Interview de Josué Kambasu, FECOPEILE

Josué, Bonjour. Vous êtes le secrétaire général de la Fecopeile. Pouvez-vous nous dire un mot sur cette organisation et son histoire très spécifique? FECOPEILE, signifie « Fédération des Comités des Pêcheurs Individuels du Lac Edouard ». Ce syndicat de pêcheurs a une histoire atypique et intervient autour de la question de la gestion durable du Lac Edouard, un lac de 215.000 ha, situé au cœur du Parc National des Virunga (780 000 ha), qui constitue un site du patrimoine mondial, et le premier parc africain créé en 1925. Ce lac, à cheval entre la RDC et l’Ouganda, est d’une richesse écologique remarquable et abrite de nombreuses espèces de poissons mais également d’oiseaux migrateurs ou résidents. Un nombre important de personnes dépendent directement des nombreux services écosystémiques rend us par le lac particulièrement les communautés de pêcheurs et ce dernier a toujours été, de par son histoire même et ses enjeux, un territoire conflictuel entre parties prenantes. La FECOPEILE a été créée officiellement en mars 2012 avec pour objectif global de défendre les droits et intérêts des pêcheurs et plus globalement des communautés riveraines dépendantes des ressources halieutiques du lac Edouard. L’organisation regroupe à l’heure actuelle l’ensemble des pêcheurs individuels et artisanaux du lac Edouard dans sa partie congolaise, soit environ 5.600 personnes réparties dans 3 pêcheries (Vitshumbi, Kiavinyonge et Nyakakoma) au sein desquelles existent des comités de pécheurs. Les organisations de femmes intervenant dans le traitement et le commerce des poissons issus du lac font également partie de l’organisation. Pour atteindre ses objectifs, la FECOPEILE travaille à la mise en place d’un cadre de concertation visant une planification commune et concertée des actions menées par les différentes parties prenantes du Lac Edouard. L’organisation mène également des actions de plaidoyer pour prôner une pêche responsable garantissant la pérennité des moyens d’existence des communautés locales. L’objectif du lobbying  mené est de lutter contre les activités illégales et contre la pollution des eaux du Lac Edouard, des rivières avoisinantes et du bassin versant. Depuis le démarrage des activités, quelles ont été vos axes d’actions prioritaires ? Quelles sont les actions déjà menées et celles dont vous êtes le plus heureux et fier ? Quelles sont les principales contraintes, les principaux problèmes auxquels les pêcheurs du Lac Edouard sont aujourd’hui confrontés? En quoi l’organisation collective proposée par la FECOPEILE contribue-t-elle à les résoudre en partie? Les contraintes rencontrées par les pêcheurs du Lac Edouard sont multiples, le contexte que connait la province du Nord Kivu étant extrêmement complexe. On peut à ce stade citer les problèmes d’insécurité. Les pêcheurs sont en effet menacés par les groupes rebelles Maï Maï dans la partie sud-ouest du Lac (dans les zones de Ndwali, Chanika, Ngazi, Muuma, Kakindo et Marestaurant,…). A titre d’exemple, en novembre 2018, 5 pirogues, 2 moteurs et 15 pêcheurs ont été kidnappés et emportés dans la brousse par ces derniers. Il a fallu engager une longue négociation en vue de libérer les victimes. Chaque pirogue a été rendue moyennant une rançon de 100.000  francs congolais, idem pour les moteurs. Toujours en novembre 2018, un groupe de bandits armés a tenté de capturer des habitants de la pêcherie de Vitshumbi. Un pêcheur a été tué, l’autre gravement blessé, au cours des affrontements. Ces deux cas ne sont que des exemples parmi tant d’autres. La pêche illicite est également un problème majeur sur le lac. Celle-ci est soutenue par les groupes armés, qui tirent des revenus substantiels de cette dernière, ainsi que parfois par certains services étatiques et les militaires présents dans la zone, ce qui rends le problème particulièrement complexe à résoudre. Toujours en lien avec ces aspects de légalité, la multiplication des pêcheries constitue également un problème, celles-ci étant passées de 3 à 12, sans qu’aucun contrôle ne soit à l’heure actuelle observé. Le nombre de pirogues est ainsi passé de 700 à plus de 3.000 et l’utilisation de techniques prohibées s’observe de plus en plus fréquemment. Tous ces problèmes sont interconnectés et il convient de noter qu’ils ont tous un lien avec la question du manque d’application de la loi et des règlementations en vigueur. Combinés à l’explosion démographique dans les enclaves de pêche à l’intérieur du PNVi (et ce en raison de l’insécurité grandissante autour de l’AP), ces phénomènes entrainent une baisse de la capacité productive du lac extrêmement problématique. Cette situation pousse un bon nombre des pêcheurs congolais à aller pêcher dans la zone transfrontalière où ils sont soumis à des menaces et des arrestations par la force marine ougandaise. A l’heure actuelle, au moins 97 pêcheurs congolais sont arrêtés et condamnés en Ouganda dans la prison de MUBUKU. Ce phénomène a un impact final négatif à la fois sur la pauvreté et l’insécurité alimentaire, deux problématiques majeures dans cette région. L’ensemble de ces éléments vous donne un aperçu de l’enjeu lié à la gestion durable et parcimonieuse de l’écosystème du Lac Edouard.   En quoi la création de la FECOPEILE contribue-t-elle à résoudre en partie ces problèmes ? De par ses actions, la FECOPEILE cherche à lutter contre les phénomènes listés plus haut, notamment en formant et sensibilisant les différentes parties prenantes relatives au secteur pêche sur l’importance de la gestion durable des ressources halieutiques du Lac Edouard, en rappelant notamment que leur bien-être et leurs moyens d’existence dépend fortement de celles-ci. Des actions de plaidoyer et de lobbying sont régulièrement menées par notre fédération en vue de mobiliser les habitants de la zone contre les potentiels projets pouvant occasionner une pollution environnementale et/ou une destruction massive des ressources naturelles et ce sans respecter les lois nationales et les conventions et engagements internationaux signés par notre pays. Nous pensons ici par exemple aux potentiels projets pétroliers à l’intérieur du PNVi. Pour parvenir à mener notre plaidoyer, nous menons un monitoring permanent sur la destruction des ressources halieutiques et l’insécurité causée par les Maï Maï et ce en vue d’obtenir des données fiables pouvant orienter nos actions auprès des institutions compétentes. Nous sommes donc à l’heure actuelle en possession d’une quantité importante d’informations concernant l’écosystème

News from the field: COGEZOH

W National Park Peripherie : improve coexistence Human – Wildlife Located in southwestern Niger, Parc W is the most important biodiversity site in the country and surely among the richest in West Africa, home to thousands of species of mammals, reptiles, birds and insects. The vegetation in the park is also unique.This unique value has allowed it to be gazetted as a UNESCO World Heritage Site since 1996. But this does not go without much covetousness. Indeed, this protected area is the subject of many human pressures: poaching, illegal grazing, bush fires, encroachment and daily incursions by fringing communities for resources extraction (picking or cutting). This is not without direct consequences on both park fringing communities and wildlife within the protected area. Thus, we are witnessing an unprecedented phenomenon in recent years: humans exerting great pressure on the resources of the park, these resources how much needed for the maintenance of wildlife in its habitat. To compensate for the lack thus created on its side, this wildlife does not hesitate to attack the crops and livestock of these fringing communities. This inevitably leads to retaliation, poisoning, trapping and mass killings, and causing major losses for biodiversity. Thus, women who illegally enter the park to pick fresh leaves or fruits of Baobab, mutilating the tree must know that in return the primates will compensate for their lack in the fields of corn or cowpea. Or the man who enters in the park to mow the “burgu” (Echinochloa stagnina), how vital to the hippopotamuses, is to expect them devastate their crops during the night. Conscious of the need to initiate actions towards Human-Wildlife coexistence, the NGO “Contribution à la Gestion des Zones Humides (COGEZOH)” initiated in 2017, with the support, among others, of the PPI, a project of mitigation of Human-Wildlife conflict in this area, developing concrete activities to alleviate poverty and reduce Human-Wildlife conflict. In response to the needs of local populations to meet their needs for baobab leaves, which are the most used in sauces in the country, the NGO COGEZOH supported the establishment of Baobab nurseries in which the leaves are directly taken by 190 women in 3 target villages of the project. This activity has allowed women to no longer travel long distances and take risks by entering the park, while also producing what they need for their own personal use, and they even market the surplus, production being weekly and spread over the whole year.The project also increased and improved honey production in the target villages of the project. Thus, 50 new beekeepers were trained and equipped with 100 new hives and 15,000 bottles of packaging.Honey is now of much better quality and is probably the first choice of city dwellers. Production has doubled compared to past years, and demand is still far from being covered.In addition, the project has invested a lot in the mitigation of Human-Wildlife conflicts, through the training, implementation and supervision of a network of 40 local informants equipped with means of communication and transport (24 members have already received mobile phones with camera, unlimited communication credit and travel bikes, thanks to a contribution from TreeAid). This network provides information on wildlife incursions into fringed villages and illegal activities (poaching, illegal grazing and other resources picking) in Park W.The work of this network was highly appreciated by the protected area managers who were able to stop and dismantle poaching networks and wild meat traffickers. It also helped to intervene in time to repel some wild animals heading for the villages.In addition, new types of pens have been successfully experimented to ward off attacks of hyenas and lions on cattle. Twelve have been built, with fencing and cuttings of Commiphora africana, which is a plant that tends to disappear in most of Niger. The project also allows the restoration of this plant species in its natural environment.This activity was accompanied by installation of scarecrows and several awareness and training campaigns in the target villages. This allowed for a collective awareness on the behavior to adopt when living within the fringes of a protected area.The NGO’s ambition is to extend its activities to other fringing villages to the W Park, in the perspective to overcome this Human-Wildlife conflict situation over the long term.   Plus d’informations – Check out the podcast from RFI about the project in december 2018 – Presentation of COGEZOH project

PPI Partners : the MAVA Foundation

MAVA, a family foundation for nature conservation   MAVA was born of the passion, vision and adventure of one man, Dr. Luc Hoffmann. Created in 1994 to support the conservation of emblematic sites like Camargue and Doñana (Spain), MAVA has gradually become a professional foundation and a major donor for conservation in the world. The foundation is now run by the children of Dr. Luc Hoffmann (his son André is the President) and has an annual budget of about CHF 70 million allocated to projects carried by various implementing partners. MAVA’s mission is to conserve biodiversity for the benefit of people and nature by funding, mobilizing and strengthening its partners and the conservation community. The Foundation’s activities are spread across four thematic programs in the Mediterranean, West Africa, Switzerland and Sustainable Economy. The MAVA Foundation is in its last phase of activity and is in a period of transition: MAVA has planned to stop financing in 2022. The transition of the foundation MAVA ensures the projects impacts are sustainable, and that the project holders can continue their actions while having freed themselves from the financial support of the MAVA when it finishes its last strategic cycle in 2022. This philosophy models its approach – it is reflected directly in the strategies of the programs and through the activities of the transversal unit Impact and Sustainability which works to support certain key partners from an organizational point of view. For a dynamic and committed civil society The sustainability of nature protection activities involves, among other things, a dynamic, innovative civil society committed to conservation. In this perspective, the existence of small grants operating at the national or regional level is fundamental. And these types of grants are all the more useful as they offer, in addition to funding, capacity support activities for project leaders in their administrative and implementation tasks. This is why MAVA, along with the French GEF, is committed to the current extension of the PPI implemented by the French IUCN Committee until mid-2021 with a new call for proposals including new countries in West Africa (Mauritania, Senegal, Gambia, Guinea, Guinea Bissau, Sierra Leone and Cape Verde). In addition to providing funding, MAVA is also involved in the joint reflection that brings together the IUCN French Committee, CEPF, IUCN Netherland and other partners around issues of support for young civil society organizations. Feel free to explore the MAVA website or follow us on Twitter !

Du côté des réseaux: RASTOMA

Février 2019 – RASTOMA a animé un atelier sur les activités génératrices de revenus au Symposium International Tortues Marines à Charleston, aux Etats-Unis   Le 3 février dernier, Alexandre Girard, Président du réseau des acteurs de la sauvegarde des tortues marines en Afrique centrale (RASTOMA), a animé un atelier sur les activités génératrices de revenus et les moyens de subsistances pour les communautés impliquées dans la conservation des tortues marines. Cet atelier a pris place dans le programme du 39e Symposium International Consacré à la Conservation des Tortues Marines (International Sea Turtle Symposium, ISTS). Grâce à cette initiative, 26 leaders de projets de conservation de diverses régions du monde ont ainsi pu échanger pendant une demi-journée et produire des ressources utiles aux membres du réseau RASTOMA.   Il s’agissait de la deuxième édition des ateliers RASTOMA à l’ISTS. RASTOMA avait inauguré ce concept d’atelier regroupant des acteurs du monde entier l’an dernier, lors du Symposium international qui s’était tenu à Kobé au Japon en 2018. L’atelier RASTOMA avait alors connu un franc succès et la salle était rapidement devenue trop petite pour accueillir tous les participants. Cette année à Charleston, en Caroline du Sud nous avons donc été dotés d’une plus grande salle. Autre progrès : nous avons pu filmer les présentations qui sont désormais disponibles en ligne sur le site rastoma.org   Le programme était riche et varié. Après une introduction par Alexandre Girard (RASTOMA), Brad Nahil, leader et fondateur de « SEE Turtles » une organisation qui développe le tourisme de vision en lien avec des projets tortues marines, a présenté l’intérêt et les possibilités de développement de programmes touristiques au bénéfice des communautés en lien avec les projets de conservation. Tushan Kapurusinghe, directeur du programme de conservation des tortues marines au Sri Lanka (Turtle Conservation Program, TCP Sri Lanka) nous a ensuite offert une véritable Master Class en deux parties, sur la diversification des activités productrices de moyens de subsistance puis de revenus, en s’appuyant sur son expérience de directeur de programme et en décrivant les actions concrètes et les approches (nombreuses !) qu’il développe avec les communautés Sri Lankaises. Sabine Berendse a clos l’atelier en présentant l’initiative de Curacao program, qui innove en produisant des souvenirs pour les touristes et des objets utilitaires pour les communautés à partir de déchets plastiques ramassés sur les plages de ponte de l’île caribéenne de Curaçao.   L’organisation de cet atelier contribue à la stratégie du RASTOMA pour renforcer les capacités de ses membres en matière d’approches communautaires et d’activité génératrices de revenus en lien avec la conservation marine et côtière. Pour atteindre son objectif, RASTOMA développe deux approches parallèles : dans notre zone d’action en Afrique centrale, nous recensons les actions développées par les ONG membres du réseau et nous identifions les facteurs de succès et les écueils à éviter, afin de dresser des recommandations à l’usage des membres qui souhaitent développer de telles activités pour renforcer leur ancrage communautaire. En complément, grâce à l’atelier international organisé lors de l’ISTS, nous saisissons la richesse et la diversité des approches imaginées par les acteurs de la conservation à travers le monde. Nous construisons ainsi un réseau de contacts et de compétences à travers le monde, que nous pouvons mobiliser à la demande des membres du RASTOMA en fonction de leurs besoins. Le produit final de nos approches locale et internationale est la mise à disposition sur le site internet rastoma.org de ressources au bénéfice des membres : les vidéos et les diaporamas des présentations des ateliers qui sont autant de sources de connaissance et d’information pour les membres désireux de développer des approches communautaires ; un répertoire des actions communautaires en place en Afrique centrale et à travers le monde, complété d’un répertoire des personnes ressources qui ont développé une expertise dans le domaine.   Le RASTOMA souhaite poursuivre l’expérience l’année prochaine en organisant dans le cadre du prochain Symposium ISTS, qui se tiendra en Colombie, un troisième atelier sur les approches communautaires dans les projets de conservation des tortues marines. Plus d’informations – Site internet de RASTOMA : http://www.rastoma.org/ – La fiche de présentation du projet mené par RASTOMA

Les partenaires du PPI : la Fondation MAVA

  La MAVA, une fondation familiale pour la conservation de la nature   La MAVA est née de la passion, de la vision et de l’aventure d’un seul homme, le Dr. Luc Hoffmann. Créée en 1994 pour soutenir la conservation de sites emblématiques comme la Camargue et Doñana (Espagne), la MAVA est peu à peu devenue une fondation professionnelle et un bailleur majeur pour la conservation dans le monde. La fondation est aujourd’hui pilotée par les enfants du Dr. Luc Hoffmann (son fils André en est le Président) et dispose d’un budget annuel d’environ CHF 70 millions alloué à des projets portés par divers partenaires de mise en œuvre. La mission de la MAVA est de conserver la biodiversité au bénéfice de l’être humain et de la nature en finançant, en mobilisant et en renforçant ses partenaires et la communauté de la conservation. Les activités de la Fondation sont réparties au travers de 4 programmes thématiques en Méditerranée, en Afrique de l’Ouest, en Suisse et en Economie Durable. La Fondation MAVA déroule sa dernière phase d’activité et vit une période de transition : la MAVA a prévu d’arrêter ses financements en 2022.   La transition de la fondation La MAVA veille à ce que l’impact des projets qu’elle finance au sein des programmes soit durable, et que les acteurs clés puissent poursuivre leurs actions tout en s’étant affranchis des appuis financiers de la MAVA lorsque celle-ci terminera son dernier cycle stratégique en 2022. Cette philosophie modèle globalement son approche – elle se traduit directement au sein des stratégies des programmes et par le biais des activités de l’unité transversale Impact et Durabilité qui travaille à l’accompagnement de certains partenaires clefs du point de vue organisationnel.   Pour une société civile dynamique et engagée La durabilité des activités de protection de la nature passe, entre autres, par une société civile dynamique, innovante et engagée dans la conservation. Dans cette perspective, l’existence de guichets de petites subventions, opérant à l’échelle nationale ou régionale, est fondamentale. Et ces guichets sont d’autant plus utiles qu’ils proposent, en plus du financement, des activités d’accompagnement des porteurs de projet dans leurs tâches administratives et de mise en œuvre. C’est la raison pour laquelle la MAVA s’est engagée, aux côtés du FFEM, pour l’extension actuelle du Programme de Petites Initiatives mis en œuvre par le Comité Français de l’UICN jusqu’à mi-2021 avec un nouvel appel à projets incluant de nouveaux pays en Afrique de l’Ouest (Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Sierra Leone et Cap-Vert). En plus d’apporter des financements, la MAVA s’implique aussi dans la réflexion commune qui réunit le Comité Français de l’UICN, le CEPF, l’UICN Netherland et d’autres partenaires autour des questions d’accompagnement des jeunes organisations de la société civile.   N’hésitez pas à explorer le site web de la MAVA ou à nous suivre sur Twitter !

On the networks side: RASTOMA

February 2019 – RASTOMA hosted a workshop on income-generating activities at the International Sea Turtle Symposium in Charleston, USA   On February 3, Alexandre Girard, President of the Network of Actors for the Conservation of Sea Turtles in Central Africa (RASTOMA), led a workshop on income-generating activities and livelihoods for communities involved in marine turtle conservation. This workshop took place during the 39th International Symposium dedicated to the Conservation of Sea Turtles (International Sea Turtle Symposium, ISTS). Through this initiative, 26 conservation project leaders from various regions of the world were able to share for half a day and produce useful resources for members of the RASTOMA network.   This was the second edition of the RASTOMA workshops at the ISTS. RASTOMA inaugurated this workshop concept bringing together actors from around the world last year, at the International Symposium held in Kobe, Japan, in 2018. The RASTOMA workshop was a great success and the room was quickly too small to accommodate all participants. This year in Charleston, South Carolina, we have had a bigger room. Another progress: we were able to film the presentations, which are now available online at rastoma.org. The program was rich and diverse. After an introduction by Alexandre Girard (RASTOMA), Brad Nahil, leader and founder of « SEE Turtles », an organization that develops vision tourism in connection with marine turtle projects, presented the interest and the possibilities of development of tourist programs for the benefit of communities in connection with conservation projects. Tushan Kapurusinghe, director of the Sri Lanka Turtle Conservation Program (TCP Sri Lanka), then gave us a real two-part Master Class on diversification of livelihood and income-generating activities, drawing on his experience as a program director and describing the concrete actions and (many!) approaches he is developing with Sri Lankan communities. Sabine Berendse closed the workshop by presenting the initiative of Curacao program, which innovates by producing souvenirs for tourists and utilitarian objects for communities from plastic waste collected on the nesting beaches of the Caribbean island of Curacao. The organization of this workshop is part of RASTOMA’s strategy to strengthen the capacity of its members in community-based approaches and income-generating activities related to marine and coastal conservation. To reach its goal, RASTOMA develop two parallel approaches: in our area of action in Central Africa, we list the actions developed by the NGO members of the network and we identify the factors of success and pitfalls to avoid, in order to make recommendations for members who wish to develop such activities to strengthen their community roots. In addition, we gather, through the international workshop organized at the ISTS, to capture the richness and diversity of approaches imagined by conservation stakeholders around the world. We are building a network of contacts and skills around the world, which we can mobilize at the request of RASTOMA members according to their needs. The final product of our local and international approaches is to make available resources for the benefit of members on the rastoma.org website: – the videos and slideshows of the workshop presentations which are sources of knowledge and information for members wishing to develop community approaches; – A directory of community actions in place in Central Africa and around the world, supplemented by a directory of resource persons who have developed expertise in the field. RASTOMA wishes to continue the experience next year by organizing a third workshop on community-based approaches to marine turtle conservation projects at the upcoming ISTS Symposium in Colombia. For more informations – RASTOMA’s website : http://www.rastoma.org/ – Presentation of the project lead by RASTOMA

News from the field: AMMCO

Humpback whales living on the coast of Cameroon AFRICAN MARINE MAMMALS CONSERVATION ORGANIZATION (AMMCO) is a Cameroonian NGO created in 2014 with the mission to sustainably protect the aquatic megafauna of this country. Less known and benefiting from less protective actions than terrestrial wildlife, it is not less present and highly threatened in this country, like the manatee, a species poached for its meat. Partner of the PPI since 2013, and having implemented a project to protect the manatees of the Lake Ossa Wildlife Reserve (RFLO), the NGO is working on a project to better understand the ecological and human dynamics in the littoral zone and coastal area north of Limbe, in the South West region. The objective of this project is, in the medium term, to have a better understanding of the dynamics underway in this area and thus to help stakeholders concerned by the issue to better understand the associated issues and thus make decisions allowing to sustainably manage the coastline of this region. As part of this project, relating to territorial governance, the AMMCO team, in collaboration with the MINFOF (Ministry of Forests and Wildlife), the Merchant Marine and the IRAD, was led to carry out ecological monitoring at sea with the aim of better understanding the wildlife dynamics in the area. It is clear that this follow-up was a wonderful surprise, with the confirmation of the presence of whales and dolphins, and only a few hundred meters away from the Cameroon coast. Thus, between the end of August and November, 4 observations of humpback whales, « Megaptera novaeangliae » were made. The individuals observed ranged between 13 and 14 meters, with a ventral portion, the undersides of the fins and whitish caudal fin, while the flanks and the dorsal part were darker. The existence of these cetaceans was reported by fishermen, but this is the first scientific observation. The expeditions also allowed to observe a female accompanied by her calf. Dolphins of the species « Tursiops Truncatus« , or even bottlenose dolphins have also been observed. Recognizable by their smooth, gray, metal-like skin and curved brow adorned with a melon, the species is present off Limbe. Previously, fishermen had reported their presence and in October, the AMMCO team was able to observe, again for the first time in a scientific perspective, a group made up of about fifty individuals, measuring between 2.5 and 3 meters. In addition to these « traditional » ecological monitoring aspects, in recent years AMMCO has developed a number of CITIZEN SCIENCE tools, which make it possible to collect information in a participatory manner on the distribution, dynamics and relative abundance of marine mammals including marine turtles. A mobile application, SIREN, has been developed by the NGO and is used by fishermen, scientists and other interested stakeholders to report opportunistic observations of aquatic megafauna. Each information stored in SIREN is automatically sent to the AMMCO server and appears on a map on the NGO’s website, once the data has been validated by the team of the NGO. Regarding the monitoring of the Cameroonian megafauna, the next step for the AMMCO team in the coming months is to continue this follow-up, and to intensify them from June to September, in order to continue studying the ecology of these species, estimating their abundance and identifying the main range. For more informations https://openexplorer.nationalgeographic.com/expedition/cameroonunderwatersea https://www.youtube.com/watch?v=7yKUBkOOvmU https://ammco.org/ https://www.facebook.com/ammco.org?_rdc=1&_rdr – The AMMCO project presentation

Des nouvelles du terrain: AMMCO

Les Baleines à bosses, bien présentes sur la côte camerounaise AFRICAN MARINE MAMMALS CONSERVATION ORGANIZATION (AMMCO) est une ONG camerounaise créée en 2014 et ayant pour mission de protéger durablement la mégafaune aquatique de ce pays. Moins connue et bénéficiant de moins d’actions de protection que la faune terrestre, elle n’est pas moins présente et fortement menacée dans ce pays, à l’instar du lamantin, une espèce braconnée pour sa consommation en tant que viande de brousse. Partenaire du PPI depuis 2013, et après avoir mis en œuvre un projet de protection des lamantins de la Réserve de Faune du Lac Ossa (RFLO), l’ONG travaille sur un projet visant à mieux comprendre les dynamiques écologiques et humaines dans la zone littorale et côtière située au nord de Limbé, dans la région du Sud-Ouest. L’objectif de ce projet est, à moyen terme, d’avoir une meilleure compréhension des dynamiques en cours dans cette zone et ainsi d’aider les parties prenantes concernées par la question à mieux saisir les enjeux associés et ainsi de prendre des décisions permettant de gérer durablement le littoral de cette région. Dans le cadre de ce projet, ayant trait à la gouvernance territoriale, l’équipe d’AMMCO, en collaboration avec le MINFOF (Ministère des Forêts et de la Faune) ; la Marine Marchande et l’IRAD, a été amené à effectuer un suivi écologique en mer avec pour objectif de mieux comprendre les dynamiques fauniques dans la zone. Force est de constater que ce suivi a été une magnifique surprise, avec la confirmation de la présence de baleines et dauphins, et ce à quelques centaines de mètres à peine de la côte camerounaise. Ainsi, entre la fin du mois d’aout et du mois de novembre, 4 observations de baleines à bosses, Megaptera novaeangliae ont été effectuées. Les individus observés mesuraient entre 13 et 14 mètres, avec une partie ventrale, les dessous des nageoires et la nageoire caudale blanchâtres, tandis que les flancs et la partie dorsale étaient plus sombres. L’existence de ces cétacés était rapportée par des pêcheurs, mais il s’agit de la première observation à visée scientifique. Les expéditions ont également permis d’observer une femelle accompagnée de son baleineau. Des dauphins de l’espèce Tursiops Truncatus, ou encore grands dauphins ont également été observés. Reconnaissables à leur peau lisse, grise, semblable à du métal et leur front bombé orné d’un melon, l’espèce est présente au large de Limbé. Auparavant, des pêcheurs avaient signalé leur présence et en octobre, l’équipe d’AMMCO a pu observer, là encore pour la première fois dans une optique scientifique, un banc constitué d’une cinquantaine d’individus, mesurant entre 2.5 et 3 mètres. Outre ces aspects de suivi écologique « classiques », AMMCO a développé au cours des dernières années un certain nombre d’outils relevant de la CITIZEN SCIENCE, permettant de collecter de manière participative des informations relatives à la répartition, la dynamique et l’état d’abondance relative des mammifères marins dont les tortues marines. Une application mobile, SIREN, a ainsi été développée par l’ONG et est utilisée par  pêcheurs, scientifiques et toutes autres parties prenantes intéressées, pour signaler des observations opportunistes de la mégafaune aquatique. Chaque information enregistré dans SIREN est automatiquement envoyée dans le serveur d’AMMCO et apparait ainsi sur une carte au sein du site de l’ONG, une fois la donnée validée par l’équipe de celle-ci. Concernant le suivi de la mégafaune aquatique camerounaise, la prochaine étape pour l’équipe d’AMMCO dans les mois à venir est de poursuivre ce suivi, et les intensifier de juin à septembre, et ce afin de continuer à étudier l’écologie de ces espèces, estimer leur abondance et identifier les principales aires de répartition. Plus d’informations https://openexplorer.nationalgeographic.com/expedition/cameroonunderwatersea https://www.youtube.com/watch?v=7yKUBkOOvmU https://ammco.org/ https://www.facebook.com/ammco.org?_rdc=1&_rdr – La fiche de présentation du projet mené par AMMCO