Résoudre la crise du changement climatique naturellement
Avant le sommet de l’ONU sur le climat qui se tiendra à Durban, l’UICN appelle les décideurs politiques à augmenter les financements consacrés à la lutte contre le changement climatique et à promouvoir des solutions basées sur la nature. L’UICN enverra une délégation d’experts à la 17ème Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui aura lieu à Durban, Afrique du Sud, du 28 Novembre au 9 Décembre 2011. Parmi les défis clés pour l’UICN lors de cette conférence figurent celui de l’adaptation basée sur les écosystèmes pour faire face aux impacts néfastes du changement climatique et celui de la mise en œuvre globale d’un mécanisme de réduction des émissions résultant de la déforestation et de la dégradation des forêts (REDD). Les questions clés • La nature fournit une solution d’adaptation au changement climatique « L’adaptation basée sur les écosystèmes est une solution efficace que les gouvernements devraient incorporer de manière proactive dans les politiques nationales ; ils devraient prendre des mesures immédiates pour la mettre en œuvre sur le terrain », explique Stewart Maginnis, Directeur du programme Environnement et Développement de l’UICN. « Améliorer la gestion des systèmes fluviaux, les récifs coralliens, les mangroves et les forêts contribue directement à la résilience des communautés locales pour faire face aux conséquences, à la fois soudaines et à long terme, du changement climatique. » • Une initiative majeure doit être prise pour promouvoir le développement et la mise en œuvre d’un mécanisme REDD+, écologique et équitable, au niveau national « Un outil qui, à la fois conserve et restaure les ressources forestières et réduit les émissions de gaz à effet de serre, est l’un des rares outils que nous avons d’immédiatement disponible pour diminuer les effets du changement climatique », explique Claire Parker, Conseillère principale de l’UICN des politiques sur les changements climatiques. « Toutefois, pour être efficace, la mise en œuvre doit avoir lieu au niveau national, inclure l’examen de questions telles que la répartition équitable des avantages, et permettre une participation égale de toutes les parties prenantes, y compris les femmes et les peuples autochtones. » • Les gouvernements doivent reconnaître l’importance de la gestion des écosystèmes côtiers « Les gens ne réalisent souvent pas à quel point la nature peut être efficace dans la lutte contre les effets du changement climatique », dit Edmund Barrow, chef du Programme de gestion des écosystèmes de l’UICN.« Le défi est de trouver les moyens les plus appropriés et durables de le montrer. La gestion des écosystèmes côtiers offre un double avantage : non seulement elle permet de protéger les communautés de l’inévitable élévation du niveau de la mer, mais des systèmes côtiers en bonne santé permettent également de capturer et de stocker d’énormes quantités de carbone. » • L’acidification des océans est un défi mondial « Le temps est venu d’agir », explique Dorothée Herr, Chargée du programme marin.« Les décideurs ont besoin de reconnaître et de traiter l’acidification des océans, comme il est maintenant clair que c’est un problème lié au changement climatique qui engendrera des conséquences dévastatrices si rien n’est fait. L’acidification des océans à l’échelle mondiale est causée uniquement par l’augmentation des concentrations de CO2 atmosphérique et représente une menace majeure non seulement pour la biodiversité marine, mais aussi pour la sécurité alimentaire mondiale. » Pour en savoir plus : http://www.iucn.org/unfccc/
Liste rouge européenne : un déclin alarmant des plantes, des mollusques et des poissons d’eau douce
Selon de nouvelles recherches publiées le 21 novembre 2011, le patrimoine naturel européen montre un déclin alarmant. La Liste rouge européenne, qui fait partie de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, a évalué une part importante de la faune et de la flore indigènes d’Europe et découvert qu’une grande proportion des mollusques, des poissons d’eau douce et des plantes vasculaires se classent désormais dans l’une des catégories menacées. L’évaluation de quelque 6000 espèces révèle que 44% de tous les mollusques d’eau douce, 37% des poissons d’eau douce, 23% des amphibiens, 20% d’une sélection de mollusques terrestres, 19% des reptiles, 15% des mammifères et des libellules, 13% des oiseaux, 11% des coléoptères saproxyliques, 9% des papillons et 467 espèces de plantes vasculaires sont maintenant menacées. Janez Potočnik, Commissaire européen à l’Environnement, indique : « Le bien-être des Européens et des hommes du monde entier dépend des biens et des services que fournit la nature. Si nous ne traitons pas les causes qui provoquent ce déclin et que nous n’agissons pas d’urgence pour y mettre fin, nous pourrions payer le prix fort. » Les mollusques d’eau douce sont le groupe le plus menacé de ceux qui ont été étudiés jusqu’à présent. La grande mulette (Margaritifera auricularia), qui était jadis assez répandue, se limite désormais à quelques rivières de France et d’Espagne. Actuellement classée En danger critique d’extinction, elle était considérée comme quasi éteinte dans les années 1980. Cette espèce est l’une des deux pour lesquelles un Plan d’action a été conçu à l’échelle européenne, et des programmes de conservation en cours permettent d’espérer en son avenir. « Ces résultats confirment l’état inquiétant des mollusques européens » indique Annabelle Cuttelod, Coordinatrice de la Liste rouge européenne à l’UICN. « Lorsqu’on les combine au niveau élevé des menaces qui pèsent sur les poissons et les amphibiens d’eau douce, nous pouvons constater que les écosystèmes d’eau douce européens sont vraiment soumis à de graves menaces qui exigent des mesures de conservation urgentes. » Les poissons d’eau douce sont aussi très menacés, spécialement à cause de la pollution, de la surpêche, de la perte d’habitats et de l’introduction d’espèces invasives. Les esturgeons courent un risque particulier : sept des huit espèces européennes sont aujourd’hui En danger critique d’extinction. Dans la catégorie des plantes vasculaires, nous trouvons toutes les parentes sauvages des plantes cultivées ; elles sont vitales pour la sécurité alimentaire et pourtant leur conservation est souvent négligée. L’espèce Beta patula est une proche parente sauvage des betteraves cultivées et une source génétique importante pour l’amélioration de la résistance aux virus. Parmi les autres plantes qui présentent des niveaux de menaces inquiétants citons, entre autres, les parentes sauvages de la betterave sucrière, du blé, de l’avoine et de la laitue qui sont des cultures économiquement importantes en Europe. Mais il y a aussi des nouvelles positives, et les évaluations mettent en évidence la réussite de mesures de conservation bien conçues. De nombreuses espèces protégées en vertu de la Directive Habitats de l’UE et incluses dans le réseau d’aires protégées Natura 2000 ont maintenant de meilleures chances de survie. Centranthus trinervis, une plante endémique de Corse, est passée de En danger critique d’extinction à En danger grâce à la protection stricte dont bénéficie son seul site connu. De plus, le contrôle, depuis une dizaine d’années, d’espèces envahissantes telles que certaines plantes, les chèvres et les rats, a été bénéfique pour la plupart des escargots terrestres de Madère. « Ce sont des signes encourageants qui montrent les bénéfices d’actions de conservation étayées par des politiques fermes » indique Jean-Christophe Vié, Directeur adjoint du Programme mondial de l’UICN pour les espèces, « La poursuite de la mise en oeuvre de la législation européenne actuelle, combinée à de nouveaux programmes de conservation, est essentielle pour préserver ces importantes espèces indigènes et leurs habitats. »` Pour plus d’informations Liza Drius, responsable des communications, UICN Europe, tel +32 2 739 0318 Maggie Roth, relations avec les médias, UICN, tel +1 202 262 5313 Lynne Labanne, responsable des communications, Programme mondial de l’UICN pour les espèces, tel +41 22 999 0153 Pour en savoir plus sur ces résultats Le site mondial de l’UICN >> voir ici Le site de la Liste rouge de l’UICN >> ici
Inciter à l’action par une communication positive
De nouveaux modes de communication, un renouveau des messages, une communication sensible, positive et engageante sont aujourd’hui nécessaires pour mobiliser davantage en faveur de la préservation de la biodiversité. « Love.NotLoss », une vidéo produite par l’UICN, et une nouvelle étude, « Branding biodiversity », publiée par Futerra ont l’objectif d’y contribuer. Grâce aux experts de la Commission Éducation et Communication du Comité français de l’UICN, ces deux outils sont disponibles en français. « Imaginons que l’incroyable complexité de la vie sur Terre puisse être condensée et portée ainsi auprès du grand public ? Imaginons que le mot ‘biodiversité’ ne représente plus seulement un ensemble de concepts scientifiques, mais un sentiment d’émotion mêlé d’admiration et d’émerveillement ? Communiquer sur la biodiversité ne déclencherait-il pas alors des actions de protection dans le monde entier ? ». C’est sur cette nouvelle approche positive et émotionnelle que l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature et le bureau d’étude anglais Futerra proposent de communiquer. Il est important de consacrer une plus grande part de nos messages sur la biodiversité à l’émerveillement et à l’action, afin de promouvoir une nouvelle « culture de la nature » et d’inspirer les changements de comportements en faveur de la biodiversité. Néanmoins, cette approche sensible et positive ne doit pas se substituer aux messages d’alerte sur l’érosion de la biodiversité. L’information via des données factuelles sur la perte d’espèces ou la dégradation des écosystèmes reste essentielle. Les communicants peuvent aider à changer les comportements en faveur de la biodiversité en portant en parallèle les messages d’émerveillement, d’alerte et d’action. Lire la vidéo « Love not loss » Anglais (VO) Vous pouvez également télécharger la vidéo en français. Télécharger l’étude « Branding biodiversity » Français (VF) Anglais (VO) Pour toutes précisions Florence Clap, Chargée de Programme Tél : 01 47 07 71 78 Magali Evanno, Chargée de projet Tél : 01 43 31 02 79
Liste rouge mondiale 2011 : un autre pas vers le baromètre de la vie
Rendue publique le 10 novembre 2011, la dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées illustre les efforts entrepris par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) et par ses partenaires pour accroître le nombre et la diversité des espèces évaluées, en améliorant la qualité des informations afin de dresser un meilleur tableau de l’état de la biodiversité. Avec plus de 61 900 espèces étudiées à ce jour, un autre pas de géant a été franchi pour faire de la Liste rouge un véritable « Baromètre de la Vie », que d’éminents experts appelaient de leurs vœux dans le magazine Science de 2010. « Cette mise à jour nous apporte de bonnes et de mauvaises nouvelles sur le statut de nombreuses espèces du monde entier » dit Jane Smart, Directrice du Programme mondial de l’UICN pour les espèces. « Nous savons que les efforts de conservation donnent des résultat s’ils sont mis en oeuvre à temps, mais sans un ferme soutien politique associé à des efforts ciblés et à des ressources suffisantes, les merveilles de la nature et les services qu’elle nous offre pourraient être perdus pour toujours. » Malgré les actions des programmes de conservation, 25% des mammifères sont menacés d’extinction. Par exemple, la réévaluation de plusieurs espèces de rhinocéros révèle que la sous-espèce de rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest (Diceros bicornis longipes) est désormais officiellement déclarée Eteinte. La sous-espèce de rhinocéros blanc d’Afrique centrale, le rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni), est aujourd’hui à la limite de l’extinction et a été classée parmi les espèces Peut-être éteintes à l’état sauvage. Le rhinocéros de Java (Rhinoceros sondaicus) livre lui aussi sa dernière bataille : la sous-espèce Rhinoceros sondaicus annasmiticus s’est probablement Eteinte au Vietnam, en 2010, suite au braconnage de ce que l’on pense avoir été le dernier spécimen. Même si cela ne signe pas la fin du rhinocéros de Java, cela réduit néanmoins l’espèce à une unique population minuscule et toujours en déclin sur l’île de Java. Les menaces majeures qui pèsent sur ces animaux sont le manque de volonté et de soutien politique en faveur des efforts de conservation dans de nombreux habitats de rhinocéros, les groupes criminels internationaux organisés qui les ciblent, la demande illégale sans cesse croissante de corne de rhinocéros et le braconnage. « Les hommes sont les gardiens de la terre, et nous sommes responsables de la protection des espèces qui partagent notre environnement » dit Simon Stuart, Président de la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN.« Dans les cas du rhino noir de l’Ouest et du rhino blanc du Nord, la situation aurait pu avoir des résultats très différents si les mesures de conservation suggérées avaient été mises en place. Il faut renforcer ces mesures maintenant, et particulièrement gérer les habitats de façon à améliorer les résultats de la reproduction, pour empêcher que d’autres, tel le rhinocéros de Java, disparaissent à leur tour. » La conservation a déjà connu plusieurs succès, comme celui de la sous-espèce de rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum) dont on estime que la population sauvage est passée de moins de 100 individus à la fin du 19ème siècle à plus de 20 000 aujourd’hui. Le cheval de Prjevalski (Equus ferus) est aussi une belle réussite : il a vu passer son statut de En danger critique d’extinction à En danger. Au départ, en 1996, il était classé comme Eteint à l’état sauvage, mais grâce à un programme de reproduction en captivité et à un programme réussi de réintroduction, on estime que la population sauvage compte aujourd’hui plus de 300 individus. Les reptiles constituent une composante importante de la biodiversité, particulièrement dans les habitats arides et sur les îles un peu partout dans le monde. Ces dernières années, de nombreuses nouvelles espèces de reptiles ont été évaluées, notamment la plupart de ceux que l’on trouve à Madagascar. Les résultats, alarmants, révèlent que 40% des reptiles terrestres de Madagascar sont menacés. Les 22 espèces identifiées comme étant En danger critique d’extinction, une catégorie comprenant des caméléons, des geckos, des scinques et des serpents, sont aujourd’hui un vrai défi pour la conservation de la nature. Ces nouvelles informations aident à guider la planification de la préservation de la biodiversité et permettent de faire une évaluation de la protection que les réserves naturelles malgaches offrent aux reptiles. Il est encourageant de savoir que de nouvelles zones de conservation sont créées à Madagascar et qu’elles aideront à préserver une proportion significative des espèces En danger critique d’extinction, comme le caméléon Tarzan (Calumma tarzan), le caméléon au nez bizarre (Calumma hafahafa) et le scinque apode (Paracontias fasika). En raison de leur statut sur la Liste rouge, des espèces qui, de tout temps, ont été ignorées par les efforts de conservation, comme les geckos En dangerParoedura masobe et Uroplatus pietschmanni, figureront de façon plus voyante dans les nouveaux plans. Les plantes sont des ressources essentielles pour le bien-être des hommes ; elles sont des composantes critiques des habitats sauvages. Elles sont pourtant sous-représentées dans la Liste rouge de l’UICN. Le travail actuellement en cours pour améliorer leur connaissance inclut une évaluation de tous les conifères. A ce stade, les résultats révèlent certaines tendances troublantes. Le sapin d’eau chinois (Glyptostrobus pensilis), par exemple, qui était jadis très répandu en Chine et au Vietnam, est passé de En danger à En danger critique d’extinction. La principale cause de déclin est la perte d’habitat au profit de l’agriculture intensive, et il semble bien qu’en Chine, il ne subsiste aucun plant sauvage. La plus grande des populations récemment découverte au Laos a été détruite par l’inondation créée par la construction d’un projet hydraulique et très peu d’arbres sur le sol vietnamien, s’il en reste, produisent encore des semences viables, ce qui signifie que cette espèce se dirige rapidement vers le statut Eteint à l’état sauvage. Un autre exemple, le Taxus contorta, qui est utilisé pour la production de Taxol, un médicament utilisé en chimiothérapie, est passé de Vulnérable à En danger à cause de sa surexploitation à des fins médicinales
La Réunion : incendies dans le site du Patrimoine mondial
L’UICN et l’UNESCO suivent avec préoccupation la situation dans les Pitons, cirques et remparts de La Réunion, site inscrit sur la liste des biens naturels du Patrimoine mondial en 2010, où les incendies font rage depuis le 25 octobre avec de graves conséquences sur la biodiversité. Selon les premiers rapports du Parc national de la Réunion, presque 3.000 ha des 100 000 ha du site du Patrimoine mondial ont été détruits par les incendies. De nombreux milieux naturels ont été atteints. Vingt-six espèces de plantes rares sont déjà connues pour avoir été touchées par les incendies. Seize de ces espèces sont répertoriées comme menacées sur la Liste rouge de l’UICN. Les incendies ont également fortement affecté la faune, en premier lieu desquels les invertébrés, mais aussi les aires de nidification d’oiseaux tels que les Oiseaux verts (Zosterops olivaceus), Tec-Tec (Saxicola tectes), Papangues (Circus maillardi). Par ailleurs, il est à craindre pour la survie de la population réunionnaise de Lézard vert des Hauts (Phelsuma borbonica) récemment découverte dans la zone touchée par les incendies. Le site a été inscrit sur la liste du Patrimoine mondial en 2010 pour sa biodiversité exceptionnelle et pour la beauté de son paysage de forêts subtropicales, de forêts de nuages et de landes, dominé par deux pics volcaniques et trois cirques bordés de falaises. Le Centre du Patrimoine mondial de l’UNESCO a demandé à l’Etat français de lui fournir un rapport détaillé afin d’évaluer les impacts des incendies sur les valeurs pour lesquelles le site est inscrit sur la liste du Patrimoine mondial. L’UICN a également proposé son expertise scientifique pour évaluer les impacts de ces incendies sur la biodiversité réunionnaise.
Les ONG africaines bénéficiaires de 2,2 millions d’euros sur 2011-2013 pour de nouvelles actions sur l’environnement
Le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN France) renouvellent leur partenariat dans le cadre du programme de petites initiatives. La mobilisation des acteurs locaux de la société civile africaine est essentielle pour faire progresser la protection de l’environnement. C’est pour accompagner le renforcement de leurs capacités à répondre aux enjeux de la biodiversité et de la lutte contre le changement climatique que le FFEM et l’UICN France engagent la troisième phase du Programme Petites Initiatives (PPI 3). Un financement de 2.2 millions d’euros pour la période 2011-2013 permettra de soutenir 40 nouveaux projets, avec une priorité sur cinq pays : Burkina Faso, Ghana, Togo, Cameroun et République Démocratique du Congo. Chaque projet est une histoire originale qui répond à des réalités de terrain et à une demande des communautés locales qui montre ainsi l’engagement de la société civile africaine à s’investir dans la préservation de l’environnement. Les actions réalisées concernent différentes thématiques comme : la conservation et la valorisation de zones humides, côtières ou marines à travers la protection des habitats (forêts littorales à Madagascar, mangroves au Ghana), l’amélioration des ressources halieutiques lacustres (RDC), le développement d’activités éco-touristiques liées à l’avifaune (Bénin), la création d’espaces protégés (Madagascar) ; le suivi scientifique et la protection d’espèces menacées comme les gorilles de plaines et de montagne, les baleines, les tortues marines ou les hippopotames ; la gestion de forêts tropicales communautaires et le développement de filières durables de commercialisation des produits forestiers non ligneux ; le traitement des déchets avec une valorisation des crédits carbone (Cameroun, Madagascar, Mozambique et Togo). Ces ONG ont développé de nombreuses expériences et méthodes permettant d’apporter des solutions concrètes aux défis de l’environnement, montrant toute la richesse des initiatives locales. Entre 2006 et 2011, environ 100 projets ont été subventionnés dans 25 pays. Tous les renseignements sur le programme et les critères de sélection des projets sont disponibles sur www.ffem.fr et sur la page dédié au Programme de Petites Initiatives (PPI). Le programme de Petites Initiatives du Fonds Français pour l’Environnement Mondial est soutenu, depuis sa création, par le Ministère du développement durable et le Ministère des Affaires étrangères et européennes.
Un nouveau guide pour la pisciculture durable
Le Comité français de l’UICN et le Secrétariat de l’UICN viennent d’éditer en partenariat un nouvel ouvrage intitulé « Réflexions et recommandations pour la pisciculture de truites ». L’UICN travaille depuis plusieurs années sur le thème de l’aquaculture durable. Faisant suite à trois précédentes publications sur ce sujet, cette nouvelle et quatrième étude concerne plus spécifiquement la pisciculture de la truite arc-en-ciel, qui représente plus de 95% du tonnage produit en France. L’aquaculture connait un fort développement au niveau mondial (représentant aujourd’hui environ la moitié de la production de ressources aquatiques pour la consommation humaine selon la FAO), et doit apporter des réponses aux enjeux environnementaux. Ce guide est destiné aux acteurs de la filière, mais aussi aux autres parties prenantes : associations, établissements publics, services de l’Etat et des collectivités locales, ainsi qu’au grand public intéressé par ce sujet. Son objectif est de sensibiliser sur les enjeux liés à cette filière et d’informer sur les réflexions et efforts qui sont développés en matière de durabilité par les acteurs professionnels. Le guide, qui propose au final un ensemble de recommandations, est construit sur 3 niveaux d’approche spatiale (filière, territoire et site), et décliné sur 3 approches thématiques (environnementale, économique et sociétale). Des focus sont également menés sur des points particuliers. Par exemple, 37 recommandations sont développées au niveau de la filière, basées sur 3 messages-clés : la filière est à l’origine de services écologiques, la filière est à la base de pollutions à gérer, et la filière connait le milieu et l’écologie des espèces. Ce guide a bénéficié du soutien du Ministère chargé de l’agriculture et de la pêche (Direction de la Pêche Maritime et de l’Aquaculture – DPMA) et a été réalisé grâce à la contribution de plusieurs experts de la filière (ITAVI, CIPA, FFA, FEAP, INRA) et de l’UICN. Le guide est téléchargeable sur le lien suivant : https://www.iucn.org/sites/dev/files/import/downloads/reflexions_et_recommandations_pour_la_pisciculture_de_truites.pdf
Wangari Maathai : la nature perd une héroïne
L’UICN est profondément attristée par le décès de Wangari Maathai, qui figure parmi les plus grands militants de l’environnement et défenseurs de la justice sociale, des droits humains, de la paix et de la démocratie. Wangari Maathai, est décédée à Nairobi, à l’âge de 71 ans. Le Professeur Wangari Muta Maathai était internationalement reconnue pour sa lutte permanente en faveur de la démocratie, des droits humains et de l’environnement. Elle a été la première femme africaine à remporter le Nobel de la Paix. En 1977, Wangari Maathai a lancé le mouvement de la ceinture verte « Green Belt Movement », pour encourager les femmes dans le Kenya rural à planter des arbres afin d’améliorer leurs conditions de vies (meilleur accès à une eau de qualité, fourniture de bois de chauffage, et autres ressources). Le mouvement a apporté des changements positifs pour les femmes des zones rurales et inspiré de très nombreuses autres femmes à travers le monde. « L’UICN a perdu une grande amie et un modèle », a indiqué la Directrice générale de l’UICN, Julia Marton-Lefèvre. « Une femme qui n’avait jamais peur de mettre sa propre vie en danger au nom des valeurs qu’elle défendait. Elle avait le pouvoir d’inspirer les femmes de son Afrique natale mais aussi de toucher les communautés dans les régions les plus reculées du monde ». En Décembre 2002, le professeur Wangari Muta Maathai a été élue au parlement kenyan et fut nommée Ministre adjoint de l’Environnement et des Ressources naturelles. Elle était également la première femme à obtenir un doctorat en Afrique de l’Est. En 2004, elle a remporté le Nobel de la Paix pour sa contribution au développement durable, à la démocratie et à la paix. « La vie de Wangari Maathai est un exemple parfait montrant comment, avec beaucoup de courage et de détermination, il est possible de dépasser toutes les limites possibles, fixées par la société », dit Julia Marton-Lefèvre. « Elle va nous manquer son mais son héritage continuera d’inspirer les gens à travers le monde ». En 2005, lors de la conférence internationale sur la biodiversité organisée à Paris, le Comité français de l’UICN avait organisé une rencontre unique entre les représentants des organismes membres de l’UICN et Wangari Maathai qui avait notamment déclaré : « Pour réussir un projet environnemental, il faut réunir trois conditions : s’engager, persévérer et faire preuve de patience ! ».
La France signe le protocole de Nagoya
La France a signé le 22 septembre 2011 le protocole de Nagoya, adopté l’année dernière lors de la 10ème conférence de la Convention sur la Diversité Biologique. Ce protocole a pour but de réglementer l’accès aux ressources génétiques et de promouvoir le partage juste et équitable des avantages issus de leur utilisation. Huit ans de négociations ont été nécessaires pour que les Etats, parties à la la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), s’entendent sur un « régime international » concernant l’accès et le partage des avantages issus de l’exploitation des ressources génétiques. La dixième réunion de la Conférence des Parties à la Convention (CBD COP10), qui a eu lieu en octobre 2010 à Nagoya, au Japon, a approuvé le texte du protocole après d’intenses négociations. Parfois critiqué en raison de l’ambiguïté et la généralité d’un certain nombre de ses dispositions, la suppression de références litigieuses et l’utilisation de termes vagues, le protocole constitue néanmoins un cadre solide pour réglementer l’accès et le partage des avantages issus de l’utilisation de la biodiversité. Le protocole vise à assurer une sécurité juridique tant pour les fournisseurs (principalement les pays riches en biodiversité) que pour les utilisateurs (entreprises pharmaceutiques, entreprises de bio-prospection et institutions de recherche principalement localisées dans les pays industrialisés) vis-à-vis des ressources génétiques et des savoirs traditionnels associés. Il aura notamment pour effet de lutter contre la bio-piraterie. Ainsi, lorsqu’un « utilisateur » souhaitera exploiter les ressources génétiques issues de la biodiversité d’un pays « fournisseur » (ex : développement d’un médicament ou d’un produit cosmétique), il devra obtenir un permis d’accès auprès des autorités du pays et définir les conditions de partage des bénéfices découlant de leur utilisation. En cas de défaillance et de non respect des engagements pris, le protocole prévoit la possibilité de poursuite et de sanctions. L’adoption de ce protocole est une étape majeure dans la réponse au troisième objectif de la Convention, le « partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques » et l’application de la Convention elle-même. Le Protocole de Nagoya entrera en vigueur 90 jours après la 50ème ratification par les Etats. La onzième réunion de la Conférence des Parties à la CDB, qui se tiendra en Inde du 8 au 19 octobre 2012, pourrait accueillir la première réunion des Parties au Protocole, à condition que les 50 ratifications aient eu lieu avant le 10 Juillet 2012. Le Secrétaire général de l’ONU et le Secrétaire exécutif de la CDB ont appelé les Parties à accélérer le processus de ratification du Protocole et a souligné sa contribution importante au développement durable, à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement et à la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité. Au 22 septembre 2011, 54 Etats ont signé le protocole de Nagoya mais aucune ratification n’est encore enregistrée.
Le 10ème Congrès français de la nature adopte 13 recommandations et deux messages
Le 10ème Congrès français de la nature, organisé par le Comité français de l’UICN, a adopté 13 nouvelles recommandations sur les enjeux de la biodiversité ainsi que 2 messages à l’occasion de l’année internationale des forêts et de l’année des outre-mer. Réunis le 27 juin 2011 à Paris pour la 10ème édition du Congrès français de la nature, les organismes et les experts du Comité français de l’UICN ont adopté 13 nouvelles recommandations sur les sujets suivants : Politiques de la biodiversité • Stratégie nationale de la biodiversité 2011-2020 • Agence nationale de la biodiversité Ecosystèmes • Développement des énergies renouvelables et conservation de la biodiversité • Gestion intégrée des ressources en eau en montagne • Protection des canyons marins de la Méditerranée • Protection des écosystèmes océaniques profonds dans le cadre de l’exploitation des ressources minières Aires protégées • Pour une stratégie volontariste des parcs nationaux • Renforcement du parc national des Calanques Outre-mer • Orpaillage en Guyane • Forages pétroliers offshore en Guyane • Extension de la piste d’aéroport de Mayotte Espèces • Protection de l’Ours brun dans les Pyrénées • Protection des oiseaux marins dans les mers australes Le congrès a également adopté deux messages à l’occasion de l’année internationale des forêts et de l’année des outre-mer : • Message de l’UICN France pour l’année internationale des forêts • Message de l’UICN France pour l’année des outre-mer Le congrès a enfin lancé officiellement le premier concours pour la préservation des récifs coralliens d’outre-mer à destination des élus, organisé par l’IFRECOR (Initiative française pour les récifs coralliens), dont le Comité français de l’UICN est membre (en savoir plus) Document joint Programme Congrès français de la nature 2011