Interview d’Ekwoge Abwe
Bonjour Ekwoge. Vous êtes le responsable de l’ONG camerounaise EBO FOREST RESEARCH PROJECT. Pouvez-vous vous présenter et expliquer les motivations qui vous ont conduit à travailler dans la protection de la nature au Cameroun? Quelle est la raison principale de votre engagement sur cette cause? Merci à l’équipe du PPI de nous donner l’opportunité de parler de notre travail et de l’importance de la biodiversité de la forêt d’Ebo au Cameroun. Je suis Ekwoge Abwe, un primatologue de formation. J’ai commencé ma carrière dans la conservation en 1998, d’abord en tant qu’opérateur de Systèmes d’Information Géographique (SIG). En 2003, j’ai commencé à travailler comme assistant de recherche sur les primates sous la direction du Dr Bethan Morgan et en août 2005, j’ai eu la chance d’observer des chimpanzés casser des noix de Coula edulis à Ebo à l’aide de pierres utilisées comme des marteaux. Ce fut la première observation de ce comportement et de l’utilisation de cet outil de subsistance en dehors des chimpanzés d’Afrique de l’Ouest, et cela a ravivé mon intérêt pour les primates et en particulier les grands singes. En 2010, j’ai terminé une maîtrise en conservation des primates à l’Université d’Oxford Brookes, au Royaume-Uni, et en 2018, j’ai terminé mon doctorat à l’Université de Drexel, aux États-Unis, avec un accent sur la diversité comportementale dans deux populations de chimpanzés du Nigéria-Cameroun génétiquement distinctes dans des habitats distincts (forêt tropicale et mosaïque forêt-bois-savane). Au fil du temps, j’ai compris la diversité des espèces de primates au Cameroun, mais plus important encore, les menaces auxquelles les différentes espèces étaient confrontées dans leurs habitats naturels dans le pays. Les premiers résultats de l’enquête dans la forêt d’Ebo, par exemple, ont montré que la diversité des espèces de primates, y compris les grands singes, les autres grands mammifères et les plantes, était très élevée. En outre, les cultures et les moyens de subsistance de plus de 40 communautés adjacentes à la forêt étaient intimement liés à cette riche biodiversité. Cette matrice homme-biodiversité a façonné ma philosophie d’inclusion (en particulier des communautés de base) dans la conservation de la biodiversité. Aujourd’hui, nous collaborons avec des groupes communautaires locaux autour de la forêt d’Ebo pour promouvoir des initiatives de conservation menées par la communauté. Ebo Forest, où votre organisation concentre ses travaux depuis une vingtaine d’années maintenant, constitue un enjeu de conservation important au Cameroun : quelles sont les spécificités qui font de cette zone forestière un hotspot pour la conservation de la nature dans votre pays, et plus généralement en Afrique Centrale? À juste titre, la forêt d’Ebo et sa riche biodiversité ont une importance mondiale. L’écosystème fait partie de la forêt tropicale du golfe de Guinée et, avec les forêts adjacentes de Makombe et de Ndokbou, elles constituent l’étendue de forêt la plus intacte de cette écorégion. La forêt constitue environ 50% de la zone clé pour la biodiversité de Yabassi et séquestre 35 millions de tonnes de carbone. En termes de biodiversité, la forêt abrite 11 espèces diurnes de primates, y compris des chimpanzés du Nigeria-Cameroun (~ 20% de la population de la sous-espèce vit à Ebo, et c’est la seule population sauvage qui utilise des outils pour pêcher les termites et craquer des noix), des gorilles de l’Ouest (une population géographiquement isolée dont la taxonomie est encore inconnue), des colobes roux du Cameroun, plusieurs grands mammifères, y compris les éléphants de forêt. La diversité botanique de la forêt est importante, et 29 nouvelles espèces y ont été décrites depuis 2005, dont beaucoup sont endémiques et en voie de disparition. Plus de 40 villages entourent la forêt et leurs moyens de subsistance, leur histoire et leurs cultures sont liés à la forêt. Malgré la diversité riche et unique, ainsi que l’importance socio-économique et culturelle de la forêt, il n’y a pas de statut de protection juridique pour la forêt. À partir de 2006, le gouvernement du Cameroun a lancé un processus de classement de la forêt en parc national. Ce processus a été bloqué en grande partie en raison d’un manque de volonté politique, et en 2020, le gouvernement a lancé un autre processus, cette fois-ci pour classer la forêt en deux Unités de gestion forestière (UFA) pour l’exploitation du bois. À la suite de vives protestations de la part d’un large éventail de parties prenantes, le gouvernement a par la suite suspendu le décret qui, en juillet 2020, avait classé l’UFA 07: 006 en concession forestière et a interrompu le processus de classification de l’UFA 07: 005. Outre ces menaces liées à l’exploitation forestière, les incertitudes relatives aux options d’utilisation de la forêt, la chasse et le commerce de viande de brousse, l’exploitation forestière illégale et la destruction de l’habitat liée à l’agriculture de subsistance et agro-industrielle sont monnaie courante. Beaucoup de gens ont entendu parler d’Ebo ces derniers temps à cause de la pression sur le massif: que s’est-il passé début 2020 et où est la situation aujourd’hui? Vous avez raison, la forêt d’Ebo est devenue un enjeu majeur de conservation pour le grand public depuis février 2020 lorsque le ministre camerounais des Forêts et de la Faune a publié deux avis publics pour le classement de la forêt en deux Unités Forestières d’Aménagement (UFA) pour être exploitée. Les avis publics ont été signés en février 2020 mais n’ont été rendus publics que la veille de la première réunion de sensibilisation à Yabassi le 9 mars 2020. Compte tenu de la riche diversité culturelle, de la biodiversité et de l’importance mondiale de la forêt, il y a eu une condamnation généralisée de la proposition de classification de la forêt en concessions d’exploitation à long terme. Malgré ces protestations d’un large éventail de parties prenantes, y compris les communautés de base, les chercheurs et les défenseurs de l’environnement, le gouvernement du Cameroun a signé un décret créant l’UFA 07: 006 en juillet 2020. La persistance et la nature inébranlable des manifestations ont exhorté le gouvernement à suspendre le décret de création de l’UFA trois semaines après la
Interview of Ekwoge Abwe
Hello Ekwoge. You are the manager of the Cameroonian NGO EBO FOREST RESEARCH PROJECT. Can you introduce yourself and explain the motivations that led you to work in the protection of Nature in Cameroon? What is the main reason for your commitment to this cause? Thank you PPI for this opportunity to talk about our work and the significance of the biodiversity of the Ebo forest in Cameroon. I am Ekwoge Abwe, a primatologist by training. I began my conservation career in 1998, first as a geographic information system operator and in 2003, I started working as a research assistant on primate surveys under Dr. Bethan Morgan. In August 2005, I observed chimpanzees cracking nuts of Coula edulis in Ebo using stone hammers. This was the first observation of this subsistence tool use behavior outside western chimpanzees in west Africa, and it rekindled my interest in primates and especially great apes. In 2010, I completed an MSc in Primate Conservation at Oxford Brookes University, UK ,and in 2018, I completed my doctoral degree at Drexel University, USA with focus on behavioral diversity in two genetically distinct Nigeria-Cameroon chimpanzee populations in distinct habitats (rainforest and forest-woodland-savanna mosaic). In the course of time, I came to understand the diversity of primate species in Cameroon, but even more important, the threats the different species were facing across their natural habitats in the country. Initial survey results in the Ebo forest for example showed that the diversity of primate species including great apes, other large mammals and plants was very high. In addition, the cultures and livelihoods of more than 40 communities adjacent to the forest were intricately linked with this rich biodiversity. This human-biodiversity matrix has shaped my philosophy of inclusion (especially of grassroots communities) in biodiversity conservation. Today we collaborate with local community groups around the Ebo forest to promote community-led conservation initiatives. Ebo Forest, where your organization has been focusing its work for about twenty years now, constitutes an important conservation stake in Cameroon: what are the specificities that make this forest area a hotspot for nature conservation in your country? , and more generally in Central Africa? Rightly, the Ebo forest and it’s rich biodiversity are of global significance. The forest falls with the Gulf of Guinea rainforest, and with the adjacent Makombe and Ndokbou forests constitute the most intact tract of forest in this ecoregion. The forest constitutes ~50% of the Yabassi Key Biodiversity Area and sequesters 35 million tonnes of carbon. In terms of its biodiversity, the forest harbors 11 diurnal species of primates including Nigeria-Cameroon chimpanzees (~20% of the subspecies population lives in Ebo, and it is the only wild population that uses tools to both fish for termites and crack hard-shelled nuts), western gorilla (geographically isolated population whose taxonomic affinity is still unknown), drill, Preuss’s red colobus monkeys; several large mammals including forest elephants. The botanical diversity of the forest in high, and 29 new species to science have been described in the forest since 2005, many of which are endemic to the forest and are endangered. More than 40 villages surround the forest, and their livelihoods, ancestries and cultures are tied to the forest. Despite the rich and unique diversity, as well as the socioeconomic and cultural significance of the forest, there is no legal protection status for the forest. From 2006, the government of Cameroon initiated the process to gazette the forest into a national park. This process was stalled due largely to lack of political will, and in 2020, the government initiated another process, this time around to classify the forest into two Forest Management Units (FMU) for timber exploitation. Following staunch protests from a wide range of stakeholders, the government later suspended the decree that in July 2020 had classified FMU 07: 006 into a logging concession as well as halted the classification process of FMU 07: 005. Aside from these threats related to land use option uncertainties for the forest, hunting and bushmeat trade, illegal logging, and habitat destruction related to subsistence and agro-industrial farming are rife. A lot of people have heard about Ebo lately because of the pressure on the massif: what happened in early 2020 and where is the situation today? You are right, Ebo forest became a major focus from February 2020 when the Cameroon Minister of Forestry and Wildlife published two public notices for the classification of the forest into two Forest Management Units (FMU): FMU 07: 005 and FMU 07: 006. The public notices were signed in February 2020 but only made public on the eve the first sensitization meeting in Yabassi on March 9, 2020. Given the rich cultural- and bio-diversity, and global significance of the forest, there was widespread condemnation of the proposed classification of the forest into long term logging concessions. Despite these protests from a wide range of stakeholders including grassroots communities, researchers and conservationists, the government of Cameroon went ahead to sign a decree creating FMU 07: 006 in July 2020. The persistence and unwavering nature of protests urged the government to suspend the decree creating FMU 07: 006 three weeks after classification and to halt the process of classification of FMU 07: 005. This could be seen as a conservation victory for the Ebo forest and biodiversity protection in Cameroon as a whole. However, the threats persist, as there is no formal land use option for the forest till date. In April 2020, a group of conservationists and researchers who had or are working in Ebo forest wrote a letter to the Prime Minister of Cameroon urging the government to suspend plans to classify the forest into logging concessions, and to rather engage all stakeholders into an inclusive and transparent land use planning process to decide the best and most sustainable land use options that would cater for the socioeconomic and cultural wellbeing of local communities, as well as preserve the rich biodiversity of the area for posterity. This land use planning proposal has been supported by a
Interview de la Réserve Ornithologique de Kalissaye (ROK)
Interview auprès de M. Pathé Baldé, Conservateur de la Réserve Ornithologique de Kalissaye et de M. Jean Diassy, Président du Comité de gestion de la Réserve Ornithologique de Kalissaye. Pouvez-vous nous présentez en quelques mots la réserve : taille, intérêt écologique, types de paysages, date de création, gouvernance ? La Réserve Ornithologique de Kalissaye (ROK) est créée par décret N° 78- 809 du 28 Juillet 1978. Elle est située en Casamance, au sud du Sénégal. Elle couvrait, à sa création, une superficie de 16 ha et abrite deux ilots sableux encerclés par les eaux lors des marées hautes. Toutefois, les mouvements dunaires observés depuis quelques années ont entrainé une augmentation de la superficie de la ROK (220 ha). L’objectif principal de la création de la réserve est la conservation d’un écosystème fluviomarin complexe pour assurer une bonne reproduction des espèces côtières et marines. Il s’agit en particulier: – De protéger un écosystème complexe afin qu’il joue le rôle d’accueil des colonies nicheuses d’oiseaux et des tortues reproductrices ; – D’assurer les bonnes conditions de reproduction des oiseaux migrateurs ; – De promouvoir le tourisme et la recherche scientifique. La ROK est caractérisée par une diversité d’écosystèmes forestiers, de savanes insulaires, d’estuaires et d’une partie aquatique. La zone éco-géographique de la réserve est traversée par des bolongs et présente aussi des lagunes temporairement inondées, des marais et des vasières. Le mode de gouvernance de la réserve ornithologique implique tous les acteurs grâce à un comité de gestion : administration, communauté locale, écoles, centres d’éducation environnementales, pêcheurs, GIE des femmes, les jeunes. Ce qui lui confère une gouvernance partagée et inclusive. La réserve accueille une diversité d’espèces d’oiseaux et de tortues marines. Parmi les oiseaux, certains sont des migrateurs afrotropicaux, des migrateurs du paléarctique occidental. Ce groupe est composé de limicoles (barge à queue noire, becasseau sanderling, barge rousse, avocette élégante, bécasseau maubéche, courlis corlieu, courlis cendré, etc), les laridae (sternes royales, les sternes caspiennes, goelands railleurs, mouettes à tête grise, etc), des phalacrocoracidea (cormorans africain, grand cormoran, ), les pélicandiea (pélican gris, pélican blanc), les ardeidea (heron cendré, aigrette dimorphe, grande aigrette, etc. Côté tortues marines, on y trouve principalement des tortues vertes, mais aussi des tortue luth, tortue caouanne, tortue olivâtre, tortue imbriquée. Cette année 89 nids de tortues vertes ont été observés dans la ROK, un record ! Cette année a été particulière du fait du COVID, comment le comité de gestion et la ROK ont fait pour s’adapter et continuer à réaliser un certain nombre d’activités ? Quelles sont les leçons apprises de cette année ? En 2020, la réserve a reçu un appui du PPI à travers le projet de « consolidation de la remontée biologique des laridea et des tortues marines par le renforcement de la gouvernance de la réserve ornithologique de kalissaye au Sénégal ». Dans la mise en œuvre de ce projet, la première stratégie a été d’unifier tous les acteurs et les organes qui interviennent dans l’espace de la réserve. Ce qui a permis de formaliser un cadre unifié. Avec ce cadre unifié, les activités sont planifiées, mises en œuvre et évaluées dans un approche participatif et inclusif. Au cours de la mise en œuvre du projet, le Covid-19 est survenu. Cette pandémie a entrainé un retard dans l’exécution de certaines activités et surtout de la méfiance dans le contact avec les oiseaux migrateurs en raison du manque d’information sur les modes de transmission. Nous avons pris en compte les mesures barrières et des rencontres régulières ont permis de revoir la planification des activités pour être en phase avec le chronogramme du projet. Le COVID 19 a entrainé un confinement des pêcheurs dans leur localité. Ce qui a réduit les pressions sur les ressources marines au début de la crise. Mais rapidement, nous avons connu une arrivée forte des embarcations de pêcheurs d’autres zones. Une forte sensibilisation envers les pêcheurs est régulièrement faite par l’équipe de la ROK et le comité de gestion pour éviter l’augmentation des pressions pendant cette période. Nous prévoyons de poursuivre cette sensibilisation et de renforcer l’implication des habitants et usagers avec la constitution d’un comité Inter-villageois de suivi, de surveillance et de protection. Vous avez notamment réalisé une visite d’échange : qu’avez-vous visité et quelles ont été les leçons apprises de cette visite ? Nous remercions le PPI d’avoir soutenu cette visite d’échange qui a permis de couvrir la réserve naturelle de Popenguine, La Réserve Naturelle d’intérêt Communautaire de la Somone, L’aire Marine Protégée de Joal Fadjouth, Le Parc National de la Langue de Barbarie (St-Louis). Nous avons visités divers aspects que l’on peut résumer en 3. Il s’agit de : – La gouvernance notamment l’implication des populations locales dans les domaines de la gestion, de la planification, de la prise de décision, de la mise en œuvre, de l’évaluation et de la réorientation. – La valorisation touristique notamment la facturation des entrées dans les sites, l’hébergement des touristes. Les ressources générées par la valorisation touristique sont réparties dans les différents secteurs socio-économiques de la localité. Il s’agit de l’appui à la santé, à l’éducation, au culte, les infrastructures. Les ressources tirées de la valorisation touristique permettent aussi d’instaurer une mutuelle d’épargne et de crédit au profit des différents groupements d’intérêt – économique. – L’instauration et le respect des périodes de repos biologique. Ce qui permet à la ressource de se régénérer et de grandir. La participation et l’engouement des populations dans les activités de conservation, de suivi et de surveillance sont des aspects qui nous ont marqués au cours des échanges. Ce qui permet à la population d’acquérir des renforcements de capacités sur des domaines de la vie associative, de la biologie, de la gouvernance, du plaidoyer, de la gestion, de la communication, etc. Comment prévoyez de mettre en œuvre ces leçons par la suite dans la ROK ? Après cette visite, nous avons organisé une réunion de partage et rédigé un plan d’action pour améliorer nos capacités techniques, organisationnelles. Ce qui nous permettra d’intégrer toutes les composantes apprises dans notre vécu quotidien. L’administration de la réserve a
RASTOMA et WATSON ont organisé le 1er congrès régional sur les tortues marines d’Afrique Centrale et de l’Ouest

Face aux menaces grandissantes qui pèsent sur les tortues marines, les acteurs de la société civile africaine s’organisent en réseaux pour renforcer la protection de ces espèces emblématiques et menacées de disparition. Les cinq espèces de tortues marines présentes en Afrique Centrale et de l’Ouest sont classées de « vulnérable » à « en danger critique d’extinction » sur la liste rouge de l’UICN. Soutenus par le Programme de Petites Initiatives (PPI) géré par le Comité français de l’UICN, les deux réseaux frères de la sauvegarde des tortues marines, RASTOMA (Réseau des Acteurs de la Sauvegarde des Tortues Marines en Afrique centrale) et WASTCON (West African Sea Turtle Conservation Network), ont organisé du 9 au 13 novembre 2020, à Lomé au Togo, leur premier congrès régional sur les tortues marines en Afrique de l’Ouest et du Centre. Ce congrès est une étape clé pour la construction d’une stratégie régionale de conservation des tortues marines concrète et efficace le long des côtes atlantiques de l’Afrique. Les deux réseaux frères s’allient pour mettre en place une approche « bottom-up », innovante car portée par la société civile avec l’appui des institutions régionales africaines et en partenariat avec les états d’Afrique Centrale et de l’Ouest. Le congrès régional RASTOMA WASTCON a réuni plus de 60 acteurs, de 13 pays, engagés dans la préservation des tortues marines et des habitats côtiers en Afrique atlantique. L’objectif était de renforcer la dynamique de collaboration et les échanges entre les sociétés civiles travaillant sur les tortues marines en Afrique centrale et de l’ouest. Les membres des deux réseaux ont bénéficié d’un programme de renforcement des capacités établi en fonction des besoins qu’ils avaient exprimés. RASTOMA et WASTCON ont également tenu leurs assemblées générales respectives. Les deux réseaux se sont ensuite rassemblés pour une séance de travail stratégique, afin de définir les priorités d’action qui guideront les collaborations futures. A l’issue de l’atelier stratégique, les deux réseaux ont priorisé : A court terme (dans un délai d’un an) : (1) l’harmonisation des méthodes en matière de suivi écologique et de collecte de données pour acquérir les connaissances et les indicateurs indispensables au suivi et à la conservation des tortues marines ; (2) la capitalisation et le partage des ressources et des outils d’éducation environnementale et de sensibilisation en matière de conservation des tortues marines et de leurs habitats ; (3) la capitalisation et les échanges d’expériences sur les Activités Génératrices de Revenus dont l’écotourisme. Et à moyen terme (3 ans) : (1) le partage d’expériences sur le plaidoyer pour le renforcement de l’arsenal législatif et l’application des lois favorables aux tortues marines et à leurs habitats ; (2) l’organisation d’un Symposium Africain sur la Conservation des tortues marines ; (3) la production et la diffusion d’une Newsletter régionale qui mettra en lumière les actions et actualités des Organisations de la Société Civile des deux réseaux. A la suite de l’atelier stratégique, Les participants ont aussi bénéficier de sessions de formation, organisées par le RASTOMA, en réponse aux attentes exprimées par les membres des deux réseaux : une journée sur le suivi des tortues marines en terre et en mer, un atelier d’initiation au système d’information géographique QGIS, une table ronde pour dynamiser et diversifier les recherches de financements et de partenariats. Les supports de formation de ces ateliers sont disponibles en ligne sur le site du RASTOMA et téléchargeables ici. Pour plus d’infos, visiter le site www.rastoma.org.
Interview of Benjamin Bassono
Mr. Benjamin BASSONO you are the Executive Director of the association « Les Anges Gardiens de la Nature » (Burkina-Faso) can you present us a little bit your association? The Association of the Eco-Guards of Burkina Faso called » LES ANGES GARDIENS DE LA NATURE » (AGN) is a national non-profit association officially born in 2018. It results from the reconversion of the Association for the Valorization of Local Products (AVPL) born in 2002. It was created in order to bring together within the same structure the people trained within the framework of the presidential decree on the terms and conditions for the recruitment of eco-guards and the conditions for exercising their profession in Burkina Faso. AGN’s main objective is to protect the fauna, flora and those who defend it: the eco-guards. To do this, the association has developed particular expertise in the professionalization of eco-guards, with a focus on their training and equipment. AGN provides environmental education and also works to promote eco-tourism and sustainable modes of consumption and production. When and under what circumstances did you personally make the commitment to Nature? I come from a Gourounsi family from the province of Sanguié, Burkina Faso. I am the grandson of a great cattle and horse breeder; from the age of 6, I spent my vacations with my grandparents in the village of Réo (more precisely in Goumédyr) where I was born. There, my pleasure was to accompany as regularly as possible the shepherds in charge of grazing the herds. We would leave in the morning and only return in the evening. The shepherds had to hunt every day to ensure their midday meal. Until the age of 12, I learned at their side. It was with them that my bush soul was forged. It has never left me since. What do you think is AGN’s greatest victory? AGN’s greatest victory was to have succeeded in developing and accepting the ecoguard profession in Burkina Faso. Who is the person who is currently your source of inspiration and why? Michel Vallier. French taxidermist naturalist of Etablissements Vallier. Mr. Vallier gave 50 years of his life to travel through Africa to train wildlife actors in ecological monitoring and preparation of hunting trophies. He has set up several eco-museums in Africa for the environmental education of students. He was for a long time the defender of our countries with the world authorities of wildlife management. He leaves us in 2019. If you were an animal you would be? Tell us why? If I were an animal I would be a LION. The Lion exudes a certain aura and exerts fascination, domination and authority over his entourage. The native of the Lion has the soul of a leader, but of those leaders with a big heart and unfailing loyalty, like the famous king « Richard the Lionheart ». Very energetic, courageous and strong, and above all optimistic, the Lion is often surrounded by friends and loyal admirers. Leo generally enjoys robust health and an iron mind. If you had a magical power, what would you want to change? Go back 50 years to find a healthier biodiversity. Indeed, the loss of biodiversity due to human activities has accelerated over the past 50 years. Unfortunately today, this trend is increasing and with it the disappearance of ecosystems. According to several sources, 25% of the world’s species will have disappeared before 2050 due to the combination of global warming and human activities . What advice would you give to young Africans who want to get involved in community life for the benefit of Nature like you? Avoid the mistakes of their elders! I believe that these young people will first and foremost have to think about taking biodiversity into account in all development strategies. Indeed, until now, education systems continue to fragment and disjoin the knowledge that should be linked. Thus, we form one-dimensional and reducing minds, which privilege only one dimension and obscure the others. At recent major regional meetings in Africa, governments have expressed their failure to meet the 2010 biodiversity targets. According to them, sectors such as agriculture, fisheries, economy and tourism do not sufficiently integrate biodiversity issues, which is also the case in many other sectors, apart from those directly related to biodiversity and environmental issues in general. Nowadays, the design of policies relating to biodiversity conservation, whether at the global, national or local level, dictates the precondition for what Morin et al. (2003) call « perceiving the interactions and feedbacks where economic, political, social, national, ethnic, religious, mythological processes that weave the planetary destiny are mixed and interfered with ». Unfortunately, the education systems that have trained most of the elites currently in charge of developing and implementing biodiversity conservation policies have not imagined integrating the need for the emergence of minds capable of grasping fundamental global problems and understanding their complexity into the learning process.
Interview of Pathé BALDE, ROK
Interview with M. Pathé Baldé, Conservateur of the Kalissaye Bird Reserve and with M. Jean Diassy, President of the management comittee of the Kalissaye Bird Reserve Can you briefly tell us about the Kilassaye Bird Reserve : size, ecological interest, types of landscapes, date of creation, governance ? The Kalissaye Bird Reserve (ROK) was created by decree No. 78-809 of July 28, 1978. It is located in Casamance, in the south of Senegal. When it was created, it covered an area of 16 ha and had two sandy islands surrounded by water during high tides. However, the dune movements observed in recent years have resulted in an increase in the size of the area of the ROK (220 ha). The main objective of the creation of the reserve is the conservation of a complex ecosystem to ensure good reproduction of coastal and marine species. It concerns in particular: – To protect a complex ecosystem so that it plays the role of hosting nesting bird colonies and breeding turtles, – To ensure good breeding conditions for migratory birds, – To promote tourism and scientific research. The ROK is characterized by a diversity of forest ecosystems, island savannas, estuaries and an aquatic part. The eco-geographical zone of the reserve is crossed by bolongs and also presents temporarily flooded lagoons, marshes and mudflats. The mode of governance of the bird reserve involves all the stakeholders thanks to a management committee: administration, local community, schools, environmental education centers, fishermen, women’s economic groups, young people. It allows a shared and inclusive governance. The reserve is home to a diversity of species of birds and sea turtles. Among the birds, some are Afrotropical migrants, Western Palaearctic migrants. This group is composed of shorebirds (black-tailed godwit, sanderling, red-haired godwit, elegant avocet, red knot, whimbrel, ash curlew, etc.), laridae (king terns, caspian terns, mocking gulls, gray-headed gulls, etc), phalacrocoracidea (African cormorants, great cormorants,), pelicandiea (gray pelican, white pelican), ardeidea (gray heron, dimorphic egret, great egret, etc). On the sea turtle side, we find mainly green turtles there, but also leatherback turtle, loggerhead turtle, olive ridley turtle, hawksbill turtle. This year 89 green turtle nests were observed in the ROK, a record! This year has been special due to COVID, how have the management committee and the ROK managed to adapt and continue to carry out a number of activites ? What are the lessons learned from this year ? In 2020, the reserve received support from the PPI through the project “Consolidation of the biological recovery of laridea and marine turtles by strengthening the governance of the kalissaye bird reserve in Senegal”. By implementing this project, the first strategy has been to unify all the stakeholders that intervene in the reserve area. This made it possible to formalize a unified committee. With this unified committee, activities are planned, implemented and evaluated in a participatory and inclusive approach.During the implementation of the project, the Covid-19 occurred. This pandemic has resulted in a delay in the execution of certain activities and especially mistrust in contact with migratory birds due to the lack of information on the modes of transmission. Thus, taken into account the barrier measures and regular meetings which made it possible to review the planning of activities to be in line with the project schedule.COVID 19 has resulted in the confinement of fishermen in their locality. This reduced the pressure on marine resources at the start of the crisis. But quickly, we saw a strong influx of fishing boats from other areas. Strong sensitization towards fishermen is regularly made by the ROK team and the management committee to avoid increasing pressure during this period. We plan to continue this sensitization and strengthen the involvement of residents and users with the establishment of an inter-village committee for monitoring, surveillance and protection. You also made an exchange visit: what did you visit and what were the lessons learned form this visit ? We would like to thank the PPI for supporting this exchange visit which made it possible to cover the Popenguine nature reserve, the Somone Nature Reserve of Community Interest, the Joal Fadjouth Marine Protected Area, the Language National Park de Barbarie (St-Louis). We visited various aspects that can be summarized in 3. These are: – Governance, particularly the involvement of local populations in the areas of management, planning, decision-making, implementation, evaluation and reorientation. – Tourism promotion, in particular the paiement of entry fees to sites, tourist accommodation. The resources generated by tourism development are distributed among the different socio-economic sectors of the locality. It is about support for health, education, worship, infrastructure. The resources drawn from tourism development also make it possible to set up a savings and credit mutual society for the benefit of various interest groups – economic. – The establishment and respect of periods of biological rest. This allows the resource to regenerate and grow.The participation and enthusiasm of the populations in conservation, monitoring and surveillance activities are aspects that stood out during the discussions. This allows the population to acquire capacity building in areas of community life, biology, governance, advocacy, management, communication, etc. How do you plan to implement these lessons later in the ROK? After this visit, we organized a sharing meeting and drafted an action plan to improve our technical and organizational capacities. This will allow us to integrate all the learned components into our daily life. The administration of the reserve has already conceded openness and involvement in planning, development. This process will lead to more inclusive and responsible governance of the population in the management of the reserve. The process started in 2011 with the creation of the management committee. It is accentuated with the PPI and appears to be in its consolidation phase with the completion of this exchange visit.The exchange visit also helped to understand that community action must be based on volunteering and selflessness. We have undertaken a large campaign to inform and share these experiences in order to convince as many young people as possible about
COVID-19: PPI RAPID ACTION GRANTS FUNDS 6 CONSERVATION PROJECTS IN AFRICA

The Small-Scale Initiatives Program (PPI), managed by the French Committee of IUCN has created a rapid action grant to limit the impacts of the health crisis and secure the gains for the conservation of biodiversity in Sub-Saharan Africa. Indeed, during the global pandemic, some natural areas and some species benefited from the reduction in threats linked to human activities, but this was not always the case in certain regions of Africa. The return of the inhabitants of large metropolises to their villages of origin and a slowdown in the economy has caused a drop in their income as well as a reduction in resources for the management of protected areas. These circumstances have only increased the pressure on natural resources and endangered species, such as great apes and marine turtles. For this rapid action grant, a call for proposals launched by the PPI and 6 projects were selected for a maximum grant of € 3,500. They will take place in Benin, Cape Verde, Gabon, Niger, Democratic Republic of Congo and Senegal mainly to deal with an upsurge in poaching or to put in place measures that reduce the potential risk of transmission of the virus to Great Apes. « This is the first time that we have put in place such a response to the current crisis. It is important to support local organizations by quickly providing them with material and human resources that will allow them to regain control and not compromise the results achieved so far for the preservation of biodiversity.». Nicolas Salaün, « International Cooperation » Program Manager of the French Committee of IUCN AN EMERGENCY RESPONSE ALLOWING THE FINANCING OF CONCRETE AND RAPID ACTIONS This project responds to the unexpected situation due to the global pandemic. When developing our project we did not plan for any specific measures to prevent the spread of the disease. However, it could threaten the survival of the Grauer gorillas and chimpanzees present in the forest concessions of the local communities with which we work » Maurice Nsase from the NGO in DRC In Senegal, the closure of borders has forced fishermen to concentrate their fishing efforts on the national coast, in particular in areas usually protected such as the ornithological reserve of Kalissaye: “The high concentration of actors, boats and gear lead to an overexploitation of fishery resources which must at all costs be controlled and supervised quickly before the situation becomes irreversible ”, underlines the conservator of the reserve. More informations – Read the press release– The International Cooperation program of french Committee of IUCN– The small Initiatives Program
De nouveaux espaces forestiers sous gestion communautaire en Territoire de Walikale au Nord-Kivu en République Démocratique du Congo

Le Code forestier de la RDC en son article 22 prévoit qu’une Communauté locale peut, à sa demande, obtenir à titre de concession, une partie ou la totalité de forêts en vertu de la coutume. C’est dans le cadre de la matérialisation de cet article qu’en date du 7 juillet 2020, le Gouverneur de la Province du Nord-Kivu a signé quatre arrêtés portant attribution des concessions forestières aux communautés locales (CFCL) Banisamasi, Basengele, Bananzigha et Bafuna-Bakano, du Secteur des Bakano en Territoire de Walikale après dix huit ans d’accompagnement de ce processus par l’ONG Forêt pour le Développement Intégral (FODI) partenaire du PPI depuis la fin de l’année 2019. A ce jour la RDC, compte soixante-dix CFCL déjà attribuées aux Communautés dont sept au Nord-Kivu. D’une superficie globale d’environ 120 260 ha, ces CFCL abritent les dernières populations des gorilles de Grauer vivant en dehors du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB), et des chimpanzés ainsi qu’une grande richesse d’espèces fauniques et floristiques. Par ailleurs, trois de ces CFCL sont contigües au PNKB dans sa partie septentrionale ; ce qui contribue à renforcer la conservation de ce patrimoine mondial de l’UNESCO. La phase de gestion de ces CFCL s’annonce déjà avec plusieurs défis dans l’accompagnement des communautés locales et autochtones pour l’utilisation durable des ressources forestières, la conservation des espèces animales endémiques et le développement socio-économique.
Conservation des collines boisées, l’habitat des chimpanzés de Bossou, Guinée, l’Afrique de l’Ouest

Situées dans la Préfecture de Lola, les collines boisées de Bossou (320 ha) font partie de la Réserve Naturelle des Monts Nimba, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le couvert végétal au pied de ces collines est composé de jachères, de savanes arborées connectées à des petites forêts adjacentes qui abritent une communauté de chimpanzés, espèce en danger critique d’extinction. Bossou et les villages environnants sont un exemple rare de site où les chimpanzés et la population locale cohabitent en relativement bonne harmonie depuis plusieurs générations, partageant les ressources de la même forêt. En dépit des efforts de protection sur le long terme, les chimpanzés de Bossou sont actuellement isolés des populations de chimpanzés des Monts Nimba avoisinants, ce qui crée un sérieux problème de viabilité pour cette communauté. Les ilots de forêts naturelles qu’habritent encore ces collines ont été endommagés et l’habitat des chimpanzés a été l’objet d’une pression intense qui constitue une grave menace pour leur survie. Pour répondre au problème, l’ONG AUDER en partenariat avec le PPI apporte un appui à l’Institut de Recherche Environnementale de Bossou (IREB) dans son programme de restauration du corridor vert. Le projet vise à : (i) Accroître les connaissances des communautés sur les chimpanzés pour favoriser leur participation aux efforts de conservation; (ii) Prévenir et assurer la gestion des feux de brousse autour du corridor et dans les communautés riveraines ; (iii) Améliorer les efforts de reboisement en cours dans le corridor, réaliser les plantations agro-forestières et (iv) Valoriser les meilleures pratiques agricoles par le développement des activités génératrices de revenus (AGR). À ce jour, l’appui du PPI a permis de réaliser les activités suivantes : Accroître les connaissances des communautés sur les menaces qui pèsent sur l’habitat des chimpanzés et favoriser leur participation aux efforts de conservation. Pour accroître la connaissance des communautés sur les menaces d’extinction auxquelles sont confrontés les chimpanzés de Bossou, les superviseurs d’AUDER ont sensibilisés 1 337 personnes dans les communautés riveraines à travers les réunions, assemblées villageoises et émissions radiophoniques. Ces messages ont suscité une forte mobilisation des communautés riveraines dans la gestion des incendies et leur engagement dans la réalisation des plantations agro-forestières dans les zones de savane comme mesure de lutte contre la savanisation et les feux de brousse. Également à travers des espaces de dialogue et d’échange, AUDER regroupe les élus locaux, leaders d’opinions, services techniques et acteurs évoluant dans la zone sur les questions spécifiques de conservation. A cet effet, trois forums communautaires ont été organisés regroupant au total 101 personnes et ont permis de définir des stratégies de prévention et de gestion des feux de brousse au Monts Nimba, d’élaborer un protocole d’accord pour la protection des collines boisées. Cet accord est a été signé par l’ensemble des parties prenantes (AUDER, IREB, CEGENS, DPEEF et communautés). Prévenir et assurer la gestion des feux de brousse autour des collines boisées et du corridor et dans les communautés riveraines Les feux de brousse constituent la principale menace sur l’habitat des chimpanzés et un facteur limitant à la réalisation du programme de restauration du corridor. Pour ce faire, une brigade de feu de 40 membres a été mise en place et rendue opérationnelle à travers deux sessions de formations organisées sur mesures de prévention et de gestion des feux de brousse et les itinéraires techniques de mise en place d’une plantation agro-forestière. Également des équipements et matériels de travails ont été fournis aux membres de la brigade (brouettes, machettes, casques, lime, arrosoirs, dabas, paires de bottes, imperméables et des pairs de gants). La brigade a été structurée, elle possède les documents juridiques (le statut et règlements intérieur et l’agrément) ; elle est appuyée sur le terrain par 2 surveillants et 6 guides de l’IREB pour la prévention et la gestion des feux, l’entretien des plantations en vue d’une bonne protection du corridor. Le projet accompagne l’IREB dans la réalisation des pare feux (bande de protection de 20 m de large et 600 m de long) qui limite le corridor et dans le défrichage et le nettoyage grâce à la mobilisation des trois villages riverains (Bossou, Nyon et Serengbara). Améliorer les efforts de reboisement en cours et valoriser l’agroforesterie pour réduire la pression sur le coteau Cette action vise à produire des plants forestiers et agro-forestiers de qualité pour le reboisement des espaces dégradés et également pourvoir les villages riverains en matériel végétal performant pour la réalisation des plantations agro-forestières autour des collines boisées de Bossou et du corridor. Une pépinière de 23 000 plants agro-forestiers (café, cacao, palmier, anacardes) et quelques plants forestiers a été installée à Theassou pour la campagne de reboisement 2021 grâce à l’appui financier des partenaires du PPI. La réalisation des plantations agro-forestières doit permettre à long terme de réduire significativement les risques d’incendies dans les collines boisées, protéger les activités de reboisement déjà réalisées et d’empêcher l’avancée progressive de la savane dans la zone. Il s’agit pour AUDER de réduire les systèmes de culture sur le coteau tout en les intégrant dans les systèmes de production durable et d’assurer la promotion sociale et économique des acteurs concernés. L’appui du projet a permis de reboiser 11,5 ha dans le corridor et 21,9 ha de plantations agro-forestières réalisées autour du corridor. Cette activité s’inscrit dans une dynamique locale de conservation et d’amélioration des conditions de vie des populations riveraines du corridor. Valoriser les meilleures pratiques agricoles pour réduire la pression autour des collines boisées et du corridor AUDER apporte son appui à la reconversion et à la spécialisation de certains producteurs à travers la promotion des initiatives locales génératrices de revenus en vue de réduire la pression sur le coteau. L’intensification de la culture légumière contribue à combler les besoins en légumes de plus en plus rares et à améliorer les revenus des femmes. Dans le même contexte, l’ONG développe des aménagements riz piscicoles pour permettre de cultiver le riz et le poisson au même emplacement afin de réduire le nomadisme cultural. 134 membres des groupements maraicher, Associations Villageoises d’Epargne et
Du 19 au 23 mai, célébrons la nature partout dans le Monde !

Initiée en France en 2007 par le Comité français de l’UICN, la Fête de la Nature est l’événement annuel qui mobilise l’ensemble des acteurs engagés pour la nature. La semaine du 22 mai, journée internationale de la biodiversité, des milliers d’animations gratuites sont proposées pour découvrir les richesses naturelles près de chez soi et vivre une expérience au plus proche de la nature. Cette célébration est aujourd’hui organisée de manière structurée et régulière en France, en Suisse, aux Pays-Bas et au Québec. En 2020, plusieurs associations agissant pour la nature sur le continent africain ont rejoint le mouvement. Toutes ont proposé de multiples animations qui ont pu intégrer la programmation francophone en ligne de l’événement, initiative qu’elles tiennent à reproduire lors des prochaines éditions. En ce début d’année 2021, la Fête de la Nature lance un nouvel appel à organisation auprès des acteurs de la nature dans le Monde et convie les acteurs des PPI à prendre part à cette célébration internationale de la nature ! Forte de son expérience, l’association française de la Fête de la Nature se propose d’accompagner l’émergence d’initiatives hors de France. Elle met également à disposition des structures francophones son site internet pour leur permettre d’enregistrer leurs animations organisées entre le 19 et le 23 mai 2021. Partenaire officiel du congrès mondial de la nature de l’UICN qui se tiendra en septembre 2021 à Marseille, l’association Fête de la Nature valorisera à cette occasion l’ensemble des initiatives hors de France qui auront été proposées. Cette communication contribuera ainsi à porter l’attention sur le rapport que nous entretenons tous avec le vivant et les acteurs qui s’engagent à le préserver. Comment participer ? Téléchargez le Guide de l’organisateur destiné aux pays francophones et suivez les instructions afin de proposer des animations dans votre pays lors de la Fête de la Nature 2021. Contact : info@fetedelanature.com