Sensibilisation et éducation : l’intervention du Comité français de l’UICN à l’Université des Antilles

À l’occasion de la journée internationale des mangroves, le 26 juillet prochain, zoom sur l’intervention de représentants du Comité français de l’UICN auprès des étudiants de l’antenne martiniquaise de l’Université des Antilles. Le 26 juillet est aussi une journée pour célébrer le partage et le transfert de connaissances autour de cet écosystème à enjeux !   Qu’est-ce qu’un écosystème ? Pourquoi est-il différent des autres ? Comment fonctionne-t-il ?   Quelles sont les pressions menaçant sa capacité à soutenir la communauté écologique qui y vit ? À quelles conditions les services écologiques existant grâce au bon fonctionnement de l’écosystème peuvent se maintenir ? Quels sont les indicateurs des impacts de ces pressions ? Quelles sont les actions mises en place pour limiter, voire inverser ces tendances ?   Autant de questions qu’il convient d’examiner pour comprendre le risque d’effondrement des écosystèmes. C’est autour de ces réflexions et dans le cadre des actions du Réseau national d’observation et d’aide à la gestion des mangroves (ROM) et de l’évaluation des mangroves des Antilles françaises selon les critères de la Liste rouge des écosystèmes (LRE) de l’UICN, que le Comité français de l’UICN est intervenu le mardi 16 janvier dernier auprès des étudiants martiniquais de l’Université des Antilles. Invité par de l’équipe pédagogique de l’Université des Antilles du parcours « Écologie et environnement » au sein de l’UFR « Sciences, Technologies, Environnement », les représentantes du Comité français de l’UICN ont œuvré à la sensibilisation à la connaissance du risque pour la biodiversité à toutes les échelles et ainsi contribué à la formation des étudiants de 3ème année de licence.   Cette journée visait à :   familiariser les étudiants aux enjeux et principes d’une évaluation du risque de perdre la biodiversité à l’échelle des écosystèmes ;   les initier au diagnostic des pressions et menaces et favoriser leur appropriation des enjeux biodiversité de leur territoire ;   leur faire découvrir sur le terrain les mangroves et écosystèmes d’arrière-mangroves du territoire martiniquais.   A travers cette journée, les étudiants ont suivi le parcours des connaissances produites sur les écosystèmes de mangroves :   Première étape : avec un focus sur les mangroves et les critères d’évaluation de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN, les étudiants ont été sensibilisés à l’enjeu de qualifier le niveau de risque pour la biodiversité à l’échelle des écosystèmes en s’appuyant sur des approches standardisées.   Deuxième étape : à partir de leur travail de synthèse bibliographique, les étudiants ont dû mobiliser les connaissances produites par les chercheurs, les naturalistes et les gestionnaires pour décrire les mangroves, les prairies humides et les forêts marécageuses – trois formations végétales rencontrées sur le littoral antillais. Ce travail collectif, par lequel les étudiants ont fait l’expérience de la mutualisation de leurs savoirs et de leurs compétences, a abouti à la conception de posters qui ont été présentés au reste du groupe.   Troisième étape : visite de différents sites de mangroves et d’écosystèmes d’arrière-mangroves sur les communes du Lamentin et de la Trinité pour découvrir ces écosystèmes. Ces visites ont été l’occasion pour les étudiants d’observer et analyser les impacts de l’aménagement du territoire (modification du fonctionnement hydrologique, modification de la végétation par l’installation d’espèces végétales exotiques envahissantes, fragmentation de l’écosystème, défrichage), des changements climatiques (élévation du niveau marin et érosion) et des perturbations du fonctionnement des mangroves et des écosystèmes en contact (blooms algaux, prolifération et échouages de sargasses), mais aussi de découvrir des projets de restauration développés localement.   Ce parcours accéléré, de la connaissance théorique à la découverte d’action de gestion sur le terrain en passant par l’évaluation de risque, est un indispensable des professionnels de l’environnement de demain. Sortir des portes de l’université, aller à la rencontre des écosystèmes présents sur les territoires où ces formations s’ancrent, rencontrer des professionnels de la conservation : autant d’activités essentielles au développement d’un secteur professionnel dont le rôle est central au regard des enjeux écologiques auxquels les territoires font face, en particulier dans les espaces des petites îles – aux premières lignes des changements globaux. À l’occasion de cette journée internationale des mangroves, écosystèmes côtiers dont la conservation est essentielle, nous avons le plaisir de partager l’un des posters élaborés par les étudiants de 3e année de licence de l’Université des Antilles. Ce poster présente les mangroves, les enjeux auxquels est confronté cet écosystème et les actions de préservation, de valorisation et de restauration mises en place sur le territoire martiniquais. Le Comité français remercie Mélanie Herteman, experte au Comité français de l’UICN et enseignante à l’Université des Antilles à l’initiative de ce projet pédagogique et de rencontre entre le Comité et les étudiants ; Olivia Urity, professeure agrégée à l’Université des Antilles et responsable du parcours « Écologie et environnement » et la promotion 2024 de la troisième année de licence de l’UFR « Sciences, Technologies, Environnement » (STE), parcours « Écologie et environnement » à l’antenne « Martinique  » de l’Université des Antilles.   Cette intervention s’inscrit dans les actions du ROM et de la Liste rouge des écosystèmes portées par le Comité français de l’UICN et soutenues financièrement par l’Office français de la biodiversité, l’IFRECOR, le ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, le ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, l’Union internationale pour la conservation de la nature et la Collectivité territoriale de Martinique.  Photo bandeau : Alix Sauve

Onze nouveaux projets soutenus par ProBioDev

English version available on this link Dans le cadre du Programme d’appui aux OSC de biodiversité actives dans les pays en développement (ProBioDev), le Comité de Sélection s’est réuni les 25 et 26 juin à Paris pour évaluer les propositions soumises suite à un appel à projets. Au total, 11 projets ont été retenus dans 10 pays pour un montant total de 1,9 M€.  Le 9 avril dernier, le Comité Français de l’UICN lançait un appel à projets pour soutenir des projets de conservation de la biodiversité et/ou de Solutions fondées sur la nature (SfN) portés par des partenariats de la société civile (composés d’une OSC française et d’une OSC locale) dans les pays en développement. A la clôture de l’appel à projets, 126 candidatures ont été reçues. Un excellent résultat pour ce premier appel qui démontre l’intérêt et les besoins importants des OSC pour ce type de dispositif de financement afin de soutenir la biodiversité. Parmi les 126 candidatures, 37 ont été présentées en Comité de Sélection (les autres ayant été jugées inéligibles ou peu satisfaisantes au regard des critères de l’appel à projets). En amont du Comité de Sélection, chaque dossier a été étudié par 2 évaluateurs indépendants qui ont pu apprécier la qualité des projets soumis selon différents critères (enjeux et menaces sur la biodiversité, pertinence et cohérence des projets, capacités des organisations à mener des actions, cohérence du partenariat…). Organisé à Paris (avec quelques évaluateurs à distance), le Comité de Sélection s’est tenu les 25 et 26 juin 2024 et a permis de rassembler au total 44 expert(es) au total. Durant le Comité, chaque projet a été présenté puis discuté entre les évaluateurs de chaque dossier et les autres membres. Outre la sélection des projets, les échanges ont également été l’occasion de partager de l’expertise et des pistes d’améliorations pour chacune des propositions. A l’issue des deux jours du Comité, 11 projets ont été sélectionnés  pour un montant total de 1 891 000 €, soit une moyenne d’environ 172 000 €/projet. A travers ces subventions d’une durée maximum de 2 ans, les partenariats d’organisations auront comme objectif commun de mettre en œuvre des projets locaux de conservation de la biodiversité et de solutions fondées sur la nature par des actions concrètes de terrain. Les projets vont également permettre de soutenir des activités en lien et au bénéfice des populations locales. Le Comité français de l’UICN remercie chaleureusement les membres du Comité de Sélection pour leur investissement et leur participation qui permet de garantir l’indépendance du processus, de renforcer le dialogue entre les organisations mais aussi d’enrichir la qualité des propositions et des projets soutenus par ProBioDev. Un grand bravo à tous les partenariats sélectionnés et bon courage à eux pour la réalisation de leurs projets ! Soutenu par une coalition de partenaires publics et privés dont l’Agence Française de Développement (AFD), l’Office Français de la Biodiversité (OFB), la Fondation Audemars Piguet pour les Arbres, la Fondation de France, la Fondation Manthano, la Fondation Egis et la Maisons du Monde Foundation, l’ambition du programme est d’améliorer l’état de la biodiversité dans les pays en développement grâce à l’action de la société civile et au renforcement des capacités et partenariats des OSC. Découvrez les projets sélectionnés ! MADAGASCAR – Association Française de Sauvegarde du Grand Hapalémur (Helpsimus) & IMPACT Madagascar : « Assurer la protection durable de la plus grande population sauvage de grands hapalémurs à Madagascar » Le projet vise à protéger durablement la plus grande population sauvage de grands hapalémurs (Prolemur simus, CR) en renforçant la préservation de leur habitat près du Parc National de Ranomafana. Les actions incluent la réduction des défrichements et des coupes de bois, l’atténuation des conflits avec les agriculteurs, la restauration des forêts et la création d’une aire protégée de catégorie 5. Le projet se focalise également sur l’amélioration du suivi de plusieurs groupes de grands hapalémurs et au développement d’un programme scientifique pour la conservation. Cela inclut l’amélioration des connaissances sur les populations de lémuriens présentes, dont les résultats seront utilisés pour le processus de création de l’aire protégée.  Parallèlement, le projet soutient le développement économique et social des communautés locales en promouvant une agriculture résiliente face aux changements climatiques, ainsi qu’en soutenant l’éducation des enfants. La subvention accordée par ProBioDev s’élève à 100 000 € pour une durée de 24 mois. INDONESIE – Small Islands Organisations (SMILO) & Blue Forests : « Tanakeke, vers une île durable » Le projet vise à renforcer la résilience de l’île de Tanakeke dans le sud du Sulawesi en améliorant la gestion de l’environnement et les conditions de vie de la communauté grâce à la labellisation « îles durables » de SMILO. Il a pour objectif de renforcer la gouvernance locale et inclusive en établissant un Comité opérationnel et en définissant un plan d’action participatif visant à renforcer les capacités communautaires dans la gestion environnementale. Le projet soutient des initiatives concrètes telles que la réhabilitation, la surveillance et la conservation des mangroves ainsi que d’autres espèces clés, tout en promouvant le développement durable de la culture d’algues pour améliorer les conditions de vie des habitants. Les expériences de Blue Forests sur l’île de Tanakeke seront intégrées et partagées au sein de la communauté SMILO, renforçant ainsi leurs contributions aux agendas nationaux et internationaux de la biodiversité. La subvention accordée par ProBioDev s’élève à 195 000 € pour une durée de 24 mois. GHANA – A Rocha Ghana & A Rocha France : « Conservation et gestion durable du site Ramsar de Keta Lagoon pour la résilience climatique des oiseaux et des communautés » Situé dans le paysage du site Ramsar de Keta Lagoon, le projet se focalise sur la conservation des espèces d’oiseaux et de leurs habitats, ainsi que sur l’éducation à l’importance des zones humides pour la biodiversité et les services écosystémiques, et sur la restauration et la gestion durable des forêts de mangroves. Le site joue un rôle crucial en tant qu’habitat essentiel pour les oiseaux migrateurs et comme lieu de nidification pour des espèces

Eleven new projects supported by ProBioDev

Version française disponible sur ce lien As part of the Support Programme for biodiversity Civil Society Organisations active in developing countries (ProBioDev), the Selection Committee met on June 25th and 26th in Paris to evaluate the proposals submitted following a call for proposals. In total, 11 projects were selected in 10 countries for a total amount of €1.9M. On April 9th, the IUCN French Committee launched a call for proposals to support biodiversity conservation projects and/or Nature-based Solutions (NbS) carried out by civil society partnerships (comprising a French CSO and a local CSO) in developing countries. By the end, 126 applications had been received. This is an excellent result for this first call, demonstrating the significant interest and need among CSOs for this type of funding mechanism to support biodiversity in developing countries. Out of the 126 applications, 37 were presented to the selection committee (the others were deemed ineligible or did not meet the criteria of the call for proposals). Prior to the Selection Committee meetings, each application was reviewed by two independent evaluators who assessed the quality of the submitted projects according to various criteria (biodiversity issues and threats, relevance and coherence of the projects, organizational capacity to carry out actions, partnership coherence, etc.). Held in Paris (with some evaluators participating remotely), the Selection Committee took place on June 25th and 26th , 2024, bringing together a total of 44 experts. During the Committee, each project was presented and then discussed among the evaluators and the other members. In addition to selecting the projects, the discussions also provided an opportunity to share expertise and suggestions for improvements for each proposal. At the end of the two-day committee meeting, 11 projects were selected for a total amount of €1 891 000, with an average of approximately €172 000 per project. Through these grants, with a maximum duration of 2 years, the civil society partnerships will have the common goal of implementing local biodiversity conservation projects and nature-based solutions through concrete on-the-ground actions. The projects will also support activities that benefit local populations. The IUCN French Committee warmly thanks the members of the Selection Committee for their dedication and participation, which ensures the independence of the process, strengthens dialogue between organizations, and enhances the quality of the proposals and projects supported by ProBioDev. Congratulations to all the selected partnerships, and best of luck with the implementation of their projects! Supported by a coalition of public and private partners including the French development agency (AFD), French Office for Biodiversity (OFB), Audemars Piguet Foundation for Trees, Fondation de France, Fondation Manthano, Fondation Egis, and Maisons du Monde Foundation, the programme’s ambition is to improve the state of biodiversity in developing countries through the action of civil society and the strengthening of capacities and partnerships of CSOs. Discover the selected projects! MADAGASCAR – Association Française de Sauvegarde du Grand Hapalémur (Helpsimus) & IMPACT Madagascar: « Ensuring the sustainable protection of the largest wild population of greater bamboo lemurs in Madagascar » The project aims to sustainably protect the largest wild population of greater bamboo lemurs (Prolemur simus, CR) by enhancing habitat conservation near Ranomafana National Park. Actions include reducing deforestation and wood cutting, mitigating conflicts with farmers, restoring forests, and creating a category 5 protected area. The project also focuses on improving the monitoring of several groups of greater bamboo lemurs and developing a scientific conservation program, enhancing knowledge of the lemur populations present, which will be used for the protected area creation process. Additionally, the project supports the economic and social development of local communities by promoting climate-resilient agriculture and supporting children’s education. The grant awarded by ProBioDev is €100 000 for a duration of 24 months. INDONESIA – Small Islands Organisations (SMILO) & Blue Forests: « Tanakeke, towards a sustainable island » The project aims to strengthen the resilience of Tanakeke Island in South Sulawesi by improving environmental management and community living conditions through SMILO’s Sustainable Island Labelling methodology. It aims to enhance local and inclusive governance by establishing an operational committee and defining a participatory action plan to build community capacity in environmental management. The project supports concrete initiatives such as the rehabilitation, monitoring, and conservation of mangroves and other key species, while promoting the sustainable development of seaweed cultivation to improve inhabitants’ living conditions. Blue Forests’ experiences on Tanakeke Island will be integrated and shared within the SMILO community, thereby strengthening their contributions to national and international biodiversity agendas. The grant awarded by ProBioDev is €195 000 for a duration of 24 months. GHANA – A Rocha Ghana & A Rocha France: « Conservation and sustainable management of the Keta Lagoon Ramsar site for the climate resilience of birds and communities » Located in the landscape of the Keta Lagoon Ramsar site, the project focuses on conserving bird species and their habitats, educating about the importance of wetlands for biodiversity and ecosystem services, and restoring and sustainably managing mangrove forests. The site plays a crucial role as an essential habitat for migratory birds and a nesting site for endangered marine turtle species. Planned actions include producing habitat maps and bird species lists, developing local capacity for bird identification and monitoring, and creating ecotourism opportunities benefiting local communities. The project will also train communities, especially women and youth, in sustainable management and restoration of degraded mangrove forests. The grant awarded by ProBioDev is €195 000 for a duration of 24 months. LAOS – Des Eléphants et Des Hommes & Lao Wildlife Conservation Trust: « WILDMED – Wildlife Mobile Emergency & Diagnostic Unit » Laos, a biodiversity hotspot, faces a significant biodiversity crisis with growing threats to its wildlife and ecosystems. The near-total lack of veterinary capacities, especially in conservation medicine, severely limits aid to wildlife facing increased human conflicts, illegal trafficking, and zoonotic risks. This project aims to strengthen the capacities of key Lao actors and establish an emergency response team for affected wildlife through the deployment of a mobile veterinary unit. The project team will also assess a population of semi-wild elephants using a One Health

Interview de Raphaël Billé

Directeur du programme de la Tour du Valat et Président du Groupe de travail Pays en développement & Biodiversité Raphaël, vous travaillez aujourd’hui en tant que directeur du programme au sein de la Tour du Valat. Pouvez-vous vous présenter, et préciser notamment les raisons qui vous ont conduit à travailler dans la protection de la nature ?  Travailler à la protection de la nature m’a toujours paru un objectif évident. Enfant, je ne l’ai pourtant pas beaucoup fréquentée, mais j’avais la chance d’habiter en province une maison disposant d’un jardin arboré en bord de rivière où j’ai pu observer écureuils et oiseaux, apprécier les odeurs, les lumières. Comme pour beaucoup d’enfants de ma génération, les documentaires diffusés à la télévision m’ont informé et fait rêver. Mes premiers engagements citoyens sont intervenus très tôt : cotisations à Greenpeace et la Fondation Cousteau avec mon argent de poche, manifestations anti-nucléaire… S’est ensuite ouverte une phase de lecture intense : « feuilles de choux », prospectus, puis ouvrages politiques et de vulgarisation scientifique. Internet n’existait pas, chaque publication qui passait à ma portée avait une immense valeur ! La principale difficulté pour moi a été de mettre des possibilités professionnelles concrètes derrière cet engagement. Les divers conseillers d’orientation et brochures d’information que j’ai consultés dès le collège m’ont suggéré que la protection de la nature était une impasse professionnelle. Travailler dans « les métiers de l’environnement », c’était s’orienter vers des secteurs plus sérieux, en pleine croissance et portés par de grandes entreprises prestigieuses : énergie, déchets, eau… Bref, il fallait être raisonnable. Quel est votre parcours professionnel et quelles sont vos plus belles expériences ? C’est donc par une formation d’ingénieur en génie civil que j’ai d’abord tenté de faire se rencontrer métier et engagement. L’erreur d’aiguillage m’est très vite apparue. Parti accomplir mon service national en coopération au Pakistan, j’ai eu la chance d’être encadré par deux brillants habitués des carrières à rebondissements, qui m’ont avant tout fait comprendre que si le monde professionnel déployait beaucoup d’efforts pour nous contraindre à des trajectoires linéaires, la liberté était affaire de motivation et d’un peu d’audace. C’est ainsi que depuis Islamabad, en 1998, j’ai envoyé une lettre (!) à Laurent Mermet, alors professeur à l’Engref, dont j’avais lu quelques écrits. Il a accepté de me rencontrer. Finesse d’analyse, culture, humour, bienveillance (et accessoirement une passion commune pour Bob Dylan) : j’avais frappé à la bonne porte et ce fut un nouveau départ. En quelques mois j’ai basculé définitivement vers la protection de la nature. Ma frustration initiale face à mes difficultés d’orientation a cédé la place à une volonté d’expérimenter autant de « portes d’entrée » que possible sur ce secteur professionnel qui est aussi un engagement, par curiosité et pour tenter d’y faire une petite différence à mon échelle. Doctorant en sciences sociales avec des terrains en France et à Madagascar, puis chef de projet biodiversité au PNUD en Indonésie, consultant notamment pour l’UICN, chercheur à l’Iddri sur les politiques de biodiversité et d’adaptation au changement climatique, puis assistant technique dans le Pacifique insulaire sur des enjeux à l’interface biodiversité / climat, puis de nouveau consultant… Je me suis essayé aux publications scientifiques, à la littérature grise, j’ai découvert le multilatéralisme environnemental, expérimenté l’appui aux politiques publiques, la gestion et l’évaluation de projets opérationnels, ou encore le plaidoyer. J’ai eu énormément de chance et travaillé aux côtés de collègues majoritairement formidables, dans des lieux merveilleux. Et me voilà depuis 2021 à la Tour du Valat, un lieu unique et magique au cœur de la Camargue qui œuvre depuis 70 ans à la protection des zones humides méditerranéennes. Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans la conservation de la biodiversité à l’international et en particulier dans les pays en développement ? J’ai toujours pensé qu’il y avait un intérêt intellectuel fort à retirer des allers-retours entre contextes d’action européens et « Sud », à identifier les grands mécanismes communs et les différences fondamentales – les premiers me paraissant bien plus significatifs que les secondes en matière de gestion de l’environnement. Ces allers-retours me semblent aussi une condition essentielle pour analyser les ressorts des arènes et mécanismes du multilatéralisme environnemental, et si possible y intervenir efficacement. Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez aujourd’hui et quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confronté dans le cadre de vos actions ? Les réalisations dont vous êtes le plus fier ? En tant que membre de l’équipe de direction de la Tour du Valat, j’ai la chance d’être impliqué dans l’ensemble de son activité, qui est d’une richesse et d’une diversité assez uniques : Comprendre : la Tour du Valat publie plusieurs dizaines d’articles scientifiques par an, accueille des doctorants, post-docs, est impliquée dans des réseaux de chercheurs européens et méditerranéens. Elle a joué historiquement, et continue de jouer, un rôle clé dans la compréhension du fonctionnement des zones humides, la connaissance des espèces qui en dépendent, l’analyse des menaces qui pèsent sur elles et la conception de solutions pour y faire face. Gérer : propriétaire de plus de 3 000 ha de zones humides en Camargue, abritant 2 000 ha d’une réserve naturelle régionale strictement protégée aussi bien que des activités agricoles destinées à montrer la compatibilité entre agriculture et protection des zones humides, la Tour du Valat gère également des sites du Conservatoire du Littoral, fournit de l’assistance technique à un vaste réseau d’acteurs en France et dans l’ensemble du bassin méditerranéen, avec une implication désormais très forte dans l’effort global en faveur de la restauration écologique. Transmettre : les connaissances et expériences issues de nos activités de recherche et de gestion sont partagées au sein de ce réseau, autant qu’il nous permet de bénéficier en retour d’une extraordinaire diversité de pratiques et expertises à l’œuvre sur les trois rives de la Méditerranée. Convaincre : au-delà du partage, la Tour du Valat développe une activité de plaidoyer et de lobbying visant à influencer les décisions publiques et privées qui sont à l’origine de la dégradation extrêmement rapide des zones humides en Méditerranée. Chacune de mes journées ou presque me fait jongler

APPEL À PROJETS – QUARRY LIFE AWARD : Heidelberg Materials lance la 6ème édition de son concours valorisant la préservation de la nature

Le concours scientifique et éducatif international Quarry Life Award, créé par Heidelberg Materials, récompense les actions novatrices ou exemplaires en faveur de la biodiversité en carrière. L’ambition de ce concours est d’améliorer les connaissances en matière de biodiversité sur les sites de carrières, de la favoriser et d’informer et de sensibiliser le grand public à l’importance de sa préservation. A cette occasion, chercheurs, étudiants, techniciens ou citoyens sont invités à participer à ce concours en répondant à l’appel à projets lancé par le groupe en France!   Les candidats sont invités à soumettre une proposition de projet d’ici le 18 novembre 2024 sur le site internet dédié.  En décembre 2024, le jury national du Quarry Life Award sélectionnera au maximum 6 projets (3 par catégorie) qui devront alors être mis en œuvre entre janvier et septembre 2025. Tous concourront simultanément aux niveaux national et international. À l’issue de la période de recherche, les participants soumettront un « rapport de projet final » rédigé en français et en anglais, et ce avant le 15 septembre 2025.  Le Comité français de l’UICN accompagne depuis 17 ans Heidelberg Materials, afin de renforcer la prise en compte de la biodiversité dans leurs activités. Quels types de projets ? Les propositions, portées individuellement ou par équipes, devront être mises en œuvre sur l’un des 8 sites mobilisés : Les carrières des cimenteries de Bussac-Forêt (Charente-Maritime), Couvrot (Marne) et Ranville (Calvados) ainsi que les carrières granulats d’Arancou (Pyrénées-Atlantiques), Baccon (Loiret), Le Hourdel (Somme), Les Alleuds (Maine-et-Loire) et Pont-à-Mousson – Le Domaine (Meurthe-et-Moselle).  Les projets sont organisés en 2 axes, déclinant respectivement 3 thématiques : L’axe Recherche se centre sur des projets scientifiques permettant d’accroître les connaissances écologiques au niveau d’une carrière et/ou visant l’amélioration de la gestion de la biodiversité, du paysage et de l’eau sur site. Ses catégories sont les suivantes : –          Gestion de la biodiversité –          Recherche sur l’habitat et les espèces –          Aux portes de la carrière Ces projets seront évalués au regard de leur méthodologie, de leur faisabilité, de leur innovation et créativité, de la communication des résultats, ainsi que de leur valeur ajoutée pour la science et pour l’entreprise. L’axe dédié aux Initiatives Sociétales concerne, quant à lui, des projets d’engagement et de sensibilisation qui aident la carrière à une plus grande proximité avec ses parties prenantes externes. Ses trois catégories sont les suivantes : –          Biodiversité et Éducation/Enseignement –          Interconnexion carrières et collectivités locales –          Solutions fondées sur la nature Ces projets seront évalués au regard de la sensibilisation, de la participation des parties prenantes locales, de la valeur ajoutée pour la collectivité et le site d’extraction ainsi que de sa faisabilité. Pour rappel, lors de la précédente édition, le grand prix international du Quarry Life Award (30 000 euros) a été remporté par la LPO Normandie pour son projet de création d’une mallette de jeux pédagogiques de sensibilisation au changement climatique et à la perte de biodiversité. Le projet avait été porté sur et en partenariat avec la carrière granulats d’Achères dans les Yvelines. Le projet est aujourd’hui déployé au sein du groupe en France, dans l’ensemble des activités. Calendier de l’appel à projets Jusqu’au 18 novembre 2024 : soumission des propositions de projets Décembre 2024 : sélection par le jury national des 6 projets participant à la compétition De janvier à septembre 2025 : mise en œuvre des projets et communication sur leur avancement Automne 2025 : remise des prix nationaux pour les 6 projets admis (nouveauté de la 6ème édition), allant de 1 000 € à 4 000 € Fin 2025 : remise des prix internationaux, allant de 10 000 € à 30 000 € Plus d’informations Consulter le site internet dédié au Quarry Life Award Consulter le communiqué de presse Consulter la vidéo de présentation Contacter Pierre Reaud, chargé de mission “Entreprises et biodiversité” Contacter Ludovic Pero, le référent national du concours (HeidelbergCement France) Les travaux du Comité français de l’UICN sur les entreprises et la biodiversité

Promouvoir les Solutions fondées sur la Nature pour l’adaptation au changement climatique

En tant que partenaire du Projet Life ARTISAN, le Comité français de l’UICN a apporté son expertise sur la définition et la mise en œuvre des Solutions fondées sur la Nature (SfN) au forum « Alliance Nature et Adaptation ». Cet événement, coorganisé par l’Office français de la biodiversité (OFB) et l’agence de l’eau Adour-Garonne, s’est tenu les 10 et 11 juin 2024 à Toulouse. Outre la participation à deux tables rondes, le Comité français de l’UICN a animé, lors de la deuxième journée, deux ateliers marqués par des échanges riches et des propositions inspirantes. Le premier atelier, centré sur la solidarité amont-aval en zones littorales, était un exercice prospectif. Les participants, regroupés par équipes de 3 ou 4, ont imaginé un avenir positif et souhaitable pour les milieux littoraux, abordant des thématiques propres telles que l’agriculture littorale, les villes côtières de demain, la gestion des risques de submersion et l’érosion du trait de côte. Cet exercice a été une réussite, tous les participants se sont prêtés au jeu avec enthousiasme. Il en est ressorti sept récits de formats différents (saynète, reportage radio, lettre à un proche, etc.) comprenant plusieurs éléments communs. En effet tous ont insisté sur la dimension de co-construction, de solidarité et de reconnexion à la nature afin de pouvoir s’adapter correctement aux défis de demain, notamment ceux engendrés par le réchauffement climatique. Le deuxième atelier consistait en une prise en main du nouvel outil d’accompagnement du Comité français de l’UICN pour la mise en œuvre et l’évaluation des SfN, qui est en cours de finalisation. À travers de l’évaluation de deux projets, les participants ont pu tester l’outil et fournir des retours quant à sa facilité de prise en main. Les retours ont été très positifs, et les suggestions d’amélioration constructives. Le Comité français de l’UICN va continuer à améliorer cet outil avant de le diffuser aux porteurs de projets. En conclusion, cet événement réunissant tous les acteurs œuvrant autour des SfN, démontre une nouvelle fois l’engouement croissant pour cette thématique et l’importance de l’engagement collectif nécessaire pour s’adapter aux changements climatiques. Grâce à des échanges enrichissants et des propositions innovantes, des avancées significatives ont été réalisées dans la mise en œuvre de Solutions fondées sur la Nature. Ces initiatives sont cruciales pour répondre aux défis environnementaux actuels et futurs, et le Comité français de l’UICN continue de jouer un rôle déterminant dans la promotion de ces solutions durables et résilientes, conformément au standard mondial de l’UICN. Le projet Life intégré ARTISAN (Accroître la Résilience des Territoires aux changements climatiques par l’Incitation aux Solutions d’Adaptation fondées sur la Nature) est financé par le Programme LIFE de l’’Union européenne, le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Piloté par l’Office français de la biodiversité, il s’appuie sur 28 bénéficiaires associés (dont le comité français de l’UICN). Il participe à la mise en œuvre du deuxième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-2) et du Plan biodiversité de la France. Le projet ARTISAN se consacre ainsi à : démontrer et valoriser le potentiel des Solutions fondées (SfN) sur la Nature pour l’adaptation au changement climatique; sensibiliser et faire monter en compétences les acteurs sur cette thématique ; accompagner et amplifier les projets de SfN sur tout le territoire national (dont l’Outre-mer). Photo bandeau : Hélène Ressayres, OFB

9 sites naturels français lauréats du Label « Liste verte de l’UICN »

Le Comité français de l’UICN et le Groupe d’experts français de la Liste verte félicitent les gestionnaires de la Réserve naturelle régionale du Val Suzon pour l’obtention du label “Liste verte de l’UICN”. la Réserve naturelle régionale du Val Suzon  Nous saluons également les 8 sites naturels français qui viennent d’obtenir le renouvellement de leur label “Liste verte de l’UICN” : La Réserve naturelle nationale de Cerbère-Banyuls Le Parc marin de la Côte bleue Le Parc national de la Guadeloupe Le Parc national des Pyrénées La Réserve nationale de chasse et de faune sauvage (RNCFS) d’Orlu La Réserve biologique intégrale (RBI) du Bois du Loc’h Le Marais d’Episy La Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises La Liste verte est à la fois un standard d’évaluation de l’efficacité de gestion des aires protégées et un label international reconnaissant la qualité de leur gestion. Elle s’appuie sur quatre piliers : une bonne gouvernance, une conception et une planification solides, une gestion efficace et une conservation réussie. Lancée officiellement en 2014 à l’occasion du Congrès mondial des parcs, la Liste verte constitue désormais une référence mondiale pour l’ensemble de la communauté de la conservation de la nature. En France, elle est déployée par le Programme aires protégées du Comité français de l’UICN et un groupe d’experts dédié : le Groupe d’experts français de la Liste verte (GELIV), présidé par Jean-Philippe Siblet. La France est le pays qui compte le plus grand nombre de sites labellisés dans la Liste verte, avec 24 sites au total. Cela témoigne de l’implication forte des gestionnaires français d’aires protégées et de la qualité de leur travail qui est récompensée à travers cette labellisation internationale. Nous vous invitons à consulter notre page dédiée pour obtenir plus d’informations : La Liste verte des aires protégées Publication Télécharger le communiqué de presse Le programme de la Liste verte des aires protégées et conservées du Comité français de l’UICN bénéficie du soutien financier de l’Office français de la biodiversité et du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Découvrez deux sites naturels francais qui viennent d’OBTENIR LE RENOUVELLEMENT DE LEUR LABEL « LISTE VERTE de l’UICN » :  La Réserve naturelle nationale de Cerbère-Banyuls https://youtu.be/01hCeCaXMOQ?si=Y6hRTkT1MUUSyIMr Le Parc marin de la Côte bleue https://youtu.be/m_5FGWQyP9U?si=aFVrVt_BCPht_gPN Photo bandeau : Réserve naturelle régionale et Forêt d’Exception® du Val Suzon, © Giada Connestari, société 16 prod

Plus de la moitié des espèces menacées de disparition en France ne bénéficient pas d’un statut de protection

Pour renforcer la protection des espèces, le Comité français de l’UICN a mené une étude afin de déterminer la part des espèces menacées bénéficiant d’un statut de protection, en métropole et en outre-mer. Le croisement des résultats de la Liste rouge nationale des espèces menacées avec les arrêtés de protection d’espèces montre que plus de la moitié (56%) des quelque 2900 espèces menacées de disparition en France ne sont couvertes par aucun arrêté de protection, soit plus de 1600 espèces. Les constats dressés à partir de cette analyse mettent en évidence des lacunes importantes dans la protection des espèces menacées et appellent à renforcer significativement la couverture de la protection réglementaire. Cette démarche est essentielle pour que la France atteigne d’ici 2030 l’objectif de stopper l’extinction des espèces menacées connues sur son territoire, auquel elle s’est engagée dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique.  Sur la base de cette analyse, le Comité français de l’UICN, appuyé par les experts de sa Commission de sauvegarde des espèces, formule une série de quatre recommandations et cinq priorités d’actions pour répondre au risque de disparition des espèces par la voie de la réglementation.   La note de position détaillée et la fiche synthétique de décryptage des enjeux sont disponibles en téléchargement ci-dessous. DOCUMENTS ET LIENS • Lire le communiqué de presse (juin 2024)• Lire la note de position et les recommandations• Découvrir la fiche de décryptage synthétique• Consulter l’annexe listant les espèces menacées et de leur statut de protection (xls)• Accéder à la base de données de l’INPN• Parcourir les résultats de la Liste rouge des espèces menacées en France Photo bandeau :Agrion joli (Coenagrion pulchellum) CC-BY-SA Gilles San Martin

Biodiversité et chaîne de valeur amont des entreprises : le cas de l’aluminium

Le Comité français de l’UICN a initié une étude sur la chaîne de valeur amont des entreprises*, pour identifier leurs impacts et dépendances vis-à-vis de la biodiversité et des services écosystémiques, liés à leurs achats de différentes matières premières, et pour formuler des recommandations. Une première fiche publiée aujourd’hui, concerne les produits en aluminium ou contenant de l’aluminium. Elle offre une synthèse des impacts et des dépendances, présente les principales certifications et initiatives existantes, et propose des recommandations à intégrer dans les stratégies biodiversité, les chartes RSE ou en matière d’achats responsables des entreprises. Pour répondre aux nouvelles exigences réglementaires (Corporate Sustainable Reporting Directive) et aux demandes des initiatives volontaires (Science Based Targets Network, Taskforce on Nature-related Financial Disclosures), les entreprises vont devoir progressivement collecter et publier plus d’informations et de données afférentes aux impacts de la chaîne de valeur de leurs produits et services sur la biodiversité. Ces données doivent conduire à une amélioration des pratiques, notamment d’achat, des entreprises. En effet, toutes les directions d’une entreprise sont concernées par les enjeux de biodiversité et pas seulement les directions développement durable ou RSE. Les directions achats tiennent un rôle important, et leur travail doit s’articuler avec celui des directions où sont pilotées les actions liées à l’environnement. Ainsi, la biodiversité, doit être pleinement intégrée dans les achats de matières premières et dans le choix de fournitures ou produits, donc dans la chaîne de valeur amont d’une entreprise, pour avoir des modèles économiques plus durables. La stratégie biodiversité d’une entreprise doit nécessairement s’appliquer dans les choix des achats, et cela peut se traduire de différentes manières : arrêter l’achat de matériaux à fort et très fort impact sur la biodiversité, choisir des matériaux à faible ou moindre impact à travers le recours à des produits certifiés ou labellisés, ou l’adoption de chartes d’achats intégrant des critères biodiversité, remplacer un matériau par un autre qui sera moins impactant sur la biodiversité, privilégier le choix de matériaux recyclés et recyclables. Cependant, ce sujet d’étude reste relativement peu exploré, du fait des difficultés qu’expriment les entreprises à recueillir les données de leurs fournisseurs. Pour adresser cette problématique, le Comité français de l’UICN a entrepris une étude avec son groupe de travail « Entreprises et biodiversité », réunissant ses entreprises partenaires, ses membres et ses experts, afin de permettre aux entreprises d’identifier les actions prioritaires à mener auprès de leurs fournisseurs de matières premières stratégiques. Trois matières premières stratégiques ont été sélectionnées pour cette première phase d’étude : l’aluminium, le bois d’œuvre et d’industrie, et l’acier. La fiche « aluminium » publiée aujourd’hui, constitue une ressource essentielle pour accompagner les entreprises dans : L’identification de leurs impacts et dépendances vis-à-vis de la biodiversité et des services écosystémiques liés à leurs achats de produits en aluminium ou contenant de l’aluminium, L’établissement d’une vue d’ensemble des principaux mécanismes de certification existants, L’intégration de cet enjeu dans leurs stratégies biodiversité, leur charte RSE ou en matière d’achats responsables, en lien avec leurs fournisseurs. L’ensemble du cycle de vie de l’aluminium a de très forts impacts sur la biodiversité et tout particulièrement dans la chaîne de valeur amont : depuis l’extraction de la bauxite jusqu’à la fabrication des produits de consommation, en passant par la production de l’alumine, puis la production de l’aluminium pour la fabrication des alliages. Ainsi, la déforestation, l’artificialisation des sols, la surexploitation de la ressource en eau, la pollution de l’eau et des sols avec les boues rouges et la pollution de l’air sont les pressions mesurées les plus importantes. Pour encourager des pratiques minières moins impactantes sur la biodiversité, nous identifions principalement l’existence de la certification internationale, Aluminium Stewardship Initiative (ASI) et des principes d’exploitation durable de l’International Council on Mining and Metals (ICMM). Nous encourageons toutefois ces référentiels à définir des critères de durabilité plus ambitieux pour garantir une production d’aluminium de moindre impact sur la biodiversité. Au regard des besoins en aluminium pour assurer la transition énergétique de nos sociétés, le Comité français de l’UICN propose ainsi trois recommandations aux entreprises : Privilégier les produits fabriqués à partir d’aluminium recyclé. Privilégier les produits en aluminium certifiés ASI. Définir des critères de durabilité ambitieux pour réduire les impacts de la production d’aluminium primaire sur la biodiversité. Pour les autres usages, la priorité doit être la réduction de l’utilisation d’aluminium. Ce travail a été soutenu par les huit entreprises partenaires du Comité français de l’UICN : Heidelberg Materials France, EDF, Veolia, ENGIE, Storengy France, EQIOM, Primagaz et Nestlé Waters France. * La notion de chaîne de valeur d’une entreprise désigne l’ensemble des processus et des interactions qui ont pour objectifs de générer une certaine valeur (à travers la création de produits et de services) à destination de ses clients. Au sein de ces processus, la chaîne de valeur amont concerne toutes les activités liées à l’approvisionnement en matières premières pour la fabrication des produits et par conséquent les interactions entre l’entreprise et ses fournisseurs. A travers l’achat de matières premières extraites des milieux naturels, les entreprises ont ainsi un impact indirect sur la biodiversité. PUBLICATION Les chaînes de valeur amont des entreprises – Fiche aluminium (2024) © Photo bandeau : Vladimir Zapletin

A PARTIR D’AUJOURD’HUI ET JUSQU’AU 26 MAI, C’EST LA FÊTE DE LA NATURE !

A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 26 mai, c’est la Fête de la nature ! Rendez-vous dans la nature grâce aux 10 000 animations gratuites organisées dans plus de 2 200 lieux en France. En 2006, l’idée d’organiser une Fête de la Nature était émise par le Comité français de l’UICN et le magazine Terre Sauvage, puis proposée à l’ensemble des grandes organisations de la protection de la nature en France. Depuis 2007, chaque année autour du 22 mai, journée mondiale de la biodiversité, la nature est célébrée pendant plusieurs jours.  Des milliers de manifestations sont organisées par les associations de conservation et d’éducation à la nature, les collectivités territoriales, les établissements publics et scolaires, les entreprises, les particuliers… sur tout le territoire français, en métropole comme en Outre-mer, dans les villes comme à la campagne. Retrouvez le programme complet : https://fetedelanature.com/programme-complet Pour cette 18ème édition, quelques grandes idées ont été suggérées : les espaces naturels protégés, les espaces naturels humides, les sciences participatives, l’écoute de la nature, la biodiversité nocturne, la nature en ville, les Atlas de la biodiversité communale et les jardins, l’organisation de grands pique-niques pédagogiques, ainsi que le lien entre la nature et l’art.  Partez à la découverte des richesses naturelles à proximité de chez vous ! Photo bandeau : © Association de la Fête de la nature