Une mobilisation des ONG pour la restauration des forêts mahoraises après le cyclone Chido

Note inter-ONG France Nature Environnement, Mayotte Nature Environnement, Les Naturalistes de Mayotte, Conservatoire botanique national du Mascarin, Comité français de l’UICN, LPO, GEPOMAY, Réserves naturelles de France, H&B, Canopée, WWF. Le 14 décembre 2024, Mayotte a été violemment frappée par le cyclone Chido. Les dégâts sur les populations et les écosystèmes sont considérables. L’écosystème forestier, durement touché, nécessite une attention particulière. En réponse aux enjeux mis en lumière par le cyclone, les onze ONG signataires de cette note, proposent des solutions pour une restauration efficace et durable des écosystèmes forestiers mahorais : Cette restauration des forêts mahoraises doit passer par une meilleure prise en compte des écosystèmes forestiers et de leur spécificité, dans les documents nationaux visant la refondation de Mayotte post-cyclone (projet de loi de refondation), dans les documents cadres locaux (schéma d’aménagement régional) ou encore dans l’application du Règlement européen sur la restauration de la nature (feuille de route sur la restauration des forêts mahoraises). La rédaction de ces documents stratégiques devra nécessairement se faire en concertation avec les acteurs associatifs locaux. L’ampleur des dégâts sur les forêts mahoraises implique une coordination rapide et opérationnelle des moyens d’action au niveau local pour répondre aux mieux à la diversité des enjeux, qu’il s’agisse de la faune, de la végétation ou encore du risque incendie. A ce titre, les associations de protection de l’environnement mahoraises disposent d’une expertise et de ressources précieuses permettant une appréhension de la restauration des forêts mahoraises dans sa globalité. Enfin, pour permettre une restauration complète de Mayotte, il est indispensable d’impliquer tout acteur souhaitant participer à l’effort commun. Les ONG constituent un très bon appui technique, lequel devra nécessairement être accompagné de moyens humains et financiers. Pour plus d’informations, consulter le Rapport Forêts en crise, Mayotte après Chido. Photo bandeau : photo prise après le passage du cyclone Chido © Manrifa Moustoifa Ali, chargé de mission « biodiversité Océan Indien » au Comité français de l’UICN. / Photo : Crête du Mont Bénara après Chido, © DroneGo
Une mobilisation des ONG pour la restauration des forêts mahoraises après le cyclone Chido

Note inter-ONG France Nature Environnement, Mayotte Nature Environnement, Les Naturalistes de Mayotte, Conservatoire botanique national du Mascarin, Comité français de l’UICN, LPO, GEPOMAY, Réserves naturelles de France, H&B, Canopée, WWF. Le 14 décembre 2024, Mayotte a été violemment frappée par le cyclone Chido. Les dégâts sur les populations et les écosystèmes sont considérables. L’écosystème forestier, durement touché, nécessite une attention particulière. En réponse aux enjeux mis en lumière par le cyclone, les onze ONG signataires de cette note, proposent des solutions pour une restauration efficace et durable des écosystèmes forestiers mahorais : Cette restauration des forêts mahoraises doit passer par une meilleure prise en compte des écosystèmes forestiers et de leur spécificité, dans les documents nationaux visant la refondation de Mayotte post-cyclone (projet de loi de refondation), dans les documents cadres locaux (schéma d’aménagement régional) ou encore dans l’application du Règlement européen sur la restauration de la nature (feuille de route sur la restauration des forêts mahoraises). La rédaction de ces documents stratégiques devra nécessairement se faire en concertation avec les acteurs associatifs locaux. L’ampleur des dégâts sur les forêts mahoraises implique une coordination rapide et opérationnelle des moyens d’action au niveau local pour répondre aux mieux à la diversité des enjeux, qu’il s’agisse de la faune, de la végétation ou encore du risque incendie. A ce titre, les associations de protection de l’environnement mahoraises disposent d’une expertise et de ressources précieuses permettant une appréhension de la restauration des forêts mahoraises dans sa globalité. Enfin, pour permettre une restauration complète de Mayotte, il est indispensable d’impliquer tout acteur souhaitant participer à l’effort commun. Les ONG constituent un très bon appui technique, lequel devra nécessairement être accompagné de moyens humains et financiers. Pour plus d’informations, consulter le Rapport Forêts en crise, Mayotte après Chido. Photo bandeau : photo prise après le passage du cyclone Chido © Manrifa Moustoifa Ali, chargé de mission « biodiversité Océan Indien » au Comité français de l’UICN. Crête du Mont Bénara après Chido, © DroneGo
Le programme BESTLIFE2030 renouvelle son soutien pour les actions de conservation de la biodiversité d’outre-mer

Le programme BESTLIFE2030 de l’Union européenne lance son deuxième appel à projets. Plus qu’une simple opportunité de financement, il s’agit d’un appel à l’action pour des projets qui produiront des résultats tangibles pour préserver la biodiversité dans les régions ultrapériphériques et les pays et territoires d’outre-mer de l’Europe. Les régions ultrapériphériques et les pays et territoires d’outre-mer d’Europe abritent plus de 80 % de la biodiversité européenne. Ces écosystèmes uniques et fragiles sont soumis à une pression croissante du fait du changement climatique, des espèces envahissantes, de la perte d’habitats et de la surexploitation. L’objectif 3 du cadre mondial pour la biodiversité prévoit la protection de 30 % des terres, des eaux intérieures et des zones marines de la planète d’ici à 2030. En soutenant les efforts de conservation menés par les communautés locales, le programme BESTLIFE2030 joue un rôle essentiel en aidant les pays de l’Union européenne à respecter cet engagement et à susciter des changements durables et efficaces. Le premier appel à projets du programme BESTLIFE2030 a apporté un soutien financier aux 57 projets ultramarins pour un montant global de près de 5,57M d’euros. Parmi ces lauréats, le programme compte des associations locales, des entreprises privées et des communes avec des projets de restauration écologique, de conservation des espèces protégées ou encore de gestion durable des ressources naturelles. Les associations, les communes, les entreprises ou encore les collectivités d’Outre-mer souhaitant s’engager pour la biodiversité ont jusqu’au 30 mai 2025 pour déposer leurs notes de concept dans le cadre de l’appel à projets BESTLIFE2030. L’antenne Pacifique du Comité français de l’UICN assure le relais régional du programme BESTLIFE2030 dans la région Pacifique et accompagne les porteurs de projets dans le montage d’un dossier réussi. Pour toute question ou information, les porteurs de projets sont invités à contacter l’équipe basée à Papeete par email en s’adressant à chloe.desmots@uicn.fr Photo bandeau : ©Paul Jacques de Island Conservation
Découvrez l’outil d’accompagnement du Comité français de l’UICN « De la planification à l’évaluation d’un projet de Solutions fondées sur la Nature »

Dans le cadre des travaux du Comité français de l’UICN sur les Solutions fondées sur la Nature, nous vous invitons à découvrir notre nouvel outil d’accompagnement « De la planification à l’évaluation d’un projet de Solutions fondées sur la Nature (SfN) ». Cet outil permet de concevoir un projet de Solutions fondées sur la Nature, étape par étape, en vérifiant qu’il correspond bien à la définition et aux critères de l’UICN, et d’identifier des pistes d’amélioration. Il vous accompagnera de la planification à l’évaluation de votre projet SfN, en s’appuyant sur le standard mondial de l’UICN (8 critères – 28 indicateurs), avec : Une explication contextualisée des critères du standard, Des questions pour guider votre réflexion, Des exemples concrets inspirés du terrain, Un tableau de bord pour suivre vos progrès. Son objectif est d’aider à concevoir des projets plus robustes et plus efficaces de Solutions fondées sur la Nature pour répondre aux différents défis sociétaux (changement climatique, risques naturels, sécurité alimentaire, approvisionnement en eau, santé, développement socio-économique) en préservant la biodiversité. Découvrir l’outil d’accompagnement « De la planification à l’évaluation d’un projet de Solutions fondées sur la Nature ». Consulter la page dédiée aux Solutions fondées sur la Nature. Pour toute demande d’accompagnement dans la prise en main de l’outil, nous vous invitons à contacter l’équipe du programme « Ecosystèmes » du Comité français de l’UICN. Photo bandeau : © UICN / Dzenisenka
Le Comité français participe à la révision du standard mondial de l’UICN pour les Solutions fondées sur la Nature (SfN)

Du 11 au 14 mars 2025, le groupe de travail en charge de la révision du standard mondial de l’UICN pour les Solutions fondées sur la Nature (SfN) s’est réuni afin d’examiner les commentaires recueillis lors de la consultation publique relative à cette révision. Ces contributions ont permis de formuler des recommandations pour réviser les 28 indicateurs des 8 critères du standard mondial. Datant de 2020, il guide les projets et politiques qui s’appuient sur les écosystèmes pour répondre aux défis sociétaux d’aujourd’hui, en favorisant le bien-être humain et la biodiversité. L’outil d’auto-évaluation associé, mis en ligne en début d’année 2024 sera également mis à jour. Les Solutions fondées sur la Nature : un concept défini par l’UICN, repris par les Nations Unies Définies par l’UICN lors du Congrès mondial pour la nature de Hawaï en 2016, les Solutions fondées sur la Nature visent à « protéger, gérer durablement et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés pour répondre directement aux défis sociétaux, de manière efficace et adaptative, tout en assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité ». Cette définition est alignée avec celle adoptée en 2022 par les membres des Nations Unies lors de la 5ème session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement (UNEA 5.2). Afin de préciser et d’accompagner ce concept, l’UICN a développé, en 2020, un standard mondial pour les SfN qui permet de doter le concept d’un cadre et d’un langage commun pour tous les acteurs et parties prenantes tels que les gestionnaires, les financeurs, les porteurs de projets, les politiques et le grand public. Ce standard comprend 8 critères déclinés en 28 indicateurs qui permettent de s’assurer de l’efficacité et de la durabilité d’une démarche de SfN. Afin d’opérationnaliser ce standard, et permettre d’évaluer la conformité des projets et politiques au regard du concept des SfN, un outil d’auto-évaluation a été développé et mis en ligne au début de l’année 2024 (en anglais uniquement). Ce cadre d’apprentissage permet une amélioration continue tout au long de la durée de vie du projet SfN, et ce, dès sa conception. © Angela Andrade Une mise à jour après 5 années de déploiement Afin de rendre compte des nouvelles connaissances scientifiques ainsi que des retours d’expériences des utilisateurs, une mise à jour du standard mondial de l’UICN pour les SfN, est prévue tous les 4 ans. Il s’agit de rendre ce document plus accessible et d’en clarifier le contenu, en facilitant notamment la compréhension des différents critères et indicateurs pour une bonne application « sur le terrain ». Depuis plusieurs années, une communauté grandissante d’acteurs se saisit du concept des SfN. Cette communauté se caractérise par une très grande variété de profils (gestionnaires, élus, techniciens, financeurs…) et de domaines d’intervention (climat, réduction des risques, biodiversité…). Les projets associés concernent également une grande diversité d’écosystèmes et de défis sociétaux. Ainsi, en décembre dernier, le secrétariat international de l’UICN a lancé une vaste consultation publique auprès de cette communauté afin de recueillir leurs retours et suggestions d’amélioration concernant le standard, les lignes directrices et l’outil d’auto-évaluation. Un groupe de travail constitué d’experts a été réunis pour étudier les résultats de la consultation, et dessiner les contours de cette révision du standard, très attendue des utilisateurs. Ce groupe regroupe des représentants du Comité international du Standard, des experts de la Commission de gestion des écosystèmes de l’UICN, les équipes SfN du Secrétariat de l’UICN et du Comité français de l’UICN, des membres de différentes équipes de l’UICN spécialistes des questions de genre et d’inclusivité, ainsi que des représentants des peuples autochtones. Ce groupe de travail s’est réuni à Breukelen aux Pays-Bas, du 11 au 14 mars pour travailler sur les commentaires à intégrer dans cette révision. Les discussions ont été très enrichissantes et constructives et le Comité français de l‘UICN est confiant sur les avancées et les améliorations qui seront apportées au standard et ses documents annexes (guide d’utilisation, outil d’auto-évaluation). Le groupe de travail continuera son travail de mise à jour du standard jusqu’à l’automne 2025 ; la version révisée du standard sera présentée lors du Congrès mondial pour la conservation de la Nature qui aura lieu du 9 au 15 octobre 2025 à Abu Dhabi. © 2020 UICN, Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources Mise en ligne prochaine de l’outil d’accompagnement développé par le Comité français En parallèle de son implication dans la révision du standard mondial sur les SfN, le Comité français de l’UICN a développé un outil d’accompagnement de la conception à l’évaluation des projets SfN, spécifiquement adapté au contexte français. Cet outil, qui sera mis en ligne sur notre site internet en avril, reprend les 8 critères et 28 indicateurs du standard mondial, illustrés par des exemples de retours d’expériences. Il intègre également un système de questions guidant les utilisateurs dans les réponses à apporter aux indicateurs de l’outil d’auto-évaluation de l’UICN (actuellement disponible en anglais seulement). Nous vous invitons à suivre notre page LinkedIn pour ne pas manquer le lancement de cet outil prévu en ce mois d’avril ! Photo bandeau : © tugores34
30% des espèces menacées en outre-mer sont affectées par des espèces exotiques envahissantes

Alors que la France s’est engagée à stopper et à inverser d’ici 2030 la perte de biodiversité sur son territoire, le Comité français de l’UICN publie la première évaluation des impacts des espèces exotiques envahissantes sur les espèces éteintes, menacées et quasi menacées dans les collectivités françaises d’outre-mer. Les résultats montrent qu’il est essentiel d’investir davantage dans la prévention des introductions et la gestion des espèces exotiques envahissantes, pour préserver la biodiversité ultramarine. Les espèces exotiques envahissantes désignent les espèces introduites par l’humain hors de leurs aires de répartition naturelle, volontairement ou accidentellement, et qui menacent les écosystèmes, les espèces locales, la santé ou les activités économiques. Elles figurent parmi les cinq grandes pressions pesant sur la biodiversité au niveau mondial. Les espèces menacées d’outre-mer en première ligne face aux espèces exotiques envahissantes L’analyse des données de la Liste rouge des espèces menacées établie selon la méthodologie de l’UICN met en lumière que les espèces exotiques envahissantes (EEE) constituent une pression pour près de 30 % (soit 772 espèces) des espèces végétales et animales menacées en outre-mer. Elles sont également impliquées dans 43 % (102 espèces) des extinctions documentées et affectent 18 % (142 espèces) des espèces quasi menacées. Les reptiles, les escargots, les oiseaux et les amphibiens sont les groupes biologiques les plus affectés par des EEE en proportion du nombre d’espèces. Au total, près de 150 EEE ont été identifiées comme affectant des espèces menacées et quasi menacées ou impliquées dans des extinctions. Parmi les espèces aux impacts négatifs les plus forts, le Rat noir constitue par exemple une menace pour 277 espèces menacées ou quasi menacées, dont 97 oiseaux indigènes, 84 reptiles et 74 plantes, dont il consomme les graines ou les bourgeons. La gestion des espèces exotiques envahissantes : un investissement indispensable pour la conservation des espèces menacées En application du Cadre mondial de la biodiversité, la France s’est engagée à stopper d’ici 2030 l’extinction des espèces menacées connues sur son territoire (cible 4), à réduire de moitié le taux d’introduction d’EEE et à éradiquer ou à maîtriser ces espèces, en particulier dans les zones prioritaires, dont les îles (cible 6). Pour atteindre ces objectifs d’ici 5 ans, le Comité français de l’UICN propose 6 recommandations et appelle à : Mettre en œuvre une véritable stratégie de « biosécurité » dans chaque collectivité d’outre-mer, basée sur une coopération renforcée entre les acteurs de l’environnement, de l’agriculture, de la santé, mais aussi avec les secteurs socio-économiques comme ceux du tourisme et du transport de marchandises. L’objectif est de renforcer la prévention de l’introduction des EEE dans les territoires pour éviter des dommages et la mise en place de projets coûteux de gestion de ces espèces ; Accélérer et amplifier les programmes d’éradication d’EEE en outre-mer pour la préservation de la faune et de la flore locales. L’éradication est la solution d’intervention la plus efficace, en particulier dès qu’une nouvelle espèce envahissante est détectée sur le territoire ; Définir les opérations de manière à obtenir un gain maximal pour la biodiversité, et soutenir la recherche et le développement. Cette étude permet de mieux identifier les espèces menacées par les EEE et, parmi ces dernières, celles qui menacent le plus grand nombre d’espèces. Dans les années à venir, deux défis majeurs sont à relever pour agir à plus grande échelle : accroître les capacités pour renforcer l’éradication des EEE dans les grands territoires habités et améliorer la maîtrise des EEE sur le long terme dans les espaces difficiles d’accès ; Assurer la durabilité de ces opérations et leurs bénéfices à long terme. Compte tenu des coûts humains, techniques et financiers de ces opérations, il est essentiel que les efforts déployés et leurs résultats pour la biodiversité soient durables. L’Etat et les collectivités territoriales sont donc appelés à maintenir leur soutien aux acteurs de terrain dans la durée, sous peine de voir les bénéfices récoltés depuis plusieurs années être annulés en cas de désengagement ; Expliquer davantage les objectifs pour la conservation des espèces menacées et les bénéfices écologiques, économiques et culturels des opérations d’éradication ou de maîtrise des EEE pour favoriser l’adhésion du public et de tous les acteurs; Encourager la participation du grand public à ces projets de conservation, afin de renforcer le lien entre les populations et leur environnement et de favoriser une meilleure compréhension des enjeux de la gestion des EEE. Comme le montre l’analyse détaillée de la situation des espèces menacées ultramarines, la prévention et la gestion des espèces exotiques envahissantes sont des clés essentielles pour préserver le patrimoine naturel exceptionnel des collectivités françaises d’outre-mer. Consulter la publication Les espèces terrestres menacées dans les outre-mer français face aux espèces exotiques envahissantes Le communiqué de presse. Photo bandeau : © Beatriz Conde
Renforcer la protection de l’Océan : le Comité français de l’UICN lance un appel à l’action

A l’occasion de la conférence « Le printemps de l’Océan », organisée aujourd’hui à la Maison de l’Océan à Paris, le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) lance un appel à l’action pour renforcer la protection et de la restauration de l’Océan. Par cette initiative, le Comité français de l’UICN demande à la France et aux autres pays à faire des annonces ambitieuses et intensifier leurs efforts à l’occasion de la 3ème Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC 3), qui se déroulera à Nice du 9 au 13 juin 2025. A mi-chemin de la décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques, cet événement doit accélérer la mise en œuvre de l’objectif de développement durable 14 « vie aquatique », pour assurer la conservation et l’exploitation durable des écosystèmes marins et côtiers. Cet appel à l’action a été signé par une trentaine d’organisations de protection de la biodiversité afin de présenter des recommandations concrètes pour lutter contre les différentes pressions et restaurer la santé de l’Océan. En effet, 2/3 des milieux marins sont sévèrement altérés par les activités humaines alors qu’ils abritent une biodiversité unique et jouent un rôle capital pour le bien être humain et la régulation du climat. Il est structuré en 4 thématiques : RENFORCER LES AIRES MARINES PROTÉGÉES Pour atteindre l’objectif mondial de protéger efficacement 30 % de l’Océan en 2030, il est nécessaire d’augmenter la superficie du réseau des aires marines protégées, spécialement en haute mer, les niveaux de protection des aires marines protégées, et d’en garantir une gestion efficace, avec les moyens humains, techniques et financiers nécessaires. RENFORCER LA PROTECTION ET LA RESTAURATION DES ÉCOSYSTÈMES MARINS Face à leur dégradation, la restauration des écosystèmes marins et littoraux s’impose, notamment dans le cadre du règlement européen sur la restauration de la nature. L’Accord de Paris sur le climat doit être pleinement respecté et le recours aux Solutions fondées sur la Nature doit s’amplifier. La protection des écosystèmes marins profonds et mésophotiques (entre 30 et 200 mètres de profondeur) doit être renforcée, ainsi que la lutte contre la pollution marine de toute origine, tant celle résultant des activités terrestres, que maritimes. RENFORCER LA PROTECTION DES ESPÈCES MARINES Avec des chiffres alarmants montrant le déclin des espèces marines (un tiers des requins, raies, et mammifères marins menacés d’extinction ; un tiers des stocks de poissons marins surexploités…), il faut agir davantage pour leur protection, ce qui passe par la réduction de l’incidence de la pêche sur la biodiversité marine et une protection efficace des zones-clés pour la survie des espèces. ASSURER UN AVENIR DURABLE POUR L’OCÉAN Il est nécessaire de promouvoir une économie bleue régénérative, d’accroître la coopération scientifique et de développer l’éducation aux enjeux de l’Océan, ainsi que de mobiliser des financements pour les actions en faveur de l’Océan tout en réformant les subventions néfastes. Consultez l’ensemble du programme de la conférence « Le printemps de l’Océan ». Cet événement a bénéficié du soutien de l’Institut océanographique de Monaco – Fondation Albert Ier, Prince de Monaco, de la Blue Nature Alliance et de la Fondation Pew Bertarelli Ocean Legacy. Consulter l’appel à l’action. Lire le communiqué de presse et le programme Photo bandeau : © Damocean © Dalia Dahmani
Interview de Damien Martin

Coordinateur du volet développement organisationnel pour le compte du PPI en Afrique de l’Ouest et membre du Groupe de travail Pays en développement & Biodiversité Damien, vous travaillez aujourd’hui en tant que Consultant en charge du développement organisationnel des acteurs de la société civile d’Afrique de l’Ouest pour le Programme de Petites Initiatives (PPI). Pouvez-vous vous présenter, et préciser notamment les raisons qui vous ont conduit à travailler dans la protection de la nature ? Alors que dire de plus pour me présenter…peut-être commencer par dire que j’ai la chance de vivre – depuis une 20aine d’année – au Sud du Bénin, dans un petit coin de campagne situé au bord d’un marécage verdoyant plus connu sous le nom de ‘’Vallée du Sitatunga’’. Ajouter qu’avec mon épouse, Chantal, nous avons deux filles : Divine-Nature (13 ans) et Sagesse (10 ans). Avec elles, et l’aide précieuse de trois supers collègues : Sathurnin, Henock et Naomie nous faisons vivre une petite ferme pédagogique avec l’objectif à l’échelle de notre agrosystème de puiser dans la richesse de la biodiversité cultivée pour tendre vers notre souveraineté alimentaire collective tout en observant les effets de nos pratiques agroécologiques sur le retour de la biodiversité sauvage. Et ce faisant travailler sur nos capacités à cohabiter avec elle tout en essayant de réduire les risques potentiels sur les humains et les dégâts sur nos productions. A ce jour, depuis notre petite parcelle d’1,25 hectare nous avons ainsi pu observer 72 espèces d’oiseaux, 40 espèces de reptiles et 14 espèces de petits mammifères. Pour ce qui est de l’origine de mon engagement pour la Nature, il prend sa source dans mon enfance et je le dois à ma mère. C’est elle, qui petit nous a transmis à mon frère et moi, son respect et sa grande curiosité envers toutes les autres formes de vie (humaines comprises) avec lesquelles nous co-existons. Elle a également su me partager son goût pour les paysages de forêts et de bocages et sa grande fascination pour les arbres, merveilles végétales que trop souvent nos yeux ne voient plus ou du moins ne contemple plus. Grâce à elle, enfant, nous avons notamment passé le plus gros de nos temps libres à courir les champs, à construire des cabanes dans les bois, à nous baigner dans les lacs ou à patauger dans les rivières ! Animée d’une puissante fibre militante, ma mère met jusqu’à ce jour cette énergie au profit d’initiatives associatives diverses qui contribuent à penser et / ou à défendre une certaine vision politique du monde auquel elle aspire. C’est donc aussi d’elle que je tiens ma propre appétence pour la vie associative au service de sociétés humaines plus équitables et respectueuses de tous nos autres cohabitants à feuilles, épines, poils, plumes, écailles… Quel est votre parcours professionnel et quelles sont vos plus belles expériences ? Comme beaucoup, mon parcours professionnel n’est pas vraiment linéaire et donc pas forcément simple à raconter en quelques mots. Ainsi, après avoir obtenu un BTS en aquaculture en France (au cours duquel j’ai eu à faire mes premiers pas en Afrique de l’Ouest), j’ai tout de suite migré vers le Bénin pour intégrer un dispositif de volontariat franco-allemand-béninois. Celui-ci avait pour objectif de contribuer à réaliser le 1er inventaire des petits poissons à potentiel aquariophile des plans d’eau du Bénin. C’est au cours de ce volontariat que j’ai fait équipe et me suis lié d’amitié avec Martial, agronome béninois fraichement diplômé. C’est avec lui que naitra l’idée, en 2004, de créer CREDI-ONG, une association béninoise de protection de la Nature devenu assez tôt partenaire historique du PPI (un clin d’œil au passage à Gaëtan QUESNE qui nous aura accompagné dans nos toutes premières démarches de rédaction de projet PPI en 2007). J’aurais occupé la fonction de Directeur Technique de cette organisation pendant 15 ans avant de rejoindre le PPI comme consultant en 2020. Une fonction qui m’aura ouvert les portes à un feu d’artifice d’expériences extrêmement diverses et enrichissantes qu’il me sera malheureusement compliqué de relater ici faute de place… Toutes puisaient leurs origines dans notre volonté de contribuer à l’émergence d’une génération de citoyens du monde apte à proposer et mettre en œuvre des solutions locales et durables pour un développement humain respectueux de la nature. Aussi, si dans cette mission on remplace ‘‘citoyens du monde’’ par ‘‘société civile’’, je trouve que mes fonctions actuelles au PPI vont dans la même direction me permettant ainsi d’avoir la chance de vivre économiquement de ce qui donne sens à ma vie. Enfin, de tous les cadeaux que ma vie professionnelle m’a offert jusque-là, je suis convaincu que le plus beau d’entre tous c’est la multitude de belles personnes qui m’ont accueilli à leur côté (souvent chez elles, dans leur famille) et ont partagé avec moi leur passion pour leur métier, leurs diverses façons d’être au monde ou leur univers de vie et de pensée. Il me plait d’en citer ici quelques-unes à qui je dois beaucoup : Arnaud LEFEVRE, Sandrine MARCHAND, Jan KAMSTRA, Yann HUCHEDE, Romain CHANOINE, Samuel MARTIN, Anne-Marie PEYRE, feu René SEGBENOU, Mère Jah et bien sûr aujourd’hui tous mes collègues actuels au PPI Nicolas, Paul, Marie, Hafida, Aurélien, Emmanuel et Thomas qui m’accompagnent avec beaucoup de patience et de bienveillance dans mes fonctions actuelles de coordinateur. Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans la conservation de la biodiversité à l’international et en particulier dans les pays en développement ? Comme expliqué précédemment et un peu comme Obélix, je suis tombé dedans quand j’étais petit ! J’ai ainsi passé des journées de mon enfance à capturer tout un tas de petites bêtes diverses tels que couleuvres, orvets, crapauds, grenouilles, limaces, escargots, vairons, porte-bois, crevettes, crabes… qui ont malgré eux nourri mon instinct de petit prédateur (et oui, même si je ne tuais pas ou peu, il doit y avoir un peu de ça !) et mon appétit naturaliste. Aussi, jusqu’à ce jour cette passion (potion ?) magique pour le vivant m’habite et j’ai plaisir à essayer de la transmettre autour
Position du Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) sur les menaces exercées sur les sciences aux Etats-Unis

Ces dernières semaines, se multiplient les pressions exercées sur les sciences de l’environnement et du climat aux Etats-Unis. Face à ces différentes menaces, le Comité français de l’UICN apporte son soutien au mouvement « Stand up for science », qui s’organise à travers le monde, à l’initiative des chercheurs et chercheuses étasuniens, le 7 mars prochain. Le Comité français de l’UICN, qui appuie son action sur les sciences du vivant et rassemble près de 80 organisations de la protection de la nature en France et plus de 300 expert/es de la biodiversité, souhaite informer son réseau et le grand public de cette mobilisation et de sa décision de s’associer à ce mouvement international. Le Comité français de l’UICN tient à : rappeler le rôle fondamental de la contribution de la recherche américaine aux travaux sur le changement climatique et l’océan, le littoral et les prévisions météorologiques notamment, et à souligner le rôle historique et primordial des Etats-Unis dans les travaux du GIEC, souligner l’importance du partage des données scientifiques pour l’amélioration des connaissances et la production des savoirs à l’échelle mondiale, Face aux conséquences des pressions exercées, le Comité français de l’UICN : réaffirme son soutien aux scientifiques et aux jeunes chercheurs et chercheuses exerçant aux Etats-Unis dans le domaine de l’environnement, du climat, de la santé et des droits humains, alerte sur les conséquences de ces décisions dans d’autres pays, comme l’Argentine, avec les menaces pesant sur le CONICET (équivalent argentin du CNRS), demande à ce que les pressions exercées sur la communauté scientifique américaine et aux travaux inhérents cessent, demande à ce que le Gouvernement français influe en faveur d’une réintégration des personnes licenciées et au rétablissement des travaux interrompus, que ce soit dans les domaines de la qualité de l’eau, de l’air, de la protection des milieux naturels et des parcs nationaux, de la modélisation climatique ou de la santé, des droits humains ou de l’aide au développement, appelle ses organisations membres (ministères, établissements publics, organismes de recherche, associations) et le grand public à se mobiliser afin de poursuivre les objectifs de l’Union internationale pour la conservation de la nature de travailler au développement de relations avec la biosphère, qui soient au bénéfice de tous et toutes et assurent l’adaptabilité au changement, et la durabilité à tous les niveaux, appelle à la défense d’une vision du monde où les êtres humains vivent en harmonie avec la biosphère.
Les Solutions fondées sur la Nature pour répondre conjointement aux défis de l’alimentation et de la biodiversité

A l’occasion du Salon International de l’agriculture, le Comité français de l’UICN publie une étude intitulée « Solutions fondées sur la Nature pour la sécurité alimentaire en France ». Elle démontre que des projets, à l’échelle d’une exploitation ou d’un territoire, peuvent concilier à la fois des objectifs de production alimentaire et de préservation de la biodiversité. Que cela soit dans les domaines de l’agriculture, l’aquaculture ou la pêche, les Solutions fondées sur la Nature contribuent à renforcer la durabilité et la résilience des systèmes de production alimentaire. Plus de 20 retours d’expériences sont présentés et analysés selon le standard mondial de l’UICN pour les Solutions fondées sur la Nature, montrant des réussites variées et adaptées à différents contextes. Sécurité alimentaire versus dégradation de l’environnement La sécurité alimentaire repose sur la disponibilité, l’accessibilité et la stabilité des systèmes alimentaires afin de garantir à tous une nourriture suffisante, saine et nutritive. Elle a conduit à une augmentation importante de la productivité à travers l’utilisation croissante d’intrants (engrais et produits phytosanitaires) pour maximiser les rendements, l’intensification des méthodes et outils de production, ainsi que la spécialisation et la simplification des productions à l’échelle des exploitations agricoles et des territoires. Elle a parallèlement provoqué une disparition massive de la biodiversité et d’autres impacts environnementaux et sanitaires. La crise écologique et celle du climat, combinées à un contexte géopolitique et commercial instable, se posent comme un défi majeur pour les systèmes de production alimentaire : épuisement et pollutions des sols, impacts des sécheresses et inondations, diminution de la pollinisation et de la régulation naturelle des bioagresseurs… La transition écologique de notre production alimentaire est un impératif vital. Le rôle clé des écosystèmes pour une alimentation durable L’amélioration de la diversité, de la fonctionnalité et de la résilience des milieux agricoles, aquacoles et halieutiques constitue un levier primordial pour assurer une alimentation durable sur le long terme. En reconnaissant ce rôle essentiel, les Solutions fondées sur la Nature permettent de répondre au défi de la sécurité alimentaire tout en apportant des bénéfices pour la biodiversité. Ces solutions s’inscrivent pleinement dans la recherche de modes et de pratiques d’exploitation conciliant production alimentaire et préservation de la nature. Des exemples démonstratifs conjuguant production alimentaire et préservation de la biodiversité 23 retours d’expériences correspondant à des Solutions fondées sur la Nature sont présentés et témoignent le plus souvent d’une combinaison de pratiques, menées à différentes échelles, de l’exploitation individuelle au territoire. Elles reposent sur une approche où chaque projet vise à soutenir l’intégrité des écosystèmes locaux pour répondre à des objectifs de sécurité alimentaire. L’analyse de ces projets met en évidence que le soutien politique et financier, la mise en place d’une gouvernance participative, l’accompagnement technique, et une communication ciblée pour renforcer l’adhésion et la diffusion des connaissances sont des leviers importants pour la mise en place de ces projets. Le Comité français de l’UICN appelle ainsi les décideurs publics nationaux et locaux, les exploitants et secteurs professionnels, et les acteurs de la société civile, à s’inspirer de ces retours d’expériences pour déployer les Solutions fondées sur la Nature. Qu’est-ce qu’une Solution fondée sur la Nature ? Les Solutions fondées sur la Nature sont définies par l’UICN comme « les actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés pour relever directement les défis de société de manière efficace et adaptative, tout en assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité ». L’UICN a identifié 6 grands défis sociétaux (changement climatique, risques naturels, sécurité alimentaire, approvisionnement en eau, santé, développement socio-économique) auxquelles peuvent répondre les Solutions fondées sur la Nature à travers 3 grands types d’actions : Cette définition des Solutions fondées sur la Nature a été reprise par l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement. Le Comité français de l’UICN Le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature est le réseau des organismes et des expert/es de l’UICN en France. Regroupant au sein d’un partenariat original 2 ministères, 7 organismes publics, 8 collectivités et 61 organisations non gouvernementales, il joue un rôle de plateforme d’expertise, de concertation et d’action pour répondre aux enjeux de la biodiversité. Il rassemble également un réseau de 300 expert/es répartis en six commissions thématiques, dont la Commission de gestion des écosystèmes. Photo © Sandrine Mulas