La communauté internationale de la Liste verte au Parc marin de la Côte Bleue

A l’occasion du Congrès mondial de la Nature organisé à Marseille du 2 au 11 septembre 2021, le programme de la Liste verte des aires protégées a organisé la remise des labels pour les 22 espaces protégés inscrits depuis début 2019. Ce sont les élus gestionnaires du site Liste verte du Parc marin de la Côte Bleue, inscrit sur la Liste verte depuis 2018 qui ont accueilli les gestionnaires lauréats et les partenaires de la Liste verte, le temps d’une soirée de cérémonie de remise des labels le 6 septembre. La France y fut particulièrement à l’honneur puisque sur les 22 sites mondiaux récompensés, 12 sites (ou groupements de sites) français se sont vus remettre le label des mains du Président du Groupe d’experts français de la Liste verte, Jean-Philippe Siblet, impliqué dans le programme en France depuis ses débuts. Ce sont ainsi 9 réserves naturelles, 4 réserves biologiques dirigées, une réserve de chasse et de faune sauvage, un parc national, un espace naturel sensible et un site Natura 2000 qui ont reçu ce label de qualité et d’efficacité. Ces aires protégées françaises de métropole et d’Outre-mer ont à l’occasion de cet évènement pu siéger aux côtés de gestionnaires d’aires protégées suisse, coréennes, italiennes, chinoises, australiennes, vietnamienne, colombienne et mexicaine qui ont su démontrer la qualité de leur gouvernance, de leur gestion et des résultats de conservation. Ce moment de convivialité et d’échange s’est également prêté à l’officialisation de l’implication de nouveaux pays comme Madagascar, le Laos et l’Arabie Saoudite qui viendront prochainement grossir les rangs des pays engagés dans la Liste verte dans le monde et qui, pour certains, rejoindront le réseau francophone de la Liste verte. Nous félicitons ces 22 sites pour leur engagement et leur exemplarité, leur souhaitons longue vie sur la Liste verte, et nous réjouissons de l’arrivée de ces nouveaux membres au sein du réseau mondial de la Liste verte des aires protégées et conservées. C’est la promesse de futurs échanges internationaux fructueux pour le renforcement des réseaux d’aires protégées dans le monde. Plus d’informations –La Liste verte des aires protégées et conservées Photo bandeau : © Parc marin de la côte bleue

La Liste verte … en français, s’il vous plaît !

Réserve naturelle de la montagne Sainte-Victoire © T. Tortosa

Le Comité français de l’UICN et le Secrétariat international de l’UICN, avec le soutien du Département des Bouches-du-Rhône, ont organisé un atelier d’échanges techniques du réseau francophone de la Liste verte des aires protégées et conservées le 3 septembre dernier. Cet atelier a été accueilli par le conservateur et le Directeur de la Réserve naturelle géologique de la Sainte-Victoire au sein des locaux du Département des Bouches-du-Rhône, gestionnaire de ce site labellisé Liste verte en mars 2021. Au total, 54 participants sur place et en ligne ont contribué aux travaux préparatoires du réseau qui, rassemble aujourd’hui 200 membres provenant de plus de 15 pays. Les participants ont assisté à une présentation de la Réserve géologique de la Sainte-Victoire le matin. Ils ont ainsi pu se familiariser avec les caractéristiques singulières de cet espace protégé et bénéficier de retours d’expérience inspirants en matière de gestion et de planification de projets et d’actions envisagés depuis son engagement dans le Programme Liste verte. L’après-midi a permis de faire état des enjeux de conservation de la biodiversité dans l’espace francophone et de rendre compte de la place des pays et des experts francophones dans le programme de la Liste verte. Ces présentations ont mis l’accent sur les visions culturelles de la nature singulières que portent les pays francophones en plus de partager une langue commune, et qui viendront enrichir la communauté globale de la Liste verte. Elles ont été suivies de travaux en groupes pour identifier des pistes de travail prioritaires de développement du réseau, qui répondent aux attentes et aux besoins des acteurs de la Liste verte francophone : gestionnaires de sites candidats et lauréats, experts évaluateurs et accompagnateurs, partenaires du programme Liste verte dans les pays engagés. Des propositions concrètes ont émergé de ces discussions et poseront les jalons de la feuille de route du réseau, qui sera validée à l’occasion d’un prochain atelier technique. Elles concernent notamment le renforcement des capacités (formations, tutoriels, parrainages, guides, traduction de documents en français, plateforme en ligne, banque de données de l’expertise), l’établissement de groupes thématiques (enjeux biogéographiques communs, gouvernance, communication) ainsi que l’organisation d’échanges pour améliorer les procédures de la Liste verte (adaptation des indicateurs, échanges avec les têtes de réseaux d’aires protégées, relations avec les experts internationaux). Le réseau a été formellement lancé le 5 septembre 2021 à l’occasion du Congrès mondial de la Nature par la Présidente du Comité français de l’UICN, Maud Lelièvre, et le responsable du développement de la Liste verte au sein du Secrétariat international de l’UICN, Thierry Lefebvre, lors de la soirée « Pour sauver la biodiversité mondiale, parions sur la francophonie ». Plus d’informations – La Liste verte des aires protégées et conservées– La vidéo de la soirée francophone sur le Pavillon du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Réserve naturelle géologique de la Sainte-Victoire © T. Tortosa 

Congrès UICN : Les espèces de thon se rétablissent malgré les pressions croissantes sur la vie marine selon la Liste rouge de l’UICN

Marseille, France, 4 septembre 2021 (UICN) – Quatre espèces de thons pêchés commercialement sont en bonne voie de rétablissement grâce à l’application de quotas de pêche régionaux au cours de la dernière décennie, selon l’actualisation de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ publiée à l’occasion du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille. Cependant, cette reconstitution intervient dans un contexte de pressions croissantes sur les espèces marines, avec 37% des requins et des raies étant désormais menacés d’extinction dans le monde, principalement en raison de la surpêche, aggravée par la perte ou la dégradation des habitats, ainsi que des changements climatiques.   La Liste rouge de l’UICN comprend désormais 138 374 espèces dont 38 543 menacées d’extinction. « La mise à jour des de la Liste rouge de l’UICN est un signe fort que, malgré les pressions croissantes sur nos océans, les espèces peuvent se rétablir si les États s’engagent vraiment à adopter des pratiques durables. Les États et les autres actuellement réunis au Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille doivent saisir cette opportunité de renforcer leurs ambitions en matière de conservation de la biodiversité et travailler à atteindre des objectifs contraignants fondés sur des données scientifiques probantes. Ces évaluations de la Liste rouge démontrent à quel point nos vies et nos activités sont en symbiose avec notre biodiversité. » Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN Dans de la Liste rouge actuelle, les sept espèces de thon les plus pêchées commercialement ont été réévaluées. Quatre d’entre elles montrent des signes de récupération grâce à des quotas de pêche plus durables et une lutte plus efficace contre la pêche illégale mise en place par certains pays. Le thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus) est passé de la catégorie « En danger » à celle de « Préoccupation mineure », tandis que le thon rouge du Sud (Thunnus maccoyii) est passé de la catégorie « En danger critique » à celle de « En danger ». Le thon blanc (Thunnus alalunga) et le thon albacore (Thunnusalbacares) sont tous deux passés de « Quasi menacés » à la catégorie « Préoccupation mineure ». Malgré une amélioration globale à l’échelle des espèces, de nombreux stocks régionaux de thon restent gravement appauvris. Par exemple, alors que la plus grande population orientale de thon rouge de l’Atlantique, originaire de Méditerranée, a augmenté d’au moins 22% au cours des quatre dernières décennies, la plus petite population autochtone de cette espèce dans l’Atlantique Ouest, qui fraie dans le golfe du Mexique, a diminué de plus de moitié au cours de la même période. Le thon albacore continue quant à lui d’être surexploité dans l’océan Indien. « Ces évaluations de la Liste rouge sont la preuve que les approches de pêche durable fonctionnent, avec d’énormes avantages à long terme pour les moyens de subsistance et la biodiversité. Nous devons continuer à appliquer des quotas de pêche durables et à lutter contre la pêche illégale. Les espèces de thon migrent sur des milliers de kilomètres, et il est donc également essentiel de coordonner leur gestion à l’échelle mondiale. » Dr Bruce B. Collette, président du Groupe de spécialistes des thons et espadons de la CSE-UICN.  Le thon rouge du Pacifique (Thunnus orientalis) est passé de « Vulnérable » à « Quasi menacé » dans cette actualisation, en raison de nouvelles données et de modèles d’évaluation des stocks plus récents. Cette espèce reste gravement appauvrie, à moins de 5% de sa biomasse d’origine. Parmi les autres espèces de thons réévaluées dans cette actualisation de la Liste rouge figurent le thon obèse (Thunnus obesus), qui reste « Vulnérable », et la bonite à ventre rayé (Katsuwonus pelamis) qui reste dans la catégorie « Préoccupation mineure ». La Liste rouge de l’UICN mise à jour comprend également une réévaluation complète des espèces de requins et de raies dans le monde, révélant que 37% d’entre elles sont désormais menacées d’extinction, et démontrant que des mesures de gestion efficaces font défaut dans la plupart des océans du monde. L’ensemble des espèces menacées de requins et de raies sont surexploitées, 31% étant en plus affectées par la perte et la dégradation des habitats et 10% par les changements climatiques. Le dragon de Komodo menacé par les futurs impacts des changements climatiques : Le plus grand lézard vivant du monde, le dragon de Komodo (Varanus komodoensis), est passé de « Vulnérable » à « En danger » sur la Liste rouge de l’UICN. L’espèce, endémique d’Indonésie et présente uniquement dans le parc national de Komodo, classé au Patrimoine mondial, et sur l’île voisine de Flores, est de plus en plus menacée par les impacts des changements climatiques. La hausse des températures mondiales, et donc du niveau de la mer, devrait réduire l’habitat favorable au dragon de Komodo d’au moins 30% au cours des 45 prochaines années. En outre, alors que la sous-population du parc national de Komodo est actuellement stable et bien protégée, les dragons de Komodo vivant en dehors des aires protégées, sur l’île de Flores, sont également menacés par une perte d’habitat importante en raison des activités humaines en cours. Plus d’informations – L’article complet sur le site de l’UICN– Contacts : Harriet Brooker, Relations médias UICN, +44 7960241862, congressmedia@iucn.orgMatthias Fiechter, Relations médias UICN, +33 6 73 48 65 13, congressmedia@iucn.org– La Liste rouge mondiale des espèces menacées– La Liste rouge nationale des espèces menacées Photo bandeau : Photo by James Thornton on Unsplash  

Congrès de l’UICN : Un manifeste sur l’éthique de la biodiversité

L’UICN a depuis longtemps engagé une réflexion éthique et promu des valeurs fortes, influençant, grâce à ses experts, des textes internationaux comme la Charte mondiale de la nature adoptée par l’ONU en 1982, la Charte de la Terre (2000) et l’Initiative pour une Éthique de la Biosphère (2010). Affirmer la prééminence des valeurs profondes de l’institution, concevoir des slogans qui les expriment : communiquer dans le domaine de l’éthique est art difficile. Le Comité français de l’UICN a confié à son groupe de travail « Ethique en action » la mission de rédiger un manifeste qui clarifie et affirme les valeurs qui fondent sa vision : « L’avenir du vivant, nos valeurs pour l’action » est le fruit de deux années de travail d’un groupe, composé d’experts venus d’horizons géographiques et thématiques très divers (juristes, écologues, philosophes, géographes, naturalistes…).   Pourquoi un manifeste sur l’éthique, pourquoi maintenant ? Notre monde et la biosphère vivent une crise sans précédent. La COVID-19 nous invite à repenser de manière prégnante nos relations avec les autres espèces et les écosystèmes qui les hébergent. L’histoire humaine est marquée par la confrontation de systèmes de valeurs et d’intérêts contraires, par la compétition pour l’accès à des ressources, par des expansions territoriales, provoquant violences individuelles et collectives. Mais elle l’est aussi, à l’inverse, par la recherche d’intelligents compromis, par d’inlassables actions pour la paix, par des dynamiques altruistes, des engagements pour prendre soin des autres. Il faut une éthique commune, en entendant par là des valeurs et des principes d’action partagés. Une éthique qui non seulement permette de juguler les violences faites par les humains aux humains et à l’ensemble de la nature, mais qui, au-delà, ouvre la perspective d’un mieux-vivre ensemble.  Présenté au Congrès mondial de la nature de l’UICN. Ce manifeste affirme non seulement les valeurs que défend le Comité français de l’UICN mais propose un horizon vers le mieux-vivre ensemble, la convivialité entre les vivants, les humains et tous les autres, de chaque lieu à la biosphère entière. Il désire partager cette vision avec de multiples partenaires, associations, entreprises, collectivités territoriales, services de l’État… et avec les citoyens, jeunes et moins jeunes, actuels et futurs : que ces valeurs inspirent nos choix, guident nos décisions et éclairent nos actions, car il s’agit d’interagir autrement, d’habiter autrement la Terre.    Plus d’informations – Télécharger le Manifeste : Français, Anglais, Espagnol, Portugais Photo © Comité français de l’UICN

Solutions fondées sur la Nature, une réponse aux enjeux de biodiversité, climat et développement

Dans le cadre du Congrès Mondial de la Nature, le Comité français de l’UICN a rédigé une note sur les Solutions fondées sur la Nature (SfN) comme réponse aux enjeux de biodiversité, de climat et de développement dans les pays du Sud. Les Solutions fondées sur la Nature développés dès 2009 permettent à répondre à divers enjeux sociétaux comme l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques tout en répondant au bien-être humain et à la préservation de la biodiversité. Cette note revient sur l’émergence de ce concept et sa définition, en présentant le standard mondial des SfN publié en 2020, et analyse sa contribution aux enjeux de changements climatiques et de préservation de la biodiversité avec deux retours d’expériences dont celui de Planète Urgence. Etant donné la diversité́ des outils et des approches écologiques s’appliquant dans le champ des SfN et compte tenu de la popularité́ grandissante de ce concept, il apparait nécessaire de le préciser pour les organisations qui travaillent dans le secteur de la solidarité internationale et de la lutte contre les changements climatiques. En effet, l’articulation entre changement climatique et biodiversité est aujourd’hui une question essentielle, le changement climatique constituant l’une des principales menaces qui pèsent sur la biodiversité. Par ailleurs, dans les pays en développement plus qu’ailleurs, les défis liés à la protection de la biodiversité sont immenses et indissociables des enjeux de développement. C’est dans ce cadre que la Commission Climat & Développement et le groupe de travail Pays en développement & Biodiversité ont décidé de se rapprocher pour renforcer la collaboration des acteurs et imaginer des solutions communes. Cette note paraît juste avant l’ouverture du Congrès Mondial de la Nature de l’UICN, évènement majeur de mobilisation internationale avant la COP 26 sur le climat et la COP 15 sur la biodiversité organisées dans les prochains mois. PLUS D’INFORMATIONS Télécharger la note Contact : Nicolas Salaün, Chargée de programme “coopération internationale” et Magali Pausin, Chargée de mission ” Pays en développement & Biodiversité” Les Solutions fondées sur la Nature La Commission Climat & Développement Le groupe de travail Pays en développement & Biodiversité

Articles en partenariat avec les Echos Planète

En amont du Congrès mondial de la nature de l’UICN, des articles décryptant les enjeux de biodiversité et les solutions pour renforcer sa conservation, en partenariat avec le Comité français de l’UICN, sont publiés dans les Echos Planète.  

TRIBUNE « Appel pour la nature »

A l’occasion du Congrès Mondial de la nature de l’UICN (3 au 11 septembre, Marseille), les membres du Comité français de l’UICN ont publié une tribune parue dans le Journal du Dimanche. « Projetons-nous en 2030 : alors que depuis des décennies l’état de la biodiversité ne cessait de se dégrader dans le monde, les décisions fortes et historiques prises lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN, du 3 au 11 septembre 2021 à Marseille, ont permis de stopper l’érosion de la biodiversité et même commencer à rétablir son état. Nous n’avons plus déploré d’extinction d’espèces et les effectifs de celles qui étaient menacées se reconstituent progressivement. C’est le cas des mammifères marins, dont 1 espèce sur 4 était menacée en 2021, selon la liste rouge de l’UICN et alors que plus de 2 300 dauphins et phoques s’échouaient chaque année sur les côtes françaises. Nous avons investi dans la protection et la restauration des écosystèmes en reconnaissant le rôle indispensable qu’ils jouent pour le maintien de la vie sur Terre et tous les services qu’ils apportent à nos sociétés. Nos vieilles forêts d’Europe, qui ne représentaient que 1% de la superficie forestière européenne, ont été strictement protégées. Et alors que plus de la moitié des mangroves avaient disparu dans le monde, de nombreuses initiatives ont commencé à les restaurer. La planète est maintenant couverte par plus de 30% d’aires protégées sur terre et en mer contre respectivement 15,7% et 7,7% en 2021. Nous en avons créé de nouvelles sur des sites importants pour la biodiversité et pour le patrimoine géologique, et nous avons renforcé le niveau de protection pour s’assurer que nos activités n’y dégradent pas la nature. Nous les gérons quasiment toutes maintenant de façon efficace selon le standard mondial de la Liste verte de l’UICN. La nature, notre alliée pour le climat   En déployant les solutions fondées sur la nature proposées par l’UICN, nous avons efficacement contribué à limiter les effets du changement climatique. Grâce à la nature, notre alliée pour le climat, nous progressons bien vers la neutralité carbone et nous avons réduit les risques naturels comme les inondations, les sécheresses, l’érosion côtière en protégeant et restaurant nos zones humides, nos prairies et forêts, ainsi que nos littoraux. Le nombre d’incendies que nous constations en 2021, dans le sud de la France, tout comme en Grèce ou en Californie, a largement diminué. Tant pour le climat que pour la biodiversité, nous avons lutté contre la déforestation importée et nous n’importons plus que du soja, de l’huile de palme, du cacao, de l’hévéa et du bois dont la production n’a pas entraîné de déforestation. Cela a permis aussi de protéger les grands singes qui étaient tous menacés. Nous avons aussi maîtrisé l’artificialisation des sols, qui détruisait en France plus de 20.000 hectares chaque année notamment à cause de l’urbanisation, et, en mer, nous avons adopté une planification rigoureuse de nos activités et de leurs impacts cumulés. Nous avons aussi considérablement réduit les impacts de l’industrie extractive comme l’exploitation des minéraux et du sable. Nous sommes en passe de mettre fin à la surpêche, notamment en encadrant rigoureusement des dispositifs de concentration des poissons, et à la pollution plastique dans l’océan grâce à des mesures urgentes prises en 2021 et à un nouvel accord international contraignant qui a été adopté. La criminalité organisée sur l’environnement, comme le trafic illégal d’espèces menacées, a été considérée comme un crime grave. Nous avons réussi à généraliser les techniques alternatives aux pesticides de synthèse dans les espaces urbains et agricoles, notamment grâce à l’agroécologie. Et nous en voyons le résultat sur les pollinisateurs, les sols, et notre propre santé. Il faut agir et promouvoir une vision éthique de nos relations à la nature À la suite de la pandémie de Covid-19, nous avons aussi décidé d’investir dans la protection de la biodiversité comme dans une assurance santé, car nous avons compris que nos atteintes multiples à la nature favorisaient l’émergence de nouvelles maladies infectieuses. Pour obtenir ces résultats, nous avons augmenté les financements disponibles. Nous ne consacrons ainsi plus 0,2% du PIB mondial à la biodiversité, comme en 2021, mais 1%, soit 800 milliards de dollars par an. C’est une juste reconnaissance car plus de la moitié de nos activités économiques dépendent d’une nature en bonne santé. Mais pour que tout cela devienne bien la réalité de demain, il faut agir et promouvoir une vision éthique résolument nouvelle de nos relations à la nature. Donnons une impulsion forte et décisive à la protection de la biodiversité à l’occasion du Congrès mondial de la nature de l’UICN !«  Les signataires : Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN et déléguée générale des Ecomaires Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN Allain Bougrain-Dubourg, Président de la Ligue pour la protection des oiseaux Arnaud Schwartz, Président de France Nature Environnement Bruno David, Président du Muséum National d’Histoire Naturelle Véronique Andrieu, Directrice Générale du WWF France Pierre Dubreuil, Directeur Général de l’Office Français de la Biodiversité Stéphanie Clément-Grandcourt, Directrice Générale de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme Philippe Mauguin, Président Directeur Général d’INRAE (Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement) Valérie Verdier, Présidente Directrice Générale de l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) Élisabeth Claverie de Saint Martin, Présidente Directrice Générale du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) Michaël Weber, Président de la Fédération des Parcs Naturels Régionaux Christophe Lépine, Président de la Fédération des Conservatoires d’Espaces Naturels Charlotte Meunier, Présidente de Réserves Naturelles de France Louis Villaret, Président du Réseau des Grands Sites de France Agnès Vince, Directrice du Conservatoire du Littoral Gilles Kleitz, Directeur du Département des transitions écologiques de l’Agence Française de Développement et Président de la commission des aires protégées du Comité français de l’UICN Jean Jalbert, Directeur Général de la Tour du Valat Arnaud Greth, Président de Noé Emmanuel Delannoy, Secrétaire Général d’Humanité & Biodiversité David Sève, Directeur des engagements et de la Fondation de Nature &

Congrès mondial de la Nature de l’UICN : mobilisation du groupe de travail Pays en développement & Biodiversité

Le Congrès mondial de la nature de l’UICN, confirmé en format hybride, se tient du 03 au 11 septembre au Parc Chanot de Marseille. Il est décomposé en plusieurs temps forts et formats : Le 03 septembre se tiendront la cérémonie d’ouverture (format hybride) ainsi que les sommets des villes et autorités locales (format hybride), des entreprises (format hybride) et des peuples autochtones (uniquement en virtuel). Le Forum (uniquement accessible avec un pass), composé de plusieurs formats comme des e-posters (uniquement en virtuel), de sessions thématiques (en présentiel, virtuel ou au format hybride), de cafés actions nature (en présentiel) et de plénières (présentiel avec retransmission en direct), se tiendra du 04 au 07 septembre. L’espace exposition (accessible gratuitement et sans inscription de 10h à 17h30 en fonction des capacités de l’espace) est ouvert du 04 au 09 septembre et est composé de plusieurs stands et pavillons sur lesquels se dérouleront nombre d’évènements. L’assemblée générale de l’UICN (accessible avec pass mais le vote est réservé uniquement aux membres de l’UICN) se tient du 08 au 10 septembre en présentiel avec retransmission en direct. Les votes électroniques sont acceptés donc les membres n’étant pas sur place peuvent faire une procuration auprès d’autres membres ou des comités nationaux. Les Espaces Générations Nature sont ouverts au grand public gratuitement du 04 au 11 septembre et seront composés de diverses conférences, activités et stands. Pavillon du Comité Français de l’UICN Plusieurs temps forts sur le sujet Biodiversité & Développement sont prévus sur le pavillon du Comité français, dont l’inauguration du Pavillon le samedi 4 septembre de 12h à 14h, et d’autres avec la participation des membres du groupe de travail « Pays en développement & Biodiversité » dont : Les enjeux de la gestion à long terme des Aires protégées Africaines (le 4 septembre de 15h à 16h) avec Noé et Nitidae ; Les aires protégées françaises au service de la coopération internationale (le 4 septembre de 17h00 à 18h00) avec RNF, FCEN, FPNRF et les Parcs Nationaux ; Soirée : Pour sauver la biodiversité mondiale, parions sur la francophonie (le 5 septembre de 18h15 à 20h00) avec le lancement du réseau francophone Liste Verte ; Engagements pour la protection des Grands Singes (Attention : évènement hybride – SALLE DU FORUM HALL H8 – 10 (Alpilles)) (le 6 septembre de 11h00 à 12h00) avec Nicolas Hulot (FNH), Sabrina Krief (MNHN), Stéphanie Bouziges-Eschmann (FFEM), l’Alliance pour la Conservation des Grands Singes d’Afrique Centrale (AGSAC) et des OSC locales ; Vers une meilleure coexistence entre l’élevage et la grande faune sauvage (le 7 septembre de 9h30 à 10h30) avec Philippe Chardonnet (Antelope Specialist Group Co-Chair), Mamadou Karama (AGEREF Comoé-Léraba), Violeta Barrios (SCF), Brahim Haddane, (Comité Marocain de l’UICN) et Pierre Peyret (FERUS) ; Les conflits homme-faune : enseignements tirés, bonnes pratiques et solutions concrètes (le 7 septembre de 10h30 à 11h30) avec Aliénor Scrizzi (Awely, des animaux et des hommes), Grégory Breton (Panthera France), Thomas Prin (Fondation François Sommer) et Marie Nourtier (Nitidae) ; Le Programme de Petites Initiatives (PPI) : un levier d’influence pour la conservation de la biodiversité en Afrique avec des représentants des OSC soutenues par le PPI et des membres du Comité de sélection (le 7 septembre de 11h30 à 12h30)  ; Quel financement de la biodiversité dans les pays en développement ? (le 7 septembre de 18h00 à 19h00) avec Sébastien Pinchon (Parcs de Noé et Président du GT), Gilles Kleitz (AFD), Romain Calaque (R2C et membre du bureau du GT), Olivier Langrand (CEPF) et Guillaume Tati (Alliance pour la Conservation des Grands Singes d’Afrique Centrale). Pavillon France Plusieurs temps forts sur le sujet Biodiversité & Développement sont prévus sur le pavillon France avec la participation des membres du groupe de travail « Pays en développement & Biodiversité » dont : Création d’un Forum d’affaires pour la mise en place de chaines de valeur durables en Afrique (le 6 septembre à 17h en format hybride) Signature des conventions PPI et PPI OSCAN en présence de la Secrétaire d’Etat à la Biodiversité (le 7 septembre de 14h00 à 15h15) ; Mobiliser tous les acteurs pour la protection des Grands Singes (le 8 septembre de 10h30 à 11h00) Alliance pour la préservation des forêts tropicales et humides (le 8 septembre à 18h30 en format hybride) Stand Capacity Development for Conservation Plusieurs évènements seront organisés sur ce stand situés dans le Hall d’exposition en A12 dont : Renforcer la société civile en Afrique pour la conservation de la biodiversité : le Programme de Petites Initiatives le samedi 4 septembre de 10h30 à 11h15 (Espace Exposition – A12 Capacity Development for Conservation) Présence des membres sur l’espace exposition et les Espaces Générations Nature De nombreux membres seront présents au Congrès sur l’espace exposition au travers de pavillons ou de stands dont : France Nature Environnement (G15) avec un évènement sur la déforestation importée prévu le 7 septembre de 16h45 à 17h30 sur la scène centrale B avec Adeline Favrel (FNE), Aurélien Sautière (FSC France), Alain Karsenty (CIRAD), Sébastien Mabile (CF UICN) et Michèle Rivasi (EELV). Office Français de la Biodiversité (A10) Solutions Méditerranéennes (A28) LPO (L10) WWF – Post 2020 Alliance (A29) D’autres auront également un stand au sein des Espaces Générations Nature dont : L’Agence Française de Développement autour de 3 espaces de sensibilisation composés d’animations variées dont un de présentation de la biodiversité comme bien commun, un second sur les menaces pesant sur la biodiversité et un troisième sur les solutions ; L’Alliance pour la Préservation des Forêts avec des ateliers Quelle ambition pour ma planète ? et Tuto : « Quels sont les bons gestes à adopter au quotidien pour préserver notre planète ? » ; Envol Vert avec le Superbosquet ; Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme ; France Nature Environnement ; Ligue de Protection des Oiseaux ; Museum National d’Histoire Naturelle ; Office français de la Biodiversité ; Office national des forêts ; WWF France. Interventions des membres du Groupe de travail Pays en développement & Biodiversité Plusieurs membres du groupe de travail organiseront des évènements ou interviendront lors du Congrès Mondial de la Nature, que ce soit au sein du Forum, de l’espace

Interview de Jean-Marc Civière

Membre du bureau du Groupe de travail Pays en développement & Biodiversité Jean-Marc, vous travaillez aujourd’hui en tant que Responsable du développement au sein d’HUMY. Pouvez-vous vous présenter, et préciser notamment les raisons qui vous ont conduit à travailler dans la protection de la nature ? J’ai 53 ans. J’ai fait mes études dans le marketing des achats et ne suis donc pas issu d’un sérail scientifique lié à l’environnement. En 2006, j’ai eu une annus horribilis d’un point de vue professionnel et personnel avec comme point culminant le décès de ma mère. J’ai eu l’impression d’être dans une lessiveuse. J’ai perdu mes repères. Cette année fût fondamentale et charnière dans ma vie. Confronté à la mort de celle qui m’avait donné la vie, j’ai été confronté au temps qui passe et qui ne revient jamais. Que faire de ma vie à l’approche de la quarantaine ? J’ai eu ma crise un petit peu plus précocement que des quadragénaires. Ces bouleversements m’ont conduit à une réflexion profonde sur ma vie et mes choix professionnels. J’ai voulu utiliser le temps qui me reste à vivre à faire quelque chose qui me fasse vibrer. Protéger l’environnement me fait vibrer, aussi j’ai fait une dinguerie en quittant un confort relatif pour aller dans un inconfort épanouissant. J’ai créé Humy le 25 décembre 2006, comme un cadeau de Noël. Je ne connaissais rien au domaine associatif et rien au domaine environnemental. J’ai appris sur le tas avec une vision intuitive qui n’a pas changé depuis : travailler avec des partenaires locaux pour déployer une vision holistique des projets de conservation. Quel est votre parcours professionnel et quelles sont vos plus belles expériences ? J’ai travaillé dans les achats, le marketing de produits, et le développement de partenariat dans différentes structures, toujours en lien avec les composants électroniques et l’informatique. J’ai eu aussi une expérience courte de création d’entreprise. La plus belle expérience est celle que je vis maintenant, mais je ne pourrais la vivre si je n’avais pas vécu mes autres expériences antérieures. Je ne jette rien de ma trajectoire professionnelle, tout m’a servi et me sert encore aujourd’hui. Cependant, malgré les difficultés innombrables, j’ai du contentement à faire ce que je fais aujourd’hui alors que ce n’était pas toujours le cas avant. Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans la conservation de la biodiversité à l’international et en particulier dans les pays en développement ? Si l’on a conscience de l’importance de la protection de la biodiversité, il est alors naturel de travailler dans les pays en développement car très souvent la biodiversité est exceptionnelle. Les moyens financiers et parfois humains sont faibles, aussi cela devrait être une priorité de la communauté internationale de se préoccuper concrètement de projets de conservation et de protection de l’environnement dans ces pays. La sauvegarde de la biodiversité dans les pays en voie de développement est le parent pauvre de l’aide internationale alors qu’elle ne devrait pas l’être. D’une part parce que cette richesse est intégrée au patrimoine mondial terrien, d’autre part parce que protéger la biodiversité, et en particulier les écosystèmes, permet aux riverains de ces zones de ne pas s’appauvrir davantage de par les services rendus par la Nature gratuitement. Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez aujourd’hui et quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confronté dans le cadre de vos actions ? Les réalisations dont vous êtes le plus fier ? Nous travaillons conjointement avec d’autres structures à la protection d’une quinzaine d’espaces naturels remarquables au Bénin, Cambodge, Colombie, Indonésie et Madagascar. Les défis sont immenses pour chaque zone. Les stratégies ne sont pas simples à être conçues et encore moins à être déployées. Les réalités locales de certaines zones nous rattrapent bien vite. Comment œuvrer dans un cadre de corruption généralisée, de démographie importante nécessitant l’accaparement d’espaces forestiers toujours plus nombreux ? Parfois, je me sens dépassé par des situations inextricables où la bonne volonté n’est pas grand-chose face à l’avidité, la médiocrité humaine ou le désintérêt complet pour la protection de l’environnement. Tous les acteurs de taille modeste dont nous faisons partie sont confrontés à des manques de ressources humaines et financières. Nous devons être poly-compétents ce qui est difficile. Idéalement, nous devrions pouvoir intervenir avec des équipes composées de spécialistes en ethnologie, biodiversité, développement économique local, médecine, éducation, etc. Dans la pratique, à l’instar de beaucoup de mes confrères, je me contente de faire du mieux que je peux, ce qui n’est pas tout le temps à la hauteur des enjeux. Je n’ai pas de fierté par rapport à ce que j’ai pu faire à travers la structure que j’ai créée. Il m’arrive, en revanche, d’avoir du contentement. Dans notre milieu, j’ai rencontré quelques personnes abjectes, d’autres sans intérêts, mais majoritairement des personnes remarquables qui ne comptent pas leurs heures pour protéger la Nature. J’aime travailler avec des gens qui ont leurs tripes sur la table, qui ne connaissent pas forcément le chemin pour l’accomplir, mais qui ont un but simple : protéger et/ou restaurer une zone remarquable. Confrontés à des difficultés et à des avenirs parsemés de nuages plus ou moins noirs, ces moments appréciables liés au devoir accompli ne sont pas très nombreux. Je vis plutôt dans des problèmes permanents à résoudre. Concernant les projets en cours, nous avons un défi de taille actuellement au Bénin. Nous intervenons pour la protection de la forêt de Hlanzoun (connue aussi sous le nom de Lokoli) depuis quelques mois. Différentes structures ont essayé et échoué durant les 15 dernières années dans cette zone. Le contexte est complexe. Notre écologue s’est rendu sur place pendant 4 mois et a pu travailler avec les équipes d’Ecodec, notre partenaire béninois que nous avons intéressé à la protection de cette forêt. Elle est la seule d’Afrique de l’Ouest à être traversée par un cours d’eau permanent. Le nombre de problèmes à gérer est colossal. Si rien n’est fait, dans peu d’années il ne restera plus grand chose de cette forêt déjà bien amochée. Elle

Du 3 au 11 Septembre : Le Comité français de l’UICN au Congrès mondial de la nature

Dans 35 jours s’ouvrira le Congrès Mondial de la Nature de l’UICN à Marseille ! Après 4 années de préparation collective intense, mobilisant les membres du Comité français de l’UICN, ses experts, ses salariés et ses partenaires, ce Congrès sera l’évènement le plus important en matière de préservation de la nature que la France n’ait jamais accueilli. L’année 2021 sera décisive et, espérons-le, historique pour mettre fin au déclin alarmant de la biodiversité. Des décisions fortes sont attendues pour renverser la tendance et déployer massivement des solutions sur : – Les espèces menacées– Les écosystèmes (Forêts, Océan et littoraux)– Les aires protégées– Les Solutions fondées sur la Nature pour lutter contre le changement climatique– La biodiversité en outre-mer– La déforestation importée– L’artificialisation des sols– Les alternatives aux pesticides Plus de 100 évènements préparés, 18 recommandations politiques rédigées, un Pavillon organisé avec toute une programmation, une mobilisation des différents acteurs engagée, des actions de sensibilisation lancées sur ces enjeux de la biodiversité. Chaque évènement du Pavillon du Comité français de l’UICN (A19) sera animée soit par un scientifique (ONG ou organisme public), une personnalité ou un journaliste. Le fil rouge de ces évènements sera commun à l’ADN du Comité français de l’UICN : les solutions pour répondre aux enjeux de biodiversité Durant toute la durée du Congrès de l’UICN, des animations seront également proposées sur le village de la biodiversité des Espaces Génération Nature (ouvert et gratuit) Parcours thématiques – Découvrir Guide des évènements outre-mer au Congrès mondial de la nature de l’UICN– Les évènements des membres du Groupe de travail « Pays en développement et biodiversité– Les évènements liés à la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN Retrouvez le Comité français de l’UICN, ses équipes, ses membres et ses experts mobilisés pour faire de cet événement un succès pour la préservation de la planète. Plus d’informations – La page dédiée au Congrès mondial de la nature de l’UICN– Retour sur la Congrès français de la nature 2021, dernière étape de la mobilisation française avant la tenue du Congrès de l’UICN– Le Site internet du Congrès– Les Espaces Générations Nature