Congrès mondial de l’UICN : les grandes conclusions

Marseille, France, le 10 septembre 2021  – Le Congrès mondial de la nature de l’UICN s’est conclu aujourd’hui à Marseille et en ligne, fixant les priorités de la conservation de la nature pour la décennie à venir et au-delà. Le Congrès de l’UICN a instamment appelé les gouvernements à mettre en oeuvre une reprise post-pandémie fondée sur la nature, en investissant au moins 10% des fonds mondiaux pour la reprise dans des projets liés à la nature, et a adopté une série de résolutions et d’engagements visant à lutter de manière urgente contre les crises interconnectées de la biodiversité et du climat. “Le Congrès de l’UICN sert de parlement irremplaçable et inclusif  pour les questions environnementales mondiales, et c’est une instance où les gouvernements, les ONG et les Peuples autochtones ont tous une voix. Les décisions prises ici à Marseille vont orienter l’action contre les crises de la biodiversité et du climat pour la décennie à venir, qui sera cruciale. Collectivement, les Membres de l’UICN envoient un message puissant à Glasgow et à Kunming: l’heure du changement fondamental, c’est maintenant” Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN Au total, les plus de 1500 Membres de l’UICN ont adopté 148 résolutions et recommandations, 39 au terme de votes lors du Congrès à Marseille et 109 par vote électronique en ligne avant la manifestation. Parmi les décisions prises au Congrès figuraient, sur proposition des membres français de l’UICN, 4 recommandations sur la protection des mammifères marins, la protection des vieilles forêts d’Europe, la planification des activités en mer et la réduction des impacts de l’industrie minière. Les membres du Comité français de l’UICN ont aussi réussi à faire adopter une motion créant une nouvelle catégorie de membres de l’UICN pour les collectivités locales ainsi que la création d’une nouvelle Commission sur la crise climatique, pour compléter les six Commissions existantes de l’Union. L’UICN a également appelé à un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins et adopté une position de neutralité sur tous les aspects de la biologie de synthèse, s’appuyant sur le principe de précaution, jusqu’à l’adoption officielle d’une politique de l’UICN sur ce sujet. La participation active des organisations de peuples autochtones, membres de l’UICN, a conduit à ce que l’accent soit mis, dans de nombreuses résolutions, sur les droits des peuples autochtones et leur rôle dans la conservation. 9 motions nouvelles et urgentes ont été adoptées dont une proposée par les membres français de l’UICN sur les liens entre pandémies et biodiversité pour soutenir l’approche « Une seule santé ». D’autres soutiennent la protection de l’Amazonie en défendant le rôle des populations autochtones (Éviter le point de non-retour en Amazonie en protégeant 80% d’ici à 2025) et des positions pour éviter la dégradation de sites naturels emblématiques face à des grands projets (Appel au retrait d’un projet de permis d’exploration de combustibles fossiles dans la mer des Wadden, site inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO ; Protéger le bas-Congo de la construction de grands barrages hydroélectriques ; Protéger l’Okavango de l’exploitation pétrolière et gazière). L’actualisation de Liste rouge des espèces menacées de l’UICN a montré que l’érosion de la biodiversité se poursuivait. 37% des espèces de requins et de raies dans le monde sont désormais menacées d’extinction, démontrant que des mesures de gestion efficaces font défaut dans la plupart des océans du monde. Le dragon de Komodo, le plus grand lézard vivant du monde, est maintenant davantage menacé en raison des impacts à venir des changements climatiques. Cependant, la Liste rouge démontre aussi que les actions de conservation portent leurs fruits : quatre des sept espèces de thon les plus pêchées commercialement montrent des signes de récupération grâce à des quotas de pêche plus durables et une lutte plus efficace contre la pêche illégale mise en place par certains pays. Les Membres ont également approuvé le nouveau programme de l’UICN pour les quatre années à venir et élu le nouveau Conseil d’administration international de l’UICN, avec une nouvelle Présidente, Razan Al Mubarak, et Maud Lelièvre en tant que Conseillère régionale pour l’Europe de l’Ouest, également Présidente du Comité français de l’UICN. Avec près de 6,000 participants inscrits sur place et plus de 3,500 participants en ligne, la manifestation hybride a rassemblé de hauts responsables venus des Etats et des administrations publiques, de la société civile, des communautés autochtones, du secteur privé et de l’enseignement supérieur et de la recherche, pour décider collectivement des mesures à prendre face aux défis les plus pressants en matière de conservation et de développement durable. Par ailleurs, plus de 25,000 personnes ont visité l’espace “Pavillons et Exposition” et les Espaces Générations Nature. Le Congrès de l’UICN a adopté sa déclaration finale, le Manifeste de Marseille, focalisée sur trois thèmes principaux: un cadre post 2020 pour la conservation de la biodiversité transformateur, efficace et ambitieux (qui sera adopté par les Etats à la COP 15 Biodiversité en mai 2022) ; l’importance de la nature dans la reprise mondiale post-pandémie et la nécessité de transformer le système financier mondial pour orienter l’investissement vers des projets positifs pour la nature ; la lutte contre le changement climatique pour réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre et développer les solutions fondées sur la nature. Plus d’informations – L’article complet sur le site de l’UICN– Les versions finales des résolutions et recommandations adoptées par le Congrès 2020 de l’UICN seront disponibles ultérieurement ici. Les résultats des votes sont disponibles ici– La mobilisation du Comité français de l’UICN pour ce Congrès Photo bandeau : Représentants de peuples autochtones d’Amazonie équatorienne soutenant l’adoption à l’unanimité de la motion « Éviter le point de non-retour en Amazonie en protégeant 80% d’ici à 2025″ © Comité français de l’UICN  

Congrès de l’UICN : Succès pour l’adhésion des collectivités à l’UICN

Le 10 septembre, l’Assemblée des membres de l’UICN réunie au Congrès mondial de la nature à Marseille, a adopté la motion (A) visant à inclure les autorités locales dans la gouvernance de l’UICN comme membres à part entière. L’UICN, dont le rôle est d’être l’union de tous les acteurs impliqués dans la conservation de la nature dans le monde, inclut désormais de façon claire les collectivités territoriales, volontaires et actives sur la biodiversité, dans sa gouvernance. Cela est le fruit d’un travail que le Comité français de l’UICN porte depuis plus de 15 ans, et qui a progressé grâce à la mobilisation collective de ses membres et des participants de son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » pour aboutir à ce résultat qui fera date dans l’histoire de l’UICN. Le rôle des collectivités territoriales est majeur dans le monde sur les questions environnementales, c’est une remarquable avancée qui permettra de renforcer la gouvernance de la nature, et la démocratie au sein de l’UICN. Toutes les collectivités françaises intéressées par une adhésion à l’UICN sont invitées à une réunion d’information qui aura lieu le mardi 19 octobre de 10h à 12h au Conseil régional d’Île-de-France, et sera également accessible par visioconférence (format hybride). Plus d’informations – Le site internet du Comité français de l’UICN dédié aux collectivités Photos © Comité français de l’UICN

Congrès UICN : Act4nature, l’heure du bilan

Le Comité français de l’UICN s’est associé en 2017 avec d’autres organisations à l’Association Française des Entreprises pour l’Environnement (EpE) pour concevoir et lancer l’initiative Act4Nature afin de mobiliser davantage les entreprises pour la biodiversité. A l’occasion du Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se déroule à Marseille du 3 au 11 septembre 2021, EpE publie le bilan de la mise en œuvre d’act4nature entre 2018 et 2020. Act4nature a permis de créer une dynamique collective nationale grâce à l’implication de dirigeants d’entreprises de tous les secteurs, entraînant leurs collaborateurs et leurs parties prenantes. A travers un engagement volontaire collectif et des engagements individuels, 65 entreprises ont intégré la biodiversité dans leurs stratégies, leurs activités et leurs chaînes de valeur afin de contribuer aux objectifs fixés par la communauté internationale sur la biodiversité.Tandis que pour certaines, il s’agissait de leur premier engagement public concernant la biodiversité, cela a permis pour les autres de renforcer leurs stratégies biodiversité. 6 entreprises partenaires du Comité français de l’UICN – CIMENTS CALCIA GSM, EDF, ENGIE, PRIMAGAZ, STORENGY, VEOLIA – ont rejoint l’initiative et déposé un dossier individuel dès 2018. Deux d’entre elles – EQIOM et L’OCCITANE – ont signé les engagements communs avant de déposer directement leur dossier individuel dans le nouveau dispositif Entreprises engagées pour la nature – act4nature France. Le bilan de l’initiative, est encourageant. Parmi les 65 entreprises, 56 ont transmis leur état d’avancement dont les engagements se déclinent à travers des actions concrètes. Il en résulte que plus de la moitié (57%) des actions prévues a été menée à terme et près de 40% des actions sont toujours en cours, soit parce qu’elles ont été retardées, soit parce qu’elles ont été prorogées. En outre, 57% des engagements ont fait l’objet d’une vérification externe, que ce soit paær un organisme tiers indépendant, ou bien par des labels, certifications ou autres moyens de contrôle. « Reporter de manière précise et détaillée, auprès des parties prenantes, les actions prévues par les entreprises dans leurs engagements individuels act4nature est un exercice indispensable. Le reporting des entreprises sera d’autant plus efficace si l’entreprise a mis en place dès le départ des actions accompagnées d’objectifs et d’indicateurs SMART (significatif, mesurable, additionnel, réaliste et temporellement encadré) » rappelle Florence Clap, chargée de programme politique de la biodiversité. En 2020, EpE a lancé son nouveau dispositif Act4nature international à destination des entreprises françaises dont le périmètre d’action s’étend à l’international, et l’Office français de la biodiversité pilote le dispositif Entreprises Engagées pour la nature – act4nature France pour les entreprises françaises. Ces nouveaux dispositifs, aux exigences renforcées, requièrent des engagements SMART et des bilans réguliers. Le Comité français de l’UICN, membre des Comités de pilotage de ces deux dispositifs, invite l’ensemble des entreprises à se mobiliser et à rejoindre ces deux initiatives, en reportant sur les actions réalisées de façon précise et transparente et ce de manière régulière. Plus d’informations – Retrouvez le bilan sur le site d’act4nature– Le communiqué de presse du Comité français de l’UICN– Le bilan act4nature a été présenté au Congrès mondial de la nature de l’UICN sur le Pavillon du Comité français de l’UICN le jeudi 9 septembre à 14h à l’occasion de l’événement Quel bilan des engagements des entreprises dans Act4nature ?– Retrouvez les engagements de nos entreprises partenaires sur les sites d’Entreprises engagées pour la nature – act4nature France et d’act4nature International– Le groupe de travail « Entreprises & biodiversité » du Comité français de l’UICN  

Congrès UICN : Les aires protégées françaises, des écrins de nature à surveiller

Fondée sur la méthodologie des rapports mondiaux de l’initiative Protected Planet, pilotée par le Centre de Surveillance Mondial de la Conservation, la synthèse du tableau de bord des aires protégées françaises 2021, accompagnée du Tableau de bord complet élaboré en 2018, proposent une série d’indicateurs d’atteinte des objectifs quantitatifs et qualitatifs de mise en œuvre des réseaux d’aires protégées à l’échelle internationale. Appliqué à l’échelle nationale, cet outil d’évaluation permet de pouvoir bénéficier d’un diagnostic complet du réseau d’aires protégées à un instant, puis de pouvoir mesurer les progrès réalisés pour chacune des composantes analysées. Déclinés en 8 thématiques, ce rapport complet et cette synthèse proposent d’évaluer l’atteinte des objectifs quantitatifs fixés en matière de répartition et de couverture surfacique en aires protégées, mais pas seulement. Des indicateurs et des analyses de la qualité du réseau sont en effet également proposés comme le recouvrement avec les zones identifiées comme importantes pour la biodiversité, la représentativité des espèces et des habitats à enjeux ou encore de connectivité entre ces espaces. Enfin, des diagnostics de la gouvernance, de la mise en œuvre d’autres mesures de conservation efficaces par zones (aires conservées ou AMCEZ) et l’intégration dans le contexte local de ces espaces protégés complètent ce travail. Plus d’informations – Télécharger le Tableau de bord des aires protégées françaises – Synthèse 2021– Tableau de bord des aires protégées françaises -Document complet, 2018– Le programme Aires protégées du Comité français de l’UICN Photo bandeau : © RNCM CEN74 – G. GARCEL

CartNat : Premier diagnostic national des aires à fort degré de naturalité

La cartographie du gradient de naturalité potentielle de France métropolitaine a pour la première fois été établie par les chercheurs Adrien Guetté, Jonathan Carruthers-Jones et Steve Carver, avec le soutien du Comité français de l’UICN et en particulier de son Groupe d’experts Wilderness et Nature férale, du WWF et de WildEurope Initiative. Elle permet de faire un état des lieux des zones a priori les moins exposées aux impacts des activités humaines et dont les caractéristiques naturelles ont été préservées. Ces travaux sont désormais à disposition de tout un chacun, accessibles notamment sur la page Wilderness du Comité français de l’UICN. Ils constituent également l’un des éléments de la Boîte à outils mise à disposition par l’Office Français de la Biodiversité et le Ministère de la Transition Ecologique à l’usage des Collectifs territoriaux qui auront pour responsabilité de décliner les objectifs de la Stratégie Nationale pour les Aires Protégées 2030 aux échelles territoriales. Ce diagnostic pourra servir à identifier les zones à fort degré de naturalité qui nécessitent d’être mieux protégées dans la mesure où elles peuvent constituer des réservoirs de biodiversité, connecter d’autres espaces naturels entre eux, faire office de refuge au sein de zones très urbanisées ou encore constituer un réseau d’espaces en libre évolution nous permettant de vérifier et de mieux comprendre comment la nature réagit, s’adapte et nous préserve des effets des changements globaux. Les perspectives qu’ouvrent ces travaux sont multiples et des discussions sont en cours pour répliquer et adapter la méthodologie aux milieux marins ainsi qu’aux territoires ultra-marins. Le groupe de travail Wilderness et Nature férale du Comité français de l’UICN et ses partenaires seront à pied d’œuvre pour assurer la valorisation et la déclinaison de ce travail dans les mois et les années à venir.  Plus d’informations –Wilderness du Comité français de l’UICN– Le programme Aires protégées du Comité français de l’UICN

Congrès UICN : Zones de protection forte en mer, un rapport inédit

La France s’est récemment engagée à protéger 30% de ses espaces maritimes dont un tiers sous protection forte. L’objectif de protection forte a été réaffirmé pendant le Congrès mondial de la nature de l’UICN et complété par un engagement du Président de la République de placer 5 % des eaux méditerranéennes sous protection forte d’ici 2027. Ce premier rapport du Comité français de l’UICN émet des recommandations pour la mise en oeuvre des zones de protection forte en mer en accord avec les standards internationaux en matière de conservation. Il sera suivi de 4 rapports dédiés aux zones de protection forte en Métropole, dans les Antilles, l’océan Indien et le Pacifique. Plus d’informations – Télécharger le rapport– Le programme Aires protégées du Comité français de l’UICN Photo bandeau : © Jean-François Sys, Comité français de l’UICN

Congrès UICN : Une nouvelle phase pour le PPI

A l’occasion du Congrès mondial de la Nature de l’UICN, et en présence de la secrétaire d’État à la Biodiversité, le Fonds Français pour l’Environnement Mondial et le Comité français de l’UICN ont signé une convention pour une sixième phase du Programme de Petites Initiatives (PPI 6). La fondation MAVA a également renouvelé son soutien au programme avant de cesser définitivement ses activités fin 2022. D’une durée de 4 ans, et dans la continuité des phases précédentes, le PPI 6 visera à renforcer la société civile africaine sur les questions environnementales dans des pays où elle est historiquement peu développée. Pour cela, et dans le cadre d’appels à projets, le PPI va financer des petits projets en Afrique sur les thématiques de la protection de la biodiversité et de la lutte contre les changements climatiques. Il va également accompagner les associations locales à concevoir et gérer des projets et renforcer leurs capacités d’influence sur les politiques environnementales nationales et régionales. De manière spécifique, les objectifs du PPI 6 sont : Renforcer l’impact des partenaires historiques du PPI sur des territoires où ils sont légitimes et où se retrouvent de forts enjeux de conservation de la Nature ; Appuyer le déploiement des solutions fondées sur la nature en Afrique; Accompagner l’émergence de nouvelles organisations ; Augmenter la capacité d’influence des organisations locales auprès des gouvernements et du secteur privé. Un appel à projets retreint aux partenaires historiques en Afrique centrale et de l’Ouest (y compris la façade atlantique) a déjà été lancé au cours de l’été 2021 et un comité de sélection se réunira début novembre. Cet appel permettra de financer une quinzaine de projets pour un montant total cumulé d’environ 1,2 M€ et sur une durée de 3 ans maximum. Un appel à projets ouvert aux nouvelles organisations émergentes qui n’ont jamais bénéficié du PPI sera lancé mi 2022.  Les thématiques qui seront éligibles pour le financement de projets seront les mêmes que lors de la phase précédente, c’est-à-dire : la conservation de la biodiversité ; et lutte contre le changement climatique à travers des Solutions fondées sur la nature (SFN). Le PPI 6 interviendra dans trois grandes régions : l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Ouest et la façade Atlantique de l’Afrique de l’Ouest. Cet appel ouvert permettra de financer une quinzaine de petits projets pour un montant total cumulé d’environ 500 k€ et sur une durée de 2 ans maximum. Les critères d’éligibilité et les informations pour répondre à l’appel à seront disponibles prochainement sur le site internet du PPI, à la rubrique « Appel à projets » : https://www.programmeppi.org/aap/ Le PPI : Un programme au plus près de l’humain pour stimuler le potentiel des organisations africaines Depuis 2006, le FFEM appuie la société civile africaine avec le Programme Petites Initiatives (PPI) qui finance des petits projets sur les thématiques biodiversité et climat. L’objectif du programme est double : 1) contribuer à la protection de la biodiversité et à la lutte contre le changement climatique par la mise en œuvre de projets concerts de terrain ; 2) renforcer les capacités et l’influence de la société civile africaine sur les questions environnementales. Depuis 2006, le PPI a ainsi financé 251 projets dans 28 pays d’Afrique, pour un montant total de 14,5 M euros. Retrouvez l’ensemble des résultats du PPI sur cette brochure de capitalisation publiée à l’occasion des 15 ans du Programme Retrouvez également le nouveau film du PPI : « Pour une société civile africaine au cœur de l’action environnementale » disponible sur la chaine Youtube du PPI Plus d’informations – Site internet du PPI– Site internet du PPI OSCAN– Notes de Sud : Solutions fondées sur la nature, une réponse aux enjeux de biodiversité, climat et développement Photos © Comité français de l’UICN

La communauté internationale de la Liste verte au Parc marin de la Côte Bleue

A l’occasion du Congrès mondial de la Nature organisé à Marseille du 2 au 11 septembre 2021, le programme de la Liste verte des aires protégées a organisé la remise des labels pour les 22 espaces protégés inscrits depuis début 2019. Ce sont les élus gestionnaires du site Liste verte du Parc marin de la Côte Bleue, inscrit sur la Liste verte depuis 2018 qui ont accueilli les gestionnaires lauréats et les partenaires de la Liste verte, le temps d’une soirée de cérémonie de remise des labels le 6 septembre. La France y fut particulièrement à l’honneur puisque sur les 22 sites mondiaux récompensés, 12 sites (ou groupements de sites) français se sont vus remettre le label des mains du Président du Groupe d’experts français de la Liste verte, Jean-Philippe Siblet, impliqué dans le programme en France depuis ses débuts. Ce sont ainsi 9 réserves naturelles, 4 réserves biologiques dirigées, une réserve de chasse et de faune sauvage, un parc national, un espace naturel sensible et un site Natura 2000 qui ont reçu ce label de qualité et d’efficacité. Ces aires protégées françaises de métropole et d’Outre-mer ont à l’occasion de cet évènement pu siéger aux côtés de gestionnaires d’aires protégées suisse, coréennes, italiennes, chinoises, australiennes, vietnamienne, colombienne et mexicaine qui ont su démontrer la qualité de leur gouvernance, de leur gestion et des résultats de conservation. Ce moment de convivialité et d’échange s’est également prêté à l’officialisation de l’implication de nouveaux pays comme Madagascar, le Laos et l’Arabie Saoudite qui viendront prochainement grossir les rangs des pays engagés dans la Liste verte dans le monde et qui, pour certains, rejoindront le réseau francophone de la Liste verte. Nous félicitons ces 22 sites pour leur engagement et leur exemplarité, leur souhaitons longue vie sur la Liste verte, et nous réjouissons de l’arrivée de ces nouveaux membres au sein du réseau mondial de la Liste verte des aires protégées et conservées. C’est la promesse de futurs échanges internationaux fructueux pour le renforcement des réseaux d’aires protégées dans le monde. Plus d’informations –La Liste verte des aires protégées et conservées Photo bandeau : © Parc marin de la côte bleue

La Liste verte … en français, s’il vous plaît !

Réserve naturelle de la montagne Sainte-Victoire © T. Tortosa

Le Comité français de l’UICN et le Secrétariat international de l’UICN, avec le soutien du Département des Bouches-du-Rhône, ont organisé un atelier d’échanges techniques du réseau francophone de la Liste verte des aires protégées et conservées le 3 septembre dernier. Cet atelier a été accueilli par le conservateur et le Directeur de la Réserve naturelle géologique de la Sainte-Victoire au sein des locaux du Département des Bouches-du-Rhône, gestionnaire de ce site labellisé Liste verte en mars 2021. Au total, 54 participants sur place et en ligne ont contribué aux travaux préparatoires du réseau qui, rassemble aujourd’hui 200 membres provenant de plus de 15 pays. Les participants ont assisté à une présentation de la Réserve géologique de la Sainte-Victoire le matin. Ils ont ainsi pu se familiariser avec les caractéristiques singulières de cet espace protégé et bénéficier de retours d’expérience inspirants en matière de gestion et de planification de projets et d’actions envisagés depuis son engagement dans le Programme Liste verte. L’après-midi a permis de faire état des enjeux de conservation de la biodiversité dans l’espace francophone et de rendre compte de la place des pays et des experts francophones dans le programme de la Liste verte. Ces présentations ont mis l’accent sur les visions culturelles de la nature singulières que portent les pays francophones en plus de partager une langue commune, et qui viendront enrichir la communauté globale de la Liste verte. Elles ont été suivies de travaux en groupes pour identifier des pistes de travail prioritaires de développement du réseau, qui répondent aux attentes et aux besoins des acteurs de la Liste verte francophone : gestionnaires de sites candidats et lauréats, experts évaluateurs et accompagnateurs, partenaires du programme Liste verte dans les pays engagés. Des propositions concrètes ont émergé de ces discussions et poseront les jalons de la feuille de route du réseau, qui sera validée à l’occasion d’un prochain atelier technique. Elles concernent notamment le renforcement des capacités (formations, tutoriels, parrainages, guides, traduction de documents en français, plateforme en ligne, banque de données de l’expertise), l’établissement de groupes thématiques (enjeux biogéographiques communs, gouvernance, communication) ainsi que l’organisation d’échanges pour améliorer les procédures de la Liste verte (adaptation des indicateurs, échanges avec les têtes de réseaux d’aires protégées, relations avec les experts internationaux). Le réseau a été formellement lancé le 5 septembre 2021 à l’occasion du Congrès mondial de la Nature par la Présidente du Comité français de l’UICN, Maud Lelièvre, et le responsable du développement de la Liste verte au sein du Secrétariat international de l’UICN, Thierry Lefebvre, lors de la soirée « Pour sauver la biodiversité mondiale, parions sur la francophonie ». Plus d’informations – La Liste verte des aires protégées et conservées– La vidéo de la soirée francophone sur le Pavillon du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Réserve naturelle géologique de la Sainte-Victoire © T. Tortosa 

Congrès UICN : Les espèces de thon se rétablissent malgré les pressions croissantes sur la vie marine selon la Liste rouge de l’UICN

Marseille, France, 4 septembre 2021 (UICN) – Quatre espèces de thons pêchés commercialement sont en bonne voie de rétablissement grâce à l’application de quotas de pêche régionaux au cours de la dernière décennie, selon l’actualisation de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ publiée à l’occasion du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille. Cependant, cette reconstitution intervient dans un contexte de pressions croissantes sur les espèces marines, avec 37% des requins et des raies étant désormais menacés d’extinction dans le monde, principalement en raison de la surpêche, aggravée par la perte ou la dégradation des habitats, ainsi que des changements climatiques.   La Liste rouge de l’UICN comprend désormais 138 374 espèces dont 38 543 menacées d’extinction. « La mise à jour des de la Liste rouge de l’UICN est un signe fort que, malgré les pressions croissantes sur nos océans, les espèces peuvent se rétablir si les États s’engagent vraiment à adopter des pratiques durables. Les États et les autres actuellement réunis au Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille doivent saisir cette opportunité de renforcer leurs ambitions en matière de conservation de la biodiversité et travailler à atteindre des objectifs contraignants fondés sur des données scientifiques probantes. Ces évaluations de la Liste rouge démontrent à quel point nos vies et nos activités sont en symbiose avec notre biodiversité. » Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN Dans de la Liste rouge actuelle, les sept espèces de thon les plus pêchées commercialement ont été réévaluées. Quatre d’entre elles montrent des signes de récupération grâce à des quotas de pêche plus durables et une lutte plus efficace contre la pêche illégale mise en place par certains pays. Le thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus) est passé de la catégorie « En danger » à celle de « Préoccupation mineure », tandis que le thon rouge du Sud (Thunnus maccoyii) est passé de la catégorie « En danger critique » à celle de « En danger ». Le thon blanc (Thunnus alalunga) et le thon albacore (Thunnusalbacares) sont tous deux passés de « Quasi menacés » à la catégorie « Préoccupation mineure ». Malgré une amélioration globale à l’échelle des espèces, de nombreux stocks régionaux de thon restent gravement appauvris. Par exemple, alors que la plus grande population orientale de thon rouge de l’Atlantique, originaire de Méditerranée, a augmenté d’au moins 22% au cours des quatre dernières décennies, la plus petite population autochtone de cette espèce dans l’Atlantique Ouest, qui fraie dans le golfe du Mexique, a diminué de plus de moitié au cours de la même période. Le thon albacore continue quant à lui d’être surexploité dans l’océan Indien. « Ces évaluations de la Liste rouge sont la preuve que les approches de pêche durable fonctionnent, avec d’énormes avantages à long terme pour les moyens de subsistance et la biodiversité. Nous devons continuer à appliquer des quotas de pêche durables et à lutter contre la pêche illégale. Les espèces de thon migrent sur des milliers de kilomètres, et il est donc également essentiel de coordonner leur gestion à l’échelle mondiale. » Dr Bruce B. Collette, président du Groupe de spécialistes des thons et espadons de la CSE-UICN.  Le thon rouge du Pacifique (Thunnus orientalis) est passé de « Vulnérable » à « Quasi menacé » dans cette actualisation, en raison de nouvelles données et de modèles d’évaluation des stocks plus récents. Cette espèce reste gravement appauvrie, à moins de 5% de sa biomasse d’origine. Parmi les autres espèces de thons réévaluées dans cette actualisation de la Liste rouge figurent le thon obèse (Thunnus obesus), qui reste « Vulnérable », et la bonite à ventre rayé (Katsuwonus pelamis) qui reste dans la catégorie « Préoccupation mineure ». La Liste rouge de l’UICN mise à jour comprend également une réévaluation complète des espèces de requins et de raies dans le monde, révélant que 37% d’entre elles sont désormais menacées d’extinction, et démontrant que des mesures de gestion efficaces font défaut dans la plupart des océans du monde. L’ensemble des espèces menacées de requins et de raies sont surexploitées, 31% étant en plus affectées par la perte et la dégradation des habitats et 10% par les changements climatiques. Le dragon de Komodo menacé par les futurs impacts des changements climatiques : Le plus grand lézard vivant du monde, le dragon de Komodo (Varanus komodoensis), est passé de « Vulnérable » à « En danger » sur la Liste rouge de l’UICN. L’espèce, endémique d’Indonésie et présente uniquement dans le parc national de Komodo, classé au Patrimoine mondial, et sur l’île voisine de Flores, est de plus en plus menacée par les impacts des changements climatiques. La hausse des températures mondiales, et donc du niveau de la mer, devrait réduire l’habitat favorable au dragon de Komodo d’au moins 30% au cours des 45 prochaines années. En outre, alors que la sous-population du parc national de Komodo est actuellement stable et bien protégée, les dragons de Komodo vivant en dehors des aires protégées, sur l’île de Flores, sont également menacés par une perte d’habitat importante en raison des activités humaines en cours. Plus d’informations – L’article complet sur le site de l’UICN– Contacts : Harriet Brooker, Relations médias UICN, +44 7960241862, congressmedia@iucn.orgMatthias Fiechter, Relations médias UICN, +33 6 73 48 65 13, congressmedia@iucn.org– La Liste rouge mondiale des espèces menacées– La Liste rouge nationale des espèces menacées Photo bandeau : Photo by James Thornton on Unsplash