COP 16 Biodiversité: organisation et mobilisation du groupe de travail Pays en développement & Biodiversité

La seizième Conférence des Parties de la Convention sur la Diversité Biologique se tient du 21 octobre au 1er novembre à Cali en Colombie. Elle aura pour thème « la Paix avec la Nature – Paz con la Naturaleza » et traitera de nombreux sujets depuis la dernière COP qui a vu l’adoption du Cadre mondial sur la biodiversité de Kunming-Montreal dont la mobilisation de financements pour la mise en œuvre, le cadre de suivi-évaluation, l’alignement des stratégies biodiversité nationales (NBSAP) avec le cadre mondial et le mécanisme de partage des avantages liés à l’utilisation des informations de séquençage numérique (DSI). Elle est décomposée en plusieurs espaces dont : la Zone Bleue qui comprend la partie de négociations, l’exposition de plusieurs stands et pavillons ainsi que de nombreux évènements parallèles.  la Zone Verte qui comprend un agenda politique et académique, un agenda multicolore dédié à l’inclusion et à la diversité ainsi qu’un agenda culturel.   D’autres évènements se tiennent en marge de la COP 16 à Cali comme : Bloom pour accélérer l’action des entreprises à la COP 16 du 24 au 25 octobre à l’hôtel Intercontinental de Cali ; Le septième symposium sur l’investissement du Global Landscape Forum le 25 octobre au Musée La Tertulia ; Le Sommet mondial sur la Biodiversité le 26 octobre au Musée La Tertulia. Une délégation du Comité français de l’UICN sera présente ainsi que du groupe de travail Pays en développement & Biodiversité dont les organisations suivantes : Action Contre la Faim, All4trees, Envol Vert, Nature Conserv’Action et Play for Nature. La Zone Bleue Elle se situe au Centro de Eventos Valle del Pacífico, au nord de Cali. Pour y accéder, il est nécessaire d’être accrédité par la Convention sur la Diversité Biologique. Voici le programme de la Zone Bleue : Plusieurs journées ou sommets thématiques vont être organisés dans le cadre de la Zone Bleue dont : Forum sur le développement et renforcement de capacités le 19 octobre : https://www.cbd.int/conferences/2024/parallel-meetings/capacity-forum Forum des parlementaires le 23 octobre ; Forum des femmes le 25 octobre ; Forum des gouvernements sub-nationaux et des villes le 26 octobre ; Sommet Nature & Culture les 26 et 27 octobre : https://www.cbd.int/conferences/2024/parallel-meetings/nature-culture-summit Forum Entreprises & Biodiversité le 27 octobre : https://www.cbd.int/conferences/2024/parallel-meetings/business-biodiversity-forum Journée Financements & Biodiversité le 28 octobre : https://www.cbd.int/conferences/2024/parallel-meetings/finance-day Il y aura également de nombreux stands et Pavillons dans la Zone Bleue qui disposeront de leur propre programmation : Pavillon de la Colombie ; Pavillon de l’UICN ; Pavillon de l’Union Européenne ; Pavillon Nature Positive ; Pavillon CGIAR ; Pavillon du cadre mondial de Kunming-Montreal sur la biodiversité mondiale. Enfin, la programmation officielle des évènements parallèles se tenant en Zone Bleue et sélectionnés par le Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique est disponible sur ce lien.  La Zone Verte Elle se situe en grande partie sur le Boulevard del río et dans d’autres lieux de la ville pour favoriser la participation de la société civile. C’est un espace ouvert au public dont l’objectif principal est de faciliter les partages de connaissances et d’expériences, d’inspirer à l’action et de renforcer la participation citoyenne dans la prise de décisions environnementales. Le programme de l’agenda multicolore est disponible sur ce lien et celui de l’agenda culturel sur celui-ci. L’agenda politique et académique est décomposé en plusieurs journées thématiques : Interventions des membres du Groupe de travail Pays en développement & Biodiversité et partenaires techniques et financiers français Plusieurs membres du groupe de travail, ou leurs organismes, organiseront des évènements ou interviendront lors de la COP 16, que ce soit au sein de la Zone Bleue ou de la Zone Verte. Voici leur implication : CIRAD Restauración e Innovación: Paisajes y Territorios de Paz en la Amazonía le 21 octobre de 13h30 à 15h40 (Zone Verte : Banque de la République) Montpellier Process: Pooling Collective Intelligence for Action. Scaling dialogue for strengthened Science-Policy-Society interfaces le 25 octobre de 8h30 à 9h30 (Zone Bleue : Pavillon de l’UE) et à 13h20 (Zone Bleue : CEVP Ground floor) The Multilateral benefit-sharing mechanism of FAO’s Plant Treaty: placing small-scale farmers at the centre of the GBF implementation le 25 octobre de 17h30 à 19h00 (Zone Bleue : Pavillon de l’UE) Lessons learnt from DeSIRA projects on new research pathways to support biodiversity through agroecological innovations in agriculture and food systems le 27 octobre de 15h30 à 17h00 (Zone Bleue : Pavillon de l’UE) Envol Vert La trazabilidad como una herramienta para proteger la biodiversidad le 25 octobre de 11h30 à 12h00 (Zone Verte : DIAN) et le 28 octobre de 17h45 à 18h30 (Zone Verte : Université ECCI) Museum National d’Histoire Naturelle The Global Strategy for Plant Conservation – guidance and insight into implementing the new complimentary actions le 22 octobre à 11h40 (Zone Bleue : Cocora Plaza One)  Whole-of-society approach to achieve GBF Target6 Regarding IPBES assessment reports, G7 statement on IAS and NBSAPs le 29 octobre de 13h20 à 14h40 (Zone Bleue : Pavillon UICN) NatureXpairs  Rangers at the heart of the 30 x 30 target – Engaged for people and Nature le 21 octobre de 17h30 à 19h00 (Zone Bleue : Pavillon de l’UE) How to support the implementation of 30×30 : Sharing the French experience and how to benefit from the French expertise and the offers available on the HAC 30×30 Matchmaking Platform le 23 octobre de 11h00 à 12h00 (Zone Bleue : Pavillon du GEF) The value of partnerships to support the implementation of the 30×30 target – Sharing the experience of the HAC 30×30 Matchmaking Platform at CBD COP16 le 28 octobre de 13h20 à 14h30 (Zone Bleue : Youth Plaza One) Caribbean MPAs managers networks lead the way: Towards a regional roadmap to reach Target 3 le 29 octobre de 13h20 à 14h30 (Zone Bleue : Youth Plaza One) Agence Française de Développement Strengthening NBSAPs Implementation Using Technological and Scientific Tools for Ecosystem Natural Capital Accounting le 23 octobre à 11h40 (Zone Bleue : Farallones Plaza One) Exploring Voluntary Commitments by Non-state Actors in Advancing Other Effective Area-based Conservation

Forum européen de la conservation : une étape importante dans la préparation du Congrès mondial de l’UICN 2025

Plus de 400 représentants des membres et experts de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ont participé au Forum européen de la Conservation qui s’est tenu à Bruges (Belgique) du 30 septembre au 3 octobre 2024. Il s’agit d’un des 9 forums régionaux organisés par l’UICN dans la perspective du Congrès mondial de la nature qui aura lieu en octobre 2025 à Abu Dhabi. Pour la première fois depuis que de tels forums sont organisés, le Forum européen rassemblait les membres et experts des pays situés dans deux régions statutaires de l’UICN : l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est et Asie centrale. Cet événement a été l’occasion pour les membres de l’UICN de présenter leurs travaux et priorités en matière de conservation de la nature et de participer à l’élaboration de la vision à 20 ans de l’UICN et de son programme 2026-2029, qui font l’objet d’une consultation jusqu’au 20 octobre. Le Comité français de l’UICN y a organisé trois ateliers de travail portant respectivement sur la Liste verte des aires protégées, les Solutions fondées sur la Nature pour l’agriculture et le trafic des espèces sauvages. Ces événements ont connu un large succès et attiré la participation de très nombreux membres et représentants de l’UICN, dont Grethel Aguilar, directrice générale de l’UICN, et Boris Erg, directeur du Bureau régional européen. Les représentants du Comité français de l’UICN y ont également présenté les 32 projets de motions portés par les membres français de l’UICN au cours des nombreuses sessions informelles. Ces échanges ont permis d’identifier des intérêts communs avec les autres Comités nationaux et membres européens de l’UICN ainsi que de potentiels soutiens aux motions. Les motions doivent en effet être soutenues par au moins cinq membres de l’UICN, issus d’au moins deux régions statutaires différentes, pour pouvoir être présentées. Ces échanges ont également permis de valoriser l’important travail effectué depuis avril 2024 par les membres et expert/es français de l’UICN dans la préparation de ces motions. Cet effort de mobilisation, unique en Europe, a culminé lors du récent Congrès français de la nature au cours duquel ces projets de motions ont été débattus. Plusieurs intervenants de haut niveau ont participé à cet événement majeur de la conservation de la nature en Europe, dont Grethel Aguilar (directrice générale de l’UICN), Musonda Mumba (secrétaire générale de la Convention Ramsar sur les zones humides), Mirela Kumbaro (ministre du tourisme et de l’environnement d’Albanie), Humberto Delgado Rosa (directeur pour le Capital naturel, Direction générale de l’environnement de la Commission européenne) ainsi que les présidents des Commissions de l’UICN, les responsables des bureaux « Europe de l’Ouest » et « Europe de l’Est et Asie Centrale » de l’UICN, ainsi que plusieurs présidents des Comités nationaux européens. Pour en savoir plus : Congrès français de la nature 2024 : 32 recommandations pour répondre aux enjeux mondiaux de la biodiversité – UICN France Europe, North and Central Asia RCF | 30 Sept – 3 Oct 2024 (iucn.org) Atelier « Solutions fondées sur la Nature pour l’agriculture » Atelier « Trafic des espèces sauvages » Atelier « Liste verte des aires protégées et conservées »

Congrès français de la nature 2024 : 32 recommandations pour répondre aux enjeux mondiaux de la biodiversité

Plus de 250 expert/es et représentant/es des organisations membres du Comité français de l’UICN – Union internationale pour la conservation de la nature – se sont réunis hier à l’occasion du Congrès français de la nature 2024.  32 projets de recommandations ont été débattus pour répondre à des priorités internationales de conservation de la biodiversité. Ces recommandations seront proposées au Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui se tiendra à Abu Dhabi en octobre 2025. Elles contribueront ainsi directement à façonner le programme, les positions et les actions de la plus grande organisation internationale de conservation de la nature, et à influer sur les politiques internationales de la biodiversité. L’excellence française en matière de gestion d’aires protégées récompensée à l’international Les gestionnaires de 9 espaces naturels français se sont également vus remettre leurs diplômes du label « Liste verte des aires protégées de l’UICN » célébrant leurs résultats en matière de conservation. Ce label international a pour but de récompenser les espaces naturels efficacement gérés. La France est le pays qui compte le plus grand nombre de sites labellisés dans la Liste verte internationale, avec 24 sites français au total. Pour poursuivre la dynamique, le Gouvernement de Nouvelle-Calédonie a annoncé la candidature du Parc naturel de la Mer de Corail, l’une des plus grandes aires marines protégées du monde, à la Liste verte des aires protégées de l’UICN. Pour en savoir plus : Le communiqué de presse du Congrès français de la nature 2024, Le communiqué de presse sur la remise des prix de la Liste verte des aires protégées de l’UICN, en présence de la ministre Agnès Pannier-Runnacher notamment, Un diaporama présentant ces 9 sites naturels français récompensés à l’international pour l’atteinte de leurs objectifs de conservation de la biodiversité. Crédits photographiques © Fabien Kufel Plus de 250 expert/es et représentant/es des organisations membres du Comité français de l’UICN étaient présents lors du Congrès français de la nature. © Fabien Kufel

Interview de Gaétan Quesne

Directeur Europe et Responsable thématique biodiversité, forêts et Solutions fondées sur la Nature au sein du Groupe-conseil Baastel et membre du Bureau du Groupe de travail Pays en développement & Biodiversité Gaétan, vous travaillez aujourd’hui en tant que Directeur Europe et responsable thématique biodiversité, forêts et Solutions fondées sur la Nature au sein du cabinet de conseil Baastel. Pouvez-vous vous présenter, et préciser notamment les raisons qui vous ont conduit à travailler dans la protection de la nature ? J’ai passé toute mon enfance au contact de la nature, dans une ferme familiale dans le Nord-Ouest de la France. Le remembrement agricole dans les années 70-80 avait déjà modifié substantiellement le paysage rural français, mais j’ai passé mon enfance à crapahuter dans les espaces naturels et les bosquets proches de la ferme familiale, à participer à des classes vertes dans un Centre de Protection de la Nature et à observer la nature environnante. J’ai certainement développé ma sensibilité environnementale et à la protection de la nature durant cette période. J’ai ensuite effectué des études en agronomie, puis en agro-économie internationale et enfin en économie des ressources naturelles, qui m’ont permis d’orienter mon parcours professionnel à l’international et dans le domaine de la protection de la nature. Quel est votre parcours professionnel et quelles sont vos plus belles expériences ? C’est à travers ma formation que mon orientation professionnelle s’est dessinée. D’un stage dans une plantation de bananes en Martinique dans le cadre d’un diplôme universitaire technologique en agronomie, à des stages dans un centre de recherche sur la canne à sucre en Afrique du Sud et auprès de petits producteurs de café au Honduras dans le cadre de mon diplôme d’ingénieur en agro-économie internationale (ISTOM), j’ai effectué une dernière année de master en économie des ressources naturelles au CERDI et un dernier stage sur la thématique de l’adaptation au changement climatique au Fonds Français pour l’Environnement Mondial. C’était il y 20 ans, cette thématique était assez nouvelle et avec une attention grandissante donc très formateur ! Dans la continuité de ce stage, j’ai été en poste pendant 2 ans à l’Agence française de développement (AFD) à Cotonou au Bénin dans le cadre d’un Volontariat international en administration. Je suivais le portefeuille développement rural et environnement, y compris un projet d’appui au Parc National de la Pendjari, mais également le montage des premiers projets soumis au Programme des Petites Initiatives (PPI) qui était à cette époque géré par l’AFD et mobilisait le personnel en agence pour accompagner les organisations de la société civile dans le montage de leur proposition de projet. J’ai donc eu la chance d’accompagner le montage des premiers projets PPI, avant que cette gestion ne soit ensuite confiée au Comité Français de l’UICN. Cette expérience au Bénin restera unique pour moi, que ce soit d’un point de vue professionnel mais également personnel. J’ai ensuite décidé de rejoindre le cabinet de conseil Baastel au Canada. J’ai débarqué tout frais du Bénin le 3 janvier 2009 à Gatineau au Québec sous une grosse tempête de neige. La transition était intense ! J’ai passé 5 années au Québec pour Baastel, à travailler principalement sur des projets d’adaptation au changement climatique en Afrique sub-saharienne et en Amérique Latine et à profiter des grands espaces canadiens. J’ai ensuite contribué à développer les activités de Baastel et nos équipes en Europe, à Bruxelles. Je suis depuis devenu l’un des associés du cabinet et ai pris la responsabilité de nos activités sur la protection de la biodiversité et les forêts. Je suis impliqué avec nos équipes sur des études de faisabilité de financement pour la protection de la biodiversité, la mise en place de systèmes et processus de suivi-évaluation, l’assistance technique et la mise en œuvre de projets et programmes, et enfin l’évaluation. Une belle diversité de prestations dans des géographies diverses ! Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans la conservation de la biodiversité à l’international et en particulier dans les pays en développement ? C’est également à travers mon parcours académique et professionnel que mon engagement dans la conservation de la biodiversité dans les pays en développement s’est façonné. Cette décision a été alimentée par une soif de découverte, d’échange et clairement d’aventure. Cet engagement a évolué dans le temps, et est ancré aujourd’hui autour de la nécessaire et très urgente protection d’espaces naturels soumis à des pressions et menaces croissantes et à la contribution que nous pouvons y apporter, avec nos équipes à notre échelle, à travers l’expertise que Baastel met à contribution sur des projets et programmes de conservation variés dans les différentes régions du monde en développement en particulier. Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez aujourd’hui et quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confronté dans le cadre de vos actions ? Les réalisations dont vous êtes le plus fier ? Dans mon activité aujourd’hui ce que j’apprécie beaucoup est la diversité des initiatives, des géographies et des partenaires avec lesquels nous collaborons. Nous travaillons par exemple sur le montage de financement pour le développement et la gestion d’aires protégées terrestres et marines, la protection d’espèces spécifiques ou la réduction de pressions et menaces qui portent sur elles, mais aussi le développement d’outils de financement tels que les Fonds fiduciaires pour la conservation ou la finance biodiversité, l’assistance technique auprès de gouvernements et de partenaires ainsi que l’évaluation de projets, programmes et politiques publiques. L’initiative sur laquelle je suis le plus mobilisé aujourd’hui est un programme pour le développement résilient au changement climatique et sensible au genre du Parc National de Conkouati-Douli au Congo et du Complexe d’Aires Protégées de Binder-Léré au Tchad, mené conjointement par Noé, Baastel et Développement International Desjardins. Du fait de mon parcours personnel et professionnel, ma capacité de lier, avec l’appui de mon équipe, la problématique des changements climatiques à la conservation de la biodiversité et au développement des territoires ruraux, constitue certainement une valeur ajoutée. Quel est votre espèce favorite et pourquoi ? Je n’ai pas réellement d’espèce favorite. La biodiversité est grande, menacée et à

Conservation de la biodiversité dans les territoires d’outre-mer : le programme BESTLIFE2030 annonce les lauréats de son premier appel à projets

Le programme BESTLIFE2030 de l’Union européenne accorde 5,57 millions d’euros de subventions pour la conservation de la biodiversité dans les régions ultrapériphériques et les pays et territoires d’outre-mer. Ce financement, qui prendra la forme de 58 subventions dans le cadre du premier des quatre appels à projets prévus, vise des initiatives à petite échelle essentielles à la protection des écosystèmes uniques mais fragiles de ces régions. Ces actions permettront aux acteurs locaux de mettre en oeuvre des projets de conservation ciblés, renforçant ainsi l’engagement de l’Union européenne en faveur du cadre mondial pour la biodiversité (CMB) de la Convention sur la diversité biologique (CDB), et notamment de l’objectif 3, qui vise à assurer une conservation équitable et efficace par zone de 30 % de la planète d’ici à 2030, également connu sous le nom d’objectif « 30×30 ». Soutien régional ciblé Les subventions seront réparties entre sept régions clés, chacune étant confrontée à des défis distincts en matière de biodiversité : Pacifique (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna) : L’allocation la plus importante, soit 1,39 million d’euros, sera consacrée à la conservation des espèces, à la restauration des écosystèmes, à la gestion des espèces envahissantes, à la gestion durable et aux zones protégées, avec des projets sur la gestion du trafic océanique et l’adaptation au changement climatique. Amazonie : 420 000 euros seront consacrés à la conservation des espèces et aux zones protégées en Guyane française, afin de résoudre des problèmes cruciaux tels que la coexistence entre l’homme et la faune et la perte d’habitat. Caraïbes néerlandaises : 551 000 euros soutiendront la gestion durable, la conservation des espèces et la restauration des écosystèmes, y compris les solutions fondées sur la nature et les pratiques agroforestières durables. Caraïbes françaises : avec 989 000 euros, cette région donnera la priorité à la restauration des écosystèmes, à la conservation des espèces et à la gestion des espèces exotiques envahissantes, en s’attaquant à la dégradation des habitats et en renforçant les stratégies de conservation. Océan Indien : Avec 1,18 million d’euros, les subventions financeront la restauration des écosystèmes, la conservation des espèces, la gestion durable et la gestion des espèces envahissantes, y compris les infrastructures agroécologiques et la pollution côtière. Macaronésie : 697 000 euros seront consacrés à la conservation des espèces, à la gestion des espèces envahissantes et aux zones protégées, avec des efforts de contrôle des prédateurs et de sensibilisation du public. Atlantique Nord : 299 000 euros, dont 100 000 euros pour Saint-Pierre-et-Miquelon, seront consacrés à la conservation des espèces, à la gestion des espèces envahissantes et à la restauration des écosystèmes, dans le cadre d’une pêche durable et de la lutte contre l’eutrophisation. L’évolution de l’initiative BEST Depuis 2011, l’Initiative BEST (Biodiversity and Ecosystem Services in Territories of European Overseas) a renforcé la conservation de la biodiversité dans les régions ultrapériphériques et les territoires d’outre-mer de l’UE, en octroyant plus de 17,73 millions d’euros par le biais de 153 subventions. L’initiative est née du « Message de l’île de la Réunion » et a débuté par l’action préparatoire BEST, qui a jeté les bases de stratégies de conservation régionales. Elle a depuis évolué vers les programmes BEST 2.0, BEST RUP, LIFE4BEST et BEST 2.0+, élargissant le soutien aux efforts de conservation sur le terrain. Le Comité français de l’UICN, activement impliqué dans la mise en oeuvre de l’Initiative BEST, a notamment coordonné le hub régional Pacifique de l’Initiative de 2014 à 2020.  Il continue aujourd’hui à jouer ce rôle dans le cadre de BESTLIFE2030. Dans la région Pacifique, le programme BESTLIFE2030  bénéficie du soutien de la Socredo. Un deuxième appel à propositions devrait être lancé au cours du premier trimestre 2025, afin de renforcer l’implication locale dans les efforts mondiaux en faveur de la biodiversité. Photo bandeau : JeanKape

Le 26 juillet, le monde célèbre la journée internationale des mangroves, un écosystème unique et vital !

Les mangroves sont des forêts évoluant entre la terre et la mer et qui sont composées d’arbres adaptés à vivre en bord de mer où la salinité est élevée et les sols pauvres en oxygène : les palétuviers. Parmi leurs nombreuses adaptations, certaines espèces de palétuviers développent des racines aériennes afin de capter l’oxygène alors que pour faire face à l’excès de sel, certaines espèces bloquent le passage du sel directement au niveau des racines, tandis que d’autres le rejettent via des glandes spécialisées au niveau de leurs feuilles… Pourquoi les mangroves sont essentielles ? Boucliers naturels : Grâce aux racines aériennes des palétuviers qui fixent les sols, les mangroves protègent les côtes de l’érosion, de la houle et des phénomènes cycloniques extrêmes. Refuges de biodiversité : Les eaux calmes et les apports nutritifs provenant des mangroves favorisent la présence d’une biodiversité importante : poissons, crustacés, oiseaux…  Purificateurs d’eau : Les mangroves purifient l’eau en piégeant les sédiments des eaux provenant des bassins versants, ce qui permet de réduire la turbidité de l’eau et ainsi protéger les récifs coralliens mais aussi de filtrer les quantités excessives de polluants. Réservoirs de carbone : Les mangroves font partie des forêts qui stockent le plus de carbone, grâce à la matière organique présente dans les feuilles, troncs, branches, et racines des palétuviers mais aussi grâce à la matière organique morte présente dans le sol. Créatrices d’emplois : Les mangroves génèrent également des emplois pour les populations locales, notamment via le développement de la pêche et du tourisme.  Les mangroves en danger ! De nombreuses menaces pèsent sur les mangroves qu’elles soient d’origine naturelle (cyclones, tempêtes…) ou causées par les activités humaines (urbanisation, déforestation, agriculture/aquaculture, pollution, dérèglement climatique…). L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a publié récemment la rouge mondiale des mangroves faisant un constat alarmant : 50 % des mangroves évaluées sont menacées dont 19,6 % sont classées à haut risque. L’évaluation a également mis en avant l’impact grandissant du changement climatique par l’élévation du niveau de la mer et l’augmentation de la fréquence des tempêtes violentes. Selon ce rapport, le changement climatique menacerait ainsi 33 % des écosystèmes de mangroves évalués. Le Réseau d’Observation et d’Aide à la Gestion des Mangroves (ROM) En France, les mangroves sont présentes dans des territoires d’outre-mer situés dans les régions des Caraïbes, de l’Amazonie, de l’océan Indien et du Pacifique, faisant de la France le seul pays au monde à posséder des mangroves dans les trois océans !                                                    Le Réseau d’observation et d’aide à la gestion des mangroves, coordonné par le Pôle-relais zones humides tropicales, lui-même porté par le Comité français de l’UICN, a pour objectif de soutenir tous les efforts de conservation des mangroves des territoires ultramarins français. A cet effet, le ROM a développé, avec le soutien financier de l’IFRECOR, de la Fondation de la mer et du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires (MTECT), de nombreux outils à l’attention de tous les acteurs œuvrant pour leur préservation : Application mobile ROM : L’application mobile ROM permet à toute personne intéressée par les mangroves de s’entraîner à reconnaître les différentes espèces de palétuviers et de signaler des perturbations ou des observations d’espèces de faune. Cartographie nationale des mangroves : La cartographie CARNAMA  a permis de calculer en 2023 la surface nationale des mangroves qui totalise 87 945 hectares. Environ 62% des mangroves sont présentes en Guyane et 32% en Nouvelle-Calédonie. Cartographie des mangroves à travers le temps : Dans le cadre des travaux sur la Liste Rouge des écosystèmes piloté par le Comité français de l’UICN, le ROM a mené une analyse de l’évolution des surfaces des mangroves à travers le temps dans différents territoires (résultats phase 1). Indicateurs surfaciques : Le ROM collecte également des données dans chaque territoire pour renseigner des indicateurs nationaux transmis à l’Observatoire National de la Biodiversité. Ainsi lors de la dernière campagne de 2021-2022, 61% surface des mangroves étaient déclarées protégées et 57% gérées. Guides techniques : Le ROM favorise les bonnes pratiques et les échanges d’expertise en organisant des formations pour les gestionnaires et en élaborant des guides pratiques pour orienter les actions. C’est ainsi qu’a été élaboré le guide technique sur la restauration des mangroves, qui est le premier guide publié en français et adapté au contexte ultramarin. Sensibilisation : En plus de ses activités à l’intention des gestionnaires, le ROM sensibilise le grand public, les scolaires et les décideurs politiques à l’importance de préserver les mangroves. Parmi ses outils de sensibilisation phares, le ROM propose des visites virtuelles des mangroves aujourd’hui accessibles à tous sur le site du PRZHT ! Zoom sur le suivi de santé des mangroves ! Le ROM est en train de tester un nouveau protocole de suivi, développé par le GIE MAREX et le laboratoire LAGAM (UPMV) dans le cadre de travaux de l’IFRECOR : le protocole MANRAM. Etant basé sur une méthode d’évaluation rapide, MANRAM se veut un outil simple d’utilisation par l’ensemble des gestionnaires. De nombreux partenaires sont actuellement mobilisés dans chaque territoire afin de tester le protocole et recueillir des données nécessaires à son ajustement dans chacun des territoires. Une fois finalisé, ce protocole sera disponible sur l’application mobile ROM. Zoom sur l’évaluation nationale des mangroves selon les critères de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN Le Comité français de l’UICN développe un projet d’évaluation des écosystèmes en France selon les critères de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN, en partenariat avec l’UAR PatriNat (OFB, MNHN, CNRS, IRD). Les mangroves font l’objet d’un cycle d’évaluations, initié en 2017 avec les mangroves de Mayotte, et qui se poursuit actuellement avec l’évaluation des mangroves des Antilles françaises (publication prévue en 2025) avec le soutien financier de l’IFRECOR, du MTECT et de la CTM, et le soutien technique du ROM. Ces évaluations sont bâties sur les connaissances et données disponibles, et s’appuient sur des experts indépendants et des structures scientifiques, gestionnaires,

Sensibilisation et éducation : l’intervention du Comité français de l’UICN à l’Université des Antilles

À l’occasion de la journée internationale des mangroves, le 26 juillet prochain, zoom sur l’intervention de représentants du Comité français de l’UICN auprès des étudiants de l’antenne martiniquaise de l’Université des Antilles. Le 26 juillet est aussi une journée pour célébrer le partage et le transfert de connaissances autour de cet écosystème à enjeux !   Qu’est-ce qu’un écosystème ? Pourquoi est-il différent des autres ? Comment fonctionne-t-il ?   Quelles sont les pressions menaçant sa capacité à soutenir la communauté écologique qui y vit ? À quelles conditions les services écologiques existant grâce au bon fonctionnement de l’écosystème peuvent se maintenir ? Quels sont les indicateurs des impacts de ces pressions ? Quelles sont les actions mises en place pour limiter, voire inverser ces tendances ?   Autant de questions qu’il convient d’examiner pour comprendre le risque d’effondrement des écosystèmes. C’est autour de ces réflexions et dans le cadre des actions du Réseau national d’observation et d’aide à la gestion des mangroves (ROM) et de l’évaluation des mangroves des Antilles françaises selon les critères de la Liste rouge des écosystèmes (LRE) de l’UICN, que le Comité français de l’UICN est intervenu le mardi 16 janvier dernier auprès des étudiants martiniquais de l’Université des Antilles. Invité par de l’équipe pédagogique de l’Université des Antilles du parcours « Écologie et environnement » au sein de l’UFR « Sciences, Technologies, Environnement », les représentantes du Comité français de l’UICN ont œuvré à la sensibilisation à la connaissance du risque pour la biodiversité à toutes les échelles et ainsi contribué à la formation des étudiants de 3ème année de licence.   Cette journée visait à :   familiariser les étudiants aux enjeux et principes d’une évaluation du risque de perdre la biodiversité à l’échelle des écosystèmes ;   les initier au diagnostic des pressions et menaces et favoriser leur appropriation des enjeux biodiversité de leur territoire ;   leur faire découvrir sur le terrain les mangroves et écosystèmes d’arrière-mangroves du territoire martiniquais.   A travers cette journée, les étudiants ont suivi le parcours des connaissances produites sur les écosystèmes de mangroves :   Première étape : avec un focus sur les mangroves et les critères d’évaluation de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN, les étudiants ont été sensibilisés à l’enjeu de qualifier le niveau de risque pour la biodiversité à l’échelle des écosystèmes en s’appuyant sur des approches standardisées.   Deuxième étape : à partir de leur travail de synthèse bibliographique, les étudiants ont dû mobiliser les connaissances produites par les chercheurs, les naturalistes et les gestionnaires pour décrire les mangroves, les prairies humides et les forêts marécageuses – trois formations végétales rencontrées sur le littoral antillais. Ce travail collectif, par lequel les étudiants ont fait l’expérience de la mutualisation de leurs savoirs et de leurs compétences, a abouti à la conception de posters qui ont été présentés au reste du groupe.   Troisième étape : visite de différents sites de mangroves et d’écosystèmes d’arrière-mangroves sur les communes du Lamentin et de la Trinité pour découvrir ces écosystèmes. Ces visites ont été l’occasion pour les étudiants d’observer et analyser les impacts de l’aménagement du territoire (modification du fonctionnement hydrologique, modification de la végétation par l’installation d’espèces végétales exotiques envahissantes, fragmentation de l’écosystème, défrichage), des changements climatiques (élévation du niveau marin et érosion) et des perturbations du fonctionnement des mangroves et des écosystèmes en contact (blooms algaux, prolifération et échouages de sargasses), mais aussi de découvrir des projets de restauration développés localement.   Ce parcours accéléré, de la connaissance théorique à la découverte d’action de gestion sur le terrain en passant par l’évaluation de risque, est un indispensable des professionnels de l’environnement de demain. Sortir des portes de l’université, aller à la rencontre des écosystèmes présents sur les territoires où ces formations s’ancrent, rencontrer des professionnels de la conservation : autant d’activités essentielles au développement d’un secteur professionnel dont le rôle est central au regard des enjeux écologiques auxquels les territoires font face, en particulier dans les espaces des petites îles – aux premières lignes des changements globaux. À l’occasion de cette journée internationale des mangroves, écosystèmes côtiers dont la conservation est essentielle, nous avons le plaisir de partager l’un des posters élaborés par les étudiants de 3e année de licence de l’Université des Antilles. Ce poster présente les mangroves, les enjeux auxquels est confronté cet écosystème et les actions de préservation, de valorisation et de restauration mises en place sur le territoire martiniquais. Le Comité français remercie Mélanie Herteman, experte au Comité français de l’UICN et enseignante à l’Université des Antilles à l’initiative de ce projet pédagogique et de rencontre entre le Comité et les étudiants ; Olivia Urity, professeure agrégée à l’Université des Antilles et responsable du parcours « Écologie et environnement » et la promotion 2024 de la troisième année de licence de l’UFR « Sciences, Technologies, Environnement » (STE), parcours « Écologie et environnement » à l’antenne « Martinique  » de l’Université des Antilles.   Cette intervention s’inscrit dans les actions du ROM et de la Liste rouge des écosystèmes portées par le Comité français de l’UICN et soutenues financièrement par l’Office français de la biodiversité, l’IFRECOR, le ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, le ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, l’Union internationale pour la conservation de la nature et la Collectivité territoriale de Martinique.  Photo bandeau : Alix Sauve

Onze nouveaux projets soutenus par ProBioDev

English version available on this link Dans le cadre du Programme d’appui aux OSC de biodiversité actives dans les pays en développement (ProBioDev), le Comité de Sélection s’est réuni les 25 et 26 juin à Paris pour évaluer les propositions soumises suite à un appel à projets. Au total, 11 projets ont été retenus dans 10 pays pour un montant total de 1,9 M€.  Le 9 avril dernier, le Comité Français de l’UICN lançait un appel à projets pour soutenir des projets de conservation de la biodiversité et/ou de Solutions fondées sur la nature (SfN) portés par des partenariats de la société civile (composés d’une OSC française et d’une OSC locale) dans les pays en développement. A la clôture de l’appel à projets, 126 candidatures ont été reçues. Un excellent résultat pour ce premier appel qui démontre l’intérêt et les besoins importants des OSC pour ce type de dispositif de financement afin de soutenir la biodiversité. Parmi les 126 candidatures, 37 ont été présentées en Comité de Sélection (les autres ayant été jugées inéligibles ou peu satisfaisantes au regard des critères de l’appel à projets). En amont du Comité de Sélection, chaque dossier a été étudié par 2 évaluateurs indépendants qui ont pu apprécier la qualité des projets soumis selon différents critères (enjeux et menaces sur la biodiversité, pertinence et cohérence des projets, capacités des organisations à mener des actions, cohérence du partenariat…). Organisé à Paris (avec quelques évaluateurs à distance), le Comité de Sélection s’est tenu les 25 et 26 juin 2024 et a permis de rassembler au total 44 expert(es) au total. Durant le Comité, chaque projet a été présenté puis discuté entre les évaluateurs de chaque dossier et les autres membres. Outre la sélection des projets, les échanges ont également été l’occasion de partager de l’expertise et des pistes d’améliorations pour chacune des propositions. A l’issue des deux jours du Comité, 11 projets ont été sélectionnés  pour un montant total de 1 891 000 €, soit une moyenne d’environ 172 000 €/projet. A travers ces subventions d’une durée maximum de 2 ans, les partenariats d’organisations auront comme objectif commun de mettre en œuvre des projets locaux de conservation de la biodiversité et de solutions fondées sur la nature par des actions concrètes de terrain. Les projets vont également permettre de soutenir des activités en lien et au bénéfice des populations locales. Le Comité français de l’UICN remercie chaleureusement les membres du Comité de Sélection pour leur investissement et leur participation qui permet de garantir l’indépendance du processus, de renforcer le dialogue entre les organisations mais aussi d’enrichir la qualité des propositions et des projets soutenus par ProBioDev. Un grand bravo à tous les partenariats sélectionnés et bon courage à eux pour la réalisation de leurs projets ! Soutenu par une coalition de partenaires publics et privés dont l’Agence Française de Développement (AFD), l’Office Français de la Biodiversité (OFB), la Fondation Audemars Piguet pour les Arbres, la Fondation de France, la Fondation Manthano, la Fondation Egis et la Maisons du Monde Foundation, l’ambition du programme est d’améliorer l’état de la biodiversité dans les pays en développement grâce à l’action de la société civile et au renforcement des capacités et partenariats des OSC. Découvrez les projets sélectionnés ! MADAGASCAR – Association Française de Sauvegarde du Grand Hapalémur (Helpsimus) & IMPACT Madagascar : « Assurer la protection durable de la plus grande population sauvage de grands hapalémurs à Madagascar » Le projet vise à protéger durablement la plus grande population sauvage de grands hapalémurs (Prolemur simus, CR) en renforçant la préservation de leur habitat près du Parc National de Ranomafana. Les actions incluent la réduction des défrichements et des coupes de bois, l’atténuation des conflits avec les agriculteurs, la restauration des forêts et la création d’une aire protégée de catégorie 5. Le projet se focalise également sur l’amélioration du suivi de plusieurs groupes de grands hapalémurs et au développement d’un programme scientifique pour la conservation. Cela inclut l’amélioration des connaissances sur les populations de lémuriens présentes, dont les résultats seront utilisés pour le processus de création de l’aire protégée.  Parallèlement, le projet soutient le développement économique et social des communautés locales en promouvant une agriculture résiliente face aux changements climatiques, ainsi qu’en soutenant l’éducation des enfants. La subvention accordée par ProBioDev s’élève à 100 000 € pour une durée de 24 mois. INDONESIE – Small Islands Organisations (SMILO) & Blue Forests : « Tanakeke, vers une île durable » Le projet vise à renforcer la résilience de l’île de Tanakeke dans le sud du Sulawesi en améliorant la gestion de l’environnement et les conditions de vie de la communauté grâce à la labellisation « îles durables » de SMILO. Il a pour objectif de renforcer la gouvernance locale et inclusive en établissant un Comité opérationnel et en définissant un plan d’action participatif visant à renforcer les capacités communautaires dans la gestion environnementale. Le projet soutient des initiatives concrètes telles que la réhabilitation, la surveillance et la conservation des mangroves ainsi que d’autres espèces clés, tout en promouvant le développement durable de la culture d’algues pour améliorer les conditions de vie des habitants. Les expériences de Blue Forests sur l’île de Tanakeke seront intégrées et partagées au sein de la communauté SMILO, renforçant ainsi leurs contributions aux agendas nationaux et internationaux de la biodiversité. La subvention accordée par ProBioDev s’élève à 195 000 € pour une durée de 24 mois. GHANA – A Rocha Ghana & A Rocha France : « Conservation et gestion durable du site Ramsar de Keta Lagoon pour la résilience climatique des oiseaux et des communautés » Situé dans le paysage du site Ramsar de Keta Lagoon, le projet se focalise sur la conservation des espèces d’oiseaux et de leurs habitats, ainsi que sur l’éducation à l’importance des zones humides pour la biodiversité et les services écosystémiques, et sur la restauration et la gestion durable des forêts de mangroves. Le site joue un rôle crucial en tant qu’habitat essentiel pour les oiseaux migrateurs et comme lieu de nidification pour des espèces

Eleven new projects supported by ProBioDev

Version française disponible sur ce lien As part of the Support Programme for biodiversity Civil Society Organisations active in developing countries (ProBioDev), the Selection Committee met on June 25th and 26th in Paris to evaluate the proposals submitted following a call for proposals. In total, 11 projects were selected in 10 countries for a total amount of €1.9M. On April 9th, the IUCN French Committee launched a call for proposals to support biodiversity conservation projects and/or Nature-based Solutions (NbS) carried out by civil society partnerships (comprising a French CSO and a local CSO) in developing countries. By the end, 126 applications had been received. This is an excellent result for this first call, demonstrating the significant interest and need among CSOs for this type of funding mechanism to support biodiversity in developing countries. Out of the 126 applications, 37 were presented to the selection committee (the others were deemed ineligible or did not meet the criteria of the call for proposals). Prior to the Selection Committee meetings, each application was reviewed by two independent evaluators who assessed the quality of the submitted projects according to various criteria (biodiversity issues and threats, relevance and coherence of the projects, organizational capacity to carry out actions, partnership coherence, etc.). Held in Paris (with some evaluators participating remotely), the Selection Committee took place on June 25th and 26th , 2024, bringing together a total of 44 experts. During the Committee, each project was presented and then discussed among the evaluators and the other members. In addition to selecting the projects, the discussions also provided an opportunity to share expertise and suggestions for improvements for each proposal. At the end of the two-day committee meeting, 11 projects were selected for a total amount of €1 891 000, with an average of approximately €172 000 per project. Through these grants, with a maximum duration of 2 years, the civil society partnerships will have the common goal of implementing local biodiversity conservation projects and nature-based solutions through concrete on-the-ground actions. The projects will also support activities that benefit local populations. The IUCN French Committee warmly thanks the members of the Selection Committee for their dedication and participation, which ensures the independence of the process, strengthens dialogue between organizations, and enhances the quality of the proposals and projects supported by ProBioDev. Congratulations to all the selected partnerships, and best of luck with the implementation of their projects! Supported by a coalition of public and private partners including the French development agency (AFD), French Office for Biodiversity (OFB), Audemars Piguet Foundation for Trees, Fondation de France, Fondation Manthano, Fondation Egis, and Maisons du Monde Foundation, the programme’s ambition is to improve the state of biodiversity in developing countries through the action of civil society and the strengthening of capacities and partnerships of CSOs. Discover the selected projects! MADAGASCAR – Association Française de Sauvegarde du Grand Hapalémur (Helpsimus) & IMPACT Madagascar: « Ensuring the sustainable protection of the largest wild population of greater bamboo lemurs in Madagascar » The project aims to sustainably protect the largest wild population of greater bamboo lemurs (Prolemur simus, CR) by enhancing habitat conservation near Ranomafana National Park. Actions include reducing deforestation and wood cutting, mitigating conflicts with farmers, restoring forests, and creating a category 5 protected area. The project also focuses on improving the monitoring of several groups of greater bamboo lemurs and developing a scientific conservation program, enhancing knowledge of the lemur populations present, which will be used for the protected area creation process. Additionally, the project supports the economic and social development of local communities by promoting climate-resilient agriculture and supporting children’s education. The grant awarded by ProBioDev is €100 000 for a duration of 24 months. INDONESIA – Small Islands Organisations (SMILO) & Blue Forests: « Tanakeke, towards a sustainable island » The project aims to strengthen the resilience of Tanakeke Island in South Sulawesi by improving environmental management and community living conditions through SMILO’s Sustainable Island Labelling methodology. It aims to enhance local and inclusive governance by establishing an operational committee and defining a participatory action plan to build community capacity in environmental management. The project supports concrete initiatives such as the rehabilitation, monitoring, and conservation of mangroves and other key species, while promoting the sustainable development of seaweed cultivation to improve inhabitants’ living conditions. Blue Forests’ experiences on Tanakeke Island will be integrated and shared within the SMILO community, thereby strengthening their contributions to national and international biodiversity agendas. The grant awarded by ProBioDev is €195 000 for a duration of 24 months. GHANA – A Rocha Ghana & A Rocha France: « Conservation and sustainable management of the Keta Lagoon Ramsar site for the climate resilience of birds and communities » Located in the landscape of the Keta Lagoon Ramsar site, the project focuses on conserving bird species and their habitats, educating about the importance of wetlands for biodiversity and ecosystem services, and restoring and sustainably managing mangrove forests. The site plays a crucial role as an essential habitat for migratory birds and a nesting site for endangered marine turtle species. Planned actions include producing habitat maps and bird species lists, developing local capacity for bird identification and monitoring, and creating ecotourism opportunities benefiting local communities. The project will also train communities, especially women and youth, in sustainable management and restoration of degraded mangrove forests. The grant awarded by ProBioDev is €195 000 for a duration of 24 months. LAOS – Des Eléphants et Des Hommes & Lao Wildlife Conservation Trust: « WILDMED – Wildlife Mobile Emergency & Diagnostic Unit » Laos, a biodiversity hotspot, faces a significant biodiversity crisis with growing threats to its wildlife and ecosystems. The near-total lack of veterinary capacities, especially in conservation medicine, severely limits aid to wildlife facing increased human conflicts, illegal trafficking, and zoonotic risks. This project aims to strengthen the capacities of key Lao actors and establish an emergency response team for affected wildlife through the deployment of a mobile veterinary unit. The project team will also assess a population of semi-wild elephants using a One Health

Interview de Raphaël Billé

Directeur du programme de la Tour du Valat et Président du Groupe de travail Pays en développement & Biodiversité Raphaël, vous travaillez aujourd’hui en tant que directeur du programme au sein de la Tour du Valat. Pouvez-vous vous présenter, et préciser notamment les raisons qui vous ont conduit à travailler dans la protection de la nature ?  Travailler à la protection de la nature m’a toujours paru un objectif évident. Enfant, je ne l’ai pourtant pas beaucoup fréquentée, mais j’avais la chance d’habiter en province une maison disposant d’un jardin arboré en bord de rivière où j’ai pu observer écureuils et oiseaux, apprécier les odeurs, les lumières. Comme pour beaucoup d’enfants de ma génération, les documentaires diffusés à la télévision m’ont informé et fait rêver. Mes premiers engagements citoyens sont intervenus très tôt : cotisations à Greenpeace et la Fondation Cousteau avec mon argent de poche, manifestations anti-nucléaire… S’est ensuite ouverte une phase de lecture intense : « feuilles de choux », prospectus, puis ouvrages politiques et de vulgarisation scientifique. Internet n’existait pas, chaque publication qui passait à ma portée avait une immense valeur ! La principale difficulté pour moi a été de mettre des possibilités professionnelles concrètes derrière cet engagement. Les divers conseillers d’orientation et brochures d’information que j’ai consultés dès le collège m’ont suggéré que la protection de la nature était une impasse professionnelle. Travailler dans « les métiers de l’environnement », c’était s’orienter vers des secteurs plus sérieux, en pleine croissance et portés par de grandes entreprises prestigieuses : énergie, déchets, eau… Bref, il fallait être raisonnable. Quel est votre parcours professionnel et quelles sont vos plus belles expériences ? C’est donc par une formation d’ingénieur en génie civil que j’ai d’abord tenté de faire se rencontrer métier et engagement. L’erreur d’aiguillage m’est très vite apparue. Parti accomplir mon service national en coopération au Pakistan, j’ai eu la chance d’être encadré par deux brillants habitués des carrières à rebondissements, qui m’ont avant tout fait comprendre que si le monde professionnel déployait beaucoup d’efforts pour nous contraindre à des trajectoires linéaires, la liberté était affaire de motivation et d’un peu d’audace. C’est ainsi que depuis Islamabad, en 1998, j’ai envoyé une lettre (!) à Laurent Mermet, alors professeur à l’Engref, dont j’avais lu quelques écrits. Il a accepté de me rencontrer. Finesse d’analyse, culture, humour, bienveillance (et accessoirement une passion commune pour Bob Dylan) : j’avais frappé à la bonne porte et ce fut un nouveau départ. En quelques mois j’ai basculé définitivement vers la protection de la nature. Ma frustration initiale face à mes difficultés d’orientation a cédé la place à une volonté d’expérimenter autant de « portes d’entrée » que possible sur ce secteur professionnel qui est aussi un engagement, par curiosité et pour tenter d’y faire une petite différence à mon échelle. Doctorant en sciences sociales avec des terrains en France et à Madagascar, puis chef de projet biodiversité au PNUD en Indonésie, consultant notamment pour l’UICN, chercheur à l’Iddri sur les politiques de biodiversité et d’adaptation au changement climatique, puis assistant technique dans le Pacifique insulaire sur des enjeux à l’interface biodiversité / climat, puis de nouveau consultant… Je me suis essayé aux publications scientifiques, à la littérature grise, j’ai découvert le multilatéralisme environnemental, expérimenté l’appui aux politiques publiques, la gestion et l’évaluation de projets opérationnels, ou encore le plaidoyer. J’ai eu énormément de chance et travaillé aux côtés de collègues majoritairement formidables, dans des lieux merveilleux. Et me voilà depuis 2021 à la Tour du Valat, un lieu unique et magique au cœur de la Camargue qui œuvre depuis 70 ans à la protection des zones humides méditerranéennes. Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans la conservation de la biodiversité à l’international et en particulier dans les pays en développement ? J’ai toujours pensé qu’il y avait un intérêt intellectuel fort à retirer des allers-retours entre contextes d’action européens et « Sud », à identifier les grands mécanismes communs et les différences fondamentales – les premiers me paraissant bien plus significatifs que les secondes en matière de gestion de l’environnement. Ces allers-retours me semblent aussi une condition essentielle pour analyser les ressorts des arènes et mécanismes du multilatéralisme environnemental, et si possible y intervenir efficacement. Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez aujourd’hui et quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confronté dans le cadre de vos actions ? Les réalisations dont vous êtes le plus fier ? En tant que membre de l’équipe de direction de la Tour du Valat, j’ai la chance d’être impliqué dans l’ensemble de son activité, qui est d’une richesse et d’une diversité assez uniques : Comprendre : la Tour du Valat publie plusieurs dizaines d’articles scientifiques par an, accueille des doctorants, post-docs, est impliquée dans des réseaux de chercheurs européens et méditerranéens. Elle a joué historiquement, et continue de jouer, un rôle clé dans la compréhension du fonctionnement des zones humides, la connaissance des espèces qui en dépendent, l’analyse des menaces qui pèsent sur elles et la conception de solutions pour y faire face. Gérer : propriétaire de plus de 3 000 ha de zones humides en Camargue, abritant 2 000 ha d’une réserve naturelle régionale strictement protégée aussi bien que des activités agricoles destinées à montrer la compatibilité entre agriculture et protection des zones humides, la Tour du Valat gère également des sites du Conservatoire du Littoral, fournit de l’assistance technique à un vaste réseau d’acteurs en France et dans l’ensemble du bassin méditerranéen, avec une implication désormais très forte dans l’effort global en faveur de la restauration écologique. Transmettre : les connaissances et expériences issues de nos activités de recherche et de gestion sont partagées au sein de ce réseau, autant qu’il nous permet de bénéficier en retour d’une extraordinaire diversité de pratiques et expertises à l’œuvre sur les trois rives de la Méditerranée. Convaincre : au-delà du partage, la Tour du Valat développe une activité de plaidoyer et de lobbying visant à influencer les décisions publiques et privées qui sont à l’origine de la dégradation extrêmement rapide des zones humides en Méditerranée. Chacune de mes journées ou presque me fait jongler