Invasions biologiques marines : risques et défis pour les outre-mer français

Le Comité français de l’UICN publie le premier état des lieux sur les espèces exotiques envahissantes marines à l’échelle des outre-mer. Sur cet enjeu beaucoup moins connu qu’en milieu terrestre, cette étude apporte les informations nécessaires pour mieux comprendre le phénomène, les conséquences sur les écosystèmes marins et littoraux, et propose des recommandations pour renforcer la prévention et l’anticipation des invasions biologiques marines. L’état des lieux recense une soixantaine d’espèces exotiques marines dans les collectivités françaises d’outre mer, incluant des poissons, des crustacés, des mollusques, des algues, et même une espèce de corail. La grande majorité d’entre elles a été introduite accidentellement depuis d’autres régions par les eaux de ballast des navires ou en se fixant sur les coques et les ancres. Les impacts sont préoccupants pour certaines de ces espèces introduites devenues envahissantes. Ainsi, le Poisson-lion menace l’équilibre des récifs coralliens de la Caraïbe avec des conséquences économiques négatives sur la pêche et la plante marine Halophila stipulacea tend à remplacer les herbiers sous-marins indigènes des Antilles. Et à Saint-Pierre et Miquelon, le Crabe vert constitue une menace potentielle pour la faune locale et inquiète les professionnels de l’aquaculture. A l’avenir, l’arrivée et l’installation de nouvelles espèces devrait se poursuivre avec le développement des activités portuaires, de la navigation de plaisance, de l’aquaculture marine et des changements environnementaux. Cela accentuera les risques de voir de nouvelles espèces devenir envahissantes. Pour répondre aux enjeux, la surveillance des espèces exotiques marines doit être organisée dans les sites prioritaires que sont les ports d’outre-mer, les marinas, les fermes aquacoles et les aires marines protégées. La France doit accélérer la mise en œuvre des mesures prévues par la convention internationale pour le traitement des eaux de ballast des navires. Une meilleure intégration de la problématique est nécessaire dans les documents et instances de planification des activités maritimes. L’amélioration des connaissances doit également être poursuivie pour mieux comprendre les processus complexes d’invasions biologiques en mer, identifier les espèces présentes et évaluer leurs impacts. Enfin, ces actions doivent s’accompagner d’une prise de conscience de l’ensemble des acteurs et usagers de la mer des risques associés aux invasions biologiques marines et des bons gestes à adopter. Cette étude a été réalisée par le Comité français de l’UICN dans le cadre de son initiative spécifique sur les espèces exotiques envahissantes en outre-mer. Sa réalisation a bénéficié des contributions de plus d’une quarantaine de contributeurs et du soutien de l’IFRECOR, de l’Agence française pour la biodiversité, du Ministère de la transition écologique et solidaire et du Ministère des Outre-mer. DOCUMENTS JOINTS – Communiqué de presse (décembre 2019) – Publication : UICN Comité français (2019). Espèces exotiques envahissantes marines : risques et défis pour les écosystèmes marins et littoraux des collectivités françaises d’outre-mer. État des lieux et recommandations. Paris, France. 100 pages. – Site dédié aux espèces exotiques envahissantes en outre-mer – Le programme Espèces du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Halophila stipulacea © J. Chalifour
PPI : 28 NOUVEAUX PROJETS DE CONSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ EN AFRIQUE

Le comité de sélection du Programme de Petites Initiatives (PPI) s’est réuni fin novembre afin d’étudier les nouvelles propositions qui lui ont été soumises à l’issue du dernier appel à projets et désigner les meilleures. Cet appel à projets, lancé en début d’année dans le cadre d’une extension de la cinquième phase du PPI, ciblait plus particulièrement les thématiques suivantes : la protection des espèces menacées, l’amélioration de la gouvernance territoriale, la gestion des Aires Protégées (AP) et de leurs périphéries et la lutte contre le braconnage et le commerce illégal d’espèces sauvages. Il s’adressait à des Organisations de la Société Civile (OSC) n’ayant jamais bénéficié d’un financement PPI. À la clôture de l’appel, 506 propositions avaient été réceptionnées et 43 projets ont été présélectionnés et les porteurs ont été invités à soumettre un dossier complet pour lequel ils ont pu bénéficier d’un accompagnement du programme d’Afrique Centrale et Occidentale de l’UICN (UICN PACO). Parmi les nouveautés, la Fondation MAVA a rejoint le PPI en finançant l’ouverture à 7 nouveaux pays situés en façade Atlantique d’Afrique de l’Ouest ce qui portait à 19 le nombre total de pays éligibles au programme. Les dossiers présentés en comité de sélection les 13 et 14 novembre 2019 ont été analysés par 3 évaluateurs différents avec une innovation majeure dans la gouvernance même du programme puisque pour chaque projet, un des évaluateurs était un bénéficiaire historique du PPI, non éligible pour cet appel. Il s’agit d’une forte innovation au sein du programme, qui se situe en cohérence avec l’objectif de renforcer la place de la société civile dans les dynamiques de conservation en Afrique. Au terme de ce comité de sélection, 28 projets ont été retenus dans 9 pays d’Afrique pour un montant total attribué de 884 206 euros (liste complète des projets sélectionnés disponible ici). A travers des petites subventions (32 k€ en moyenne sur 15 mois), les organisations sélectionnées auront comme objectif commun de mettre en œuvre des projets locaux de conservation de la biodiversité par des actions concrètes de terrain. Elles seront pour cela appuyées par le Comité français de l’UICN qui, au-delà des financements octroyés, apportera également un accompagnement complémentaire pour renforcer leurs capacités. Depuis 2007, le Comité Français de l’UICN, en partenariat avec l’UICN PACO, est chargé de mettre en œuvre le PPI, financé par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et nouvellement la Fondation MAVA. Cet outil a pour objectif de renforcer la contribution de la société civile des pays d’Afrique subsaharienne à la préservation de l’environnement mondial tout en améliorant les conditions de vie des populations locales. Le PPI constitue aujourd’hui le principal outil de la coopération française finançant directement les OSC de pays du sud pour des actions spécifiques de conservation de biodiversité. PLUS D’INFORMATIONS – Paul Estève – Chargé de mission du Programme de Petites Initiatives – Nicolas Salaün – Chargé de programme « Coopération internationale » – Page dédiée au Programme des petites initiatives (PPI) – Page Facebook du PPI – Chaine Youtube du PPI
Liste rouge mondiale : des espèces en voie de rétablissement

Les efforts de Conservation ont permis d’améliorer le statut de dix espèces, selon la mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées. Celles-ci incluent le Râle de Guam, un oiseau auparavant considéré comme éteint dans la nature. Malgré ces améliorations, la Liste rouge de l’UICN compte aujourd’hui 30 178 espèces menacées d’extinction, et les effets néfastes du changement climatique sur celles-ci sont de plus en plus évidents. La Liste rouge de l’UICN couvre aujourd’hui 112 432 espèces. « Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN démontre que la conservation fonctionne et offre une lueur d’espoir dans la crise de la biodiversité », a déclaré la Dr Grethel Aguilar, Directrice générale par intérim de l’UICN. « Bien que nous sommes témoins de soixante-treize déclins vérifiés d’espèces, le succès de ces dix améliorations réelles prouve que la nature peut se rétablir si on lui en laisse une chance. Le changement climatique ajoute aux multiples menaces auxquelles les espèces sont confrontées, il est donc urgent d’agir de manière décisive pour juguler la crise. » « Les résultats d’actions de conservation déterminées démontrent que lorsque les gouvernements, les organisations de conservation et les communautés locales travaillent ensemble, nous pouvons inverser la tendance de perte de biodiversité », a déclaré Jane Smart, Directrice mondiale du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN. « Cette mise à jour révèle les impacts croissants des activités humaines sur la vie sauvage. L’année qui vient sera cruciale pour l’avenir de la planète, le Congrès mondial de la nature de l’UICN en juin 2020 représentant une étape clé pour définir le programme de travail mondial en matière de conservation nécessaire pour répondre à l’urgence dans laquelle se trouvent les espèces, en vue des décisions que les gouvernements prendront lors de la réunion de la Convention sur la diversité biologique à Kunming, Chine, en octobre 2020 ». Histoires de réussites en matière de conservation La dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN révèle de véritables améliorations de la situation de huit espèces d’oiseaux et deux espèces de poissons d’eau douce. L’élevage en captivité, combiné à une gestion prudente des populations sauvages, a été la clé de ces réussites en matière de conservation. Parmi ces améliorations, on peut citer le Râle de Guam (Hypotaenidia owstoni), aptère et véloce, le deuxième oiseau de l’histoire à se rétablir après avoir été déclaré « Éteint dans la nature », après le Condor de Californie (Gymnogyps californianus). Autrefois commun sur l’Île de Guam, dans le Pacifique, les populations de cette espèce ont décliné après l’introduction accidentelle du Serpent brun arboricole (Boiga irregularis), à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 1987, le dernier Râle de Guam sauvage a été tué par ce prédateur envahissant. Grâce à un programme d’élevage en captivité de 35 ans, le Râle de Guam est aujourd’hui établi sur l’île voisine des Cocos. L’oiseau est cependant toujours classé « En danger critique », à une étape seulement de l’extinction. À l’Île Maurice, la Perruche de l’Île Maurice (Psittacula eques) poursuit son processus de rétablissement grâce à des efforts de conservation, dont un programme d’élevage en captivité très productif. On compte aujourd’hui plus de 750 Perruches de l’Ile Maurice à l’état sauvage et, dans cette actualisation, l’espèce a été reclassée comme « Vulnérable », après être passée d’espèce « En danger critique » à espèce « En danger » en 2007. Deux espèces de poissons d’eau douce australiens, le Maccullochella macquariensis et le Galaxias pedderensis, ont également vu leur statut s’améliorer, passant d’espèce « En danger » à « Vulnérable » et d’espèce « En danger critique » à « En danger », respectivement. Des décennies de mesures de conservation ont mis l’accent sur l’établissement de sous-populations additionnelles par le biais de réintroductions et de translocations entre populations sauvages. Les deux espèces sont menacées par la destruction et la dégradation de leur habitat. De plus en plus de preuves des effets du changement climatique Le changement climatique contribue au déclin de nombreuses espèces, dont plusieurs poissons d’eau douce et le Requin nourrice à queue courte, tributaire des récifs. Les évaluations présentées dans cette actualisation montrent que le changement climatique affecte les espèces en modifiant les habitats et en augmentant la force et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, par exemple. Cette actualisation de la Liste rouge révèle que 37% des espèces de poissons d’eau douce d’Australie sont menacées d’extinction, dont au moins 58% directement à cause du changement climatique. Les poissons sont très sensibles aux sécheresses extrêmes causées par la baisse des précipitations et l’augmentation des températures. Le changement climatique aggrave également la menace que représentent les espèces exotiques envahissantes, qui peuvent se déplacer vers de nouvelles zones à mesure que la température et les débits d’eau changent. Originaire de l’ouest de l’Océan Indien, le Requin nourrice à queue courte (Pseudoginglymostoma brevicaudatum) a vu ses populations diminuer d’environ 80% en 30 ans. Simultanément affecté par la pêche non contrôlée et le changement climatique, il est passé de « Vulnérable » à « En danger critique ». Ne vivant que dans des eaux peu profondes, n’offrant aucun refuge contre la pêche, ce requin perd son habitat en raison de la dégradation des récifs coralliens causée, en partie, par le réchauffement des océans. Le changement climatique menace également l’oiseau national de la Dominique, l’Amazone impériale (Amazona imperialis). Bien que les ouragans soient un phénomène naturel dans les Caraïbes, leur fréquence et leur intensité accrues entraînent une mortalité élevée chez les oiseaux et la destruction des habitats, en plus d’effets dévastateurs sur les populations humaines. L’espèce est passée de « En danger » à « En danger critique » après l’ouragan Maria, en 2017, le plus fort ouragan jamais enregistré sur l’Île. On estime qu’il reste aujourd’hui moins de 50 individus matures dans la nature. Évaluation mondiale des eucalyptus Toutes les espèces d’eucalyptus connues dans le monde ont été évaluées dans cette mise à jour de la Liste rouge, révélant que près de 25% d’entre elles sont menacées d’extinction. Parmi les 826 espèces d’eucalyptus, comprenant les groupes Eucalyptus, Corymbia et Angophora, 812 ne sont présentes qu’en Australie. Il s’agit d’espèces clés, qui définissent les paysages de
La vie marine et les activités de pêche de plus en plus menacés, à mesure que l’océan perd son oxygène

Un nouveau rapport de l’UICN nous alerte sur le fait que la perte d’oxygène dans l’Océan mondial menace de plus en plus les espèces de poissons et perturbe l’ensemble des écosystèmes marins. Selon ce rapport publié lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques réunie à Madrid (COP 25), la perte d’oxygène océanique provoquée par les changements climatiques et l’enrichissement des eaux marines en nutriments constitue une menace croissante pour les pêcheries, ainsi que pour de nombreuses espèces telles que les thons, les marlins ou les requins. « Avec ce rapport, l’ampleur des dommages causés par les changements climatiques sur l’océan prend toute son importance. Alors que l’océan qui se réchauffe perd de l’oxygène, l’équilibre délicat de la vie marine est largement perturbé », a déclaré le Dr Grethel Aguilar, Directeur général par intérim de l’UICN. « Les effets potentiellement désastreux sur les pêcheries et les communautés côtières vulnérables signifient que les décisions prises lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques sont encore plus cruciales. Pour freiner la perte d’oxygène dans les océans, parallèlement aux autres effets désastreux des changements climatiques, les dirigeants mondiaux doivent s’engager à des réductions d’émissions immédiates et substantielles ». Le rapport intitulé « La désoxygénation des océans : un problème pour tous », est à ce jour la plus vaste étude scientifique sur les causes, les impacts et les solutions possibles face à la désoxygénation des océans. Les régions océaniques à faible concentration en oxygène se multiplient, avec aujourd’hui environ 700 sites affectés par des conditions de faible teneur en oxygène dans le monde contre seulement 45 dans les années 1960. Au cours de la même période, le volume des eaux anoxiques – des zones complètement dépourvues d’oxygène – dans l’océan mondial a quadruplé, selon le rapport. « Nous constatons maintenant des niveaux d’oxygène dissous de plus en plus bas dans de vastes zones de l’océan. Ceci est peut-être l’ultime signal d’alarme des résultats de l’expérience incontrôlée que l’humanité déclenche dans l’océan mondial, à mesure que les émissions de carbone continuent d’augmenter » a déclaré Dan Laffoley, Conseiller principal en sciences marines et conservation du Programme marin et polaire mondial de l’UICN et corédacteur du rapport. « L’appauvrissement de l’océan en oxygène menace les écosystèmes marins déjà soumis au stress du réchauffement et de l’acidification des océans. Pour arrêter l’expansion inquiétante des zones à faible concentration d’oxygène, nous devons réduire de manière décisive les émissions de gaz à effet de serre, ainsi que la pollution par les nutriments provenant de l’agriculture et d’autres sources. » La désoxygénation commence à modifier l’équilibre de la vie marine, en favorisant les espèces les plus tolérantes à une faible teneur en oxygène (notamment les microbes, les méduses et certains calamars) au détriment des espèces sensibles au manque d’oxygène (de nombreuses espèces marines dont la plupart des poissons). Certains des biomes les plus productifs de l’océan – qui assurent un cinquième des captures de poissons marins sauvages dans le monde – sont formés par des courants océaniques transportant une eau riche en nutriments mais pauvre en oxygène jusqu’aux côtes bordant les façades orientales des bassins océaniques du monde. En tant que systèmes naturellement pauvres en oxygène, ces zones sont particulièrement vulnérables aux changements, même minimes, dans la teneur en oxygène océanique. Les impacts observés ici finiront par se propager et toucheront des centaines de millions de personnes. Les groupes d’espèces comme les thons, les marlins et les requins sont particulièrement sensibles au faible taux d’oxygène, en raison de leur grande taille et de leurs besoins énergétiques. Ces espèces commencent à être poussées vers des eaux de plus en plus superficielles, riches en oxygène, ce qui les rend davantage vulnérables à la surpêche. Le rapport prévient également que le très faible taux d’oxygène océanique peut aussi affecter des processus de base comme le cycle des éléments essentiels à la vie sur Terre, tels que les cycles de l’azote et du phosphore. Les océans seraient amenés à perdre 3 à 4 % de leur taux d’oxygène d’ici 2100 en cas de scénario « business-as-usual », mais cette moyenne mondiale masque les changements locaux qui devraient, par exemple, être beaucoup plus sévères dans les hautes et moyennes latitudes. De plus, la plupart de la perte d’oxygène devrait se concentrer dans la tranche d’eau comprise entre la surface et 1000 mètres de profondeur, la plus riche en biodiversité marine. « Alors que nous avons connaissance des zones mortes depuis de nombreuses décennies, le réchauffement des océans devrait maintenant amplifier la désoxygénation de très grandes étendues de l’océan. Nous devons travailler ensemble pour rétablir l’équilibre en oxygène des océans », a déclaré Isabella Lövin, ministre de l’environnement et de l’énergie et vice-Premier ministre de Suède, l’un des principaux bailleurs de fonds du rapport. « Avec ce rapport, il est temps de placer la désoxygénation des océans parmi nos principales priorités afin de restaurer la santé des océans. » Les principaux moteurs de la perte d’oxygène océanique sont les changements climatiques et l’enrichissement des eaux en nutriments, ces derniers affectant principalement les zones côtières. À mesure que les océans se réchauffent, leurs eaux retiennent moins d’oxygène et gagnent en flottabilité, ce qui affecte le mélange des eaux de surface très riches en oxygène avec celles des profondeurs, qui contiennent naturellement moins d’oxygène. La pollution par les nutriments entraîne quant à elle une perte d’oxygène au sein des eaux côtières car les engrais, les eaux usées ou les déchets animaux et aquacoles provoquent une croissance excessive des algues, qui à leur tour épuisent l’oxygène dissous lors de leur décomposition. « Une action mondiale urgente pour surmonter et inverser les effets de la désoxygénation des océans est nécessaire. Les décisions prises lors de la conférence sur le climat détermineront si notre océan continue de maintenir une vie marine riche et variée, ou si les zones habitables et riches en oxygène seront de plus en plus, progressivement et irrémédiablement, perdues. Les dirigeants mondiaux se réuniront également en juin 2020 lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN, à Marseille, pour mener des actions en vue
LANCEMENT DU PRIX COAL 2020 SUR LE VIVANT

Le Comité français de l’UICN accompagne le prix COAL 2020 consacré à la biodiversité. Cette onzième édition s’inscrit dans le programme VIVANT, une Saison culturelle pour la Biodiversité, en préparation du Congrès mondial de la nature de l’UICN en juin 2020 et en perspective de la 15e conférence des parties (COP) à la Convention pour la Diversité Biologique (Chine, octobre 2020). Le Comité français de l’UICN est partenaire aux côtés du Ministère de la Culture, du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, de l’Office Français pour la Biodiversité et de la Fondation François Sommer. La sixième extinction de masse touche toute la diversité du vivant, aussi bien les espèces que les écosystèmes. Face à cette érosion de la biodiversité, le Prix COAL 2020 invite les artistes du monde entier à se mobiliser dans cet appel à projets pour rendre compte d’un monde vivant, fortement menacé, et à s’impliquer aux côtés des acteurs de la protection de la nature. Exposé et remis dans le cadre du Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020, à Marseille en juin 2020, le Prix COAL contribuera à cette étape décisive pour accélérer les politiques publiques françaises et internationales et sensibiliser les citoyens en faveur de la préservation de la nature et de la biodiversité. Le lauréat du Prix COAL bénéficie d’une dotation de 10 000 euros allouée par la Fondation François Sommer et COAL incluant une résidence (facultative) au Domaine de Belval, propriété de la Fondation François Sommer. Le prix étudiant COAL – Culture & Diversité En 2020, la Fondation Culture & Diversité et COAL lancent un Prix pour l’écologie spécifiquement dédié aux étudiants des Écoles du champ artistique et culturel. Cet appel à projets pluridisciplinaire a pour objectif d’accompagner et de soutenir les étudiants du secteur culturel et artistique qui imaginent, expérimentent et proposent des solutions concrètes et créatives pour contribuer à la transition écologique. Les projets finalistes du Prix étudiant COAL – Culture & Diversité seront également présentés au sein d’une exposition dans les Espaces Générations Nature, espaces pilotés par le ministère de la Transition écologique et solidaire et l’OFB, dans le cadre du Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020. Participer à l’appel à projets COAL 2020 A propos du prix COAL Créé en 2010 par l’association COAL, le Prix COAL est devenu en dix ans un vecteur d’identification, de promotion et de diffusion des artistes qui, à travers le monde, témoignent, imaginent et expérimentent des solutions de transformation des territoires, des modes de vie, des organisations, et des modes de production. Ensemble, ils contribuent à rendre visible les changements, à construire un nouveau récit collectif, un nouvel imaginaire, patrimoine commun en développement, cadre positif, optimiste et nécessaire pour que chacun trouve les moyens et la motivation de mettre en oeuvre les changements nécessaires vers un monde plus durable et plus juste. Plus d’informations – Le communiqué de presse – Site internet du Festival VIVANT! 2020 – Découvrir l’interview « Composer un nouveau pacte avec le vivant » de Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN
256 espèces de la flore de Guadeloupe menacées de disparition

Située au cœur d’un « point chaud » de la biodiversité mondiale, la Guadeloupe présente un patrimoine naturel extrêmement riche mais d’une grande fragilité. L’analyse de la situation de chacune des 1706 espèces de la flore vasculaire indigène montre que 15% d’entre elles sont menacées. De nombreuses menaces apparaissent au terme de l’évaluation qui a porté sur l’ensemble de la flore vasculaire (fougères, arbres, orchidées et autres plantes à fleurs). Au total, au moins 5 espèces ont déjà disparu, 256 sont menacées et 110 autres sont quasi menacées. Mené dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France, cet état des lieux a été établi par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, avec l’appui d’un groupe de botanistes spécialistes de la flore guadeloupéenne, mobilisés avec le Conservatoire botanique des îles de Guadeloupe. L’ensemble des résultats est disponible en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (novembre 2019)• Tableau synthétique avec catégories et critères (xlsx)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN Comité français, MNHN & CBIG (2019). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Flore vasculaire de Guadeloupe. Paris, France. Photo bandeau :Elaphoglossum peltatum © Jean-François Bernard
Une nouvelle application pour protéger les mangroves

Le Pôle-relais zones humides tropicales, co-piloté par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du Littoral, lance sa nouvelle application dédiée aux mangroves des outre-mer. Baptisé « ROM » – le nom du Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des Mangroves – cet outil digital permet aux gestionnaires, opérateurs, étudiants et toute personne intéressée par les mangroves de s’entraîner à reconnaître les différentes espèces de palétuviers qui constituent la mangrove, et de signaler des dégradations sur ces milieux fragiles. Un lancement conjoint à Mayotte et en Polynésie Française à l’occasion de la Fête de la science et en Guadeloupe pour la semaine de l’environnement A Mayotte et en Guadeloupe, où la mangrove et fait l’objet d’actions de protection par les autorités et les associations locales, l’application est présentée aux participants de la Fête de la science. Elle a vocation à être utilisée par les membres du ROM situés sur ces territoires ainsi qu’à Saint‑Martin, en Martinique, en Guyane et en Nouvelle-Calédonie où la mangrove est également importante. En Polynésie française, où la mangrove est introduite, l’application a été lancée lors de réunions publiques à Taravao (Tahiti), Huahine et Raiatea en octobre. Cela a été l’occasion de présenter les résultats du projet « Surveillons la mangrove de Polynésie française ensemble » porté par Te Ora Naho, la Fédération des Associations de Protection de l’Environnement de Polynésie française (FAPE) qui a permis de cartographie les mangroves à Tahiti, Moorea, Huahine, Bora-Bora, Raiatea et Tahaa, et mis en place un réseau d’observateurs sur ces îles. A vos observations ! Avec l’application ROM, chaque utilisateur peut, qu’il soit habitant, acteur de la protection de l’environnement ou passionné par les mangroves, devenir pleinement acteur de leur gestion au sein de son territoire, et accéder rapidement à l’ensemble des observations sur tous les territoires d’outre-mer. L’application permet de signaler une décharge sauvage, un défrichement, un remblai, ou encore de partager l’observation d’espèces rares, de maladies ou de phénomènes inhabituels sur les palétuviers. Une fiche de saisie spécifique à la Polynésie est disponible pour prendre en compte la spécificité des mangroves du territoire qui ne sont pas présentes naturellement. L’application mobile a reçu le soutien de l’Initiative française pour les Récifs Coralliens, de l’Office de l’Eau de Martinique, de l’Agence française pour la Biodiversité par le biais de l’initiative Terres et mers ultramarines (TeMeUm) et l’Observatoire National pour la Biodiversité (ONB), et de la DEAL de Guadeloupe. Le Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des mangroves (ROM) Le Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des mangroves (ROM), initié par l’Initiative française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR), a pour objectif de répondre aux principales questions nécessitant un suivi des mangroves en outre-mer. Le ROM repose sur un réseau d’observateurs dont les données permettent de détecter les changements, d’identifier les menaces et leurs sources, et de fournir des outils d’aide à la décision aux gestionnaires. Ces données permettent également de renseigner de manière homogène et partagée les indicateurs dans le cadre de l’Observatoire National sur la Biodiversité (ONB) afin d’évaluer l’adéquation des mesures de protection et de gestion aux menaces qui pèsent sur la mangrove. L’importance des mangroves en outre-mer et dans le monde La mangrove est un écosystème remarquable présent dans tous les territoires tropicaux d’outre-mer à l’exception de La Réunion, et sur 70% des côtes tropicales du monde. On dénombre entre 40 et 50 espèces de palétuviers à l’échelle mondiale, dont une trentaine en outre-mer qui comptabilise 91 055 hectares de mangroves (données 2016). Longtemps déconsidérées, les mangroves ont fait l’objet d’une attention croissante à partir des années 2000 du fait de nombreux services qu’elles fournissent : protection des côtes contre la houle et l’érosion, purification de l’eau, nurserie pour les poissons, habitat essentiel pour l’avifaune et les crustacés ou encore stockage de carbone. Dans les territoires où il est présent, c’est à cette période que le Conservatoire du Littoral a commencé à acquérir les mangroves les plus importantes écologiquement afin de mieux les protéger : aujourd’hui, il détient la quasi totalité des mangroves de Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin et de Mayotte et près de la moitié des mangroves de Guyane, moins menacées. C’est également le moment où l’IFRECOR a décidé de suivre l’état des mangroves, ce qui a donné par la suite naissance au ROM. Les mangroves françaises restent néanmoins la cible de nombreuses menaces : constructions illégales, remblais, drainage, dépôts d’ordures, réceptacle des eaux usées, élévation du niveau de la mer, tempêtes… C’est pour ces raisons qu’il est important de contribuer à leur protection, et celle-ci passe notamment par la reconnaissance des espèces de flore et de faune présentes et le signalement participatif des problèmes rencontrés sur le terrain. Plus d’informations – Télécharger l’application (gratuite) sur iOS et Android ou sur ce lien – Communiqué de presse – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN – Le Pôle-relais zones humides tropicales – Contact presse : Anne Caillaud, Chargée de programme Outre-mer, 06 63 46 44 34 / Standard 01 47 07 78 58 Photo bandeau : Mangroves à Wallis © Chloé Desmots
Lancement du Mobile Film Festival

Le Comité français de l’UICN est partenaire du Mobile Film Festival, festival international de courts métrages basé sur le principe : 1 Mobile, 1 Minute, 1 Film. La thématique choisie pour cette 15e édition est le changement climatique (« Act Now ») afin de sensibiliser à l’une des principales menaces sur la biodiversité. Du 14 au 30 novembre, les 50 films en compétition sont présents sur les réseaux sociaux, et notamment sur YouTube, pour être commentés, partagés et toucher ainsi le plus grand nombre ! N’hésitez pas à participer ! Suite à un appel à films, plus de 800 films originaires de 91 pays ont été transmis au jury, des histoires gaies et tristes ; amusantes et absurdes. Ces histoires sont destinées aux petits comme aux grands, elles interpellent, questionnent et font prendre conscience de l’urgence à agir maintenant face au changement climatique. Tout au long de l’année, les films seront présentés en ligne et lors de projections dans des centres culturels, des festivals, des cinémas et par les 90 ONGs partenaires. Nos films coup de coeur Plus d’informations – Site internet du Mobile Film Festival – Vous pouvez partager vos films favoris sur YouTube, Facebook, Twitter et Instagram Photo bandeau © Michał B on Unsplash
Un nouveau site internet pour les collectivités

Le Comité français de l’UICN met en ligne un site internet dédié spécifiquement aux collectivités territoriales. Il vise à faciliter l’accès aux connaissances, aux outils et travaux qu’il réalise pour que les collectivités s’en saisissent et renforcent leur mobilisation dans la perspective du Congrès mondial de l’UICN 2020 et au-delà. Ces pages internet s’adressent spécifiquement aux services et élus locaux des collectivités territoriales, et plus largement aux acteurs des territoires. Elles présentent les grands enjeux de biodiversité et proposent des solutions, des outils, des méthodologies pour les accompagner dans leurs actions en faveur de la biodiversité. Des pages internet opérationnelles pour une meilleure appropriation des outils du Comité français de l’UICN à travers 6 rubriques : 1) Qui sommes nous ? Dans cette rubrique, vous trouverez une présentation du Comité français de l’UICN, de son organisation et de ses missions ainsi que celle de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, le réseau environnemental le plus important et diversifié au monde. La composition, le rôle et les actions du groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » du Comité français de l’UICN sont également détaillés. Enfin, vous retrouverez les axes de travail communs avec nos collectivités partenaires et nos partenaires institutionnels. 2) Enjeux Les dernières évolutions législatives issues de la réforme territoriale d’une part et intervenues en matière de biodiversité d’autre part sont décrites. Une synthèse des compétences des différents échelons des collectivités (Régions, Départements, Intercommunalités et Communes) en matière de biodiversité est développée. Enfin, vous pourrez prendre connaissance de la nouvelle gouvernance en matière de biodiversité et de nouveaux outils transversaux mis en place par la Loi Biodiversité (2016). 3) 10 Outils Le Comité français accompagne et met à disposition des collectivités un ensemble de 10 outils et méthodologies pour encourager leur engagement et renforcer leurs actions en faveur de la biodiversité. Cette rubrique détaille chaque outil par sa présentation, l’intérêt de son utilisation, les travaux du Comité français de l’UICN sur l’outil en question et des exemples de mise en pratique par des collectivités territoriales. 4) International Le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 est un événement incontournable pour les collectivités territoriales. Cette rubrique résume les objectifs et l’organisation d’un Congrès et précise les enjeux de 2020. Le Congrès de l’UICN 2020 à Marseille sera l’occasion de renforcer les actions pour préserver la biodiversité engagées par les collectivités françaises et d’en initier de nouvelles. De multiples formes de participation et de mobilisation au Congrès sont possibles et détaillées dans ces pages (Forum, Assemblée des Membres, Espaces Générations Nature). Sont également à retrouver les informations sur la mobilisation française à travers le dernier Congrès français de la nature 2019 et les actions menées par le Comité français de l’UICN lors des Congrès de l’UICN précédents. 5) En pratique Vous travaillez au sein d’une collectivité, vous êtes élu ou partenaire de collectivités et vous avez un besoin particulier sur le territoire ? Publications, recommandations, travaux, initiatives, événements, groupes de travail : le Comité français de l’UICN propose un ensemble d’outils adaptés pour y répondre. Vous y trouverez nos propres travaux ainsi que certains menés par nos membres, auxquels nous contribuons aussi. Dans cette rubrique, un « Zoom sur l’outil mis en pratique » sera valorisé chaque mois : il s’agira d’un exemple de mise en œuvre d’un de nos outils par une ou des collectivités. 6) Ressources L’ensemble des outils et documents du Comité français de l’UICN à destination des collectivités sont rassemblés dans cette rubrique. Un rappel des principaux accords internationaux en faveur de la conservation de la nature et des textes législatifs nationaux, dont plusieurs ont connu de récentes évolutions, est ensuite réalisé. Une liste de liens utiles pour les collectivités est également détaillée. Enfin, les actualités du site internet ainsi que nos lettres d’actualités bimestrielles sont à consulter dans cette rubrique. Les collectivités et leurs réseaux ont un rôle essentiel à jouer dans la mobilisation en vue du Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 à Marseille et le Comité français de l’UICN les encourage à poursuivre et renforcer leur engagement par des actions concrètes et ambitieuses. Toutes les informations nécessaires sont rassemblées sur ce site que nous vous invitons à consulter sur ce lien ! Plus d’informations – Le site internet dédié au collectivités – Le programme « Politiques de la biodiversité » du Comité français de l’UICN – Contacts : Florence Clap, Chargée du programme « Politiques de la biodiversité » Valérie Moral, Chargée de mission « collectivités territoriales et biodiversité »
La métropole de Lyon : Capitale française de la biodiversité 2019

La Métropole de Lyon, ou Grand Lyon, a été élue « Capitale française de la biodiversité 2019 » sur le thème « Climat : la nature source de solutions », devenant la première intercommunalité à décrocher ce titre. Le Comité français de l’UICN s’est une nouvelle fois associé à ce concours national qui récompense les collectivités locales s’engageant dans la préservation de la biodiversité, avec d’autant plus d’intérêt que les solutions fondées sur la nature, initiées par l’UICN, constituent un de ses principaux axes de travail au niveau national et international. Aux côtés des quatre autres collectivités figurant également au palmarès de cette 9ème édition, la Métropole de Lyon (1,3 million d’habitants), née de la fusion de la Communauté urbaine de Lyon et, dans le territoire de celle-ci, du département du Rhône, démontre que la nature offre des solutions positives pour faire face au changement climatique. La Métropole de Lyon œuvre en effet depuis plusieurs années pour associer prise en compte du changement climatique et la place de l’arbre, de la nature et de l’eau sur son territoire. Dans son plan Climat et son principal document de planification urbaine (le PLU-H), elle fixe des objectifs ambitieux d’augmentation des surfaces d’espaces publics et privés ombragées par les arbres pour répondre à la problématique des îlots de chaleur urbains. Des arbres qui seront plantés massivement, grâce à la mobilisation de plus de 120 acteurs publics, privés et associatifs réunis au sein de la Charte de l’Arbre. A horizon 2030, 300 000 arbres supplémentaires devraient ainsi permettre de faire passer la part du territoire ombragé de 27 à 30%. La Métropole travaille également à la désimperméabilisation des espaces urbains et au stockage de l’eau de pluie dans les espaces verts, et mène des recherches pour mesurer et qualifier la capacité des arbres à fournir ce service de rafraîchissement naturel aux citadins. Elle parie par ailleurs sur la diversité des espèces d’arbres plantées, pour anticiper au mieux la réaction incertaine des arbres face aux effets du changement climatique. En outre, la collectivité et ses partenaires restaurent et renaturent des cours d’eau et leurs berges, par exemple sur les bords de Saône. Berges naturelles, mares ou zones humides offrent ainsi des espaces accueillants pour la faune et la flore, également appréciés des habitants, tout en constituant de véritables « éponges » lors des pluies intenses ou des crues. Enfin, la gestion écologique des grands parcs du Grand Lyon a été jugée « exemplaire ». Ils constituent des « poumons verts » et des réservoirs de biodiversité, et forment autant d’îlots de fraîcheur en cas de canicule. Pour en savoir plus : Consulter le rapport de visite de terrain de la Métropole de Lyon QUATRE AUTRES COLLECTIVITES RECOMPENSÉES Saint-Lunaire (2.397 habitants, Ille-et-Vilaine) a été élue « Meilleure petite ville pour la biodiversité 2019 ». Petite ville balnéaire, qui compte jusqu’à 12.000 habitants l’été, elle s’engage dans une transition rapide vers des pratiques plus respectueuses de la nature : atlas de la biodiversité communale, zéro phyto, réduction de l’éclairage public, régénération forestière naturelle. Sa gestion frugale des espaces littoraux, urbains, verts, forestiers, humides est désormais largement fondée sur l’observation et l’acceptation de la flore et de la faune spontanées. Cette liberté redonnée au vivant en lieu et place d’une gestion intensive est particulièrement bienvenue. La commune protège aussi son cordon dunaire résiduel, plante des haies d’arbres fruitiers locaux, promeut la gestion à la parcelle des eaux pluviales dans les nouveaux aménagements et a traduit finement sa trame verte et bleue dans son plan local d’urbanisme. Pour en savoir plus : Consulter le rapport de visite de terrain. Metz (117.890 habitants, Moselle) a reçu le titre de « Meilleure grande ville pour la biodiversité 2019 ». En appui d’un ambitieux programme de plantation de 20.000 nouveaux arbres dans la prochaine décennie, elle s’est dotée d’un outil d’aide à la décision pour mieux comprendre le rôle des arbres en ville et les services écosystémiques qu’ils fournissent, notamment en rapport avec le changement climatique : qualité de l’air, biodiversité et stockage de carbone. La restauration écologique de la Seille a été considérée comme « un exemple ambitieux et démonstrateur de renaturation des berges, du lit mineur et du lit majeur d’une rivière urbaine polluée et artificialisée ». En retrouvant les conditions d’un fonctionnement équilibré et dynamique du cours d’eau, la ville et ses partenaires contribuent à améliorer la qualité de l’eau, accueillir une biodiversité riche et abondante, réduire le risque d’inondation tout en développant les lieux et occasions de promenades et de loisirs. Metz s’ouvre aussi à la végétalisation participative des rues par les habitants et développe des actions de sensibilisation originales, comme le jardin éphémère installé sur la place de la Comédie qui invite les visiteurs à s’interroger sur les conséquences du changement climatique ainsi que sur les choix de société pour s’y adapter. Pour en savoir plus : Consulter le rapport de visite de terrain. La Communauté d’agglomération Maubeuge-Val de Sambre (127.897 habitants, Nord) est la « Meilleure intercommunalité pour la biodiversité 2019 ». La collectivité a bien identifié deux des impacts majeurs du changement climatique pour son territoire, tout particulièrement du fait des épisodes de pluie intense : l’érosion des sols agricoles qui entraînent coulées de boues et perte de productivité, et le risque d’inondation. La création de haies et de bandes enherbées avec les agriculteurs est considérée comme une réponse positive qui s’avère efficace pour lutter contre les coulées de boues. Ces espaces plantés offrent en même temps gîte et couvert pour une faune auxiliaire des cultures. Confrontée à une désindustrialisation massive, cette communauté d’agglomération a également engagé avec de nombreux partenaires associatifs et institutionnels la renaturation de friches industrielles. Après quelques années, ces anciennes friches deviennent de véritables cœurs de nature et une source de fierté retrouvée pour les habitants. Intégrées au schéma de la trame verte et bleue locale que la collectivité a identifié et cartographié, ces friches renaturées ont aussi une fonction de rétention des eaux pluviales et d’écrêtage des crues, limitant le risque d’inondation. Pour en savoir plus : Consulter le rapport de visite de terrain.