Le Congrès français de la nature 2019 s’ouvre demain

300 représentants des organisations, experts et partenaires du Comité français de l’UICN sont attendus au Congrès français de la nature le 12 juin 2019 à Marseille pour préparer le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020. Cet événement clé de la préparation française va débattre de 26 recommandations qui feront des propositions concrètes sur plusieurs grands enjeux de la préservation de la nature à l’échelle mondiale. Elles seront une contribution majeure au Congrès mondial de l’UICN que la France accueillera dans 1 an en juin 2020. DES PROPOSITIONS POUR PROTEGER LA BIODIVERSITE DANS LE MONDE Ces recommandations demandent un renforcement de la protection de grands écosystèmes, comme l’océan, les littoraux, les forêts, les mangroves ou les cours d’eau de montagne, ainsi que celle d’espèces menacées comme les grands singes, les mammifères marins ou les poissons herbivores des récifs coralliens. Elles feront aussi des propositions pour stopper ou réduire des grandes pressions sur la biodiversité comme la pollution plastique des mers, l’artificialisation des sols, les activités minières, les prélèvements de sable, les pesticides, le trafic d’espèces sauvages et la déforestation. Le rôle clé des espaces protégés sera aussi particulièrement souligné, tout comme l’importance des études d’impact environnemental et les financements dédiés à la biodiversité. Enfin, l’émergence des droits de la nature, qui permettent de renforcer la protection juridique de l’environnement et de poser les bases d’une nouvelle éthique avec la nature, sera soutenue. UNE MOBILISATION COLLECTIVE EN PLEIN ESSOR Le Comité français de l’UICN assure la coordination et la valorisation du vaste réseau des membres de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature en France, comprenant des organismes publics et associatifs, des experts et des partenaires. La France est aujourd’hui le 2ème pays avec le plus grand nombre de membres de l’UICN dans le monde après les USA. C’est aussi la première fois depuis la création de l’UICN en 1948 à Fontainebleau que la France accueillera le Congrès mondial de l’UICN en 2020. Le Comité français de l’UICN prépare ainsi pour 2020 une vaste mobilisation pour et autour du Congrès mondial de l’UICN afin que la prise de conscience collective sur les enjeux de biodiversité soit aussi importante que celle sur le climat, et mettre en avant les solutions pour y parvenir. Durant le congrès français, une table-ronde réunissant plusieurs acteurs clés de cette mobilisation vers2020 présenteront les actions qu’ils mettent en place. La Directrice générale ad interim de l’UICN, Dr Grethel Aguilar, et le Directeur général de l’Aménagement, du Logement et de la Nature du Ministère de la Transition écologique et solidaire, M. Paul Delduc, clôtureront l’événement. 2020, UNE ANNÉE DÉCISIVE POUR LA BIODIVERSITÉ Le Congrès mondial de la nature de l’UICN se réunit tous les 4 ans pour rassembler des Etats, agences publiques, ONG, scientifiques, entreprises, collectivités locales et peuples autochtones pour définir les priorités et guider les actions de conservation de la nature et de développement durable. En 2020, le Congrès Mondial se tiendra du 11 au 19 juin à Marseille. Il précédera de quelques mois la COP15 de la Convention pour la Diversité Biologique, en Chine, qui fera le bilan des actions menées par les 196 Etats Parties sur l’atteinte des 20 grands objectifs internationaux sur la biodiversité, dits objectifs d’Aïchi, fixés en 2010 à l’occasion de l’Année Internationale de la Biodiversité. Une nouvelle stratégie sera élaborée jusqu’en 2030 pour renouveler l’engagement mondial sur la biodiversité. Le Congrès mondial de l’UICN est une opportunité importante de préparer des messages forts et de présenter des solutions pour mettre fin à la crise d’extinction de la biodiversité. Ces propositions, qui seront ensuite soumises au débat et vote de l’Assemblée générale mondiale de l’UICN en 2020, s’inscrivent comme des réponses directes au constat alarmant de l’érosion accélérée de la biodiversité, dressé par la communauté scientifique de l’IBPES en mai 2019. LA RESPONSABILITE DE LA FRANCE POUR LA BIODIVERSITE MONDIALE La France accueille une biodiversité exceptionnelle grâce à sa situation de “carrefour écologique” en métropole et à ses collectivités d’outre-mer présentes dans les 3 grands océans de la planète et en Amazonie. Le domaine maritime français est le 2ème du monde avec 11 millions de km2, qui englobe environ 10 % des récifs coralliens et 20 % des atolls de la planète. La France fait ainsi partie des 15 pays “méga-divers”, c’est- à-dire ceux qui abritent la plus importante biodiversité. Cependant la France n’est pas épargnée par la crise d’extinction de la biodiversité : elle est présente dans 5 des 36 « points chauds » de la planète, des zones à haute concentration de biodiversité mais fortement menacées (Méditerranée, Caraïbes, Océan Indien, Nouvelle-Calédonie, Polynésie) et elle figure dans les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées selon la Liste rouge de l’UICN. Avec l’accueil du Congrès mondial de l’UICN, la France a donc une responsabilité de premier plan à mettre en avant pour la préservation des richesses naturelles de la planète et impulser une nouvelle dynamique mondiale, en tant que pays majeur de la coopération internationale. DES INFORMATIONS EN CONTINU SUR TWITTER Durant le congrès des actualités seront publiées sur le compte Twitter du Comité français de l’UICN @UICNfrance. Vous pourrez vous aussi réagir sur le Congrès et suivre son actualité avec le hashtag #CongresUICNFrance Plus d’informations – Le programme – Le compte Twitter du Comité français de l’UICN – La page dédiée au Congrès français de la nature 2019 – Pour toute question, veuillez envoyer un message à l’adresse : congres2019@uicn.fr Nota : Les inscriptions sont closes
Mobilisation des collectivités françaises pour le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020

Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui une brochure à destination des collectivités territoriales pour qu’elles participent au Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 et renforce à cette occasion leur engagement sur la biodiversité. Cet évènement international, qui aura lieu du 11 au 19 juin 2020 à Marseille, est une occasion unique pour les collectivités de participer aux efforts mondiaux pour la préservation de la biodiversité et valoriser leurs intiatives. Le dernier rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) publié en mai 2019 a, une fois de plus, tiré la sonnette d’alarme : un million d’espèces animales et végétales, terrestres ou marines, soit une sur huit, sont menacées de disparition dans les prochaines décennies. Les activités humaines sont désignées comme principales responsables. Il est primordial d’engager un véritable « changement transformateur » pour faire de la restauration et de la protection de la nature une priorité absolue et collective. 2020 sera l’année du Congrès de l’UICN en France et de la COP15 de la Convention sur la Diversité Biologique en Chine, durant laquelle il faudra fixer de objectifs précis et des engagements ambitieux pour la prochaine décennie. Les collectivités et leurs réseaux ont un rôle essentiel à jouer dans cette mobilisation. A ce titre, le Comité français de l’UICN invite les collectivités à se rendre au Congrès mondial de l’UICN 2020, un évènement international incontournable en matière de conservation de la nature. Il sera l’occasion pour elles d’échanger avec les acteurs de nombreux pays, rencontrer des experts, découvrir des actions engagées à travers le monde, bénéficier de retours d’expériences, connaitre de nouvelles initiatives, améliorer ses connaissances et valoriser leur engagement. Cette brochure fournit toutes les clés de compréhension de l’évènement : sa structure et ses temps forts (Forum, Assemblée des Membres, Espace Génération Nature) ainsi que les décisions importantes prises et ses effets dans le domaine de la conservation de la nature. La brochure présente aussi le rôle actif que tient le Comité français de l’UICN dans la préparation des Congrès mondiaux de l’UICN, tant dans la proposition de motions que dans l’organisation d’évènements pour le Forum. Le Comité français de l’UICN encourage également les collectivités à poursuivre et renforcer leur engagement par des actions concrètes et ambitieuses à l’occasion du Congrès mondial de l’UICN. La publication présente 10 outils du Comité français de l’UICN pour appuyer la mobilisation des collectivités dans la perspective de 2020 et au-delà : – Initiatives Innovantes – Indicateurs de biodiversité – Stratégies régionales pour la biodiversité – Coopération décentralisée – Liste rouge des Espèces menacées – Liste Rouge des Ecosystèmes – Solutions fondées sur la Nature – Liste verte des aires protégées – Services Ecosystémiques – Energies renouvelables & biodiversité – Espèces Exotiques Envahissantes La brochure présente aussi plusieurs exemples de ses outils mis en pratique par les collectivités et que le Comité français de l’UICN accompagne tels que : – La Ville de Marseille est engagée, dans la mise en place d’une stratégie locale partenariale en faveur de la biodiversité dont l’élaboration repose sur un processus de concertation de tous les acteurs du territoire. – Le Département des Bouches du Rhône, travaille à la mise en place d’un jeu d’indicateurs de biodiversité à l’échelle départementale, dans le cadre de l’élaboration et la mise en œuvre de sa future stratégie pour la biodiversité. – La Région Nouvelle Aquitaine est aussi en cours d’élaboration de sa Stratégie régionale pour la biodiversité avec les acteurs du territoire. Le Comité français est déjà engagé dans la préparation de 2020 et organise son Congrès français de la nature, le 12 juin 2019 à Marseille. Il constituera un point d’orgue dans la préparation et la mobilisation françaises. PLUS D’INFORMATIONS – Télécharger la brochure « LES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES AU CONGRÈS MONDIAL DE LA NATURE DE L’UICN 2020 – Quels enjeux, quels engagements ? » – Contacts : Florence CLAP – Chargée de Programme ‘Politiques de la Biodiversité’ Clémence MARRET – Chargée de Mission ‘Collectivités territoriales & Biodiversité’ – Le programme « Politiques de la biodiversité » du Comité français de l’UICN – Le site internet du Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 Photo bandeau © Jean-François Sys
La 13ème édition de la Fête de la nature est lancée !

La nouvelle édition de la Fête de la nature débute aujourd’hui ! Du 22 mai, journée internationale de la biodiversité, et jusqu’au 26 mai, un million de personnes sont attendues sur les 5 000 animations gratuites organisées partout en France pour comprendre et découvrir la nature près de chez soi. Le thème 2019 : La nature en mouvement La 13ème édition s’attachera à montrer le mouvement et toutes ses implications dans la nature. Le cycle des saisons, les mouvements des espèces et de leurs populations, la modification des écosystèmes ou encore l’évolution des paysages : à la fois fragile et surprenante, la nature bouge sans cesse et nous invite aussi à nous mobiliser pour la protéger. Si vous souhaitez y participer et trouver une manifestation près de chez, rendez-vous sur le site internet de la Fête de la Nature ou cliquez sur le programme complet. Retour sur l’évènement avant-première Mardi 21 mai se tenait la journée avant-première de la Fête de la Nature 2019 qui lançait les festivités de cette 13eédition sur la thématique de la nature en mouvement. Débutant par une balade invitant les participants à observer la nature au cœur du quartier du Marais à Paris, de la place des Vosges aux petits jardins cachés de la rue des rosiers, suivie d’une conférence de presse animée par François Letourneux, président d’honneur du Comité français de l’UICN et président de la Fête de la nature, avec Fabien Chenel et Julie Paillard respectivement directeur et chargée de mission de la Fête de la Nature. Lors ce lancement officiel de l’édition 2019, Pénélope Komitès, adjointe à la Maire de Paris, chargée des Espaces verts, de la Nature, des Affaires funéraires et de la préservation de la biodiversité, Thomas Delage, chef de département Mobilisation Citoyenne à l’Agence française pour la biodiversité, Philippe de Grissac, vice-président de la LPO et Elise Ruchonnet, coordinatrice de la Fête de la Nature en Suisse sont intervenus pour présenter l’événement. Un mois après le rapport de l’IPBES alertant sur l’état de la biodiversité, ce lancement a permis de rappeler le rôle et les ambitions de la Fête de la Nature pour sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux sur la préservation du vivant. Il a également été l’occasion de mettre en lumière la mobilisation citoyenne à travers la participation massive des particuliers qui œuvrent pour la biodiversité « ordinaire » et ouvrent leur jardin au public au cours de ces 5 jours, et son déploiement dans d’autres pays comme la Suisse. Bonne fête de la nature à tous ! PLUS D’INFORMATIONS – Site internet de la Fête de la Nature – Page dédiée à la Fête de la Nature – Le programme Education et Communication de l’UICN France
L’IYOR 2018 en France : un succès pour les récifs coralliens

L’Année internationale pour les récifs coralliens (IYOR 2018) est désormais terminée. En France et dans ses outre-mer, cette année du corail a été féconde et a permis d’aller à la rencontre d’un public très varié qui a pu découvrir ou redécouvrir les enjeux de la préservation de récifs coralliens et de ses écosystèmes associés (mangroves et herbiers). Cette célébration internationale a également été l’occasion de favoriser les échanges entre les acteurs impliqués dans la conservation des océans (associations, centres de recherche, organismes publics, etc.) pour ainsi rassembler sous le label IYOR 2018 tous les efforts de sensibilisation, donnant de l’amplitude à un message commun : il est urgent d’agir pour conserver les récifs coralliens, mangroves et herbiers. L’IYOR 2018 EN FRANCE : Un succès pour les récifs coralliens 4 à 5 millions de personnes touchées Plus de 50 actions de sensibilisation (conférences, sorties, expositions, etc.) à destination du milieu scolaire, du grand public, mais aussi des parlementaires, des élus locaux et des socio-professionnels ont été organisés en France. 26 organisateurs différents Le panel d’acteurs ayant participé à l’IYOR 2018 concerne aussi bien les associations de protection de la nature tels que Conservation International (Nouvelle-Calédonie), France Nature Environnement, Coral Guardian ou encore Te mana o te moana (Polynésie Française), que les établissements publics comme le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), le CRIOBE, Océanopolis, l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Ce sont au total 58 actions de sensibilisation (dont 30 en Outre-mer et 28 en métropole) qui ont été réalisées. A titre d’exemple on peut citer : La « 2ème édition de la Fête de l’Océan » au Palais de la Porte Dorée L’exposition photographique « Récifs coralliens : un enjeu pour l’humanité » d’Alexis Rosenfeld et Alexie Valois Le Colloque « Récifs coralliens, des solutions pour aujourd’hui et pour demain » de la Fondation pour la Recherche et la Biodiversité (FRB) La découverte du milieu marin par des élèves de CM2 à Wallis et Futuna – Comité local de l’Initiative Française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR) Le Comité français de l’UICN a travers son programme Outre-mer a participé activement à la promotion de cette Année Internationale pour les Récifs Coralliens avec la diffusion d’un Calend’Art labellisé IYOR2018, des évènements destinés aux parlementaires, la Palme IFRECOR 2018, etc. Toutes ces actions ont fait l’objet d’une analyse et a permis d’identifier plusieurs enseignements. Cette analyse et l’inventaire des 58 actions sont disponibles en téléchargement. PLUS D’INFORMATIONS – La page dédiée à l’IYOR 2018 – L’infographie des chiffres clés en français et anglais – L’analyse de l’IYOR 2018 en France – L’inventaire des actions françaises – Le site internet de l’IFRECOR – Liste des évènements IYOR 2018 au niveau international – Le Programme Outre-mer de l’UICN France Photo bandeau © The Ocean Agency / Xl Catlin Seaview Survey
Le rapport mondial de l’IPBES confirme le déclin alarmant de la nature

« La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier », alerte le nouveau et historique rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), dont le résumé a été approuvé lors de la 7ème session plénière de l’IPBES, qui s’est réunie la semaine dernière (du 29 Avril au 4 mai) à Paris. « La santé des écosystèmes dont nous dépendons, ainsi que toutes les autres espèces, se dégrade plus vite que jamais. Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier » a déclaré le président de l’IPBES, Sir Robert Watson. « Le rapport nous dit aussi qu’il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial », a-t-il ajouté « Grâce au « changement transformateur », la nature peut encore être conservée, restaurée et utilisée de manière durable – ce qui est également essentiel pour répondre à la plupart des autres objectifs mondiaux. Par «changement transformateur », on entend un changement fondamental à l’échelle d’un système, qui prend en considération les facteurs technologiques, économiques et sociaux, y compris en termes de paradigmes, objectifs et valeurs. Les États membres de la plénière de l’IPBES ont reconnu que, par sa nature même, un changement transformateur peut susciter une opposition de la part de ceux qui ont des intérêts attachés au statu quo, mais également que cette opposition peut être surmontée pour le bien de tous. Le rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques est le document le plus exhaustif réalisé à ce jour. Il s’agit du premier rapport intergouvernemental de ce type. Il s’appuie sur l’évaluation historique des écosystèmes pour le millénaire (Millenium Ecosystem Assessment) de 2005 et introduit de nouveaux moyens pour d’évaluation des preuves. Élaboré par 145 experts issus de 50 pays au cours des trois dernières années, avec des contributions additionnelles apportées par 310 autres experts, le rapport évalue les changements au cours des cinq dernières décennies et fournit un aperçu complet de la relation entre les trajectoires de développement économique et leurs impacts sur la nature. Le document propose également un éventail de scénarios possibles pour les décennies à venir. Basé sur une revue systématique d’environ 15 000 références scientifiques et sources gouvernementales, le rapport s’appuie aussi (et pour la première fois à une telle échelle) sur les savoirs autochtones et locaux, et aborde en particulier les questions concernant les peuples autochtones et les communautés locales. « Les contributions apportées par la biodiversité et la nature aux populations sont notre patrimoine commun et forment le plus important ’filet de sécurité’ pour la survie de l’humanité. Mais ce filet de sécurité a été étiré jusqu’à son point de rupture », a déclaré la professeure Sandra Díaz (Argentine), qui a co-présidé l’évaluation avec les professeurs Josef Settele (Allemagne) et Eduardo S. Brondízio (Brésil et États-Unis). « La diversité au sein des espèces, entre les espèces et celles des écosystèmes, ainsi que de nombreuses contributions fondamentales qui proviennent de la nature se dégradent rapidement, même si nous avons encore les moyens d’assurer un avenir durable aux êtres humains et à la planète.» Le rapport estime qu’environ 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, notamment au cours des prochaines décennies, ce qui n’a jamais eu lieu auparavant dans l’histoire de l’humanité. Depuis 1900, l’abondance moyenne des espèces locales dans la plupart des grands habitats terrestres a diminué d’au moins 20 % en moyenne. Plus de 40 % des espèces d’amphibiens, près de 33 % des récifs coralliens et plus d’un tiers de tous les mammifères marins sont menacés. La situation est moins claire pour les espèces d’insectes, mais les données disponibles conduisent à une estimation provisoire de 10 % d’espèces menacées. Au moins 680 espèces de vertébrés ont disparu depuis le 16ème siècle et plus de 9 % de toutes les races domestiquées de mammifères utilisées pour l’alimentation et l’agriculture avaient disparu en 2016, et 1 000 races de plus sont menacées. « Les écosystèmes, les espèces, les populations sauvages, les variétés locales de plantes et les races locales d’animaux domestiques diminuent, se réduisent ou disparaissent. Le tissu vivant de la Terre, essentiel et interconnecté, se réduit et s’effiloche de plus en plus », a déclaré le professeur Settele. « Cette perte est la conséquence directe de l’activité humaine et constitue une menace directe pour le bien-être de l’humanité dans toutes les régions du monde. » Pour accroître la pertinence politique du rapport, les auteurs de l’évaluation ont classé, pour la première fois à une telle échelle et sur la base d’une analyse approfondie des données disponibles, les cinq facteurs directs de changement qui affectent la nature et qui ont les plus forts impacts à l’échelle mondiale. Les facteurs responsables sont, par ordre décroissant : (1) les changements d’usage des terres et de la mer ; (2) l’exploitation directe de certains organismes ; (3) le changement climatique ; (4) la pollution et (5) les espèces exotiques envahissantes. Le rapport souligne que, depuis 1980, les émissions de gaz à effet de serre ont été multipliées par deux, provoquant une augmentation des températures moyennes mondiales d’au moins 0,7 degré Celsius. Le changement climatique a déjà un impact sur la nature, depuis le niveau des écosystèmes jusqu’à celui de la diversité génétique – impact qui devrait augmenter au cours des décennies à venir et, dans certains cas, surpasser l’impact dû au changement d’usage des terres et de la mer et des autres facteurs de pression. En dépit des progrès réalisés pour conserver la nature et mettre en œuvre des politiques en faveur de celle-ci, le rapport met aussi en évidence que les trajectoires actuelles ne permettent pas d’atteindre les objectifs mondiaux visant à conserver et exploiter durablement la nature. Les objectifs pour 2030 et au-delà ne pourront
Congrès français de la nature 2019 : En route pour 2020

La France accueillera en juin 2020 à Marseille le Congrès mondial de la nature de l’UICN. Le Comité français de l’UICN joue un rôle actif dans la préparation de cet événement international en coordonnant la contribution des membres et experts français. Point d’orgue de cette préparation, le Congrès français de la nature qui se tiendra le 12 juin 2019 à Marseille, permettra de faire un point complet sur la mobilisation française et de finaliser les projets de motions qui seront soumis à l’Assemblée Générale mondiale de l’UICN. Le Congrès français de la nature réunira le 12 juin 2019 à Marseille les représentants des organismes membres et experts du Comité français de l’UICN, les collectivités et entreprises partenaires, des représentants du gouvernement français et des représentants du Secrétariat international de l’UICN. Il permettra aussi de connecter la mobilisation nationale pour le congrès mondial avec celle lancée au niveau local, en invitant les acteurs locaux, départementaux et régionaux impliqués. Il fait suite à la mobilisation vers le Congrès mondial lancée au dernier Congrès français de la nature en juin 2018 à Paris. L’une des contributions importantes au congrès mondial est la proposition de motions adoptées par l’Assemblée Générale de l’UICN. Les motions prennent la forme de résolutions lorsqu’elles s’adressent à l’UICN (Secrétariat mondial, commissions, membres) et de recommandations lorsqu’elles s’adressent à un tiers (Etats, ONU, Union Européenne, conventions et organisations internationales, ONG, collectivités locales, entreprises…). Ce sont donc des propositions qui permettent d’influer sur les actions menées par l’UICN dans le cadre de son programme mondial et/ou qui permettent à l’UICN de prendre des positions et d’adresser des messages sur des sujets importants pour la conservation de la nature. 26 projets de motions proposés par le Comité français de l’UICN sont actuellement en cours d’étude et de rédaction par des groupes d’échanges transversaux créés spécifiquement pour leur préparation. Ils seront présentés pour finalisation au prochain Congrès français de la nature au cours d’ateliers. L’événement présentera aussi les dernières informations sur l’organisation du congrès mondial, qui font l’objet d’échanges réguliers entre le Comité français et le Secrétariat international de l’UICN, et d’un débat sur la mobilisation des acteurs pour 2020. Dans le cadre de la feuille de route qu’il s’est fixée, le Comité français travaille également sur de nombreux autres volets de la préparation du congrès mondial : l’identification d’événements pour le forum (1ère partie du congrès mondial), l’appui à la conception des Espaces Générations Nature ouverts gratuitement au grand public, la mobilisation des acteurs locaux, la préparation d’opérations de sensibilisation de la jeunesse, la formulation de propositions pour renforcer la dimension éthique de la conservation au congrès, la mobilisation des collectivités locales au niveau national et plus particulièrement à travers la stratégie biodiversité de la Ville de Marseille et celle du Département des Bouches du Rhône, l’engagement des entreprises avec ses partenaires et grâce à l’initiative Act4nature, et la mobilisation des outre mer. Le Comité français de l’UICN a aussi engagé des échanges avec les autres comités nationaux européens dans la perspective du Forum Régional Européen (1 au 3 juillet 2019 à Rotterdam, Pays-Bas) pour la préparation européenne du congrès mondial. Plus d’informations – Les 26 projets de motions – La page dédiée au Congrès 2019 – Retour sur le Congrès français de la nature 2018 – Accéder à la page dédiée à tous les Congrès français de la nature – Toutes les recommandations de l’UICN France aux précédents Congrès mondiaux – Le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 – Les Congrès mondiaux de la nature de l’UICN NB : LES INSCRIPTIONS AU CONGRÈS FRANÇAIS DE LA NATURE SONT CLOSES
5 nouveaux sites français sur la Liste verte des aires protégées de l’UICN

L’UICN a inscrit six nouveaux sites – dont cinq situés en France – sur sa liste verte des aires protégées. La France est à ce jour le pays qui compte le plus grand nombre de sites lauréats dans le monde. Lancée en 2014, la Liste verte des aires protégées de l’UICN est un label international qui vise à reconnaître à travers le monde, des aires protégées qui sont gérées équitablement et efficacement, avec des impacts positifs sur la nature et les sociétés. Ce standard fournit une référence mondiale en matière de gestion efficace et de gouvernance de qualité, qui incite à améliorer la performance et l’atteinte des objectifs de conservation. Pour être inscrit sur la Liste verte, un site doit en effet répondre à 17 critères d’excellence en matière de gouvernance, de gestion, de planification et de résultats de conservation. Au cours de sa dernière session en date du 20 mars 2019, le Comité international de la Liste verte a inscrit six nouveaux sites : la réserve de biosphère Isla San Pedro Mártir au Mexique et cinq sites français, à savoir le Parc national des Ecrins, la Réserve de chasse et de faune sauvage de Donzère-Mondragon, les réserves biologiques dirigées du Hochfeld et du Champ du feu, et le Parc naturel marin d’Iroise. La Liste verte compte à présent 46 sites labellisés dont 14 sont situés en France métropolitaine et d’outre-mer, faisant de notre pays celui qui rassemble le plus grand nombre de sites lauréats dans le monde. Depuis son lancement, le nombre de pays qui se sont engagés dans ce dispositif volontaire a quadruplé, passant de 8 à plus de 35, sur tous les continents. Ce sont près de 300 sites qui se sont portés volontaires pour s’engager à atteindre ce standard de qualité, parmi lesquels en France, les réserves naturelles nationales dans le Massif du Mont Blanc et un réseau d’espaces naturels sensibles dans le département de l’Essonne. D’ici 2020, l’objectif de l’UICN est d’engager au moins 1000 sites dans 50 pays, d’accroître leur performance et d’inscrire au moins 200 sites sur la Liste verte de l’UICN, démontrant des résultats de conservation réussie. Le Comité français de l’UICN poursuivra son implication dans le déploiement de la Liste verte en France en accompagnant les différents gestionnaires intéressés dans leurs candidatures à la Liste verte. Plus d’informations – L’article international de l’UICN sur ce sujet – Le programme Aires protégées du Comité français de l’UICN – Retour sur la Cérémonie nationale de la Liste verte des aires protégées de l’UICN 2018 Photo bandeau : 078856 Lagopède alpin en été – mâle face au Pelvoux © Telmon Jean-Philippe, Parc national des Ecrins
La Fête de la nature 2019 arrive bientôt !

La 13e édition de la Fête de la Nature se tiendra du 22 au 26 mai 2019 ! Le thème 2019 : “La nature en mouvement” La Fête de la Nature se déroule chaque année au mois de mai, à une date la plus proche du 22 mai, qui correspond à la journée internationale de la biodiversité. A cette occasion, des milliers de manifestations sont organisées par les réseaux publics et associatifs de protection et d’éducation à la nature, les collectivités locales, les établissements scolaires, les entreprises, les particuliers… sur tout le territoire français, en métropole et en Outre-mer, dans les villes comme à la campagne. ENVIE DE PARTICIPER À LA 12ÈME ÉDITION ? Trouvez une manifestation près de chez en découvrant le programme complet en vous rendant sur le site internet. ENVIE DE PROPOSER UNE MANIFESTATION ? Vous avez jusqu’au 15 mai pour inscrire votre événement en vous rendant sur la page “coins des organisateurs”. ET AUSSI : Des coups de coeur : Cette année, et pour la première fois depuis la création de l’événement, l’équipe de la Fête de la Nature attribue des « Coups de cœur » aux manifestations qui se sont faites remarquées pour leur caractère original, créatif ou inédit. Ces distinctions sont attribuées pendant toute la phase de labellisation. Une manière de valoriser l’implication des organisateurs et d’encourager la multiplication des bonnes idées pour faire découvrir la nature ! Découvrir les manifestions « Coups de coeur » Les particuliers ouvrent leur jardin : Depuis plusieurs éditions maintenant, les particuliers sont toujours plus nombreux à organiser leur propre Fête de la Nature. Cette édition 2019 annonce une participation marquée des propriétaires de jardins, souvent encouragés et accompagnés par les associations de protection de la nature de proximité. Afin de répondre à cet engouement et de faciliter cette participation, un kit de communication spécial « jardins » a été créé pour la Fête de la Nature 2019. DÉCOUVREZ LE CLIP vidéo de LA FÊTE DE LA NATURE 2019 : Clip FDLN 2019 from Fête de la Nature on Vimeo. PLUS D’INFORMATIONS – Site internet de la Fête de la Nature – Page dédiée à la Fête de la Nature – Le programme Education et Communication de l’UICN France
Un arbre menacé de Nouvelle-Calédonie à l’honneur aux Floralies de Nantes

L’action de l’association Dayu Biik pour protéger le Kaori du Mont Panié (Agathis montana), arbre conifère en danger critique d’extinction sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, est mise à l’honneur cette année par le comité organisateur des Floralies Internationales de Nantes, le plus grand spectacle végétal et floral de France. Le Comité des Floralies a en effet décidé pour la première fois de mettre en avant la nécessité de conserver les espèces de flore menacées en France et dans le monde, en soutenant la participation de Dayu Biik, association accompagnée par le Comité français de l’UICN dans le cadre du programme européen BEST, à la manifestation. Les représentants de l’association feront ainsi le déplacement depuis la Province Nord de Nouvelle-Calédonie. Ils recevront les fonds collectés grâce à l’ « arbre à vœux ». Cette œuvre symbolique et participative permettra aux visiteurs de nouer un ruban de couleur, acheté à un prix symbolique, dans les branches de l’arbre afin de déposer un message de vie et d’espoir. L’association Dayu Biik est l’une des deux structures choisies par le Comité des Floralies pour être destinataire de ces fonds. Ce soutien permettra à Dayu Biik, co-gestionnaire de la Réserve de Nature Sauvage du mont Panié en Nouvelle-Calédonie, de pérenniser son programme de sauvegarde du Kaori. La kaori du mont Panié (Dayu Biik en langue local Némi) est un arbre conifère qui peut vivre plus de 1000 ans et qui revêt une importance culturelle majeure en Nouvelle-Calédonie. Endémique des plus hautes altitudes du massif du Panié, son aire de répartition mondiale est restreinte à une forêt de nuage qui s’étend sur moins de 5000ha ; c’est une espèce socle structurant l’ensemble de l’écosystème. Cet arbre remarquable est menacé par le changement climatique et l’érosion des sols due à l’activité fouisseuse des cochons envahissants. Plusieurs partenariats techniques et scientifiques, dont Conservation International, soutiennent par ailleurs Dayu Biik dans ce programme de conservation. Venez nombreux aux Floralies de Nantes et faites un geste pour sauver le kaori ! Plus d’informations Site des Floralies de Nantes Site de l‘association Dayu Biik La Liste rouge des espèces menacées en France Le programme européen BEST Photo bandeau © François Tron, Conservation International
Guide technique sur la restauration de mangrove : se fonder sur les meilleures pratiques pour ne pas se « planter » !

Le Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT) co-animé par le Comité français de l’UICN, est heureux de vous présenter son Guide technique pour la restauration de mangrove, résultat d’un travail de fond de plus de 2 ans qui a permis d’examiner et de retransmettre les meilleures pratiques au niveau international, pour mener un chantier de restauration écologique réussi. Ce guide, qui se veut le plus pratique et facile possible, peut être utilisé par quiconque souhaite se lancer dans un projet de restauration en mangrove : gestionnaire, collectivité, association… sans oublier bien sûr de se mettre d’abord en lien avec le Conservatoire du Littoral pour les territoires où il est présent et propriétaire de terrains où se situent les mangroves ! Le guide donne les clés pour identifier les différents paramètres à considérer afin de s’orienter vers l’une des deux alternatives possibles : – La restauration par colonisation naturelle (restauration du terrain, notamment des flux hydrauliques) préconisée comme approche à privilégier dans tous les cas et, – La plantation, qui peut être envisagée si la colonisation naturelle n’est pas possible (sites isolés de sources potentielles de semences par exemple) et si les conditions le permettent, parfois en complément d’autres actions de restauration de site (nettoyage, dépollution, retrait des remblais etc…). Le guide a pour vocation d’orienter vers une restauration efficace et durable, avec pour résultat le rétablissement d’une forêt de mangrove écologiquement fonctionnelle et autosuffisante. En effet, les mangroves étant soumises à de fortes pressions anthropiques (la pollution, les remblais, l’artificialisation des sols et l’urbanisation par exemple), les opération de restauration sont de plus en plus fréquentes, et ce, sur l’ensemble des territoires d’Outre-mer, souvent par le biais de chantiers de plantations qui ne sont pas toujours concluants dans la durée. En complément de ce guide, le Pôle-relais prévoit d’organiser des journées d’échange technique pour les acteurs des Antilles et de Mayotte afin d’accompagner au plus près les gestionnaires dans leurs initiatives. Plus d’informations – Pour obtenir une copie papier du guide, contactez pole-tropical@uicn.fr – Découvrir le guide technique sur la restauration de mangrove – Le Pôle-relais zones humides tropicales – Accéder au site internet du PRZHT Photo bandeau © Maxwell Ridgeway on Unsplash