COP 16 : Position du Comité français de l’UICN sur les crédits et certificats biodiversité

A l’occasion de la journée « Finance & Biodiversity » qui se déroule le 28 octobre à la COP 16 Biodiversité (Cali – Colombie), le Comité français de l’UICN apporte sa vision sur les crédits et certificats biodiversité et présente une série de recommandations dans un document de position. Des crédits pour contribuer au financement de la biodiversité Fin 2022, le cadre mondial de Kunming-Montréal a été adopté lors de la 15ème COP de la Convention pour la Diversité Biologique (CDB). A travers sa cible 19, le cadre intègre que de nouveaux mécanismes de financement seront nécessaires pour atteindre la mobilisation de 200 Mds$ par an d’ici 2030 (dont au moins 30 milliards pour les pays en développement). Cette cible mentionne explicitement que les crédits biodiversité sont des systèmes innovants qui peuvent constituer une part des financements nécessaires pour mettre en œuvre les stratégies et plans d’action nationaux des États. L’idée repose ainsi sur une contribution plus forte des acteurs économiques et financiers pour combler le manque de financement à travers de nouveaux instruments financiers parmi lesquels les crédits biodiversité. Si l’idée d’une plus grande implication du secteur privé au financement de la nature semble indispensable, la création de mécanismes de crédits biodiversité est associée à des risques importants en matière de robustesse et d’intégrité. La plupart des écueils des crédits carbone concernent aussi la biodiversité. En particulier, il existe un risque important que l’achat de certificats biodiversité se substitue à l’évitement, la réduction et la compensation des impacts, pourtant prioritaires. Devant ces risques, le Comité français de l’UICN appelle à encadrer les mécanismes de financement qui pourraient émerger sur la base des crédits biodiversité et recommande de ne pas envisager les crédits biodiversité dans le cadre de mécanismes de compensation. Les mécanismes de certificats biodiversité devraient mesurer de manière robuste et transparente des gains biodiversité, démontrer leur potentiel de pérennisation et leur contribution positive aux objectifs du Cadre Mondial Biodiversité (GBF) et ne pas se substituer à d’autres mécanismes de financement. Les mécanismes de crédits biodiversité ne doivent pas être considérés comme la seule réponse à l’enjeu de financement de la biodiversité. Même au maximum de leur potentiel, ils ne pourraient fournir qu’une petite partie des financements nécessaires à la préservation de la nature et à l’atteinte des objectifs du cadre mondial. Des certificats biodiversité plutôt que des crédits biodiversité Le terme crédit suggère un débit et des équivalences entre des pertes et des gains de biodiversité. Pour cette raison, même si au plan international, le terme « crédit » est plus souvent employé, le Comité français de l’UICN estime plus approprié le terme de « certificat » qui permet davantage de traduire l’idée d’une contribution positive à la biodiversité plutôt qu’une annulation entre pertes et gains de biodiversité. Impliquer la société civile, les peuples autochtones et les communautés locales Le Comité français de l’UICN s’inquiète des dérives potentielles liées à l’utilisation des terres, au droit de propriété, et à une juste redistribution des revenus pour les populations locales. Les initiatives de certificats biodiversité doivent respecter, protéger et défendre les droits humains des populations directement ou indirectement affectés par les projets. Pour cela, le CF UICN demande d’assurer l’implication de toutes les parties prenantes, y compris des peuples autochtones et des communautés locales : À la définition et à la mise en œuvre des projets associés à des certificats biodiversité ainsi qu’à la juste répartition des revenus générés ; Dans une gouvernance multi-acteurs de projets ancrés dans les territoires qui veille en particulier à une séparation claire des rôles de développeur de projet, de certificateur et d’investisseur. Pour en savoir plus, consultez et téléchargez le document de position. En-tête : Mangroves au Sénégal © Andrei Popoviciu / PPI Mangroves au Sénégal © Andrei Popoviciu / PPI
Décryptage du rapport de l’IPBES sur les espèces exotiques envahissantes

La COP16 de la Convention sur la diversité biologique qui se tient ce mois à Cali en Colombie aborde l’enjeu des espèces exotiques envahissantes, l’une des 5 pressions majeures pesant sur la biodiversité. À cette occasion , le Comité français de l’UICN publie une note de décryptage du rapport de l’IPBES publié à ce sujet et de son résumé à l’intention des décideurs. Publié en septembre 2023, le rapport intitulé « Évaluation des espèces exotiques envahissantes et de leur contrôle » est le fruit du travail de 86 experts internationaux issus de 49 pays. S’appuyant sur plus de 13 000 références reflétant la diversité des connaissances existantes sur le sujet, il dresse l’évaluation la plus complète à ce jour du phénomène et souligne les énormes conséquences écologiques, économiques et sanitaires des invasions biologiques. Chiffres clés issus de l’évaluation Plus de 37 000 espèces exotiques ont été introduites de par le monde par les activités humaines et 3 500 de ces espèces ont des impacts négatifs documentés. Les espèces exotiques envahissantes sont impliquées dans 60 % des extinctions globales d’espèces recensées et 90 % de ces extinctions ont eu lieu dans les îles. Le coût économique mondial annuel des invasions biologiques a dépassé les 390 milliards d’euros en 2019. Ce coût a quadruplé chaque décennie depuis 1970 et devrait continuer d’augmenter. Alors qu’a débuté il y a quelques jours la 16ème COP de la Convention sur la diversité biologique, le Comité français de l’UICN publie une note de décryptage du rapport de l’IPBES et de son résumé à l’intention des décideurs. Rappelant les principaux constats et recommandations issus du rapport, cette note présente également la situation de la France par rapport à l’état des lieux mondial et identifie des priorités d’action pour l’atteinte des objectifs du cadre mondial pour la biodiversité. Face aux enjeux des espèces exotiques envahissantes et pour accompagner l’ensemble des acteurs mobilisés, le Comité français de l’UICN coordonne le Réseau consacré aux invasions biologiques en outre-mer impliquant l’ensemble des territoires ultra-marins, et co-pilote avec l’OFB le Centre de ressources national dédié. Documents et liens Découvrir la note de décryptage Accéder au rapport de l’IPBES et à son résumé à l’intention des décideurs Centre de ressources sur les espèces exotiques envahissantes Réseau Espèces exotiques envahissantes en outre-mer Photo bandeau : Alain Dutartre
COP16 : le Comité français de l’UICN appelle à accélérer la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité

A l’approche de la COP 16 Biodiversité qui s’ouvre le 21 octobre 2024 à Cali en Colombie, le Comité français de l’UICN appelle la France et les autres Etats à renforcer la mise en œuvre du nouveau Cadre mondial de la biodiversité et ses 23 cibles, deux ans après son adoption. Ce renforcement doit se faire à travers des stratégies nationales pour la biodiversité conformes aux objectifs internationaux, des ressources financières augmentées, une réforme des financements néfastes, et avec un cadre de suivi et d’évaluation des actions commun et robuste. DECLINER LES ENGAGEMENTS INTERNATIONAUX EN STRATEGIES ET OBJECTIFS NATIONAUX Le Comité français de l’UICN appelle à ce que les Etats accélèrent la déclinaison du Cadre mondial de la biodiversité en stratégies nationales pour la biodiversité et objectifs nationaux, à l’image de la stratégie française. Ces stratégies sont indispensables à la mise en œuvre d’actions permettant d’atteindre les 23 cibles(i) du cadre mondial dans les différents pays. Une dynamique est en cours mais elle est actuellement insuffisante car seuls 31 Etats et l’Union Européenne ont publié leurs stratégies et 99 d’entre eux ont publié des objectifs nationaux, sur les 196 Parties à la Convention sur la diversité biologique. Il est urgent que les Etats poursuivent la dynamique lancée à la COP15 à Montréal en 2022 car le déclin de la biodiversité se poursuit à un rythme alarmant et il ne reste que 6 ans pour inverser la tendance d’ici 2030. Selon la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, 28% des espèces sont toujours menacées dans le monde et près de 17% en France. ACCROITRE LES FINANCEMENTS POUR LA BIODIVERSITE ET REFORMER LES SUBVENTIONS NEFASTES Le Comité français de l’UICN demande à ce que les Etats adoptent une stratégie de mobilisation des ressources financières permettant d‘atteindre, d’ici 2030, une augmentation de 200 milliards de dollars par an des financements directs pour la biodiversité (cible 19) et une suppression progressive ou réforme des financements néfastes à hauteur de 500 milliards de dollars par an (cible 18). Ces financements doivent aboutir à combler le déficit évalué à 700 milliards de dollars par an. En France, le besoin d’augmentation des financements publics a été évalué à 372,4 millions d’euros pour la mise en œuvre de la stratégie nationale pour la biodiversité en 2025(ii). Le montant des subventions publiques dommageables à la biodiversité a lui été chiffré à 10,2 milliards d’euros, soit plus de 4 fois supérieur celui des dépenses favorables. Ces subventions concernent surtout les aides à des pratiques agricoles dommageables (6,7 milliards d’euros, notamment au titre de la PAC) et celles favorisant l’artificialisation des sols (2,9 milliards d’euros). La réduction et la réorientation de ces dépenses permettraient à la fois de financer les politiques de la biodiversité, diminuer les pressions sur la nature, et réaliser des économies budgétaires. Plus largement, il est urgent de « verdir » la finance en alignant les flux fiscaux et financiers sur les objectifs du Cadre mondial (cible 14), sachant que les financements publics et privés néfastes à la nature ont été évalués à 6 700 milliards de dollars par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement dans son dernier rapport sur l’état des financements pour la nature(iii). SUIVRE ET EVALUER LES OBJECTIFS ADOPTES A LA COP15 EN 2022 Le Comité français de l’UICN appelle à finaliser le cadre de suivi pour rendre compte régulièrement des progrès réalisés dans la mise en œuvre des actions. Ce cadre propose des indicateurs pour les 23 cibles afin de vérifier si l’atteinte des objectifs est en bonne voie. Il doit être complété et adopté sur la base des connaissances disponibles pour ne pas prendre de retard, même s’il doit être amélioré par la suite. L’UICN propose déjà de nombreux outils de connaissance pour nourrir ces indicateurs. Les modalités d’organisation du rapportage de chaque Etat doivent également être précisées, ainsi que la possibilité d’inclure les contributions des acteurs non-étatiques (ONG, collectivités locales, peuples autochtones et communautés locales, entreprises…). Ceci est indispensable pour que le premier bilan mondial, basé sur tous les rapports des Etats, soit réalisé et présenté en 2026 à la prochaine COP17. ASSURER UN PARTAGE JUSTE ET EQUITABLE DES RESSOURCES GENETIQUES Le Comité français de l’UICN appelle à finaliser le mécanisme multilatéral assurant un partage juste et équitable des avantages tirés des Informations de Séquençage Numériques (ISN) des ressources génétiques, avec la création d’un fonds mondial. Ce mécanisme doit apporter des avantages financiers mais également non monétaires et les fonds doivent être affectés au soutien de la conservation et de l’utilisation durable de la diversité biologique, conformément aux objectifs de la Convention sur la diversité biologique. La COP16 Biodiversité doit permettre d’engager des modifications profondes pour renouveler nos relations et interagir autrement avec le vivant. Comme le Costa Rica qui a montré la voie, nous devons « faire la paix avec la nature » tel que le propose la Colombie, pays hôte de la conférence internationale. Le Comité français de l’UICN participera à la COP16 en Colombie avec la présence de Maud Lelièvre, présidente, Sébastien Moncorps, directeur, Florence Clap, responsable des politiques de la biodiversité, Nicolas Salaün, responsable coopération internationale, Magali Pausin, chargée de mission « pays en développement et biodiversité » et Manon Bourhis, assistante pour les relations internationales. Plusieurs de ses organisations membres seront également présentes. i https://www.cbd.int/gbf/targets ii rapport sur le financement de la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) pour 2030. IGF, IGEDD, 2022. iii https://www.unep.org/resources/state-finance-nature-2023 Photo bandeau : AUFORT JEROME
In memoriam

Le Comité français de l’UICN a la tristesse de vous faire part de la disparition de Jean-Claude Lefeuvre le 12 octobre dernier. Conseiller régional de l’UICN pour l’Europe de l’Ouest de 1988 à 1990, Jean-Claude Lefeuvre a été élu membre d’honneur par le Comité français de l’UICN, après la création de celui-ci en 1992. Il joua un rôle majeur dans la protection de l’environnement et la recherche en écologie fondamentale et appliquée au niveau national et international, particulièrement sur l’écologie des landes et des zones humides. Il fut professeur à l’Université de Rennes et au Muséum national d’Histoire naturelle. Il fut également le premier directeur de la station biologique de Paimpont qu’il créa avec le Pr. Gaston Richard. Il ne cessa de promouvoir l’interdisciplinarité entre sciences de la nature et sciences humaines, tout particulièrement dans le cadre du Programme interdisciplinaire de recherches sur l’environnement et des programmes qui ont suivi, contribuant ainsi à l’émergence de nouvelles façons de penser la protection de la nature. Son investissement auprès du ministère chargé de l’environnement ou d’organismes environnementaux fut considérable. Pendant de longues années, il présida entre autres le Comité d’écologie et de gestion du patrimoine naturel du ministère, le Comité scientifique de l’IFEN, l’Institut français de la biodiversité, le Conseil scientifique du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres. Il fut également président du Comité permanent du Conseil national de la protection de la nature de 2009 à 2015 et du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Bretagne de 1999 à 2011, de FNE, des conseils scientifiques du WWF et de la Fondation du Banc d’Arguin en Mauritanie et administrateur de la Tour du Valat. Il est officier de la Légion d’honneur, commandeur de l’Ordre National du Mérite et a reçu de très nombreuses distinctions françaises et internationales. Photo bandeau : Thibault Lefeuvre
COP 16 Biodiversité: organisation et mobilisation du groupe de travail Pays en développement & Biodiversité

La seizième Conférence des Parties de la Convention sur la Diversité Biologique se tient du 21 octobre au 1er novembre à Cali en Colombie. Elle aura pour thème « la Paix avec la Nature – Paz con la Naturaleza » et traitera de nombreux sujets depuis la dernière COP qui a vu l’adoption du Cadre mondial sur la biodiversité de Kunming-Montreal dont la mobilisation de financements pour la mise en œuvre, le cadre de suivi-évaluation, l’alignement des stratégies biodiversité nationales (NBSAP) avec le cadre mondial et le mécanisme de partage des avantages liés à l’utilisation des informations de séquençage numérique (DSI). Elle est décomposée en plusieurs espaces dont : la Zone Bleue qui comprend la partie de négociations, l’exposition de plusieurs stands et pavillons ainsi que de nombreux évènements parallèles. la Zone Verte qui comprend un agenda politique et académique, un agenda multicolore dédié à l’inclusion et à la diversité ainsi qu’un agenda culturel. D’autres évènements se tiennent en marge de la COP 16 à Cali comme : Bloom pour accélérer l’action des entreprises à la COP 16 du 24 au 25 octobre à l’hôtel Intercontinental de Cali ; Le septième symposium sur l’investissement du Global Landscape Forum le 25 octobre au Musée La Tertulia ; Le Sommet mondial sur la Biodiversité le 26 octobre au Musée La Tertulia. Une délégation du Comité français de l’UICN sera présente ainsi que du groupe de travail Pays en développement & Biodiversité dont les organisations suivantes : Action Contre la Faim, All4trees, Envol Vert, Nature Conserv’Action et Play for Nature. La Zone Bleue Elle se situe au Centro de Eventos Valle del Pacífico, au nord de Cali. Pour y accéder, il est nécessaire d’être accrédité par la Convention sur la Diversité Biologique. Voici le programme de la Zone Bleue : Plusieurs journées ou sommets thématiques vont être organisés dans le cadre de la Zone Bleue dont : Forum sur le développement et renforcement de capacités le 19 octobre : https://www.cbd.int/conferences/2024/parallel-meetings/capacity-forum Forum des parlementaires le 23 octobre ; Forum des femmes le 25 octobre ; Forum des gouvernements sub-nationaux et des villes le 26 octobre ; Sommet Nature & Culture les 26 et 27 octobre : https://www.cbd.int/conferences/2024/parallel-meetings/nature-culture-summit Forum Entreprises & Biodiversité le 27 octobre : https://www.cbd.int/conferences/2024/parallel-meetings/business-biodiversity-forum Journée Financements & Biodiversité le 28 octobre : https://www.cbd.int/conferences/2024/parallel-meetings/finance-day Il y aura également de nombreux stands et Pavillons dans la Zone Bleue qui disposeront de leur propre programmation : Pavillon de la Colombie ; Pavillon de l’UICN ; Pavillon de l’Union Européenne ; Pavillon Nature Positive ; Pavillon CGIAR ; Pavillon du cadre mondial de Kunming-Montreal sur la biodiversité mondiale. Enfin, la programmation officielle des évènements parallèles se tenant en Zone Bleue et sélectionnés par le Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique est disponible sur ce lien. La Zone Verte Elle se situe en grande partie sur le Boulevard del río et dans d’autres lieux de la ville pour favoriser la participation de la société civile. C’est un espace ouvert au public dont l’objectif principal est de faciliter les partages de connaissances et d’expériences, d’inspirer à l’action et de renforcer la participation citoyenne dans la prise de décisions environnementales. Le programme de l’agenda multicolore est disponible sur ce lien et celui de l’agenda culturel sur celui-ci. L’agenda politique et académique est décomposé en plusieurs journées thématiques : Interventions des membres du Groupe de travail Pays en développement & Biodiversité et partenaires techniques et financiers français Plusieurs membres du groupe de travail, ou leurs organismes, organiseront des évènements ou interviendront lors de la COP 16, que ce soit au sein de la Zone Bleue ou de la Zone Verte. Voici leur implication : CIRAD Restauración e Innovación: Paisajes y Territorios de Paz en la Amazonía le 21 octobre de 13h30 à 15h40 (Zone Verte : Banque de la République) Montpellier Process: Pooling Collective Intelligence for Action. Scaling dialogue for strengthened Science-Policy-Society interfaces le 25 octobre de 8h30 à 9h30 (Zone Bleue : Pavillon de l’UE) et à 13h20 (Zone Bleue : CEVP Ground floor) The Multilateral benefit-sharing mechanism of FAO’s Plant Treaty: placing small-scale farmers at the centre of the GBF implementation le 25 octobre de 17h30 à 19h00 (Zone Bleue : Pavillon de l’UE) Lessons learnt from DeSIRA projects on new research pathways to support biodiversity through agroecological innovations in agriculture and food systems le 27 octobre de 15h30 à 17h00 (Zone Bleue : Pavillon de l’UE) Envol Vert La trazabilidad como una herramienta para proteger la biodiversidad le 25 octobre de 11h30 à 12h00 (Zone Verte : DIAN) et le 28 octobre de 17h45 à 18h30 (Zone Verte : Université ECCI) Museum National d’Histoire Naturelle The Global Strategy for Plant Conservation – guidance and insight into implementing the new complimentary actions le 22 octobre à 11h40 (Zone Bleue : Cocora Plaza One) Whole-of-society approach to achieve GBF Target6 Regarding IPBES assessment reports, G7 statement on IAS and NBSAPs le 29 octobre de 13h20 à 14h40 (Zone Bleue : Pavillon UICN) NatureXpairs Rangers at the heart of the 30 x 30 target – Engaged for people and Nature le 21 octobre de 17h30 à 19h00 (Zone Bleue : Pavillon de l’UE) How to support the implementation of 30×30 : Sharing the French experience and how to benefit from the French expertise and the offers available on the HAC 30×30 Matchmaking Platform le 23 octobre de 11h00 à 12h00 (Zone Bleue : Pavillon du GEF) The value of partnerships to support the implementation of the 30×30 target – Sharing the experience of the HAC 30×30 Matchmaking Platform at CBD COP16 le 28 octobre de 13h20 à 14h30 (Zone Bleue : Youth Plaza One) Caribbean MPAs managers networks lead the way: Towards a regional roadmap to reach Target 3 le 29 octobre de 13h20 à 14h30 (Zone Bleue : Youth Plaza One) Agence Française de Développement Strengthening NBSAPs Implementation Using Technological and Scientific Tools for Ecosystem Natural Capital Accounting le 23 octobre à 11h40 (Zone Bleue : Farallones Plaza One) Exploring Voluntary Commitments by Non-state Actors in Advancing Other Effective Area-based Conservation
Forum européen de la conservation : une étape importante dans la préparation du Congrès mondial de l’UICN 2025

Plus de 400 représentants des membres et experts de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ont participé au Forum européen de la Conservation qui s’est tenu à Bruges (Belgique) du 30 septembre au 3 octobre 2024. Il s’agit d’un des 9 forums régionaux organisés par l’UICN dans la perspective du Congrès mondial de la nature qui aura lieu en octobre 2025 à Abu Dhabi. Pour la première fois depuis que de tels forums sont organisés, le Forum européen rassemblait les membres et experts des pays situés dans deux régions statutaires de l’UICN : l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est et Asie centrale. Cet événement a été l’occasion pour les membres de l’UICN de présenter leurs travaux et priorités en matière de conservation de la nature et de participer à l’élaboration de la vision à 20 ans de l’UICN et de son programme 2026-2029, qui font l’objet d’une consultation jusqu’au 20 octobre. Le Comité français de l’UICN y a organisé trois ateliers de travail portant respectivement sur la Liste verte des aires protégées, les Solutions fondées sur la Nature pour l’agriculture et le trafic des espèces sauvages. Ces événements ont connu un large succès et attiré la participation de très nombreux membres et représentants de l’UICN, dont Grethel Aguilar, directrice générale de l’UICN, et Boris Erg, directeur du Bureau régional européen. Les représentants du Comité français de l’UICN y ont également présenté les 32 projets de motions portés par les membres français de l’UICN au cours des nombreuses sessions informelles. Ces échanges ont permis d’identifier des intérêts communs avec les autres Comités nationaux et membres européens de l’UICN ainsi que de potentiels soutiens aux motions. Les motions doivent en effet être soutenues par au moins cinq membres de l’UICN, issus d’au moins deux régions statutaires différentes, pour pouvoir être présentées. Ces échanges ont également permis de valoriser l’important travail effectué depuis avril 2024 par les membres et expert/es français de l’UICN dans la préparation de ces motions. Cet effort de mobilisation, unique en Europe, a culminé lors du récent Congrès français de la nature au cours duquel ces projets de motions ont été débattus. Plusieurs intervenants de haut niveau ont participé à cet événement majeur de la conservation de la nature en Europe, dont Grethel Aguilar (directrice générale de l’UICN), Musonda Mumba (secrétaire générale de la Convention Ramsar sur les zones humides), Mirela Kumbaro (ministre du tourisme et de l’environnement d’Albanie), Humberto Delgado Rosa (directeur pour le Capital naturel, Direction générale de l’environnement de la Commission européenne) ainsi que les présidents des Commissions de l’UICN, les responsables des bureaux « Europe de l’Ouest » et « Europe de l’Est et Asie Centrale » de l’UICN, ainsi que plusieurs présidents des Comités nationaux européens. Pour en savoir plus : Congrès français de la nature 2024 : 32 recommandations pour répondre aux enjeux mondiaux de la biodiversité – UICN France Europe, North and Central Asia RCF | 30 Sept – 3 Oct 2024 (iucn.org) Atelier « Solutions fondées sur la Nature pour l’agriculture » Atelier « Trafic des espèces sauvages » Atelier « Liste verte des aires protégées et conservées »
Congrès français de la nature 2024 : 32 recommandations pour répondre aux enjeux mondiaux de la biodiversité

Plus de 250 expert/es et représentant/es des organisations membres du Comité français de l’UICN – Union internationale pour la conservation de la nature – se sont réunis hier à l’occasion du Congrès français de la nature 2024. 32 projets de recommandations ont été débattus pour répondre à des priorités internationales de conservation de la biodiversité. Ces recommandations seront proposées au Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui se tiendra à Abu Dhabi en octobre 2025. Elles contribueront ainsi directement à façonner le programme, les positions et les actions de la plus grande organisation internationale de conservation de la nature, et à influer sur les politiques internationales de la biodiversité. L’excellence française en matière de gestion d’aires protégées récompensée à l’international Les gestionnaires de 9 espaces naturels français se sont également vus remettre leurs diplômes du label « Liste verte des aires protégées de l’UICN » célébrant leurs résultats en matière de conservation. Ce label international a pour but de récompenser les espaces naturels efficacement gérés. La France est le pays qui compte le plus grand nombre de sites labellisés dans la Liste verte internationale, avec 24 sites français au total. Pour poursuivre la dynamique, le Gouvernement de Nouvelle-Calédonie a annoncé la candidature du Parc naturel de la Mer de Corail, l’une des plus grandes aires marines protégées du monde, à la Liste verte des aires protégées de l’UICN. Pour en savoir plus : Le communiqué de presse du Congrès français de la nature 2024, Le communiqué de presse sur la remise des prix de la Liste verte des aires protégées de l’UICN, en présence de la ministre Agnès Pannier-Runnacher notamment, Un diaporama présentant ces 9 sites naturels français récompensés à l’international pour l’atteinte de leurs objectifs de conservation de la biodiversité. Crédits photographiques © Fabien Kufel Plus de 250 expert/es et représentant/es des organisations membres du Comité français de l’UICN étaient présents lors du Congrès français de la nature. © Fabien Kufel
Interview de Gaétan Quesne

Directeur Europe et Responsable thématique biodiversité, forêts et Solutions fondées sur la Nature au sein du Groupe-conseil Baastel et membre du Bureau du Groupe de travail Pays en développement & Biodiversité Gaétan, vous travaillez aujourd’hui en tant que Directeur Europe et responsable thématique biodiversité, forêts et Solutions fondées sur la Nature au sein du cabinet de conseil Baastel. Pouvez-vous vous présenter, et préciser notamment les raisons qui vous ont conduit à travailler dans la protection de la nature ? J’ai passé toute mon enfance au contact de la nature, dans une ferme familiale dans le Nord-Ouest de la France. Le remembrement agricole dans les années 70-80 avait déjà modifié substantiellement le paysage rural français, mais j’ai passé mon enfance à crapahuter dans les espaces naturels et les bosquets proches de la ferme familiale, à participer à des classes vertes dans un Centre de Protection de la Nature et à observer la nature environnante. J’ai certainement développé ma sensibilité environnementale et à la protection de la nature durant cette période. J’ai ensuite effectué des études en agronomie, puis en agro-économie internationale et enfin en économie des ressources naturelles, qui m’ont permis d’orienter mon parcours professionnel à l’international et dans le domaine de la protection de la nature. Quel est votre parcours professionnel et quelles sont vos plus belles expériences ? C’est à travers ma formation que mon orientation professionnelle s’est dessinée. D’un stage dans une plantation de bananes en Martinique dans le cadre d’un diplôme universitaire technologique en agronomie, à des stages dans un centre de recherche sur la canne à sucre en Afrique du Sud et auprès de petits producteurs de café au Honduras dans le cadre de mon diplôme d’ingénieur en agro-économie internationale (ISTOM), j’ai effectué une dernière année de master en économie des ressources naturelles au CERDI et un dernier stage sur la thématique de l’adaptation au changement climatique au Fonds Français pour l’Environnement Mondial. C’était il y 20 ans, cette thématique était assez nouvelle et avec une attention grandissante donc très formateur ! Dans la continuité de ce stage, j’ai été en poste pendant 2 ans à l’Agence française de développement (AFD) à Cotonou au Bénin dans le cadre d’un Volontariat international en administration. Je suivais le portefeuille développement rural et environnement, y compris un projet d’appui au Parc National de la Pendjari, mais également le montage des premiers projets soumis au Programme des Petites Initiatives (PPI) qui était à cette époque géré par l’AFD et mobilisait le personnel en agence pour accompagner les organisations de la société civile dans le montage de leur proposition de projet. J’ai donc eu la chance d’accompagner le montage des premiers projets PPI, avant que cette gestion ne soit ensuite confiée au Comité Français de l’UICN. Cette expérience au Bénin restera unique pour moi, que ce soit d’un point de vue professionnel mais également personnel. J’ai ensuite décidé de rejoindre le cabinet de conseil Baastel au Canada. J’ai débarqué tout frais du Bénin le 3 janvier 2009 à Gatineau au Québec sous une grosse tempête de neige. La transition était intense ! J’ai passé 5 années au Québec pour Baastel, à travailler principalement sur des projets d’adaptation au changement climatique en Afrique sub-saharienne et en Amérique Latine et à profiter des grands espaces canadiens. J’ai ensuite contribué à développer les activités de Baastel et nos équipes en Europe, à Bruxelles. Je suis depuis devenu l’un des associés du cabinet et ai pris la responsabilité de nos activités sur la protection de la biodiversité et les forêts. Je suis impliqué avec nos équipes sur des études de faisabilité de financement pour la protection de la biodiversité, la mise en place de systèmes et processus de suivi-évaluation, l’assistance technique et la mise en œuvre de projets et programmes, et enfin l’évaluation. Une belle diversité de prestations dans des géographies diverses ! Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans la conservation de la biodiversité à l’international et en particulier dans les pays en développement ? C’est également à travers mon parcours académique et professionnel que mon engagement dans la conservation de la biodiversité dans les pays en développement s’est façonné. Cette décision a été alimentée par une soif de découverte, d’échange et clairement d’aventure. Cet engagement a évolué dans le temps, et est ancré aujourd’hui autour de la nécessaire et très urgente protection d’espaces naturels soumis à des pressions et menaces croissantes et à la contribution que nous pouvons y apporter, avec nos équipes à notre échelle, à travers l’expertise que Baastel met à contribution sur des projets et programmes de conservation variés dans les différentes régions du monde en développement en particulier. Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez aujourd’hui et quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confronté dans le cadre de vos actions ? Les réalisations dont vous êtes le plus fier ? Dans mon activité aujourd’hui ce que j’apprécie beaucoup est la diversité des initiatives, des géographies et des partenaires avec lesquels nous collaborons. Nous travaillons par exemple sur le montage de financement pour le développement et la gestion d’aires protégées terrestres et marines, la protection d’espèces spécifiques ou la réduction de pressions et menaces qui portent sur elles, mais aussi le développement d’outils de financement tels que les Fonds fiduciaires pour la conservation ou la finance biodiversité, l’assistance technique auprès de gouvernements et de partenaires ainsi que l’évaluation de projets, programmes et politiques publiques. L’initiative sur laquelle je suis le plus mobilisé aujourd’hui est un programme pour le développement résilient au changement climatique et sensible au genre du Parc National de Conkouati-Douli au Congo et du Complexe d’Aires Protégées de Binder-Léré au Tchad, mené conjointement par Noé, Baastel et Développement International Desjardins. Du fait de mon parcours personnel et professionnel, ma capacité de lier, avec l’appui de mon équipe, la problématique des changements climatiques à la conservation de la biodiversité et au développement des territoires ruraux, constitue certainement une valeur ajoutée. Quel est votre espèce favorite et pourquoi ? Je n’ai pas réellement d’espèce favorite. La biodiversité est grande, menacée et à
Conservation de la biodiversité dans les territoires d’outre-mer : le programme BESTLIFE2030 annonce les lauréats de son premier appel à projets

Le programme BESTLIFE2030 de l’Union européenne accorde 5,57 millions d’euros de subventions pour la conservation de la biodiversité dans les régions ultrapériphériques et les pays et territoires d’outre-mer. Ce financement, qui prendra la forme de 58 subventions dans le cadre du premier des quatre appels à projets prévus, vise des initiatives à petite échelle essentielles à la protection des écosystèmes uniques mais fragiles de ces régions. Ces actions permettront aux acteurs locaux de mettre en oeuvre des projets de conservation ciblés, renforçant ainsi l’engagement de l’Union européenne en faveur du cadre mondial pour la biodiversité (CMB) de la Convention sur la diversité biologique (CDB), et notamment de l’objectif 3, qui vise à assurer une conservation équitable et efficace par zone de 30 % de la planète d’ici à 2030, également connu sous le nom d’objectif « 30×30 ». Soutien régional ciblé Les subventions seront réparties entre sept régions clés, chacune étant confrontée à des défis distincts en matière de biodiversité : Pacifique (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna) : L’allocation la plus importante, soit 1,39 million d’euros, sera consacrée à la conservation des espèces, à la restauration des écosystèmes, à la gestion des espèces envahissantes, à la gestion durable et aux zones protégées, avec des projets sur la gestion du trafic océanique et l’adaptation au changement climatique. Amazonie : 420 000 euros seront consacrés à la conservation des espèces et aux zones protégées en Guyane française, afin de résoudre des problèmes cruciaux tels que la coexistence entre l’homme et la faune et la perte d’habitat. Caraïbes néerlandaises : 551 000 euros soutiendront la gestion durable, la conservation des espèces et la restauration des écosystèmes, y compris les solutions fondées sur la nature et les pratiques agroforestières durables. Caraïbes françaises : avec 989 000 euros, cette région donnera la priorité à la restauration des écosystèmes, à la conservation des espèces et à la gestion des espèces exotiques envahissantes, en s’attaquant à la dégradation des habitats et en renforçant les stratégies de conservation. Océan Indien : Avec 1,18 million d’euros, les subventions financeront la restauration des écosystèmes, la conservation des espèces, la gestion durable et la gestion des espèces envahissantes, y compris les infrastructures agroécologiques et la pollution côtière. Macaronésie : 697 000 euros seront consacrés à la conservation des espèces, à la gestion des espèces envahissantes et aux zones protégées, avec des efforts de contrôle des prédateurs et de sensibilisation du public. Atlantique Nord : 299 000 euros, dont 100 000 euros pour Saint-Pierre-et-Miquelon, seront consacrés à la conservation des espèces, à la gestion des espèces envahissantes et à la restauration des écosystèmes, dans le cadre d’une pêche durable et de la lutte contre l’eutrophisation. L’évolution de l’initiative BEST Depuis 2011, l’Initiative BEST (Biodiversity and Ecosystem Services in Territories of European Overseas) a renforcé la conservation de la biodiversité dans les régions ultrapériphériques et les territoires d’outre-mer de l’UE, en octroyant plus de 17,73 millions d’euros par le biais de 153 subventions. L’initiative est née du « Message de l’île de la Réunion » et a débuté par l’action préparatoire BEST, qui a jeté les bases de stratégies de conservation régionales. Elle a depuis évolué vers les programmes BEST 2.0, BEST RUP, LIFE4BEST et BEST 2.0+, élargissant le soutien aux efforts de conservation sur le terrain. Le Comité français de l’UICN, activement impliqué dans la mise en oeuvre de l’Initiative BEST, a notamment coordonné le hub régional Pacifique de l’Initiative de 2014 à 2020. Il continue aujourd’hui à jouer ce rôle dans le cadre de BESTLIFE2030. Dans la région Pacifique, le programme BESTLIFE2030 bénéficie du soutien de la Socredo. Un deuxième appel à propositions devrait être lancé au cours du premier trimestre 2025, afin de renforcer l’implication locale dans les efforts mondiaux en faveur de la biodiversité. Photo bandeau : JeanKape
Le 26 juillet, le monde célèbre la journée internationale des mangroves, un écosystème unique et vital !

Les mangroves sont des forêts évoluant entre la terre et la mer et qui sont composées d’arbres adaptés à vivre en bord de mer où la salinité est élevée et les sols pauvres en oxygène : les palétuviers. Parmi leurs nombreuses adaptations, certaines espèces de palétuviers développent des racines aériennes afin de capter l’oxygène alors que pour faire face à l’excès de sel, certaines espèces bloquent le passage du sel directement au niveau des racines, tandis que d’autres le rejettent via des glandes spécialisées au niveau de leurs feuilles… Pourquoi les mangroves sont essentielles ? Boucliers naturels : Grâce aux racines aériennes des palétuviers qui fixent les sols, les mangroves protègent les côtes de l’érosion, de la houle et des phénomènes cycloniques extrêmes. Refuges de biodiversité : Les eaux calmes et les apports nutritifs provenant des mangroves favorisent la présence d’une biodiversité importante : poissons, crustacés, oiseaux… Purificateurs d’eau : Les mangroves purifient l’eau en piégeant les sédiments des eaux provenant des bassins versants, ce qui permet de réduire la turbidité de l’eau et ainsi protéger les récifs coralliens mais aussi de filtrer les quantités excessives de polluants. Réservoirs de carbone : Les mangroves font partie des forêts qui stockent le plus de carbone, grâce à la matière organique présente dans les feuilles, troncs, branches, et racines des palétuviers mais aussi grâce à la matière organique morte présente dans le sol. Créatrices d’emplois : Les mangroves génèrent également des emplois pour les populations locales, notamment via le développement de la pêche et du tourisme. Les mangroves en danger ! De nombreuses menaces pèsent sur les mangroves qu’elles soient d’origine naturelle (cyclones, tempêtes…) ou causées par les activités humaines (urbanisation, déforestation, agriculture/aquaculture, pollution, dérèglement climatique…). L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a publié récemment la rouge mondiale des mangroves faisant un constat alarmant : 50 % des mangroves évaluées sont menacées dont 19,6 % sont classées à haut risque. L’évaluation a également mis en avant l’impact grandissant du changement climatique par l’élévation du niveau de la mer et l’augmentation de la fréquence des tempêtes violentes. Selon ce rapport, le changement climatique menacerait ainsi 33 % des écosystèmes de mangroves évalués. Le Réseau d’Observation et d’Aide à la Gestion des Mangroves (ROM) En France, les mangroves sont présentes dans des territoires d’outre-mer situés dans les régions des Caraïbes, de l’Amazonie, de l’océan Indien et du Pacifique, faisant de la France le seul pays au monde à posséder des mangroves dans les trois océans ! Le Réseau d’observation et d’aide à la gestion des mangroves, coordonné par le Pôle-relais zones humides tropicales, lui-même porté par le Comité français de l’UICN, a pour objectif de soutenir tous les efforts de conservation des mangroves des territoires ultramarins français. A cet effet, le ROM a développé, avec le soutien financier de l’IFRECOR, de la Fondation de la mer et du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires (MTECT), de nombreux outils à l’attention de tous les acteurs œuvrant pour leur préservation : Application mobile ROM : L’application mobile ROM permet à toute personne intéressée par les mangroves de s’entraîner à reconnaître les différentes espèces de palétuviers et de signaler des perturbations ou des observations d’espèces de faune. Cartographie nationale des mangroves : La cartographie CARNAMA a permis de calculer en 2023 la surface nationale des mangroves qui totalise 87 945 hectares. Environ 62% des mangroves sont présentes en Guyane et 32% en Nouvelle-Calédonie. Cartographie des mangroves à travers le temps : Dans le cadre des travaux sur la Liste Rouge des écosystèmes piloté par le Comité français de l’UICN, le ROM a mené une analyse de l’évolution des surfaces des mangroves à travers le temps dans différents territoires (résultats phase 1). Indicateurs surfaciques : Le ROM collecte également des données dans chaque territoire pour renseigner des indicateurs nationaux transmis à l’Observatoire National de la Biodiversité. Ainsi lors de la dernière campagne de 2021-2022, 61% surface des mangroves étaient déclarées protégées et 57% gérées. Guides techniques : Le ROM favorise les bonnes pratiques et les échanges d’expertise en organisant des formations pour les gestionnaires et en élaborant des guides pratiques pour orienter les actions. C’est ainsi qu’a été élaboré le guide technique sur la restauration des mangroves, qui est le premier guide publié en français et adapté au contexte ultramarin. Sensibilisation : En plus de ses activités à l’intention des gestionnaires, le ROM sensibilise le grand public, les scolaires et les décideurs politiques à l’importance de préserver les mangroves. Parmi ses outils de sensibilisation phares, le ROM propose des visites virtuelles des mangroves aujourd’hui accessibles à tous sur le site du PRZHT ! Zoom sur le suivi de santé des mangroves ! Le ROM est en train de tester un nouveau protocole de suivi, développé par le GIE MAREX et le laboratoire LAGAM (UPMV) dans le cadre de travaux de l’IFRECOR : le protocole MANRAM. Etant basé sur une méthode d’évaluation rapide, MANRAM se veut un outil simple d’utilisation par l’ensemble des gestionnaires. De nombreux partenaires sont actuellement mobilisés dans chaque territoire afin de tester le protocole et recueillir des données nécessaires à son ajustement dans chacun des territoires. Une fois finalisé, ce protocole sera disponible sur l’application mobile ROM. Zoom sur l’évaluation nationale des mangroves selon les critères de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN Le Comité français de l’UICN développe un projet d’évaluation des écosystèmes en France selon les critères de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN, en partenariat avec l’UAR PatriNat (OFB, MNHN, CNRS, IRD). Les mangroves font l’objet d’un cycle d’évaluations, initié en 2017 avec les mangroves de Mayotte, et qui se poursuit actuellement avec l’évaluation des mangroves des Antilles françaises (publication prévue en 2025) avec le soutien financier de l’IFRECOR, du MTECT et de la CTM, et le soutien technique du ROM. Ces évaluations sont bâties sur les connaissances et données disponibles, et s’appuient sur des experts indépendants et des structures scientifiques, gestionnaires,