Les Solutions fondées sur la Nature pour faire face aux risques liés à l’eau

A l’occasion de la journée mondiale des zones humides du 2 février 2020, le Comité français de l’UICN présente 21 exemples d’expériences de protection, restauration et gestion durable d’écosystèmes en France permettant de réduire les risques naturels liés à l’eau, comme les inondations ou les sécheresses.  Les Solutions fondées sur la Nature sont des réponses pertinentes et durables pour répondre aux risques naturels accentués par le changement climatique tout en protégeant la biodiversité. Les projets présentés doivent inspirer de futurs porteurs de projets et décideurs pour une utilisation généralisée des Solutions fondées sur la Nature. La restauration des zones humides et des cours d’eau, la végétalisation des bassins versants et des villes ou la désimperméabilisation des sols permettent ainsi de protéger les ressources en eau lors des sécheresses, de ralentir le ruissellement, de favoriser l’infiltration de l’eau pluviale et de réguler les inondations. Ces actions répondent dans le même temps aux enjeux de conservation de la nature en apportant des bénéfices pour la biodiversité. Les conditions de la réussite Au-delà des actions mises en œuvre, les conditions pour assurer le succès et la dissémination des Solutions fondées sur la Nature dans les territoires sont analysées. Par exemple, le suivi et la mesure des bénéfices apportés pour la biodiversité et les risques naturels permettent de valoriser les projets et de montrer leur pertinence, notamment par rapport à d’autres alternatives. La mise en place de démarches participatives, la concertation et la communication sont aussi cruciales. De plus, des moyens humains et financiers spécifiques doivent être consacrés à ces actions pour garantir la pérennité de ces projets sur le long terme. Le déploiement des Solutions fondées sur la Nature doit aujourd’hui s’accélérer fortement et être appuyé par la mise en œuvre de politiques volontaristes et opérationnelles, permettant d’obtenir des résultats concrets au niveau des territoires et des sites. Des écosystèmes préservés et diversifiés sont nos alliés dans la limitation des impacts des catastrophes naturelles, dont la fréquence et l’intensité vont être amplifiées par les changements climatiques.   Plus d’informations – Télécharger le rapport – Le communiqué de presse – Contacts : Clémentine Azam – Chargée de programme « écosystèmes / Justine Delangue – Chargée de mission Solutions fondées sur la Nature – Les Solutions fondées sur la Nature photo bandeau © Vincent

CNP Assurances célèbre ses voeux 2020 avec le Comité français de l’UICN

Dans le cadre son mécénat environnemental, CNP Assurances a choisi de soutenir le Comité français de l’UICN pour sensibiliser ses salariés à la préservation de l’environnement. Le mécénat de CNP Assurances exprime cette mission et concrétise l’engagement de l’entreprise en faveur d’une société plus inclusive et d’un environnement durable : en contribuant à la prévention et à la promotion de la santé et du bien-être, les actions de mécénat participent à la protection, à long terme, des personnes, de la société et de la planète. La carte de voeux 2020 a impliqué les salariés de l’entreprise à travers une vidéo où leur voix est mise en avant pour la bonne cause.   Plus d’informations – Site internet de CNP Assurances – Les partenaires du Comité français de l’UICN

Fête de la Nature : les inscriptions sont ouvertes !

La 14e édition de la Fête de la Nature, du 20 au 24 mai, sera un temps fort de mobilisation des acteurs engagés pour la biodiversité en prémices au Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se tiendra du 11 au 19 juin à Marseille. Cette année, le thème sera « Prenons-en de la graine » et les inscriptions sur fetedelanature.com sont ouvertes !  Vous pouvez dès à présent proposer votre manifestation et rejoindre les 1 400 organisateurs de l’événement pour célébrer le vivant et permettre à tous les citoyens de vivre une expérience au contact de la nature. Le guide de l’organisateur est disponible L’association Fête de la Nature sort le Guide de l’organisateur pour tout savoir sur l’organisation d’une manifestation à l’occasion de l’événement national qui célèbre la nature partout en France ! Quelles sont les grandes étapes de l’édition 2020 ? Quelle thématique pour cette 14e édition et comment y répondre ? Quelles conditions pour recevoir le label officiel ? Qu’est-ce qu’une « manifestation associée » ? Comment s’inscrire en quelques clics ? Quels conseils et astuces pour faire venir le public ? Ce guide répondra à toutes vos questions pour faciliter votre inscription et vous permettre de figurer dans la programmation 2020 qui prendra place du 20 au 24 mai.   Plus d’informations – Le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 et la Fête de la nature – Le site internet de la Fête de la nature – Le kit communication 2020 – Le Guide de l’organisateur – Le bilan de la 13e édition : l’édition 2019 se distingue par la mobilisation importante des parties prenantes, l’augmentation des programmes multi-activités et la participation accrue des particuliers et entreprises. – Le programme Education et communication

Le Calend’art 2020 est disponible en ligne

Le Pôle Relais Zones Humides Tropicales co-piloté par le Comité français de l’UICN a tenu à célébrer une nouvelle fois la richesse et l’importance des zones humides en lançant pour 2020 la 3ème édition de son « Calend’art ». Figurant parmi les milieux les plus productifs de la planète, les zones humides sont vitales, aussi bien pour la survie des nombreuses espèces animales et végétales qui en dépendent, que pour l’avenir de l’humanité de manière générale. Mais aujourd’hui, ces écosystèmes se dégradent rapidement et les espèces qui les peuplent disparaissent à un rythme tout aussi intense. En effet, les zones humides subissent de nombreuses pressions qui perturbent durablement, et souvent de façon irréversible, leur fonctionnement et les services écosystémiques qu’elles nous rendent. Le Calend’Art 2020 Un grand concours dessin sur le thème « Pourquoi les zones humides sont-elles si importantes pour ma communauté et moi même ? ». Il a été lancé en juin 2019 auprès des établissements scolaires du primaire et secondaire, ainsi que du grand public. Tous les enfants des territoires ultramarins, de 6 à 16 ans, ont été invités à participer à celui-ci en envoyant leurs plus beaux dessins. Une forte mobilisation ultramarine ! Mares, étangs, lacs, mangroves, tourbières… Les zones humides sont des écosystèmes riches et diversifiés et nos artistes en herbe ont su, au travers de leurs œuvres, faire honneur à cette diversité. Plus de 470 enfants et adolescents ont joué le jeu et ont pris le temps de représenter sur papier leur définition d’une zone humide. Six territoires ont répondu présent : Mayotte (grande mobilisation de nos amis mahorais avec plus de 200 dessins reçus !), la Guadeloupe, la Polynésie, la Réunion, Saint Barthélemy et la Nouvelle-Calédonie ! La sélection fut extrêmement difficile et toute l’équipe du pôle relais tient à les remercier chaleureusement, ainsi que leurs enseignants, d’avoir pris le temps de réaliser ces œuvres. Nous espérons que ce calendrier, inspiré et réalisé par cette jeune génération des Outre-mer, saura sensibiliser le plus grand nombre à la conservation et à la protection de nos zones humides, patrimoine naturel essentiel à notre avenir ! Ce calendrier a pu être réalisé, édité et envoyé à tous les participants grâce au soutien de l’Office de l’Eau Martinique et de l’Agence Française pour la Biodiversité.   Plus d’informations – Télécharger le Calend’Art 2020 – Contact : Gaëlle Vandersarren, Coordinatrice du pôle, gaelle.vandersarren@uicn.fr / (0590) 590 81 81 29 – Le site internet du Pôle relais zones humides tropicales – Découvrez les éditions 2018 et 2019 du Calend’Art – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN

PPI : 28 NOUVEAUX PROJETS DE CONSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ EN AFRIQUE

Le comité de sélection du Programme de Petites Initiatives (PPI) s’est réuni fin novembre afin d’étudier les nouvelles propositions qui lui ont été soumises à l’issue du dernier appel à projets et désigner les meilleures. Cet appel à projets, lancé en début d’année dans le cadre d’une extension de la cinquième phase du PPI, ciblait plus particulièrement les thématiques suivantes : la protection des espèces menacées, l’amélioration de la gouvernance territoriale, la gestion des Aires Protégées (AP) et de leurs périphéries et la lutte contre le braconnage et le commerce illégal d’espèces sauvages. Il s’adressait à des Organisations de la Société Civile (OSC) n’ayant jamais bénéficié d’un financement PPI. À la clôture de l’appel, 506 propositions avaient été réceptionnées et 43 projets ont été présélectionnés et les porteurs ont été invités à soumettre un dossier complet pour lequel ils ont pu bénéficier d’un accompagnement du programme d’Afrique Centrale et Occidentale de l’UICN (UICN PACO). Parmi les nouveautés, la Fondation MAVA a rejoint le PPI en finançant l’ouverture à 7 nouveaux pays situés en façade Atlantique d’Afrique de l’Ouest ce qui portait à 19 le nombre total de pays éligibles au programme. Les dossiers présentés en comité de sélection les 13 et 14 novembre 2019 ont été analysés par 3 évaluateurs différents avec une innovation majeure dans la gouvernance même du programme puisque pour chaque projet, un des évaluateurs était un bénéficiaire historique du PPI, non éligible pour cet appel. Il s’agit d’une forte innovation au sein du programme, qui se situe en cohérence avec l’objectif de renforcer la place de la société civile dans les dynamiques de conservation en Afrique. Au terme de ce comité de sélection, 28 projets ont été retenus dans 9 pays d’Afrique pour un montant total attribué de 884 206 euros (liste complète des projets sélectionnés disponible ici). A travers des petites subventions (32 k€ en moyenne sur 15 mois), les organisations sélectionnées auront comme objectif commun de mettre en œuvre des projets locaux de conservation de la biodiversité par des actions concrètes de terrain. Elles seront pour cela appuyées par le Comité français de l’UICN qui, au-delà des financements octroyés, apportera également un accompagnement complémentaire pour renforcer leurs capacités. Depuis 2007, le Comité Français de l’UICN, en partenariat avec l’UICN PACO, est chargé de mettre en œuvre le PPI, financé par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et nouvellement la Fondation MAVA. Cet outil a pour objectif de renforcer la contribution de la société civile des pays d’Afrique subsaharienne à la préservation de l’environnement mondial tout en améliorant les conditions de vie des populations locales. Le PPI constitue aujourd’hui le principal outil de la coopération française finançant directement les OSC de pays du sud pour des actions spécifiques de conservation de biodiversité.   PLUS D’INFORMATIONS – Paul Estève – Chargé de mission du Programme de Petites Initiatives – Nicolas Salaün – Chargé de programme « Coopération internationale » – Page dédiée au Programme des petites initiatives (PPI) – Page Facebook du PPI – Chaine Youtube du PPI

Liste rouge mondiale : des espèces en voie de rétablissement

Les efforts de Conservation ont permis d’améliorer le statut de dix espèces, selon la mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées. Celles-ci incluent le Râle de Guam, un oiseau auparavant considéré comme éteint dans la nature. Malgré ces améliorations, la Liste rouge de l’UICN compte aujourd’hui 30 178 espèces menacées d’extinction, et les effets néfastes du changement climatique sur celles-ci sont de plus en plus évidents. La Liste rouge de l’UICN couvre aujourd’hui 112 432 espèces. « Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN démontre que la conservation fonctionne et offre une lueur d’espoir dans la crise de la biodiversité », a déclaré la Dr Grethel Aguilar, Directrice générale par intérim de l’UICN. « Bien que nous sommes témoins de soixante-treize déclins vérifiés d’espèces, le succès de ces dix améliorations réelles prouve que la nature peut se rétablir si on lui en laisse une chance. Le changement climatique ajoute aux multiples menaces auxquelles les espèces sont confrontées, il est donc urgent d’agir de manière décisive pour juguler la crise. » « Les résultats d’actions de conservation déterminées démontrent que lorsque les gouvernements, les organisations de conservation et les communautés locales travaillent ensemble, nous pouvons inverser la tendance de perte de biodiversité », a déclaré Jane Smart, Directrice mondiale du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN. « Cette mise à jour révèle les impacts croissants des activités humaines sur la vie sauvage. L’année qui vient sera cruciale pour l’avenir de la planète, le Congrès mondial de la nature de l’UICN en juin 2020 représentant une étape clé pour définir le programme de travail mondial en matière de conservation nécessaire pour répondre à l’urgence dans laquelle se trouvent les espèces, en vue des décisions que les gouvernements prendront lors de la réunion de la Convention sur la diversité biologique à Kunming, Chine, en octobre 2020 ».   Histoires de réussites en matière de conservation La dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN révèle de véritables améliorations de la situation de huit espèces d’oiseaux et deux espèces de poissons d’eau douce. L’élevage en captivité, combiné à une gestion prudente des populations sauvages, a été la clé de ces réussites en matière de conservation. Parmi ces améliorations, on peut citer le Râle de Guam (Hypotaenidia owstoni), aptère et véloce, le deuxième oiseau de l’histoire à se rétablir après avoir été déclaré « Éteint dans la nature », après le Condor de Californie (Gymnogyps californianus). Autrefois commun sur l’Île de Guam, dans le Pacifique, les populations de cette espèce ont décliné après l’introduction accidentelle du Serpent brun arboricole (Boiga irregularis), à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 1987, le dernier Râle de Guam sauvage a été tué par ce prédateur envahissant. Grâce à un programme d’élevage en captivité de 35 ans, le Râle de Guam est aujourd’hui établi sur l’île voisine des Cocos. L’oiseau est cependant toujours classé « En danger critique », à une étape seulement de l’extinction. À l’Île Maurice, la Perruche de l’Île Maurice (Psittacula eques) poursuit son processus de rétablissement grâce à des efforts de conservation, dont un programme d’élevage en captivité très productif. On compte aujourd’hui plus de 750 Perruches de l’Ile Maurice à l’état sauvage et, dans cette actualisation, l’espèce a été reclassée comme « Vulnérable », après être passée d’espèce « En danger critique » à espèce « En danger » en 2007. Deux espèces de poissons d’eau douce australiens, le Maccullochella macquariensis et le Galaxias pedderensis, ont également vu leur statut s’améliorer, passant d’espèce « En danger » à « Vulnérable » et d’espèce « En danger critique » à « En danger », respectivement. Des décennies de mesures de conservation ont mis l’accent sur l’établissement de sous-populations additionnelles par le biais de réintroductions et de translocations entre populations sauvages. Les deux espèces sont menacées par la destruction et la dégradation de leur habitat.   De plus en plus de preuves des effets du changement climatique Le changement climatique contribue au déclin de nombreuses espèces, dont plusieurs poissons d’eau douce et le Requin nourrice à queue courte, tributaire des récifs. Les évaluations présentées dans cette actualisation montrent que le changement climatique affecte les espèces en modifiant les habitats et en augmentant la force et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, par exemple. Cette actualisation de la Liste rouge révèle que 37% des espèces de poissons d’eau douce d’Australie sont menacées d’extinction, dont au moins 58% directement à cause du changement climatique. Les poissons sont très sensibles aux sécheresses extrêmes causées par la baisse des précipitations et l’augmentation des températures. Le changement climatique aggrave également la menace que représentent les espèces exotiques envahissantes, qui peuvent se déplacer vers de nouvelles zones à mesure que la température et les débits d’eau changent. Originaire de l’ouest de l’Océan Indien, le Requin nourrice à queue courte (Pseudoginglymostoma brevicaudatum) a vu ses populations diminuer d’environ 80% en 30 ans. Simultanément affecté par la pêche non contrôlée et le changement climatique, il est passé de « Vulnérable » à « En danger critique ». Ne vivant que dans des eaux peu profondes, n’offrant aucun refuge contre la pêche, ce requin perd son habitat en raison de la dégradation des récifs coralliens causée, en partie, par le réchauffement des océans. Le changement climatique menace également l’oiseau national de la Dominique, l’Amazone impériale (Amazona imperialis). Bien que les ouragans soient un phénomène naturel dans les Caraïbes, leur fréquence et leur intensité accrues entraînent une mortalité élevée chez les oiseaux et la destruction des habitats, en plus d’effets dévastateurs sur les populations humaines. L’espèce est passée de « En danger » à « En danger critique » après l’ouragan Maria, en 2017, le plus fort ouragan jamais enregistré sur l’Île. On estime qu’il reste aujourd’hui moins de 50 individus matures dans la nature.   Évaluation mondiale des eucalyptus Toutes les espèces d’eucalyptus connues dans le monde ont été évaluées dans cette mise à jour de la Liste rouge, révélant que près de 25% d’entre elles sont menacées d’extinction. Parmi les 826 espèces d’eucalyptus, comprenant les groupes Eucalyptus, Corymbia et Angophora, 812 ne sont présentes qu’en Australie. Il s’agit d’espèces clés, qui définissent les paysages de

La vie marine et les activités de pêche de plus en plus menacés, à mesure que l’océan perd son oxygène

Un nouveau rapport de l’UICN nous alerte sur le fait que la perte d’oxygène dans l’Océan mondial menace de plus en plus les espèces de poissons et perturbe l’ensemble des écosystèmes marins. Selon ce rapport publié lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques réunie à Madrid (COP 25), la perte d’oxygène océanique provoquée par les changements climatiques et l’enrichissement des eaux marines en nutriments constitue une menace croissante pour les pêcheries, ainsi que pour de nombreuses espèces telles que les thons, les marlins ou les requins. « Avec ce rapport, l’ampleur des dommages causés par les changements climatiques sur l’océan prend toute son importance. Alors que l’océan qui se réchauffe perd de l’oxygène, l’équilibre délicat de la vie marine est largement perturbé », a déclaré le Dr Grethel Aguilar, Directeur général par intérim de l’UICN. « Les effets potentiellement désastreux sur les pêcheries et les communautés côtières vulnérables signifient que les décisions prises lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques sont encore plus cruciales. Pour freiner la perte d’oxygène dans les océans, parallèlement aux autres effets désastreux des changements climatiques, les dirigeants mondiaux doivent s’engager à des réductions d’émissions immédiates et substantielles ». Le rapport intitulé « La désoxygénation des océans : un problème pour tous », est à ce jour la plus vaste étude scientifique sur les causes, les impacts et les solutions possibles face à la désoxygénation des océans. Les régions océaniques à faible concentration en oxygène se multiplient, avec aujourd’hui environ 700 sites affectés par des conditions de faible teneur en oxygène dans le monde contre seulement 45 dans les années 1960. Au cours de la même période, le volume des eaux anoxiques – des zones complètement dépourvues d’oxygène – dans l’océan mondial a quadruplé, selon le rapport. « Nous constatons maintenant des niveaux d’oxygène dissous de plus en plus bas dans de vastes zones de l’océan. Ceci est peut-être l’ultime signal d’alarme des résultats de l’expérience incontrôlée que l’humanité déclenche dans l’océan mondial, à mesure que les émissions de carbone continuent d’augmenter » a déclaré Dan Laffoley, Conseiller principal en sciences marines et conservation du Programme marin et polaire mondial de l’UICN et corédacteur du rapport. « L’appauvrissement de l’océan en oxygène menace les écosystèmes marins déjà soumis au stress du réchauffement et de l’acidification des océans. Pour arrêter l’expansion inquiétante des zones à faible concentration d’oxygène, nous devons réduire de manière décisive les émissions de gaz à effet de serre, ainsi que la pollution par les nutriments provenant de l’agriculture et d’autres sources. » La désoxygénation commence à modifier l’équilibre de la vie marine, en favorisant les espèces les plus tolérantes à une faible teneur en oxygène (notamment les microbes, les méduses et certains calamars) au détriment des espèces sensibles au manque d’oxygène (de nombreuses espèces marines dont la plupart des poissons). Certains des biomes les plus productifs de l’océan – qui assurent un cinquième des captures de poissons marins sauvages dans le monde – sont formés par des courants océaniques transportant une eau riche en nutriments mais pauvre en oxygène jusqu’aux côtes bordant les façades orientales des bassins océaniques du monde. En tant que systèmes naturellement pauvres en oxygène, ces zones sont particulièrement vulnérables aux changements, même minimes, dans la teneur en oxygène océanique. Les impacts observés ici finiront par se propager et toucheront des centaines de millions de personnes. Les groupes d’espèces comme les thons, les marlins et les requins sont particulièrement sensibles au faible taux d’oxygène, en raison de leur grande taille et de leurs besoins énergétiques. Ces espèces commencent à être poussées vers des eaux de plus en plus superficielles, riches en oxygène, ce qui les rend davantage vulnérables à la surpêche. Le rapport prévient également que le très faible taux d’oxygène océanique peut aussi affecter des processus de base comme le cycle des éléments essentiels à la vie sur Terre, tels que les cycles de l’azote et du phosphore. Les océans seraient amenés à perdre 3 à 4 % de leur taux d’oxygène d’ici 2100 en cas de scénario « business-as-usual », mais cette moyenne mondiale masque les changements locaux qui devraient, par exemple, être beaucoup plus sévères dans les hautes et moyennes latitudes. De plus, la plupart de la perte d’oxygène devrait se concentrer dans la tranche d’eau comprise entre la surface et 1000 mètres de profondeur, la plus riche en biodiversité marine. « Alors que nous avons connaissance des zones mortes depuis de nombreuses décennies, le réchauffement des océans devrait maintenant amplifier la désoxygénation de très grandes étendues de l’océan. Nous devons travailler ensemble pour rétablir l’équilibre en oxygène des océans », a déclaré Isabella Lövin, ministre de l’environnement et de l’énergie et vice-Premier ministre de Suède, l’un des principaux bailleurs de fonds du rapport. « Avec ce rapport, il est temps de placer la désoxygénation des océans parmi nos principales priorités afin de restaurer la santé des océans. » Les principaux moteurs de la perte d’oxygène océanique sont les changements climatiques et l’enrichissement des eaux en nutriments, ces derniers affectant principalement les zones côtières. À mesure que les océans se réchauffent, leurs eaux retiennent moins d’oxygène et gagnent en flottabilité, ce qui affecte le mélange des eaux de surface très riches en oxygène avec celles des profondeurs, qui contiennent naturellement moins d’oxygène. La pollution par les nutriments entraîne quant à elle une perte d’oxygène au sein des eaux côtières car les engrais, les eaux usées ou les déchets animaux et aquacoles provoquent une croissance excessive des algues, qui à leur tour épuisent l’oxygène dissous lors de leur décomposition. « Une action mondiale urgente pour surmonter et inverser les effets de la désoxygénation des océans est nécessaire. Les décisions prises lors de la conférence sur le climat détermineront si notre océan continue de maintenir une vie marine riche et variée, ou si les zones habitables et riches en oxygène seront de plus en plus, progressivement et irrémédiablement, perdues. Les dirigeants mondiaux se réuniront également en juin 2020 lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN, à Marseille, pour mener des actions en vue

LANCEMENT DU PRIX COAL 2020 SUR LE VIVANT

Le Comité français de l’UICN accompagne le prix COAL 2020 consacré à la biodiversité. Cette onzième édition s’inscrit dans le programme VIVANT, une Saison culturelle pour la Biodiversité, en préparation du Congrès mondial de la nature de l’UICN en juin 2020 et en perspective de la 15e conférence des parties (COP) à la Convention pour la Diversité Biologique (Chine, octobre 2020). Le Comité français de l’UICN est partenaire aux côtés du Ministère de la Culture, du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, de l’Office Français pour la Biodiversité et de la Fondation François Sommer. La sixième extinction de masse touche toute la diversité du vivant, aussi bien les espèces que les écosystèmes. Face à cette érosion de la biodiversité, le Prix COAL 2020 invite les artistes du monde entier à se mobiliser dans cet appel à projets pour rendre compte d’un monde  vivant, fortement menacé, et à s’impliquer aux côtés des acteurs de la protection de la nature. Exposé et remis dans le cadre du Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020, à Marseille en juin 2020, le Prix COAL contribuera à cette étape décisive pour accélérer les politiques publiques françaises et internationales et sensibiliser les citoyens en faveur de la préservation de la nature et de la biodiversité. Le lauréat du Prix COAL bénéficie d’une dotation de 10 000 euros allouée par la Fondation François Sommer et COAL incluant une résidence (facultative) au Domaine de Belval, propriété de la Fondation François Sommer.   Le prix étudiant COAL – Culture & Diversité  En 2020, la Fondation Culture & Diversité et COAL lancent un Prix pour l’écologie spécifiquement dédié aux étudiants des Écoles du champ artistique et culturel. Cet appel à projets pluridisciplinaire a pour objectif d’accompagner et de soutenir les étudiants du secteur culturel et artistique qui imaginent, expérimentent et proposent des solutions concrètes et créatives pour contribuer à la transition écologique. Les projets finalistes du Prix étudiant COAL – Culture & Diversité seront également présentés au sein d’une exposition dans les Espaces Générations Nature, espaces pilotés par le ministère de la Transition écologique et solidaire et l’OFB, dans le cadre du Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020.   Participer à l’appel à projets COAL 2020   A propos du prix COAL Créé en 2010 par l’association COAL, le Prix COAL est devenu en dix ans un vecteur d’identification, de promotion et de diffusion des artistes qui, à travers le monde, témoignent, imaginent et expérimentent des solutions de transformation des territoires, des modes de vie, des organisations, et des modes de production. Ensemble, ils contribuent à rendre visible les changements, à construire un nouveau récit collectif, un nouvel imaginaire, patrimoine commun en développement, cadre positif, optimiste et nécessaire pour que chacun trouve les moyens et la motivation de mettre en oeuvre les changements nécessaires vers un monde plus durable et plus juste.   Plus d’informations – Le communiqué de presse – Site internet du Festival VIVANT! 2020 – Découvrir l’interview « Composer un nouveau pacte avec le vivant » de Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN

Une nouvelle application pour protéger les mangroves

Le Pôle-relais zones humides tropicales, co-piloté par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du Littoral, lance sa nouvelle application dédiée aux mangroves des outre-mer. Baptisé « ROM » – le nom du Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des Mangroves – cet outil digital permet aux gestionnaires, opérateurs, étudiants et toute personne intéressée par les mangroves de s’entraîner à reconnaître les différentes espèces de palétuviers qui constituent la mangrove, et de signaler des dégradations sur ces milieux fragiles.   Un lancement conjoint à Mayotte et en Polynésie Française à l’occasion de la Fête de la science et en Guadeloupe pour la semaine de l’environnement A Mayotte et en Guadeloupe, où la mangrove et fait l’objet d’actions de protection par les autorités et les associations locales, l’application est présentée aux participants de la Fête de la science. Elle a vocation à être utilisée par les membres du ROM situés sur ces territoires ainsi qu’à Saint‑Martin, en Martinique, en Guyane et en Nouvelle-Calédonie où la mangrove est également importante. En Polynésie française, où la mangrove est introduite, l’application a été lancée lors de réunions publiques à Taravao (Tahiti), Huahine et Raiatea en octobre. Cela a été l’occasion de présenter les résultats du projet « Surveillons la mangrove de Polynésie française ensemble » porté par Te Ora Naho, la Fédération des Associations de Protection de l’Environnement de Polynésie française (FAPE) qui a permis de cartographie les mangroves à Tahiti, Moorea, Huahine, Bora-Bora, Raiatea et Tahaa, et mis en place un réseau d’observateurs sur ces îles.   A vos observations ! Avec l’application ROM, chaque utilisateur peut, qu’il soit habitant, acteur de la protection de l’environnement ou passionné par les mangroves, devenir pleinement acteur de leur gestion au sein de son territoire, et accéder rapidement à l’ensemble des observations sur tous les territoires d’outre-mer. L’application permet de signaler une décharge sauvage, un défrichement, un remblai, ou encore de partager l’observation d’espèces rares, de maladies ou de phénomènes inhabituels sur les palétuviers. Une fiche de saisie spécifique à la Polynésie est disponible pour prendre en compte la spécificité des mangroves du territoire qui ne sont pas présentes naturellement. L’application mobile a reçu le soutien de l’Initiative française pour les Récifs Coralliens, de l’Office de l’Eau de Martinique, de l’Agence française pour la Biodiversité par le biais de l’initiative Terres et mers ultramarines (TeMeUm) et l’Observatoire National pour la Biodiversité (ONB), et de la DEAL de Guadeloupe.   Le Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des mangroves (ROM) Le Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des mangroves (ROM), initié par l’Initiative française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR), a pour objectif de répondre aux principales questions nécessitant un suivi des mangroves en outre-mer. Le ROM repose sur un réseau d’observateurs dont les données permettent de détecter les changements, d’identifier les menaces et leurs sources, et de fournir des outils d’aide à la décision aux gestionnaires. Ces données permettent également de renseigner de manière homogène et partagée les indicateurs dans le cadre  de l’Observatoire National sur la Biodiversité (ONB) afin d’évaluer l’adéquation des mesures de protection et de gestion aux menaces qui pèsent sur la mangrove.   L’importance des mangroves en outre-mer et dans le monde La mangrove est un écosystème remarquable présent dans tous les territoires tropicaux d’outre-mer à l’exception de La Réunion, et sur 70% des côtes tropicales du monde. On dénombre entre 40 et 50 espèces de palétuviers à l’échelle mondiale, dont une trentaine en outre-mer qui comptabilise 91 055 hectares de mangroves (données 2016). Longtemps déconsidérées, les mangroves ont fait l’objet d’une attention croissante à partir des années 2000 du fait de nombreux services qu’elles fournissent : protection des côtes contre la houle et l’érosion, purification de l’eau, nurserie pour les poissons, habitat essentiel pour l’avifaune et les crustacés ou encore stockage de carbone. Dans les territoires où il est présent, c’est à cette période que le Conservatoire du Littoral a commencé à acquérir les mangroves les plus importantes écologiquement afin de mieux les protéger : aujourd’hui, il détient la quasi totalité des mangroves de Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin et de Mayotte et près de la moitié des mangroves de Guyane, moins menacées. C’est également le moment où l’IFRECOR a décidé de suivre l’état des mangroves, ce qui a donné par la suite naissance au ROM. Les mangroves françaises restent néanmoins la cible de nombreuses menaces : constructions illégales, remblais, drainage, dépôts d’ordures, réceptacle des eaux usées, élévation du niveau de la mer, tempêtes… C’est pour ces raisons qu’il est important de contribuer à leur protection, et celle-ci passe notamment par la reconnaissance des espèces de flore et de faune présentes et le signalement participatif des problèmes rencontrés sur le terrain.   Plus d’informations – Télécharger l’application (gratuite) sur iOS et Android ou sur ce lien – Communiqué de presse – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN – Le Pôle-relais zones humides tropicales – Contact presse : Anne Caillaud, Chargée de programme Outre-mer, 06 63 46 44 34 / Standard 01 47 07 78 58 Photo bandeau : Mangroves à Wallis © Chloé Desmots

Lancement du Mobile Film Festival

Le Comité français de l’UICN est partenaire du Mobile Film Festival, festival international de courts métrages basé sur le principe : 1 Mobile, 1 Minute, 1 Film. La thématique choisie pour cette 15e édition est le changement climatique (« Act Now ») afin de sensibiliser à l’une des principales menaces sur la biodiversité. Du 14 au 30 novembre, les 50 films en compétition sont présents sur les réseaux sociaux, et notamment sur YouTube, pour être commentés, partagés et toucher ainsi le plus grand nombre ! N’hésitez pas à participer ! Suite à un appel à films, plus de 800 films originaires de 91 pays ont été transmis au jury, des histoires gaies et tristes ; amusantes et absurdes. Ces histoires sont destinées aux petits comme aux grands, elles interpellent, questionnent et font prendre conscience de l’urgence à agir maintenant face au changement climatique. Tout au long de l’année, les films seront présentés en ligne et lors de projections dans des centres culturels, des festivals, des cinémas et par les 90 ONGs partenaires.   Nos films coup de coeur   Plus d’informations – Site internet du Mobile Film Festival – Vous pouvez partager vos films favoris sur YouTube, Facebook, Twitter et Instagram Photo bandeau © Michał B on Unsplash