harriet Brooker, IUCN Media Relations, +44 7960 241862, harriet.brooker@iucn.org / Matthias Fiechter, IUCN Media Relations, +41 79 536 0117, matthias.fiechter@iucn.org – La Liste rouge mondiale des espèces menacées

2020, année décisive pour stopper le déclin de la biodiversité

A moins de 3 mois du Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 à Marseille, le Comité français de l’UICN appelle à la mobilisation pour la sauvegarde de la biodiversité, en danger en France comme dans le monde. Les chiffres sont éloquents et les constats scientifiques sont unanimes : la biodiversité disparaît à un rythme alarmant dans le monde. La France n’est pas épargnée. Si un oiseau sur 8 est menacé au niveau mondial c’est un oiseau sur 3 en France  ! « La destruction et la fragmentation des milieux naturels est la principale cause de la disparition de la biodiversité avec la surpexploitation des espèces, le changement climatique, la pollution et les espèces envahissantes » indique Sébastien Moncorps, directeur du Comité Français de l’UICN.   2020 : L’ANNÉE DES SOLUTIONS ET DES DÉCISIONS L’année 2020 sera décisive et, espérons-le, historique pour mettre fin au déclin alarmant de la biodiversité. Le Congrès mondial de la nature de l’UICN, le plus grand événement mondial jamais organisé sur la biodiversité se tiendra à Marseille du 11 au 19 juin, et il sera suivi par la COP15 Biodiversité de l’ONU en Chine, en octobre. Des décisions fortes sont attendues pour renverser la tendance et déployer massivement des solutions. Les 55 organismes et 250 experts du Comité français de l’UICN  appellent à la mobilisation et à l’action sur huit enjeux d’importance mondiale et nationale : – Les espèces menacées – Les écosystèmes (Forêts, Océan et littoraux) – Les aires protégées – Les Solutions fondées sur la Nature pour lutter contre le changement climatique – La biodiversité en outre-mer – La déforestation importée – L’artificialisation des sols – Les alternatives aux pesticides Grâce à son réseau d’organisations membres et d’experts, le 2eme dans le monde, une intense préparation a été mise en place pour être au rendez-vous et être force de propositions : plus de 100 évènements préparés, 18 recommandations politiques rédigées, un pavillon organisé avec toute une programmation, une mobilisation des différents acteurs engagée, des actions de sensibilisation lancées sur les enjeux de la biodiversité. La mobilisation est déjà en cours pour que cette année 2020 soit exceptionnelle !    Plus d’informations – Communiqué de presse – Dossier de presse – Page dédiée au congrès – Notre feuille de route pour 2020 – Nos programmes d’actions – Le site internet du congrès – Contact : Anne Pellier, Coordinatrice nationale pour le Congrès Mondial de l’UICN 2020

Lancement de guides juridiques outre-mer

Depuis 2018, le Pôle-relais zones humides tropicales a mis une énergie toute particulière à poursuivre et amplifier son effort de sensibilisation et de formation des acteurs cibles à l’importance de la conservation des zones humides, en développant notamment son propre jeu d’outils de communication afin de pouvoir répondre parfaitement aux enjeux ultramarins. Ce travail de partage de connaissances et d’expertise s’est notamment structuré autour d’un public particulier, celui des décideurs (élus et services instructeurs de l’Outre-mer français) : il a été en effet clairement noté un impact significatif du manque de sensibilité des élus à l’égard des zones humides. C’est donc sur cette cible prioritaire que le pôle-relais a souhaité concentrer ses efforts ces 2 dernières années, à travers l’élaboration d’un guide juridique présenté sous la forme de classeurs spécifiques à chaque territoire de l’Outre-mer. Plusieurs constats étaient à l’origine de ce projet : – Les zones humides sont des écosystèmes diversifiés et complexes, dépendants d’une réglementation dont les textes figurent principalement dans le code de l’environnement (Livre II, titre I sur les milieux aquatiques et Livre III sur les espaces naturels), mais également dans le code forestier, le code de l’urbanisme, le code rural et le code général des collectivités territoriales ; – L’intervention au sein d’une zone humide (installations, ouvrages, travaux, activités diverses…) requiert d’effectuer des démarches auprès des différentes autorités compétentes (services de l’état, propriétaire public ou privé, organisme gestionnaire…) ; – En Outre-mer français, chaque territoire possède ses propres caractéristiques en termes d’application des lois (DOM, COM, PTOM) ;   Il en résultait que : – la réglementation appliquée en milieux humides était difficilement compréhensible et était donc réservée à une certaine catégorie de professionnels habitués aux spécificités du langage juridique ; – par manque d’informations facilement accessibles, un grand nombre d’aménagements illégaux au sein des zones humides se mettaient en place chaque année. Il n’existait à ce jour, aucune synthèse portant sur la réglementation en zones humides dans les territoires d’Outre-mer. Afin de pallier ce manque, le pôle relais zones humides tropicales a donc souhaité élaborer un guide juridique simple et pratique à destination des élus et services instructeurs de l’Outre-mer français. Véritable outil d’aide à la décision, celui-ci est adapté à chaque territoire de l’Outre-mer français, et fournira aux élus, mais également aux services instructeurs, des réponses claires et précises à leurs interrogations.     Plus d’informations Les classeurs sont disponibles en format « PDF interactifs ». Vous pouvez les télécharger via la base documentaire du Pôle-relais ou en cliquant sur les territoires suivants : Guadeloupe                                                                    Martinique Mayotte                                                                           Polynésie Saint-Martin                                                                    Wallis et Futuna Guyane                                                                           La Réunion Nouvelle-Calédonie – Page dédiée aux guides juridiques – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN     Merci à l’équipe – Lucile STAHL, juriste spécialisée dans le droit de l’environnement, qui a été engagée par le Comité Français de l’UICN pour travailler sur ce guide ; – Laurent et Roselyne JUHEL de la société Autrevue pour la conception graphique ; – L’équipe Outre-mer et aux partenaires techniques pour les nombreuses relectures ! – Et aux partenaires financiers sans lesquels nos classeurs n’auraient pu voir le jour !

Top départ pour la Journée mondiale des zones humides 2020

Chaque année, la Journée mondiale des zones humides (JMZH) est célébrée le 2 février, pour commémorer la signature de la Convention sur les zones humides, le 2 février 1971, dans la ville iranienne de Ramsar. Pour cette nouvelle édition, le thème retenu est “zones humides et biodiversité”. Il représente une occasion unique de mettre en avant la richesse des milieux humides, l’importance et l’état de leur biodiversité; ainsi que de promouvoir des actions pour stopper le déclin observé des nombreuses espèces qui y vivent. Participez à cette célébration durant tout le mois de février Du 1er au 29 février 2020, de nombreuses activités dans le monde entier feront découvrir au public l’importance de ces milieux aussi riches que variés. En France et en outre-mer, vous pourrez découvrir ces territoires hors du commun que sont les milieux humides. Le programme présente un large panel d’animations-découvertes « nature », expositions, ateliers, spectacles, séminaires, colloques… Vous pouvez connaitre les animations ou les centres d’accueil et d’éducation aux milieux humides le plus proche de chez vous en un clic ici pour sur l’application mobile « BaladOmarais ».   Chaque année, dans les Outre-mer, le Pôle Relais Zones Humides Tropicales (PRZHT), co-animé par le Comité français de l’UICN, prend part à cet événement en mobilisant les acteurs ultramarins.   2020 : UNE ANNÉE PIVOT POUR LA BIODIVERSITÉ L’année 2020 clôt la Décennie des Nations Unies pour la biodiversité (2010-2020) et va voir l’organisation de d’événements majeurs. Du 11 au 19 juin 2020, la France accueillera le Congrès mondial de la nature 2020 de l’UICN à Marseille (Parc Chanot). Il constitue le grand rendez-vous international avant la COP15 de la Convention sur la Diversité Biologique qui se tiendra en Chine en novembre 2020, évènement majeur qui révisera les objectifs internationaux de la biodiversité (objectifs d’Aïchi) et l’engagement des 196 Etats Parties à la Convention pour la période 2021 – 2030. Face aux menaces, la préservation des milieux humides et leur utilisation durable devient un enjeu prioritaire pour garantir notre avenir. L’édition 2020 de la JMZH s’inscrit dans cette année placée sous le signe de la biodiversité.   Plus d’informations – Site internet de la convention Ramsar – Accéder au Portail national des zones humides – Toutes les animations sont disponibles sur le moteur de recherche en ligne – Télécharger l’application mobile “BaladOmarais” – Le site internet du Pôle relais zones humides tropicales