Renforcer la protection des mangroves par la connaissance, la coopération et l’action !

Des outils concrets pour mieux gérer les mangroves À l’occasion de la Journée internationale des mangroves, le Réseau d’observation et d’aide à la gestion des mangroves (ROM) met en lumière ses actions engagées pour mieux protéger ces forêts littorales uniques. Le ROM est l’un des trois réseaux de surveillance de l’Initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR), porté par le Pôle-relais zones humides tropicales, coordonnée par le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Un annuaire pour valoriser les acteurs, les projets et les compétences des Outre-mer Cet annuaire a pour but de renforcer les liens entre les territoires, de faire connaître les initiatives en cours et de faciliter les synergies entre parties prenantes impliquées dans la conservation des mangroves. Une cartographie de l’évolution des mangroves dans le temps Depuis 2022, le programme Ecosystèmes du Comité français de l’UICN avec l’appui du ROM, étudie l’évolution des mangroves dans les Outre-mer depuis les années 1950. Cette approche a permis d’identifier 3 grandes tendances : des pertes importantes de mangroves à Saint-Martin et Saint-Barthélemy ; des situations stables mais dynamiques à Mayotte et en Martinique ; et des augmentations de surface en Guadeloupe et à Wallis. Ces dernières sont souvent liées à un relâchement des pressions ou à des actions de restauration des mangroves. En Polynésie française, l’augmentation des surfaces est, quant à elle, due à l’expansion du palétuvier introduit Rhizophora stylosa, qui présente un caractère envahissant. MANRAM : un protocole de suivi pour les gestionnaires Le protocole MANRAM (Mangrove Rapid Assessment Method) est un outil de suivi basé sur une méthode d’évaluation rapide. Son objectif est d’évaluer l’état écologique des mangroves à partir d’observations de terrain reproductibles et adaptées aux contextes ultramarins. Ces données sont essentielles pour orienter les actions de gestion et de restauration. Cet outil a été développé par le Groupement d’experts MAREX et le laboratoire LAGAM (Laboratoire de Géographie et d’Aménagement de Montpellier) dans le cadre de travaux de l’IFRECOR et est en cours d’ajustement dans les Antilles par le ROM. Une fois ajusté, le protocole sera intégré dans l’application mobile « ROM mangroves » afin d’offrir aux gestionnaires une interface de saisie des données de terrain. Mais aussi : Une application de sciences participatives L’appli mobile « ROM mangroves » permet à toute personne intéressée — gestionnaires, curieux/ses ou naturalistes — de s’entraîner à reconnaître les différentes espèces de palétuviers, mais aussi de signaler des perturbations ou des observations de faune. Un outil simple et pédagogique pour mieux connaître et protéger les mangroves, accessible sur les Play stores. Une cartographie nationale pour mieux cibler l’action Le ROM a élaboré en 2020 une cartographie à moyenne résolution dénommée CARNAMA, qui permet de visualiser, à l’échelle des territoires ultramarins français, la répartition des mangroves. Un guide technique pour favoriser les bonnes pratiques Le ROM a publié en 2018 le premier guide technique en français sur la restauration des mangroves. Ce guide a pour vocation d’orienter les projets de restauration vers des solutions efficaces et durables, fondées principalement sur le rétablissement des conditions naturelles. Le ROM va engager fin 2025 un travail de production de fiches pratiques de restauration adaptées à chaque territoire, afin de répondre aux spécificités locales. Ce travail sera accompagné de formations à la restauration à destination des gestionnaires, en priorité à Mayotte, fortement touchée par le cyclone Chido de 2024. EN SAVOIR PLUS SUR LES MANGROVES  Des forêts pas comme les autres Les mangroves, ce sont ces forêts tropicales étonnantes, qui poussent dans les zones côtières inondées à marée haute. Des conditions que la plupart des arbres ne supportent pas : eau salée, sols peu oxygénés… Pour pallier ces problèmes, les palétuviers, les arbres qui les composent, ont développé de nombreuses stratégies : racines aériennes pour la respiration, feuilles excrétrices de sel… Elles abritent une vie incroyable Les mangroves servent de lieu de reproduction et de croissance pour une multitude d’espèces : poissons, crabes, crevettes, oiseaux migrateurs… Elles sont un vrai réservoir de biodiversité ! Boucliers naturels des côtes Grâce à leurs racines denses, les mangroves freinent la houle protégeant ainsi les communautés côtières contre les tempêtes, les cyclones et l’érosion. Un rempart naturel bien plus efficace que beaucoup d’infrastructures humaines ! Des filtres à eau géants Les mangroves agissent comme des éponges : elles piègent les sédiments et les polluants venus de la terre, améliorant ainsi la qualité de l’eau qui arrive vers les lagons et les récifs coralliens. Résultat : des eaux plus claires, des coraux en meilleure santé. Des championnes du stockage de carbone Les mangroves sont parmi les écosystèmes qui stockent le plus de carbone. Elles le retiennent dans leurs racines, leurs feuilles mais surtout dans leurs sols riches en matière organique. Ce sont des alliées incontournables dans la lutte contre le changement climatique ! Elles font vivre des millions de personnes En plus de protéger l’environnement, les mangroves offrent des ressources et des emplois : pêche, tourisme, artisanat… Mais elles sont menacées Malheureusement, les mangroves disparaissent à grande vitesse. En cause : la déforestation, l’urbanisation côtière, l’aquaculture… Selon la Liste rouge mondiale des mangroves, publiée par l’UICN en 2024, 50 % des mangroves évaluées sont menacées, dont 19,6 % classées à haut risque (catégories “en danger critique” ou “en danger”). PRÉSERVER LES MANGROVES, C’EST RENFORCER LA RÉSILIENCE DE NOS TERRITOIRES ! Photo bandeau : © Moiz Husein Storyteller

Appel à retours d’expériences – Solutions fondées sur la Nature et approvisionnement en eau

Le Comité français de l’UICN s’est lancé dans la réalisation d’une nouvelle étude sur les Solutions fondées sur la Nature (SfN) pour répondre au défi de l’approvisionnement en eau, en France hexagonale et en Outre-mer. L’objectif est de mettre en lumière le rôle que peuvent jouer les écosystèmes pour garantir un approvisionnement durable de la ressource en eau – en quantité comme en qualité – dans un contexte de changements climatiques et de pressions croissantes sur les milieux aquatiques, tout en contribuant à la préservation de la biodiversité. Cette publication viendra compléter les précédents travaux consacrés aux risques naturels (les risques liés à l’eau (2019), les risques littoraux (2022), les risques gravitaires et incendie (2023) ainsi que la récente publication sur les Solutions fondées sur la Nature et la sécurité alimentaire (2025). L’ensemble de ces documents est disponible sur notre page dédiée. Afin d’identifier les projets à intégrer dans cette nouvelle publication, nous cherchons à recenser des actions de protection, de gestion durable et/ou de restauration d’écosystèmes mises en œuvre pour : sécuriser l’accès à une eau de qualité et en quantité suffisante, soutenir ou restaurer le fonctionnement hydrologique des milieux, notamment en lien avec la recharge des nappes phréatiques, la régulation des étiages ou la réduction des pertes, et/ou renforcer la résilience des territoires face aux pressions sur la ressource en eau (sécheresses, conflits d’usage, artificialisation, etc.), tout en apportant des bénéfices à la biodiversité et aux sociétés humaines. Sont notamment visées des actions dans les milieux aquatiques, humides, agricoles, forestiers ou urbains (exemples : restauration de zones humides, renaturation de cours d’eau, désimperméabilisation favorisant l’infiltration en ville, pratiques agricoles améliorant la rétention d’eau, aménagements favorisant la recharge des nappes phréatiques, etc.). Si votre structure est impliquée dans ce type de démarche, ou si vous avez connaissance de projets pertinents menés en France (Hexagone et Outre-mer), nous vous invitons à nous en faire part en remplissant ce formulaire pour détailler votre projet, puis en l’adressant à fabien.kufel@uicn.fr. Les retours d’expérience (formulaire complété et/ou suggestions de projets) doivent nous être retournés avant le 12 septembre 2025 au plus tard. Merci par avance pour vos contributions et votre participation ! NB : Ce travail n’a pas vocation à traiter des risques d’inondations, déjà abordés dans une publication antérieure, mais bien à se concentrer sur les Solutions fondées sur la Nature contribuant à assurer un accès pérenne à l’eau pour les sociétés humaines et les écosystèmes. Photo bandeau : grafxart8888

8 questions à se poser pour mettre en œuvre les Solutions fondées sur la Nature – Un guide d’appropriation du standard mondial de l’UICN

Dans la perspective de l’actualisation du standard mondial de l’UICN pour les Solutions fondées sur la Nature (SfN), qui sera dévoilée lors du Congrès mondial de la Nature en octobre 2025, le Comité français de l’UICN s’engage dans une démarche de mise à jour de ses outils de référence. À ce titre, il propose de revoir son fascicule intitulé « 8 questions à se poser pour mettre en œuvre les Solutions fondées sur la Nature – Un guide d’appropriation du standard mondial de l’UICN », publié initialement en 2021. L’objectif est de rendre ce document plus didactique et pédagogique pour accompagner efficacement les acteurs dans leur compréhension du concept des SfN. Pour ce faire, le Comité français de l’UICN lance une enquête en ligne afin de recueillir les retours d’expérience des utilisateurs du fascicule. Cette consultation vise à identifier : les points forts du document actuel, ses limites et les éléments manquants, les besoins des acteurs pour mieux comprendre et appliquer le concept des SfN et son standard d’évaluation.   Votre retour – qu’il soit positif ou critique – est essentiel pour construire une version enrichie de ce document de synthèse, au plus près de vos besoins. Vous pouvez participer à cette grande enquête, qui vous prendra une vingtaine de minutes à remplir, jusqu’au vendredi 5 septembre 2025. Photo bandeau : © Justine delangue

Situation préoccupante pour les mille-pattes et les perles de France métropolitaine

Au terme d’un état des lieux conduit sur des espèces méconnues de la faune de France, le bilan dressé est préoccupant : une espèce sur cinq de mille-pattes dit “chilopodes” et une espèce sur trois parmi les insectes de l’ordre des “perles” se révèlent menacées dans l’Hexagone.   Ces invertébrés fournissent des informations précieuses sur l’état de santé de leurs habitats, car ils sont reconnus comme des espèces bioindicatrices de la qualité des milieux naturels. Appartenant au groupe des mille-pattes, les chilopodes vivent principalement dans les forêts, les grottes ou sur les plages, dans la litière ou sous les pierres et les bois morts. Ils jouent un rôle important dans la régulation de la microfaune et la régénération des sols. Vivant sur les cours d’eau, le plus souvent au niveau des sources et des ruisseaux, les perles ou “plécoptères” de leur nom scientifique, sont des insectes aquatiques au stade larvaire et ailés au stade adulte, surnommés aussi “mouches de pierre”. Au total, sur les 146 espèces de mille-pattes chilopodes et les 198 espèces de perles natives du territoire métropolitain, les résultats montrent que respectivement 31 (soit 21%) et 62 (soit 31%) d’entre elles sont menacées de disparition. Les atteintes à leurs milieux naturels et le changement climatique représentent les principales pressions pour ces espèces. Réalisées dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France, ces analyses ont été menées grâce à l’expertise des spécialistes de l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie) et du groupe Myria-France, sous la coordination du Comité français de l’UICN et de l’unité PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD).  Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (juin 2025) Chapitre Mille-pattes chilopodes de France métropolitaine• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN Comité français, OFB, MNHN & Myria-France (2025). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Mille-pattes chilopodes de France métropolitaine. Paris, France Chapitre Perles de France métropolitaine• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN Comité français, OFB, MNHN & Opie (2025). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Perles de France métropolitaine. Paris, France   Photo bandeau :Perle à grosse tête © Bertrand Launay

UNOC 3 : les réactions du Comité français de l’UICN

Alors que la troisième Conférence des Nations Unies sur l’Océan s’achève, le Comité français de l’UICN salue la mobilisation mondiale en faveur de l’Océan. Il demande que les engagements pris se poursuivent et se traduisent en résultats concrets afin de lutter contre les nombreuses menaces pesant sur l’Océan et d’améliorer sa protection. Des avancées pour renforcer le droit international pour la mer Au niveau international, le Comité français de l’UICN salue particulièrement la mobilisation en vue de la ratification du traité sur la haute mer, avec 51 ratifications déposées sur les 60 nécessaires et 15 pays qui se sont engagés à le ratifier. Cela permettra une entrée en vigueur d’ici la fin de l’année du traité ou début 2026. La mobilisation s’est également poursuivie en vue de la négociation finale du traité sur la pollution plastique avec 95 pays demandant un objectif mondial de réduction de la production et de la consommation, ainsi que celle en faveur du moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins, actuellement soutenu par 37 pays. La création de nouvelles aires marines protégées en Polynésie française Au niveau national, le Comité français de l’UICN salue les annonces concernant la création de nouvelles aires marines protégées en Polynésie française, en particulier de deux zones de protection stricte. La première, de 220 000 km2, située près des îles de la Société, et l’autre, de 680 000 km2, près des îles Gambier, qui répondront aux catégories I et II de l’UICN. Une autre zone de 250 000 km2 sera réservée à la pêche artisanale. Des projets sont également en cours dans les îles Marquises et Australes. Le Président de la Polynésie française a également annoncé le classement de l’aire marine gérée, Tainui Atea, qui recouvre l’ensemble de la zone économique exclusive, en aire marine protégée. L’arrêté de classement sera révisé pour que le site corresponde aux standards de l’UICN en matière d’aires marines protégées, notamment concernant l’interdiction des activités industrielles préjudiciables à l’environnement (exploitation minière et pêche industrielle). Des engagements en faveur de la conservation des fonds marins Le Comité français de l’UICN souligne l’effort de la France en faveur de la protection des fonds marins, en ciblant toutes les activités impactantes, particulièrement le chalutage de fond. Ces zones comprennent les écosystèmes marins vulnérables, interdits par la Commission européenne aux en­gins de fond (chaluts de fond, dragues, filets maillants de fond, palangres de fond, casiers et pièges) et d’autres zones. Cet effort de protection doit être complété par des mesures sur l’ensemble de la colonne d’eau, selon une approche écosystémique, et en adéquation avec les lignes directrices de l’UICN sur les aires protégées. Cette stratégie sur les fonds marins va être accompagnée d’un renforcement du niveau de protection des aires marines protégées, comme le demandait le Comité français de l’UICN dans son appel pour l’Océan. L’évaluation des incidences des différentes activités, dont les analyses risque pêche, devront garantir que les activités ne compromettent pas les objectifs de conservation. Elles devront être réglementées afin de correspondre à la définition de l’UICN d’une aire protégée (Recommandation 102 et Résolution 55). Pour aboutir à des zones de protection forte, les activités impactantes devront être supprimées. De l’UNOC3 au Congrès mondial de la nature de l’UICN Dans quatre mois, les enjeux de la protection de l’Océan seront de nouveau mis à l’honneur lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN. Des recommandations sont attendues sur les aires marines protégées en haute mer, l’économie bleue régénérative qui intègre la protection et la restauration des écosystèmes marins et côtiers, ou encore la protection des écosystèmes marins peu profonds (zone mésophotique située entre 30 et 200 mètres de profondeur). Photo bandeau : © Damocean

Le Comité français de l’UICN à la Conférence des Nations Unies pour l’Océan (UNOC 3)

La troisième Conférence Océan des Nations Unies 2025 (UNOC 3) aura lieu du 9 au 13 juin 2025 à Nice. Elle sera accueillie conjointement par la France et le Costa Rica autour du thème « Accélérer l’action et mobiliser tous les acteurs pour conserver et utiliser durablement l’Océan ». Cette rencontre de haut niveau vise à soutenir des actions urgentes pour la mise en œuvre de l’Objectif de Développement Durable (ODD) 14 « Vie aquatique : conserver et utiliser durablement les océans, les mers et les ressources marines pour le développement durable ». A mi-chemin de la Décennie des sciences océaniques pour le développement durable 2021-2030, la conférence adoptera le Plan d’Action de Nice pour l’Océan, composé d’une déclaration politique et d’une liste d’engagements volontaires de la part des parties prenantes. Vous trouverez ci-après le lien vers la page officielle de la conférence et le programme des événements parallèles officiels. Le Comité français de l’UICN sera mobilisé pour porter son appel à l’action pour l’Océan signé par signé par près de 80 organisations membres de son réseau et d’autres pays, présentant ses recommandations pour protéger et restaurer la santé de l’Océan. Le Comité français de l’UICN sera présent à Nice avec sa présidente, Maud Lelièvre, son directeur, Sébastien Moncorps, la présidente de son groupe Mer & littoral, Céline Liret, et une partie de son équipe : Florence Clap, Haizea Jimenez, Jean-François Sys, Laurie Lefebvre, Benjamin Konnert, Leilani Wong et Aude Bontemps.  De nombreux membres ou experts du Comité français seront présents. Le Comité français de l’UICN débutera par une première intervention au One Ocean Science Congress (3 au 6 juin 2025), un évènement spécial de l’UNOC sera entièrement consacré à la science, avec une table ronde le mercredi 4 juin de 09:00 à 10:00, intitulée « Greening the Blue: How can the IUCN Green List for protected and conserved areas help us meet the qualitative elements of Objective 30×30? ». Animé par Jean-François Sys, chargé de la biodiversité marine au Comité français de l’UICN, cette table ronde rassemblera les experts et les participants pour une discussion sur la cible 3 du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming à Montréal (GBF objectif 30×30), qui appelle à conserver et gérer de manière efficace au moins 30% des zones marines et côtières d’ici 2030. Le Comité français de l’UICN sera ensuite associé à un événement sur l’économie bleue régénérative (Baleine, zone verte), organisé par Respect Ocean le 6 juin de 12:45 à 14:00 dans la salle ORCA de La Baleine/Green Zone, intitulé « Beyond sustainability, the promise of Regenerative Blue Economy, from concept to practice » (« Au-delà de la durabilité, la promesse d’une économie bleue régénérative, du concept à la pratique »). Cet événement parallèle explorera la valeur ajoutée d’une économie bleue régénérative (RBE) en tant que modèle permettant d’atteindre les objectifs conservation et les objectifs socio-économiques, pour répondre aux engagements de l’ODD 14. Au niveau international, l’UICN a publié ses messages clés pour la conférence et son programme d’événements : https://iucn.org/events/external-event/un-oceans-conference-2025.   © LFPuntel – L’UICN France soutient l’UNOC 3. 

Réaction à la révision du statut de protection du Loup en Europe

Le Conseil de l’Union européenne (UE) a adopté aujourd’hui la révision du statut de protection du Loup gris (Canis lupus), entérinant l’affaiblissement de la protection de l’espèce sur le sol européen. Après le vote du Parlement de l’UE en ce sens en mai dernier, le loup est désormais retiré de l’Annexe IV de la Directive Habitats Faune Flore qui lui conférait une protection stricte, pour être placé dans l’Annexe V qui autorise l’application de mesures de gestion. La gestion de l’espèce restant malgré tout encadrée dans l’UE, les Etat membres devront s’assurer de prendre les mesures nécessaires pour garantir que les tirs de loups dans la nature soient rigoureusement compatibles avec son maintien dans un état de conservation favorable. Cependant, selon la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, six des neuf populations de loups présentes dans l’Union européenne sont classées vulnérables ou quasi-menacées. L’espèce est également classée vulnérable en France. La priorité devrait donc être d’atteindre et de garantir à long terme l’état de conservation favorable du loup, avant d’envisager des mesures de contrôle de ses populations. Alors que le Comité permanent de la Convention de Berne et l’Union européenne avaient jusqu’ici toujours basé leurs décisions sur la réalité des données établies, ce déclassement sans précédent suscite la préoccupation du Comité français de l’UICN. Cette décision soulève des interrogations sur la place accordée aux connaissances scientifiques dans les décisions relatives à la préservation des espèces, faisant craindre une gestion inefficace pour réduire la prédation sur les troupeaux domestiques et constituant un recul supplémentaire dans les engagements en faveur de la biodiversité. Le Comité français de l’UICN continue à plaider en faveur d’une cohabitation durable entre le loup et les activités humaines, notamment d’élevage, et appelle instamment à poursuivre la recherche déterminée d’une approche équilibrée. Il souligne pour cela la nécessité de fonder les décisions prises sur la base des connaissances scientifiques les plus récentes, et d’appuyer les options retenues sur les expériences de terrain ayant fait la preuve de leur efficacité. À l’heure où les Etats membres préparent leur plan national dans le cadre du règlement européen sur la restauration de la nature, le Comité français rappelle le rôle primordial des grands prédateurs, dont le loup, dans l’équilibre des écosystèmes. Une politique ambitieuse en matière de restauration de la nature devrait donc pleinement inclure le maintien de cette espèce essentielle et organiser sa coexistence durable avec les activités humaines. >> Consulter les recommandations du Comité français de l’UICN pour une cohabitation durable avec le loup Photo bandeau :Loup gris (Canis lupus) © Roland Clerc

Une mobilisation des ONG pour la restauration des forêts mahoraises après le cyclone Chido

Note inter-ONG France Nature Environnement, Mayotte Nature Environnement, Les Naturalistes de Mayotte, Conservatoire botanique national du Mascarin, Comité français de l’UICN, LPO, GEPOMAY, Réserves naturelles de France, H&B, Canopée, WWF. Le 14 décembre 2024, Mayotte a été violemment frappée par le cyclone Chido. Les dégâts sur les populations et les écosystèmes sont considérables. L’écosystème forestier, durement touché, nécessite une attention particulière. En réponse aux enjeux mis en lumière par le cyclone, les onze ONG signataires de cette note, proposent des solutions pour une restauration efficace et durable des écosystèmes forestiers mahorais : Cette restauration des forêts mahoraises doit passer par une meilleure prise en compte des écosystèmes forestiers et de leur spécificité, dans les documents nationaux visant la refondation de Mayotte post-cyclone (projet de loi de refondation), dans les documents cadres locaux (schéma d’aménagement régional) ou encore dans l’application du Règlement européen sur la restauration de la nature (feuille de route sur la restauration des forêts mahoraises). La rédaction de ces documents stratégiques devra nécessairement se faire en concertation avec les acteurs associatifs locaux. L’ampleur des dégâts sur les forêts mahoraises implique une coordination rapide et opérationnelle des moyens d’action au niveau local pour répondre aux mieux à la diversité des enjeux, qu’il s’agisse de la faune, de la végétation ou encore du risque incendie. A ce titre, les associations de protection de l’environnement mahoraises disposent d’une expertise et de ressources précieuses permettant une appréhension de la restauration des forêts mahoraises dans sa globalité. Enfin, pour permettre une restauration complète de Mayotte, il est indispensable d’impliquer tout acteur souhaitant participer à l’effort commun. Les ONG constituent un très bon appui technique, lequel devra nécessairement être accompagné de moyens humains et financiers.   Pour plus d’informations, consulter le  Rapport Forêts en crise, Mayotte après Chido. Photo bandeau : photo prise après le passage du cyclone Chido © Manrifa Moustoifa Ali, chargé de mission « biodiversité Océan Indien » au Comité français de l’UICN.  / Photo : Crête du Mont Bénara après Chido, © DroneGo

Le programme BESTLIFE2030 renouvelle son soutien pour les actions de conservation de la biodiversité d’outre-mer

Le programme BESTLIFE2030 de l’Union européenne lance son deuxième appel à projets. Plus qu’une simple opportunité de financement, il s’agit d’un appel à l’action pour des projets qui produiront des résultats tangibles pour préserver la biodiversité dans les régions ultrapériphériques et les pays et territoires d’outre-mer de l’Europe. Les régions ultrapériphériques et les pays et territoires d’outre-mer d’Europe abritent plus de 80 % de la biodiversité européenne. Ces écosystèmes uniques et fragiles sont soumis à une pression croissante du fait du changement climatique, des espèces envahissantes, de la perte d’habitats et de la surexploitation. L’objectif 3 du cadre mondial pour la biodiversité prévoit la protection de 30 % des terres, des eaux intérieures et des zones marines de la planète d’ici à 2030. En soutenant les efforts de conservation menés par les communautés locales, le programme BESTLIFE2030 joue un rôle essentiel en aidant les pays de l’Union européenne à respecter cet engagement et à susciter des changements durables et efficaces. Le premier appel à projets du programme BESTLIFE2030 a apporté un soutien financier aux 57 projets ultramarins pour un montant global de près de 5,57M d’euros. Parmi ces lauréats, le programme compte des associations locales, des entreprises privées et des communes avec des projets de restauration écologique, de conservation des espèces protégées ou encore de gestion durable des ressources naturelles. Les associations, les communes, les entreprises ou encore les collectivités d’Outre-mer souhaitant s’engager pour la biodiversité ont jusqu’au 30 mai 2025 pour déposer leurs notes de concept dans le cadre de l’appel à projets BESTLIFE2030. L’antenne Pacifique du Comité français de l’UICN assure le relais régional du programme BESTLIFE2030 dans la région Pacifique et accompagne les porteurs de projets dans le montage d’un dossier réussi. Pour toute question ou information, les porteurs de projets sont invités à contacter l’équipe basée à Papeete par email en s’adressant à chloe.desmots@uicn.fr Photo bandeau : ©Paul Jacques de Island Conservation

Découvrez l’outil d’accompagnement du Comité français de l’UICN « De la planification à l’évaluation d’un projet de Solutions fondées sur la Nature »

Dans le cadre des travaux du Comité français de l’UICN sur les Solutions fondées sur la Nature, nous vous invitons à découvrir notre nouvel outil d’accompagnement « De la planification à l’évaluation d’un projet de Solutions fondées sur la Nature (SfN) ». Cet outil permet de concevoir un projet de Solutions fondées sur la Nature, étape par étape, en vérifiant qu’il correspond bien à la définition et aux critères de l’UICN, et d’identifier des pistes d’amélioration. Il vous accompagnera de la planification à l’évaluation de votre projet SfN, en s’appuyant sur le standard mondial de l’UICN (8 critères – 28 indicateurs), avec :   Une explication contextualisée des critères du standard, Des questions pour guider votre réflexion, Des exemples concrets inspirés du terrain, Un tableau de bord pour suivre vos progrès. Son objectif est d’aider à concevoir des projets plus robustes et plus efficaces de Solutions fondées sur la Nature pour répondre aux différents défis sociétaux (changement climatique, risques naturels, sécurité alimentaire, approvisionnement en eau, santé, développement socio-économique) en préservant la biodiversité. Découvrir l’outil d’accompagnement « De la planification à l’évaluation d’un projet de Solutions fondées sur la Nature ».                                               Consulter la page dédiée aux Solutions fondées sur la Nature. Pour toute demande d’accompagnement dans la prise en main de l’outil, nous vous invitons à contacter l’équipe du programme « Ecosystèmes » du Comité français de l’UICN. Photo bandeau : © UICN / Dzenisenka