Découvrez 4 aires protégées méditerranéennes françaises inscrites sur la Liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN

Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui, en partenariat avec The Dreamer, 4 vidéos mettant à l’honneur des espaces naturels protégés en zone méditerranéenne inscrits sur la Liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN. Du Parc marin de la Côte Bleue à la Réserve Naturelle marine de Cerbère-Banyuls, en passant par la Tour du Valat et la Sainte-Victoire, découvrez ces sites qui allient bonne gouvernance, gestion équitable et efficace. QU’EST-CE QUE LA LISTE VERTE DE L’UICN ? La Liste verte est un programme mondial de l’UICN qui vise à reconnaître et à valoriser les aires protégées et conservées qui sont équitablement et efficacement gérées, et qui offrent à la nature et aux populations des résultats durables de conservation. Il s’agit à la fois d’un label portant sur la qualité de gouvernance et de gestion des aires protégées et d’une méthodologie reposant sur une procédure et des standards définis à l’échelle internationale et adaptables dans tous les pays. La Liste verte vise autant à valoriser les sites exemplaires qu’à aider ceux qui n’atteignent pas immédiatement le standard de la Liste verte en appuyant leur engagement dans la démarche. En France, 22 sites sont aujourd’hui inscrits sur la Liste verte et 3 sont actuellement candidats. LA LISTE VERTE EN MEDITERRANEE FRANCAISE Le bassin méditerranéen constitue l’un des 36 points chauds de la biodiversité dans le monde, définis comme les zones de la planète où la biodiversité est à la fois particulièrement riche et menacée, et les eaux sous juridiction française se trouvent dans une « aire marine d’importance écologique et biologique » au titre de la Convention sur la diversité biologique. La façade méditerranéenne française compte 94 aires marines protégées couvrant ainsi un peu plus de 52% de sa zone économique exclusive, dont quasiment la moitié est constituée par le sanctuaire Pelagos. Au niveau continental, ce sont 45% de l’écorégion terrestre méditerranéenne française qui sont couverts par un statut de protection (UNEP-WCMC 2018 et UICN 2018). Aujourd’hui, en France, 5 sites méditerranéens sont inscrits sur la Liste verte et 1 site est actuellement candidat. Nous vous proposons ici de découvrir les témoignages et expériences inspirantes de quatre d’entre eux ayant justifié, entre autres, de leur inscription sur la Liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN. https://youtu.be/m_5FGWQyP9U Pilier I de la Liste verte Bonne gouvernance Entre la rade de Marseille et le Golfe de Fos, le Parc marin de la Côte bleue est une aire protégée née de l’initiative des Collectivités locales et des organisations professionnelles de pêche locales, et est aujourd’hui un exemple, entre autres, de gouvernance collaborative réussie. Labellisation en 2018 Pilier II de la Liste verte Conception et planification solides Le Domaine de la Tour du Valat a opté pour une conception et planification stratégiques et partagées de cette portion de la Camargue. Le site est composé d’une réserve naturelle régionale et de systèmes de gestion alentours permettant la coexistence d’usages et d’activités durables et compatibles avec les enjeux de conservation du milieu naturel concourant ainsi au bien-être social, économique et culturel local. Labellisation en 2021 https://youtu.be/WpI8oRLxsUUhttps://youtu.be/FEzy-v-oV24 Pilier III de la Liste verte Gestion efficace Au nord-est d’Aix-en-Provence, au pied de la célèbre montagne éponyme, la réserve naturelle de Sainte-Victoire, gérée par le département des Bouches du Rhône, démontre que grâce à l’efficacité de la gestion et de la protection de son patrimoine géologique, les enjeux relatifs au patrimoine naturel le sont également. La Réserve a, depuis son engagement dans la Liste verte, intégré les enjeux relatifs au patrimoine vivant au sein de ses objectifs de gestion Labellisation en 2021 Pilier IV de la Liste verte Conservation réussie La Réserve Naturelle marine de Cerbère-Banyuls, est un exemple de réussite d’atteinte de ses objectifs de conservation. L’effet réserve mis en évidence par la réaugmentation de la population de Mérous bruns depuis la création du site est une illustration de l’atteinte des objectifs de conservation de cette aire protégée située dans les Pyrénées orientales. Labellisation en 2014 https://youtu.be/01hCeCaXMOQ Pour aller plus loin La Liste Verte des aires protégées et conservées Le Guide du candidat à la Liste Verte
Liste rouge des écosystèmes en France : Les rivages rocheux du littoral méditerranéen sous pression

Suite à la publication en 2020 d’un premier volume de la Liste rouge des écosystèmes côtiers méditerranéens dédié aux dunes côtières et rivages sableux, le Comité français de l’UICN, l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) publient aujourd’hui un second volume sur les rivages rocheux du littoral méditerranéen. Cette évaluation, qui a mobilisé de nombreux experts (universités, Conservatoires botaniques nationaux, Conservatoire du littoral), montre que deux tiers des écosystèmes identifiés sont menacés ou quasi-menacés du fait de l’urbanisation du littoral, de la fréquentation ou encore de la présence d’espèces végétales exotiques envahissantes. Des actions sont nécessaires pour protéger ce patrimoine écologique exceptionnel, avec des cortèges d’espèces que l’on ne retrouve nulle part ailleurs en France. En France, les rivages rocheux représentent près des deux tiers du trait de côte méditerranéen, pour l’essentiel situé en Corse et dans la région PACA. A l’interface entre terre et mer, ils abritent une flore et une microfaune particulières très riches, adaptées à des conditions écologiques contraignantes, liées à l’influence de la mer. Ils constituent également des espaces de haltes migratoires, d’hivernage et de reproduction pour les oiseaux marins, pour la plupart protégés et dont certains sont menacés à l’échelle nationale ou régionale. Leur configuration spatiale, souvent restreinte et fragmentée, les rend particulièrement sensibles aux pressions anthropiques. Dans le cadre de cette étude, ce sont 6 écosystèmes qui ont été évalués : 4 relèvent strictement des côtes rocheuses – des rivages rocheux aux maquis bas littoraux, en passant par les garrigues basses et les phryganes, et 2 sont des cordons et plages de galets. Le bassin méditerranéen, un point chaud de pressions Un cocktail de menaces affecte ces écosystèmes et sont à l’origine de leur dégradation. Ils subissent dans l’ensemble les conséquences d’une forte artificialisation du territoire. Au-delà de pertes de surface, la densité urbaine et l’attractivité touristique du littoral entraînent une forte fréquentation de ces milieux qui perturbe la faune et déstructure les milieux. À cela s’ajoute les effets d’une implantation d’espèces exotiques localement envahissantes et qui contribuent à perturber ces écosystèmes. Enfin, ils sont également menacés par les effets des changements climatiques en cours et à venir, en particulier l’élévation du niveau marin qui entraîne une modification de l’interface terre-mer qu’il est essentiel d’anticiper. Quatre écosystèmes menacés ou quasi-menacés sur les 6 évalués Les écosystèmes de plages et cordons de galets sont les plus menacés de cette liste. Avec leurs distributions restreintes et fragmentées, ils sont particulièrement fragiles face aux pressions : « En danger », c’est la catégorie retenue pour les plages de galets et graviers à végétation vivace, écosystème que l’on observe plus que très rarement en arrière des plages et cordons de galets ; Plus près de la mer, on observe à la limite du milieu terrestre les plages de galets et graviers à végétation pionnière où une végétation temporaire parvient à s’installer à la faveur des apports de laisses de mer et des rares impacts de la mer. Un peu plus commun sur le littoral, cet écosystème est classé dans la catégorie « vulnérable ». Les falaises et rivages rocheux méditerranéens et les garrigues basses et phryganes du littoral sont également identifiés comme « quasi-menacés ». Les maquis bas et fourrés des côtes rocheuses méditerranéennes sont quant à eux classés en « préoccupation mineure ». Ce statut ne signifie cependant pas que l’écosystème est à l’abri des menaces, car il nécessite une vigilance pour maintenir son bon état écologique. Les résultats de cette évaluation font écho à ceux de la Liste rouge des dunes côtières et rivages sableux méditerranéens qui a établi que 7 de ces écosystèmes sur les 9 évalués étaient menacés du fait de l’urbanisation, du recul du trait de côte et de la fréquentation touristique. Ils appellent ainsi à la mise en place d’actions de protection et restauration de ces milieux, dans des régions particulièrement marquées par une forte densité de population et un haut niveau d’artificialisation du littoral. Téléchargez la publication Pour aller plus loin La Liste rouge des écosystèmes en France Littoraux méditerranéens de France métropolitaine Vol. 1 : Dunes côtières et rivages sableux
Liste rouge de l’UICN : le papillon monarque migrateur désormais en danger

Le papillon monarque migrateur (Danaus plexippus plexippus), connu pour son spectaculaire voyage annuel de plus de 4 000 kilomètres à travers les Amériques, est entré sur la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées dans la catégorie En danger, menacé par la destruction de son habitat et les changements climatiques. Toutes les espèces d’esturgeons encore en vie dans l’hémisphère nord, également migratrices, sont aujourd’hui menacées d’extinction en raison des barrages et du braconnage, poussant ce groupe d’animaux, le plus gravement menacé du monde, encore plus près de l’extinction. Le tigre (Panthera tigris) a été réévalué, révélant de nouveaux chiffres de populations. La Liste rouge de l’UICN comprend désormais 147 517 espèces, dont 41 459 menacées d’extinction. La présente mise à jour de la Liste rouge souligne la fragilité des merveilles de la nature, telles que le spectacle unique des papillons monarques migrant sur des milliers de kilomètres. Afin de préserver la riche diversité de la nature, nous avons besoin d’aires protégées et conservées efficaces, gérées de façon équitable, ainsi que de mesures décisives pour lutter contre les changements climatiques et restaurer les écosystèmes. À son tour, la conservation de la biodiversité soutient les communautés en fournissant des services essentiels tels que de la nourriture, de l’eau et des emplois durables. Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN Le papillon monarque migrateur, En danger, est une sous-espèce du papillon monarque (Danaus plexippus). La population autochtone, connue pour ses migrations depuis le Mexique et la Californie en hiver vers les aires de reproduction estivales aux États-Unis et au Canada, a diminué d’entre 22% et 72% au cours de la dernière décennie. L’exploitation forestière légale et illégale et la déforestation pour faire de la place à l’agriculture et au développement urbain ont déjà détruit une grande partie des zones d’hivernage des papillons au Mexique et en Californie, tandis que les pesticides et herbicides utilisés dans l’agriculture intensive sur toute l’aire de répartition de l’espèce tuent les papillons et l’asclépiade, la plante hôte de laquelle les larves du papillon monarque se nourrissent. Les changements climatiques ont eu un impact significatif sur le papillon monarque migrateur et constituent une menace croissante : la sécheresse limite la croissance de l’asclépiade et augmente la fréquence des incendies de forêt catastrophiques, les températures extrêmes déclenchent des migrations précoces, avant que l’asclépiade ne soit disponible, tandis que les épisodes météorologiques sévères tuent des millions de papillons. La population occidentale est la plus menacée, avec une diminution d’environ 99,9%, de 10 millions de papillons dans les années 1980 à 1 914 individus en 2021. La population orientale, plus grande, a également diminué de 84% entre 1996 et 2014. La question de savoir s’il reste suffisamment de papillons pour maintenir les populations et empêcher leur extinction demeure préoccupante. Il est douloureux de voir les papillons monarques et leur extraordinaire migration vaciller au bord de l’effondrement, mais il existe des signes d’espoir. De nombreuses personnes et organisations se sont réunies pour essayer de protéger ce papillon et ses habitats. De plantations d’asclépiades autochtones à une réduction de l’utilisation des pesticides en passant par la protection des sites d’hivernage et une contribution à la science communautaire, nous avons tous un rôle à jouer pour nous assurer que cet insecte emblématique se rétablisse définitivement Anna Walker, membre du Groupe de spécialistes des papillons et papillons nocturnes de la CSE-UICN et Responsable de la sauvegarde des espèces à la New Mexico BioPark Society, qui a dirigé l’évaluation des papillons monarques. La réévaluation mondiale des esturgeons, publiée aujourd’hui, révèle que 100% des 26 espèces d’esturgeons restantes dans le monde sont aujourd’hui menacées d’extinction, contre 85% en 2009. Ces évaluations sont basées sur des calculs plus précis, qui montrent que le déclin de ce groupe d’espèces au cours des trois dernières générations est plus prononcé qu’on ne le pensait auparavant. L’esturgeon jaune (Acipenser dabryanus) est passé de la catégorie En danger critique à Éteint à l’état sauvage, 17 espèces sont désormais En danger critique, trois sont En danger et cinq sont Vulnérables sur la Liste rouge de l’UICN. La réévaluation a également confirmé l’extinction du spatulaire chinois (Psephurus gladius). Réputés pour leur taille, le béluga (Huso huso), En danger critique, pouvant atteindre huit mètres et peser jusqu’à 1 700 kilogrammes, les esturgeons sont surexploités pour leur viande et leur caviar depuis des siècles. Bien qu’ils soient protégés en vertu du droit international, le braconnage continue d’affecter plus de la moitié de ces espèces, et une application plus stricte de la réglementation sur la vente illégale de viande et de caviar d’esturgeon est essentielle pour mettre fin à de nouveaux déclins. Les barrages affectent toutes les espèces d’esturgeons migrant vers leurs aires de reproduction, tandis que le réchauffement des rivières dû aux changements climatiques perturbe plus avant la reproduction de ces poissons. La restauration des écosystèmes d’eau douce et la construction de passages à poissons efficaces, ainsi que les repeuplements, qui se sont déjà avérés efficaces pour des espèces telles que l’esturgeon adriatique (Acipenser naccarii), En danger critique, sont des mesures clés pour assurer la survie à long terme des esturgeons du monde. Le tigre a été réévalué, et de nouveaux chiffres révèlent qu’il existe actuellement entre 3 726 et 5 578 tigres dans la nature, dans le monde entier. Cette augmentation de 40% depuis la dernière évaluation des tigres, en 2015, s’explique par des améliorations des techniques de suivi, montrant qu’il existe plus de tigres qu’on ne le pensait auparavant, et que le nombre de tigres dans le monde semble être stable ou en augmentation. Bien que cette réévaluation confirme que le tigre reste En danger sur la Liste rouge de l’UICN, les tendances démographiques indiquent que des projets tels que le Programme intégré de l’UICN de conservation de l’habitat du tigre sont efficaces et qu’un rétablissement est possible tant que des efforts de conservation se poursuivent. Les principales menaces comprennent le braconnage des tigres, le braconnage et la chasse de leurs proies, ainsi que la fragmentation et la destruction des habitats en raison des pressions croissantes de l’agriculture et des établissements humains. Pour protéger cette espèce, il est essentiel
Les solutions sont dans la nature pour réduire les risques littoraux et préserver la biodiversité

Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui « Les Solutions fondées sur la Nature pour la réduction des risques littoraux en France », un recueil à destination des élus et acteurs locaux pour faciliter le déploiement des Solutions fondées sur la nature dans les territoires. Des solutions efficaces faces aux risques naturels Érosion côtière, submersion marine, mobilité dunaire… face aux risques naturels, accentués par les changements climatiques, les Solutions fondées sur la Nature sont des réponses efficaces et durables pour répondre à ces enjeux tout en apportant des bénéfices pour la biodiversité. Dunes, marais côtiers, estuaires ou encore mangroves constituent des espaces tampons et des obstacles face aux tempêtes. Ils fixent et stockent également le sable permettant de réduire l’érosion côtière et les mouvements dunaires. Enfin, ils sont des remparts naturels contre la montée des eaux. Les actions de préservation et la restauration de ces écosystèmes sont donc cruciales pour augmenter la résilience des territoires face aux effets des changements climatiques. Ce sont en outre des alternatives pérennes et moins couteuses que les infrastructures grises. La France, en métropole comme en Outre-Mer, est particulièrement concernée par ces risques littoraux. Cette vulnérabilité est exacerbée par une forte densité de population qui entraine un haut niveau d’artificialisation alors que ces milieux concentrent une biodiversité remarquable et particulièrement menacée par les activités humaines. Des retours d’expériences concrets Face à ce constat et à l’urgence d’agir, la publication « Les Solutions fondées sur la Nature pour la réduction des risques littoraux en France » présente 9 retours d’expériences de projets concrets de protection, restauration et gestion durable d’écosystèmes côtiers mis en œuvre en France métropolitaine et en Outre-Mer : En Gironde, la restauration des dunes de la conche des Gaillouneys sur la commune de La Teste de Buch, a permis de réduire significativement la mobilité dunaire (auparavant de 5m/an) en utilisant notamment des espèces locales qui ont colonisé le milieu dunaire et permis la stabilisation du sable. Dans l’Hérault, la destruction d’une route construite sur la dune et la restauration du lido du Petit et Grand Travers ont permis de réduire les risques de submersion marine et d’érosion côtière. Une avancée du trait de côte est même visible sur une partie du site. Crédit photo : Petit Travers – Jean Favennec En Vendée, le confortement dunaire et le reprofilage des dunes de Luzéronde a permis réduire la vulnérabilité de la communauté de communes de l’île de Noirmoutier aux submersions marines et prévenir les inondations Dans le Var, la restauration de la dune des Vieux Salins d’Hyères et la suppression d’une partie des enrochements ont permis de redonner une résilience au système dune-plage et de rétablir les fonctions de barrière naturelle contre les submersions. Crédit photo : Les Vieux Salins d’Hyères – Christophe Fretard En Guadeloupe, la restauration du couvert végétal littoral sur les communes de Sainte-Rose et de Petit-Canal, à travers la plantation d’espèces endémiques protégées par des enclos, a permis de rétablir le rôle de protection fourni par un couvert végétal dense contre les phénomènes érosifs. Crédit photo : Adam Gibaud Par la valorisation d’exemples concrets inspirants, ce recueil identifie les facteurs de réussite de chaque projet pour guider les acteurs du territoire qui souhaitent s’engager dans la démarche. Ces retours d’expérience illustrent l‘importance de la mise en place de démarches participatives de co-construction, de la concertation et de la communication entre l’ensemble des parties prenantes d’un territoire. De plus, ils montrent la nécessité de renforcer les moyens humains et financiers consacrés à ces actions pour garantir la pérennité de ces projets sur le long terme. Le déploiement des Solutions fondées sur la Nature doit aujourd’hui s’accélérer fortement avec la mise en œuvre de politiques volontaristes et opérationnelles. Des écosystèmes préservés et diversifiés sont nos meilleurs alliés pour limiter les impacts des catastrophes naturelles, dont la fréquence et l’intensité sont amplifiées par les changements climatiques. Pour aller plus loin : Les Solutions fondées sur la Nature Les 8 questions clés à se poser pour mettre en oeuvre les Solutions fondées sur la Nature
Bilan de la Conférence des Nations Unies pour les océans de Lisbonne

La conférence des Nations Unies pour les océans qui s’est tenue à Lisbonne du 27 juin au 1er juillet avait pour objectif de soutenir la mise en œuvre de l’objectif de développement durable 14 : Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable. Elle s’est achevée avec l’adoption par les Etats de la déclaration politique « Our ocean, our future, our responsibility », dans laquelle ils s’engagent à mettre en œuvre les quelques 700 engagements volontaires annoncés à Lisbonne. La déclaration est introduite par le fait qu’« il faut plus d’ambition à tous les niveaux pour répondre à la situation désastreuse de l’océan » et Antonio Guterres, secrétaire général des Nations-Unies, a rappelé que l’ODD14 était le moins financé des objectifs de développement durable. Présent le 30 juin, le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé la candidature conjointe de la France et du Costa Rica pour l’organisation de la prochaine conférence des Nations unies pour les océans en 2025. Il a notamment rappelé les engagements pris à Brest lors du One Ocean Summit et que 102 États avaient rejoint la Coalition de la haute ambition pour la nature et les peuples, l’« alliance verte et bleue » en soutien à l’objectif 30/30. Il a annoncé le même jour, lors d’un événement à l’Oceanarium de Lisbonne, être en faveur d’un cadre légal pour mettre un coup d’arrêt à l’exploitation minière des fonds en haute mer et ne pas autoriser de nouvelles activités qui mettraient en danger les écosystèmes. Au début de la conférence, les gouvernements des îles Palaos, Fidji et Samoa ont lancé, avec le soutien d’une centaine de parlementaires de 37 pays, un appel à un moratoire sur l’exploitation minière des grands fonds, comme l’a demandé le Congrès mondial de l’UICN à Marseille. Parmi les plénières et les dialogues interactifs qui ont jalonné les cinq jours de débat, voici les éléments de synthèse et les liens de rediffusion des vidéos : Lutter contre la pollution marine (27 juin) Chaque année, environ 11 millions de tonnes de plastiques finissent dans les océans. Les États, ont promu une transition vers une économie circulaire du plastique et appelé à la mise en œuvre d’un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique d’ici 2024, comme acté à l’ANUE 5 à Nairobi. Gérer, protéger, conserver et restaurer les écosystèmes marins et côtiers (28 juin) En introduction, Elizabeth Mrema, Secrétaire exécutive de la Convention pour la Diversité Biologique, a rappelé le déclin de la biodiversité et la nécessité d’une plus grande mobilisation, et la Secrétaire exécutive de la Convention de RAMSAR, Martha Rojas Urrego, a illustré par la disparition de 67% des mangroves depuis 30 ans, et indiqué que les pertes de zones humides sont 3 fois plus rapides que les pertes de forêt alors qu’elles captent jusqu’à 50 fois plus de carbone. Elle a plaidé, comme de nombreux panélistes, pour développer des solutions fondées sur la nature pour renforcer les liens climat/biodiversité, notamment pour les mangroves et les récifs coralliens. Le Prince Albert II de Monaco a appelé à hausser les niveaux de protection des aires marines protégées en indiquant que seuls 2,4% sur les 8% correspondaient à de la protection forte. Minna Epps, Cheffe de l’Equipe Océan du Centre de l’UICN pour les actions de conservation, a appelé à soutenir l’adoption de l’objectif 30×30 dans le cadre des négociations pour la prochaine COP de la CDB, en rappelant que cet objectif est aussi soutenu par le GIEC, et l’importance de l’amélioration de la qualité de la gestion en référence à la Liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN qui constitue aujourd’hui une référence mondiale pour progresser dans cette voie. Elle a aussi demandé le développement des autres mesures de conservation efficace par zone, une protection ambitieuse de la haute mer, et une réduction des impacts cumulés. Heremoana Maamaatuaiahutapu, Ministre de la culture et de l’environnement de la Polynésie française a quant lui a annoncé son intention de s’engager davantage dans la protection des récifs coralliens. Minimiser et traiter l’acidification, la désoxygénation et le réchauffement des océans John Kerry, envoyé spécial pour le climat des Etats-Unis a introduit les échanges en rappelant que l’océan absorbe 90% de l’excès de chaleur, et a appelé l’OMI à adopter des cibles plus ambitieuses, et à accompagner l’évolution vers des navires plus verts. Loreley Picourt, directrice exécutive de la plateforme Océan-Climat s’est félicitée de la prise en compte des océans dans les dialogues sur le climat depuis la COP 21. Rendre la pêche durable et permettre aux petits pêcheurs artisanaux d’accéder aux ressources et aux marchés marins (29 juin) Le rapport de la FAO sur la situation mondiale des pêches et de l’aquaculture 2022 été lancé. La production totale a atteint un record de 214 millions de tonnes dont 90.3 millions de tonnes pour les captures, 87.5 pour l’aquaculture et 36 millions de tonnes pour les algues. L’UIICN a ensuite rappelé l’importance de mettre un terme aux captures accidentelles, responsables de la mort de milliers de dauphins, tortues, requins et oiseaux marins. Accroître les connaissances scientifiques et développer la capacité de recherche et le transfert de technologie marine Amélie de Montchalin, Ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, a introduit les échanges en rappelant la mobilisation de la France pour protéger et exploiter durablement les océans, à travers la structuration de la flotte océanographique, l’implication sur la conclusion de l’accord sur la haute mer (BBNJ), et la constitution de Mercator en organisation intergouvernementale. Elle a rappelé le projet français de cartographier ses ZEE et le projet de jumeau numérique de Mercator océan. Elle a conclu les échanges en soulignant que la science devait fonder la prise de décision politique pour la protection de l’environnent. Pour aller plus loin Position de l’UICN en amont de la Conférence des Nations Unies sur les océans One Ocean Summit : le bilan Grands fonds marins : le Comité français de l’UICN soutient leur protection face aux dangers de l’exploitation minière
Grands fonds marins : le Comité français de l’UICN soutient leur protection face aux dangers de l’exploitation minière

A la suite de sa mission d’information sur l’exploration, la protection et l’exploitation des fonds marins, à laquelle le Comité français de l’UICN a participé, le Sénat a publié un rapport intitulé « Abysses : la dernière frontière ? » dans lequel il propose 20 recommandations pour redéfinir la stratégie de la France sur les grands fonds marins. Un enjeu crucial pour l’avenir des océans, rappelé à la conférence de l’ONU à Lisbonne, sur lequel le Président de la République a pris position en faveur d’un arrêt des projets d’exploitation minière. A l’occasion du One Ocean Summit en février 2022, le Comité français avait alerté sur les dangers de l’exploitation minière des grands fonds marins, dans les eaux françaises et dans les eaux internationales. Ils représentent en effet l’un derniers écosystèmes encore non impactés par les activités humaines et jouent un rôle primordial pour la biodiversité et le climat. Dans son rapport « Abysses : la dernière frontière », la mission d’information du Sénat indique qu’il est prématuré de se prononcer sur la prospection et l’exploitation des ressources minières car les connaissances sur la biodiversité et le fonctionnement de ces écosystèmes, ainsi que leur rôle dans le système océanique et climatique de la planète, sont encore lacunaires. Le Comité français de l’UICN salue cette conclusion qui rejoint ainsi la résolution 122 adoptée par le Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille demandant un moratoire sur l’exploration et l’exploitation minière des fonds marins. Le Comité français de l’UICN souscrit également à plusieurs recommandations du rapport demandant : D’améliorer les connaissances sur la biodiversité des grands fonds marins. D’évaluer scientifiquement les besoins en minerais d’origine marine pour la transition énergétique, en tenant compte des ressources alternatives potentielles (en particulier terrestres). Réaliser un projet de démonstrateur afin d’évaluer l’impact environnemental et, à l’issue de ce test, réunir l’ensemble des parties prenantes (chercheurs, élus, ONG, entreprises…) pour examiner l’opportunité de poursuivre ou non l’objectif d’une exploration en vue d’une exploitation. Combler le vide juridique partiel entourant l’exploration et l’exploitation éventuelle des grands fonds marins en adoptant des normes environnementales propres aux grands fonds marins qui permettraient de définir un régime de responsabilité en cas d’anomalies ou de manquements et en prévoyant la réalisation d’études d’impact préalablement à tout projet éventuel d’extraction Associer le Parlement et toutes les parties prenantes dont les scientifiques et les ONG, et les outre-mer qui sont concernés au premier chef Renforcer l’Autorité internationale des fonds marins pour avoir une véritable expertise scientifique et réaliser des contrôles efficients sur les sites d’exploration et, éventuellement, d’exploitation dans les eaux internationales. Alors que se tient actuellement à Lisbonne la 2eme édition de la Conférence des Nations Unies sur les océans (27 juin – 1er juillet), nous saluons aussi la coalition des pays du Pacifique qui se sont positionnés en faveur d’un moratoire et l’annonce du Président de la République le 30 juin de ne pas s’engager sur l’exploitation minière des grands fonds et de donner la priorité à la connaissance scientifique et à la protection des fonds marins. Pour aller plus loin La position du Comité français de l’UICN sur l’exploitation des fonds marins dans les eaux françaises Les travaux du groupe Outre-mer Les 8 engagements du Comité français pour préserver les océans
Forum Urbain Mondial 2022 : le Comité français de l’UICN propose des solutions pour l’adaptation des villes aux crises environnementales

A l’occasion de la 11ème édition du Forum Urbain Mondial (FUM) qui se tient du 26 au 30 juin 2022 à Katowice en Pologne sur le thème « Transformer nos villes pour un meilleur futur urbain », le Comité français de l’UICN présente ses recommandations pour des villes durables dans la publication « Villes et Biodiversité ». Affichant clairement son ambition de « Transformer nos villes pour un meilleur futur urbain », cette 11e édition du Forum vise en particulier à accélérer la mise en œuvre des engagements internationaux pour un urbanisme plus résilient et plus durable, dans le cadre du Nouvel Agenda Urbain adopté à Quito en 2016. Ce Forum permettra de revenir sur les problématiques de l’aménagement durable et de l’interface du bâti et de la nature, en mettant en avant le rôle que joue la préservation de la biodiversité pour la résilience urbaine. « Il nous faut imaginer une meilleure cohabitation des espaces urbains avec le vivant en concevant des politiques publiques qui préservent et favorisent le retour de la biodiversité́ en ville, en s’inspirant notamment des solutions fondées sur la nature. » Maud Lelièvre Présidente du Comité français de l’UICN A cette occasion, le Comité français de l’UICN et les Eco Maires se sont associés au Partenariat français pour la ville et les territoire (PVFT, coordinateur de la délégation française) pour publier « Villes et Biodiversité » avec le soutien de l’Alliance Urbaine de l’UICN, qui sera présenté le mercredi 29 juin à 9h sur le pavillon France. Réalisé sur la base de nombreux retours d’expériences de collectivités, avec lesquelles le Comité français de l’UICN collabore pour renforcer leur implication en faveur de la biodiversité grâce à son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » présidé par Stéphane Woynaroski, ce document reprend des exemples d’initiatives innovantes et de solutions fondées sur la nature comme : L’initiative du conseil départemental des Bouches-du-Rhône pour organiser une COP jeunesse incarnant la volonté de sensibiliser et d’impliquer les jeunes de différents profils à la préservation de la biodiversité. L’initiative de la ville de Paris avec son projet oasis de Paris qui vise à transformer progressivement les cours des 760 écoles et collèges de Paris (73 ha) en îlots de fraîcheur urbains à l’horizon 2040. La politique d’aménagement urbain menée par la Ville de Bordeaux, dans le cadre du projet BIODIVER’CITE, qui contribue à lutter contre les îlots de chaleur par la revégétalisation de certains espaces urbanisés, connectés par des corridors écologiques. La Réserve Naturelle Régionale de la basse vallée de la Savoureuse située en Bourgogne-Franche-Comté, qui est enclavée dans un milieu urbain mais qui permet à l’une des plus belles forêts de saules blancs et à de nombreuses prairies inondables originales de se développer. Téléchargez « Villes et biodiversité »
COP15 Biodiversité : ultime étape pour adopter une stratégie mondiale de la biodiversité

Alors que s’ouvre le 21 juin à Nairobi la dernière session de négociations pour la préparation du nouveau cadre mondial de la biodiversité, le Comité français de l’UICN appelle la France et les autres États à finaliser un projet ambitieux et concret pour son adoption par la COP15, dont les dates devraient être annoncées prochainement. Afin d’enrayer la perte de la biodiversité d’ici 2030 et d’en assurer sa restauration d’ici 2050, le Comité français de l’UICN demande aux négociateurs de s’accorder rapidement sur des objectifs concrets et mesurables et d’engager les actions nécessaires pour répondre à l’urgence de son effondrement. Pour parvenir à un monde positif pour la nature d’ici 2030, le cadre mondial de la biodiversité devra notamment inclure : L’objectif 30×30 de conservation d’au moins 30% des écosystèmes terrestres, d’eau douce, marins et souterrains d’ici 2030 à l’échelle mondiale, et l’amélioration de l’efficacité de gestion des aires protégées ; L’arrêt de la perte de superficie et d’intégrité des écosystèmes et la restauration de ceux qui ont été dégradés d’au moins 20% ; Un renforcement de la conservation des espèces pour empêcher toute nouvelle extinction, améliorer le statut de celles qui sont menacées et rétablir l’abondance des espèces ; Le déploiement des Solutions fondées sur la nature pour lutter et s’adapter au changement climatique et répondre à d’autres défis comme l’alimentation et l’approvisionnement en eau ; La gestion durable de toutes les zones liées à l’agriculture, la pêche, l’aquaculture et la sylviculture, et la lutte contre la surexploitation des espèces sauvages et leur commerce illégal ; Une mobilisation accrue des financements pour la biodiversité de toutes sources, pour atteindre au moins 200 milliards de dollars par an (aujourd’hui seulement 100 milliards sont mobilisés par an) et la baisse d’au moins 500 milliards de dollars par an des subventions néfastes à la nature. Le Comité français de l’UICN demande également la mise en place d’un système de suivi et d’évaluation, régulier et obligatoire, des progrès accomplis par les Etats pour vérifier que l’atteinte des objectifs est en bonne voie. Le Comité français de l’UICN propose qu’un bilan d’étape sur les actions mises en œuvre soit effectué à chaque COP Biodiversité, tous les 2 ans. Ces engagements internationaux devront être déclinés dans des stratégies nationales pour la biodiversité, à l’image de la France qui a lancé sa 3ème stratégie nationale dont la mise en œuvre à venir représente un des défis importants du nouveau gouvernement.
Webinaire : 2022, année des océans

À l’occasion de la Journée Mondiale des Océans, le Comité français de l’UICN a organisé un webinaire avec le réseau francophone de l’UICN. Après le One Ocean Summit en février dernier, la session de négociation sur la protection de la haute mer en mars et avant la conférence des Nations Unies sur les océans en juin, l’année 2022 est bien placée sous le signe des océans ! Lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN, les membres ont adopté près de 30 recommandations pour accroître la protection du milieu marin. L’UICN, avec ses membres et ses experts, ont ainsi un rôle important à jouer pour les défendre durant l’année 2022 pour obtenir un traité sur la haute mer et un accord sur la lutte contre la pollution plastique, intégrer davantage la conservation de la nature dans la planification des espaces maritimes et renforcer le réseau d’aires marines protégées Lors de ce webinaire, les membres et experts francophones de l’UICN ont pu s’informer sur ces enjeux et échanger sur la mise en oeuvre des recommandations pour un océan mieux protégé. Découvrez notre webinaire en replay Pour aller plus loin Protection de la haute mer : gardons le cap et adoptons un traité ambitieux en 2022 One Ocean Summit : le bilan
Revitaliser les océans !

Réservoirs de biodiversité, régulateurs climatiques, sources d’alimentation … les océans sont cruciaux pour une planète vivante À l’occasion de la journée mondiale des océans, nous avons dressé un panorama des 8 demandes du Comité français de l’UICN pour protéger et restaurer les océans : 1. Protéger la haute mer en mettant en place un réseau d’aires protégées efficaces dont une partie hautement et entièrement protégées. 2. Combattre la pollution plastique en éliminant la production et l’utilisation des plastiques non nécessaires et à usage unique.3. Appliquer des démarches rigoureuses de planification des espaces maritimes pour préserver et protéger les écosystèmes marins.4. Réduire l’incidence de la pêche sur la biodiversité marine et adopter des pratiques durables et respectueuses de l’environnement. 5. Adopter un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins, afin de garantir la protection des écosystèmes et de la biodiversité des grands fonds.6. Renforcer les mesures de protection des espèces marines telles que les mammifères marins et les requins et raies, dont respectivement 25% et 37% sont menacés sur la Liste Rouge mondiale des espèces menacées. 7. Poursuivre la création d’aires marines protégées couvrant au moins 30% de l’océan d’ici 2030 et les gérer efficacement selon le standard de la Liste Verte de l’IUCN. 8. Respecter l’Accord de Paris sur le climat en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et développer les Solutions fondées sur la Nature pour renforcer la résilience des écosystèmes. Pour aller plus loin One Ocean Summit : 8 engagements forts pour l’océan