Le Comité français de l’UICN appelle à prendre en compte le patrimoine naturel et la biodiversité dans la reconstruction de Mayotte

A la suite du passage du cyclone Chido qui a dévasté Mayotte, le Comité français de l’UICN appelle le Gouvernement, les collectivités du territoire et le futur établissement public chargé de la coordination de la reconstruction, à élaborer un projet respectant la biodiversité unique de Mayotte. Ce projet doit identifier et mettre en œuvre des solutions adaptées, en évitant les actions aux conséquences écologiques négatives, grâce à l’expertise scientifique et à la mobilisation des acteurs environnementaux locaux. Un fort impact environnemental du cyclone Chido Le cyclone Chido a dévasté en grande partie les milieux naturels de Mayotte, tant au niveau terrestre que marin et côtier. Les conséquences indirectes du cyclone sont diverses et nombreuses : accumulation de déchets et polluants sur terre et arrivant jusqu’au lagon, forte dynamique d’installation de cultures illégales dans les espaces forestiers protégés conduisant à des incendies aujourd’hui encore en cours, développement des espèces exotiques envahissantes…  Le cyclone s’est abattu sur un territoire déjà très fragilisé et aux capacités d’agir limitées malgré un tissu d’acteurs mobilisés et aux compétences affirmées en matière de gestion des espaces naturels, d’accompagnement scientifique des problématiques post-cyclone et de mobilisation de la société civile. Des enjeux forts de biodiversité à préserver ou restaurer L’archipel de Mayotte fait partie d’un des 36 « points chauds » de la planète en matière de biodiversité et présente à cet égard un endémisme particulièrement original et fragile. Côté terrestre, Mayotte possède des écosystèmes forestiers très menacés, qui rendent des services écologiques essentiels pour réguler la ressource en eau et empêcher l’envasement du lagon. Le Comité français de l’UICN avait précédemment alerté sur le taux de déforestation élevé et demandé à prendre les mesures nécessaires pour assurer un avenir pérenne à ces espaces naturels. Également, 43 % des plantes à fleurs étaient considérées comme menacées selon les critères de l’UICN. Côté marin, Mayotte possède également un lagon unique avec une double barrière récifale abritant une faune très riche dont le célèbre Dugong, dont il ne subsiste que quelques individus, ainsi qu’une diversité de poissons contribuant significativement aux besoins alimentaires locaux. Face à cette situation exceptionnelle, le Comité français de l’UICN : Souligne l’importance de la mobilisation générale du Gouvernement pour rétablir l’accès aux besoins essentiels des Mahorais/es et son ambition d’une reconstruction du territoire ; S’inquiète de la tentation de reconstruire en s’éloignant des standards et des règlementations en matière d’urbanisme et d’environnement et de la non prise en compte des enjeux de biodiversité ; Alerte les pouvoirs publics face à des propositions qui peuvent s’avérer être de « fausses bonnes solutions » et avoir des conséquences écologiques très négatives comme les reboisements avec des essences exotiques, car seuls des plants d’espèces indigènes du territoire et provenant de semences locales devraient venir en appui des mécanismes naturels de restauration;  Appelle le Gouvernement, et particulièrement le ministre des Outre-mer en charge du dossier, mais aussi les collectivités et les acteurs socio-économiques de Mayotte à élaborer un projet de restauration qui s’appuie sur les atouts et respecte les enjeux de biodiversité, en s’appuyant notamment sur les Solutions fondées sur la Nature et sur les dynamiques naturelles ; Demande à associer la riche expertise scientifique locale et nationale existante en matière de restauration d’espaces naturels insulaires à ce projet ; Invite le futur établissement public chargé de la coordination de la reconstruction à s’appuyer sur les compétences des acteurs locaux et nationaux, et à consulter le public, pour accompagner les initiatives de reconstruction en cohérence avec les nécessités de conservation de la biodiversité unique de Mayotte. Une opportunité inédite est donnée aujourd’hui à la puissance publique de mobiliser les expertises scientifiques pour accompagner les meilleurs choix politiques et techniques en matière de planification et de prise en compte des enjeux de biodiversité dans cette reconstruction. Le Comité français de l’UICN, par l’intermédiaire de son antenne à Mayotte et avec ses organisations membres et ses experts, prendra toute sa part dans cette recherche des meilleures solutions pour rendre Mayotte et son extraordinaire biodiversité plus résilientes. Photo bandeau : Kelly064 —  CC BY-SA 4.0

La moitié des forêts de montagne de l’Hexagone et de Corse menacée par le changement climatique, selon la Liste rouge des écosystèmes en France

La Liste rouge des écosystèmes en France évalue pour la première fois les forêts de montagne de l’Hexagone et de Corse. Parmi les 19 écosystèmes évalués selon les critères de l’UICN, 10 sont menacés et 6 apparaissent quasi-menacés, principalement par le changement climatique. Ces résultats sont le fruit d’analyses coordonnées par le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), fondées sur les connaissances existantes et l’expertise de nombreux écologues forestiers. Cette évaluation a également bénéficié de la collaboration avec plusieurs Conservatoires botaniques nationaux (CBN) et l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). Cette étude porte sur les écosystèmes forestiers rencontrés aux étages montagnard (zone des forêts mixtes) et subalpin (étage le plus élevé avec des forêts) des différents massifs montagneux de l’Hexagone (Alpes, Jura, Massif central, Pyrénées, Vosges) et de Corse. Parmi les 19 écosystèmes forestiers de montagne qui ont été évalués, 8 relèvent des forêts mixtes (mélanges de Hêtres et de Sapins blancs) qui caractérisent l’étage montagnard, 6 relèvent de forêts de Sapins blancs ou d’Épicéas communs qui marquent la transition entre l’étage montagnard et l’étage subalpin, et 5 d’écosystèmes de forêts de pins (Pin sylvestre, Pin cembro, Pin à crochets), typiques des espaces les plus écologiquement contraints, par la sécheresse ou le froid. Au sein de chacun de ces écosystèmes, les essences forestières dominantes sont accompagnées de tout un cortège d’espèces végétales et fongiques (arbres, arbustes, plantes herbacées, mousses, lichens et champignons) et d’une faune forestières spécifiques. Des bouleversements inédits marqués par le changement climatique Malgré une augmentation de la surface des forêts depuis le milieu du XIXème siècle, les forêts de montagne de l’Hexagone et de Corse connaissent aujourd’hui des bouleversements liés à de multiples pressions d’origine anthropique, locales ou globales : épisodes de dépérissement ou diminution du renouvellement forestier, modification des communautés d’espèces (ensemble des populations d’espèces qui interagissent ensemble dans un espace donné), etc. En particulier, elles sont exposées à des conditions climatiques qui diffèrent de plus en plus de celles qui ont permis leur développement. C’est notamment le cas des hêtraies et des cembraies-mélézins (forêts de Pins cembros et de Mélèzes) de l’étage subalpin qui sont 2 écosystèmes de forêts de montagne classés « En danger » montrant des mutations de leurs végétations. 8 autres écosystèmes de l’étage montagnard sont classés « Vulnérable » et 6 sont « Quasi menacé ». Le changement climatique est un facteur déterminant des résultats de cette évaluation. Des incertitudes sur l’avenir des forêts de montagne C’est l’un des autres constats de cette étude : malgré une abondance de recherches sur les forêts, il reste difficile de prédire les trajectoires futures des forêts de montagne de l’Hexagone et de Corse face au cocktail de pressions qu’elles subissent. Les forêts actuelles sont l’héritage de la sylviculture et de déprises d’activités agricoles et pastorales : anciens alpages reconquis par de jeunes forêts, forêts plantées ou semées, futaies de sapins pour le bois d’œuvre, taillis de hêtres pour le bois de chauffage, ou encore forêts anciennes et matures à préserver… Un même type d’écosystème forestier peut être différent d’un endroit à un autre, et, selon les contextes, les pressions sont indépendantes ou constituent un ensemble dont il est difficile de prédire les effets sur le fonctionnement des écosystèmes des forêts de montagne et leur risque de disparition. Agir pour la résilience des forêts de montagne et le renforcement des connaissances Les montagnes hébergent une biodiversité unique, héritée des dernières ères glaciaires avec des populations d’espèces « reliques » adaptées à des conditions extrêmes. Les caractéristiques écologiques, géographiques et historiques des montagnes en font des territoires à enjeux pour la protection du patrimoine naturel. Face aux menaces actuelles et aux défis à venir, il est donc nécessaire d’agir afin d’assurer l’avenir des forêts de montagne et des services écosystémiques qu’elles rendent en : – favorisant la naturalité des forêts de montagne en privilégiant la restauration et la préservation de la biodiversité forestière et des processus propres à ces écosystèmes, – assurant la pérennité des programmes de surveillance des forêts, qui constituent une source d’information essentielle pour mettre en place des actions efficaces et les adapter aux évolutions. Consulter la publication La Liste rouge des écosystèmes en France – les forêts de montagne, Hexagone et Corse Les résultats détaillés sont disponibles sur : la page de la Liste rouge des écosystèmes du Comité français de l’UICN et sur la page dédiée sur le site de l’INPN Le communiqué de presse  Photo bandeau : Hêtraie-sapinière sur granit, sols podzoliques, forêt de Cornimont (Vosges) ; © T. Gauquelin

Congrès mondial de la nature 2025 : 45 recommandations de la France pour répondre aux enjeux mondiaux de la biodiversité

Le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) a coordonné la rédaction de 32 motions françaises, portées par ses organisations membres (principalement des établissements publics et des associations de protection de la nature). Ces motions sont le fruit d’un travail collectif, entamé au printemps 2024, qui a également mobilisé plus de 300 expert/es du Comité français de l’UICN et a donné lieu à des échanges riches avec ses partenaires internationaux. Elles seront proposées pour adoption au prochain Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui se tiendra à Abu Dhabi en octobre 2025, avec pour objectif d’enrayer l’effondrement de la biodiversité.   Le Congrès mondial de la nature : un rendez-vous majeur en matière de négociations internationales Les motions débattues lors des Congrès mondiaux de la nature ont pour but de façonner le programme et les actions de l’UICN – la plus grande organisation internationale de conservation de la nature et la seule organisation environnementale à disposer d’un statut d’observateur à l’ONU – et d’émettre des recommandations afin d’influer sur les politiques internationales et nationales. Par le passé, les Congrès mondiaux de la nature ont permis des avancées considérables : – Définition des bases de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES), règlementant le trafic des espèces menacés (1960), – Rédaction des fondements de la Convention du Patrimoine mondial de l’UNESCO, permettant le classement de sites naturels au Patrimoine mondial de l’humanité (1966), – Soutien décisif à la Convention de Ramsar sur les zones humides d’importance internationale, qui constitue un réseau mondial de sites pour les protéger (1972), – Rédaction des principes de la Convention pour la Diversité Biologique, concernant la conservation de la biodiversité, son utilisation durable et à son partage juste et équitable entre tous les pays (1981). Le Congrès mondial de la nature de l’UICN a lieu tous les 4 ans. Il s’agit d’un événement majeur où les 1.400 organisations membres de l’UICN, présentes dans plus de 160 pays, définissent les priorités d’action de l’Union pour les 4 prochaines années et influencent la législation et les décisions politiques des différents pays. La prochaine édition se tiendra du 9 au 15 octobre 2025 aux Emirats Arabes Unis et interviendra dans un riche agenda international, après la COP16 Biodiversité de novembre 2024 en Colombie et la troisième Conférence des Nations Unies sur l’Océan qui se tiendra à Nice en juin 2025 (UNOC 3). Le précédent Congrès mondial s’est tenu à Marseille en 2021. A cette occasion, 148 recommandations avaient été adoptées, dont 18 avaient été portées par le Comité français de l’UICN avec ses membres. Ces dernières portaient notamment sur la protection des mammifères marins et des vieilles forêts d’Europe, la lutte contre la déforestation importée, la planification des activités en mer, la lutte contre la pollution plastique et l’exploitation minière dans les grands fonds marins, avec la demande d’un moratoire. A titre d’exemple, la résolution visant à mettre fin à la crise de la pollution plastique dans les milieux marins a été suivie par l’ouverture de négociations pour la mise en place d’un traité mondial dont la dernière session de négociations a eu lieu en décembre à Busan en Corée du Sud. Le règlement européen sur la déforestation importée a été finalisé en 2022 puis promulgué en 2023 afin d’interdire la mise sur le marché ou l’exportation depuis l’Union européenne des produits ayant contribué à la déforestation ou à la dégradation des forêts. Suite à l’adoption de la résolution demandant un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins, la France s’est prononcée en 2022 en faveur de son interdiction dans ses eaux et dans les eaux internationales. Le Comité français de l’UICN a également fait adopter une motion créant une nouvelle catégorie de membre pour les collectivités locales, qui peuvent désormais adhérer à l’UICN. Avec 45 motions françaises, la France est l’un des principaux pays contributeurs à l’échelle internationale o 32 motions portées par le Comité français de l’UICN et ses organisations membres Elles sont portées par le Comité français de l’UICN grâce aux travaux de ses organisations membres (établissements publics et associations) et ses 300 expert/es des commissions et groupes de travail, sur des thématiques diverses. « Après le succès du Congrès mondial de l’UICN à Marseille, ces motions montrent une nouvelle fois la forte contribution de notre communauté française de la conservation de la nature à identifier les enjeux et proposer des solutions d’actions pour la biodiversité mondiale », souligne Sébastien Moncorps, directeur du Comité français de l’UICN. « Ce nombre record de motions déposées est une réussite collective pour notre comité national, plateforme de dialogue et de négociation française entre les différents acteurs et actrices de la protection de la nature en France, directement connectée à l’international », ajoute quant à elle Maud Lelièvre, présidente du Comité français de l’UICN. Ces motions ont été au total soutenues par 111 organismes de 43 pays différents et portent sur les 8 thématiques suivantes :– conservation et restauration des écosystèmes terrestres,– conservation et restauration des écosystèmes marins,– conservation et restauration des écosystèmes d’eau douce,– conservation des espèces,– aires protégées,– amélioration des cadres politiques, juridiques et règlementaires,– économie et financements pour la nature,– éducation et engagement de la société civile. → Retrouvez les 32 motions déposées par le Comité français de l’UICN o 13 motions complémentaires portées directement par des organisations membres du Comité français de l’UICN 5 motions ont été également déposées par le ministère français des affaires étrangères (criminalité environnementale, genre, rangers, haies, bioéconomie circulaire et durable) et 8 autres motions par des membres français sur des sujets variés : l’océan, le surtourisme, l’implication de la jeunesse, la biologie de synthèse, la taxonomie, les aires protégées régionales, la plantation d’arbres ou le pacte international sur les droits environnementaux. Le Comité français de l’UICN Le Comité français de l’UICN est le réseau des organismes et des expert/es de l’UICN en France. Regroupant au sein d’un partenariat original 2 ministères, 7 organismes publics, 8 collectivités et 61 organisations non gouvernementales, il joue

Interview de Chloé Orland

Référente Ecologue au sein d’Action Contre la Faim France et membre du Groupe de travail Pays en développement & Biodiversité Chloé, vous travaillez aujourd’hui en tant que Référente Ecologue au sein d’Action Contre la Faim France. Pouvez-vous vous présenter, et préciser notamment les raisons qui vous ont conduit à travailler dans la protection de la nature ? J’ai toujours été attirée par le monde naturel, avec un grand désir de comprendre comment il fonctionnait. J’ai grandi à Paris mais une année passée en Californie durant mon enfance a éveillé ma passion pour les milieux aquatiques, des rivières à l’océan. En découvrant la richesse de ces écosystèmes et de la nature dans son ensemble, j’ai compris que je voudrais consacrer ma carrière à mieux la comprendre pour mieux la protéger. Quel est votre parcours professionnel et quelles sont vos plus belles expériences ? J’ai étudié la biologie à l’Université d’Oxford, où j’ai découvert l’écologie comme discipline scientifique. Ma passion pour l’océan m’a ensuite conduite à un master en biologie marine à l’Université de Plymouth durant lequel j’ai exploré la complexité structurelle des algues en tant qu’habitats pour invertébrés marins. Après des stages sur la pêche et au sein de la Commission Océanographie Intergouvernementale de l’UNESCO, j’ai effectué mon doctorat à l’Université de Cambridge sur les liens entre les écosystèmes terrestres et aquatiques. C’est à cette occasion que j’ai découvert l’écologie moléculaire : je séquençais l’ADN environnemental dans les sédiments de lac afin d’identifier les différentes espèces microbiennes présentes et leurs fonctions. Cette expérience m’a amenée à me spécialiser en génomique environnementale lors de mon postdoctorat à l’Université de Californie Santa Cruz, où j’ai également été très impliquée dans l’enseignement.   Mes expériences sur le terrain restent parmi mes souvenirs les plus marquants. On ne mesure pas toujours l’importance de la créativité dans les projets d’écologie. Les obstacles sont nombreux – météo, prédateurs, rapports humains, limitations technologiques – et il faut constamment faire preuve d’ingéniosité et d’adaptabilité, sur les plans technique comme humain. J’ai tiré un grand enseignement de ces expériences, que j’ai eu la chance de vivre dans des lieux extraordinaires comme les forêts boréales canadiennes, la côte ouest des Etats Unis ou encore la savane rwandaise. Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans la conservation de la biodiversité à l’international et en particulier dans les pays en développement ? J’étais précédemment chercheuse dans le monde universitaire. Bien que mes sujets de recherche me passionnaient, je commençais à me lasser de l’aspect méthodologique de mon travail. Il était temps pour moi de quitter la paillasse pour aller à la rencontre des communautés directement affectées par des projets de conservation. Mon intérêt pour les liens entre changements climatique et environnemental et sécurité alimentaire s’était renforcé durant ma thèse. J’avais rejoint la Fondation JR Biotek, dont l’objectif est de former des chercheurs africains dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, tout en favorisant la santé et la durabilité environnementale. Intégrer une organisation d’aide internationale, comme ACF, qui n’est pas spécialisée dans la conservation, m’offrait une opportunité unique d’y apporter mes connaissances scientifiques et de combiner mon intérêt de toujours pour les enjeux sociaux et environnementaux. Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez aujourd’hui et quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confrontée dans le cadre de vos actions ? Les réalisations dont vous êtes la plus fière ? Mon rôle aujourd’hui est multiple. Le mandat d’ACF est de lutter contre la faim et ses causes profondes, notamment le changement climatique et la perte de biodiversité. Je travaille à développer l’approche écosystémique d’ACF pour décloisonner cette lutte, en identifiant les enjeux environnementaux et climatiques auxquels sont confrontées les communautés avec lesquelles nous collaborons. Ce travail est nécessairement multisectoriel, car ces enjeux impactent aussi bien la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau, la santé ou la nutrition. Ils doivent également être intégrés aux problématiques liées au genre. J’accompagne les équipes sur le terrain dans le développement de nouveaux projets, que ce soit lors de leur conception, leur mise en œuvre ou même dans le cadre de projets de recherche. Par exemple, j’ai participé à un projet d’agroécologie au Zimbabwe visant à diversifier les pollinisateurs alternatifs aux abeilles mellifères en enrichissant les parcelles agricoles avec des semences attractives pour ces pollinisateurs. En Sierra Leone, nous travaillons actuellement sur la protection des mangroves, en promouvant des moyens de subsistance alternatifs à l’exploitation du bois. Je propose également des formations, guides et manuels à nos équipes, qui viennent principalement du monde humanitaire et ont souvent moins de connaissances sur les thématiques environnementales. Enfin, au-delà de cette transformation en interne, il existe un véritable enjeu de visibilité externe. Je m’efforce de bâtir des ponts avec des organisations environnementales et de conservation, qui sont des partenaires indispensables si nous voulons réellement intégrer la gestion durable des ressources naturelles dans nos actions. Quel est votre espèce favorite et pourquoi ? Difficile de choisir ! J’ai toujours eu un faible pour les invertébrés marins, et en me plongeant dans le séquençage de l’ormeau noir j’ai découvert une espèce fascinante. Sa capacité à résister aux vagues et à s’adapter aux conditions changeantes des marées en fait une espèce d’une résilience extrême. J’aime aussi la symbolique de son apparence physique : son extérieur, terne et discret, cache une beauté intérieure spectaculaire, avec un nacre argenté, irisé. Cette coquille nacrée, d’une solidité unique dans la nature, est d’ailleurs ce qui lui donne toute sa force physique face aux vagues et aux prédateurs. Enfin, son importance culturelle et historique est immense : des traditions des peuples autochtones du Pacifique à son commerce, en passant par son lien avec les loutres de mer, cette espèce dépasse son rôle écologique pour marquer profondément l’histoire et la démographie de toute une région du continent américain. Comment voyez-vous l’avenir de la planète et les nombreux défis qui se posent aujourd’hui pour concilier à la fois les enjeux de protection de la nature et de développement ? J’essaye de rester positive. J’ai le sentiment qu’il y a un désir de mieux concilier

Alerte pour les lézards et la flore de Nouvelle-Calédonie

Reconnu pour sa faune et sa flore exceptionnelles, l’archipel néo-calédonien héberge une biodiversité remarquable confrontée à de nombreuses menaces. Au terme d’un état des lieux conduit sur près de 10 ans, 69 espèces de reptiles et 643 espèces de plantes se révèlent menacées de disparition. Représentant un point chaud de la biodiversité mondiale, la Nouvelle-Calédonie abrite de nombreuses espèces endémiques : plus de 75% de la flore et plus de 90% des lézards de l’archipel n’existent nulle part ailleurs au monde. L’état des lieux réalisé porte sur une grande partie des lézards (comprenant les geckos et les scinques) et de la flore vasculaire (fougères, orchidées, arbres et autres plantes à fleurs) dont le risque de disparition a été analysé. Au total, 66% des lézards (69 espèces sur les 104 évaluées) et 40% des plantes (643 espèces sur les 1624 évaluées) sont menacées et pourraient disparaître si les mesures de conservation et de réduction des menaces n’étaient pas renforcées. Les feux de brousse, les activités minières et les espèces exotiques envahissantes représentent les principales pressions pour la biodiversité de l’archipel. Menées par l’association Endemia, ces analyses ont été réalisées dans le cadre de la Liste rouge mondiale des espèces menacées. Elles ont été établies avec la contribution des organisations scientifiques du territoire et grâce aux connaissances et à l’expertise d’un réseau de plus de 100 spécialistes. Ces résultats intègrent désormais la Liste rouge des espèces menacées en France, coordonnée par le Comité français de l’UICN et l’unité PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (décembre 2024) Chapitre Lézards de Nouvelle-Calédonie• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Fiches espèces avec catégories (sur Endemia)• Publication : Endemia, UICN Comité français, OFB et MNHN (2024). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Lézards de Nouvelle-Calédonie. Paris, France Chapitre Flore vasculaire de Nouvelle-Calédonie• Tableau synthétique avec catégories et critères (xls)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Fiches espèces avec catégories (sur Endemia)• Publication : Endemia, UICN Comité français, OFB et MNHN (2024). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Flore vasculaire de Nouvelle-Calédonie – 1er volet. Paris, France Photo bandeau :Oedodère marbré © Matthias Deuss

Avis sur la proposition de modification du statut de protection du loup en Europe

Avis sur l’adoption d’une proposition de l’Union européenne visant à modifier le statut de protection du loup d’« espèces de faune strictement protégées » à « espèces de faune protégées » par le Comité permanent de la Convention de Berne. Le Comité français de l’UICN regrette la décision annoncée cette semaine, qui n’apparaît pas fondée sur l’état actuel des connaissances scientifiques disponibles. S’agissant de la protection des espèces, le Comité permanent de la Convention de Berne et l’Union européenne avaient toujours jusque-là agit en basant leurs décisions sur la science et sur la réalité des données établie. Dans l’éventualité où cette proposition entrerait en vigueur, elle constituerait un dangereux précédent, ouvrant la voie à d’autres déclassements d’espèces possibles, s’affranchissant des connaissances sur l’état réel des populations. Selon la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, 6 des 9 populations de loups présentes dans l’Union européenne sont classées vulnérables ou quasi-menacées. L’espèce est également classée vulnérable en France. Le Groupe de spécialistes de la « Large Carnivore Initiative for Europe » de l’UICN – autorité scientifique reconnue qui éclaire habituellement les décisions européennes – a publié en novembre dernier une position détaillée dans laquelle il recommande de ne pas rétrograder le classement du loup et juge cette décision « prématurée et erronée ». Aussi, le Comité français de l’UICN rappelle sa position : Face à la difficulté du travail des éleveurs et des bergers et à la fragilité de leur modèle économique, s’ajoutent la pression et le désarroi qu’ils peuvent rencontrer face aux événements de prédation. L’exigence d’un accompagnement de la profession agricole est incontournable, parallèlement à l’exigence d’assurer la préservation du loup dans un bon état de conservation en France. En poursuivant la recherche déterminée d’une approche équilibrée, le Comité français de l’UICN soutient la mise en œuvre d’une cohabitation apaisée et durable entre le loup, comme toute autre espèce de la faune sauvage, et les activités humaines. Pour en savoir plus :  Le document de positionnement sur le loup en France du Comité français de l’UICN. La position du Groupe de spécialistes de la « Large Carnivore Initiative for Europe » de l’UICN Photo bandeau :Loup gris (Canis lupus) © Roland Clerc

Violences contre les défenseurs de l’environnement : le Comité français de l’UICN appelle le Gouvernement à agir

Au cours des mois de novembre et de décembre 2024, ce sont plusieurs locaux d’associations membres de France Nature Environnement (FNE) et de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) qui ont été attaqués, dégradés ou emmurés. Dans le même temps, des bâtiments de l’Office français de la biodiversité (OFB) ont été vandalisés, des documents volés et des fonctionnaires menacés. Depuis le début de l’année, une cinquantaine d’attaques ont visé les agents et locaux de l’OFB, tandis que l’enquête ouverte à la suite de l’incendie de son siège à Brest le 30 mars 2023, consécutive au tir de plus de 300 fusées de détresse, a été classée sans suite le 1er octobre dernier. Ces violences inacceptables interviennent dans un contexte particulièrement inquiétant pour les défenseurs de l’environnement, stigmatisés et parfois injustement qualifiés « d’éco terroristes ». Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs de l’environnement a dénoncé à de nombreuses reprises ces rhétoriques sémantiques qui justifient le recours à des techniques policières réservées à la lutte anti-terroriste et une répression accrue des militants et des associations de protection de l’environnement, notamment lors des manifestations pour la sauvegarde de l’eau ou de contestation du projet d’autoroute A69. L’année 2024 marque un nouveau palier : la violence à l’égard des défenseurs de l’environnement s’exerce désormais au grand jour, tant à l’égard de militants, de journalistes, d’agents de la police de l’environnement, de fonctionnaires d’établissements publics ou de services déconcentrés et même récemment d’institutions scientifiques, les sièges parisiens de l’INRAE et de l’ANSES ayant été emmurés par des agriculteurs le 27 novembre dernier. Ces actes de violence et d’intimidation s’amplifient de façon extrêmement inquiétante. Ces attaques sont dirigées contre celles et ceux qui documentent et constatent la dégradation de l’environnement et l’effondrement de la biodiversité ou qui s’engagent pour l’enrayer. Ces « lanceurs d’alerte » que certains veulent réduire au silence avertissent pourtant sur le coût considérable de la perte de services écosystémiques, tant pour les productions agricoles que pour la qualité de l’eau ou la protection des populations contre les évènements climatiques extrêmes. Le Comité français de l’UICN réaffirme sa solidarité à l’égard de l’ensemble de ses membres, et particulièrement de France Nature Environnement, de l’Office français de la biodiversité, de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et de la LPO, cibles d’attaques récentes. Le Comité français de l’UICN rappelle que la cible 22 du « cadre mondial de la biodiversité de Kunming à Montréal » adopté en décembre 2022 et engageant la France, impose au Gouvernement d’« assurer la pleine protection des défenseurs des droits de l’Homme en matière d’environnement ». Le Comité français de l’UICN rappelle que la Convention sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement, signée le 25 juin 1998 et ratifiée par la France le 8 juillet 2002 appelle chaque État partie à veiller « à ce que les personnes qui exercent leurs droits conformément aux dispositions de la présente Convention ne soient en aucune façon pénalisées, persécutées ou soumises à des mesures vexatoires en raison de leur action.». Le Comité français de l’UICN appelle le gouvernement à condamner avec la plus grande fermeté toute forme de violence, qu’elle soit verbale, psychologique ou physique dirigée contre celles et de ceux qui défendent l’intégrité du patrimoine commun de la Nation et ses intérêts fondamentaux. Le Comité français de l’UICN appelle les autorités judiciaires à faire toute la lumière sur l’ensemble des faits susceptibles de recevoir une qualification pénale afin que leurs auteurs soient identifiés pour être jugés par un tribunal, et que les victimes puissent obtenir réparation des préjudices considérables qu’elles subissent. Le Comité français de l’UICN rappelle enfin son attachement profond au dialogue dans un cadre démocratique avec l’ensemble des composantes de la société pour gérer les questions environnementales, ainsi que son rejet de toute forme de violence. © iStock / elisalocci

Plus d’une espèce d’arbre sur trois dans le monde est menacée d’extinction – Liste rouge de l’UICN

Cali, Colombie, 28 octobre 2024 (UICN) – Trente-huit pour cent des arbres du monde sont menacés d’extinction selon la première Évaluation mondiale des arbres publiée dans la mise à jour d’aujourd’hui de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™. Également dans la mise à jour d’aujourd’hui, l’état de conservation du hérisson d’Europe s’est détérioré et l’espèce est désormais considérée comme Quasi menacée. La Liste rouge de l’UICN comprend désormais 166 061 espèces, dont 46 337 sont menacées d’extinction. « Nous publions aujourd’hui l’évaluation mondiale des arbres figurant sur la Liste rouge de l’UICN, qui montre que plus d’une espèce d’arbre sur trois est menacée d’extinction. Les arbres sont essentiels au maintien de la vie sur Terre du fait de leur rôle vital dans les écosystèmes, et la vie et les moyens d’existence de millions de personnes en dépendent. Alors que la Liste rouge de l’UICN célèbre 60 ans d’impact, la présente évaluation souligne son importance en tant que baromètre de la vie, mais aussi, de manière cruciale, en tant qu’outil unique guidant les actions visant à inverser le déclin de la nature », a déclaré la Dr Grethel Aguilar, Directrice Générale de l’UICN. Pour la première fois, la majorité des arbres du monde ont été ajoutés à la Liste rouge de l’UICN, révélant qu’au moins 16 425 des 47 282 espèces évaluées sont en danger d’extinction. Les arbres représentent désormais plus d’un quart des espèces présentes sur la Liste rouge de l’UICN, et le nombre d’arbres menacés est plus de deux fois supérieur au nombre total d’oiseaux, de mammifères, de reptiles et d’amphibiens menacés combinés. Des espèces d’arbres sont menacées d’extinction dans 192 pays à travers le monde. « Cette évaluation intégrale présente la première image globale de l’état de conservation des arbres, ce qui nous permettra de prendre des décisions de conservation mieux éclairées et des mesures visant à protéger les arbres là où cela est nécessaire de toute urgence », a déclaré le Dr Malin Rivers, responsable de l’Évaluation mondiale des arbres chez Botanic Gardens Conservation International, un Partenaire de la Liste rouge. « Ce travail représente un effort mondial, impliquant plus de 1 000 experts des arbres. Nous devons continuer à travailler ensemble pour intensifier les actions locales, nationales et internationales de conservation des arbres afin de soutenir les personnes et la planète ». La plus forte proportion d’arbres menacés se trouve sur les îles. Les arbres insulaires sont particulièrement à risque en raison de la déforestation pour le développement urbain et l’agriculture à toutes les échelles, ainsi que des espèces envahissantes, des ravageurs et des maladies. Les changements climatiques menacent de plus en plus les arbres, en particulier sous les tropiques, en raison de l’élévation du niveau des mers et des tempêtes plus fortes et plus fréquentes. La lutte contre les menaces auxquelles les arbres sont confrontés, la protection et la restauration des habitats, ainsi que la conservation ex situ par le biais de banques de semences et de collections dans les jardins botaniques sont essentielles pour prévenir les extinctions sur les îles et dans le reste du monde. Une action communautaire a déjà abouti à des résultats positifs des îles Juan Fernández à Cuba et de Madagascar à Fidji. En Amérique du Sud, où se trouve la plus grande diversité d’arbres au monde, 3 356 des 13 668 espèces évaluées sont menacées d’extinction. Des approches novatrices sont nécessaires pour protéger le nombre élevé d’espèces d’arbres dans la région, où le déboisement pour l’agriculture et l’élevage constituent les menaces les plus importantes. En Colombie, les évaluations de la Liste rouge ont guidé la planification nationale des actions de conservation. Sept espèces de Magnolia considérées En danger et En danger critique ont été utilisées pour la désignation de cinq nouvelles Zones clés pour la biodiversité, qui seront utilisées par les gouvernements locaux et nationaux pour éclairer la planification spatiale. La Liste rouge de l’UICN montre également que la perte d’arbres constitue une menace majeure pour des milliers d’autres plantes, champignons et animaux. En tant que composante déterminante de nombreux écosystèmes, les arbres sont fondamentaux à toute vie sur Terre en raison de leur rôle dans les cycles du carbone, de l’eau et des nutriments, la formation des sols et la régulation du climat. Les personnes dépendent également des arbres, plus de 5 000 espèces sur la Liste rouge de l’UICN étant utilisées comme source de bois pour la construction, et plus de 2 000 comme source de médicaments, de nourriture et de combustibles respectivement. Le hérisson d’Europe Quasi menacé Le hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) est passé de la catégorie Préoccupation mineure à Quasi menacé sur la Liste rouge de l’UICN. On estime que les effectifs de l’espèce ont diminué dans plus de la moitié des pays où elle est présente, y compris au Royaume-Uni, en Norvège, en Suède, au Danemark, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche. À l’échelle nationale, les populations ont diminué d’environ 16 à 33% au cours des dix dernières années, des études locales signalant également des diminutions allant jusqu’à 50% en Bavière (Allemagne) et en Flandre (Belgique). Les pressions humaines croissantes, en particulier la dégradation des habitats ruraux par l’intensification agricole, les routes et le développement urbain entraînent le déclin du hérisson d’Europe. « Une action régionale et nationale est essentielle pour soutenir les populations de hérissons, grâce à des initiatives telles que ‘Hedgehog Street’ au Royaume-Uni et ‘Danmarks Pindsvin’ au Danemark », a déclaré le Dr Abi Gazzard, Responsable de programme du Groupe de spécialistes des petits mammifères de la CSE-UICN. « L’évaluation de la Liste rouge révèle également des lacunes dans les connaissances, par exemple en ce qui concerne les limites de la répartition de l’espèce. Un suivi accru dans toute l’Europe sera essentiel pour en savoir plus sur les populations moins étudiées ». Rauvolfia nukuhivensis (En danger critique) © Jean-François Butaud POUR ALLER PLUS LOIN : L’article original sur le site de l’UICN La Liste rouge mondiale des espèces menacées La Liste rouge des espèces menacées en France

Appel à retours d’expérience de bonnes pratiques dans la réduction d’impacts sur la biodiversité des projets éoliens terrestres et marins

La transition énergétique est indispensable pour limiter le changement climatique, qui fait partie des principales causes de l’effondrement de la biodiversité derrière la destruction, l’artificialisation des milieux naturels et la surexploitation de leurs ressources. Ainsi, le développement des énergies renouvelables ne peut se faire au détriment des écosystèmes et la prise en compte de la biodiversité à toutes les étapes des projets est nécessaire.  Après un travail sur la prise en compte des enjeux environnementaux dans la planification et la conception des projets d’énergies renouvelables terrestres, le Comité français de l’UICN lance un appel à retours d’expérience sur les mesures de réduction d’impacts dans les projets éoliens terrestres et en mer, afin d’identifier et valoriser de bonnes pratiques.  Cette enquête sera valorisée sous la forme d’un recueil de retours d’expérience de porteurs de projets éoliens illustrant des mesures de réduction d’impacts qui, par leur conception, leur pertinence, leur suivi ou leur caractère innovant, font figure d’exemple.  Si vous souhaitez valoriser votre projet et vos démarches en faveur de la biodiversité pour renforcer la réduction des impacts de l’éolien sur la biodiversité, nous vous invitons à compléter les questionnaires suivants : © Delpixart / iStock Remplir le questionnaire « Projets éoliens terrestres » Remplir le questionnaire « Projets éoliens en mer »

Plus de 1 389 734 € de subventions attribuées pour soutenir des actions de conservation de la biodiversité dans le Pacifique

Le programme BESTLIFE2030 de l’Union européenne va octroyer 1,39 million d’euros de subventions pour des actions de conservation dans la région Pacifique. Au total 5,57 millions d’euros seront alloués pour 57 subventions couvrant les Régions ultrapériphériques et les Pays et Territoires d’Outre-mer, suite aux résultats du premier des quatre appels à projets prévus. « Le Comité français de l’UICN, qui a été à l’origine de l’Initiative BEST et toujours fortement impliqué dans sa mise en œuvre, est heureux de voir qu’elle continue à prendre de l’ampleur avec BESTLIFE2030 » déclare Sébastien Moncorps, son Directeur. « En charge de la coordination du hub régional Pacifique depuis 2014, ce programme a permis aux nombreuses organisations locales de monter en compétences et de mener de multiples actions sur le terrain pour la conservation de la biodiversité et la gestion durable des ressources naturelles. Ces nouveaux financements permettent à nouveau de soutenir le dynamisme des acteurs locaux et de répondre aux enjeux de préservation de l’extraordinaire richesse de la biodiversité des outre-mer. » Les territoires impliqués dans BESTLIFE2030 dans le Pacifique incluent la Polynésie française, Wallis-et-Futuna et la Nouvelle-Calédonie. Ces territoires font face à des défis majeurs, notamment les impacts du changement climatique et des espèces envahissantes ainsi que la perte d’habitats, rendant ces initiatives essentielles pour la sauvegarde de leur riche patrimoine naturel. Quatorze projets innovants ont été sélectionnés pour bénéficier de financements, traduisant un engagement envers la biodiversité et le développement durable dans ces régions uniques. Parmi les projets sélectionnés, 36 % portent sur la conservation des espèces, 29 % sur la restauration des écosystèmes, et 21 % sur la gestion des espèces envahissantes. De plus, 7 % visent à promouvoir des pratiques de gestion durable, et 7 % sont consacrés à l’établissement et à la gestion de zones protégées. Le programme soutient une variété d’initiatives clés, notamment : La protection des vertébrés marins : sauvegarde des espèces comme les requins, baleines et tortues de mer, tout en développant des stratégies de conservation pour les écosystèmes marins. La conservation des espèces en danger critique d’extinction : efforts de protection de certaines espèces, telles que des oiseaux comme le pétrel de Gould ou le puffin fouquet. La restauration des écosystèmes : propositions de solutions innovantes pour lutter contre la pollution issue de la perliculture, par exemple. La restauration des écosystèmes impliquera aussi la réappropriation de techniques traditionnelles avec la réhabilitation de fosses à culture anciennes. La gestion des espèces exotiques envahissantes : mise en œuvre de stratégies pour atténuer les impacts des espèces envahissantes sur les populations d’oiseaux marins ou sur la couche herbacée, ainsi que la réduction des impacts des plantes envahissantes sur la flore indigène et endémique. Les projets financés sont menés par un groupe diversifié de candidats, comprenant 8 associations locales à but non lucratif telles que l’association Oceania, Te mana o te Moana, Bird Conservation New Caledonia ou CaledoClean, 4 petites et moyennes entreprises telles que Reef Pulse et Odewa, une municipalité (Commune de Païta) et un institut de recherche local (Institut Agronomique néo-Calédonien). Les subventions de BESTLIFE2030 permettent aux acteurs locaux de diriger des projets de conservation qui soutiennent directement les objectifs mondiaux en matière de biodiversité, y compris le défi ambitieux du « 30×30 » fixé dans le Cadre mondial de la biodiversité (GBF) de la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui vise à conserver 30 % des terres, des eaux intérieures et des océans de la planète d’ici à 2030. À travers une approche de subventions ascendante, le programme BESTLIFE2030 renforce les efforts de conservation régionaux, en veillant à ce que les initiatives soient adaptées aux besoins spécifiques des régions et de leur biodiversité, tout en contribuant aux objectifs globaux. Le 30×30 Action Day, prévu le 29 octobre lors de la COP16, sera un événement central, mettant en avant les progrès réalisés, abordant les défis et offrant des recommandations concrètes pour atteindre l’objectif 3 du GBF. Avec cette approche collaborative, BESTLIFE2030 renforce l’engagement de l’UE envers la biodiversité et contribue à réduire l’écart entre l’action locale et les objectifs mondiaux de conservation. Évolution de l’initiative BEST pour la région Pacifique Depuis 2011, l’initiative Biodiversité et Services écosystémiques dans les Territoires d’Outre-mer de l’Union européenne (BEST) a renforcé la conservation de la biodiversité dans les Régions ultrapériphériques et Territoires d’Outre-mer de l’UE, avec plus de 17,73 millions d’euros alloués à 153 subventions. Dans le Pacifique, 42 projets ont été financés, et 5,08 M ont été alloués à la conservation des espèces, aux zones protégées, à la restauration des écosystèmes, au changement climatique, au développement durable et aux services écosystémiques. L’élan se poursuit avec 57 nouvelles subventions dans le cadre du programme BESTLIFE2030, couvrant les Caraïbes, l’Atlantique Nord, le Pacifique, l’Amazonie, la Macaronésie et l’océan Indien. Dans le Pacifique, 14 projets seront financés, et 1,39 M d’euros seront destinés aux zones protégées, à la gestion des espèces envahissantes, à la restauration des écosystèmes, à la conservation des espèces et à la gestion durable des espaces. Un second appel à projets est prévu pour le premier trimestre de 2025, renforçant encore l’implication locale dans les efforts mondiaux de biodiversité. Retrouvez ici le communiqué de presse. © Maridav / iStock