ANUE-5 : Une nouvelle étape pour confirmer les engagements environnementaux

A l’occasion de la 5ème session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (ANUE-5) qui se tient à Nairobi du 28 février au 2 mars, le Comité français de l’UICN appelle à poursuivre la dynamique impulsée par le dernier Congrès mondial de la nature et mettre en œuvre ses recommandations.   LA NATURE DOIT ETRE AU CŒUR DE LA RECONSTRUCTION POUR UN MONDE RESILIENT ET DURABLE Face aux crises interconnectées du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité, il est crucial de renforcer les actions pour la nature afin d’atteindre les objectifs de développement durable. Une déclaration ministérielle finale doit engager les Etats sur des mesures ambitieuses et concrètes. La France, actuellement vice-présidente de l’ANUE, doit mobiliser la communauté internationale pour assurer un renforcement du droit de l’environnement et une mise en œuvre effective et efficace des instruments juridiques internationaux.   LE DROIT DE L’ENVIRONNEMENT EST UN LEVIER D’ACTION ESSENTIEL POUR METTRE LA BIODIVERSITE SUR LA VOIE DU RETABLISSEMENT Le Comité français de l’UICN appelle la France et les autres pays à élever le niveau d’ambition en vue de l’adoption du nouveau cadre mondial pour la biodiversité actuellement négocié au sein de la Convention sur la Diversité Biologique. Le projet de Déclaration de l’ANUE offre une occasion de consacrer une nouvelle génération de droits fondamentaux liés à la protection de l’environnement, en particulier le droit humain à un environnement sain en lien avec la résolution 48/13 du Conseil des Droits de l’homme. Le Comité français de l’UICN appelle aussi les membres de l’ANUE à développer des accords régionaux pour le droit à l’information, à la participation et à l’accès à la justice en matière d’environnement. Pour mieux protéger l’océan, il appelle à soutenir l’adoption cette année d’un accord international ambitieux pour la protection de la haute mer dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Et pour garantir une sécurité sanitaire mondiale et durable, Il demande à soutenir l’approche globale “Une seule santé / “One health” combinant santé humaine, animale et de l’environnement, en s’attaquant aux causes de la perte de la biodiversité.   LA NECESSITE D’UN TRAITE INTERNATIONAL POUR LUTTER CONTRE LA POLLUTION PLASTIQUE MARINE Face à l’impact majeur de la pollution de déchets plastiques sur le milieu marin et côtier, le Comité français de l’UICN demande aux Etats de s’engager pour un traité international contraignant sur la lutte contre la pollution plastique marine. Comme annoncé par le Président de la République lors du One Ocean Summit, l’ANUE-5 devra lancer les négociations intergouvernementales sur cet accord mondial, suite au projet de résolution présenté par le Pérou et le Rwanda soutenu par les 27 membres de l’Union européenne. Les Etats doivent s’engager collectivement pour éliminer la production et l’utilisation des plastiques non-nécessaires, en particulier les plastiques à usage unique. Le traité devra également prévoir la prise de mesures pour investir dans une gestion responsable et mettre fin aux déversements de déchets plastiques dans les océans. Enfin, le Comité français de l’UICN soutient le recours aux Solutions fondées sur la Nature, telles que définies et encadrées par l’UICN, pour atteindre les Objectifs de Développement Durable d’ici 2030. Plus d’informations – Télécharger le communiqué de presse– L’ANUE-5– Les conclusions du Congrès mondial de la nature de l’UICN (septembre 2021)

Le monde a atteint l’objectif de couverture des aires protégées sur Terre, mais leur qualité doit être améliorée

Gland, le 19 mai 2021 – La communauté internationale a fait d’importants progrès pour atteindre l’objectif mondial de couverture des aires protégées et conservées, mais les engagements concernant la qualité de ces aires est loin d’avoir été respecté, selon un nouveau rapport du Centre mondial de surveillance pour la conservation de la nature du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE-WCMC) et de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), publié avec le soutien de la National Geographic Society. La dernière édition du rapport bisannuel « Planète Protégée » est le bilan final de l’objectif 11 d’Aichi, l’objectif décennal mondial relatif aux aires protégées et conservées, qui visait à fournir des avantages importants à la fois à la biodiversité et aux populations à l’horizon 2020. L’objectif 11 d’Aichi consistait à protéger au moins 17 % des terres et des eaux intérieures et 10 % du milieu marin. À ce jour, 22,5 millions de km2 (16,64 %) d’écosystèmes terrestres et d’eaux intérieures et 28,1 millions de km2 (7,74 %) d’eaux côtières et d’océans se trouvent dans des zones protégées et conservées documentées, soit une augmentation de plus de 21 millions de km2 (42 % de la couverture actuelle) depuis 2010, révèle le nouveau rapport. La couverture des aires protégées terrestres dépassera considérablement l’objectif de 17 % lorsque les données pour toutes les zones seront disponibles, car de nombreuses zones protégées et conservées n’ont pas encore été enregistrées. Le cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 doit être approuvé lors de la Conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP15 de la CDB) qui se tiendra à Kunming (Chine) en octobre et devrait inclure la volonté d’accroître la couverture et l’efficacité des aires protégées et conservées. Le rapport « Planète Protégée » conclut que le défi consistera à améliorer la qualité des aires existantes et à venir afin d’obtenir des changements positifs pour les personnes et la nature, la biodiversité continuant de décliner, même au sein de nombreuses aires protégées. Le standard de la liste verte de l’UICN est la seule mesure mondiale d’un changement global de la qualité. « Les aires protégées et conservées jouent un rôle crucial dans la lutte contre la perte de biodiversité. De grands progrès ont été réalisés ces dernières années pour renforcer le réseau mondial d’aires protégées et conservées. Cependant, il ne suffit pas de désigner et de comptabiliser davantage d’aires protégées et conservées : elles doivent être gérées efficacement et gouvernées de manière équitable pour qu’elles puissent fournir les nombreux avantages à l’échelle locale et mondiale et qu’elles assurent un avenir meilleur aux populations et à la planète », affirme Neville Ash, directeur du PNUE-WCMC. L’efficacité et l’équité sont cruciales pour l’après-2020 Pour être efficaces, les zones protégées et conservées doivent inclure des lieux importants pour la biodiversité. Pourtant, le rapport indique qu’un tiers des zones clés pour la biodiversité, qu’elles se trouvent sur terre, dans les eaux intérieures ou dans les océans, ne bénéficient d’aucune protection. Les zones protégées et conservées doivent également être mieux reliées entre elles, afin de permettre aux espèces de se déplacer et aux processus écologiques de fonctionner. Bien qu’il y ait eu des améliorations récentes, moins de 8 % des terres sont à la fois protégées et reliées entre elles, ce qui est bien inférieur aux près de 17 % de la superficie terrestre aujourd’hui protégée. Il est nécessaire de veiller à ce que les zones environnantes soient gérées de manière adéquate afin de maintenir les valeurs de la biodiversité. Outre la désignation de nouvelles zones, le rapport exhorte que les zones protégées et conservées existantes soient identifiées et reconnues, en tenant compte des efforts des populations autochtones, des communautés locales et des entités privées, tout en reconnaissant leurs droits et responsabilités. Les efforts de conservation de ces gardiens restent sous-évalués et sous-déclarés, alors que leurs contributions sont considérables pour assurer un avenir à la nature. Le rapport indique également qu’il faut prendre davantage de mesures pour gérer les zones protégées et conservées de manière équitable, afin que les coûts de la conservation ne soient pas supportés par les populations locales alors que d’autres en profitent. Il s’agit là d’un élément essentiel pour mettre en place des réseaux de conservation bénéficiant du soutien et de la participation des populations du monde entier. « L’UICN se félicite des énormes progrès réalisés, notamment au cours de la dernière décennie, les aires protégées couvrent une proportion croissante du globe. Alors que la biodiversité continue de décliner, nous exhortons maintenant les Parties à la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité à Kunming à fixer un objectif ambitieux qui garantira une couverture en aires protégées de 30% des terres, de l’eau douce et des océans d’ici 2030. Ces aires doivent être placées de manière optimale pour protéger la diversité de la vie sur Terre et être gérées efficacement et gouvernées équitablement », affirme le Directeur général de l’UICN, Dr Bruno Oberle. La protection et la restauration de la nature sont mutuellement dépendantes En protégeant les zones intactes et en restaurant les écosystèmes dégradés, les pays peuvent créer un réseau pour la nature qui contribuera à stopper et à inverser la perte de biodiversité, à maintenir les services écosystémiques essentiels, à aider la société à faire face et à s’adapter au changement climatique et à réduire le risque de futures pandémies. Gérées efficacement, les zones protégées et conservées peuvent contribuer à prévenir toute nouvelle dégradation des écosystèmes et consolider les progrès réalisés dans le cadre de la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes. La Décennie sera officiellement lancée le 5 juin, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement 2021. Dans de nombreux cas, les zones en cours de restauration seront elles-mêmes susceptibles d’être ajoutées au réseau d’aires protégées et conservées, afin de garantir que les avantages de la restauration soient durables.   Plus d’informations – Le rapport– Article original  

L’ONU lance un avertissement : L’humanité est à la croisée des chemins en ce qui a trait à la nature

ONU – CDB, 15 septembre 2020. La nature souffre énormément et son état se détériore malgré les progrès encourageants réalisés dans plusieurs domaines d’intervention. Un rapport important des Nations Unies prévient que huit changements transformateurs doivent être effectués en toute urgence pour protéger le bien-être humain et sauver la planète. Le rapport est publié alors que la pandémie de la COVID-19 force les gens à réévaluer leur relation avec la nature et à examiner les conséquences profondes d’un appauvrissement continu de la biodiversité et de la dégradation continue des écosystèmes sur leur bien-être et leur survie. Le cinquième rapport des Perspectives mondiales de la diversité biologique, publié par la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CDB), présente un aperçu faisant autorité de l’état de la nature. Il s’agit de la fiche de rendement finale des progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs mondiaux pour la biodiversité à l’horizon 2020 convenus en 2010, qui présente les enseignements tirés et les meilleures pratiques pour se mettre sur la bonne voie. « Ce rapport phare met en évidence le fait que « l’humanité est à la croisée des chemins en ce qui concerne l’héritage que nous voulons laisser aux futures générations », a déclaré Mme Elizabeth Maruma Mrema, Secrétaire exécutive de la CDB. « Il se passe de bonnes choses à l’échelle de la planète, et nous devons les célébrer et les encourager. Le taux d’appauvrissement de la diversité biologique atteint toutefois un niveau sans précédent dans l’histoire de l’humanité et la pression s’intensifie. Les systèmes vivants de la Terre sont compromis dans leur ensemble, et plus l’humanité exploite la nature de manière non durable et mine sa contribution aux populations, plus nous mettons en péril notre propre bien-être, notre sécurité et notre prospérité. » Mme Mrema poursuit : « De nouvelles occasions de transmission de maladies dévastatrices aux humains et aux animaux émergent, comme le coronavirus de cette année, pendant que la nature se dégrade. Bien que le temps presse, la pandémie nous a également démontré que les changements transformateurs peuvent être effectués lorsque la situation l’exige. » « Les décisions et le niveau des mesures que nous prendrons aujourd’hui auront d’importantes conséquences pour toutes les espèces, y compris la nôtre, pour le meilleur et pour le pire. » Quant aux Objectifs d’Aichi pour la biodiversité, établis en 2010, l’analyse des sixièmes rapports nationaux à la CDB et des plus récentes conclusions scientifiques révèle que sept des 60 « éléments » ou critères de succès des 20 objectifs ont été atteints et que des progrès ont été réalisés pour 38 autres. Le niveau de progrès demeure inconnu ou un éloignement par rapport à l’objectif a été constaté pour 13 éléments, et le niveau de progrès est inconnu pour deux autres éléments. Le rapport conclut que six des 20 objectifs (9, 11, 16, 17, 19 et 20) ont été partiellement atteints à l’échéance de 2020. Selon le cinquième rapport des Perspectives mondiales de la diversité biologique, un objectif est partiellement atteint lorsqu’au moins un élément distinct a été réalisé. Par exemple, les éléments de l’objectif 11 liés à la proportion des terres et des océans protégés ont été réalisés, mais non les éléments liés à la qualité des aires protégées. De même, en ce qui concerne l’objectif 19, les connaissances relatives à la biodiversité se sont améliorées, mais n’ont pas été diffusées ni appliquées à grande échelle. En ce qui concerne l’objectif 20, les ressources financières allouées à la biodiversité par le biais des flux internationaux et l’aide publique au développement ont doublé. Cependant, l’augmentation de ces financements reste largement insuffisante par rapport aux besoins pour la protection de la biodiversité. Presque tous les Etats Parties à la Convention (87%) ont produit leurs rapports nationaux à la CDB qui présentent les actions réalisées. Cependant, ces plans nationaux d’actions (SPANB) sont mis en oeuvre de manière très variable. Le cinquième rapport des Perspectives mondiales de la diversité biologique cite plusieurs mesures nationales et programmes exemplaires sans lesquels les conditions seraient encore pires (par exemple, un taux d’extinction plus élevé). Le rapport fournit d’autres exemples : les taux de déboisement continuent à chuter, l’éradication des espèces exotiques envahissantes des îles est à la hausse et la sensibilisation à la biodiversité semble être à la hausse. « Les mesures prises doivent être intensifiées et passer de mesures propres aux projets à des mesures plus larges et systémiques », ajoute Mme Mrema. « De plus, il faut resserrer l’écart entre les ambitions nationales et les mesures prises. Les informations fournies à la partie III du cinquième rapport des Perspectives mondiales de la diversité biologique portent sur les mesures et le type d’actionsnécessaires à compter de maintenant. »   Pistes d’actions Le rapport lance un appel à délaisser « statu quo » dans tout un éventail d’activités humaines. Il donne les grandes lignes de huit transitions qui reconnaissent la valeur de la biodiversité, le besoin de restaurer les écosystèmes desquels dépend toute l’activité humaine et l’urgence de réduire les impacts négatifs de ces activités : – La transition relative aux terres et forêts : Conserver les écosystèmes intacts, restaurer les écosystèmes, lutter contre la dégradation et l’inverser, et utiliser l’aménagement du territoire au niveau des paysages pour éviter, réduire et atténuer le changement d’affectation des terres. – La transition à l’agriculture durable : Reconception des systèmes agricoles en utilisant des approches agroécologiques ou autres approches innovantes afin d’augmenter la productivité tout en réduisant au minimum les effets néfastes sur la biodiversité. – La transition à des systèmes alimentaires durables : Favoriser les régimes alimentaires durables et sains mettant l’accent sur une diversité d’aliments, principalement à base de plantes, et une consommation plus modérée de viande et de poisson, ainsi qu’une réduction considérable des déchets et du gaspillage dans la chaîne alimentaire et la consommation. – La transition à la pêche et des océans durables : Protéger et restaurer les écosystèmes marins et côtiers, rebâtir la pêche et gérer l’aquaculture et les autres utilisations des océans, afin de garantir la durabilité et d’accroître

L’ONU met à l’honneur la restauration des écosystèmes

La Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes (2021-2030) a été officiellement adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies. Cette décision met le monde sur la bonne voie pour intensifier de manière décisive la restauration des écosystèmes dégradés et stopper leur disparition pour lutter contre la crise climatique, améliorer la sécurité alimentaire et l’approvisionnement en eau, et protéger la biodiversité. L’UICN prend déjà des mesures pour relever ce défi. Le 1er mars 2019, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes 2021-2030. La proposition a été dirigée par le Salvador, rejoint par 71 co-parrains, qui a fait de la restauration des écosystèmes une solution essentielle, fondée sur la nature, pour accélérer la réalisation de nombreuses conventions internationales et du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Immédiatement après le discours à l’Assemblée générale du ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles du Salvador, Lina Pohl, une liste impressionnante de pays, a exprimé son soutien à ce qui sera une voie d’action concertée et de résultats accélérés en faveur de la restauration des écosystèmes. L’UICN est fière d’avoir soutenu le gouvernement du Salvador dans la réalisation de cette importante décision. Le leadership du Salvador en matière de restauration des écosystèmes découle de son engagement à participer au Défi de Bonn, un objectif mondial de la restauration du paysage forestier mobilisant de nombreux autres pays. En outre, la promesse du Salvador de restaurer un million d’hectares – soit l’équivalent de la moitié de son territoire – est suivie grâce au baromètre du progrès du Défi de Bonn. En participant activement en tant que l’un des six pays pilotes à cet effort dirigé par l’UICN pour suivre la mise en œuvre des engagements du Défi de Bonn, le Salvador a déjà fait preuve de progrès réels dans la restauration des écosystèmes, de l’évaluation des possibilités de restauration et de la promotion de politiques de soutien à la remise en état des terres.   Et maintenant, où allons-nous ? Alors que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et les Nations Unies pour l’environnement a été chargée de faciliter la mise en œuvre de cette Décennie, chaque gouvernement, chaque communauté, chaque organisme de conservation et entreprise privée peut jouer un rôle dans la réalisation de cette promesse. Des millions d’hectares d’écosystèmes terrestres et marins sont déjà en cours de restauration dans le monde entier, à l’appui d’efforts comme le Défi de Bonn et d’autres initiatives régionales comme afr100 et Initiative 20×20. L’objectif déclaré de la Décennie est de renforcer ces efforts déjà en cours. L’UICN, par son travail avec ses membres et partenaires du monde entier au cours des 70 dernières années, et dans ses fonctions de Secrétariat du Défi de Bonn, contributeur aux initiatives de restauration régionale de soutien du Défi de Bonn, et en tant que fondateur et coordinateur du Partenariat mondial pour la restauration des forêts et du paysage (GPFLR), est déjà profondément ancré dans la restauration des écosystèmes. Le groupe des Solutions fondées sur la Nature de l’UICN participe à des programmes phares comme The Restoration Initiative, SUSTAIN, Catalyser l’engagement du secteur privé envers le Défi de Bonn et l’Alliance mondiale des mangroves. Combinée à l’application de la méthodologie d’évaluation des possibilités de restauration (ROAM) – la méthodologie la plus largement utilisée dans ce domaine – et à son expérience croissante en matière de politique de restauration et de renforcement des capacités, l’UICN est bien placée pour soutenir les pays dans la mise en œuvre de cette décennie. Une autre façon unique pour l’UICN d’appuyer cette Décennie est de la valoriser lors du Congrès mondial de la nature 2020 de l’UICN à Marseille, en France. Ce rassemblement quadriennal de la communauté internationale de la conservation favorisera le dialogue à ce sujet et tracera la voie à suivre pour atteindre les objectifs de la Décennie.   Plus d’informations – Visualiser le discours de Lina Pohl en vidéo – Les Solutions fondées sur la Nature – Le programme Ecosystèmes de l’UICN France © Photo by Felipe Dias on Unsplash

Pacte mondial pour l’environnement

L’environnement comme droit fondamental : Pacte mondial pour l’environnement Vient d’être dévoilé un projet de pacte mondial pour l’environnement : c’était samedi 24 juin dans le Grand amphithéâtre de la Sorbonne, événement organisé par le Club des Juristes, sous la présidence de Laurent Fabius. Le projet de Pacte mondial sur l’environnement a vocation à être adopté par l’Assemblée générale des Nations unies dans les années à venir, pour devenir la pierre angulaire du droit international de l’environnement. Plusieurs figures marquantes de l’action contre le dérèglement climatique et pour le développement sont intervenues : Ban Ki-moon, Arnold Schwarzenegger, Anne Hidalgo, Mary Robinson, Laurence Tubiana, Manuel Pulgar-Vidal, Jean Jouzel, ainsi que d’éminents juristes et magistrats de cours constitutionnelles ou cours suprêmes du monde entier. L’UICN a été hautement représenté, par son Président, Zhang Xinsheng, ainsi que par le Président de sa Commission du Droit de l’environnement, Antonio Benjamin, Juge à la Haute Cour nationale du Brésil. Après les deux Pactes internationaux de 1966 – l’un relatif aux droits civils et politiques, l’autre relatif aux droits économiques, sociaux et culturels –, ce nouveau Pacte consacrerait une troisième génération de droits fondamentaux. L’idée d’un Pacte mondial pour l’environnement est ancienne, elle est portée par la communauté internationale des juristes depuis plus de 30 ans. C’est au lendemain de la Charte mondiale de la nature adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU en 1982 qu’elle trouve son origine. Par la suite, la Commission Brundtland en 1986 recommandait la préparation d’une Déclaration universelle et d’une Convention internationale pour la protection de l’environnement et le développement durable. Dans le prolongement de cette recommandation, en 1995, un projet de convention, qui deviendra une référence majeure en la matière, le « Draft International Covenant on Environment and Development » était adopté par la Commission mondiale du droit de l’environnement de l’UICN, en coopération avec le Conseil international pour le droit de l’environnement (International Council of Environmental Law, ICEL). Mais ce n’est qu’après la COP 21 que l’initiative voit concrètement le jour sous l’impulsion de Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel de la République française, ancien ministre des Affaires étrangères et président de la COP21 et de Yann Aguila, avocat au barreau de Paris et président de la commission environnement du Club des juristes. Ce sont plus de 80 experts de 40 nationalités juges, avocats et professeurs de droit, du Brésil, d’Argentine, du Canada, des Etats-Unis, d’Inde, du Pakistan, de Chine, de Turquie, du Cameroun, de Russie ou de l’Union européenne qui ont travaillé ensemble à cette proposition de pacte. Le projet de pacte pose comme principe le droit à un environnement écologiquement sain mais aussi le devoir pour chaque personne de prendre soin de l’environnement. Le document d’une trentaine d’articles pose de grands principes tels que le principe de prévention, de précaution, le principe pollueur-payeur, le principe d’information et de participation du public, l’accès à la justice en matière environnementale, la non-régression. Il a été remis à Emmanuel Macron, qui a clôturé les débats à la Sorbonne en annonçant qu’il s’engageait à agir et « pour que ce travail ainsi amorcé, soit continué, d’aboutir à un texte, de convaincre nos partenaires et de placer ces efforts sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies en association l’assemblée générale de l’ONU avec la volonté de renforcer les agences existantes et pour dès septembre prochain, porter les bases de ce qui ne sera pas l’avant-projet mais bien un pacte mondial pour l’environnement que la France portera ». Plus d’informations : – Découvrez le texte de l’avant-projet de Pacte mondial pour l’environnement : http://www.leclubdesjuristes.com/wp-content/uploads/2017/06/Avant-projet-de-Pacte-mondial-pour-lenvironnement-24-juin-2017.pdf – Lien vers l’allocution du Président de la république : http://www.elysee.fr/declarations/article/allocution-du-president-de-la-republique-vers-un-pacte-mondial-pour-l-environnement/ – Lien vers la page dédiée à la Commission Droit et Politiques Environnementales de l’UICN France Photo : © Pierre Metivier

10 mai : Journée mondiale des oiseaux migrateurs 2017

Depuis plus de dix ans, la Journée mondiale des oiseaux migrateurs (JMOM) informe et sensibilise sur le besoin de protéger les oiseaux migrateurs et leurs habitats, sur les menaces auxquelles ces oiseaux sont confrontés, sur leur importance au sein de notre écosystème, et sur la nécessité de coopérer au niveau international afin d’assurer leur conservation. Le 10 mai est la date officielle de célébration, mais des activités peuvent également être entreprises autour de cette date, et même à tout moment de l’année selon la région concernée, afin de prendre en compte les différentes périodes de migrations dans les différentes régions du monde. Avec le slogan 2017 « Leur Avenir est Notre Avenir – Respectons la planète, pour les oiseaux migrateurs et pour les hommes », la Journée mondiale des oiseaux migrateurs met en avant le thème du « Développement durable pour la faune sauvage et pour les humains ». Ce thème est lié aux Objectifs de Développement Durable des Nations Unies et met en évidence l’interdépendance homme-nature, et plus particulièrement entre les êtres humains et les oiseaux migrateurs, qui partagent la même planète et les mêmes ressources limitées. L’activité humaine peut avoir un impact négatif sur la migration des oiseaux, contribuant à mettre leur survie en péril, alors que l’humanité bénéficie de leur existence même à bien des égards ! La campagne 2017 vise à démontrer que la conservation des oiseaux migrateurs contribue à la bonne gestion de nos ressources naturelles et participe ainsi à un développement durable – et qu’elle est donc cruciale pour l’avenir de l’humanité. Prenez part à la célébration de l’une des merveilles de la nature à l’occasion de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs ! Autour du 10 mai 2017, montrez votre engagement en organisant des activités éducatives, des séminaires, des balades d’observation, des concours, des expositions d’art ou d’autres événements afin de sensibiliser le public à la conservation des oiseaux migrateurs. Travaillons ensemble pour la conservation des oiseaux migrateurs et de leurs habitats partout dans le monde ! Et n’oubliez pas,  Leur Avenir est Notre Avenir !   Pour en savoir plus, participer, enregistrer votre évènement etcommander des affiches, veuillez consulter : www.worldmigratorybirdday.org Cette campagne est organisée conjointement par les Secrétariats de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) et de l’Accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie (AEWA), deux traités internationaux administrés par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Contact : contact@worldmigratorybirdday.org #WorldMigratoryBirdDay

Traduire les engagements en actions à Doha

Le grand potentiel que la nature offre comme une solution efficace au défi climatique devrait être l’une des questions centrales du débat de Doha selon l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Le sommet annuel des Nations Unies le changement climatique qui a lieu à Doha, au Qatar, du 26 novembre au 7 décembre 2012 doit permettre de rétablir la confiance mutuelle dans le processus multilatéral en cours depuis les deux dernières années. Honorer les engagements existants et traduire les décisions prises en actions sera au cœur de cet événement majeur de l’année sur le climat. « Nous devons prendre conscience que la mise en œuvre des solutions que la nature fournit ne se fait pas au détriment des emplois ou de la croissance économique », dit Stewart Maginnis, Directeur du Groupe de l’UICN sur l’environnement et le développement. « De nombreux pays et communautés utilisent déjà les solutions offertes par la nature pour s’adapter aux effets dévastateurs du changement climatique et pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, mais il reste encore beaucoup à faire pour promouvoir ces solutions au niveau mondial. » Enrayer la perte et la dégradation des écosystèmes et promouvoir leur restauration peut représenter plus d’un tiers des objectifs d’atténuation du changement climatique global nécessaire d’ici à 2030, selon l’UICN. Le « Défi de Bonn » pour restaurer 150 millions d’hectares de terres déboisées et dégradées d’ici 2020 est un moyen concret dans lequel les pays et les propriétaires fonciers peuvent y contribuer. Une gestion appropriée de la nature réduit la vulnérabilité des populations face aux menaces posées par le changement climatique. Protéger les forêts, les récifs coralliens, les mangroves et les systèmes fluviaux aide les gens à s’adapter au changement climatique et de réduire ses impacts. « Les décisions prises à Doha doivent promouvoir le développement et la mise en œuvre d’un mécanisme environnemental efficace et équitable pour les actions sur les forêts à l’échelle nationale connu sous le nom de REDD + (Réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation des forêts), » dit Stewart Maginnis. « Pour que REDD + soit efficace, nous devons faire en sorte que les avantages issus de la nature soient répartis de manière équitable et que toutes les parties concernées, y compris les femmes et les peuples autochtones, puissent y participer. » Les écosystèmes marins tels que les récifs coralliens et les mangroves sont parmi les plus vulnérables au changement climatique, avec des millions de gens qui en dépendent pour la nourriture, le tourisme et le développement. Intacts, les écosystèmes côtiers offrent un double avantage dans le contexte des changements climatiques – ils protègent les communautés de l’inévitable élévation du niveau de la mer et des tempêtes tout en capturant et stockant de grandes quantités de carbone. L’UICN exhorte également les décideurs à reconnaître l’acidification des océans comme un défi mondial et de prendre les mesures indispensables visant à y remédier. L’acidification des océans causée par les activités humaines aura de profondes répercussions sur la vie marine, même en l’absence d’une nouvelle augmentation des émissions de CO₂. « Nous avons besoin de sortir de Doha à un accord politique solide qui tient compte de la variété des solutions pragmatiques que la nature offre et qui apporte un réel changement et de nouvelles actions », ajoute Stewart Maginnis. Pour plus d’informations : Borjana Pervan, Relations médias UICN, +41 79 857 4072, borjana.pervan@iucn.org

Les négociations de l’ONU sur la biodiversité ont avancé, mais la nature a besoin de plus !

Malgré des progrès en vue d’atteindre les objectifs de 2020 pour stopper la perte de biodiversité, l’UICN demande que les efforts de conservation de la nature soient renforcés d’urgence pour respecter l’échéance de 2020 afin de sauver la diversité de la vie de notre planète. Les négociations de l’ONU sur la biodiversité, qui se terminent aujourd’hui à Hyderabad, en Inde, ont abouti à un consensus général sur le besoin urgent de disposer de financements plus importants et mieux gérés pour atteindre les objectifs validés en 2010, mais les pays n’ont pas réussi à s’entendre sur le montant exact nécessaire. La principale décision est de doubler les financements internationaux de la biodiversité, des pays du Nord vers les pays du Sud, d’ici 2015 (par rapport au niveau moyen de financement attribué entre 2006-2010) et de maintenir au moins ce niveau jusqu’à 2020. « L’absence d’accord chiffré sur les fonds publics nécessaires pour conserver la biodiversité met en évidence la nécessité de chercher de façon innovante des soutiens provenant d’autres sources », dit Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Nous avons vu des progrès vers la réalisation les objectifs que nous avons fixés il y a deux ans. Ces efforts doivent maintenant être renforcés d’urgence par un financement adéquat, en explorant toutes les opportunités, si l’on veut éviter un échec. » En effet, selon la dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées ™ publié lors de la conférence, la situation de la biodiversité est toujours alarmante puisque 20.219 des 65.518 espèces évaluées sont menacées d’extinction. Les Parties à la Convention sur la diversité biologique se sont réunis à Hyderabad pour évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des décisions prises lors du Sommet de Nagoya sur la biodiversité en 2010, et notamment les Objectifs d’Aichi pour sauvegarder et restaurer la nature d’ici 2020. La réunion a mis en évidence des exemples de mesures de conservation concrètes et une attention forte à transformer les décisions prises à Nagoya en action sur le terrain. Quelques questions clés ont fait l’objet d’accords à Hyderabad, tels que la reconnaissance des zones marines écologiquement et biologiquement importantes, y compris celles recensées dans les eaux internationales, ce qui devrait largement augmenter leurs chances d’être protégées en vertu du droit international. S’adressant aux ministres réunis à Hyderabad, le Président de l’UICN, Zhang Xinsheng, a souligné la nécessité d’identifier de nouvelles sources de financements pour préserver la nature, tels que le secteur privé, et a souligné l’importance d’inclure la protection de l’environnement dans les politiques nationales de développement. « Le gouvernement de l’Inde a fait un travail fantastique dans l’organisation de cette réunion », a déclaré Zhang Xinsheng Président de l’UICN. « Dans deux ans, nous allons examiner à mi-parcours l’échéance de 2020. Nous sommes impatients de travailler avec le gouvernement de la Corée du Sud pour s’assurer qu’à la prochaine réunion de la Convention, nous constaterons plus de progrès. Nous sommes face à une crise qui menace toute la vie sur terre – nous ne pouvons pas nous permettre d’échouer ». Pour en savoir plus, consultez les pages du site de l’UICN dédiées à la COP 11 de la CDB.

Journée mondiale de la biodiversité 2012 : L’ONU plaide pour une protection renforcée des océans

À l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité, le 22 mai 2012, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a plaidé en faveur de la protection de la biodiversité marine, à l’heure où les océans sont de plus en plus menacés. « Les océans couvrent pratiquement trois-quarts de la surface du globe. Ils hébergent à la fois le plus grand animal connu – la baleine bleue– ainsi que des milliards de minuscules micro-organismes. Des rivages de sable jusqu’aux abysses les plus profonds, les océans et les littoraux font vivre une abondante diversité biologique dont l’humanité a besoin », a déclaré M. Ban Ki-Moon, qui regrette dans un message qu’en dépit de son importance, la biodiversité marine ait été « malmenée par l’homme » L’Assemblée générale a proclamé le 22 mai Journée internationale de la biodiversité afin de sensibiliser l’opinion publique à l’importance de la biodiversité. La biodiversité marine est le thème retenu cette année, afin de donner aux États Parties à la Convention sur la diversité biologique et à tous ceux qui s’intéressent à la vie marine l’opportunité de renforcer la prise de conscience sur cette question et de favoriser les actions concrètes. Déplorant la surpêche, le Secrétaire général de l’ONU a indiqué que plus de la moitié des ressources halieutiques de la planète était aujourd’hui épuisée et un tiers supplémentaire appauvri : « On estime que 30% à 35% des environnements marins les plus importants – dont les phanérogames, les mangroves et les récifs coralliens – ont été détruits. Les déchets plastiques continuent de tuer des organismes marins et la pollution terrestre menace certaines eaux côtières d’asphyxie, a-t-il expliqué. « De surcroît », a noté Ban Ki-moon, « l’utilisation accrue de combustibles fossiles perturbe le climat de la planète : elle réchauffe la surface des eaux, élève le niveau de la mer et augmente l’acidité des océans, produisant des conséquences dont nous prenons à peine la mesure. » Or, relève le Secrétaire général, la pêche est à l’origine de plus de 15% des protéines animales consommées dans le monde. Les océans et les zones côtières fournissent des services écosystémiques précieux, du tourisme à la protection contre les tempêtes. Et de minuscules plantes photosynthétisantes appelées phytoplanctons produisent 50% de l’oxygène que nous respirons, a-t-il précisé. Tout espoir n’est cependant pas perdu, selon le Secrétaire général de l’ONU. Une étude scientifique menée en 2011 a ainsi montré qu’en dépit des dommages infligés à la faune marine et aux habitats marins au cours des siècles derniers, 10% à 50% des populations et des écosystèmes avaient affiché des signes d’amélioration dès lors que les menaces posées par l’activité humaine avaient diminué ou disparu. « Ceci étant, alors que près de 15% de la surface de la terre est protégée, à peine plus de 1% des milieux marins le sont », a relevé le Secrétaire général, qui s’est toutefois félicité de récents progrès, notamment grâce à la création de grandes réserves marines et au recensement des habitats de haute mer. Pour Ban Ki-moon, la Conférence Rio+20 doit donner un nouvel élan à l’action en faveur de la gestion et de la conservation des océans en incitant les Nations Unies, les gouvernements et les autres partenaires à prendre des mesures pour freiner la surpêche, élargir les zones marines protégées, réduire la pollution des océans et endiguer les effets des changements climatiques. « En agissant aux niveaux national, régional et mondial, et notamment en resserrant la coopération internationale, nous pourrons atteindre les objectifs d’Aichi pour la biodiversité et conserver 10% des zones marines et côtières d’ici à 2020 et ainsi faire un grand pas vers la protection de la biodiversité marine en vue de l’avenir que nous voulons. » Pour en savoir plus, consultez le document « The Ocean : many worlds of life » (en anglais) publié par le Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique.

La France signe le protocole de Nagoya

La France a signé le 22 septembre 2011 le protocole de Nagoya, adopté l’année dernière lors de la 10ème conférence de la Convention sur la Diversité Biologique. Ce protocole a pour but de réglementer l’accès aux ressources génétiques et de promouvoir le partage juste et équitable des avantages issus de leur utilisation. Huit ans de négociations ont été nécessaires pour que les Etats, parties à la la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), s’entendent sur un « régime international » concernant l’accès et le partage des avantages issus de l’exploitation des ressources génétiques. La dixième réunion de la Conférence des Parties à la Convention (CBD COP10), qui a eu lieu en octobre 2010 à Nagoya, au Japon, a approuvé le texte du protocole après d’intenses négociations. Parfois critiqué en raison de l’ambiguïté et la généralité d’un certain nombre de ses dispositions, la suppression de références litigieuses et l’utilisation de termes vagues, le protocole constitue néanmoins un cadre solide pour réglementer l’accès et le partage des avantages issus de l’utilisation de la biodiversité. Le protocole vise à assurer une sécurité juridique tant pour les fournisseurs (principalement les pays riches en biodiversité) que pour les utilisateurs (entreprises pharmaceutiques, entreprises de bio-prospection et institutions de recherche principalement localisées dans les pays industrialisés) vis-à-vis des ressources génétiques et des savoirs traditionnels associés. Il aura notamment pour effet de lutter contre la bio-piraterie. Ainsi, lorsqu’un « utilisateur » souhaitera exploiter les ressources génétiques issues de la biodiversité d’un pays « fournisseur » (ex : développement d’un médicament ou d’un produit cosmétique), il devra obtenir un permis d’accès auprès des autorités du pays et définir les conditions de partage des bénéfices découlant de leur utilisation. En cas de défaillance et de non respect des engagements pris, le protocole prévoit la possibilité de poursuite et de sanctions. L’adoption de ce protocole est une étape majeure dans la réponse au troisième objectif de la Convention, le « partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques » et l’application de la Convention elle-même. Le Protocole de Nagoya entrera en vigueur 90 jours après la 50ème ratification par les Etats. La onzième réunion de la Conférence des Parties à la CDB, qui se tiendra en Inde du 8 au 19 octobre 2012, pourrait accueillir la première réunion des Parties au Protocole, à condition que les 50 ratifications aient eu lieu avant le 10 Juillet 2012. Le Secrétaire général de l’ONU et le Secrétaire exécutif de la CDB ont appelé les Parties à accélérer le processus de ratification du Protocole et a souligné sa contribution importante au développement durable, à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement et à la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité. Au 22 septembre 2011, 54 Etats ont signé le protocole de Nagoya mais aucune ratification n’est encore enregistrée.