Renforcer la protection de l’Océan : le Comité français de l’UICN lance un appel à l’action

A l’occasion de la conférence « Le printemps de l’Océan », organisée aujourd’hui à la Maison de l’Océan à Paris, le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) lance un appel à l’action pour renforcer la protection et de la restauration de l’Océan. Par cette initiative, le Comité français de l’UICN demande à la France et aux autres pays à faire des annonces ambitieuses et intensifier leurs efforts à l’occasion de la 3ème Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC 3), qui se déroulera à Nice du 9 au 13 juin 2025. A mi-chemin de la décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques, cet événement doit accélérer la mise en œuvre de l’objectif de développement durable 14 « vie aquatique », pour assurer la conservation et l’exploitation durable des écosystèmes marins et côtiers. Cet appel à l’action a été signé par une trentaine d’organisations de protection de la biodiversité afin de présenter des recommandations concrètes pour lutter contre les différentes pressions et restaurer la santé de l’Océan. En effet, 2/3 des milieux marins sont sévèrement altérés par les activités humaines alors qu’ils abritent une biodiversité unique et jouent un rôle capital pour le bien être humain et la régulation du climat. Il est structuré en 4 thématiques : RENFORCER LES AIRES MARINES PROTÉGÉES Pour atteindre l’objectif mondial de protéger efficacement 30 % de l’Océan en 2030, il est nécessaire d’augmenter la superficie du réseau des aires marines protégées, spécialement en haute mer, les niveaux de protection des aires marines protégées, et d’en garantir une gestion efficace, avec les moyens humains, techniques et financiers nécessaires. RENFORCER LA PROTECTION ET LA RESTAURATION DES ÉCOSYSTÈMES MARINS Face à leur dégradation, la restauration des écosystèmes marins et littoraux s’impose, notamment dans le cadre du règlement européen sur la restauration de la nature. L’Accord de Paris sur le climat doit être pleinement respecté et le recours aux Solutions fondées sur la Nature doit s’amplifier. La protection des écosystèmes marins profonds et mésophotiques (entre 30 et 200 mètres de profondeur) doit être renforcée, ainsi que la lutte contre la pollution marine de toute origine, tant celle résultant des activités terrestres, que maritimes. RENFORCER LA PROTECTION DES ESPÈCES MARINES Avec des chiffres alarmants montrant le déclin des espèces marines (un tiers des requins, raies, et mammifères marins menacés d’extinction ; un tiers des stocks de poissons marins surexploités…), il faut agir davantage pour leur protection, ce qui passe par la réduction de l’incidence de la pêche sur la biodiversité marine et une protection efficace des zones-clés pour la survie des espèces. ASSURER UN AVENIR DURABLE POUR L’OCÉAN Il est nécessaire de promouvoir une économie bleue régénérative, d’accroître la coopération scientifique et de développer l’éducation aux enjeux de l’Océan, ainsi que de mobiliser des financements pour les actions en faveur de l’Océan tout en réformant les subventions néfastes. Consultez l’ensemble du programme de la conférence « Le printemps de l’Océan ». Cet événement a bénéficié du soutien de l’Institut océanographique de Monaco – Fondation Albert Ier, Prince de Monaco, de la Blue Nature Alliance et de la Fondation Pew Bertarelli Ocean Legacy. Consulter l’appel à l’action. Lire le communiqué de presse et le programme Photo bandeau :  © Damocean  © Dalia Dahmani

COP26 : Les positions de l’UICN pour la nature et le climat

La COP26 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se tient du 31 octobre au 12 novembre 2021 à Glasgow dans un contexte de crises climatique et de la biodiversité. Les évènements météorologiques extrêmes de 2021, dont des inondations catastrophiques, des vagues de chaleur et des incendies de forêts, nous rappellent l’urgence d’agir sur le changement climatique qui genère des boulversements aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en développement. La COP 26 sur le Climat doit prendre des décisions fortes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et s’appuyer davantage sur les solutions fondées sur la nature. « Nous savons qu’une partie de la réponse face au réchauffement climatique réside dans la régénération des écosystèmes. Notre message pour la Cop26 est le suivant : la nature est la solution à la majorité de nos problèmes » Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN – le 8 septembre 2021 au Congrès mondial de l’UICN à Marseille Pour cette COP26, l’UICN met l’accent sur les points suivants en s’appuyant sur les messages clés du Congrès mondial de l’UICN :  1. L’urgence du climat et de la biodiversité sont deux manifestations d’une même crise. L’UICN appelle les Etats à réduire d’urgence les émissions de GES dans tous les secteurs afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5° et à promouvoir les synergies avec les processus internationaux visant à lutter contre le changement climatique et la perte de la biodiversité. Le rapport du GIEC de 2018 indique que pour maintenir un réchauffement planétaire à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels, il faut que les émissions anthropiques nettes mondiales de CO2 diminuent d’environ 45% par rapport aux niveaux de 2010 d’ici à 2030. Or les contributions actuelles des Etats entraineraient des émissions mondiales de GES d’environ 16% en 2030 par rapport aux niveaux de 2010. 2. Les Solutions fondées sur la Nature (SfN) peuvent apporter une contribution essentielle à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique, tout en contribuant à la conservation de la biodiversité. L’UICN demande à toutes les Parties de reconnaître et de soutenir clairement la mise en œuvre renforcée des SfN, y compris par le biais d’un texte de décision officiel lors de la COP26, en se référant au standard mondial de l’UICN. Une étude scientifique récente parue dans Nature (Girardin et al. 2021) estime que les Solutions fondées sur la nature pourraient permettre d’économiser 10 gigatonnes de CO2e par an, soit plus que les émissions de l’ensemble du secteur mondial des transports. 3. L’UICN exhorte les Parties à renforcer l’ambition de leurs contributions nationalement déterminées (CND), de leurs plans d’adaptation nationaux (PNA) et de leurs stratégies à long terme de développement à faible émission (LT-LEDS) dans le cadre de l’Accord de Paris, notamment en y intégrant des solutions fondées sur la nature plus ambitieuses et plus concrètes. 4. L’UICN appelle les Parties à mobiliser des financements accrus, y compris par le biais de mécanismes innovants, afin de permettre la mise en œuvre réussie de solutions fondées sur la nature à grande échelle.  5. L’UICN souligne l’importance de garantir l’intégrité environnementale ainsi que des mesures de protection environnementales et sociales adéquates lors de la définition des règles, modalités, procédures et orientations de l’article 6 de l’Accord de Paris, y compris celles qui pourraient régir l’utilisation future de solutions fondées sur la nature pour atteindre les résultats d’atténuation prévus par cet article. 6. L’UICN se félicite des progrès réalisés dans la préparation du premier inventaire mondial au titre de l’article 14 de l’Accord de Paris et appelle à une prise en compte systématique des solutions fondées sur la nature dans le cadre de ce processus. 7. L’UICN se félicite des progrès réalisés à ce jour dans l’opérationnalisation de la Plateforme des communautés locales et des peuples autochtones (LCIP) de la CCNUCC et souligne la nécessité de convenir d’un nouveau plan de travail triennal lors de la COP26.  8. L’UICN réaffirme son engagement à l’égard du Programme de travail de Lima relatif au genre (LWPG) et de son Plan d’action pour l’égalité entre les sexes (GAP), en notant leur rôle essentiel de facilitateur dans la politique de changement climatique tenant compte du genre, y compris pour l’apprentissage continu et le renforcement des approches du changement climatique tenant compte du genre et du respect des droits. Plus d’informations – Le document de position de l’UICN pour la COP26 détaillé– La COP26 de la CCNUCC– Les Solutions fondées sur la Nature

Journée internationale de la biodiversité : « Nos solutions sont dans la Nature »

A l’occasion de la journée mondiale de la biodiversité 2020, vendredi 22 mai, qui a cette année pour thème « Nos solutions sont dans la nature », le Comité français de l’UICN encourage le développement des Solutions fondées sur la Nature pour répondre à des défis sociétaux tels que le changement climatique, les risques naturels, l’accès à l’eau, la santé, la sécurité alimentaire et le développement socio‑économique tout en préservant la biodiversité. Les chiffres indiquent que les dommages moyens causés par les inondations en France sont évalués entre 650 et 800 millions d’euros et que près de 1 Français sur 4 et 1 emploi sur 3 sont aujourd’hui potentiellement exposés aux inondations. Concernant l’érosion côtière, environ 20 % du trait de côte est en recul et une surface d’environ 30 km² été perdue en 50 ans. « Les dégradations que nous faisons subir à la nature vont engendrer d’autres crises avec des coûts économiques, sociaux et environnementaux importants. C’est le cas des catastrophes naturelles liées au changement climatique, comme les inondations, les sécheresses ou l’érosion de nos côtes. Il faut agir davantage et, pour cela, les solutions sont dans la nature » souligne Sébastien Moncorps, directeur du Comité français de l’UICN. La Nature est pourtant un allié puissant face aux changements climatiques et aux risques naturels. Érosion côtière, inondations, glissements de terrain, canicules en ville… toutes ces catastrophes naturelles amplifiées par le changement climatique peuvent être atténuées par les Solutions fondées sur la Nature (SfN). C’est en effet en restaurant les zones humides que nous limiterons les inondations ou les sécheresses, c’est en reconstituant les dunes que nous maintiendrons la côte sableuse, c’est en créant des espaces verts en ville que nous atténuerons l’effet des canicules, c’est en protégeant les forêts en montagne que nous réduirons les glissements de terrain et c’est en préservant les mangroves et les récifs coralliens que nous lutterons contre les submersions marines. Des écosystèmes préservés continueront en même de temps de jouer leur rôle naturel d’amortisseur climatique en absorbant le CO2 que nous émettons. Ces Solutions Fondées sur la Nature ( SfN) sont à double bénéfice pour le climat et la biodiversité et ont déjà prouvé leur efficacité. > Retrouvez des exemples de projets dans notre communiqué de presse   Plus d’informations – Notre communiqué de presse – La journée mondiale de la diversité biologique 2020 – Les Solutions fondées sur la Nature crédit photo bandeau © SIAVB

Le Calend’art 2020 est disponible en ligne

Le Pôle Relais Zones Humides Tropicales co-piloté par le Comité français de l’UICN a tenu à célébrer une nouvelle fois la richesse et l’importance des zones humides en lançant pour 2020 la 3ème édition de son « Calend’art ». Figurant parmi les milieux les plus productifs de la planète, les zones humides sont vitales, aussi bien pour la survie des nombreuses espèces animales et végétales qui en dépendent, que pour l’avenir de l’humanité de manière générale. Mais aujourd’hui, ces écosystèmes se dégradent rapidement et les espèces qui les peuplent disparaissent à un rythme tout aussi intense. En effet, les zones humides subissent de nombreuses pressions qui perturbent durablement, et souvent de façon irréversible, leur fonctionnement et les services écosystémiques qu’elles nous rendent. Le Calend’Art 2020 Un grand concours dessin sur le thème « Pourquoi les zones humides sont-elles si importantes pour ma communauté et moi même ? ». Il a été lancé en juin 2019 auprès des établissements scolaires du primaire et secondaire, ainsi que du grand public. Tous les enfants des territoires ultramarins, de 6 à 16 ans, ont été invités à participer à celui-ci en envoyant leurs plus beaux dessins. Une forte mobilisation ultramarine ! Mares, étangs, lacs, mangroves, tourbières… Les zones humides sont des écosystèmes riches et diversifiés et nos artistes en herbe ont su, au travers de leurs œuvres, faire honneur à cette diversité. Plus de 470 enfants et adolescents ont joué le jeu et ont pris le temps de représenter sur papier leur définition d’une zone humide. Six territoires ont répondu présent : Mayotte (grande mobilisation de nos amis mahorais avec plus de 200 dessins reçus !), la Guadeloupe, la Polynésie, la Réunion, Saint Barthélemy et la Nouvelle-Calédonie ! La sélection fut extrêmement difficile et toute l’équipe du pôle relais tient à les remercier chaleureusement, ainsi que leurs enseignants, d’avoir pris le temps de réaliser ces œuvres. Nous espérons que ce calendrier, inspiré et réalisé par cette jeune génération des Outre-mer, saura sensibiliser le plus grand nombre à la conservation et à la protection de nos zones humides, patrimoine naturel essentiel à notre avenir ! Ce calendrier a pu être réalisé, édité et envoyé à tous les participants grâce au soutien de l’Office de l’Eau Martinique et de l’Agence Française pour la Biodiversité.   Plus d’informations – Télécharger le Calend’Art 2020 – Contact : Gaëlle Vandersarren, Coordinatrice du pôle, gaelle.vandersarren@uicn.fr / (0590) 590 81 81 29 – Le site internet du Pôle relais zones humides tropicales – Découvrez les éditions 2018 et 2019 du Calend’Art – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN

Plus de la moitié des arbres endémiques d’Europe sont menacés d’extinction

La Liste rouge européenne des arbres a évalué le risque d’extinction des 454 espèces d’arbres indigènes recensées à l’échelle du continent européen. Les résultats de cette étude révèlent près de la moitié de ces espèces (42%) sont menacées d’extinction au niveau régional, et que les plus menacées sont les espèces endémiques (58 % d’entre elles)  c’est-à-dire celles uniquement présentes en Europe. Ce nouveau chapitre de la Liste rouge européenne identifie les espèces invasives et parasites comme la plus grande menace pour les arbres européens. En particulier, les ravageurs et pathogènes (insectes, nématodes, agents microbiens infectieux, bactéries, virus et champignons) causent des déclins majeurs chez certaines de nos espèces d’arbres les plus répandues. Ainsi, l’iconique Marronnier (Aesculus hippocastanum) est évalué Vulnérable (VU) en raison de son déclin causé par la Mineuse du Marronnier, petit papillon qui a envahi toute l’Europe au cours des 30 dernières années depuis sa région d’origine des Balkans. Cette information rejoint une des fortes préoccupations des experts Groupe de travail « Forêt » du Comité français de l’UICN, à l’origine d’une proposition de Motion pour le prochain Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 intitulée « Renforcer la prévention des risques associés aux pathogènes et ravageurs exotiques envahissants des forêts ». Cette motion demande notamment aux Etats d’intégrer ces espèces dans les stratégies de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, de renforcer les actions de prévention et les systèmes de détection précoce et de lutter contre les pratiques de gestion qui peuvent favoriser leur installation et dispersion. Enfin, si les changements climatiques sont identifiés comme une menace potentielle pour toutes les espèces d’arbres en Europe, leurs impacts sont encore souvent incertains et peuvent être fortement sous-estimés. Financée par la Commission européenne depuis 2006, plus de 15 000 espèces ont à ce jour été évaluées sur la liste rouge européenne, notamment l’ensemble des espèces de vertébrés (mammifères, amphibiens, reptiles, oiseaux et poissons), les mollusques d’eau douce, libellules, papillons, abeilles, mollusques terrestres, mollusques terrestres, coléoptères saproxyliques et une sélection d’espèces végétales comprenant fougères, mousses, plantes sauvages apparentées aux plantes cultivées, plantes médicinales et arbres.   Plus d’informations – L’article complet de l’UICN (en anglais) – L’étude complète – Le programme Ecosystèmes du Comité français de l’UICN – La liste rouge des écosystèmes en France

La réponse de l’UICN au rapport Spécial du GIEC sur l’Océan et la Cryosphère dans le contexte des changements climatiques

Les preuves scientifiques selon laquelle les océans du monde se modifient de façon spectaculaire en raison des changements climatiques sont étayées par un rapport publié aujourd’hui par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Ce rapport spécial sur les océans et la cryosphère dans le contexte des changements climatiques (SROCC en anglais) nous plonge au cœur des impacts déjà observés, des risques à venir et des limites quant aux possibilités d’adaptation, mais également des solutions d’adaptation et d’atténuation possibles fondées sur les littoraux et océans. Atteindre les objectifs d’atténuation fixés par l’Accord de Paris sur les changements climatiques et limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale à bien moins de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels est crucial pour prévenir les impacts massifs et irréversibles des changements climatiques sur les écosystèmes côtiers et marins et leurs services. Les Etats sont cependant encore loin de la profonde transformation de la société dont nous avons désespérément besoin pour faire face à ces changements climatiques. Les Solutions fondées sur la nature (SFN) – comme le réaffirme ce rapport du GIEC – restent un outil essentiel pour s’adapter à ces bouleversements dramatiques, tout en contribuant à atténuer les effets des changements climatiques. Le travail de l’UICN avec ses membres et ses partenaires a considérablement amélioré les conditions politiques en faveur des solutions fondées sur la nature et a contribué à leur mise en œuvre aux niveaux national et local dans des zones marines et côtières. « L’ampleur de l’assaut que nous, êtres humains, soumettons à l’océan est vraiment bouleversant. Les changements climatiques déciment toujours plus vite la vie marine et mettent en danger les moyens de subsistance de l’homme et notre propre vie » a déclaré la Directrice générale par intérim de l’UICN, Dr Grethel Aguilar. « La communauté mondiale doit agir de toute urgence pour atténuer et s’adapter à ces changements imminents, en exploitant pleinement le potentiel offert par les solutions fondées sur la nature en parallèle de réductions drastiques des émissions. Une action décisive peut encore porter un frein aux pertes alarmantes auxquelles nous assistons. » Avec l’Initiative sur le carbone bleu, l’UICN contribue à atténuer les changements climatiques en préservant et en restaurant les écosystèmes côtiers et marins. L’initiative continue de faire progresser les connaissances scientifiques sur le principe de carbone bleu et d’accélérer l’action politique, y compris l’intégration dans les Contributions déterminées au niveau national (Nationally Determined Contributions, NDCs) d’actions de gestion des zones côtières. La protection des écosystèmes côtiers, tels que les mangroves, les herbiers marins et les marais littoraux, peut contribuer à la séquestration continue du carbone. Inversement, la destruction de ces écosystèmes contribue aux émissions de carbone. La gestion durable des zones côtières joue également un rôle vital pour l’Adaptation fondée sur les écosystèmes (Ecosystem-based adaptation), par exemple via la conservation des récifs coralliens. Bien que largement reconnu, l’adaptation fondée sur les écosystèmes reste une solution sous-utilisée dans la lutte immédiate contre les changements climatiques, en dépit des avantages supplémentaires pour la société et la biodiversité que cela fournit. La mise en place d’aires marines protégées et d’autres mesures d’adaptation, telles que des limites de capture préventives pour prévenir la surpêche, peuvent aider à protéger les écosystèmes océaniques et à protéger les humains des effets des changements climatiques, notamment le réchauffement, la désoxygénation et l’acidification des océans. Le monde a besoin de toute urgence de nouveaux moyens pour mettre en œuvre et financer de manière durable de telles solutions fondées sur la nature dans les écosystèmes côtiers et marins. C’est pourquoi l’UICN a créé le Mécanisme de financement du capital naturel bleu (Blue Natural Capital Financing Facility) avec le gouvernement luxembourgeois. Ce mécanisme aide les investisseurs à s’impliquer dans la construction d’un avenir durable et résilient au climat, fondé sur l’utilisation durable et la conservation des écosystèmes côtiers et marins. Bien que de nombreux impacts climatiques sur les terres soient bien connus, on en sait relativement peu sur les impacts des changements climatiques sur nos océans, tels que le réchauffement des océans, la désoxygénation et l’acidification, et en particulier sur les écosystèmes des grands fonds marins. L’UICN aide à combler ce manque de connaissance par la recherche, y compris par un prochain rapport sur la désoxygénation des océans qui doit être publié à la COP25 de la CCNUCC, avec le soutien du gouvernement suédois. « Une action globale pour faire face à l’état de l’océan n’a jamais été aussi urgente. Les solutions fondées sur la nature qui s’appuient sur la conservation d’écosystèmes tels que les mangroves et les herbiers ont un rôle beaucoup plus important à jouer dans les efforts d’adaptation et contribuent également à atténuer les changements climatiques », a déclaré Minna Epps, directrice du programme marin et polaire de l’UICN. Mais le message du GIEC est très clair : si les émissions ne sont pas réduites de manière drastique, les océans et leurs écosystèmes ne seront plus les mêmes d’ici la fin de ce siècle. Cela aura des conséquences dramatiques pour les espèces et les écosystèmes, ainsi que pour nous, les êtres humains, dans le monde entier.   Plus d’informations – Le site internet du GIEC – Découvrir le rapport – La recommandation du Comité français de l’UICN demandant ce rapport spécial (Congrès de l’UICN 2016) – Le site internet de la Plateforme Océan Climat (POC) – Océan et Changement Climatique : Les nouveaux défis – publication de la POC – Les Solutions fondées sur la Nature – Le programme Ecosystèmes – Le programme Aires protégées Photo bandeau  © James Eades

Les pays doivent davantage recourir à la nature dans leurs décisions politiques sur le climat

Selon un rapport publié par l’UICN et l’Université d’Oxford, les pays ne tiennent pas pleinement compte du potentiel considérable qu’offrent les écosystèmes tels que les mangroves et les tourbières pour s’attaquer au changement climatique dans le cadre de leurs engagements au titre de l’Accord de Paris. Bien que les deux tiers des signataires de l’Accord de Paris incluent des solutions fondées sur la nature – des actions visant à protéger, restaurer et gérer de manière durable les écosystèmes mondiaux – dans leurs objectifs climatiques nationaux, appelés « contributions déterminées au niveau national » (CDN) en vertu de l’Accord de Paris, ces mesures ne sont pas suffisamment importantes ou rigoureuses, constate le rapport. « Les milieux naturels comme les forêts, les mangroves et les tourbières pourraient nous aider à renforcer considérablement l’ambition climatique mondiale d’ici 2020, tout en protégeant les communautés vulnérables des pires effets du changement climatique et en préservant la forte diversité de la vie sur cette planète », a déclaré la Directrice générale ad interim de l’UICN, Dr Grethel Aguilar. « Cette analyse montre clairement que tous les pays peuvent renforcer leurs objectifs climatiques en incorporant de façon notable les solutions fondées sur la nature. Lors du prochain Sommet de l’ONU sur l’action climatique, les pays ne peuvent se permettre d’ignorer le potentiel de la nature pour aider le monde à atténuer les changements climatiques et à s’y adapter. » Pour que les engagements se traduisent par des changements réels sur le terrain, les pays doivent inclure des objectifs plus concrets et quantifiables sur les solutions fondées sur la nature dans leurs futurs CDN.  Par exemple, à l’heure actuelle, seulement environ 17% des CDN incluant des solutions fondées sur la nature pour l’adaptation au climat, fixent des objectifs quantifiables. De même, plus de 70 % des CDN font référence à la restauration ou à la conservation des forêts, mais seulement 20 % d’entre eux incluent des objectifs quantifiables et seulement 8 % incluent des objectifs exprimés en tonnes d’équivalent CO2.  « Trop souvent, les gens ne pensent qu’aux forêts lorsqu’ils réfléchissent à la façon dont la nature peut aider à faire face au changement climatique. Ce rapport montre que les pays n’intègrent pas encore l’ensemble des solutions fondées sur la nature – mangroves, tourbières, zones arides en plus des forêts – qui pourraient fournir environ un tiers des mesures d’atténuation climatique nécessaires d’ici 2030 pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris », a déclaré le Dr Sandeep Sengupta, Coordinateur mondial sur le changement climatique au siège de l’UICN et co-auteur du rapport. « Il est urgent d’obtenir un financement accru pour les solutions fondées sur la nature. Alors que la crise climatique s’aggrave, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’ignorer l’apport essentiel de la nature. » La plupart des engagements visant à atténuer les changements climatiques par le biais de la nature se concentrent sur les forêts, et le potentiel d’autres écosystèmes tels que les mangroves, les tourbières ou les zones arides est largement sous estimé, a constaté le rapport. Par exemple, seulement 19 % des pays ayant des écosystèmes côtiers reconnaissent le potentiel de ces habitats pour atténuer les changements climatiques dans leurs CDN. « La restauration, la gestion durable et équitable et la conservation des écosystèmes représentent une opportunité majeure pour permettre d’accroître l’ambition climatique de tous les pays », a déclaré Nathalie Seddon, Professeure spécialiste de la biodiversité à l’Université d’Oxford et principal auteur du rapport. « Non seulement la gestion des écosystèmes nous aide à agir sur les causes du changement climatique, mais elle nous aide également à en gérer les conséquences. Cependant, nous avons besoin d’engagements concrets et quantifiables qui mobilisent pleinement les solutions fondées sur la nature, tout en réduisant les émissions dans d’autres secteurs, si nous voulons faire face à l’ampleur du défi climatique auquel nous sommes confrontés. » Le rapport « Les Solutions fondées sur la nature dans les contributions déterminées au niveau national : Synthèse et recommandations pour renforcer l’ambition et l’action climatiques d’ici 2020″ a été publié une semaine avant le Sommet de l’ONU sur l’action climatique à New York. Il fait la synthèse de plusieurs évaluations comparatives majeures sur l’importance de la nature dans les CDN et propose des recommandations pour renforcer l’ambition et l’action d’ici 2020 en  intégrant de manière significative les solutions fondées sur la nature. Les solutions fondées sur la nature ont un rôle important à jouer pour lutter contre les causes et les conséquences du changement climatique. À l’échelle mondiale, les écosystèmes contribuent à ralentir le réchauffement climatique en capturant et en stockant d’importantes quantités de carbone. Des estimations récentes suggèrent que les solutions climatiques naturelles peuvent fournir environ un tiers de l’atténuation climatique nécessaire d’ici 2030 pour stabiliser le réchauffement à moins de 2°C. Elles fournissent également une défense puissante contre les impacts et les dangers à long terme du changement climatique.   Plus d’informations – Le rapport (en anglais) – Les Solutions fondées sur la Nature – Contacts : Matthias Fiechter, IUCN Media Relations, Tel: +41229990392, Email: matthias.fiechter@iucn.org Goska Bonnaveira, IUCN Media Relations, Tel: +41792760185, Email: goska.bonnaveira@iucn.org

Conclusions des Assises de l’eau : les Solutions fondées sur la Nature à l’honneur

Lancée par le Président de la République, portée par le Ministère de la transition écologique et solidaire et le Ministère de l’agriculture et pilotée Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, la seconde séquence des assises de l’eau vient de rendre ses conclusions. Cette large concertation a permis de faire émerger 23 mesures de gestion de l’eau dans le contexte du dérèglement climatique. Le Ministre de la transition écologique et solidaire a insisté sur l’importance de « lutter contre les causes du dérèglement climatique, mais aussi lutter contre ses conséquences déjà visibles et travailler dès maintenant à l’adaptation de notre pays à ces nouvelles contraintes ». Il a également souligné que « ce changement de modèle demande de s’orienter sur des Solutions fondées sur la Nature, qui s’appuient sur les écosystèmes pour relever les défis globaux de la lutte contre les changements climatiques ». Les échanges et débats qui ont eu lieu à l’occasion de ces assises ont été menés au sein de 4 groupes de travail dont un dédié aux Solutions fondées sur la Nature, présidé par le Comité français de l’UICN, représenté par Pauline Teillac-Deschamps. Les conclusions de ce groupe de travail ont souligné la nécessaire concertation et gouvernance partagée pour la mise en œuvre de telles solutions, le besoin d’une ingénierie financière innovante et d’une approche foncière intégrée, l’appui sur des réglementations existantes ou à créer, ainsi que le besoin de communication et de renforcement des connaissances au service de l’action. Le pacte issu de cette seconde phase des assises distingue trois objectifs principaux : protéger les captages d’eau potable pour permettre garantir une eau de qualité à la source, économiser l’eau pour préserver cette ressource vitale et préserver nos rivières et nos milieux humides. Le troisième objectif met la préservation des écosystèmes à l’honneur autour de 4 actions suivantes : Action 9 : Restaurer 25 000 km de cours d’eau d’ici 2022 grâce à un plan national de revitalisation des rivières et au soutien financier des Agences de l’eau. Les cours d’eau les plus sensibles seront préservés de toute artificialisation. Action 10 : Doubler la superficie des aires protégées contenant des milieux humides d’ici 2030. Action 11 : Renforcer l’utilisation des solutions fondées sur la nature, c’est-à-dire les solutions qui s’appuient sur la préservation et la restauration d’écosystèmes en bon état pour répondre à un enjeu de société. Pour atteindre cet objectif, un pôle d’animation sera créé dès 2021 autour du futur Office français de la biodiversité et les organismes publics de recherche développeront des programmes de recherche et développement sur ces thématiques. Action 12 : Simplifier les procédures administratives pour les projets de restauration des cours d’eau afin de faciliter ces opérations favorables à la préservation de notre biodiversité. Le Comité français de l’UICN salue l’exercice de concertation d’écoute de ces Assises de l’eau et reste mobilisé pour le suivi de la mise en œuvre à la fois des actions prévues, et notamment la question des financements et de la stratégie foncière intégrée, indispensables au déploiement à large échelle des Solutions fondées sur la Nature.   Plus d’informations – Le Dossier de presse sur la seconde séquence des Assises de l’Eau avec les 23 mesures – Les Solutions fondées sur la Nature – Le Programme Ecosystèmes de l’UICN France Photo bandeau © Jeanne Menjoulet on Foter.com / CC BY-ND

Evaluer l’état de la biodiversité à l’échelle des écosystèmes en France

Le Comité français de l’UICN publie la présentation de la Liste rouge de écosystèmes de l’UICN, nouvel outil d’évaluation de l’état de la biodiversité à l’échelle des écosystèmes et sa mise en œuvre en France. Cette brochure revient sur le déclin global de la biodiversité et la nécessité de développer des approches écosystémiques pour évaluer et suivre l’évolution de son état de santé. Ce document présente les enjeux et principes méthodologiques de cet outil d’évaluation des écosystèmes, ainsi qu’un état des lieux de son développement en France et au niveau mondial.   Pourquoi et comment évaluer les écosystèmes ? Comme de nombreuses publications scientifiques le confirment, et en particulier le rapport de l’IPBES publié en mai 2019, la biodiversité mondiale décline à un rythme sans précédent. Ce déclin est la conséquence directe des activités humaines et notamment des changements d’usage des terres et de la mer et de l’exploitation des ressources naturelles. Le constat alarmant de l’augmentation continue du nombre d’espèces menacées s’accompagne désormais de preuves de l’altération profonde du fonctionnement même des écosystèmes, remettant en cause à la fois les équilibres écologiques nécessaires au maintien de la vie sur terre mais aussi notre économie, nos moyens de subsistance, notre sécurité alimentaire ou encore notre santé et notre qualité de vie. Le déclin avéré des espèces a notamment été établi grâce aux évaluations de leur risque d’extinction, menées depuis plus de 50 ans par l’UICN avec le déploiement de la Liste rouge des espèces menacées. Depuis 2014, l’UICN s’est doté d’un outil similaire d’évaluation de l’état de la biodiversité à l’échelle des écosystèmes : la Liste rouge des écosystèmes. Ce nouveau standard mondial introduit le concept de risque d’effondrement d’un écosystème, analogue à celui de risque d’extinction d’une espèce. Cette méthodologie comporte 5 critères scientifiques, chacun doté des seuils quantitatifs, qui permettent de caractériser la vulnérabilité des écosystèmes en calculant de manière standardisée l’intensité des modifications de leur composition et des processus clefs dans leur fonctionnement. La Liste rouge des écosystèmes de l’UICN s’inscrit en complément de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN et utilise le même système de classification en 8 catégories, pour évaluer l’état de la biodiversité et orienter les mesures de protection. La Liste rouge des écosystèmes dans le monde et sa déclinaison en France La base de données mondiale de l’UICN (iucnrle.org) recense différents types d’évaluations réalisées de par le monde : des évaluations d’écosystèmes uniques au monde, des évaluations thématiques focalisées sur une région et un type d’écosystèmes, ainsi que des évaluations systématiques où l’ensemble des écosystèmes sont évalués sur un territoire administratif (Etat, continent, etc.) ou biogéographique.   L’élaboration de la Liste rouge des écosystèmes en France est pilotée par le Comité français de l’UICN, en partenariat avec l’UMS PatriNat (OFB-MNHN-CNRS). Cette démarche collaborative repose, pour chacun des chapitres, sur la constitution d’un comité d’experts associant les membres et experts de l’UICN ainsi que de nombreuses organisations scientifiques et techniques. Deux chapitres ont été publiés jusqu’à présent (les mangroves de Mayotte, les forêts méditerranéennes de France métropolitaine) et le travail se poursuit, en particulier pour l’évaluation des forêts, des littoraux de France métropolitaine et des mangroves des Outre-mer français. Les résultats des évaluations sont intégrés à l’Inventaire National du Patrimoine Naturel.   PLUS D’INFORMATIONS – Téléchargez la brochure de présentation (UICN France, 2019. La Liste Rouge des Écosystèmes en France – Enjeux, méthodologie et objectifs. Paris, France)– Contacts : Alix Sauve, Chargée de mission « Liste rouge des écosystèmes »Clémentine Azam, Chargée du programme « Ecosystèmes »– La Liste rouge des écosystèmes en France– Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) : Présentation de la démarche et résultats

Guide technique sur la restauration de mangrove : se fonder sur les meilleures pratiques pour ne pas se « planter » !

Le Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT) co-animé par le Comité français de l’UICN, est heureux de vous présenter son Guide technique pour la restauration de mangrove, résultat d’un travail de fond de plus de 2 ans qui a permis d’examiner et de retransmettre les meilleures pratiques au niveau international, pour mener un chantier de restauration écologique réussi. Ce guide, qui se veut le plus pratique et facile possible, peut être utilisé par quiconque souhaite se lancer dans un projet de restauration en mangrove : gestionnaire, collectivité, association… sans oublier bien sûr de se mettre d’abord en lien avec le Conservatoire du Littoral pour les territoires où il est présent et propriétaire de terrains où se situent les mangroves ! Le guide donne les clés pour identifier les différents paramètres à considérer afin de s’orienter vers l’une des deux alternatives possibles : – La restauration par colonisation naturelle (restauration du terrain, notamment des flux hydrauliques) préconisée comme approche à privilégier dans tous les cas et, – La plantation, qui peut être envisagée si la colonisation naturelle n’est pas possible (sites isolés de sources potentielles de semences par exemple) et si les conditions le permettent, parfois en complément d’autres actions de restauration de site (nettoyage, dépollution, retrait des remblais etc…). Le guide a pour vocation d’orienter vers une restauration efficace et durable, avec pour résultat le rétablissement d’une forêt de mangrove écologiquement fonctionnelle et autosuffisante. En effet, les mangroves étant soumises à de fortes pressions anthropiques (la pollution, les remblais, l’artificialisation des sols et l’urbanisation par exemple), les opération de restauration sont de plus en plus fréquentes, et ce, sur l’ensemble des territoires d’Outre-mer, souvent par le biais de chantiers de plantations qui ne sont pas toujours concluants dans la durée. En complément de ce guide, le Pôle-relais prévoit d’organiser des journées d’échange technique pour les acteurs des Antilles et de Mayotte afin d’accompagner au plus près les gestionnaires dans leurs initiatives. Plus d’informations – Pour obtenir une copie papier du guide, contactez pole-tropical@uicn.fr – Découvrir le guide technique sur la restauration de mangrove – Le Pôle-relais zones humides tropicales – Accéder au site internet du PRZHT Photo bandeau  © Maxwell Ridgeway on Unsplash