Publication : Changement climatique et risques naturels dans les montagnes tempérées

Nature et climat : l’UICN France recommande de mieux protéger les milieux naturels de montagne pour faire face aux changements climatiques L’UICN France publie une synthèse des liens établis et prévisibles entre le changement climatique et les risques naturels en montagne. Cette étude confirme l’importance de la mise en œuvre des engagements pris par les Etats dans l’Accord de Paris sur le Climat afin de préserver l’intégrité des écosystèmes et de développer des solutions fondées sur la nature. Les activités humaines liées au développement des industries, des transports, de l’urbanisation et les émissions de gaz à effet de serre associées modifient le climat à la surface de la Terre. La hausse moyenne des températures, le recul des glaciers, les modifications des régimes pluviométriques sont autant de signes et de conséquences de ce changement climatique planétaire, qui affectent en particulier les milieux montagnards. Du fait de la combinaison de facteurs climatiques et topographiques singuliers, les montagnes sont des milieux très dynamiques et propices à divers aléas naturels. La modification des paramètres bioclimatiques entraine mécaniquement des répercussions sur les risques naturels, plus particulièrement sur la fréquence et la magnitude des aléas. Ainsi, les montagnes sont le théâtre de transformations rapides, perceptibles de façon plus ou moins directe, telles que le recul des glaciers, la dégradation du permafrost, la diminution de l’enneigement ou encore la remontée en altitude des espèces. Ces modifications ont fait l’objet d’observations scientifiques à moyen et long terme. L’évolution des risques naturels en montagne est non seulement liée à la modification des aléas sous l’influence du changement climatique, mais aussi aux effets anthropiques marqués dans ces milieux. Face au changement climatique et aux enjeux de gestion des risques naturels, des solutions s’appuyant sur le fonctionnement et la résilience des écosystèmes existent. Ces solutions fondées sur la nature soulignent la contribution des milieux naturels en bon état de conservation à la lutte contre les effets du changement climatique et à la gestion des risques naturels, tout en préservant la biodiversité.   Document joint Découvrir la synthèse   CONTACT Pauline Teillac-Deschamps, Chargée du programme « écosystèmes »

Pour une cohabitation durable avec le loup

Face aux conflits qui se sont intensifiés entre la protection du loup et l’élevage ovin, le Comité français de l’UICN estime nécessaire de mettre rapidement en place une stratégie permettant de garantir une présence pérenne du loup en France et les conditions de la coexistence durable entre cette espèce et les activités humaines. Pourquoi l’UICN France choisit-elle de s’exprimer aujourd’hui sur le loup ? Les conflits d’objectifs ou d’usage entre la protection du loup et l’élevage ovin se multiplient, depuis le retour du loup sur le territoire métropolitain au début des années 1990. La concertation entre acteurs concernés, difficile, ne permet pas actuellement de dégager des solutions durables. Face au besoin d’une stratégie globale, comprise et acceptée, l’UICN France a estimé qu’elle pouvait apporter à ce débat complexe sa capacité d’expertise et jouer son rôle de plateforme de débat et de concertation avec son réseau, sachant qu’elle est ni instance de décision ni partie aux conflits relatifs à la présence du loup.   Le contexte, et les questions posées Inexistante en 1992, la population de loups en métropole était évaluée en 2015 entre 206 et 358 individus, en expansion plus ou moins régulière à partir d’un grand quart sud-est de la France. La convention de Berne, comme la directive Habitats-faune-flore de 1992, assurent une protection stricte de l’espèce, sous réserve de dérogations possibles en cas de dommages importants, en l’absence d’autres solutions, et si la population de loup est jugée en « bon état de conservation ». Dans ce contexte, pour l’UICN France, les principales questions qui se posent actuellement sont les suivantes : Sur quelles bases scientifiques et techniques validées, non controversées, peut-on fonder des décisions de protection de l’espèce et de gestion des conflits ? Comment remettre en place un dispositif de gouvernance satisfaisant, permettant d’une part d’organiser l’expertise nécessaire, et d’autre part de recueillir les avis des parties prenantes, pour préparer les décisions à prendre ? Comment adapter la politique de protection de l’espèce à des contextes locaux différents, et en évolution ?   Les propositions de l’UICN France portent principalement sur trois domaines Organiser une « expertise collective scientifique et technique », clairement séparée de la concertation entre parties prenantes, fondée sur des procédures rigoureuses de validation des productions scientifiques, pour faire le point des connaissances acquises et des besoins de connaissances nouvelles dans trois domaines principaux : la connaissance de l’espèce loup et de ses dynamiques de population, les pratiques d’élevage et les dispositifs permettant d’atténuer la vulnérabilité des troupeaux, les analyses transversales nationales et internationales permettant d’éclairer les pratiques de gestion des conflits relatifs au loup dans les sociétés concernées ; Relancer les concertations entre parties prenantes, au niveau national comme au niveau local, sur le champ à couvrir par l’expertise collective puis sur les enseignements à tirer de ses résultats, et dans l’attente de ces résultats sur les mesures transitoires à prendre ; Mettre en œuvre les mesures relevant de décisions administratives (autorisations de tirs) permettant de gérer la situation dans l’attente de la définition d’une stratégie plus complète de l’Etat, à asseoir sur les résultats de l’expertise collective lorsqu’ils seront disponibles.   EN SAVOIR PLUS Découvrir la synthèse de la position de l’UICN France sur la cohabitation durable avec le Loup et les propositions détaillées

Les espèces exotiques envahissantes sur les sites d’entreprises

Les entreprises peuvent agir face aux espèces exotiques envahissantes sur leurs sites : l’UICN France publie un guide pour les accompagner Les entreprises, propriétaires ou gestionnaires d’espaces fonciers, sont régulièrement confrontées à la présence d’espèces exotiques envahissantes sur leurs sites. Certaines de leurs activités peuvent également contribuer à l’introduction d’animaux ou de végétaux exotiques envahissants et favoriser involontairement leur développement. Pour les aider à agir, l’UICN a réalisé et publié un guide avec ses entreprises partenaires. Les espèces exotiques envahissantes sont l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité mondiale. Leur introduction et leur expansion peuvent engendrer de nombreux impacts écologiques négatifs sur les milieux naturels et les espèces qu’ils hébergent. Elles peuvent aussi être à l’origine de coûts économiques très importants. Concernées par cette problématique et souhaitant participer aux efforts de gestion, quatre entreprises partenaires de l’UICN France – EDF, ENGIE, EQIOM, Ciments Calcia-GSM – ont souhaité bénéficier de son expertise pour mettre en place une gestion adaptée des espèces exotiques envahissantes sur leurs sites.   L’UICN France a donc élaboré un guide, organisé en deux livrets : Le premier synthétise l’état des connaissances sur les espèces exotiques envahissantes, les principaux dispositifs juridiques internationaux et nationaux en vigueur, ainsi que les stratégies développées et les acteurs actifs sur ce sujet. Il fournit également des recommandations générales pour gérer ces espèces, en détaillant notamment les différentes étapes d’élaboration d’un programme d’actions.       Le second est destiné à un usage de terrain.Il comporte une présentation détaillée de 12 méthodes de gestion (arrachage, cerclage, tir, piégeage, etc.) ainsi que des fiches spécifiques pour identifier et gérer 16 espèces animales (Grenouille taureau, Ragondin, etc.) et végétales (Jussies, Renouée du Japon, etc.) fréquemment observées sur les sites d’entreprises. Des retours d’expériences de gestion menées par des gestionnaires de site complètent et illustrent les explications.         L’UICN France encourage ainsi en premier lieu les entreprises à élaborer des programmes d’actions pour mieux anticiper et gérer les espèces exotiques envahissantes sur leurs sites Avec ce guide, le gestionnaire d’un site d’entreprise pourra aussi, par exemple, identifier les techniques à mettre en place pour éviter la dispersion des plantes exotiques envahissantes lors des interventions de gestion ou encore découvrir la méthode de piégeage des Ecrevisses de Californie et de Louisiane à l’aide de nasses. La réalisation de ce guide a mobilisé de nombreux experts de l’UICN France, en particulier les membres du groupe de travail national « Invasions Biologiques en milieux aquatiques »*. *Groupe de travail coordonné par l’ONEMA et l’UICN France.   Télécharger le guide « Les espèces exotiques envahissantes sur les sites d’entreprises » Livret 1 : Connaissances et recommandations générales, février 2016, 40 p. Livret 2 : Identifier et gérer les principales espèces, mars 2016, 96 p. – modifié   Contacts Elodie Russier-Decoster – Chargée de mission Entreprises et biodiversité Matthieu Thune-Delplanque – Chargé de mission Entreprises et biodiversité

Lancement de l’appel à projets BEST 2.0 « Petites subventions »

Lancement de l’appel à projets BEST 2.0 « Petites subventions » pour les acteurs des PTOM du Pacifique et Caraïbes Les acteurs des pays et territoires d’outre-mer (PTOM) des régions Pacifique et Caraïbe peuvent déposer leur demande de petites subventions pour leurs projets de conservation de la biodiversité. Le Programme BEST 2.0 (biodiversité et services écosystémiques dans les territoires d’outre-mer européens), dont le Comité français de l’UICN est partenaire, vient de lancer le deuxième appel à petites subventions (deux catégories de financement : <50 000 EUR et <100 000 EUR) pour des projets de conservation de la biodiversité et des services écosystémiques dans les PTOM de l’UE. Ce deuxième appel est ouvert aux acteurs locaux des PTOM des régions Pacifique et Caraïbe. Dans le Pacifique, les 4 PTOM sont concernés : la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, la Polynésie française et Pitcairn. Les écosystèmes naturels comme les récifs coralliens et les mangroves protègent les rivages des impacts des tempêtes et de l’élévation du niveau de la mer. Les eaux marines et côtières en bonne santé maintiennent des pêcheries et abritent des espèces et des habitats uniques qui attirent les visiteurs – la clé d’une industrie touristique souvent principal moteur de l’économie locale dans les PTOM. Un développement durable préservant le capital naturel est vital pour ces entités d’outre-mer. Le Programme BEST 2.0 est coordonné par le Secrétariat international de l’UICN, en partenariat avec le Comité français de l’UICN, et soutenu par la Direction générale pour la coopération internationale et le développement de la Commission européenne (CE DG DEVCO) dans le cadre de l’initiative biodiversité pour la vie (B4Life). Il vise à financer des actions de terrain de conservation et de développement durable. Le premier appel 2015 a financé 4 projets avec des subventions moyennes dans le Pacifique. Sur le portail dédié du Programme BEST 2.0, les porteurs de projets intéressés peuvent trouver les lignes directrices pour les demandes de petites subventions, les critères d’éligibilité, les réponses aux questions fréquemment posées, des conseils et leçons apprises de l’appel 2015 et soumettre une note de concept avant le 23 mai 2016. De plus amples informations peuvent être trouvées sur le site BEST de la Commission européenne, y compris l’historique de l’initiative BEST, des fiches d’information sur les projets précédemment financés et des nouvelles des partenaires régionaux.

Les services rendus par les écosystèmes montagnards en Aquitaine

Le Comité français de l’UICN publie une étude sur les services rendus par les écosystèmes montagnards en Aquitaine. Elle décline au niveau régional l’étude nationale précédemment réalisée sur les écosystèmes montagnards et contribue ainsi à enrichir la connaissance et la sensibilisation des acteurs sur l’importance des services rendus par les écosystèmes en France.   Le Comité français de l’UICN s’est engagé à dresser un panorama synthétique des services rendus par les grands types d’écosystèmes en France, sur la base des connaissances scientifiques et d’exemples concrets, afin de sensibiliser les différents acteurs à l’importance de préserver la biodiversité et le fonctionnement des milieux naturels. L’objectif de cette étude régionale est de porter à la connaissance des acteurs du territoire, les services rendus par les écosystèmes montagnards aquitains et d’identifier les principales menaces qui les affectent. Cette étude constitue une première étape vers une meilleure identification et valorisation des services écosystémiques pour une meilleure prise en compte des bénéfices tirés de la nature par les acteurs locaux. Après une présentation du contexte et des données générales sur les milieux montagnards aquitains, trois entités sont étudiées : les forêts d’altitude, les systèmes agro-pastoraux, les écosystèmes humides et aquatiques. Pour chaque partie, l’écosystème concerné est caractérisé et l’ensemble des services sont illustrés selon la typologie définie dans le Millennium Ecosystem Assessment (MEA) : services de support, d’approvisionnement, de régulation, et culturels. Cette étude souligne la multiplicité des services produits par les milieux montagnards aquitains qui, outre un approvisionnement en bois et en produits agricoles, contribuent plus largement à la régulation de la qualité de l’eau, des maladies et parasites, des risques naturels (avalanches, inondation, érosion…) et du climat. Les montagnes, très attractives pour les touristes, sont également source de services culturels importants. Ils permettent de multiples activités (ski, kayak, randonnée, pêche…) et constituent des lieux de détente et d’éducation à l’environnement. Elles contribuent également fortement à l’identité culturelle des territoires. Aujourd’hui, différentes menaces impactent ces milieux et conduisent à une diminution de la biodiversité riche et originale de ces écosystèmes et une perturbation de leur fonctionnement : pression des pratiques agricoles, impact des barrages hydroélectriques, introduction d’espèces exotiques envahissantes, changement climatique… Afin de maintenir les bénéfices tirés des écosystèmes, il est important de minimiser ces perturbations anthropiques. EN SAVOIR PLUS Découvrir l’étude CONTACT Justine Delangue, Chargée de mission « services écologiques »

Congrès français de la nature 2016

Le Comité français de l’UICN a organisé son 12ème Congrès français de la nature le 29 janvier 2016 à Paris, en préparation du prochain congrès mondial de la nature qui se tiendra du 1er au 10 septembre 2016 à Hawaii aux Etats-Unis d’Amérique. Au cours de ce 12ème congrès, le Comité français de l’UICN a présenté les objectifs et préparatifs du prochain congrès mondial de la nature que l’UICN organisera en septembre 2016 aux Etats-Unis d’Amérique. Le congrès a été ouvert par Bernard Cressens, Président du Comité français de l’UICN, et Xavier Sticker, Ambassadeur délégué à l’environnement. Un message de la Directrice générale de l’UICN a été également été adressé aux participants. Deux présentations ont permis de montrer les évolutions et les progrès réalisés sur deux précédentes motions adoptées par l’Assemblée générale mondiale de l’UICN grâce à l’implication des membres et des experts français de l’UICN : l’initiative pour une éthique de la Biosphère et la Liste verte des aires protégées. Ensuite, les membres et les experts ont débattu des motions qui seront présentées au Congrès mondial de la nature 2016 : Intégrer les solutions fondées sur la nature dans les stratégies de lutte contre les changements climatiques Renforcer la prise en compte de l’océan dans le régime climatique Développement des énergies marines renouvelables et conservation de la biodiversité Intégrer la diversité génétique forestière aux objectifs de conservation des aires protégées Intégrer l’ancienneté des forêts tempérées et boréales dans la gestion et la conservation des espaces forestiers Renforcer le droit pénal de l’environnement Renforcer l’engagement des entreprises pour la biodiversité Renforcer le reporting biodiversité par les entreprises Coopération pour la protection des récifs coralliens dans le monde Financements des projets sur la biodiversité dans les outre-mer européens Coopération entre les aires protégées du Plateau des Guyanes et du Nord-est de l’Amazonie Tous les textes de ces motions sont consultables sur la page des recommandations des congrès français de la nature. Enfin, une motion nationale sur la cohabitation durable avec le Loup a également été débattue, validée ensuite par le Conseil d’administration du Comité français de l’UICN et diffusée.

L’UICN France créer une plate-forme de réflexions et d’échanges sur l’agriculture et la biodiversité

Le Comité français de l’UICN a souhaité favoriser les échanges entre le monde agricole et les membres du réseau de l’UICN au niveau français autour de la thématique de la biodiversité. Dans une dynamique favorisée par le Grenelle, il est apparu essentiel pour le Comité français de l’UICN de créer une plate-forme de réflexions et d’échanges sur l’agriculture et la biodiversité. Un groupe de travail « Agriculture et biodiversité » a donc été créé en 2008 par le Comité français de l’UICN, à l’image des 7 groupes de travail « Ecosystèmes », Montagne, Méditerranée, Mer & littoral, Forêts, Collectivités territoriales, existants déjà au sein du Comité français.   Les objectifs de ce groupe sont multiples : se réunir régulièrement autour de thématiques d’actualité, en lien avec la biodiversité et l’agriculture, choisies par les membres du groupe, participer à ou produire des rapports et publications, proposer des recommandations aux acteurs publics et privés, en particulier dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale sur la Biodiversité pour le Plan d’Actions Agriculture, participer à ou organiser des manifestations en lien avec la thématique, apporter son soutien aux réflexions et travaux des membres et partenaires du Comité français de l’UICN, débattre, échanger, se rencontrer…   En 2009, une étude a été menées sur Les signes de reconnaissance en matière de production agricole (AOC, agriculture bio, marque Parcs, “labels” locaux type “L’éleveur et l’Oiseau”,..) et la biodiversité.   DOCUMENTS JOINTS Brochure Biodiversité & signes de reconnaissance agricoles Rapport Biodiversité & signes de reconnaissance agricoles