Alerte pour les lézards et la flore de Nouvelle-Calédonie

Reconnu pour sa faune et sa flore exceptionnelles, l’archipel néo-calédonien héberge une biodiversité remarquable confrontée à de nombreuses menaces. Au terme d’un état des lieux conduit sur près de 10 ans, 69 espèces de reptiles et 643 espèces de plantes se révèlent menacées de disparition. Représentant un point chaud de la biodiversité mondiale, la Nouvelle-Calédonie abrite de nombreuses espèces endémiques : plus de 75% de la flore et plus de 90% des lézards de l’archipel n’existent nulle part ailleurs au monde. L’état des lieux réalisé porte sur une grande partie des lézards (comprenant les geckos et les scinques) et de la flore vasculaire (fougères, orchidées, arbres et autres plantes à fleurs) dont le risque de disparition a été analysé. Au total, 66% des lézards (69 espèces sur les 104 évaluées) et 40% des plantes (643 espèces sur les 1624 évaluées) sont menacées et pourraient disparaître si les mesures de conservation et de réduction des menaces n’étaient pas renforcées. Les feux de brousse, les activités minières et les espèces exotiques envahissantes représentent les principales pressions pour la biodiversité de l’archipel. Menées par l’association Endemia, ces analyses ont été réalisées dans le cadre de la Liste rouge mondiale des espèces menacées. Elles ont été établies avec la contribution des organisations scientifiques du territoire et grâce aux connaissances et à l’expertise d’un réseau de plus de 100 spécialistes. Ces résultats intègrent désormais la Liste rouge des espèces menacées en France, coordonnée par le Comité français de l’UICN et l’unité PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (décembre 2024) Chapitre Lézards de Nouvelle-Calédonie• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Fiches espèces avec catégories (sur Endemia)• Publication : Endemia, UICN Comité français, OFB et MNHN (2024). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Lézards de Nouvelle-Calédonie. Paris, France Chapitre Flore vasculaire de Nouvelle-Calédonie• Tableau synthétique avec catégories et critères (xls)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Fiches espèces avec catégories (sur Endemia)• Publication : Endemia, UICN Comité français, OFB et MNHN (2024). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Flore vasculaire de Nouvelle-Calédonie – 1er volet. Paris, France Photo bandeau :Oedodère marbré © Matthias Deuss
Avis sur la proposition de modification du statut de protection du loup en Europe
Avis sur l’adoption d’une proposition de l’Union européenne visant à modifier le statut de protection du loup d’« espèces de faune strictement protégées » à « espèces de faune protégées » par le Comité permanent de la Convention de Berne. Le Comité français de l’UICN regrette la décision annoncée cette semaine, qui n’apparaît pas fondée sur l’état actuel des connaissances scientifiques disponibles. S’agissant de la protection des espèces, le Comité permanent de la Convention de Berne et l’Union européenne avaient toujours jusque-là agit en basant leurs décisions sur la science et sur la réalité des données établie. Dans l’éventualité où cette proposition entrerait en vigueur, elle constituerait un dangereux précédent, ouvrant la voie à d’autres déclassements d’espèces possibles, s’affranchissant des connaissances sur l’état réel des populations. Selon la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, 6 des 9 populations de loups présentes dans l’Union européenne sont classées vulnérables ou quasi-menacées. L’espèce est également classée vulnérable en France. Le Groupe de spécialistes de la « Large Carnivore Initiative for Europe » de l’UICN – autorité scientifique reconnue qui éclaire habituellement les décisions européennes – a publié en novembre dernier une position détaillée dans laquelle il recommande de ne pas rétrograder le classement du loup et juge cette décision « prématurée et erronée ». Aussi, le Comité français de l’UICN rappelle sa position : Face à la difficulté du travail des éleveurs et des bergers et à la fragilité de leur modèle économique, s’ajoutent la pression et le désarroi qu’ils peuvent rencontrer face aux événements de prédation. L’exigence d’un accompagnement de la profession agricole est incontournable, parallèlement à l’exigence d’assurer la préservation du loup dans un bon état de conservation en France. En poursuivant la recherche déterminée d’une approche équilibrée, le Comité français de l’UICN soutient la mise en œuvre d’une cohabitation apaisée et durable entre le loup, comme toute autre espèce de la faune sauvage, et les activités humaines. Pour en savoir plus : Le document de positionnement sur le loup en France du Comité français de l’UICN. La position du Groupe de spécialistes de la « Large Carnivore Initiative for Europe » de l’UICN Photo bandeau :Loup gris (Canis lupus) © Roland Clerc
Violences contre les défenseurs de l’environnement : le Comité français de l’UICN appelle le Gouvernement à agir

Au cours des mois de novembre et de décembre 2024, ce sont plusieurs locaux d’associations membres de France Nature Environnement (FNE) et de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) qui ont été attaqués, dégradés ou emmurés. Dans le même temps, des bâtiments de l’Office français de la biodiversité (OFB) ont été vandalisés, des documents volés et des fonctionnaires menacés. Depuis le début de l’année, une cinquantaine d’attaques ont visé les agents et locaux de l’OFB, tandis que l’enquête ouverte à la suite de l’incendie de son siège à Brest le 30 mars 2023, consécutive au tir de plus de 300 fusées de détresse, a été classée sans suite le 1er octobre dernier. Ces violences inacceptables interviennent dans un contexte particulièrement inquiétant pour les défenseurs de l’environnement, stigmatisés et parfois injustement qualifiés « d’éco terroristes ». Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs de l’environnement a dénoncé à de nombreuses reprises ces rhétoriques sémantiques qui justifient le recours à des techniques policières réservées à la lutte anti-terroriste et une répression accrue des militants et des associations de protection de l’environnement, notamment lors des manifestations pour la sauvegarde de l’eau ou de contestation du projet d’autoroute A69. L’année 2024 marque un nouveau palier : la violence à l’égard des défenseurs de l’environnement s’exerce désormais au grand jour, tant à l’égard de militants, de journalistes, d’agents de la police de l’environnement, de fonctionnaires d’établissements publics ou de services déconcentrés et même récemment d’institutions scientifiques, les sièges parisiens de l’INRAE et de l’ANSES ayant été emmurés par des agriculteurs le 27 novembre dernier. Ces actes de violence et d’intimidation s’amplifient de façon extrêmement inquiétante. Ces attaques sont dirigées contre celles et ceux qui documentent et constatent la dégradation de l’environnement et l’effondrement de la biodiversité ou qui s’engagent pour l’enrayer. Ces « lanceurs d’alerte » que certains veulent réduire au silence avertissent pourtant sur le coût considérable de la perte de services écosystémiques, tant pour les productions agricoles que pour la qualité de l’eau ou la protection des populations contre les évènements climatiques extrêmes. Le Comité français de l’UICN réaffirme sa solidarité à l’égard de l’ensemble de ses membres, et particulièrement de France Nature Environnement, de l’Office français de la biodiversité, de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et de la LPO, cibles d’attaques récentes. Le Comité français de l’UICN rappelle que la cible 22 du « cadre mondial de la biodiversité de Kunming à Montréal » adopté en décembre 2022 et engageant la France, impose au Gouvernement d’« assurer la pleine protection des défenseurs des droits de l’Homme en matière d’environnement ». Le Comité français de l’UICN rappelle que la Convention sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement, signée le 25 juin 1998 et ratifiée par la France le 8 juillet 2002 appelle chaque État partie à veiller « à ce que les personnes qui exercent leurs droits conformément aux dispositions de la présente Convention ne soient en aucune façon pénalisées, persécutées ou soumises à des mesures vexatoires en raison de leur action.». Le Comité français de l’UICN appelle le gouvernement à condamner avec la plus grande fermeté toute forme de violence, qu’elle soit verbale, psychologique ou physique dirigée contre celles et de ceux qui défendent l’intégrité du patrimoine commun de la Nation et ses intérêts fondamentaux. Le Comité français de l’UICN appelle les autorités judiciaires à faire toute la lumière sur l’ensemble des faits susceptibles de recevoir une qualification pénale afin que leurs auteurs soient identifiés pour être jugés par un tribunal, et que les victimes puissent obtenir réparation des préjudices considérables qu’elles subissent. Le Comité français de l’UICN rappelle enfin son attachement profond au dialogue dans un cadre démocratique avec l’ensemble des composantes de la société pour gérer les questions environnementales, ainsi que son rejet de toute forme de violence. © iStock / elisalocci
Plus d’une espèce d’arbre sur trois dans le monde est menacée d’extinction – Liste rouge de l’UICN

Cali, Colombie, 28 octobre 2024 (UICN) – Trente-huit pour cent des arbres du monde sont menacés d’extinction selon la première Évaluation mondiale des arbres publiée dans la mise à jour d’aujourd’hui de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™. Également dans la mise à jour d’aujourd’hui, l’état de conservation du hérisson d’Europe s’est détérioré et l’espèce est désormais considérée comme Quasi menacée. La Liste rouge de l’UICN comprend désormais 166 061 espèces, dont 46 337 sont menacées d’extinction. « Nous publions aujourd’hui l’évaluation mondiale des arbres figurant sur la Liste rouge de l’UICN, qui montre que plus d’une espèce d’arbre sur trois est menacée d’extinction. Les arbres sont essentiels au maintien de la vie sur Terre du fait de leur rôle vital dans les écosystèmes, et la vie et les moyens d’existence de millions de personnes en dépendent. Alors que la Liste rouge de l’UICN célèbre 60 ans d’impact, la présente évaluation souligne son importance en tant que baromètre de la vie, mais aussi, de manière cruciale, en tant qu’outil unique guidant les actions visant à inverser le déclin de la nature », a déclaré la Dr Grethel Aguilar, Directrice Générale de l’UICN. Pour la première fois, la majorité des arbres du monde ont été ajoutés à la Liste rouge de l’UICN, révélant qu’au moins 16 425 des 47 282 espèces évaluées sont en danger d’extinction. Les arbres représentent désormais plus d’un quart des espèces présentes sur la Liste rouge de l’UICN, et le nombre d’arbres menacés est plus de deux fois supérieur au nombre total d’oiseaux, de mammifères, de reptiles et d’amphibiens menacés combinés. Des espèces d’arbres sont menacées d’extinction dans 192 pays à travers le monde. « Cette évaluation intégrale présente la première image globale de l’état de conservation des arbres, ce qui nous permettra de prendre des décisions de conservation mieux éclairées et des mesures visant à protéger les arbres là où cela est nécessaire de toute urgence », a déclaré le Dr Malin Rivers, responsable de l’Évaluation mondiale des arbres chez Botanic Gardens Conservation International, un Partenaire de la Liste rouge. « Ce travail représente un effort mondial, impliquant plus de 1 000 experts des arbres. Nous devons continuer à travailler ensemble pour intensifier les actions locales, nationales et internationales de conservation des arbres afin de soutenir les personnes et la planète ». La plus forte proportion d’arbres menacés se trouve sur les îles. Les arbres insulaires sont particulièrement à risque en raison de la déforestation pour le développement urbain et l’agriculture à toutes les échelles, ainsi que des espèces envahissantes, des ravageurs et des maladies. Les changements climatiques menacent de plus en plus les arbres, en particulier sous les tropiques, en raison de l’élévation du niveau des mers et des tempêtes plus fortes et plus fréquentes. La lutte contre les menaces auxquelles les arbres sont confrontés, la protection et la restauration des habitats, ainsi que la conservation ex situ par le biais de banques de semences et de collections dans les jardins botaniques sont essentielles pour prévenir les extinctions sur les îles et dans le reste du monde. Une action communautaire a déjà abouti à des résultats positifs des îles Juan Fernández à Cuba et de Madagascar à Fidji. En Amérique du Sud, où se trouve la plus grande diversité d’arbres au monde, 3 356 des 13 668 espèces évaluées sont menacées d’extinction. Des approches novatrices sont nécessaires pour protéger le nombre élevé d’espèces d’arbres dans la région, où le déboisement pour l’agriculture et l’élevage constituent les menaces les plus importantes. En Colombie, les évaluations de la Liste rouge ont guidé la planification nationale des actions de conservation. Sept espèces de Magnolia considérées En danger et En danger critique ont été utilisées pour la désignation de cinq nouvelles Zones clés pour la biodiversité, qui seront utilisées par les gouvernements locaux et nationaux pour éclairer la planification spatiale. La Liste rouge de l’UICN montre également que la perte d’arbres constitue une menace majeure pour des milliers d’autres plantes, champignons et animaux. En tant que composante déterminante de nombreux écosystèmes, les arbres sont fondamentaux à toute vie sur Terre en raison de leur rôle dans les cycles du carbone, de l’eau et des nutriments, la formation des sols et la régulation du climat. Les personnes dépendent également des arbres, plus de 5 000 espèces sur la Liste rouge de l’UICN étant utilisées comme source de bois pour la construction, et plus de 2 000 comme source de médicaments, de nourriture et de combustibles respectivement. Le hérisson d’Europe Quasi menacé Le hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) est passé de la catégorie Préoccupation mineure à Quasi menacé sur la Liste rouge de l’UICN. On estime que les effectifs de l’espèce ont diminué dans plus de la moitié des pays où elle est présente, y compris au Royaume-Uni, en Norvège, en Suède, au Danemark, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche. À l’échelle nationale, les populations ont diminué d’environ 16 à 33% au cours des dix dernières années, des études locales signalant également des diminutions allant jusqu’à 50% en Bavière (Allemagne) et en Flandre (Belgique). Les pressions humaines croissantes, en particulier la dégradation des habitats ruraux par l’intensification agricole, les routes et le développement urbain entraînent le déclin du hérisson d’Europe. « Une action régionale et nationale est essentielle pour soutenir les populations de hérissons, grâce à des initiatives telles que ‘Hedgehog Street’ au Royaume-Uni et ‘Danmarks Pindsvin’ au Danemark », a déclaré le Dr Abi Gazzard, Responsable de programme du Groupe de spécialistes des petits mammifères de la CSE-UICN. « L’évaluation de la Liste rouge révèle également des lacunes dans les connaissances, par exemple en ce qui concerne les limites de la répartition de l’espèce. Un suivi accru dans toute l’Europe sera essentiel pour en savoir plus sur les populations moins étudiées ». Rauvolfia nukuhivensis (En danger critique) © Jean-François Butaud POUR ALLER PLUS LOIN : L’article original sur le site de l’UICN La Liste rouge mondiale des espèces menacées La Liste rouge des espèces menacées en France
Appel à retours d’expérience de bonnes pratiques dans la réduction d’impacts sur la biodiversité des projets éoliens terrestres et marins

La transition énergétique est indispensable pour limiter le changement climatique, qui fait partie des principales causes de l’effondrement de la biodiversité derrière la destruction, l’artificialisation des milieux naturels et la surexploitation de leurs ressources. Ainsi, le développement des énergies renouvelables ne peut se faire au détriment des écosystèmes et la prise en compte de la biodiversité à toutes les étapes des projets est nécessaire. Après un travail sur la prise en compte des enjeux environnementaux dans la planification et la conception des projets d’énergies renouvelables terrestres, le Comité français de l’UICN lance un appel à retours d’expérience sur les mesures de réduction d’impacts dans les projets éoliens terrestres et en mer, afin d’identifier et valoriser de bonnes pratiques. Cette enquête sera valorisée sous la forme d’un recueil de retours d’expérience de porteurs de projets éoliens illustrant des mesures de réduction d’impacts qui, par leur conception, leur pertinence, leur suivi ou leur caractère innovant, font figure d’exemple. Si vous souhaitez valoriser votre projet et vos démarches en faveur de la biodiversité pour renforcer la réduction des impacts de l’éolien sur la biodiversité, nous vous invitons à compléter les questionnaires suivants : © Delpixart / iStock Remplir le questionnaire « Projets éoliens terrestres » Remplir le questionnaire « Projets éoliens en mer »
Plus de 1 389 734 € de subventions attribuées pour soutenir des actions de conservation de la biodiversité dans le Pacifique

Le programme BESTLIFE2030 de l’Union européenne va octroyer 1,39 million d’euros de subventions pour des actions de conservation dans la région Pacifique. Au total 5,57 millions d’euros seront alloués pour 57 subventions couvrant les Régions ultrapériphériques et les Pays et Territoires d’Outre-mer, suite aux résultats du premier des quatre appels à projets prévus. « Le Comité français de l’UICN, qui a été à l’origine de l’Initiative BEST et toujours fortement impliqué dans sa mise en œuvre, est heureux de voir qu’elle continue à prendre de l’ampleur avec BESTLIFE2030 » déclare Sébastien Moncorps, son Directeur. « En charge de la coordination du hub régional Pacifique depuis 2014, ce programme a permis aux nombreuses organisations locales de monter en compétences et de mener de multiples actions sur le terrain pour la conservation de la biodiversité et la gestion durable des ressources naturelles. Ces nouveaux financements permettent à nouveau de soutenir le dynamisme des acteurs locaux et de répondre aux enjeux de préservation de l’extraordinaire richesse de la biodiversité des outre-mer. » Les territoires impliqués dans BESTLIFE2030 dans le Pacifique incluent la Polynésie française, Wallis-et-Futuna et la Nouvelle-Calédonie. Ces territoires font face à des défis majeurs, notamment les impacts du changement climatique et des espèces envahissantes ainsi que la perte d’habitats, rendant ces initiatives essentielles pour la sauvegarde de leur riche patrimoine naturel. Quatorze projets innovants ont été sélectionnés pour bénéficier de financements, traduisant un engagement envers la biodiversité et le développement durable dans ces régions uniques. Parmi les projets sélectionnés, 36 % portent sur la conservation des espèces, 29 % sur la restauration des écosystèmes, et 21 % sur la gestion des espèces envahissantes. De plus, 7 % visent à promouvoir des pratiques de gestion durable, et 7 % sont consacrés à l’établissement et à la gestion de zones protégées. Le programme soutient une variété d’initiatives clés, notamment : La protection des vertébrés marins : sauvegarde des espèces comme les requins, baleines et tortues de mer, tout en développant des stratégies de conservation pour les écosystèmes marins. La conservation des espèces en danger critique d’extinction : efforts de protection de certaines espèces, telles que des oiseaux comme le pétrel de Gould ou le puffin fouquet. La restauration des écosystèmes : propositions de solutions innovantes pour lutter contre la pollution issue de la perliculture, par exemple. La restauration des écosystèmes impliquera aussi la réappropriation de techniques traditionnelles avec la réhabilitation de fosses à culture anciennes. La gestion des espèces exotiques envahissantes : mise en œuvre de stratégies pour atténuer les impacts des espèces envahissantes sur les populations d’oiseaux marins ou sur la couche herbacée, ainsi que la réduction des impacts des plantes envahissantes sur la flore indigène et endémique. Les projets financés sont menés par un groupe diversifié de candidats, comprenant 8 associations locales à but non lucratif telles que l’association Oceania, Te mana o te Moana, Bird Conservation New Caledonia ou CaledoClean, 4 petites et moyennes entreprises telles que Reef Pulse et Odewa, une municipalité (Commune de Païta) et un institut de recherche local (Institut Agronomique néo-Calédonien). Les subventions de BESTLIFE2030 permettent aux acteurs locaux de diriger des projets de conservation qui soutiennent directement les objectifs mondiaux en matière de biodiversité, y compris le défi ambitieux du « 30×30 » fixé dans le Cadre mondial de la biodiversité (GBF) de la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui vise à conserver 30 % des terres, des eaux intérieures et des océans de la planète d’ici à 2030. À travers une approche de subventions ascendante, le programme BESTLIFE2030 renforce les efforts de conservation régionaux, en veillant à ce que les initiatives soient adaptées aux besoins spécifiques des régions et de leur biodiversité, tout en contribuant aux objectifs globaux. Le 30×30 Action Day, prévu le 29 octobre lors de la COP16, sera un événement central, mettant en avant les progrès réalisés, abordant les défis et offrant des recommandations concrètes pour atteindre l’objectif 3 du GBF. Avec cette approche collaborative, BESTLIFE2030 renforce l’engagement de l’UE envers la biodiversité et contribue à réduire l’écart entre l’action locale et les objectifs mondiaux de conservation. Évolution de l’initiative BEST pour la région Pacifique Depuis 2011, l’initiative Biodiversité et Services écosystémiques dans les Territoires d’Outre-mer de l’Union européenne (BEST) a renforcé la conservation de la biodiversité dans les Régions ultrapériphériques et Territoires d’Outre-mer de l’UE, avec plus de 17,73 millions d’euros alloués à 153 subventions. Dans le Pacifique, 42 projets ont été financés, et 5,08 M ont été alloués à la conservation des espèces, aux zones protégées, à la restauration des écosystèmes, au changement climatique, au développement durable et aux services écosystémiques. L’élan se poursuit avec 57 nouvelles subventions dans le cadre du programme BESTLIFE2030, couvrant les Caraïbes, l’Atlantique Nord, le Pacifique, l’Amazonie, la Macaronésie et l’océan Indien. Dans le Pacifique, 14 projets seront financés, et 1,39 M d’euros seront destinés aux zones protégées, à la gestion des espèces envahissantes, à la restauration des écosystèmes, à la conservation des espèces et à la gestion durable des espaces. Un second appel à projets est prévu pour le premier trimestre de 2025, renforçant encore l’implication locale dans les efforts mondiaux de biodiversité. Retrouvez ici le communiqué de presse. © Maridav / iStock
COP 16 : Position du Comité français de l’UICN sur les crédits et certificats biodiversité

A l’occasion de la journée « Finance & Biodiversity » qui se déroule le 28 octobre à la COP 16 Biodiversité (Cali – Colombie), le Comité français de l’UICN apporte sa vision sur les crédits et certificats biodiversité et présente une série de recommandations dans un document de position. Des crédits pour contribuer au financement de la biodiversité Fin 2022, le cadre mondial de Kunming-Montréal a été adopté lors de la 15ème COP de la Convention pour la Diversité Biologique (CDB). A travers sa cible 19, le cadre intègre que de nouveaux mécanismes de financement seront nécessaires pour atteindre la mobilisation de 200 Mds$ par an d’ici 2030 (dont au moins 30 milliards pour les pays en développement). Cette cible mentionne explicitement que les crédits biodiversité sont des systèmes innovants qui peuvent constituer une part des financements nécessaires pour mettre en œuvre les stratégies et plans d’action nationaux des États. L’idée repose ainsi sur une contribution plus forte des acteurs économiques et financiers pour combler le manque de financement à travers de nouveaux instruments financiers parmi lesquels les crédits biodiversité. Si l’idée d’une plus grande implication du secteur privé au financement de la nature semble indispensable, la création de mécanismes de crédits biodiversité est associée à des risques importants en matière de robustesse et d’intégrité. La plupart des écueils des crédits carbone concernent aussi la biodiversité. En particulier, il existe un risque important que l’achat de certificats biodiversité se substitue à l’évitement, la réduction et la compensation des impacts, pourtant prioritaires. Devant ces risques, le Comité français de l’UICN appelle à encadrer les mécanismes de financement qui pourraient émerger sur la base des crédits biodiversité et recommande de ne pas envisager les crédits biodiversité dans le cadre de mécanismes de compensation. Les mécanismes de certificats biodiversité devraient mesurer de manière robuste et transparente des gains biodiversité, démontrer leur potentiel de pérennisation et leur contribution positive aux objectifs du Cadre Mondial Biodiversité (GBF) et ne pas se substituer à d’autres mécanismes de financement. Les mécanismes de crédits biodiversité ne doivent pas être considérés comme la seule réponse à l’enjeu de financement de la biodiversité. Même au maximum de leur potentiel, ils ne pourraient fournir qu’une petite partie des financements nécessaires à la préservation de la nature et à l’atteinte des objectifs du cadre mondial. Des certificats biodiversité plutôt que des crédits biodiversité Le terme crédit suggère un débit et des équivalences entre des pertes et des gains de biodiversité. Pour cette raison, même si au plan international, le terme « crédit » est plus souvent employé, le Comité français de l’UICN estime plus approprié le terme de « certificat » qui permet davantage de traduire l’idée d’une contribution positive à la biodiversité plutôt qu’une annulation entre pertes et gains de biodiversité. Impliquer la société civile, les peuples autochtones et les communautés locales Le Comité français de l’UICN s’inquiète des dérives potentielles liées à l’utilisation des terres, au droit de propriété, et à une juste redistribution des revenus pour les populations locales. Les initiatives de certificats biodiversité doivent respecter, protéger et défendre les droits humains des populations directement ou indirectement affectés par les projets. Pour cela, le CF UICN demande d’assurer l’implication de toutes les parties prenantes, y compris des peuples autochtones et des communautés locales : À la définition et à la mise en œuvre des projets associés à des certificats biodiversité ainsi qu’à la juste répartition des revenus générés ; Dans une gouvernance multi-acteurs de projets ancrés dans les territoires qui veille en particulier à une séparation claire des rôles de développeur de projet, de certificateur et d’investisseur. Pour en savoir plus, consultez et téléchargez le document de position. En-tête : Mangroves au Sénégal © Andrei Popoviciu / PPI Mangroves au Sénégal © Andrei Popoviciu / PPI
Décryptage du rapport de l’IPBES sur les espèces exotiques envahissantes

La COP16 de la Convention sur la diversité biologique qui se tient ce mois à Cali en Colombie aborde l’enjeu des espèces exotiques envahissantes, l’une des 5 pressions majeures pesant sur la biodiversité. À cette occasion , le Comité français de l’UICN publie une note de décryptage du rapport de l’IPBES publié à ce sujet et de son résumé à l’intention des décideurs. Publié en septembre 2023, le rapport intitulé « Évaluation des espèces exotiques envahissantes et de leur contrôle » est le fruit du travail de 86 experts internationaux issus de 49 pays. S’appuyant sur plus de 13 000 références reflétant la diversité des connaissances existantes sur le sujet, il dresse l’évaluation la plus complète à ce jour du phénomène et souligne les énormes conséquences écologiques, économiques et sanitaires des invasions biologiques. Chiffres clés issus de l’évaluation Plus de 37 000 espèces exotiques ont été introduites de par le monde par les activités humaines et 3 500 de ces espèces ont des impacts négatifs documentés. Les espèces exotiques envahissantes sont impliquées dans 60 % des extinctions globales d’espèces recensées et 90 % de ces extinctions ont eu lieu dans les îles. Le coût économique mondial annuel des invasions biologiques a dépassé les 390 milliards d’euros en 2019. Ce coût a quadruplé chaque décennie depuis 1970 et devrait continuer d’augmenter. Alors qu’a débuté il y a quelques jours la 16ème COP de la Convention sur la diversité biologique, le Comité français de l’UICN publie une note de décryptage du rapport de l’IPBES et de son résumé à l’intention des décideurs. Rappelant les principaux constats et recommandations issus du rapport, cette note présente également la situation de la France par rapport à l’état des lieux mondial et identifie des priorités d’action pour l’atteinte des objectifs du cadre mondial pour la biodiversité. Face aux enjeux des espèces exotiques envahissantes et pour accompagner l’ensemble des acteurs mobilisés, le Comité français de l’UICN coordonne le Réseau consacré aux invasions biologiques en outre-mer impliquant l’ensemble des territoires ultra-marins, et co-pilote avec l’OFB le Centre de ressources national dédié. Documents et liens Découvrir la note de décryptage Accéder au rapport de l’IPBES et à son résumé à l’intention des décideurs Centre de ressources sur les espèces exotiques envahissantes Réseau Espèces exotiques envahissantes en outre-mer Photo bandeau : Alain Dutartre
COP16 : le Comité français de l’UICN appelle à accélérer la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité

A l’approche de la COP 16 Biodiversité qui s’ouvre le 21 octobre 2024 à Cali en Colombie, le Comité français de l’UICN appelle la France et les autres Etats à renforcer la mise en œuvre du nouveau Cadre mondial de la biodiversité et ses 23 cibles, deux ans après son adoption. Ce renforcement doit se faire à travers des stratégies nationales pour la biodiversité conformes aux objectifs internationaux, des ressources financières augmentées, une réforme des financements néfastes, et avec un cadre de suivi et d’évaluation des actions commun et robuste. DECLINER LES ENGAGEMENTS INTERNATIONAUX EN STRATEGIES ET OBJECTIFS NATIONAUX Le Comité français de l’UICN appelle à ce que les Etats accélèrent la déclinaison du Cadre mondial de la biodiversité en stratégies nationales pour la biodiversité et objectifs nationaux, à l’image de la stratégie française. Ces stratégies sont indispensables à la mise en œuvre d’actions permettant d’atteindre les 23 cibles(i) du cadre mondial dans les différents pays. Une dynamique est en cours mais elle est actuellement insuffisante car seuls 31 Etats et l’Union Européenne ont publié leurs stratégies et 99 d’entre eux ont publié des objectifs nationaux, sur les 196 Parties à la Convention sur la diversité biologique. Il est urgent que les Etats poursuivent la dynamique lancée à la COP15 à Montréal en 2022 car le déclin de la biodiversité se poursuit à un rythme alarmant et il ne reste que 6 ans pour inverser la tendance d’ici 2030. Selon la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, 28% des espèces sont toujours menacées dans le monde et près de 17% en France. ACCROITRE LES FINANCEMENTS POUR LA BIODIVERSITE ET REFORMER LES SUBVENTIONS NEFASTES Le Comité français de l’UICN demande à ce que les Etats adoptent une stratégie de mobilisation des ressources financières permettant d‘atteindre, d’ici 2030, une augmentation de 200 milliards de dollars par an des financements directs pour la biodiversité (cible 19) et une suppression progressive ou réforme des financements néfastes à hauteur de 500 milliards de dollars par an (cible 18). Ces financements doivent aboutir à combler le déficit évalué à 700 milliards de dollars par an. En France, le besoin d’augmentation des financements publics a été évalué à 372,4 millions d’euros pour la mise en œuvre de la stratégie nationale pour la biodiversité en 2025(ii). Le montant des subventions publiques dommageables à la biodiversité a lui été chiffré à 10,2 milliards d’euros, soit plus de 4 fois supérieur celui des dépenses favorables. Ces subventions concernent surtout les aides à des pratiques agricoles dommageables (6,7 milliards d’euros, notamment au titre de la PAC) et celles favorisant l’artificialisation des sols (2,9 milliards d’euros). La réduction et la réorientation de ces dépenses permettraient à la fois de financer les politiques de la biodiversité, diminuer les pressions sur la nature, et réaliser des économies budgétaires. Plus largement, il est urgent de « verdir » la finance en alignant les flux fiscaux et financiers sur les objectifs du Cadre mondial (cible 14), sachant que les financements publics et privés néfastes à la nature ont été évalués à 6 700 milliards de dollars par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement dans son dernier rapport sur l’état des financements pour la nature(iii). SUIVRE ET EVALUER LES OBJECTIFS ADOPTES A LA COP15 EN 2022 Le Comité français de l’UICN appelle à finaliser le cadre de suivi pour rendre compte régulièrement des progrès réalisés dans la mise en œuvre des actions. Ce cadre propose des indicateurs pour les 23 cibles afin de vérifier si l’atteinte des objectifs est en bonne voie. Il doit être complété et adopté sur la base des connaissances disponibles pour ne pas prendre de retard, même s’il doit être amélioré par la suite. L’UICN propose déjà de nombreux outils de connaissance pour nourrir ces indicateurs. Les modalités d’organisation du rapportage de chaque Etat doivent également être précisées, ainsi que la possibilité d’inclure les contributions des acteurs non-étatiques (ONG, collectivités locales, peuples autochtones et communautés locales, entreprises…). Ceci est indispensable pour que le premier bilan mondial, basé sur tous les rapports des Etats, soit réalisé et présenté en 2026 à la prochaine COP17. ASSURER UN PARTAGE JUSTE ET EQUITABLE DES RESSOURCES GENETIQUES Le Comité français de l’UICN appelle à finaliser le mécanisme multilatéral assurant un partage juste et équitable des avantages tirés des Informations de Séquençage Numériques (ISN) des ressources génétiques, avec la création d’un fonds mondial. Ce mécanisme doit apporter des avantages financiers mais également non monétaires et les fonds doivent être affectés au soutien de la conservation et de l’utilisation durable de la diversité biologique, conformément aux objectifs de la Convention sur la diversité biologique. La COP16 Biodiversité doit permettre d’engager des modifications profondes pour renouveler nos relations et interagir autrement avec le vivant. Comme le Costa Rica qui a montré la voie, nous devons « faire la paix avec la nature » tel que le propose la Colombie, pays hôte de la conférence internationale. Le Comité français de l’UICN participera à la COP16 en Colombie avec la présence de Maud Lelièvre, présidente, Sébastien Moncorps, directeur, Florence Clap, responsable des politiques de la biodiversité, Nicolas Salaün, responsable coopération internationale, Magali Pausin, chargée de mission « pays en développement et biodiversité » et Manon Bourhis, assistante pour les relations internationales. Plusieurs de ses organisations membres seront également présentes. i https://www.cbd.int/gbf/targets ii rapport sur le financement de la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) pour 2030. IGF, IGEDD, 2022. iii https://www.unep.org/resources/state-finance-nature-2023 Photo bandeau : AUFORT JEROME
In memoriam

Le Comité français de l’UICN a la tristesse de vous faire part de la disparition de Jean-Claude Lefeuvre le 12 octobre dernier. Conseiller régional de l’UICN pour l’Europe de l’Ouest de 1988 à 1990, Jean-Claude Lefeuvre a été élu membre d’honneur par le Comité français de l’UICN, après la création de celui-ci en 1992. Il joua un rôle majeur dans la protection de l’environnement et la recherche en écologie fondamentale et appliquée au niveau national et international, particulièrement sur l’écologie des landes et des zones humides. Il fut professeur à l’Université de Rennes et au Muséum national d’Histoire naturelle. Il fut également le premier directeur de la station biologique de Paimpont qu’il créa avec le Pr. Gaston Richard. Il ne cessa de promouvoir l’interdisciplinarité entre sciences de la nature et sciences humaines, tout particulièrement dans le cadre du Programme interdisciplinaire de recherches sur l’environnement et des programmes qui ont suivi, contribuant ainsi à l’émergence de nouvelles façons de penser la protection de la nature. Son investissement auprès du ministère chargé de l’environnement ou d’organismes environnementaux fut considérable. Pendant de longues années, il présida entre autres le Comité d’écologie et de gestion du patrimoine naturel du ministère, le Comité scientifique de l’IFEN, l’Institut français de la biodiversité, le Conseil scientifique du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres. Il fut également président du Comité permanent du Conseil national de la protection de la nature de 2009 à 2015 et du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Bretagne de 1999 à 2011, de FNE, des conseils scientifiques du WWF et de la Fondation du Banc d’Arguin en Mauritanie et administrateur de la Tour du Valat. Il est officier de la Légion d’honneur, commandeur de l’Ordre National du Mérite et a reçu de très nombreuses distinctions françaises et internationales. Photo bandeau : Thibault Lefeuvre