Feu vert pour la Liste verte des aires protégées de l’UICN !

Avec la poursuite de plusieurs projets pilotes, les préparatifs de la Liste verte des aires protégées efficacement gérées de l’UICN progressent bien, dans la perspective de l’inauguration officielle de cette Liste au Congrès mondial des parcs de 2014, qui aura lieu en Australie. La Liste verte de l’UICN célébrera les succès des aires protégées. Elle servira d’étalon de mesure des progrès vers une gestion efficiente et équitable, et permettra de récompenser l’innovation, l’excellence et l’esprit d’initiative. Pour être inscrite à la Liste verte de l’UICN, une aire protégée devra atteindre un seuil convenu en matière d’application des critères, et notamment remplir ses objectifs de conservation, bénéficier d’une gestion efficace et favoriser une gouvernance équitable. « La Liste verte de l’UICN apportera une contribution précieuse aux améliorations de la conservation d’aires protégées », déclare Trevor Sandwith, directeur du Programme mondial des aires protégées de l’UICN, qui assure la supervision de l’initiative en partenariat avec la Commission mondiale des aires protégées. « La Liste verte aura un effet de motivation puissant, aidant les gestionnaires des aires protégées à appliquer les normes et à offrir des exemples démonstratifs sur les meilleures pratiques de gestion ». L’inscription d’une aire protégée à la Liste verte de l’UICN aura notamment pour avantage de lui attirer plus de reconnaissance internationale, de soutien politique et de tourisme de qualité. Elle aura également pour effet de motiver les responsables et les autres membres du personnel. L’initiative est actuellement testée dans le cadre de projets entrepris par Parques Nacionales Naturales en Colombie, par le Service coréen des parcs nationaux, et par CA/TS (Conservation Assured/Tiger Standards), un programme de conservation des tigres géré par le WWF dans les États de l’aire de répartition du tigre. « J’ai décidé d’accepter l’invitation généreuse à ce que la Colombie soit l’un des pays à accueillir cette initiative innovante parce que je juge très utile pour notre pays de pouvoir déterminer lequel de ses parcs nationaux s’acquitte bien de toutes les tâches qui sont liées à l’efficacité de la gestion des aires protégées », déclare Julia Miranda Londoño, directrice de Parques Nationales Naturales Colombia. « Le partage de bonnes pratiques est un très bon moyen de relever les normes de gestion des aires protégées, ce qui ne pourra qu’aboutir à améliorer la conservation de la nature en Colombie ». La Liste verte de l’UICN aidera également les gouvernements nationaux et leurs partenaires engagés dans la conservation à atteindre les objectifs prévus par la Convention d’Aichi sur la diversité biologique, et en particulier la Cible 11, qui stipule que d’ici à 2020, au moins 17 pour cent des terres émergées de la planète et 10 pour cent des zones marines devront faire l’objet d’une gestion effective et équitable.

Le temps presse pour les coraux des Caraïbes

Il reste ne reste plus beaucoup de temps pour sauver les récifs coralliens des Caraïbes. Des mesures d’urgence s’imposent pour limiter la pollution et réglementer les pratiques de pêche agressives qui menacent l’existence des récifs coralliens dans les Caraïbes, souligne l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans un nouveau rapport. La couverture moyenne des récifs caribéens par du corail vivant a considérablement baissé et n’est plus que de 8 % aujourd’hui, contre plus de 50 % dans les années 1970, constate ce rapport. De plus, le taux de déclin sur la plupart des récifs ne montre aucun signe de ralentissement, bien que la détérioration du corail vivant au large des Antilles néerlandaises et des Iles Caïman notamment, soit moins prononcée, une superficie pouvant atteindre jusqu’à 30 % y subsistant encore selon les îles. Celles-ci sont moins exposées aux impacts humains ainsi qu’aux catastrophes naturelles telles que les ouragans. « Les causes principales de ce déclin des coraux sont bien connues et comprennent la surpêche, la pollution, les maladies et l’effet blanchissant causé par l’élévation des températures due à l’usage de combustibles fossiles », déclare Carl Gustaf Lundin, directeur du Programme marin et polaire mondial de l’UICN. « Pour le futur, il sera impératif de réduire dès que possible et drastiquement la totalité des impacts humains si l’on veut garantir la survie des récifs coralliens et des pêches vitales qui en dépendent pour les décennies à venir ». L’UICN appelle à la stricte mise en vigueur d’actions locales destinées à améliorer la santé des coraux, y compris une limitation des prises par l’application de quotas, une extension des aires marines protégées, l’arrêt des ruissellements d’origine terrestre, et une réduction de la dépendance mondiale à l’égard de combustibles fossiles. Par le biais du Réseau mondial de surveillance des récifs coralliens coordonné par l’UICN, des initiatives ont été lancées pour renforcer la collecte de données sur le déclin des coraux au niveau mondial. « Il nous faut élaborer des paramètres universels simples pour mesurer l’état et l’évolution des récifs coralliens partout dans le monde, et mettre sur pied une base mondiale de données qui soit librement et aisément disponible à tous », déclare Jeremy Jackson, directeur scientifique du Réseau mondial de surveillance des récifs coralliens. « Nous entendons relever ce défi en étendant la méthodologie de nos analyses dans les Caraïbes sur l’ensemble des mers tropicales. Les résultats de ces études distinctes seront affichées en ligne au fur et à mesure de leur exécution et dégageront une synthèse globale d’ici à 2016 ». Télécharger le rapport

Lancement d’un nouveau rapport mondial sur les aires protégées

Les aires protégées (parcs, réserves, et autres espaces naturels) contribuent à réduire la déforestation et la perte d’habitats et d’espèces ainsi qu’à appuyer les moyens de subsistance de plus d’un milliard de personnes, tout en assurant le maintien de 15 % des stocks de carbone du monde, indique un nouveau rapport présenté aujourd’hui au Congrès mondial de la nature 2012 de l’UICN. Le rapport « Planète protégée 2012 » (Protected Planet 2012) indique que le nombre et la superficie des aires protégées sont en progression. Celles-ci s’étendent aujourd’hui sur 12,7 % des terres émergées et 1,6 % des mers de la planète. « Les aires protégées ont apporté une contribution significative à la conservation de la biodiversité de la planète et il est vital, pour la prospérité du monde et des communautés de demain, d’en accroître la superficie et l’efficacité », déclare Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l’UICN. « Ces riches zones naturelles ont une grande importance pour les populations qui en dépendent pour tirer leur nourriture et leur eau potable, pour la régulation du climat, et pour la réduction des impacts des catastrophes naturelles ». Ce nouveau rapport mesure les progrès réalisés par rapport aux objectifs d’Aichi, promulgués il y a deux ans par la Convention sur la diversité biologique (CBD) et visant à porter à au moins 17 % et 10 % respectivement la part des superficies terrestres et marines sous gestion et conservation équitables d’ici à 2020. Ce document est le fruit d’une collaboration entre l’UICN, le Centre mondial de surveillance pour la conservation du PNUE (CMSC) et d’autres partenaires. Il montre que de 1990 à 2010, la couverture globale des aires protégées est passée de 8,8 % à 12,7 % sur les terres émergées (eaux intérieures comprises) et de 0,9 % à 4 % dans les zones marines sous juridiction nationale. Cependant tout juste 1,6 % de la superficie marine totale sont actuellement protégés. Pour remplir les objectifs d’Aichi en matière d’aires protégées, il faudrait que des étendues de terres et d’eaux intérieures totalisant le double de la superficie de l’Argentine, c’est-à-dire plus de 6 millions de kilomètres carrés, soient identifiées et protégées. En ce qui concerne les océans, il faudrait porter la superficie des aires protégées à celle de l’Australie, soit 8 millions de kilomètres carrés. Les efforts de création des espaces protégés doivent donc être poursuivis tout en assurant leur gestion efficace. Les aires protégées connaissent aujourd’hui une diversification rapide sous certains aspects qui sont cruciaux pour leur succès, en particulier au niveau des dispositions relatives à leur gestion et leur gouvernance. Selon le rapport, près de la moitié des aires protégées du monde est située dans des zones à utilisations durables (catégorie VI de l’UICN) et à paysages terrestres/marins protégés (catégorie V de l’UICN), et près du quart d’entre elles sont gérées par des acteurs non gouvernementaux ou suivant des dispositions de cogestion, celles-ci impliquant fréquemment des populations autochtones ou des communautés locales. Il s’agit de la première édition du Rapport Planète Protégée. Il est prévu de le publier tous les deux ans, la prochaine édition devant sortir avant le Congrès mondial des parcs de l’UICN et la 12ème Conférence des parties à la CDB de 2014. Les futures éditions présenteront une information actualisée sur les progrès réalisés vers l’atteinte des objectifs d’Aichi ainsi que des données sur les indicateurs existants concernant les aires protégées et les travaux visant à en réaliser la connectivité.   Pour télécharger le rapport  https://cmsdata.iucn.org/downloads/protected_planet_report.pdf

Ouverture du congrès mondial de l’UICN en Corée

Le Congrès mondial de la nature de l’UICN, la plus grande et plus importante manifestation mondiale sur la conservation, commence ses travaux aujourd’hui sur l’île de Jeju, en Corée du Sud Plus de 8000 personnes venant de 170 pays vont participer au 5ème Congrès mondial de la nature en vue de discuter et de s’accorder sur les solutions à apporter aux problématiques les plus pressantes en matière d’environnement et de développement. Le Congrès mondial de l’UICN se tient tous les quatre ans. Ce 5ème Congrès, qui prendra fin le 15 septembre 2012, rassemble des organisations gouvernementales et non gouvernementales, des scientifiques et des représentants d’entreprises et de collectivités locales du monde entier qui examineront ensemble les solutions que la nature est en mesure d’apporter à un grand nombre de nos problèmes. « En soi, la nature est forte, mais nous devons améliorer son aptitude à s’adapter rapidement au changement », déclare Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l’UICN. « Si nous parvenons à rendre la nature plus résistante, nous constaterons que les écosystèmes deviendront plus résilients, et que les personnes, les communautés et les économies humaines seront en meilleure santé ». Un large éventail de questions est prévu à l’ordre du jour. On abordera notamment la situation actuelle des espèces menacées et des espaces protégés, la menace grandissante pesant sur les populations de thons, l’état des récifs coralliens et la nécessité urgente pour les pays de ne plus émettre de déclarations erronées sur l’état de protection des océans. Le Congrès sera également marqué par l’annonce de plusieurs initiatives, partenariats, et nouveaux engagements financiers. On y parlera également de changement climatique, de sécurité alimentaire, de développement et de gouvernance. Alors que les thèmes relatifs à la conservation seront principalement abordés sous leur dimension planétaire, plusieurs enjeux locaux seront également examinés. Des spécialistes coréens et allemands débattront des meilleurs moyens de valoriser la zone démilitarisée, située entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, qui présente une nature étonnamment intacte, pour y promouvoir la paix, en se servant de l’expérience menée sur la zone de l’ancien Rideau de Fer en Europe. Il sera également question de replantation et de restauration des forêts qui ont été détruites en Corée du Nord, le long de la frontière. Les délégués auront l’occasion d’accueillir de nombreuses personnalités prestigieuses, et notamment le Président Sud-Coréen Lee Myung-bak, la militante des droits de l’homme Bianca Jagger, l’écrivaine et océanographe Sylvia Earle, la chanteuse/auteur-compositeur japonaise Iruka et le prince Carl Philip de Suède, ainsi que de nombreux dirigeants d’entreprises, des ministres et des responsables d’importantes ONG ou agences des Nations Unies. Suivez le Congrès mondial de la nature de l’UICN sur www.iucn.org/congress

11 motions des membres français seront débattues au Congrès mondial de l’UICN

Les membres français de l’UICN présenteront 11 motions lors du 5ème Congrès mondial de la nature sur des sujets cruciaux comme la réforme des aides financières néfastes à la biodiversité, l’exploitation des hydrocarbures, la protection des océans, l’outre-mer européen, la coopération avec les collectivités locales, les aires marines protégées et les énergies renouvelables. Suite au Congrès français de la nature qui s’est tenu en avril 2012, les membres français de l’UICN ont décidé de soumettre 11 motions sur des sujets d’importance internationale au prochain Congrès mondial de la nature (6-15 septembre 2012, Jeju, Corée du Sud). Les 11 motions ont été retenues par le Groupe de travail international sur les résolutions de l’UICN et seront donc soumises au vote de l’Assemblée générale de l’UICN. Ces motions sont les suivantes : MOTION 006 – Coopération avec les collectivités territoriales pour la mise en œuvre du nouveau programme mondial de l’UICN MOTION 059 – Protection des canyons de la Méditerranée MOTION 097 – Renforcement de la politique de la mer et des océans MOTION 098 – Accélérer le rythme de création d’aires marines protégées à l’échelle mondiale et la certification de l’efficacité de leur gestion MOTION 100 – Renforcement des dispositifs européens pour la biodiversité en outre‐mer MOTION 105 – Protéger les écosystèmes et la diversité biologique des grands fonds marins des menaces provoquées par l’exploitation minière des fonds marins MOTION 116 – Développement des énergies renouvelables et conservation de la biodiversité MOTION 118 – Exploration et exploitation des hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels MOTION 119 – Forages pétroliers offshore en Guyane, Surinam et Guyana MOTION 120 – Forages pétroliers offshore en Méditerranée MOTION 143 – Réforme des aides financières dommageables à la biodiversité Au total, 173 motions seront examinées et votées par l’Assemblée générale de l’UICN. Les textes, édités dans les trois langues officielles de l’UICN (anglais, français, espagnol), sont consultables sur le site internet du congrès : http://portals.iucn.org/2012motions/ Vous trouverez ci-dessous un document récapitulatif avec la liste de toutes les motions en français. Deux motions ont été également soutenues par des membres français : la motion 004 « Création d’un mécanisme relatif à l’éthique à l’UICN » et la motion 164 « De l’importance de ne pas régresser dans le domaine du droit et de la politique de l’environnement ». Pour tout savoir sur le prochain Congrès mondial de l’UICN, visitez le site internet dédié à l’événement. Document joint Liste des motions UICN Jeju 2012

Services écologiques en France : publication du 1er volume (contexte et enjeux)

L’UICN France publie un panorama sur les services écologiques fournis par les écosystèmes en France afin renforcer leur connaissance et, dans une seconde étape, leur intégration dans les politiques et projets sur tout le territoire français. Un premier volume fait le point sur leur définition, caractérisation et évaluation aux niveau international et national. Le Comité français de l’UICN mène des travaux depuis 2008 sur les services rendus par les écosystèmes, en lien avec divers travaux produits au niveau international. Ces travaux visent à fournir une base scientifique solide pour guider la décision politique et aider à sensibiliser les décideurs à l’importance de préserver les services écologiques rendus par les écosystèmes en France. Le Comité français de l’UICN propose ainsi de : synthétiser et rendre accessibles les connaissances sur cette thématique, favoriser les échanges entre les acteurs, renforcer la prise en compte des services écologiques dans les politiques et les actions. L’objectif de ces travaux est de parvenir à l’élaboration de recommandations pour guider les politiques publiques afin que les services écologiques fournis par les écosystèmes puissent être préservés, à toutes les échelles, du niveau national au niveau local. Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui le premier volume qui présente le contexte et les enjeux : Qu’est-ce qu’un service écologique ? Comment se caractérise-t-il par rapport à une fonction écologique ? Quelles sont les grandes catégories de services fournis ? Quelles sont les principales menaces pesant sur les écosystèmes et les services qu’ils fournissent ? Dans une seconde partie, les premiers pas du concept sont retracés et les principaux temps forts qu’ont constitués la sortie du MEA (Millennium Ecosystem Assessment), l’étude TEEB (Économie des écosystèmes et de la biodiversité), et les réflexions et travaux qu’ils ont engendrés aux niveaux européen et national. Enfin, la responsabilité française est rappelée, en raison de l’importante richesse en milieux naturels de son territoire et des menaces pesant sur eux, ainsi que les premières questions méthodologiques, liées notamment à la classification. Contact Pauline Teillac-Deschamps, Chargée de Programme Justine Delangue, Chargée de mission Document joint UICN France – Services écologiques (volume 1)

Guyane : permis accordés pour l’exploration pétrolière profonde

La satisfaction du Comité français de l’UICN concernant l’arrêt des forages pétroliers en Guyane, en accord avec sa demande de moratoire adoptée en 2011, aura été de courte durée. Le gouvernement français est revenu sur la décision de la Ministre de l’écologie de suspendre les permis, et les autorisations pour la poursuite des forages exploratoires d’hydrocarbures au large de la Guyane ont été accordées. Alors que la communauté internationale était rassemblée à Rio pour la conférence du vingtième anniversaire du Sommet de la Terre, à quelques kilomètres, la Préfecture de Guyane signait l’autorisation des forages exploratoires au large de la Guyane. Plusieurs organisations environnementales avaient pourtant souligné les lacunes sur la notice d’impact, la consultation publique, les rejets d’hydrocarbures et la gestion des risques de pollution. Les documents fournis par les pétroliers ne proposent notamment pas de solution pour minimiser les impacts des études sismiques sur les nombreux mammifères marins qui fréquentent les eaux guyanaises. Aucun dispositif efficace n’est également prévu en cas de marée noire qui, en plus des impacts sur les écosystèmes marins et littoraux, engendrerait de graves conséquences économiques pour les pêcheries guyanaises. Plus largement, ces projets à hauts risques ne placent pas la France sur la voie de la transition énergétique et de la lutte contre le changement climatique. Les élus guyanais ont joué également un rôle important en soutenant, auprès du gouvernement, la poursuite de l’exploration pétrolière. Le développement durable de la collectivité doit cependant être basé sur la valorisation de ses ressources renouvelables et de ses richesses écologiques. La Guyane a en effet des atouts pour développer d’autres leviers économiques comme les énergies renouvelables, l’écotourisme, la pêche durable ou la recherche. Ce potentiel économique pour la collectivité permettrait d’enclencher la transition écologique, thème central de la campagne présidentielle française et de la Conférence de Rio+20. Photo bandeau : © Arria Belli – Flickr – CC BY-SA 2.0

Un site naturel du Patrimoine mondial sur dix est en péril, d’après l’UICN

La session annuelle du Comité du Patrimoine mondial de l’UNESCO, qui s’ouvre à Saint-Pétersbourg dimanche, va examiner l’inscription de 36 nouveaux sites sur la Liste en tant que bien naturels ou culturels, ainsi qu’un certain nombre de rapports de suivi sur des sites déjà inscrits. Cependant, si les recommandations de l’UICN visant à inscrire quatre nouveaux sites sur la Liste du Patrimoine mondial en péril sont acceptées, 21 sur les 211 sites naturels du Patrimoine mondial, soit un sur dix, sera officiellement « en danger ». « Les sites du Patrimoine mondial ont une valeur emblématique pour la conservation sur la planète, mais ils se trouvent pourtant soumis à des pressions croissantes », dit Tim Badman, Directeur du Programme du Patrimoine mondial à l’UICN. « La Convention, qui fête ses 40 ans cette année, devra en faire beaucoup plus pour protéger les sites inscrits sur la Liste dans les dix années à venir, tout particulièrement pour ceux qui sont en péril, si l’on veut que l’inscription sur la Liste du Patrimoine mondial reste un modèle de référence incontestable. Pour célébrer ses 40 années d’existence, la Convention a choisi le thème des communautés, et nous pensons que les avantages apportés par le Patrimoine mondial aux populations concernées représentent un élément clé du succès de la conservation des sites. » L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), organe consultatif du Patrimoine mondial pour la nature, présentera des recommandations techniques relatives à quatre nouveaux sites naturels et les résultats de ses missions de suivi sur des sites du Patrimoine mondial dont la valeur est menacée. L’UICN propose l’inscription de quatre sites naturels : le Trinational de la Sangha, un complexe partagé par le Cameroun, la République centrafricaine et le Congo, les lacs d’Ounianga (Tchad), le site fossilifère de Chengjiang (Chine) et le lagon sud des îles Chelbacheb (Palaos). En outre, des rapports seront présentés sur 56 autres sites emblématiques, notamment sur les problèmes que rencontrent les îles Galápagos, la Grande Barrière de corail australienne et le Serengeti. L’UICN recommande l’inscription des Parcs nationaux du Lac Turkana (Kenya), de la Zone de gestion des Pitons (Sainte-Lucie), des Forêts vierges de Komi (Fédération de Russie), de la Réserve de faune du Dja (Cameroun) et des Parcs du lac Turkana (Kenya) sur la Liste du Patrimoine mondial en péril. Les sites du Patrimoine naturel d’Afrique centrale et occidentale comptent parmi les plus menacés, en raison des activités minières, du braconnage et des conflits armés. Des sites emblématiques, tels que le Parc national Niokolo-Koba au Sénégal et le Parc national du Manovo-Gounda St Floris en République Centrafricaine sont en danger imminent de perdre leur Valeur universelle exceptionnelle. Dix sur les seize sites naturels et mixtes (naturels et culturels) de la région sont inscrits sur la Liste du Patrimoine en péril. « Le besoin de mesures urgentes pour sauver ce qui reste de ces parcs est évident », dit Mariam Kenza Ali, responsable de la conservation du Patrimoine mondial à l’UICN. « Ainsi, au Niokolo-Koba au Sénégal, la population d’éléphants est presque inexistante, il reste très peu de lions et la population de la plupart des espèces d’antilopes a été décimée. La situation est la même au Parc national de la Comoé en Côte d’Ivoire et elle est également critique dans bien d’autres aires protégées de la région. Il est difficile de trouver du financement pour des plans de sauvetage et, parfois, la volonté politique manque cruellement. » La prospection minière, pétrolière et gazière à l’intérieur des sites du Patrimoine mondial se développe également, d’après l’UICN. Ces activités sont en train de causer des dommages irréversibles à des sites d’une valeur exceptionnelle, comme le Parc national des Virunga en RDC et les forêts vierges de Komi en Russie. Un rapport indépendant sur les sites du Patrimoine mondial et les industries extractives sera présenté pendant la session du Comité à Saint-Pétersbourg. Il recommande notamment d’établir des règles égales pour tous les acteurs, de façon à ce que les politiques liées aux industries extractives soient aussi homogènes que possible, indépendamment du pays où se trouve le site concerné du Patrimoine mondial.

Rio+20 : investissez dans la nature !

Les décideurs politiques doivent repenser la croissance économique, promouvoir l’équité sociale et assurer la protection environnementale, dit l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (CNUDD). L’économie verte et la mise en place d’un cadre institutionnel favorable au développement durable et à l’éradication de la pauvreté sont au coeur des débats. « La nature est toujours le chaînon manquant dans les débats de Rio+20, alors même qu’on ne peut réaliser le développement durable sans elle », dit Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « La nature peut apporter des solutions aux grands défis du développement, comme le changement climatique et la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique. Elle le fait déjà. Le moment est venu pour les gouvernements d’incorporer la nature dans leurs stratégies de développement. » L’UICN prône un développement social et économique qui donne à la nature une place centrale et adopte des mesures pour assurer l’équité. Cette démarche comprend des questions cruciales, comme des emplois décents, l’énergie, le développement durable comme réponse aux crises économiques et financières, la sécurité alimentaire, l’eau, les océans et les mesures de préparation pour faire face aux catastrophes. Pour l’UICN, l’équité sociale et l’inclusion sont des principes fondamentaux des stratégies du développement durable. Rio+20 est une importante occasion de promouvoir les investissements destinés à améliorer les actifs naturels dont dépendent les populations pauvres. Ainsi, la valeur des forêts et les avantages directs qu’elles apportent actuellement à 1,6 milliards d’habitants pauvres des zones rurales sont estimés par l’UICN à 130 milliards de dollars par an. Il s’agit d’un montant pratiquement équivalent à celui de l’aide publique au développement (APD). « La remise en état des milieux naturels aidera les pays à mettre en oeuvre leurs engagements internationaux : ralentir, arrêter et inverser la perte des forêts et du carbone et restaurer les écosystèmes dégradés. En remettant en état les terres agricoles et forestières, des milliards de dollars de revenus seront créés chaque année pour les économies nationales et locales et la sécurité alimentaire sera assurée pour des millions de personnes dont la subsistance dépend des forêts », dit Stewart Maginnis, Directeur mondial du Groupe « Solutions fondées sur la nature et droits » de l’UICN. « Il faudrait aussi, dans ce contexte, investir dans le « Défi de Bonn » et restaurer 150 millions d’hectares de forêts détruites et de terres dégradées d’ici 2020. » L’UICN invite les États à prendre des mesures plus fortes pour améliorer la cohérence politique et institutionnelle. Une meilleure compréhension de l’interaction existante entre la nature et le changement climatique permettra de renforcer les politiques et les engagements. « Rio+20 est une excellente occasion de donner un nouvel élan à la collaboration internationale », dit Constanza Martinez, responsable des politiques à l’Unité Politiques mondiales de l’UICN. « Les États, les organisations de la société civile et le secteur privé savent bien ce qu’il faut : un engagement commun à oeuvrer ensemble dans un même but : protéger la nature pour qu’elle puisse à son tour nous protéger. Nous devons améliorer la résilience de notre planète. » Les positions de l’UICN sur les thèmes de Rio+20 sont consultables ici

Liste rouge 2012 des espèces menacées de l’UICN : la France en première ligne au niveau mondial

Rendue publique le 19 mai, à la veille de la Conférence des Nations Unies de Rio sur le développement durable, la nouvelle mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées montre que 19 817 espèces sont menacées d’extinction sur les 63 837 étudiées à ce jour. Avec le déclin rapide des espèces animales et végétales, nos sources de nourriture, de médicaments et d’eau salubre, tout comme la pollinisation des cultures ou la régénération de la fertilité des sols, risquent de se trouver en danger.   Pour lire le communiqué de presse consacré à la Liste rouge mondiale 2012 >> cliquez ici (en français). Avec cette nouvelle édition, le Comité français de l’UICN souligne la responsabilité majeure de la France dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité mondiale : d’après cet état des lieux, la France est en première ligne, figurant parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées. Pour lire le communiqué de presse faisant le point sur la situation de la France d’après la Liste rouge mondiale >> cliquez ici. Pour en savoir plus sur la Liste rouge des espèces menacées >> voir ici (en français). Toutes les informations sur la Liste rouge 2012 sont disponibles sur le site de l’UICN International >> ici (en anglais). Document joint Communiqué UICN France Liste rouge mondiale 2012