Mise à jour de la Liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN
Quatre grands singes sur six sont à un pas de l’extinction, selon la Liste rouge de l’UICN Honolulu, Hawai’i, 4 septembre 2016 (UICN) – Le plus grand primate vivant, le Gorille de l’Est, est classé En danger critique d’extinction en raison de la chasse illégale, d’après la plus récente mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™, rendue publique à l’occasion du Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui se tient en ce moment à Hawaï. Quatre espèces de grands singes sur six sont maintenant En danger critique d’extinction – donc à un pas de la disparition – et une forte menace d’extinction pèse également sur les deux autres espèces. Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN fait aussi état du déclin du Zèbre des plaines suite à la chasse illégale, et du danger croissant d’extinction subi par la flore d’Hawai’i en raison des espèces envahissantes. Sur les 415 espèces végétales endémiques d’Hawai’i évaluées pour cette publication, 38 sont éteintes et quatre autres espèces sont classées dans la catégorie Éteint à l’état sauvage, c’est-à-dire qu’on ne les trouve qu’en culture. La Liste rouge comporte maintenant 82 954 espèces, dont 23 928 sont menacées d’extinction Mammifères menacés par la chasse illégale Le Gorille de l’Est (Gorilla beringei) passe de la catégorie En danger à En danger critique d’extinction, suite à un déclin catastrophique de sa population, réduite de plus de 70% en 20 ans. Elle est actuellement estimée à moins de 5000 individus. Le Gorille de Grauer ou Gorille des plaines orientales (G. b. graueri), l’une des deux sous-espèces du Gorille de l’Est, qui comptait 16 900 individus en 1994, a perdu 77% de sa population depuis ; elle était ramenée à 3800 individus en 2015. Il est illégal de tuer ou de capturer des grands singes ; cependant la chasse représente le danger le plus grave pour les gorilles des plaines orientales. La seconde sous-espèce du Gorille de l’Est, le Gorille de montagne (G. b. beringei) se porte mieux ; ses effectifs ont augmenté et comptent près de 880 individus. Quatre grands singes sur six (le Gorille de l’Est, le Gorille de l’Ouest, l’Orang-outan de Bornéo et l’Orang-outan de Sumatra) sont maintenant classés En danger critique d’extinction, tandis que le Chimpanzé et le Bonobo sont classés En danger. « Voir glisser vers l’extinction le Gorille de l’Est, qui nous est étroitement apparenté, est vraiment consternant », dit Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Nous vivons une époque de mutations extrêmes et chaque mise à jour de la Liste rouge de l’UICN nous montre que la crise mondiale de l’extinction avance très vite. Les mesures de conservation donnent des résultats, nous en avons chaque jour plus de preuves. Nous devons redoubler d’efforts pour inverser la tendance et sauvegarder l’avenir de notre planète. » Le Zèbre des plaines (Equus quagga), autrefois abondant et répandu, passe de la catégorie Préoccupation mineure à Quasi menacé. Réduite de 24% depuis 14 ans, sa population, qui comptait près de 660 000 individus, dépasse à peine les 500 000 selon les estimations actuelles. Dans de nombreux pays, l’espèce n’est présente que dans les aires protégées ; cependant, une réduction des effectifs a été constatée dans 10 des 17 pays de l’aire de répartition depuis 1992. Le Zèbre des plaines est menacé par la chasse, pour la viande de brousse et les peaux, en particulier quand les animaux sortent des aires protégées. Trois espèces d’antilopes d’Afrique, le Céphalophe à bande dorsale (Cephalophus dorsalis), le Céphalophe à ventre blanc (Cephalophus leucogaster) et le Céphalophe à dos jaune (Cephalophus silvicultor) passent de la catégorie Préoccupation mineure à Quasi menacé. Si les populations de ces espèces se trouvant à l’intérieur d’aires protégées sont relativement stables, ailleurs elles déclinent en raison de la persistance de la chasse illégale et de la destruction de leurs habitats. « La chasse illégale et la destruction des habitats restent des menaces majeures qui poussent vers l’extinction de nombreuses espèces de mammifères», dit Carlo Rondinini, chargé de la coordination de l’évaluation des mammifères à l’Université La Sapienza de Rome. « Nous avons maintenant réévalué la moitié de tous les mammifères. Quelques réussites sont certes à célébrer, mais ces nouvelles données doivent nous guider pour la conservation des espèces qui restent menacées. » La flore d’Hawai’i menacée par les espèces envahissantes Des espèces envahissantes (porcs, chèvres, limaces, goyaves…) sont en train de détruire la flore naturelle d’Hawai’i. Les données les plus récentes montrent que 87% des espèces de flore endémique d’Hawai’i évaluées jusqu’à présent pour la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN (sur près de 1093 espèces de plantes endémiques) sont menacées d’extinction, dont le magnifique ‘Ohe kiko’ola (Polyscias waimeae) (En danger), un arbre à fleurs présent uniquement sur l’île de Kauai. 38 espèces sont classées Éteintes, dont l’arbuste ‘Oha Wai (Cyanea eleeleensis) et Hibiscadelphus woodii. Quatre espèces sont classées dans la catégorie Éteint à l’état sauvage, dont Cyanea superba, vue pour la dernière fois à l’état sauvage en 2003. Les espèces envahissantes représentent la menace principale pour toutes ces espèces ; il s’agit souvent de plus d’une espèce envahissante. Les espèces non encore évaluées seront probablement aussi très menacées. « Hawaiʻi est un échantillon de la nature sous son meilleur jour, avec des exemples spectaculaires d’évolution, mais son avenir est incertain en raison de l’impact des espèces envahissantes, ce qui montre comment des actions humaines peu judicieuses peuvent faire que la nature se tourne contre elle-même », explique Matt Keir, membre du Groupe de spécialistes de la flore d’ Hawaiʻi de la CSE de l’UICN. « Ce qui se passe à Hawaiʻi permet de prédire ce qui se passera dans d’autres îles ou systèmes écologiques confinés. Hawaiʻi et d’autres nations doivent prendre des mesures urgentes pour arrêter la propagation des espèces envahissantes et protéger les espèces ayant des populations peu nombreuses. » Cyanea remyi, une plante à fleurs appelée haha en hawaïen, est l’une des 105 espèces de plantes de Hawai’i extrêmement rares
Le monde protège désormais près de 15% de ses terres
Le monde protège désormais près de 15% de ses terres, mais des zones cruciales pour la biodiversité restent oubliées Près de 15% des terres de notre planète et 10% de ses eaux territoriales sont couvertes par des parcs nationaux et autres aires protégées. La couverture des aires marines protégées a augmenté de presque 300% au cours des dix dernières années. Cependant, dans le monde, huit zones clés pour la biodiversité sur dix ne bénéficient pas d’une protection complète. Avec 14,7% des terres et 10% des eaux territoriales protégées, le monde est en bonne voie pour réaliser un objectif majeur de la conservation mondiale, selon un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), lancé le 3 septembre au Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se déroule actuellement à Hawai’i. Cependant, le rapport Planète protégée 2016 souligne également que des zones cruciales pour la biodiversité sont oubliées, des espèces et habitats essentiels sont sous-représentés, et l’efficacité des aires protégées est limitée par une gestion inadéquate. « Les avancées énormes que nous avons faites ces dix dernières années en termes de nombre et de taille des aires protégées doivent aller de pair avec des améliorations de leur qualité », souligne le Directeur du PNUE, Erik Solheim. « Le monde doit faire plus pour protéger efficacement nos espaces biologiques les plus divers. Les aires protégées doivent être mieux connectées, afin de permettre aux populations animales et végétales de se mélanger et s’épanouir. Il est également important de veiller à ce que les communautés locales soient impliquées dans les efforts de protection. Leur soutien est fondamental pour la conservation à long terme. » « Aujourd’hui, le monde fait face à des défis environnementaux et sociétaux de taille, comme les changements climatiques, la sécurité hydrique et alimentaire » affirme la Directrice générale de l’UICN, Inger Andersen. « Les aires protégées jouent un rôle essentiel dans la conservation d’espèces et d’écosystèmes qui nous aident à lutter contre ces problèmes. Il est donc crucial de garantir leur cartographie soigneuse et leur gestion efficace si nous voulons continuer à prospérer sur notre planète. » Selon les scientifiques du Centre mondial de surveillance de la conservation de l’UICN et du PNUE, il existe aujourd’hui 202 467 aires protégées qui couvrent presque 20 millions de kilomètres carrés, soit 14,7% des terres du monde, Antarctique exclue. Nous sommes donc un peu en dessous de l’objectif de 17% établi pour 2020 par la Convention sur la diversité biologique dans le cadre des Objectifs d’Aichi pour la biodiversité. La couverture terrestre des aires protégées a diminué de 0,7% depuis le dernier rapport Planète protégée. Cependant, les scientifiques attribuent davantage ce déclin aux flux dans les données – modifications de frontières, suppression de certains grands sites de la Base de données mondiale sur les aires protégées, amélioration de la qualité des données – plutôt qu’à une diminution réelle dans la couverture sur le terrain. Les pays d’Amérique latine et des Caraïbes sont ceux qui protègent la plus grande part de leurs terres, avec presque 5 millions de kilomètres carrés au total. Le Brésil compte pour environ la moitié, et peut s’enorgueillir de posséder le plus grand système d’aires protégées terrestres au monde, avec 2,47 millions de kms². Le Moyen-Orient a le taux de protection terrestre le moins élevé, à environ 3%, ce qui équivaut à environ 119 000 kilomètres carrés. La décennie passée a été témoin de progrès remarquables dans la protection des océans du monde. La taille des aires marines protégées a augmenté, passant d’un peu plus de 4 millions de kms² en 2006 à près de 15 millions de kms² aujourd’hui, soit 4% des océans de notre planète, une zone équivalente à la taille de la Russie. Mais malgré cette augmentation, il reste encore beaucoup à faire pour améliorer la qualité des aires protégées. Zones d’importance pour la biodiversité Actuellement, moins de 20% des Zones clés pour la biodiversité du monde sont entièrement couvertes par des aires protégées. Manque de gestion efficace Moins de 20% des pays ont rempli leurs engagements pour évaluer la gestion de leurs aires protégées, ce qui soulève des questions quant à la qualité et l’efficacité des mesures existantes en faveur de la conservation. Les aires protégées sont fondamentales pour le développement durable Le rapport recommande d’investir dans les aires protégées pour renforcer la gestion durable de la pêche, contrôler les espèces envahissantes, s’adapter aux changements climatiques et réduire les incitations préjudiciables, comme les subventions, qui menacent la biodiversité. L’adoption de ces recommandations aiderait à mettre un terme à l’appauvrissement de la biodiversité, améliorerait la sécurité hydrique et alimentaire, permettrait aux communautés humaines vulnérables de mieux lutter contre les catastrophes naturelles et conserverait les connaissances traditionnelles. Consultez le rapport (en anglais)
Extension du Papahānaumokuākea Marine National Monument
Annonces lors de la Cérémonie d’ouverture du Congrès mondial de la nature Lors de la cérémonie d’ouverture, le gouverneur d’Hawaï David Ige a dévoilé de nouveaux projets à l’échelle de l’Etat pour redoubler d’effort sur l’usage des énergies renouvelables et la protection des océans, tout en respectant les droits des indigènes. Il s’agit de « gérer efficacement 30% des eaux côtières d’Hawaï d’ici à 2030 », y compris les précieux récifs de coraux, à la base de l’industrie touristique pesant près de 360 millions de dollars par an, a déclaré le gouverneur. Il s’est engagé à doubler la production de nourriture sur le territoire hawaïen d’ici à 2020. « Comme le canoë de voyage hawaïen, nous sommes un seul canoë, une seule île, une seule terre. Nous ne pouvons pas nous permettre de tout gâcher », a-t-il ajouté. LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET L’ATTÉNUATION DE LEURS EFFETS Le président américain Barack Obama s’est rendu à Hawaï durant le congrès, s’entretenant avec des responsables du Pacifique peu après son arrivée sur l’île. Barack Obama a appelé à l’unité dans le combat contre le réchauffement climatique, alors que les nations insulaires sont menacées par la montée des eaux. « Des pays comme les vôtres ressentent évidemment une urgence particulière à ce sujet », a-t-il affirmé. « Les plus gros émetteurs (de gaz polluants ndlr), comme mon pays ou la Chine, ont une responsabilité spéciale, de s’assurer que les pays qui sont volontaires pour jouer un rôle surmontent la phase difficile de développement, pour arriver vers une stratégie énergétique propre. » LA CONSERVATION DES OCÉANS Barack Obama a rappelé que les Etats-Unis, le Canada et le Mexique se sont engagés à tirer 50% de leur électricité à partir d’énergies propres d’ici à 2025. Plus tard dans la journée, Barack Obama s’est envolé vers les îles Midway, à l’extrême nord-ouest de l’archipel de Hawaï. L’atoll est au cœur de la réserve marine Papahanaumokuakea, dont M. Obama a annoncé le quadruplement de la surface protégée pour en faire la plus grande réserve marine au monde. LE TRAFIC D’ESPÈCES SAUVAGES Le congrès mondial de la nature rassemble des responsables de la protection de l’environnement, afin de débattre notamment de braconnage illégal, trafic d’ivoire et agriculture durable. Le forum fournira le 4 septembre une mise à jour de la Liste Rouge de l’IUCN, qui répertorie les espèces menacées ou en voie d’extinction, et évalue leur risque de disparition. La ministre américaine des Affaires intérieures et des Ressources naturelles, Sally Jewell, a appelé à la mobilisation contre le « fléau » du trafic animalier : « Les Etats-Unis font partie du problème. Nous devons faire partie de la solution. » Le congrès mondial de la nature est vu comme une occasion de trouver un terrain d’entente sur des décisions difficiles et pour jeter les bases des futures conférences, dont la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), qui doit se tenir mi-septembre à Johannesburg en Afrique du Sud. Lors du Congrès, environ 1300 organisations Membres de l’UICN – dont les organisations gouvernementales et de la société civile de 160 pays les plus influentes – décideront collectivement des mesures à prendre pour apporter une solution aux défis les plus pressants et souvent controversés de la conservation et du développement durable. Une centaine de motions devraient être adoptées par ce parlement environnemental mondial unique de gouvernements et d’ONG, lesquelles deviendront alors des Résolutions ou des Recommandations de l’UICN, appelant les tiers à agir.
Congrès mondial de la nature de l’UICN 1-10 septembre 2016
Le Congrès mondial de la nature de l’UICN déterminera la voie à suivre pour la conservation de la nature à l’échelle mondiale Plus de 8300 délégués originaires de 184 pays, y compris des chefs d’Etats et autres responsables gouvernementaux de haut-niveau provenant de diverses organisations, sont attendus au Congrès de l’UICN. Le thème du Congrès de l’UICN est « La planète à la croisée des chemins », soulignant ainsi que la conservation de la nature et le progrès humain ne sont pas un jeu à somme nulle. Des choix crédibles et accessibles existent, capables de promouvoir le bien-être général tout en soutenant et en améliorant les biens naturels de notre planète. C’est la première fois que le Congrès de l’UICN sera accueilli par les Etats-Unis, Honolulu, Hawai’i, où résident plus de 100 organisations Membres de l’UICN. Des questions essentielles seront débattues au Congrès : le trafic d’espèces sauvages la conservation des océans les solutions fondées sur la nature pour l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de leurs effets l’investissement privé dans la conservation Annonces médias lors du Congrès Mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacéesTM – La Liste rouge de l’UICN est la source d’informations la plus complète au monde sur le statut de la conservation des espèces de plantes, d’animaux et de champignons dans le monde. Chaque mise à jour de la Liste rouge de l’UICN révèle de nouvelles informations sur le statut des espèces évaluées (4 septembre) Rapport : Le réchauffement des océans – Lancement du rapport sur le réchauffement des océans, comprenant l’analyse la plus récente et complète des connaissances sur le réchauffement des océans et de ses conséquences sur la biodiversité, les services écosystémiques et les humains (5 septembre). Annonce sur les nouveaux Points d’espoir des océans (9 septembre) Cliquez ici pour voir la liste la plus récente des conférences de presse prévues EN SAVOIR PLUS Site internet du Congrès mondial de la nature de l’UICN Le congrès mondial de la nature et l’UICN France La liste des événements organisés ou co-organisés par le Comité français de l’UICN pour la partie « Forum » Flyer général sur le Comité français de l’UICN : français et anglais Flyer sur la « Liste rouge des écosystèmes en France » : anglais Flyer sur « Les solutions fondées sur la nature pour lutter contre les changements climatiques » : anglais Plaquette sur « Les solutions fondées sur la nature pour lutter contre les changements climatiques » : français et anglais Plaquette sur « Les 10 ans du PPI » : français et anglais
Lancement de l’appel à reconnaissance SNB 2016
L’appel à reconnaissance de projets pour 2016 dans le cadre de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité a été lancé le 2 août 2016 par Barbara Pompili, Secrétaire d’État chargée de la Biodiversité. L’UICN France soutient la poursuite de cette mobilisation des acteurs en faveur de la biodiversité. La préservation et la reconquête de la biodiversité constituent des enjeux planétaires, auxquels chacun doit contribuer. La France a ainsi souscrit aux objectifs de la Convention internationale sur la diversité biologique, qu’elle a retranscrite dans sa Stratégie Nationale pour la Biodiversité 2011-2020. Cette mobilisation en faveur de la biodiversité doit également être celle de toute la société. C’est pourquoi Barbara Pompili appelle collectivités, entreprises, associations, fédérations professionnelles,… à s’engager et à faire connaître leurs projets en faveur de la biodiversité. Les engagements qui participeront à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de la Biodiversité seront reconnus et mis en valeur. Les projets déposés lors des appels à reconnaissance des années précédentes témoignaient d’une grande capacité d’innovation des acteurs, ainsi que d’une volonté de toutes et tous de participer à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité et de ses priorités. Au lendemain du vote définitif de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, qui inscrit la Stratégie Nationale pour la Biodiversité dans le Code de l’environnement, un nouvel appel à projets pour l’année 2016 a été lancé. De nombreux acteurs se sont déjà engagés et ont été reconnus comme l’UICN France, plusieurs de ses membres et entreprises partenaires. La mise en œuvre de la SNB reposant sur une implication de tous les acteurs, l’UICN France les invite ainsi à proposer des engagements volontaires constitué d’actions significatives, cohérentes, proportionnées et additionnelles. Les candidats sont invités à remettre leur projet avant le 30 septembre 2016. Seront distinguées les meilleures initiatives en faveur de la biodiversité à l’automne 2016. Pour en savoir plus Lire le communiqué de presse ministériel : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Barbara-Pompili-lance-l-appel-a.html S’engager dans la mise en œuvre de la stratégie http://www.developpement-durable.gouv.fr/Comment-agir-avec-la-strategie
Nouvelle loi pour la biodiversité

L’UICN France salue l’adoption de la nouvelle loi pour la biodiversité et demande la mise en œuvre rapide de ses dispositions Le Comité français de l’UICN – Union internationale pour la conservation de la nature – salue l’adoption, mercredi 20 juillet 2016, de la loi pour la « reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages ». Cette loi marque, depuis l’adoption de la loi de 1976 sur la protection de la nature et à la veille du Congrès mondial de la nature organisé par l’UICN en septembre 2016 aux USA, une nouvelle étape de l’engagement de la France pour la biodiversité. Ses dispositions doivent maintenant être rapidement mises en œuvre, avec les moyens nécessaires et en mobilisant les différents acteurs. Annoncé en 2012 par le Président de la République lors de la première conférence environnementale, l’élaboration de la loi a été longue (présentée en Conseil des ministres en mars 2014, elle a fait l’objet de navettes parlementaires durant plus de 27 mois) et parfois difficile (plusieurs dispositions ont été contestées et amoindries ou rejetées). L’UICN France, grâce à son réseau de 56 organismes membres et 250 experts, a contribué activement depuis le début, à l’amélioration de cette loi avec des propositions à chaque étape des lectures parlementaires. La plupart de ses contributions ont été finalement adoptées. Constituée de 174 articles, cette loi est une avancée qui affirme des grands principes pour préserver la biodiversité et la restaurer, renouvelle et simplifie lagouvernance des politiques en faveur de la biodiversité, crée l’Agence française pour la biodiversité, transpose en droit français le protocole de Nagoya, crée ou modernise des outils de protection des espaces naturels et des espèces sauvages et enfin offre une meilleure prise en compte des paysages. Pour l’UICN France, les principales avancées importantes à retenir sont les suivantes : • la consolidation du principe fondamental Eviter > Réduire > Compenser (ERC) avec l’objectif de non perte nette et si possible de gain pour la biodiversité ainsi que la prise en compte des cas d’absence de faisabilité de la compensation. • l’introduction du principe de solidarité écologique, complémentaire aux principes de précaution, d’action préventive, de pollueur-payeur, d’accès aux données environnementales et de participation. • l’intégration du principe de non-régression du droit de l’environnement dans le code de l’environnement, selon lequel la protection de l’environnement ne peut faire l’objet que d’une amélioration constante. • l’intégration de la réparation du préjudice écologique dans le code civil, en veillant à une réparation en nature. • le renforcement des plans d’actions pour les espèces endémiques identifiées comme « en danger critique » et « en danger » dans la Liste rouge nationale des espèces menacées, établie selon les critères de l’UICN, à élaborer avant le 1er janvier 2020. • la consécration juridique de la stratégie nationale pour la biodiversité et des stratégies régionales pour la biodiversité, élaborées et mises en œuvre en concertation avec les collectivités, les acteurs socio-économiques, la communauté scientifique et les associations de protection de l’environnement. • la création du Comité national de la biodiversité (instance consultative sociétale) et la consécration du Conseil national de protection de la nature (instance consultative scientifique). • un cadre juridique clair pour l’accès aux ressources génétiques et le partage des bénéfices tirés de l’exploitation économique des ressources génétiques, afin notamment de lutter contre la bio-piraterie. • la consécration législative des réserves de biosphère et des sites Ramsar. • un nouveau cadre pour la mise en œuvre des mesures compensatoires. • la création des obligations réelles environnementales, outil contractuel pour l’engagement des propriétaires privés en faveur de la biodiversité. • la création des zones prioritaires pour la biodiversité qui doivent favoriser la restauration de l’habitat dégradé d’espèces protégées. • la possibilité pour les collectivités locales de créer des espaces de continuité écologique (TVB) au sein des Plans Locaux d’Urbanisme. • la création des zones de conservation halieutiques qui permettront la réglementation de toutes les activités susceptibles de porter atteinte aux objectifs de conservation ou de restauration de ces espaces maritimes. • l’extension des réserves naturelles aux 200 milles nautiques (jusqu’au plateau continental), qui est un ajout fondamental pour la protection des écosystèmes marins. • la compensation de l’exonération de la TFPNB par l’Etat dans les sites Natura 2000 lorsque le montant est supérieur à 10% du budget de la collectivité. • l’interdiction à partir du 1er septembre 2018 les produits phytosanitaires contenant des substances actives de la famille des néonicotinoïdes. • le renforcement des sanctions en matière d’environnement avec une augmentation du montant des amendes et du quantum des peines à deux ans visant à lutter contre le trafic d’espèces protégées. • l’inscription des réserves biologiques forestières dans le code forestier. Maintenant que la loi est adoptée, l’UICN France demande à ce que l’ensemble de ces dispositions soient rapidement mises en œuvre, en publiant les différents décrets d’application, en octroyant les moyens humains et financiers nécessaires, et en mobilisant tous les acteurs concernés. Cette mise en œuvre rapide est importante pour poursuivre les efforts de la France vers l’atteinte des objectifs d’Aichi de la Convention sur la diversité biologique en 2020. CONTACTS PRESSE Sébastien Moncorps – Directeur – sebastien.moncorps@uicn.fr Florence Clap – Chargée de programme « Politiques de la biodiversité » –florence.clap@uicn.fr +33 1 47 07 78 58
L’UICN endeuillée par la disparition de Luc Hoffmann
L’UICN est profondément attristée par le décès du Dr Luc Hoffmann – un écologiste de premier plan, philanthrope et vice-président de l’UICN de 1960 à 1969 Le Dr Hoffmann est décédé jeudi 21 juillet 2016 à l’âge de 93 ans. « Nous avons perdu un héros et un pionnier » a déclaré la Directrice générale de l’UICN, Inger Andersen. « Luc Hoffmann était un homme extraordinaire dont le dévouement à la conservation de la nature a été une source d’inspiration pour beaucoup, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la communauté de la conservation de la nature. Il est en grande partie responsable de la structuration du mouvement de la conservation tel qu’il existe aujourd’hui « . Zoologiste et ornithologiste passionné, le Dr Hoffmann est l’auteur de plus de 60 publications sur les oiseaux, les zones humides et la conservation. Il a contribué à la création du WWF et de la Convention de Ramsar. En 1994, il a créé la fondation MAVA pour la protection de la nature qui a été d’un soutien précieux pour l’UICN et ses travaux. Tout au long de sa vie, le Dr Hoffmann a reçu de nombreuses distinctions et prix internationaux, dont la Légion d’honneur de la République française et le prix de la Fondation du Prince Albert II de Monaco pour la conservation de la biodiversité. Pour honorer son rôle de pionnier dans la conservation de la nature, la Commission de gestion des écosystèmes de l’UICN a créé le Prix Luc Hoffmann, pour récompenser les personnes qui ont apporté une contribution exceptionnelle à la préservation des écosystèmes. De même, le WWF et la Fondation MAVA ont créé l’Institut Luc Hoffmann en 2012. Grâce à sa passion et son engagement pour la sauvegarde du monde naturel, le Dr Hoffmann a eu un rôle essentiel dans la sensibilisation à la conservation de la nature pour la promouvoir comme la clé d’un avenir durable. Son leadership visionnaire et sa contribution au mouvement mondial de la conservation de la nature continueront d’influencer et d’inspirer les générations futures.
L’UICN France et L’OCCITANE en Provence s’associent
L’UICN France et L’OCCITANE en Provence s’associent pour la préservation de la biodiversité L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) – France et les Laboratoires M&L, société française du groupe L’OCCITANE ont signé le mercredi 29 juin 2016, une convention de partenariat de trois ans en faveur de la biodiversité. Elle a pour but de renforcer la mobilisation de l’entreprise sur cet enjeu environnemental majeur et la conservation des écosystèmes en Méditerranée. A horizon 2018, ce partenariat contribuera à la réalisation de la liste rouge des écosystèmes méditerranéens de France métropolitaine, et permettra au groupe L’OCCITANE de se doter d’une stratégie et d’un plan d’actions ambitieux en faveur de la biodiversité. Particulièrement investi dans la préservation du patrimoine naturel méditerranéen, L’OCCITANE en Provence participera au projet de l’UICN France de réaliser d’ici 2018 les listes rouges des forêts et littoraux méditerranéens menacés. En dressant cet état des lieux solide, ce projet apportera des connaissances sur les milieux naturels les plus sensibles, favorisera la sensibilisation et guidera la mise en place d’actions de sauvegarde de la biodiversité par les acteurs publics et privés. L’OCCITANE en Provence rejoindra le groupe de travail « Entreprises et Biodiversité » de l’UICN France qui rassemble ses membres, ses experts et entreprises partenaires pour échanger avec eux et travailler sur le renforcement de la mobilisation des salariés ou encore l’évolution du reporting biodiversité. L’UICN France accompagnera également L’OCCITANE en Provence dans la réalisation du bilan de l’impact de l’ensemble de ses activités sur la biodiversité et de sa dépendance aux services écologiques pour développer dès 2017 la stratégie biodiversité que doit mener l’entreprise pour accélérer son engagement. La mise en œuvre de cette feuille de route contribuera ainsi aux objectifs internationaux d’Aichi issus de la Convention sur la Diversité Biologique (2010). « Pour répondre au défi de l’érosion de la biodiversité qui se poursuit, nous avons besoin d’entreprises engagées pour sa protection et sa restauration. Ce partenariat est stratégique car L’OCCITANE dépend de façon étroite de la biodiversité et des ressources naturelles, et que la principale région concernée est la Méditerranée, l’un des 35 points chauds de la biodiversité mondiale », explique Sébastien Moncorps, Directeur de l’UICN France. « Ce partenariat est une formidable opportunité pour L’OCCITANE en Provence d’être accompagné par un réseau d’organismes et d’experts reconnus pour poursuivre son engagement, intégrer de manière toujours plus forte la biodiversité dans les activités de l’entreprise et sensibiliser davantage ses collaborateurs. », explique Katia Michieletto, Directrice RSE de Laboratoires M&L, société française du groupe L’OCCITANE. Cette nouvelle étape dans la stratégie Développement durable de L’OCCITANE en Provence permettra donc à l’entreprise d’accélérer son engagement dans la restauration et la reconquête de la biodiversité. L’entreprise est déjà investie depuis plusieurs années sur ce sujet avec notamment la mise en place de filières durables à travers le programme Sustainable Communities (71 filières, 400ha) et son soutien à la conservation du patrimoine naturel. L’OCCITANE en Provence soutient par exemple depuis 2012 le Fonds de Dotation « Sauvegarde du Patrimoine Lavandes en Provence » qui finance des programmes pour trouver des solutions écologiques en faveur de la préservation de la lavande face au défi du changement climatique, et a lancé dès 2004 en Corse le premier programme de plantation d’immortelles biologiques à grande échelle. L’OCCITANE en Provence soutient également la STAtion de REcherches Sous-marines et Océanographique (STARESO) pour la préservation des algues du littoral corse et plus largement la recherche marine en Méditerranée. Pour en savoir plus, consultez le site de l’UICN France ou de L’OCCITANE. CONTACTS PRESSE TG Communication Brigitte Démare +33 1 53 30 74 74 Elan Edelman Renato Martinelli +33 6 25 98 11 75 UICN France Florence Clap – Chargée de programme « Politiques de la biodiversité » – +33 6 74 94 70 42 Découvrir le communiqué de presse L’UICN France Créé en 1992, l’UICN France est le réseau des organismes et des experts de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature en France. Il regroupe au sein d’un partenariat original 2 ministères, 13 organismes publics, 41 organisations non gouvernementales et plus de 250 experts. Par cette composition mixte, il est une plate-forme unique de dialogue, d’expertise et d’actions sur les enjeux de la biodiversité, associant également les collectivités locales et les entreprises. L’OCCITANE en Provence Depuis 1976, L’OCCITANE en Provence développe des produits cosmétiques et de bien-être riches en ingrédients naturels et biologiques, aux origines traçables. Parce que la nature est la matière première de ses produits, L’OCCITANE en Provence porte un grand soin à la préservation de l’environnement dans toutes les dimensions de son activité.
Entretenir et aménager les espaces verts : un nouveau guide pour l’industrie
Des actions concrètes peuvent être réalisées dans les espaces verts des sites d’entreprises pour en faire des lieux d’accueil et de préservation des espèces de faune et de flore. C’est ce que propose le guide « Entretenir et aménager les espaces verts de cimenterie », réalisé dans le cadre d’une collaboration entre le Syndicat français de l’industrie cimentière (SFIC) et le Comité français de l’UICN. Ce guide pratique a pour but d’accompagner les cimenteries afin qu’elles mettent en œuvre une gestion écologique sur leurs espaces verts. Il s’organise en 8 fiches regroupées par type de milieux et 4 fiches consacrées à l’accueil de la faune, et propose des éléments pratiques pour favoriser le développement de la biodiversité en créant des aménagements et en adaptant les méthodes d’entretien. Ces actions s’inscrivent dans la responsabilité environnementale des entreprises. Elles sont aussi sources de création de partenariats et de collaborations enrichissants avec d’autres acteurs locaux qui travaillent sur la biodiversité. Elles sont enfin des projets collectifs au sein de l’entreprise permettant de mobiliser les équipes sur un projet d’intérêt général avec des actions positives et des résultats visibles sur la biodiversité. Ce guide constitue une action phare de l’engagement du Syndicat Français de l’Industrie Cimentière au titre de la Stratégie nationale pour la biodiversité. L’UICN France encourage les entreprises membres du SFIC à déployer sur l’ensemble de leurs sites, les actions qui y sont présentées pour contribuer à la protection et à la valorisation durables de la biodiversité de nos territoires. Ces actions peuvent également être appliquées sur d’autres sites d’entreprises et sur les espaces verts des collectivités territoriales. Consulter le Guide « Entretenir et aménager les espaces verts de cimenterie« CONTACTS Elodie Russier-Decoster – Chargée de mission « Entreprises et biodiversité » Florence Clap – Chargée de programme « Politiques de la biodiversité »
6ème Assises Nationales de la Biodiversité
Le Comité français de l’UICN est partenaire de cette 6e édition 2016 Organisée par les Ecomaires et le Réseau Idéal Connaissance, avec la ville de Clermont Ferrand, la Communauté d’Agglomération Clermontoise et le Grand Clermont. Territoires, culture, milieu ultra-urbain, agro-écologie, bâtiments, richesses souterraines, trame bleue, forêts, tourisme, foncier, citoyens, éducation, TEPCV, Atlas de la Biodiversité Communale…. : et si dès aujourd’hui la biodiversité était une vraie préoccupation, pour tous et pour longtemps ? Evénement de sensibilisation, d’échanges et de débat autour de la biodiversité entre l’ensemble des acteurs (professionnels, élus, techniciens,..), les Assises Nationales de la Biodiversité invitent aux partages de connaissances et d’expériences lors de séances plénières, de conférences et de tables rondes. Avec plus de 20 conférences et ateliers à destination des agents des collectivités, des élus locaux, des associations et de tout professionnel lié à la question cruciale de la biodiversité, les débats des Assises 2016 accueilleront de nombreux partenaires, notamment l’AFB, et illustreront ces 4 thématiques : INNOVATION ET PROSPECTIVE SCIENCE ET RECHERCHE SOCIETE ET RECHERCHE SOCIETE ET EDUCATION DECISION ET STRATEGIE L’UICN France sera présent à différents moments lors des Assises, en particulier : le mercredi après-midi durant l’atelier sur La biodiversité en milieu urbain voire ultra urbain pour présenter le rôle des solutions fondées sur la nature le jeudi matin pour la Table ronde Comment coordonner les différentes forces de police de l’environnement ? animée par Sébastien Mabile, Président de la Commission droit de l’environnement de l’UICN France et Avocat Associé chez Seattle Avocat. Nous vous proposons de découvrir l’ensemble du programme en vous connectant dès à présent sur le site 2016 dédié. Nous vous invitons à vous inscrire avec le code invitation suivant : BIODIV2016 CONTACTS IDEAL CONNAISSANCES