La 2ème phase des Assises de l’eau met à l’honneur les Solutions fondées sur la Nature

Annoncée par le Président de la République et portée par François de Rugy, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, la deuxième séquence des Assises de l’eau vise à trouver des solutions pour permettre aux territoires et à l’ensemble des acteurs d’adapter leur gestion de l’eau à l’heure du changement climatique. Dans le prolongement de la première séquence, organisée du 27 avril au 25 mai 2018, centrée sur les enjeux de réseaux d’eau et d’assainissement,la deuxième phase de ces assises s’est ouverte le 9 novembre 2018. Elle doit contribuer à la mise en œuvre de plusieurs mesures du plan biodiversité, présenté en juillet par le Gouvernement, notamment sur les milieux humides et la gestion des eaux fluviales. Le comité de pilotage de cette séquence a décidé de mettre en place 4 groupes de travail sur 3 thématiques essentielles pour la gestion de l’eau : économiser ; partager ; protéger et un groupe de travail transversal sur la mise en œuvre des solutions fondées sur la nature. Enfin, Jean Launay est chargé d’assurer une coordination transversale sur les thématiques de gouvernance, de financement et de mise en œuvre de l’objectif de développement durable n°6 « garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ». Ces groupes de travail, ainsi que l’organisation d’ateliers dans les territoires seront le support d’une large concertation des acteurs visant à identifier les priorités d’actions et les freins et leviers pour leur déploiement sur le territoire français. Sur la base d’échanges à partir de projets existants, le groupe de travail portant sur les Solutions fondées sur la Nature, présidé par le Comité français de l’UICN, représenté par Pauline Teillac-Deschamps, veut souligner la nécessaire concertation et gouvernance partagée pour la mise en œuvre de telles solutions, le besoin d’une ingénierie financière innovante et d’une approche foncière intégrée, l’appui sur des réglementations existantes ou à créer, ainsi que le besoin de communication et de renforcement des connaissances au service de l’action. Cette deuxième phase se clôturera à la fin du printemps 2019 afin de passer à la phase de mise en œuvre des recommandations issues des différents groupes de travail et validées par le Comité de Pilotage.   Plus d’informations – Le Dossier de presse sur la première séquence des Assises de l’Eau – Le Programme Ecosystèmes de l’UICN France – Les Solutions fondées sur la Nature – La journée mondiale de l’Eau 2019 sur le site de l’ONU

Mieux cartographier les mangroves : de nouvelles avancées !

Réussir à produire une cartographie des mangroves de manière précise, souple, rapide et reproductible : c’est le défi que s’était lancé Dr. Florent Taureau et une équipe scientifique de l’université de Nantes il y a quelques années. Défi relevé, puisqu’un article scientifique vient d’être publié dans la revue Remote Sensing MDPI démontrant que c’est désormais chose possible. Résultat d’un travail de plusieurs années « éreintant psychologiquement » aux dires des scientifiques, l’article expose une méthode originale, reposant sur une analyse cartographique d’images satellites pour calculer les différentes surfaces d’occupation du sol (végétation, eau, sol et ombres) à une échelle encore plus fine que celle du pixel. Cette méthode permet donc de caractériser précisément le type de canopée et de cartographier finement les zones de mangroves. Testée sur trois territoires (Guadeloupe, Mayotte et la Nouvelle-Calédonie), cette approche souple et rapide a de beaux jours devant elles, et apporte une belle complémentarité à d’autres méthodes employées jusqu’ici comme les relevés LiDAR disponibles en Guyane (données 3D pouvant service à décrire les peuplements forestiers). Elle pourra être utilisée pour affiner les indicateurs nationaux sur les mangroves dans le cadre du Réseau d’Observation et d’Aide à la Gestion des Mangroves (ROM) par exemple. Ces recherches ont bénéficié du soutien financier de l’Initiative française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR) et du soutien logistique du Pôle-relais zones humides tropicales, co-piloté par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du Littoral.   PLUS D’INFORMATIONS – Article scientifique (en anglais) – Réseau d’Observation et d’Aide à la Gestion des Mangroves (ROM) – Site internet du Pôle-relais zones humides tropicales – Le programme Outre-mer de l’UICN France Photo bandeau © Chloé Desmots

Un cinquième des forêts méditerranéennes françaises est menacé

Le Comité français de l’UICN a évalué la vulnérabilité des forêts méditerranéennes de France métropolitaine dans le cadre de « La Liste rouge des écosystèmes en France ». Cette étude dresse un bilan objectif pour les 19 écosystèmes forestiers caractéristiques de cette région. Présentation des résultats 4 de ces 19 écosystèmes (soit 1/5ème) sont menacés en France, évalués Vulnérables ou En danger. Les principales menaces qui pèsent sur ces écosystèmes sont l’introduction d’espèces non indigènes ou de pathogènes pour deux écosystèmes de pinèdes méditerranéennes, et les changements de pratiques sylvicoles pour les forêts de Chêne-liège et les châtaigneraies. Cette étude souligne également la forte sensibilité de 7 écosystèmes forestiers méditerranéens à distribution restreinte qui sont classés « Quasi-menacés », en raison notamment de l’urbanisation du territoire et des impacts du changement climatique à travers l’aridification du climat méditerranéen et l’intensification des régimes d’incendies.  Enfin un important manque de connaissances n’a pas permis d’évaluer la quasi-totalité des forêts riveraines méditerranéennes (classées en Données insuffisantes) bien qu’elles aient probablement fortement régressé. La Liste rouge des écosystèmes de l’UICN La Liste rouge des écosystèmes de l’UICN permet, selon un standard mondial, d’évaluer les menaces pesant sur la biodiversité à l’échelle des écosystèmes. Elle propose pour cela une méthodologie qui introduit le concept de risque d’effondrement d’un écosystème, analogue à celui de risque d’extinction d’une espèce, avec différents critères et les seuils quantitatifs, permettant de caractériser de ce risque. Cette Liste rouge vient ainsi s’inscrire en complément de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN pour apporter des connaissances plus complètes sur l’état de la biodiversité. En plus d’identifier les écosystèmes menacés, la Liste rouge des écosystèmes permet de connaître et de décrire l’ensemble des processus qui les affectent. Ces résultats facilitent la mise en place d’actions et la prise de conscience politique et sociétale face à l’importance des enjeux de conservation de la biodiversité, à l’échelle des écosystèmes. L’élaboration de la Liste rouge des écosystèmes en France est pilotée par le Comité français de l’UICN. Les évaluations sur les forêts méditerranéennes métropolitaines ont été réalisées en partenariat avec le Muséum national d’Histoire naturelle, et en collaboration avec les Conservatoires botaniques et l’expertise de plusieurs membres et des experts du réseau de l’UICN France. >> Retour à la Liste rouge des écosystèmes en France DOCUMENTS JOINTS • Communiqué de presse (décembre 2018) • Publication : UICN France, 2018. La Liste Rouge des Écosystèmes en France – Chapitre Forêts méditerranéennes de France métropolitaine. Paris, France. CONTACT Pauline Teillac-Deschamps, Chargée du programme « Ecosystèmes » Aurélien Carré, Chargé de mission « Liste rouge des écosystèmes »

Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts

Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts et les conséquences seront graves pour notre avenir à moins que des mesures ne soient prises de toute urgence pour les sauver : tel est le cri d’alarme lancé par le rapport mondial de la Convention de Ramsar sur les zones humides. Entre 1970 et 2015, environ 35% des zones humides de la planète ont disparu et le rythme de disparition s’est accéléré depuis 2000, selon les premières Perspectives mondiales pour les zones humides de la Convention de Ramsar, un traité mondial ratifié par 170 pays en vue de les protéger et de promouvoir leur utilisation rationnelle. Le rapport montre qu’aucune région dans le monde n’est épargnée. Cette disparition est le résultat de grandes tendances telles que les changements climatiques, la démographie galopante, l’urbanisation, en particulier des zones côtières et des deltas fluviaux, et de l’évolution des modèles de consommation responsables des changements intervenus dans l’utilisation des terres et de l’eau, ainsi que dans l’agriculture. On estime que les zones humides – lacs, cours d’eau, marais et tourbières mais aussi zones marines et côtières telles que les estuaires, les lagunes, les mangroves et les récifs coralliens – couvrent actuellement plus de 12,1 millions de km2, une superficie plus vaste que celle du Groenland. Entre 13 et 18% sont inscrites sur la Liste de Ramsar des zones humides d’importance internationale et sont des sites protégés. Les zones humides sont cruciales pour l’homme et pour la vie sur la planète. Directement ou indirectement, elles fournissent presque toute l’eau douce consommée dans le monde. Plus d’un milliard de personnes en dépendent pour leur subsistance et 40% des espèces vivent et se reproduisent dans les zones humides. Elles sont une source vitale d’aliments, de matières premières, de ressources génétiques pour la pharmacopée et d’énergie hydroélectrique. Elles atténuent les crues, protègent les littoraux et renforcent la résilience des communautés aux catastrophes et elles jouent un rôle important dans le transport, le tourisme et le bien‑être culturel et spirituel de tous les peuples. Des études montrent que la valeur économique des services fournis par les zones humides dépasse largement celle des écosystèmes terrestres. Ainsi, la valeur économique totale des zones humides intérieures est cinq fois plus élevée que celle des forêts tropicales, l’habitat terrestre le plus précieux. Les zones humides jouent aussi un rôle essentiel dans les efforts de régulation du climat mondial. Les tourbières, qui ne couvrent que 3% de la superficie de la planète, stockent deux fois plus de carbone que toutes les forêts du monde et les marais, les herbiers marins et les mangroves sont aussi des écosystèmes riches en carbone. Toutefois, les zones humides produisent 20 à 25% des émissions mondiales de méthane et l’augmentation des températures due aux changements climatiques devrait augmenter les émissions de gaz à effet de serre des zones humides, en particulier dans les régions de permafrost. Et pourtant, les zones humides restent dangereusement sous-évaluées dans les plans nationaux des décideurs et législateurs. C’est une omission inexplicable si l’on en juge par le rôle pivot que jouent les zones humides en permettant la réalisation des engagements mondiaux relatifs aux changements climatiques, au développement durable, à la biodiversité et à la réduction des risques de catastrophe. En effet, à elles seules, les zones humides contribuent à 75 indicateurs des Objectifs de développement durable (ODD). Les menaces persistantes et croissantes qui pèsent sur les zones humides de la planète sont le drainage de l’eau, la pollution, l’utilisation non durable, les espèces envahissantes, les flux interrompus par les barrages et le déversement de sédiments par le déboisement et l’érosion des sols en amont. Les tendances de la qualité de l’eau se détériorent et près de toutes les sources d’eau douce du monde sont plus ou moins altérées. La pollution de l’eau et la charge de matières nutritives provenant du ruissellement des engrais sont parmi les plus grands problèmes. Selon l’Organisation des Nations Unies, plus de 80% des eaux usées sont déversées dans les zones humides sans traitement adéquat tandis qu’en 2018, la quantité d’engrais utilisée sera supérieure de 25% à celle de 2008, ce qui exacerbera une croissance végétale excessive dans les zones humides et le taux de décomposition, privant la flore et la faune d’oxygène. La crise de la biodiversité est tout aussi alarmante. Plus de 25% de toutes les plantes et de tous les animaux des zones humides sont en danger d’extinction. L’indice de la Liste rouge de l’UICN, qui évalue la probabilité de survie en utilisant les données disponibles, a identifié des tendances négatives pour les mammifères, les oiseaux, les amphibiens et les coraux des zones humides, ce qui signifie que tous se dirigent vers l’extinction. Avec l’élévation des températures de la mer, les récifs coralliens subissent le déclin le plus rapide tandis que les amphibiens sont les moins nombreux et les plus menacés. Les poissons, les reptiles et les grands mammifères des zones humides sont également vulnérables : toutes les espèces de tortues sont menacées au plan mondial et un tiers d’entre elles sont en danger critique d’extinction. Le rapport insiste sur la nécessité de se doter de plans de gestion efficaces des zones humides et d’intégrer les zones humides dans la préparation et l’application de plans nationaux sur le développement durable, les changements climatiques et autres engagements mondiaux importants. Le rapport souligne aussi que la bonne gouvernance et des institutions efficaces aux niveaux local, national et régional sont des facteurs cruciaux pour prévenir la perte et la dégradation des zones humides, y mettre un terme et renverser les tendances. Prenant des exemples de succès obtenus à travers le monde, le rapport recommande notamment de mettre à profit les mécanismes de financement existants pour fournir des incitations économiques et financières aux communautés et aux entreprises et les engager à protéger les zones humides au moyen d’avantages fiscaux. Par ailleurs, il serait faudrait fin aux incitations perverses pour les agriculteurs et les entreprises, par exemple aux subventions à l’agriculture qui encouragent la transformation ou la pollution des zones humides.   Plus d’informations – Télécharger le rapport – Le programme « écosystèmes »

3ème édition de la Journée internationale des mangroves en Guadeloupe

Cette troisième édition guadeloupéenne a rassemblé plus de 100 personnes, ce jeudi 26 juillet, pour partir à la découverte de l’écosystème et des croyances magico-religieuses qui lui sont liées. À la fois zone d’ultime refuge et lieu emprunt d’un réalisme fantastique parfois inquiétant, cette forêt difficilement pénétrable nourrit depuis longtemps l’imaginaire des sociétés qui la côtoie. Mais avant d’aborder le kenbwa an Gwada, an nou gadé mangrov la ! Guidés par M. Éric Léopold, garde du littoral de la commune de Morne-à-l’Eau, les visiteurs ont pu découvrir la mangrove et la forêt marécageuse du site de Babin. Opportunité parfaite pour découvrir la transition entre ces deux écosystèmes, du point de vue de la succession des espèces d’arbres par exemple. Palétuviers rouges aux racines courbées, palétuviers noirs aux drôles de « tubas » qui sortent de terre, mangles médailles ou « Sang-Dragon », fromagers abritant des Soukougnans, diversité des crabes… un beau parcours émaillé d’anecdotes enrichissantes sur la nature, un plaisir pour les yeux. À la fin du parcours, le sociologue et historien M. Franck Garain a pris le relais pour évoquer  le thème des pratiques magico-religieuses en Guadeloupe et dans les Antilles de manière générale, puis autour de la mangrove en particulier. Le terme kenbwa désigne une forme de magie utilisée dans les Antilles pour apporter bonheur et protection ou pour lutter contre des forces malveillantes, des ennemis. Cette magie repose sur l’accumulation de croyances aux origines diverses – de l’Afrique à l’Inde en passant par l’Europe – ce qui est caractéristique de ces territoires. Une exposition photographique sur ces rites magiques ont permis aux visiteurs, le long d’un cheminement sur le site, de découvrir leur signification et leur application concrète : assemblages d’objets, de matières, d’un autel… autant de formes incantatrices qui parfois passent inaperçues pour celui qui n’y est pas initié ! Après un Bik à pawol final où les participants se sont exprimés sur leurs interrogations et même leurs propres expériences, cette matinée a tenu toutes ces promesses… La deuxième partie de cette journée a été dédiée à l’accueil des enfants du centre de loisir sans hébergements (CLSH) Paradi à timoun. Au programme : fabrication de masques magiques et conte sur la mangrove ! L’atelier « masques », permettant aux enfants de manipuler des matériaux naturels tout en appelant à leur sens artistique, s’est donc effectué en continuité avec le thème de la journée. Tout comme l’intervention interactive de M. Pascal Solvé, à la fois contée et chantée, accompagné de son musicien aux instruments évocateurs des bruits de la mangrove et qui a partagé avec les enfants le message important de la respecter, point d’orgue final de cette journée haute en couleur !   En savoir plus – Le Pôle Relais Zones Humides Tropicales

L’UICN France recommande d’investir dans les Solutions fondées sur la Nature

Que sont les Solutions fondées sur la Nature ? Comment peuvent-elles permettre de lutter contre les changements climatiques et réduire les risques naturels en France ? Le Comité français de l’UICN répond à ces questions dans une publication apportant une explication détaillée, 14 exemples de projets, et des recommandations pour les déployer. Il est crucial d’investir aujourd’hui de façon spécifique et ambitieuse dans les Solutions fondées sur la Nature. Ces initiatives mettent en valeur le rôle fondamental que jouent des écosystèmes préservés et diversifiés dans la régulation du climat et la limitation des impacts des catastrophes naturelles. Elles répondent, dans le même temps, aux enjeux de conservation de la nature, face à l’érosion continue de la biodiversité. L’Accord de Paris sur le climat a reconnu le rôle des forêts, des océans et des autres écosystèmes naturels pour relever le défi climatique. Cependant, les solutions opérationnelles actuelles relèvent principalement de la transition énergétique (économies d’énergie, énergies renouvelables, efficacité énergétique, diminution des énergies fossiles…) et ne reposent pas assez sur celles offertes par les écosystèmes. Les Solutions fondées sur la Nature jouent pourtant un rôle fondamental dans la captation et le stockage de carbone et offrent des opportunités réelles pour atténuer les effets des changements climatiques et des risques naturels. Les actions de protection, de gestion durable et de restauration des écosystèmes sont des réponses indispensables à la lutte contre les changements climatiques. Il est ainsi nécessaire de mieux faire connaître la pertinence et la nécessité de recourir aux Solutions fondées sur la nature.   Une meilleure connaissance des Solutions fondées sur la Nature… Dans le prolongement de sa mobilisation à l’occasion de la COP21, le Comité français de l’UICN présente ici de façon détaillée le concept de Solutions fondées sur la Nature dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques et de la réduction des risques naturels. Les liens étroits entre biodiversité et climat, et l’interdépendance de ces enjeux, y sont soulignés. Cette présentation est illustrée par 14 projets mis en œuvre sur le territoire français, sélectionnés parmi les actions des organismes membres et des partenaires du Comité français de l’UICN.   …et des recommandations pour les mettre en œuvre et les déployer Pour investir dans les Solutions fondées sur la Nature, le Comité français de l’UICN recommande de valoriser les bénéfices conjoints pour la biodiversité et le climat ou les risques naturels et de les quantifier. Il est également nécessaire d’associer les différents acteurs du territoire concerné et de s’assurer d’un portage politique. Des moyens humains et financiers spécifiques doivent être consacrés à ces actions. Les Solutions fondées sur la Nature doivent être intégrées dans les stratégies climat et la planification territoriale. Enfin, elles doivent s’inscrire dans la durée et à une échelle spatiale suffisante pour apporter des réponses efficaces à des enjeux tels que les inondations, l’érosion côtière, les îlots de chaleur en ville ou les incendies.   Plus d’informations – Télécharger la publication – Le programme Ecosystèmes du Comité français de l’UICN – Les solutions fondées sur la nature – Contact : Pauline Teillac-Deschamps – Chargée de programme « écosystèmes » / Sébastien Moncorps – Directeur du Comité français de l’UICN © Alexis Ducousso

Le rôle des écosystèmes face à l’érosion côtière en Aquitaine

Dans le prolongement de ses travaux sur les services écosystémiques, le Comité français de l’UICN publie une évaluation du service de régulation du recul du trait de côte par les écosystèmes côtiers sableux en Aquitaine. Cette étude souligne en quoi les écosystèmes sableux aquitains (barres sableuses, plages, dunes, forêts dunaires) contribuent à la régulation de l’érosion côtière à long terme selon 3 principaux processus : (i) l’atténuation de l’énergie éolienne par la végétation, (ii) le maintien d’une réserve de sable locale grâce aux végétaux qui stabilisent le sol et permettent la réalimentation naturelle des plages, (iii) l’atténuation de l’énergie éolienne et de la houle par les reliefs dunaires. Cette étude, réalisée dans le cadre de l’évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (Efese), donne également des éléments de comparaison des coûts financiers entre des Solutions « grises » (infrastructures artificielles) et des Solutions fondées sur la Nature. Les coûts de gestion des écosystèmes littoraux apparaissent inférieurs en comparaison à ceux consentis pour le rechargement des plages ou la mise en place et l’entretien d’ouvrages de protection. Cette étude rappelle que ces écosystèmes côtiers font l’objet de multiples pressions, au premier rang desquelles figure l’artificialisation du littoral. Ces pressions se traduisent par une faible résilience et une disparition de ces écosystèmes particulièrement vulnérables notamment dans le contexte du changement climatique. Cette étude recommande donc une intervention graduée en fonction des risques et de la gravité des enjeux. Elle montre que la gestion naturelle concerne plutôt le temps long et des échelles spatiales larges tandis que les solutions de génie civil répondent à des enjeux locaux, à court terme. Les structures en dur restent en effet des réponses possibles pour protéger les côtes urbanisées, mais elles constituent une protection temporaire et limitée face aux éléments naturels et peuvent aggraver la situation des territoires périphériques. Il est donc crucial de prévoir des interventions graduées en fonction des risques et de la gravité des enjeux dans les choix d’aménagement et la décision politique : les solutions fondées sur la nature (préservation, gestion et restauration des écosystèmes) doivent être considérées de façon prioritaire avant la construction d’ouvrages de protection. Ces deux solutions peuvent être complémentaires en fonction des enjeux, de l’urgence de la situation et des échelles de temps d’action. Il est ainsi nécessaire de mieux intégrer les Solutions fondées sur la Nature dans la planification de l’aménagement du territoire et de faciliter la mise en oeuvre de projets, tout en poursuivant l’acquisition de connaissances.   Plus d’informations – Le programe EFESE du Ministère de la transition écologique et solidaire – Télécharger la publication – Le programme écosystèmes de l’UICN France – Contacts : Pauline Teillac-Deschamps, chargée de programme écosystèmes / Justine Delangue, chargée de mission services écologiques

Journée mondiale de l’eau : la réponse est dans la nature

A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau 2018, les solutions fondées sur la nature pour lutter contre les inondations, l’érosion du sol ou encore la sécheresse sont mises à l’honneur par l’ONU. L’objectif est de montrer les différentes manières dont la nature peut nous venir en aide pour surmonter les défis de l’eau du 21ème siècle. Thème 2018 — « L’eau : la réponse est dans la nature » Les solutions fondées sur la nature sont les actions qui s’appuient sur les écosystèmes afin de relever les défis sociétaux comme la lutte contre les changements climatiques ou la gestion des risques naturels par exemple. En effet, les réponses à apporter à ces défis dépendent, d’une manière ou d’une autre, du bon fonctionnement des milieux naturels, qu’ils soient terrestres, littoraux ou marins. Ainsi, des écosystèmes sains, résilients, fonctionnels et diversifiés permettront le développement de solutions au bénéfice de nos sociétés et de la biodiversité, notamment dans le contexte des changements globaux. La gestion des risques naturels liés à l’eau a, jusqu’à maintenant, largement fait appel aux techniques d’infrastructures d’ingénierie classique ou aux technologies. Barrages, digues, enrochements, retenues collinaires ont été mis en place sur de nombreux territoires mais peinent à réduire l’impact des aléas dont l’intensité et/ou la fréquence pourront être amplifiées par les changements climatiques. De surcroît, ils participent en général à la dégradation des écosystèmes au sein desquels ils sont implantés et empêchent leur dynamique naturelle. Cependant les écosystèmes et la biodiversité constituent une opportunité, forte et réelle, pour répondre à ces défis actuels, tout en apportant d’autres avantages à travers les services écosystémiques.   Par exemple, les zones humides participent à la régulation des inondations et protègent les ressources en eau lors de sécheresses. La végétalisation des villes participe également à la réduction des risques d’inondations en favorisant l’infiltration de l’eau et en limitant le ruissellement. 33 des 105 plus grandes villes du monde tirent aussi leur eau potable de lieux de captage situés dans des zones protégées. Des écosystèmes protégés et/ou gérés durablement apportent ainsi une large gamme de bénéfices aux populations humaines : maintien d’un sol vivant permettant l’infiltration de l’eau et le stockage de carbone, barrière physique protectrice sur les côtes, stockage et redistribution de l’eau, espaces de tourisme et de loisirs…   L’humanité a besoin de l’eau De la sécurité alimentaire et énergétique à la santé humaine et environnementale, l’eau contribue à l’amélioration du bien-être social et à une croissance équitable, dont dépendent des milliards d’individus, ainsi qu’au fonctionnement du système vivant de la planète. L’objectif de développement durable n°6 – Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau – a notamment pour cible de réduire de moitié la proportion d’eaux usées non traitées et d’augmenter considérablement, à l’échelle mondiale, le recyclage et la réutilisation sans danger de l’eau. La protection et la restauration des écosystèmes font parties de la solution pour répondre aux enjeux actuels et futurs de l’eau.   Plus d’informations – Article dédié sur le site internet des Nations Unies – Les Solutions fondées sur la Nature – Le programme « Ecosystèmes » de l’UICN France

Découvrez le panorama des services rendus par les écosystèmes en France

Le Comité français de l’UICN présente un panorama des services rendus par les écosystèmes forestiers, marins et côtiers, urbains, montagnards, d’eau douce et agricoles en France. Chaque écosystème a fait l’objet d’une brochure (6 au total) qui visent, sur la base des connaissances scientifiques et d’exemples concrets, à mieux connaître les services rendus par les écosystèmes en France pour sensibiliser les différents acteurs à l’importance de préserver la biodiversité sur notre territoire. Elles concernent à la fois les milieux naturels métropolitains et ultramarins. Elles présentent, dans un premier temps, chaque écosystème concerné et ses spécificités. Puis, l’ensemble des services fournis par les écosystèmes, définis selon la typologie du Millennium Ecosystem Assessment (MEA) (support, approvisionnement, régulation, culturel) y sont détaillés et illustrés par des exemples recensés en France. Outre les services d’approvisionnement (bois, poissons, produits alimentaires…) souvent bien identifiés, ce panorama souligne les multiples services issus des écosystèmes français tels que la régulation de la qualité de l’eau, des risques naturels (inondations, tempêtes, glissement de terrain…) ou encore du climat mais aussi leur importance pour les loisirs, le bien-être physique et psychologique, la culture et l’éducation. Aujourd’hui, les diverses menaces qui dégradent les écosystèmes conduisent à une régression de la biodiversité riche et originale de ces milieux naturels et à réduire les bénéfices apportés pour notre société. Préserver nos milieux naturels est ainsi indispensable pour maintenir leur bon état écologique, la diversité du vivant qu’ils abritent, et la multitude des services qu’ils nous rendent.    Plus d’informations – Pour plus de détails, l’ensemble des documents est disponible ci-dessous et dans la rubrique « Publications« . – Pour toute question, merci de contacter : Justine Delangue, Chargée de mission « services écologiques »

Retour sur les Journées FRB : Biodiversité et transition écologique

La journée annuelle de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) du 5 octobre avait pour thème « Biodiversité et transition énergétique : enquêtes sur des liaisons dangereuses » Plus de 300 personnes ont participé à cet événement, dont le Comité français de l’UICN qui a présenté l’intérêt des Solutions fondées sur la Nature et l’importance de la prise en compte de la biodiversité dans le développement des énergies renouvelables lors d’une table ronde « Réconcilier biodiversité énergétique avec les acteurs ». D’autres structures sont également intervenues à cet événement, Iddri, LIFTI, Orée, EDF, Engie, Suez, Total, Enedis, RTE, GRT gaz, CCI France, Séché environnement, LPO, EPE, Icare & consult, AFB, afin d’apporter leur témoignage sur les actions ou les réflexions déjà engagées dans leurs entreprises, aux côtés des instituts de recherche comme l’IRD, le Cirad, l’Inra, le MNHN ou encore l’IIASA. L’ensemble des ces interventions et des échanges ont montré les impacts possibles de la transition énergétique sur la biodiversité et l’importance de concilier ces deux politiques environnementales, que sont celle de la préservation de la biodiversité et celle de la lutte contre le changement climatique. Ce message principal rejoint celui porté par le Comité français de l’UICN depuis plusieurs années (travaux de la Commission de Gestion des écosystèmes, recommandations du Congrès français de la nature et du Congrès mondial de l’UICN). En complément de ces témoignages, cette journée fut l’occasion pour le Ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot d’annoncer ses priorités et sa volonté de placer les enjeux de la biodiversité au même niveau que la lutte contre le changement climatique. Dans le même temps, le ministre a appelé les chercheurs à guider l’action publique, orienter ses choix et l’appuyer dans la reconquête de biodiversité.   Plus d’informations – Télécharger le Compte rendu des Journées FRB 2017 – Accéder à la synthèse de l’article scientifique – Site internet de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité – Publications de l’UICN France sur le thème de la transition énergétique et la biodiversité : Bois-énergie et biodiversité forestière Energies marines renouvelables et biodiversité Energies marines renouvelables et biodiversité en outre-mer Montagnes et Transition énergétique