Un appel à projets « Solutions fondées sur la nature en Afrique »

En Afrique, les pressions sur la biodiversité et les ressources naturelles continuent d’augmenter à l’échelle du continent. Or 62% de la population dépend directement de la bonne santé des écosystèmes et des services qu’ils rendent, dans les zones rurales. Face à ce constat, les Solutions fondées sur la Nature (SfN) sont des alternatives intéressantes pour répondre à la fois au défi de l’érosion de la biodiversité et aux autres défis sociétaux (changement climatique, sécurité alimentaire, approvisionnement en eau, développement socio-économique, etc.). En 2020, l’UICN a lancé un Standard mondial, offrant le tout premier référentiel pour les SfN. Le Programme de Petites Initiatives (PPI), géré par le Comité français de l’UICN, souhaite aujourd’hui accompagner les Organisations de la Société Civile (OSC) africaine à mettre en œuvre des projets de SfN à travers une démarche d’appropriation de ce standard mondial. LE PREMIER APPEL À PROJETS « SOLUTIONS FONDÉES SUR LA NATURE » EN AFRIQUE PILOTÉ PAR LE PPI ET LE PROGRAMME ÉCOSYSTÈMES DU COMITÉ FRANÇAIS DE L’UICN Concrètement, à travers le programme PPI, et avec le soutien de la Fondation Groupe EDF, le Comité français de l’UICN lance un appel à projets ciblé sur les « solutions fondées sur la nature » dans 5 pays : le Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Togo. Il s’agira de sélectionner, de financer et d’accompagner la réalisation des 2 meilleurs projets de SfN par des Organisations de la Société Civile locale sur une durée de 2 ans. Pourquoi les Organisations de la Sociétés Civiles (OSC) ont un rôle essentiel à jouer ? – Elles sont souvent perçues comme plus légitimes aux yeux des citoyens car ancrées dans les territoires.– Elles sont porteuses de changements et d’innovations et encouragent les approches participatives et les actions concrètes de terrain.– Elles sont donc un levier particulièrement intéressant sur lequel se reposer en matière de gestion durable des ressources naturelles. Les porteurs de projets éligibles à cet appel seront les OSC des pays cibles (Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Sénégal et Togo) ayant déjà bénéficié du PPI et travaillant à des échelles de territoires clairement déterminés et à forts enjeux de conservation de la nature. Au-delà des 2 projets retenus, cette approche permettra de sensibiliser l’ensemble des porteurs de projets à l’approche des SfN. La sélection des projets sera réalisée par un comité de sélection composé d’experts, de membres et de partenaires du Comité français de l’UICN (ONG et fondations françaises qui financent des projets dans les mêmes géographies). Plus d’informations – Le site internet PPI– Le règlement du concours est disponible ici ainsi que le modèle de fiche-résumé à compléter ici– Contact : ppi@uicn.fr– La Fondation Groupe EDF– Le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) – La Fondation MAVA– Les Solutions fondées sur la Nature photo bandeau © PPI/Choisis ta planète

TRIBUNE : Pour sauver la biodiversité mondiale, parions sur la francophonie

« L’avenir accuse le passé et convoque Prométhée à la barre » parce que demain nos enfants ne sauront peut-être plus ce qu’est le Rhinocéros noir d’Afrique, le Phoque moine de Méditerranée ou le Vison d’Europe. La sixième extinction de masse est désormais de notre temps et de notre lieu. La disparition des espèces est 10 à 100 fois supérieure au taux naturel d’extinction et elle est exclusivement liée aux activités humaines. Nous sommes face à l’un des défis mondiaux les plus importants de notre époque : la réduction de la biodiversité et des services écosystémiques qui sous-tendent la quasi-totalité des Objectifs de Développement Durable. 75 % du milieu terrestre est sévèrement altéré à ce jour par les activités humaines, de même que 60 % du milieu marin. Dans le même temps, le nombre d’espèces exotiques envahissantes a augmenté d’environ 70 % depuis 1970, tant à cause de la multiplication des échanges commerciaux que du réchauffement climatique. Des changements majeurs devront être opérés pour assurer la préservation, l’utilisation durable et la restauration de la biodiversité dont la vie humaine dépend. La perte de biodiversité n’est pas seulement un problème environnemental, elle est un défi majeur pour nos sociétés. Et sa sauvegarde doit s’appuyer sur la diversité culturelle des peuples dans une alliance renouvelée des nations pour sauvegarder ce bien commun. Avec ses 88 États et gouvernements membres et ses 300 millions de francophones dans le monde, la Francophonie peut et doit jouer un rôle déterminant pour le succès des prochaines grandes échéances internationales sur ce défi : le Congrès mondial de la nature de l’UICN et la COP 15 Biodiversité de l’ONU qui auront lieu en 2021. Plusieurs pays francophones se sont engagés dans la coalition pour la haute ambition pour la nature et les hommes, coordonnée par la France et le Costa Rica, soutenant l’objectif d’avoir un réseau d’aires protégées couvrant 30 % de la planète en 2030. Dans cet engagement, il faut soutenir une extension de la superficie des aires protégées, qui représente aujourd’hui 15,4 % sur terre et 7,6 % en mer, mais aussi la gestion efficace des aires protégées existantes et à créer. À cet effet, l’UICN a lancé la Liste verte des aires protégées pour accompagner et évaluer l’efficacité de la gestion mise en place. Aujourd’hui, plus de cinquante pays sont impliqués dans cette initiative, parmi lesquels dix sont francophones. Ce nombre est suffisant pour constituer un réseau francophone de la Liste verte, qui par l’usage commun du français, peut promouvoir son déploiement, faciliter les échanges d’expériences et contribuer in fine à améliorer la performance des aires protégées. C’est l’initiative qu’a lancée le Comité français de l’UICN avec des gestionnaires d’aires protégées d’Algérie, du Bénin, du Canada (Québec), de la Côte d’Ivoire, du Liban, de Madagascar, du Maroc, de la Suisse et de la Tunisie. Tandis que la pression des zoonoses s’accroît, nous prenons conscience que l’être humain est partie intégrante, et non surplombante, de la Nature. Il faut développer de nouvelles solidarités avec la biodiversité et agir concrètement pour sa préservation en soutenant des initiatives locales. C’est en ce sens qu’il est crucial de mobiliser davantage la société civile des pays francophones en faveur de la biodiversité. Le Programme de Petites Initiatives (PPI), géré par le Comité français de l’UICN avec les financements du Fonds Français pour l’Environnement Mondial et de la Fondation MAVA, montre que des résultats concrets peuvent être obtenus pour la conservation de la biodiversité et le développement local des populations. Depuis 14 ans, le PPI a soutenu 245 projets portés par 190 associations dans 33 pays, essentiellement en Afrique Centrale et de l’Ouest. Plus de 500 000 hectares d’aires protégées ont été créées, des espèces menacées ont vu leur protection s’améliorer, et 120 projets de création ou d’appui à de 25 filières économiques durables ont été soutenus. Notre objectif est de continuer à renforcer l’influence et la contribution de la société civile d’Afrique Centrale et de l’Ouest à la préservation de la biodiversité mondiale et à la lutte contre les changements climatiques à travers des Solutions fondées sur la Nature. En accueillant le Congrès mondial de l’UICN en septembre prochain, la France doit donner l’impulsion nécessaire et vitale pour renforcer la coalition mondiale de la conservation de la nature en développant le réseau d’expertise francophone. La francophonie est une chance, un levier essentiel pour favoriser la mobilisation des États, travailler ensemble à un programme convergent de mobilisation des acteurs de terrain, des ONG et de la société civile. Des rives du fleuve Congo aux mangroves du Sénégal, du Parc Marin de la Côte Bleue en France à la Réserve naturelle du Chouf au Liban, du grand glacier d’Aletsch en Suisse au parc national forestier de la Mauricie au Québec, nous partageons une même langue pour échanger notre savoir-faire et nos solutions afin de préserver notre patrimoine naturel commun. » Maud LELIEVRE,Présidente du Comité français de l’UICN

Congrès de l’UICN : Le Sommet mondial de la jeunesse débutera le 5 avril

À quelques mois du Congrès mondial de la nature de l’UICN, le Sommet mondial de la jeunesse de l’UICN se tiendra du 5 au 16 avril 2021. Ce Sommet virtualisé, le premier organisé par l’UICN pour la jeunesse, réunira des milliers de jeunes de 18 à 35 ans sur le thème « La Nature, notre avenir » pour qu’ils se rencontrent et échangent sur leurs expériences et leurs solutions en faveur de la conservation de la nature. Pendant deux semaines, les participants pourront prendre part à des ateliers interactifs virtuels dirigés par des jeunes et organisés en voies thématiques (changements climatiques, milieux marins et d’eau douce, technologie et innovation, droits et gouvernance…), dialogues intergénérationnels, opportunités de rencontres, etc. Le programme officiel du sommet sera bientôt disponible sur : https://www.iucnyouthsummit.org/accueil/fr Un Sommet ambitieux A son issue, les jeunes engagés dans cet évènement mondial, rédigeront la déclaration finale du Sommet, qui sera présentée à l’Assemblée des membres de l’UICN à Marseille en septembre 2021. Les conclusions du Sommet mondial de la jeunesse auront ainsi vocation à enrichir les stratégies et programmes internationaux (COP15, climat, stratégie de l’UICN pour la jeunesse, campagne de communication, etc.). Afin de favoriser la collaboration et les échanges intergénérationnels, les personnes de tous âges sont les bienvenues et la participation au Sommet est gratuite. Ce premier Sommet des jeunes est une étape dans l’ambition internationale de l’UICN d’associer davantage les jeunes à sa gouvernance et ses actions. Avec le 2ème plus grand nombre de membres de l’UICN dans le monde et ses relations avec les autres membres francophones, le Comité français de l’UICN s’est investi dans la préparation de ce sommet. Le Comité français de l’UICN, acteur de ce congrès Impliqué fortement dans l’événement, le Comité français de l’UICN sera notamment présent à travers une session principale d’échange (atelier), le jeudi 8 avril de 17h à 19h. Autour de deux invités, la Secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, Sarah El Haïry, et de l’Ambassadeur de France à l’Environnement, Yann Wehrling, le Comité français de l’UICN réunira de jeunes délégués français, issus de son réseau d’organisations membres et d’experts, et l’ensemble de la délégation française pour montrer leur engagement en faveur de la biodiversité. Plus d’informations – S’inscrire au Sommet– Le Congrès mondial de la nature de l’UICN

Conservation de la nature en Afrique : un site internet pour le PPI

6 mois en amont du Congrès mondial de la Nature de l’UICN qui sera organisé à Marseille en septembre 2021, le Programme de Petites Initiatives (PPI), géré par le Comité français de l’UICN et financé depuis 2007 par le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), met en lumière les projets des acteurs africains de la conservation de la Nature avec le lancement d’un nouveau site internet (www.programmeppi.org). RENFORCER LA VISIBILITÉ DES ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE (OSC) AFRICAINES ENGAGÉES DANS LA PRÉSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ Ce site internet répertorie les dernières actualités du programme mais aussi les 245 projets soutenus depuis 2007 en Afrique subsaharienne sur des actions concrètes sur des thématiques variées, comme par exemple la résolution des Conflits Homme-Animaux ou la création d’aires protégées communautaires. Les dernières actualités du PPI sont disponibles ainsi qu’une section spécifique pour informer sur les prochains appels à projets et processus de sélection. Ce site est l’image du PPI. Il vise à favoriser l’émergence des organisations africaines et renforcer leur visibilité. Il permet à nos partenaires, qui pour la plupart n’ont pas de site web, de disposer d’une page pour présenter leur organisation et les nombreuses actions de conservation de la nature qu’ils mènent. Nicolas Salaün, Chargé de programme Coopération internationale au Comité français de l’UICN En effet, les 190 organisations bénéficiaires du PPI disposent toutes d’une page dédiée qu’elles peuvent mettre à jour quand elles le souhaitent. La communication et la visibilité de nos actions sont aujourd’hui clés pour nous faire connaitre, en particulier des bailleurs de fonds qui peuvent soutenir nos activités en faveur de la biodiversité et du développement des populations locales.  Stephen Kankam de l’ONG Hen Mpoano, un bénéficiaire ghanéen du programme  L’objectif est de renforcer la crédibilité et la notoriété des bénéficiaires du PPI auprès des décideurs politiques et des bailleurs en valorisant les résultats du PPI, et montrer que les associations apportent des solutions et des résultats aux défis environnementaux des pays africains concernés. LE DIGITAL AU SERVICE DE LA COMMUNAUTÉ PPI Une plateforme digitale, avec un accès privé, complète le site et offre aux organisations la possibilité d’échanger des contenus (documents, forum de discussions, photothèque…) et de partager des informations sur leurs projets, permettant de capitaliser sur les meilleures pratiques. Cette plateforme sera particulièrement utile pour renforcer les liens entre les organisations et agir davantage en faveur de la protection de la biodiversité exceptionnelle en Afrique. Elle renforcera le sentiment d’appartenance à la communauté d’acteurs bénéficiaires du PPI et fournira à l’ensemble des partenaires des données et outils utiles à leur communication. Plus d’informations – Le site internet PPI– Communiqué de presse– La page dédiée au PPI– Le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) – La Fondation MAVA Photo bandeau © Alexis Huguet

Fête de la Nature 2021 : les inscriptions sont ouvertes !

La 15e édition de la Fête de la Nature, du 19 au 23 mai, sera un temps fort de mobilisation des acteurs engagés pour la biodiversité en prémices au Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se tiendra du 3 au 11 septembre à Marseille. Cette année, le thème sera « A travers mille et un regards » et les inscriptions sur fetedelanature.com sont ouvertes !  Particuliers, associations, collectivités, entreprises… rejoignez le plus grand mouvement nationale de célébration de la nature et prenez dès à présent part à cette nouvelle édition ! Pour tout savoir sur l’organisation et l’inscription d’une manifestation à l’occasion de la Fête de la Nature 2021, l’association propose un nouveau Guide de l’organisateur. Vous avez jusqu’au 12 mai* pour enregistrer votre proposition qui sera évaluée par l’équipe de la Fête de la Nature en vue de sa labellisation. Toutes les animations validées apparaîtront dans la programmation en ligne à partir de mi-avril. *Un conseil : plus tôt vous demanderez la publication de votre manifestation, plus elle aura de chance d’être repérée pour être valorisée au sein du programme. Le respect du thème annuel n’est pas obligatoire. Vous êtes libres de proposer le sujet qui vous inspire, à condition que votre animation respecte les critères inscrits dans la charte de la Fête de la Nature. Plus d’informations – Le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 et la Fête de la nature– Le site internet de la Fête de la nature– Le Guide de l’organisateur– A propos du Comité français de l’UICN et de la Fête de la nature– Le programme Education et communication

Renforcement de la justice environnementale

Le Comité français de l’UICN salue la spécialisation des magistrats et des juridictions en matière d’environnement et appelle le gouvernement à réhausser ses propositions de nouvelles incriminations dans le projet de loi climat et convention citoyenne. La réponse pénale à la criminalité environnementale est très majoritairement constituée par des alternatives aux poursuites qui ne facilitent pas l’accès des victimes à la justice répressive et à la réparation du préjudice écologique au point où le procureur général près la Cour de cassation a pu évoquer « une dépénalisation de fait du droit de l’environnement ». La criminalité environnementale est pourtant loin d’être résiduelle. Le rapport de la mission d’inspection « Une justice pour l’environnement », publié en octobre 2019, recense entre 19 400 et 22 000 procès-verbaux d’infractions délictuelles transmis aux parquets liés aux atteintes à l’environnement sur la période 2012 à 2018. En 2018, les établissements ayant fusionné au sein de l’Office français de la biodiversité (Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et Agence française pour la biodiversité (AFB) ont constaté plus de 15 000 infractions, dont 6 336 liées à la chasse, 1 223 liées à la gestion et à la protection du gibier, 1 317 liées à la pêche, à l’eau et aux milieux aquatiques et 745 liées à la protection des espèces animales, végétales et des habitats. Le Comité français de l’UICN, avec sa commission du droit de l’environnement et des politiques environnementales (CDPE), avait lancé dès 2015 une réflexion sur ces questions en organisant un colloque à Montpellier sur « la protection de la nature par le droit pénal ». En 2016, les membres de l’UICN ont adopté une motion (085) lors du dernier Congrès mondial de la nature (Hawaï, USA) appelant les États membres à créer des cours et tribunaux spécialisés pour l’environnement. Afin de concrétiser cette recommandation, le Comité français de l’UICN avait lancé en 2017 un appel visant à spécialiser les juges pour l’environnement, partagé par une vingtaine d’organisations de protection de la nature ou des animaux. Depuis, le Comité français de l’UICN a été étroitement associé aux travaux de la mission d’inspection « Une justice pour l’environnement » destinés à formuler des propositions d’amélioration du traitement judiciaire des atteintes à l’environnement. Cet appel du Comité français de l’UICN aboutit ainsi favorablement puisque la loi du 24 décembre 2020 procède à une spécialisation des juridictions civiles et pénales en matière d’atteintes à l’environnement. Des juges spécialement formés et qualifiés traiteront désormais exclusivement ce contentieux à la fois complexe et technique, ce qui devrait permettre de remédier à ce phénomène de dépénalisation du droit de l’environnement et de relever le niveau des sanctions prononcées. Mais au-delà de ces importantes avancées, le Comité français de l’UICN estime que les premières propositions du gouvernement figurant dans le projet de loi climat et convention citoyenne qui sera discuté par le Parlement à partir de mars 2021 ne sont pas à la hauteur de la réforme institutionnelle ambitieuse qui découle de la loi du 24 décembre 2020. Le Comité français de l’UICN estime que cette réforme institutionnelle doit s’accompagner d’une refonte des principales incriminations en relevant le niveau des peines applicables aux infractions les plus graves, en consacrant un délit général d’atteinte à l’environnement et un délit de mise en danger de l’environnement. Plus d’informations – Commission Droit et politiques environnementales du Comité français de l’UICN– Rapport « Une justice pour l’environnement », page 19– Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, Flash’crim n°29, octobre 2020– Recommandation 85 adoptée en 2016 au Congrès mondial de la nature de l’UICN– Loi n° 2020-1672 du 24 décembre 2020 relative au Parquet européen, à la justice environnementale et à la justice pénale spécialisée– Contact : Florence Clap, Chargée de programme « Politiques de la biodiversité »

Fête de la nature 2021 : « A travers mille et un regards »

En prémices au Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 (Septembre 2021 – Marseille), du 19 au 23 mai 2021 sur tout le territoire français, en métropole comme en Outre-mer, dans les villes comme à la campagne, se tiendra la 15e édition de Fête de la Nature. Cette dernière année 2020 est venue confirmer un constat jusqu’ici peu abordé en société : notre rapport à la nature doit être questionné pour être repensé. Pour pallier cette crise de notre relation au vivant, il apparaît plus que jamais essentiel que les passionnés et les professionnels s’unissent pour partager la connaissance et l’expérience de la nature.    Partager votre vision de la nature avec la thématique « A travers mille et un regards » Cette édition propose de mettre l’accent sur les approches de la nature, aussi diverses soient-elles (une manière de la préserver, de l’observer, de l’étudier, de l’aimer…). Elle invite chacun à présenter son approche de la nature qu’il chérit et préserve. Espaces naturels gérés ou en libre évolution ? Nature sauvage ou cultivée ? Espèces alliées ou tenues à distance ? Paysages figés ou en mouvement ? Biodiversité sacralisée ou utilisée ? Selon que l’on soit de la ville ou de la campagne, biologiste ou agriculteur, artiste ou garde nature… la place accordée à la nature dans son quotidien et le rapport que l’on entretient avec diffèrent considérablement. Alors pourquoi ne pas partager ces divers points de vue, les expliquer, les questionner ? Il n’y a pas une nature mais des natures, à vous de montrer la vôtre ! Une fois votre projet programmé (lieu, date, déroulé…), annoncez votre manifestation dans la programmation de la Fête de la Nature. N’oubliez pas d’organiser un temps de célébration festif pour les participants (dans le respect des consignes sanitaires) Le respect (ou non) de la thématique n’influence en rien l’attribution du label. Celle-ci est imaginée pour encourager le renouvellement des manifestations, inspirer de nouvelles approches et insuffler un vent de nouveauté à chaque édition. Mais vous êtes parfaitement libres de suivre vos propres envies ! Plus d’informations – Le site internet de la Fête de la nature– Le programme Education et communication

Interview de Benjamin Bassono

Mr. Benjamin BASSONO vous êtes le Directeur Exécutif de l’association les Anges Gardiens de la Nature (Burkina-Faso) pouvez-vous nous présenter un peu votre association ? L’Association des Eco-Gardes du Burkina dénommée « LES ANGES GARDIENS DE LA NATURE » (AGN) est une association d’envergure nationale et à but non lucratif née officiellement en 2018. Elle découle de la reconversion de l’Association pour la Valorisation des Produits Locaux (AVPL) née en 2002. Elle a été créée en vue de regrouper au sein d’une même structure les personnes formées dans le cadre du décret présidentiel[1] portant modalités de recrutement des éco-gardes et conditions d’exercice de leur métier au Burkina Faso. AGN a pour objectif principal de protéger la faune, la flore et ceux qui la défendent : les éco-gardes. Pour ce faire, l’association a développé une expertise particulière en matière de professionnalisation des éco-gardes en mettant l’accent sur leur formation et leur équipement. AGN fait de l’éducation à l’environnement et travaille également à la promotion de l’éco-tourisme et des modes de consommation et de production durables. A quel moment et dans quelles circonstances avez-vous personnellement pris le parti de vous engager pour la Nature ? Issu d’une famille Gourounsi et originaire de la province du Sanguié, au Burkina Faso, je suis petit fils d’un grand éleveur de bovins et d’équidés ; dès l’âge de 6 ans, je passais mes vacances auprès de mes grands-parents dans le village de Réo (plus précisément à Goumédyr) qui m’a vu naître. Là-bas, mon plaisir était d’accompagner le plus régulièrement possible les bergers chargés de faire pâturer les troupeaux. Nous partions le matin et ne rentrions que le soir. Les pasteurs devaient chasser au quotidien pour assurer leur repas de midi. Jusqu’à l’âge de 12 ans, j’ai appris à leurs côtés. C’est avec eux que s’est forgée mon âme de broussard. Celle-ci ne m’a plus jamais quitté depuis. Quel est selon vous la plus grande victoire d’AGN ? La plus grande victoire d’AGN a été d’avoir réussi à élaborer et faire accepter le métier d’écogarde au Burkina Faso. Quelle est la personne qui est actuellement votre source d’inspiration et pourquoi ? Michel Vallier. Naturaliste taxidermiste français des Etablissements Vallier. Monsieur Vallier a donné 50 ans de sa vie à parcourir l’Afrique pour former les acteurs de la Faune dans le suivi écologique et la préparation des trophées de chasse. Il a mis en place en Afrique plusieurs éco musés pour l’éducation environnementale des élèves. Il a été pendant longtemps le défenseur de nos pays auprès des instances mondiales de gestion de la faune. Il nous quitté en 2019. Si vous étiez un animal vous seriez ? Expliquez-nous pourquoi ? Si j’étais un animal, je serais un LION. Le Lion dégage une aura certaine et exerce sur son entourage fascination, domination et autorité. Le natif du Lion a l’âme du chef, mais de ces chefs au grand cœur, à la loyauté indéfectible, comme le célèbre roi « Richard Cœur de Lion ». Très énergique, courageux et fort, et surtout optimiste, le Lion est souvent très entouré d’amis et de fidèles admirateurs. Le Lion jouit en général d’une santé robuste et d’un mental de fer. Si vous aviez un pouvoir magique que souhaiteriez-vous changer ? Faire un retour en arrière de 50 ans pour retrouver une biodiversité en meilleure santé. En effet, les pertes de biodiversité dues aux activités humaines se sont accélérées depuis 50 ans. Malheureusement aujourd’hui, cette tendance s’accentue et avec elle, la disparition des écosystèmes. Selon plusieurs sources, 25 % des espèces mondiales auront disparu avant 2050 à cause de la combinaison du réchauffement climatique et des activités de l’Homme… Quels conseils donneriez-vous aux jeunes africains qui veulent s’engager dans la vie associative au profit de la Nature comme vous ? Eviter les erreurs de leurs ainés ! Je crois que ces jeunes devront avant tout penser à prendre en compte la biodiversité dans toutes les stratégies de développement. En effet, jusqu’à présent les systèmes d’enseignement continuent de morceler et disjoindre les connaissances qui devraient être reliées. Ainsi, on forme des esprits unidimensionnels et réducteurs, qui ne privilégient qu’une dimension et en occultent les autres. Lors des dernières grandes rencontres régionales en Afrique, les gouvernements ont fait part de leur échec à atteindre les objectifs de 2010 pour la biodiversité. Selon eux, les secteurs tels que l’agriculture, la pêche, l’économie et le tourisme n’intègrent pas suffisamment les enjeux de la biodiversité, ce qui est également le cas dans bon nombre d’autres secteurs, en dehors de ceux directement liés à la biodiversité et aux problématiques environnementales en général. De nos jours, la conception des politiques relatives à la conservation de la biodiversité, qu’elle se situe au niveau global, national ou local, dicte le préalable de ce que Morin et al. (2003) appellent « percevoir les interactions et rétroactions où se mêlent et interfèrent les processus économiques, politiques, sociaux, nationaux, ethniques, religieux, mythologiques qui tissent le destin planétaire… ». Malheureusement, les systèmes d’éducation qui ont formé la plupart des élites ayant actuellement la charge de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques relatives à la conservation de la biodiversité n’ont pas imaginé d’intégrer le besoin d’émergence d’esprits aptes à saisir des problèmes fondamentaux globaux, aptes à comprendre leur complexité dans le processus d’apprentissage.

RASTOMA and WATSCON organized the 1st regional congress on marine turtles of Central and West Africa

Faced with the growing threats to marine turtles, African civil society actors are organizing themselves into networks to strengthen the protection of these emblematic and endangered species. The five species of marine turtles found in Central and West Africa are classified from « vulnerable » to « critically endangered » on the IUCN Red List. Supported by the Small Initiatives Program (PPI) managed by the French Committee of IUCN, the two ‘brother’ networks for the conservation of marine turtles, RASTOMA (Network of Actors for the Protection of Marine Turtles in Central Africa) and WASTCON (West African Sea Turtle Conservation Network), organized from 9 to 13 November 2020, in Lomé, Togo, their first regional congress on marine turtles in West and Central Africa. This congress is a key step in building a concrete and effective regional marine turtle conservation strategy along the Atlantic coasts of Africa. The two networks are joining forces to put in place a « bottom-up » approach, innovative because it is supported by civil society with the support of African regional institutions and in partnership with the states of Central and West Africa. The RASTOMA WASTCON regional congress brought together more than 60 actors, from 13 countries, committed to the preservation of marine turtles and coastal habitats in Atlantic Africa. The objective was to strengthen the dynamic of collaboration and exchanges between civil societies working on marine turtles in Central and West Africa. Members of the two networks benefited from a capacity building program based on their expressed needs. RASTOMA and WASTCON also held their respective general meetings. The two networks then came together for a strategic working session, in order to define the priorities for action that will guide future collaborations. At the end of the strategic workshop, the two networks prioritized: In the short term (within one year): (1) harmonization of ecological monitoring and data collection methods to acquire the knowledge and indicators essential for the monitoring and conservation of marine turtles; (2) the capitalization and sharing of resources and tools for environmental education and awareness in the conservation of marine turtles and their habitats; (3) capitalization and exchange of experiences on Income Generating Activities including ecotourism. And in the medium term (3 years): (1) sharing of experiences on advocacy for the strengthening of the legislative arsenal and the application of laws favorable to marine turtles and their habitats; (2) the organization of an African Symposium on the Conservation of Marine Turtles; (3) the production and distribution of a regional newsletter which will highlight the actions and news of Civil Society Organizations of the two networks. Following the strategic workshop, the participants also benefited from training sessions, organized by RASTOMA, in response to the expectations expressed by the members of the two networks: a day on monitoring marine turtles on land and at sea, an introductory workshop on the QGIS geographic information system, a round table to boost and diversify the search for funding and partnerships. The training materials for these workshops are available online on the RASTOMA website and can be downloaded here. For more information, visit www.rastoma.org