Plus de la moitié des espèces menacées de disparition en France ne bénéficient pas d’un statut de protection

Pour renforcer la protection des espèces, le Comité français de l’UICN a mené une étude afin de déterminer la part des espèces menacées bénéficiant d’un statut de protection, en métropole et en outre-mer. Le croisement des résultats de la Liste rouge nationale des espèces menacées avec les arrêtés de protection d’espèces montre que plus de la moitié (56%) des quelque 2900 espèces menacées de disparition en France ne sont couvertes par aucun arrêté de protection, soit plus de 1600 espèces. Les constats dressés à partir de cette analyse mettent en évidence des lacunes importantes dans la protection des espèces menacées et appellent à renforcer significativement la couverture de la protection réglementaire. Cette démarche est essentielle pour que la France atteigne d’ici 2030 l’objectif de stopper l’extinction des espèces menacées connues sur son territoire, auquel elle s’est engagée dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique. Sur la base de cette analyse, le Comité français de l’UICN, appuyé par les experts de sa Commission de sauvegarde des espèces, formule une série de quatre recommandations et cinq priorités d’actions pour répondre au risque de disparition des espèces par la voie de la réglementation. La note de position détaillée et la fiche synthétique de décryptage des enjeux sont disponibles en téléchargement ci-dessous. DOCUMENTS ET LIENS • Lire le communiqué de presse (juin 2024)• Lire la note de position et les recommandations• Découvrir la fiche de décryptage synthétique• Consulter l’annexe listant les espèces menacées et de leur statut de protection (xls)• Accéder à la base de données de l’INPN• Parcourir les résultats de la Liste rouge des espèces menacées en France Photo bandeau :Agrion joli (Coenagrion pulchellum) CC-BY-SA Gilles San Martin
Faune de Guadeloupe : une riche biodiversité sous fortes pressions

Marqué par un riche patrimoine naturel, l’archipel de la Guadeloupe abrite une biodiversité remarquable confrontée à de nombreuses menaces. L’état des lieux portant sur 574 espèces de la faune mené dans le cadre de la Liste rouge nationale montre que près de 15 % d’entre elles sont menacées. Les analyses mises en oeuvre ont porté sur une série de groupes d’espèces animales des milieux terrestres, d’eau douce et marins : oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens, poissons et macro-crustacés d’eau douce, mollusques terrestres et d’eau douce, libellules et demoiselles, papillons de jour, abeilles, mantes, phasmes et une partie des coléoptères. Au total, 16 espèces ont déjà disparu, 85 sont menacées et 48 sont quasi menacées. Réalisé dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France, cet état des lieux a été établi par le Comité français de l’UICN et l’UMS PatriNat (OFB-CNRS-MNHN), grâce à la mobilisation de naturalistes et de scientifiques spécialistes de la faune guadeloupéenne. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (janvier 2022)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN Comité français, OFB & MNHN (2021). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitres Faune de Guadeloupe. Paris, France. Photo bandeau :Couleuvre des Saintes © Régis Gomès
Visites virtuelles : découvrez les mares de Guadeloupe et Martinique !

Le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales (PRZHT), co-piloté par le Comité français de l’UICN, vous invite à partir à la découverte des mares de Guadeloupe et de Martinique grâce à une visite virtuelle ! LES MARES, UN MILIEU MECONNU MAIS PRECIEUX A BIEN DES EGARDS Après les mangroves de Guadeloupe (« Mangwov » en créole antillais) et les mangroves de Mayotte, (« M’hoko » en shimaoré), le PRZHT vous invite cette fois à découvrir les mares de Martinique et de Guadeloupe (« Autour des mares ») en visite virtuelle ! A l’interface entre l’aquatique et le terrestre, les mares sont des infrastructures naturelles qui fonctionnent en réseau et participent à la régulation et au filtrage des eaux. D’une richesse écologique exceptionnelle, il fait bon de les sillonner pour partir à la découverte de la nature. Malheureusement, les mares ne cessent de régresser depuis plus d’un siècle, victimes de l’urbanisation continue qui cause des remblaiements, des assèchements ou des pollutions. Elles sont également envahies par des espèces exotiques animales (grenouille Scinax, Trachémyde à tempes rouge) ou végétale (jacinthes d’eau) qui contribuent à accélérer leur dégradation : ainsi, elles sont aujourd’hui fortement menacées. Il est urgent de prendre conscience de leur utilité et de leur beauté pour mieux les protéger ; particulièrement en Guadeloupe et en Martinique où l’insularité tend à aggraver la situation. Avec cette visite virtuelle, découvrez 5 mares en Guadeloupe à Grande-Terre (Anse Colas, Fidélin), Basse-Terre (Pointe Allègre, Houëlmont) et aux Saintes (Grand Trou) et 3 mares en Martinique : Domaine de Grand Macabou, Pont Café et Baie des Anglais. Ces mares sont représentatives de tous les milieux : littoral, agricole, urbain, de prairie, forestier. Que vous habitiez aux Antilles, en métropole ou ailleurs, vous pouvez dès à présent partir à la découverte des mares de Martinique et de Guadeloupe : elles se révéleront à vous comme vous ne les avez jamais vues ! Ces visites virtuelles ont pu être réalisées par Géographique grâce au soutien de la DEAL Guadeloupe, l’Office de l’Eau de Martinique, la parc national de Guadeloupe, le parc naturel régional de la Martinique et la Commune des Abymes. Plus d’informations – La visite virtuelle dans les mares de Martinique et de Guadeloupe – Toutes les visites virtuelles du Pôle-relais Zones Humides Tropicales – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN – En savoir plus sur le PRZHT Photo bandeau : mare de Houëlmont à Basse-Terre, Guadeloupe © Laurent Juhel
256 espèces de la flore de Guadeloupe menacées de disparition

Située au cœur d’un « point chaud » de la biodiversité mondiale, la Guadeloupe présente un patrimoine naturel extrêmement riche mais d’une grande fragilité. L’analyse de la situation de chacune des 1706 espèces de la flore vasculaire indigène montre que 15% d’entre elles sont menacées. De nombreuses menaces apparaissent au terme de l’évaluation qui a porté sur l’ensemble de la flore vasculaire (fougères, arbres, orchidées et autres plantes à fleurs). Au total, au moins 5 espèces ont déjà disparu, 256 sont menacées et 110 autres sont quasi menacées. Mené dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France, cet état des lieux a été établi par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, avec l’appui d’un groupe de botanistes spécialistes de la flore guadeloupéenne, mobilisés avec le Conservatoire botanique des îles de Guadeloupe. L’ensemble des résultats est disponible en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (novembre 2019)• Tableau synthétique avec catégories et critères (xlsx)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN Comité français, MNHN & CBIG (2019). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Flore vasculaire de Guadeloupe. Paris, France. Photo bandeau :Elaphoglossum peltatum © Jean-François Bernard
Les mangroves célébrées en outre-mer ce 26 juillet 2019

Le 26 Juillet de chaque année a lieu la Journée Internationale des Mangroves : l’occasion pour les communautés côtières du monde entier de célébrer ces écosystèmes extraordinaires, qui fournissent des bénéfices importants aux populations en termes de sécurité alimentaire, de stockage de carbone et de réduction des risques naturels dus aux impacts du changement climatique (intensification des cyclones, montée du niveau des eaux, augmentation de la houle). Le Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT), co-piloté par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du Littoral, encourage les associations et acteurs des outre-mer à célébrer cette journée, proposée depuis 1998 par l’association Mangrove Action Project et soutenue depuis 2015 par l’UNESCO. Cette année, le PRZHT organise directement des événements en Guadeloupe et à Mayotte ! Au programme : En Guadeloupe : pour la quatrième édition de cette journée sur le territoire, défi nature sous forme parcours sportif et ludique sur le site de la plage de Babin en partenariat avec la commune de Morne-à-l’Eau. RDV à 7h30 sur le site de Babin, inscriptions au 0690 20 18 75 ou 0590 81 81 28 A Mayotte : session de conférences-débats autour de la conservation et de la gestion des mangroves en mairie de Chirongui (RDV 9h), et animations sur le terrain avec camion pédagogique, nettoyage de déchets dans les mangroves de Tsimkoura, Bandrélé et autour du parc écologique de Mpweka Dinga, en partenariat avec la DEAL de Mayotte et la Communauté de Communes du Sud. Une belle occasion de sensibiliser aux enjeux qui existent sur la protection des mangroves, encore fortement menacées dans les outre-mer par l’urbanisation, les remblais, les dépôts sauvages de déchets, et les occupations illégales. Vous célébrez la journée internationale des mangroves chez vous ? Faites nous le savoir ! Ecrivez à Gaëlle Vandersarren, coordinatrice du PRZHT afin que votre événement soit relayé aux niveaux national et international ! Plus d’informations – La page dédiée au Pôle relais zones humides tropicales (PRZHT) – Le site internet du PRZHT – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Guadeloupe – Grand cul de sac marin © Laurent Juhel
Guide technique sur la restauration de mangrove : se fonder sur les meilleures pratiques pour ne pas se « planter » !

Le Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT) co-animé par le Comité français de l’UICN, est heureux de vous présenter son Guide technique pour la restauration de mangrove, résultat d’un travail de fond de plus de 2 ans qui a permis d’examiner et de retransmettre les meilleures pratiques au niveau international, pour mener un chantier de restauration écologique réussi. Ce guide, qui se veut le plus pratique et facile possible, peut être utilisé par quiconque souhaite se lancer dans un projet de restauration en mangrove : gestionnaire, collectivité, association… sans oublier bien sûr de se mettre d’abord en lien avec le Conservatoire du Littoral pour les territoires où il est présent et propriétaire de terrains où se situent les mangroves ! Le guide donne les clés pour identifier les différents paramètres à considérer afin de s’orienter vers l’une des deux alternatives possibles : – La restauration par colonisation naturelle (restauration du terrain, notamment des flux hydrauliques) préconisée comme approche à privilégier dans tous les cas et, – La plantation, qui peut être envisagée si la colonisation naturelle n’est pas possible (sites isolés de sources potentielles de semences par exemple) et si les conditions le permettent, parfois en complément d’autres actions de restauration de site (nettoyage, dépollution, retrait des remblais etc…). Le guide a pour vocation d’orienter vers une restauration efficace et durable, avec pour résultat le rétablissement d’une forêt de mangrove écologiquement fonctionnelle et autosuffisante. En effet, les mangroves étant soumises à de fortes pressions anthropiques (la pollution, les remblais, l’artificialisation des sols et l’urbanisation par exemple), les opération de restauration sont de plus en plus fréquentes, et ce, sur l’ensemble des territoires d’Outre-mer, souvent par le biais de chantiers de plantations qui ne sont pas toujours concluants dans la durée. En complément de ce guide, le Pôle-relais prévoit d’organiser des journées d’échange technique pour les acteurs des Antilles et de Mayotte afin d’accompagner au plus près les gestionnaires dans leurs initiatives. Plus d’informations – Pour obtenir une copie papier du guide, contactez pole-tropical@uicn.fr – Découvrir le guide technique sur la restauration de mangrove – Le Pôle-relais zones humides tropicales – Accéder au site internet du PRZHT Photo bandeau © Maxwell Ridgeway on Unsplash
L’UICN France s’inquiète du projet de piste «supermotard» qui menace une zone humide en Guadeloupe
Un projet de piste dédié à la pratique des sports mécaniques (motos, karting..) menace directement une zone humide en Guadeloupe. Le projet, en gestation depuis 10 ans, se construit depuis 2016 sans que les procédures réglementaires soient achevées. L’UICN France souligne l’absence d’étude d’impact environnemental sur ce projet, et demande à ce qu’une enquête publique soit menée, dans le respect des procédures requises légalement pour ce type de projets. L’origine du projet Ce projet de circuit moto date de 2008, lorsque la Ville de Baie-Mahault avait organisé des « Etats généraux de la jeunesse » dont était ressortie l’idée d’un « lieu dédié à la pratique des sports mécaniques, en toute légalité et sécurité ». Une zone humide en partie dégradée (mais en voie de cicatrisation) au milieu de la mangrove, à proximité du pont de la Gabarre, près de la Rivière Salée, avait été privilégiée pour ce circuit (voir images ci-dessous). L’accord de principe de l’Etat sur cet emplacement avait été donné par le Préfet dès 2012, à condition que l’emprise du projet ne dépasse pas 2 hectares et s’implante « sur la partie la plus dégradée du site». Le projet a évolué, ses ambitions revues à la baisse pour éviter l’épreuve de l’enquête publique, et les travaux de défrichage ont démarré dès 2016 (voir image aérienne de droite ci-dessous). Cependant la demande de concession sur le Domaine Public Maritime (DPM) de 30 ans n’a été déposée qu’en 2017, malgré un avis « très défavorable » du Conseil scientifique du Parc National de Guadeloupe, et le dossier complet en juillet 2018. Un chantier en pleine zone humide, à l’emprise mal appréhendée Pour qu’un projet de telle ampleur puisse se construire en DPM, la loi exige de prouver qu’il répond à un service public nécessitant la proximité de la mer (loi pour les concessions sur le DPM, article L.2124-2 du CG3P) – ce qui n’est a priori pas le cas pour un circuit moto. D’autre part, ce type de projet doit comporter au titre de la loi sur l’eau « une analyse des avantages liés à l’aménagement de la zone humide au regard des dommages prévisibles et de l’absence de solutions alternatives dans des zones voisines », analyse qui n’a pas été faite ici alors que d’autres sites, aux enjeux écologiques moindres, auraient pu être étudiés. Enfin, le projet est incompatible avec les documents de planification territoriale, développés par la Région, que sont le Schéma d’Aménagement Régional (SAR) et son chapitre valant Schéma de Mise en Valeur de la Mer (SMVM), qui classent le site comme « espace naturel à forte protection ». Malgré ceci, en mars dernier (et donc après que les travaux de remblaiement aient déjà démarré) la DEAL a publié un arrêté dispensant le projet de réaliser une étude d’impact, considérant que « le projet n’est pas susceptible d’entraîner des impacts notables sur l’environnement », alors qu’il engendrera inévitablement des dommages conséquents sur un site à valeur écologique importante. Lorsque l’on se penche sur les détails du dossier, de nombreuses contradictions apparaissent : le projet, pourtant présenté comme accueillant des manifestations d’envergure nationale, ne prévoit ni voie d’accès, ni parking, ni de bâtiments type hangar, tribune, ou espaces de restauration. L’emprise réelle du projet une fois finalisé sera donc possiblement le double de ce qui est affiché dans le dossier du projet, et ce au sein d’une zone humide, inondable, parmi les plus emblématiques de Guadeloupe, à proximité immédiate d’un espace remarquable du littoral, au sein de l’aire maritime adjacente du Parc National de Guadeloupe et de la Réserve de Biosphère. Ce site est aussi l’un des derniers couloirs écologiques entre la Grande-Terre et la Basse-Terre, habitat important pour nombre d’espèces d’oiseaux protégées dont le Pic de la Guadeloupe (Melanerpes herminieri, localement nommé « toto bwa »), un oiseau endémique et classé Quasi menacé sur la Liste rouge des espèces menacées en France. Le projet, dont l’impact sonore (estimé entre 95 à 102 décibels) causera de profonds dérangements à la faune alentour, perturbera pendant la phase de construction, comme pendant la phase d’utilisation, certaines espèces migratrices comme les parulines, ainsi qu’un nombre important d’espèces protégées de mammifères comme les chauves-souris, de végétaux et de reptiles, tels que le Sphérodactyle bizarre (Sphaerodactylus fantasticus) et l’Anolis (Anolis marmoratus) qui ont été observées sur le site. Les recommandations du Comité français de l’UICN Le Comité français de l’UICN demande à ce que la Région Guadeloupe étudie la possibilité de construire ce circuit sur un site alternatif, aux enjeux environnementaux moindres. Si le choix du site est maintenu, il demande qu’une étude d’impact environnemental complète soit menée au regard des enjeux écologiques cités plus haut. Le dossier dans son intégralité doit être rendu disponible lors d’une enquête publique, nécessaire aux titres de la Loi du l’eau et de la convention d’utilisation du DPM, afin de permettre à tous de prendre officiellement connaissance du projet, et de pouvoir exprimer son point de vue. Le Comité français de l’UICN rappelle que la France se doit d’être exemplaire sur la gestion de zones humides sensibles et particulièrement en outre-mer, où elles rendent des services écosystémiques essentiels dans un contexte d’élévation du niveau de la mer et d’intensification des cyclones. Une convention internationale, ratifiée par la France, défend leur préservation. Les zones humides ne doivent pas être considérées comme des réserves foncières pour des projets d’intérêt public discutables et qui dans tous les cas, ne nécessitent pas d’être localisés en zone littorale. Le terrain concerné ici, qui relève du domaine public de l’Etat, est certes en partie dégradé mais il pourrait être intégralement restauré. A quelques centaines de mètres de là seulement, de nombreuses actions de restauration et de sensibilisation à l’importance des zones humides sont entreprises (zone humide de Jarry notamment), et il est contradictoire que l’Etat puisse investir dans ces projets de restauration et autoriser dans le même temps la dégradation d’une autre zone humide, sans suivre les procédures usuelles d’autorisation de projets
Lancement de Zones Humides Educatives en Guadeloupe
Le Pôle-relais zones humides tropicales, co-animé par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du Littoral, lance pour cette année scolaire, en partenariat avec le Rectorat de Guadeloupe, les premières Zones Humides Educatives (ZHE). Ce dispositif, qui s’inspire du modèle des Aires Marines Educatives (AME), est une démarche citoyenne mettant les élèves au coeur d’une réflexion collective sur la protection et la gestion des zones humides (mangroves, forêts marécageuses, marais, salines, lagunes, cours d’eau) autour d’un site à la surface adaptée, géré de manière participative par des élèves de primaire ou secondaire et leurs enseignants. Une classe pilote, les CM1 de l’école Hippolyte COCLES de Lasserre sur la commune de Morne-à-L’eau, avait testé le concept l’année passée sur le site de Gédéon-Bambou, une ancienne décharge réhabilitée. Sous la houlette de leur enseignante et directrice de l’école, Madame Madly Maximin, les élèves ont ainsi pu se rendre à plusieurs reprises sur le site pour des actions d’entretien et de nettoyage ainsi que d’aménagement, conçu un kit terrain (mètre, corde, kit qualité de l’eau etc.), réalisé une vidéo et une application « petits gestionnaires de ZHE », et présenté leur projet à d’autres établissements et lors d’évènements divers en 2017-2018. Leur projet de gestion s’est articulé autour de trois piliers : un pilier « connaissances » (réalisation de panneaux, poèmes et contes, travaux manuels, dessins et réalisation de fiches identité espèces) ; un pilier « vivre » (sorties terrains, initiations aux relevés scientifiques, jeux ludiques, logo), et un pilier « transmettre et gérer » (page Facebook, tenue de conseils, élaboration du plan de gestion, kit terrain). Ce mois de septembre, le flambeau a été transmis aux nouveaux CM1 de cette école. Mais le concept a fait émule, et cette année scolaire 2018-2019, ce sont 8 nouvelles ZHE qui verront le jour sur le territoire guadeloupéen : trois sur la communauté d’agglomération Cap Excellence regroupant les villes de Pointe à Pitre, Baie Mahault et Abymes, et cinq sur la Communauté d’Agglomération du Nord Grande Terre regroupant les communes de Morne à l’Eau, Petit Canal, Port Louis, Anse Bertrand, et le Moule. Pour répondre aux besoins grandissants exprimés par les classes de ces communes, le Pôle-relais zones humides tropicales a recruté un coordinateur pédagogique, Florian Iglesias, dont le rôle est d’appuyer les enseignants dans la mise en œuvre et la labellisation de ces nouvelles ZHE. Florian les aide ainsi à définir le programme d’activités des élèves, intervient en classe avec l’enseignant(e), et développe et anime le réseau d’acteurs impliqués dans ces démarches sur le territoire. Les ZHE ont de belles années devant elles, car un nombre croissant d’écoles sont séduites par le concept et souhaitent faire partie de cette démarche ludique, innovante, et citoyenne. Les ZHE, qui ont pour ambition de déclencher une prise de conscience chez les enfants et à terme, de faire évoluer les mentalités sur la perception des zones humides, ont vocation a être reproduites à plus vaste échelle, non seulement sur le territoire guadeloupéen mais aussi sur les autres territoires ultramarins tropicaux sur lesquels le Pôle-relais intervient. Les zones humides tropicales des outre-mer sont d’extraordinaires réservoirs de biodiversité, aux valeurs environnementales mais aussi sociales, économiques et culturelles importantes qui sont particulièrement menacées par l’industrialisation, l’urbanisation, l’agriculture et les activités minières, qui entraînent leur dégradation et leur destruction. Le Pôle-relais zones humides tropicales est convaincu qu’obtenir l’adhésion de tous – en particulier les jeunes générations – sur la nécessité de conserver ces écosystèmes, par le biais d’outils pédagogiques originaux et ludiques, est le meilleur moyen de faire émerger une volonté d’agir. Qu’est-ce qu’une ZHE ? Inspirée par la définition de Ramsar, une ZHE est une « zone comportant des terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée, saumâtre de façon permanente ou temporaire d’une superficie pédagogiquement adaptée, gérée de manière participative par les élèves et les enseignants d’une école primaire ou secondaire, suivants des principes définis par une charte. Elle constitue un projet pédagogique et éco-citoyen de connaissance et de protection du milieu humide par des jeunes publics. La classe est ainsi placée au cœur d’une dynamique territoriale faisant appel à l’expertise de l’école et de la commune concernée, mais aussi d’associations d’usagers ou de protection de l’environnement ». Plus d’informations Intéressés par le concept des ZHE ? Contactez l’équipe du Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT) : Gaëlle Vandersarren, coordinatrice : gaelle.vandersarren@uicn.fr Florian Iglesias, coordinateur pédagogique : florian.iglesias@uicn.fr Retrouvez les travaux de l’UICN France dans les Outre-mer sur ce lien et ceux du PRZHT sur sa page dédiée
3ème édition de la Journée internationale des mangroves en Guadeloupe
Cette troisième édition guadeloupéenne a rassemblé plus de 100 personnes, ce jeudi 26 juillet, pour partir à la découverte de l’écosystème et des croyances magico-religieuses qui lui sont liées. À la fois zone d’ultime refuge et lieu emprunt d’un réalisme fantastique parfois inquiétant, cette forêt difficilement pénétrable nourrit depuis longtemps l’imaginaire des sociétés qui la côtoie. Mais avant d’aborder le kenbwa an Gwada, an nou gadé mangrov la ! Guidés par M. Éric Léopold, garde du littoral de la commune de Morne-à-l’Eau, les visiteurs ont pu découvrir la mangrove et la forêt marécageuse du site de Babin. Opportunité parfaite pour découvrir la transition entre ces deux écosystèmes, du point de vue de la succession des espèces d’arbres par exemple. Palétuviers rouges aux racines courbées, palétuviers noirs aux drôles de « tubas » qui sortent de terre, mangles médailles ou « Sang-Dragon », fromagers abritant des Soukougnans, diversité des crabes… un beau parcours émaillé d’anecdotes enrichissantes sur la nature, un plaisir pour les yeux. À la fin du parcours, le sociologue et historien M. Franck Garain a pris le relais pour évoquer le thème des pratiques magico-religieuses en Guadeloupe et dans les Antilles de manière générale, puis autour de la mangrove en particulier. Le terme kenbwa désigne une forme de magie utilisée dans les Antilles pour apporter bonheur et protection ou pour lutter contre des forces malveillantes, des ennemis. Cette magie repose sur l’accumulation de croyances aux origines diverses – de l’Afrique à l’Inde en passant par l’Europe – ce qui est caractéristique de ces territoires. Une exposition photographique sur ces rites magiques ont permis aux visiteurs, le long d’un cheminement sur le site, de découvrir leur signification et leur application concrète : assemblages d’objets, de matières, d’un autel… autant de formes incantatrices qui parfois passent inaperçues pour celui qui n’y est pas initié ! Après un Bik à pawol final où les participants se sont exprimés sur leurs interrogations et même leurs propres expériences, cette matinée a tenu toutes ces promesses… La deuxième partie de cette journée a été dédiée à l’accueil des enfants du centre de loisir sans hébergements (CLSH) Paradi à timoun. Au programme : fabrication de masques magiques et conte sur la mangrove ! L’atelier « masques », permettant aux enfants de manipuler des matériaux naturels tout en appelant à leur sens artistique, s’est donc effectué en continuité avec le thème de la journée. Tout comme l’intervention interactive de M. Pascal Solvé, à la fois contée et chantée, accompagné de son musicien aux instruments évocateurs des bruits de la mangrove et qui a partagé avec les enfants le message important de la respecter, point d’orgue final de cette journée haute en couleur ! En savoir plus – Le Pôle Relais Zones Humides Tropicales
Pour la protection de la Grive à pieds jaunes et du Pigeon à couronne blanche en Guadeloupe
Alors qu’un nouvel arrêté soulève des inquiétudes en Guadeloupe concernant la liste des espèces dont la chasse pourra être autorisée, le Comité français de l’UICN demande le classement en espèces protégées de la Grive à pieds jaunes et du Pigeon à couronne blanche sur ce territoire. La Grive à pieds jaunes est une espèce dont la répartition mondiale est extrêmement restreinte, endémique de quatre îles des Petites Antilles (Dominique, Montserrat, Sainte-Lucie et Guadeloupe). Elle est menacée au niveau mondial – catégorie « Vulnérable » dans la Liste rouge mondiale de l’UICN – et au niveau national – catégorie « Vulnérable » dans la Liste rouge nationale établie par le Comité français de l’UICN et le MNHN. En 2008 déjà, face à cette situation, le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Guadeloupe avait demandé la protection légale intégrale de la Grive à pieds jaunes. Par ailleurs, la contamination de cette espèce par les pesticides organochlorés a conduit le préfet de Guadeloupe à interdire la consommation des oiseaux tués à la chasse sur une partie du département. Le Pigeon à couronne blanche est une espèce dont la population connaît un déclin au niveau mondial et qui apparaît en situation très menacée au niveau national, classé « En danger » en Guadeloupe sur la Liste rouge nationale. La France a ratifié en 2002 le protocole international SPAW relatif aux zones et à la vie sauvage spécialement protégées, selon lequel « chaque Partie doit identifier, dans les zones relevant de sa souveraineté, de ses droits souverains, ou de sa juridiction, les espèces végétales et animales menacées ou en voie d’extinction, et accorder à ces espèces le statut d’espèces protégées ». Plus récemment, la France s’est engagée à atteindre les objectifs du plan stratégique 2011-2020 de la Convention sur la Diversité Biologique (objectifs d’Aichi), en particulier l’objectif 12 selon lequel l’extinction d’espèces menacées connues doit être évitée et leur état de conservation amélioré. Compte tenu de ces engagements internationaux, le Comité français de l’UICN s’inquiète du fait que ces deux espèces ne bénéficient pas d’un statut réglementaire de protection et qu’elles puissent encore être chassées. Le Comité français de l’UICN demande donc le retrait de la Grive à pieds jaunes et du Pigeon à couronne blanche de la liste des espèces dont la chasse pourrait être autorisée en Guadeloupe et l’inscription de ces deux espèces sur la liste des espèces protégées. Il appelle également à la mise en œuvre d’un plan d’action visant à assurer les mesures nécessaires à la conservation et à la restauration de ces deux espèces. Ces préconisations ont fait l’objet d’un courrier adressé par le Comité français de l’UICN à Madame Barbara Pompili, Secrétaire d’Etat à la Biodiversité, pour qu’une protection effective de ces deux espèces soit rapidement mise en œuvre.