CITES : 10 recommandations pour lutter contre le trafic d’espèces sauvages et la criminalité organisée

Du 7 au 11 mars 2022 se tient à Lyon la 74e session du Comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), en préparation de la Conférence des Parties prévue en novembre prochain au Panama (COP19).   Plusieurs sujets importants pour la France y seront abordés, tels que la situation des éléphants d’Afrique et le commerce illégal de l’ivoire, avec une attention forte portée sur le renforcement de la coopération, la lutte contre la fraude et la gestion des spécimens confisqués.  Le Comité français de l’UICN saisit cette occasion pour proposer 10 solutions concrètes pour renforcer la lutte contre le trafic d’espèces en impliquant davantage tous les acteurs, et en particulier les autorités judiciaires (juges, magistrats), les agents de contrôle déployés sur le terrain (douanes), les transporteurs aériens et les aéroports.   Le droit de l’environnement français, renouvelé et renforcé depuis une dizaine d’années, prévoit de nombreux outils dont l’utilisation rendrait plus efficace la lutte contre le trafic d’espèces : en retenant par exemple des peines plus fortes ou la qualification de circonstance aggravante de bande organisée, en prononçant des peines complémentaires ou la confiscation des biens.   Il est aussi nécessaire aujourd’hui d’accroître la responsabilité et l’engagement des transporteurs aériens et de prévoir une réglementation plus adaptée pour les bagages des voyageurs, en prévoyant la réduction du poids des bagages en soute à 23 kilos maximum pour tous les vols commerciaux en provenance d’Afrique comme c’est le cas pour les autres provenances, pour diminuer les quantités transportées tout comme les risques sanitaires et environnementaux liés au trafic de viande de brousse.  La sensibilisation des voyageurs aux enjeux et aux conséquences du trafic d’espèces est l’un des leviers importants pour enrayer ce phénomène. Pour apporter une première réponse, une campagne de communication portée par Air France et le Groupe ADP à destination des passagers sera lancée cet été en collaboration avec le Comité français de l’UICN. Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN.  Plus d’informations – Le rapport avec nos 10 recommandations concrètes – en anglais– Contact : Florence Clap, Chargée de programme Politique de la biodiversité– La CITES – suivre la SC74 de Lyon sur Youtube– L’appel de décembre 2021 au renforcement de la lutte contre le trafic des espèces sauvages en france– Le programme « Politique de la biodiversité »– Le programme « Espèces » Photo bandeau : Pangolin – CC BY Tikki Hywood

Motion du Comité français de l’UICN sur l’agression de l’Ukraine

Suite au déclenchement de la guerre en Ukraine, le Comité français de l’UICN tient à exprimer et souligner les points suivants : – Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature fut créée en reconnaissant que la protection de la nature contribue à la paix dans le monde ; – L’avenir et la protection de la biosphère – notre avenir, objet de la mission de l’UICN, dépend de l’action solidaire des peuples et d’un monde en paix ; – L’Etat ukrainien est victime d’une agression intolérable par l’Etat de la Fédération de Russie ; – La guerre menée par le gouvernement russe en territoire souverain ukrainien a des conséquences terribles pour les populations civiles, victimes de bombardements, et aura aussi des conséquences majeures sur l’état de l’environnement ukrainien, terrestre et marin, par sa destruction et sa pollution ; – Cette guerre se déroule dans un pays fortement industrialisé avec de nombreuses usines chimiques, métallurgiques et centres de production d’énergie nucléaire dont l’ancien site de Tchernobyl. Les conséquences d’une attaque contre l’une de ces installations sont susceptibles de polluer durablement une partie du continent européen. Face à ce constat et en demandant instamment la fin immédiate de la guerre, le Comité français de l’UICN : – Demande aux Etats membres de l’UICN de soutenir la suspension immédiate des droits de participation du gouvernement de la Fédération de Russie de toutes les instances de l’UICN ; – Appelle l’UICN à reconsidérer l’invitation de la Fédération de Russie à accueillir en 2024 le Congrès mondial des parcs sur son territoire ; – Réaffirme son soutien inconditionnel aux organisations de protection de l’environnement ukrainiennes ainsi qu’à l’ensemble des experts ukrainiens participant aux travaux de l’UICN ; – Réaffirme son soutien à la société civile russe, et particulièrement à ses associations de protection de l’environnement et ses scientifiques, engagés pour faire progresser la conservation de la nature et la paix ; – Appelle les États européens à accueillir et assurer une protection effective de l’ensemble des ukrainiens fuyant les zones de conflits.   Nous n’avons qu’une seule Terre, les humains et les autres êtres vivants ont leurs destins liés : la solidarité, dans le respect de toute vie, est la seule option. L’UICN étant née pour que la conservation de la nature contribue à la paix mondiale, le Comité français de l’UICN condamne aujourd’hui plus fortement que jamais toutes guerres destructrices de la nature et des humains. Plus d’informations – La motion en français et en anglais sur l’agression de l’Ukraine– Le réseau mondial de l’UICN

ANUE-5 : Une nouvelle étape pour confirmer les engagements environnementaux

A l’occasion de la 5ème session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (ANUE-5) qui se tient à Nairobi du 28 février au 2 mars, le Comité français de l’UICN appelle à poursuivre la dynamique impulsée par le dernier Congrès mondial de la nature et mettre en œuvre ses recommandations.   LA NATURE DOIT ETRE AU CŒUR DE LA RECONSTRUCTION POUR UN MONDE RESILIENT ET DURABLE Face aux crises interconnectées du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité, il est crucial de renforcer les actions pour la nature afin d’atteindre les objectifs de développement durable. Une déclaration ministérielle finale doit engager les Etats sur des mesures ambitieuses et concrètes. La France, actuellement vice-présidente de l’ANUE, doit mobiliser la communauté internationale pour assurer un renforcement du droit de l’environnement et une mise en œuvre effective et efficace des instruments juridiques internationaux.   LE DROIT DE L’ENVIRONNEMENT EST UN LEVIER D’ACTION ESSENTIEL POUR METTRE LA BIODIVERSITE SUR LA VOIE DU RETABLISSEMENT Le Comité français de l’UICN appelle la France et les autres pays à élever le niveau d’ambition en vue de l’adoption du nouveau cadre mondial pour la biodiversité actuellement négocié au sein de la Convention sur la Diversité Biologique. Le projet de Déclaration de l’ANUE offre une occasion de consacrer une nouvelle génération de droits fondamentaux liés à la protection de l’environnement, en particulier le droit humain à un environnement sain en lien avec la résolution 48/13 du Conseil des Droits de l’homme. Le Comité français de l’UICN appelle aussi les membres de l’ANUE à développer des accords régionaux pour le droit à l’information, à la participation et à l’accès à la justice en matière d’environnement. Pour mieux protéger l’océan, il appelle à soutenir l’adoption cette année d’un accord international ambitieux pour la protection de la haute mer dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Et pour garantir une sécurité sanitaire mondiale et durable, Il demande à soutenir l’approche globale “Une seule santé / “One health” combinant santé humaine, animale et de l’environnement, en s’attaquant aux causes de la perte de la biodiversité.   LA NECESSITE D’UN TRAITE INTERNATIONAL POUR LUTTER CONTRE LA POLLUTION PLASTIQUE MARINE Face à l’impact majeur de la pollution de déchets plastiques sur le milieu marin et côtier, le Comité français de l’UICN demande aux Etats de s’engager pour un traité international contraignant sur la lutte contre la pollution plastique marine. Comme annoncé par le Président de la République lors du One Ocean Summit, l’ANUE-5 devra lancer les négociations intergouvernementales sur cet accord mondial, suite au projet de résolution présenté par le Pérou et le Rwanda soutenu par les 27 membres de l’Union européenne. Les Etats doivent s’engager collectivement pour éliminer la production et l’utilisation des plastiques non-nécessaires, en particulier les plastiques à usage unique. Le traité devra également prévoir la prise de mesures pour investir dans une gestion responsable et mettre fin aux déversements de déchets plastiques dans les océans. Enfin, le Comité français de l’UICN soutient le recours aux Solutions fondées sur la Nature, telles que définies et encadrées par l’UICN, pour atteindre les Objectifs de Développement Durable d’ici 2030. Plus d’informations – Télécharger le communiqué de presse– L’ANUE-5– Les conclusions du Congrès mondial de la nature de l’UICN (septembre 2021)

Natura 2000, quel bilan après 30 ans de service pour la nature ?

A l’initiative de la Présidence française de l’Union Européenne, les États membres se réunissent les 24 et 25 février 2022, à Strasbourg, pour célébrer les 30 ans du réseau Natura 2000, plus vaste réseau d’espaces naturels terrestres et marins protégés et gérés du monde. A l’origine centré sur les sites terrestres, en application des directives européennes Oiseaux (1979, révisée en 2009) et Habitats faune flore (1992), le réseau a été déployé en mer à partir de 2008, avec un double objectif de préserver la diversité biologique et de valoriser le patrimoine naturel des territoires, tout en tenant compte des activités économiques, sociales et culturelles, ainsi que des particularités régionales. En Europe, les sites Natura 2000 couvrent actuellement 18,15 % de la surface terrestre et 9,8% des eaux marines. Sur le territoire français, il s’agit de 13% de la surface terrestre (7 millions d’hectares) et 35,7% de la surface marine de la ZEE. La France a une responsabilité importante dans ce réseau tant par la diversité de ses paysages que par la richesse de la faune et de la flore qu’ils abritent. A ce jour, ce sont 132 types d’habitats naturels d’intérêt communautaire (57 % des habitats naturels européens), 102 espèces animales identifiées à l’annexe II de la directive Habitats faune flore (20 % des espèces annexe II), 63 espèces végétales identifiées à l’annexe II de la directive Habitats faune flore (10 %) et 123 espèces d’oiseaux identifiées à l’annexe I de la directive Oiseaux (62 %). Natura 2000 est une avancée majeure pour la conservation de la nature en Europe mais reste confrontée à de nombreux défis car la biodiversité terrestre et marine continue de subir de fortes pressions liées aux activités humaines. Or son objectif est d’assurer un bon état de conservation pour tous les habitats et espèces d’intérêt communautaire.  Selon le Centre d’expertise et de données sur le patrimoine naturel (PatriNat), environ 70% des espèces et plus de 90% des habitats des écosystèmes humides et aquatiques sont dans un état défavorable-mauvais ou défavorable-inadéquat de conservation. L’intensification agricole est identifiée comme étant le principal facteur de pression sur ce milieu ainsi que l’urbanisation et l’industrialisation. Elles menacent également nos écosystèmes littoraux, dont moins de 10% des habitats et environ 20% des espèces sont dans un état de conservation favorable. Quant au milieu marin, 40% de la mer territoriale est aujourd’hui couverte par le réseau Natura 2000, auquel il faut ajouter le réseau Natura 2000 au large. Cette évolution surfacique récente demande de renforcer les moyens humains et financiers pour améliorer la conservation de la biodiversité marine, comme le suggère le rapport de la cour des comptes européenne qui conclue que les aires marines protégées en Europe, qui sont en grande partie des sites Natura 2000, offrent peu de protection. Les sites Natura 2000 constituent par ailleurs une opportunité pour la mise en œuvre de l’objectif des 10% de zones de protection stricte, adoptée par la stratégie européenne pour la biodiversité d’ici 2030, en y adossant progressivement des réglementations.  Plus d’informations – Le site internet de Nature 2000– La conférence ministérielle 30 ans du réseau Natura 2000– Le programme « Aires protégées » du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Bassin du Drugeon, site Natura 2000 labellisé sur la Liste Verte des aires protégées © Varot (4VENTS,2008)

One Ocean Summit : Le bilan

Annoncé lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN de Marseille par le Président Emmanuel Macron, le One Ocean Summit s’est tenu du 9 au 11 février à Brest. Les deux premières journées d’ateliers ont été l’occasion pour le Comité français de l’UICN d’appeler à la concrétisation de 8 engagements forts, basés sur les recommandations du Congrès mondial de l’UICN de Marseille. Une délégation du Comité français de l’UICN a participé aux 3 jours de Sommet composée de la Présidente, du Directeur, du Chargé de mission « biodiversité marine » et du président du Groupe « Mer & littoral ». De nombreux membres et experts du Comité français de l’UICN étaient également présents pour rappeler l’urgence de la protection de l’océan (WWF France, Office français de la biodiversité, Conservatoire du littoral, Océanopolis, Nausicaa, Muséum National d’Histoire Naturelle, IRD, Te Mana O Te Moana, Fondation Yves Rocher…). Le One Ocean Summit s’est achevé ce vendredi midi à Brest par le segment de haut niveau réunissant, autour du Président de la République, de nombreux chefs d’Etats, de responsables d’institutions multilatérales, de chefs d’entreprises et de décideurs de la société civile, dont le Comité français de l’UICN, représenté par sa Présidente. Le Président Macron y a invité les participants à « prendre des engagements fermes en faveur de l’Océan ». Les principaux engagement du segment de haut niveau Premier des quatre thèmes du segment de haut niveau, la protection de la biodiversité marine a été consacrée par l’engagement de nombreux chefs d’Etat (Malte, Chypre, Irlande, Portugal, Colombie…) à poursuivre la création d’aires marines protégées et à soutenir l’objectif mondial de 30% d’aires marines protégées d’ici 2030 dans la nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité qui sera adoptée par la COP 15 Biodiversité. Le Président a appelé les Etats à rejoindre la Coalition de la haute ambition pour la Nature et les peuples qui regroupe actuellement 83 pays et à prendre des engagements très clairs sur la protection des AMP. Le Comité français de l’UICN salue à ce titre l’atteinte par la France de l’objectif ciblé de 30 % d’aires marines protégées grâce à l’extension de la Réserve Naturelle des Terres Australes Françaises et 4% de protection forte sachant que l’objectif de 10% est refixé pour 2030 (initialement fixé en 2022). Le Président a annoncé une stratégie polaire et son soutien à la demande de classement de la Mer de Weddell et de l’Antarctique Est en AMP, qui nécessite d’engager des négociations avec la Chine et de la Russie.   Le Président de la Polynésie Française Édouard Fritch a quant à lui annoncé la multiplication des réserves de biosphère, la protection de 500 000 Km² de zones côtières réservées à la pêche traditionnelle et vivrière, la protection de toutes les espèces de récifs coralliens, le classement de toute la ZEE de la Polynésie française en Zone Marine Particulièrement Vulnérable, et l’organisation en 2023 d’un One Island Summit.  Rappelant la mort de milliers de dauphins communs par an, due aux captures accidentelles dans les filets de pêche dans le Golfe de Gascogne, le président Macron a annoncé l’accélération de la recherche scientifique et le déploiement des équipements des navires par des pingers, sans toutefois proposer de fermeture saisonnière des pêches, comme le recommande l’UICN, le Conseil international pour l’Exploration de la mer et les ONG. Il a également soutenu la mise en place de TED (Turtle Excluder Device) pour réduire les prises accidentelles des tortues marines. Sur la surpêche, le Président a demandé à ce que la 12ème conférence ministérielle de l’OMC qui se tiendra à Genève aboutisse à un accord supprimant les subventions publiques qui contribuent à la surpêche et la pêche illicite. Ce traité serait le premier accord biodiversité sous l’égide de l’OMC et permettrait de synchroniser pour la première fois les agendas biodiversité, climat et commerce. Le leadership de l’Union européenne a été rappelé pour construire une gouvernance des océans pour protéger les zones de non droit écologique et aboutir à un traité « universel, opérationnel et efficace » sur la haute mer lors des négociations BBNJ qui ont été lancées il y a 10 ans et qui se tiendront en mars à New York. A ce titre, le Président a lancé avec la Présidente de la Commission Européenne une coalition pour soutenir l’adoption de cet accord. La nécessité de lancer les négociations sur la lutte contre la pollution plastique a fait consensus, pour engager la rédaction d’un traité international contraignant, à l’ANUE 5 qui se tiendra fin février à Nairobi. La France et l’Inde étant d’ores et déjà engagées pour l’élimination des plastiques à usage unique. Par ailleurs, le Président Macron a annoncé vouloir régler la problématique des décharges littorales et a identifié une cinquantaine de sites prioritaires en métropole et en outre mer et s’engage à agir, dès 2022, sur les sites de Dollemard, Fouras et Anse Charpentier (Martinique). Le One Ocean Summit a également été l’occasion de rappeler la place primordiale des sciences océaniques et de la nécessité de mieux « comprendre les secrets de l’océan ». L’Unesco, tout comme le Shom, se sont engagés à passer de 20 à 80 % des fonds marins connus et cartographiés d’ici 2030.  Le Président Macron a insisté sur le fait que la connaissance scientifique est la condition sine qua non à la protection des grands fonds marins et annoncé le lancement de grandes missions d’exploration des fonds marins – et des pôles – en déclarant « On ne peut pas protéger ce que l’on ne connait pas ». Mais il n’a pas pris position sur l’exploration et l’exploitation minière suite à l’adoption de la demande de moratoire au Congrès mondial de la nature de l’UICN de Marseille. Le One Ocean Summit marque le début de l’année 2022 qui sera bien l’année de l’Océan. Les prochains événements internationaux qui vont jalonner l’année (les négociations BBNJ qui se tiendront en mars à New York, l’ANUE 5, la conférence de Palau, la COP 15 Biodiversité, la conférence des Nations Unies sur l’Océan à Lisbonne en juin puis la COP27 Climat qui se tiendra à Charm

One Ocean Summit : Alerte sur l’exploitation des fonds marins dans les eaux françaises

Alors que le One Ocean Summit rassemble un grand nombre de chefs d’Etats autour d’une « diplomatie bleue » instiguée par le Président de la République française, le Comité français de l’UICN souhaite alerter sur une possible exploitation minière au sein de l’espace maritime français par le biais d’une position officielle, publiée aujourd’hui. La menace qui pèse sur grands fonds marins, un des derniers écosystèmes encore préservés de notre planète – c’est à dire la volonté d’aller y extraire des minerais – a fait beaucoup parler d’elle ces derniers jours. De nombreux scientifiques et ONG s’inquiètent en effet des conséquences de ce type d’activités industrielles sur ces habitats encore méconnus et éloignés de tout son et lumière, au développement très lent. Cependant, l’attention semble se focaliser sur la possibilité d’extraction en dehors des espaces maritimes sous souveraineté des Etats Côtiers, appelée la « Zone » dans le jargon juridique. Or, au sein de la Zone, les velléités d’extraction sont régulées par l’Autorité Internationale des Fonds Marins, qui distribue les permis d’exploration (la France en détient deux) et travaille actuellement à la régulation des activités avec l’élaboration d’un code minier qui encadrerait l’extraction. Ce n’est cependant pas le cas au sein des espaces maritimes sous juridiction nationale, y compris au sein des eaux françaises qui pour rappel, représentent la deuxième plus grande Zone Economique Exclusive (ZEE) et plateaux continentaux du monde. Et ce notamment, grâce aux territoires d’outre-mer situés dans les trois océans, mais aussi au fait que la France a travaillé ces dernières années à étendre son plateau continental au delà des 200 milles marins : c’est ce qu’on appelle le « plateau continental étendu »,  qui a permis a la France de gagner 730 000 km2 d’espace maritime supplémentaire au large de la Guyane, des Antilles, de La Réunion, des Terres australes et de la Nouvelle-Calédonie. Or, le gouvernement a annoncé clairement en octobre dernier sa volonté de sécuriser les métaux stratégiques tels que le colbalt, le cuivre ou le nickel, dont recèleraient certains espaces au sein de la ZEE et du plateau français, notamment au large de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie française et des Terres Australes françaises – qui abritent pourtant des écosystèmes marins exceptionnels et vulnérables. Le Comité français de l’UICN, en publiant cette Position, souhaite alerter sur les dangers d’une exploitation minière au sein des eaux françaises. L’Etat possède des droits souverains sur les ressources naturelles de son sol et sous-sol, droits qui ne sont que peu encadrés par la législation française. La France, dans sa nouvelle stratégie nationale des grands fonds marins (21 janvier 2021) prône l’exploration de ces fonds, et ne cache désormais plus son ambition de les exploiter. Elle est d’ailleurs en train d’élaborer des ordonnances qui abrogeront la seule disposition du code minier français qui interdisait jusqu’ici d’exploiter les fonds marins français… « L’exploitation des derniers écosystèmes encore non impactés par l’homme est une catastrophe environnementale annoncée. Il est urgent de réaliser ce qui est en train de se passer, et demander au gouvernement des garanties juridiques pour préserver l’espace maritime de la France, et les trésors de biodiversité qui s’y trouvent encore, avant qu’il ne soit trop tard. Compte tenu de l’étendue de son espace maritime, la France possède une responsabilité importante vis-à-vis de tous et elle doit se montrer à la hauteur de ses obligations environnementales internationales ». Virginie Tassin Campanella, avocate en droit de la mer et experte du Comité français de l’UICN. ll en va de la protection de ce « One Ocean », au coeur des discussions des dirigeants réunis à Brest aujourd’hui.  PLUS D’INFORMATIONS – La position du Comité français de l’UICN sur l’exploitation des fonds marins dans les eaux françaises– Les travaux du groupe Outre-mer– Le One Ocean Summit Photo bandeau : © NOAA Okeanos Explorer Program, 2016 Deepwater Exploration of the Marianas, Leg 3

One Ocean Summit : 8 engagements forts pour l’océan

Lors du dernier Congrès mondial de la nature de l’UICN en septembre 2021 à Marseille, le Président de la République française a annoncé l’organisation d’un One Ocean Summit qui se tiendra du 9 au 11 février 2022 à Brest. Plusieurs initiatives doivent être lancées pour une meilleure gouvernance des océans, la protection des écosystèmes marins, la lutte contre les pollutions, notamment plastique, et la lutte contre le changement climatique. « Le Congrès mondial de la nature à Marseille a lancé une nouvelle dynamique internationale pour la protection de la biodiversité. Le One Ocean Summit est une opportunité de la renforcer en faveur de l’océan avec des enjeux cruciaux puisqu’il représente 70% de la surface de notre planète. » Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN. Le Comité français de l’UICN rappelle l’urgence de la protection de l’océan compte tenu que les deux tiers de sa superficie sont aujourd’hui considérés comme sévèrement altérés par les activités humaines (IPBES 2019). Présent à Brest au One Ocean Summit, le Comité français de l’UICN appelle à la concrétisation de 8 engagements en réponse aux recommandations du Congrès mondial de l’UICN portant sur l’océan : 1. Achever les négociations de l’accord international sur la biodiversité marine des zones hors juridiction nationale (haute mer) le plus tôt possible, en mars 2022, et que le texte final intègre la mise en place et la gestion d’un réseau écologiquement représentatif, bien connecté et bien géré d’aires marines protégées efficaces, dont une part substantielle hautement et entièrement protégées, ainsi que des études d’impact environnemental basées sur un système rigoureux, intégré, indépendant et fondé sur la science d’évaluation, de gestion et de suivi des effets individuels et cumulatifs des activités humaines et du changement climatique sur la biodiversité marine de la haute mer. 2. Combattre la pollution plastique par l’élimination de la production et de l’utilisation des plastiques non-nécessaires, en particulier les plastiques à usage unique, et par la promotion de l’innovation sur toute la chaîne de valeur, facilitant la gestion responsable des déchets et débris plastiques, et mettant fin aux déversements dans la nature et les océans. L’UICN demande de parvenir rapidement à un accord mondial pour combattre cette pollution plastique marine. 3. Appliquer des démarches rigoureuses de planification des espaces maritimes pour qu’elles soient garantes de la préservation et de la protection à long terme des écosystèmes marins, en insistant sur l’évitement et la réduction des impacts environnementaux. 4. Réduire l’incidence de la pêche sur la biodiversité marine, en particulier, en mettant en oeuvre des dispositifs d’exclusion des tortues (TED) dans la pêche à la crevette tropicale et améliorer la gestion des dispositifs de concentration de poissons (DCP) dérivants, une méthode nuisible pour l’environnement qui a considérablement augmenté partout dans le monde. 5. Adopter un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins, tant que les conditions n’ont pas été définies pour garantir la protection des écosystèmes et de la biodiversité des grands fonds marins. 6. Renforcer les mesures de protection des espèces marines comme les mammifères marins et les requins et raies, dont respectivement 25% et 37% sont menacées selon la Liste rouge mondiale de l’UICN, en agissant en particulier sur la réduction des captures accidentelles. 7. Poursuivre la création d’aires marines protégées et soutenir collectivement l’objectif mondial  de 30% d’aires marines protégées d’ici 2030 dans la nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité qui sera adoptée par la COP 15 Biodiversité, en insistant sur le respect des catégories mondiales des aires protégées de l’UICN, la qualité de leur gestion conformément au standard mondial de la Liste verte des aires protégées de l’UICN, et la protection forte. 8. Respecter l’Accord de Paris sur le Climat pour limiter les impacts du changement climatique sur l’océan et à développer des solutions fondées sur la nature en renforçant la conservation et la restauration des écosystèmes marins qui jouent un rôle important pour le carbone bleu, comme les récifs coralliens, les mangroves, les marais salants et les herbiers marins. PLUS D’INFORMATIONS – Communiqué de presse en français et en anglais– La note complète sur les 8 recommandations en français et en anglais– Les travaux du groupe de travail mer et littoral – Le One Ocean Summit– Les recommandations du Congrès mondial de l’UICN– La mobilisation du Comité français de l’UICN pour le Congrès de l’UICN (Septembre 2021)

Protéger les mangroves : à vos smartphones avec l’application ROM !

A l’occasion de la Journée mondiale des zones humides 2022, le Comité français de l’UICN appelle à agir pour la protection des mangroves avec le Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des Mangroves et une nouvelle application mobile. Une nouvelle version (V2) de l’application ‘ROM’ (Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des Mangroves) est lancée aujourd’hui 2 février, à l’occasion de la Journée Mondiale des Zones Humides. L’application a fait peau neuve avec une interface intuitive, de nouvelles fonctionnalités comme la possibilité de signaler des espèces de faune (poissons, crabes, mammifères, oiseaux,  mollusques…) ou de consulter toutes les observations depuis son téléphone – en plus de pouvoir signaler des perturbations en mangrove type déchets, pollutions, remblais etc.   Cet outil digital a été développé par le Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT), piloté par le Comité français de l’UICN en partenariat avec le Conservatoire du Littoral, avec le soutien de l’Initiative française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR) et le concours de partenaires associatifs et scientifiques des différents territoires d’outre-mer.  Un nouveau souffle pour les mangroves Cette nouvelle version de l’application ROM est l’occasion de donner un nouveau souffle au réseau d’observateurs des mangroves, qui n’a pu se rendre sur le terrain aussi souvent qu’espéré depuis 2 ans du fait de la crise sanitaire et des mouvements sociaux qui ont ébranlé les Antilles fin 2021. Grâce à l’organisation de formations et de sorties terrain avec les gardes du littoral, la police de l’environnement, les gestionnaires et toute personne intéressée par l’outil tout au long de l’année 2022, il est espéré que l’application mobile soit largement utilisée dans tous les territoires ultramarins où la mangrove est naturellement présente, c’est à dire les Antilles, la Guyane, Mayotte et les îles éparses dans l’océan indien, et la Nouvelle-Calédonie et Wallis dans le Pacifique. En Polynésie française, où la mangrove est introduite, l’application permet de signaler la présence de palétuviers à Tahiti, Moorea, Huahine, Bora-Bora, Raiatea et Tahaa et d’apprendre à reconnaître les espèces de ‘sub-mangrove’ indigènes, qu’il s’agit de protéger car fortement menacées par l’urbanisation galopante. Téléchargez, observez, signalez ! L’application ROM peut se télécharger gratuitement depuis les Stores sour le nom ‘ROM mangrove’. Plusieurs modules sont à retrouver : – Des guides « espèces » sur les palétuviers des différents territoires d’outre-mer, les espèces de sub-mangrove de Polynésie française, et les espèces de faune associée aux mangroves. Pour chaque espèce, des informations détaillées agrémentées d’une ou plusieurs photos permettent d’apprendre à mieux les reconnaître : devenez incollable sur les espèces de votre territoire !– Des modules « signalement » qui permettent, soit de signaler une perturbation (dépotoir sauvage, défrichement, remblai, maladies ou phénomènes inhabituels sur les palétuviers), soit de rapporter une observation de faune, qui peut donner des indications sur l’état de santé de la mangrove. Ainsi, chaque utilisateur peut devenir pleinement acteur de la gestion des mangroves, et accéder rapidement à l’ensemble des observations sur tous les territoires d’outre-mer. L’application inclut une partie ‘Forum’ qui permet de lancer une discussion, poser une question technique et échanger – un atout précieux pour les gestionnaires !   Alors, à vos smartphones… L’application mobile a reçu le soutien de l’Initiative française pour les Récifs Coralliens, de l’Office de l’Eau de Martinique, de l’Office français de la Biodiversité par le biais de l’initiative Terres et mers ultramarines (TeMeUm) et de la Fondation Veolia. Plus d’informations – Télécharger l’application (gratuite) sur l’App Store et Google Play ou retrouvez là en version Web sur ce lien– Communiqué de presse– Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN– Le Pôle-relais zones humides tropicales– La Journée Mondiale des Zones Humides 2022`– Le portail français sur les zones humides avec toutes les célébrations JMZH 2022 : les activités en métropole et en outre-mer Photo bandeau : Mangrove à Port-Louis, Guadeloupe © Magalie Daco

Faune de Guadeloupe : une riche biodiversité sous fortes pressions

Marqué par un riche patrimoine naturel, l’archipel de la Guadeloupe abrite une biodiversité remarquable confrontée à de nombreuses menaces. L’état des lieux portant sur 574 espèces de la faune mené dans le cadre de la Liste rouge nationale montre que près de 15 % d’entre elles sont menacées. Les analyses mises en oeuvre  ont porté sur une série de groupes d’espèces animales des milieux terrestres, d’eau douce et marins : oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens, poissons et macro-crustacés d’eau douce, mollusques terrestres et d’eau douce, libellules et demoiselles, papillons de jour, abeilles, mantes, phasmes et une partie des coléoptères. Au total, 16 espèces ont déjà disparu, 85 sont menacées et 48 sont quasi menacées. Réalisé dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France, cet état des lieux a été établi par le Comité français de l’UICN et l’UMS PatriNat (OFB-CNRS-MNHN), grâce à la mobilisation de naturalistes et de scientifiques spécialistes de la faune guadeloupéenne. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale   DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (janvier 2022)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN Comité français, OFB & MNHN (2021). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitres Faune de Guadeloupe. Paris, France.   Photo bandeau :Couleuvre des Saintes © Régis Gomès

Tribune « Pour une politique forestière qui s’appuie sur le fonctionnement des écosystèmes »

Nos forêts souffrent des effets du dérèglement climatique et pourtant nous n’avons peut-être jamais eu autant besoin d’elles. Fixation et stockage de carbone, production de bois, genèse et stabilisation des sols, régulation des cycles de l’eau, habitats pour la flore et la faune : les forêts offrent de nombreux services, le plus souvent gratuitement. Pourtant, comme le montrent les dernières statistiques de l’Institut National de l’Information Géographique et Forestière – et pour la première fois depuis le milieu du XIXe siècle – la progression du volume de bois en forêt ralentit sous l’effet d’une triple pression : baisse de la croissance, hausse des prélèvements de bois, aggravation de la mortalité de certaines espèces d’arbres. Cette crise n’est pas passagère, elle constitue une nouvelle donne qui déstabilise et interroge les pratiques de gestion forestière. Dans un contexte d’incertitude croissante, sur quelles bases fonder une nouvelle politique forestière ? L’Europe a ouvert la réflexion en adoptant une stratégie pour les forêts proposant une vision forte : s’appuyer sur la biodiversité pour renforcer la résilience des forêts. Une vision qui ne signifie pas une sanctuarisation des forêts, mais qui acte que les forêts sont des écosystèmes dont le bon état de fonctionnement écologique doit être maintenu ou restauré car il représente la seule véritable garantie de résilience et de résistance face aux aléas annoncés. Or, malgré l’engagement international de l’Europe dans le cadre de la Convention sur la Diversité Biologique, les politiques publiques mises en œuvre n’ont pas réussi à enrayer l’érosion de la biodiversité ou à restaurer la qualité de nos écosystèmes. Si cette érosion est particulièrement forte dans les milieux agricoles, la forêt ne fait pas exception : d’après la dernière évaluation effectuée dans le cadre de la directive habitats-faune-flore, plus de trois habitats forestiers suivis sur quatre sont dans un état de conservation défavorable. Les pratiques permettant de concilier exploitation forestière et biodiversité sont connues, et les débats lors des Assises nationales de la forêt et du bois ont permis de constater qu’elles étaient assez consensuelles : maintien de l’ambiance forestière, mélange d’espèces, conservation et restauration des mécanismes permettant d’avoir une diversité génétique, présence de très gros bois dans les peuplements et, plus généralement, diversité de diamètres, trames de bois mort, debout et au sol. Tout l’enjeu est désormais de les placer au cœur d’une nouvelle politique forestière en conditionnant mieux les aides publiques, en modernisant la fiscalité forestière ou encore en renforçant le volet biodiversité et climat des documents de gestion, en forêt publique comme en forêt privée. Des premières leçons peuvent être tirées de l’expérience du plan de renouvellement et d’adaptation des forêts au changement climatique lancé par le gouvernement à l’automne 2020. Critères de diversification très insuffisants, introduction d’essences exotiques sans une évaluation scientifique rigoureuse, délais d’exécution trop rapides rendant impossible l’approvisionnement en plants adaptés mais surtout confusion sur l’objectif : une stratégie d’adaptation ne peut se résumer à un programme massif de plantations pour remplacer les forêts existantes. Nous pensons qu’une stratégie d’adaptation prometteuse et efficace est d’abord d’essayer d’accompagner et d’améliorer les peuplements en place à chaque fois que cela est possible. Cette approche, certes plus technique, propose entre autres de maintenir au maximum le couvert forestier et son sous-bois, d’enrichir et de diversifier les peuplements considérés pauvres d’un point de vue productif mais qui fournissent d’autres services, ceux qui sont homogènes ou monospécifiques, et d’accentuer les mesures de protection des sols qui sont indispensables à la durabilité de l’écosystème forestier. Malheureusement, ce type de sylviculture est proportionnellement très peu soutenu par les pouvoirs publics. Il ne s’agit pourtant pas d’un choix idéologique mais pragmatique : avec des sécheresses estivales de plus en plus fréquentes, les coupes rases de grandes surfaces suivies de plantations sont un pari de plus en plus risqué, comme le montrent les taux records de mortalité dans les jeunes plantations ces dernières années. L’intérêt climatique de cette pratique interroge surtout lorsqu’elle est associée à un travail du sol et une valorisation uniquement énergétique du bois, ce qui augmente les émissions immédiates de carbone et est donc contre-productif. Lorsque des plantations en plein sont indispensables, la priorité doit également être d’essayer de restaurer le plus rapidement possible une dynamique naturelle avec un mélange d’essences adaptées aux évolutions climatiques et réduisant l’exposition aux risques, notamment incendie. Préserver la biodiversité et le fonctionnement écologique des forêts ne signifie pas renoncer à la production de bois. C’est, au contraire, la garantir sur le long terme, sans exclure les autres services offerts par les forêts. Alors que le gouvernement s’apprête à prendre des arbitrages suite aux Assises nationales de la forêt et du bois, nous, scientifiques, associatifs, acteurs de la filière forêt-bois, l’appelons à faire des choix forts pour enfin concilier une politique de production de bois et politique de conservation de la biodiversité dans une seule et même politique forestière. Premiers signataires, représentants de structures : Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France Allain Bougrain Dubourg, président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux Daisy Copeaux, présidente du collectif Ensemble, sauvons la forêt de Chantilly Elisabeth Dodinet, présidente de la Société botanique de France Maud Lelièvre, présidente du comité français de l’UICN Emmanuel Michau, vice-président de Réserves Naturelles de France Xavier Morin, président de Canopée et directeur de recherche au CNRS Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement Evrard de Turckheim, expert forestier, président de Pro Silva France Michaël Weber, président de la Fédération des Parcs naturels régionaux de France Premiers signataires, signataires individuels : Isabelle Chuine, directrice de recherche au CNRS et membre de l’Académie d’Agriculture de France Guillaume Decocq, professeur à l’Université de Picardie Jules Verne Alexis Ducousso, Ingénieur de Recherches à l’INRAE Hervé Jactel, directeur de recherche à l’INRAE et membre de l’Académie d’Agriculture de France Nicolas Luigi, expert forestier Nicolas Martin-Saint Paul, chargé de recherche à INRAE Serge Muller, professeur émérite au Muséum National d’Histoire Naturelle Didier Paillereau, expert forestier Yoan Paillet, Ingénieur de Recherche à INRAE Marc-André Selosse, professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle > Cliquez ici pour la