Ouverture du congrès mondial de l’UICN en Corée

Le Congrès mondial de la nature de l’UICN, la plus grande et plus importante manifestation mondiale sur la conservation, commence ses travaux aujourd’hui sur l’île de Jeju, en Corée du Sud Plus de 8000 personnes venant de 170 pays vont participer au 5ème Congrès mondial de la nature en vue de discuter et de s’accorder sur les solutions à apporter aux problématiques les plus pressantes en matière d’environnement et de développement. Le Congrès mondial de l’UICN se tient tous les quatre ans. Ce 5ème Congrès, qui prendra fin le 15 septembre 2012, rassemble des organisations gouvernementales et non gouvernementales, des scientifiques et des représentants d’entreprises et de collectivités locales du monde entier qui examineront ensemble les solutions que la nature est en mesure d’apporter à un grand nombre de nos problèmes. « En soi, la nature est forte, mais nous devons améliorer son aptitude à s’adapter rapidement au changement », déclare Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l’UICN. « Si nous parvenons à rendre la nature plus résistante, nous constaterons que les écosystèmes deviendront plus résilients, et que les personnes, les communautés et les économies humaines seront en meilleure santé ». Un large éventail de questions est prévu à l’ordre du jour. On abordera notamment la situation actuelle des espèces menacées et des espaces protégés, la menace grandissante pesant sur les populations de thons, l’état des récifs coralliens et la nécessité urgente pour les pays de ne plus émettre de déclarations erronées sur l’état de protection des océans. Le Congrès sera également marqué par l’annonce de plusieurs initiatives, partenariats, et nouveaux engagements financiers. On y parlera également de changement climatique, de sécurité alimentaire, de développement et de gouvernance. Alors que les thèmes relatifs à la conservation seront principalement abordés sous leur dimension planétaire, plusieurs enjeux locaux seront également examinés. Des spécialistes coréens et allemands débattront des meilleurs moyens de valoriser la zone démilitarisée, située entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, qui présente une nature étonnamment intacte, pour y promouvoir la paix, en se servant de l’expérience menée sur la zone de l’ancien Rideau de Fer en Europe. Il sera également question de replantation et de restauration des forêts qui ont été détruites en Corée du Nord, le long de la frontière. Les délégués auront l’occasion d’accueillir de nombreuses personnalités prestigieuses, et notamment le Président Sud-Coréen Lee Myung-bak, la militante des droits de l’homme Bianca Jagger, l’écrivaine et océanographe Sylvia Earle, la chanteuse/auteur-compositeur japonaise Iruka et le prince Carl Philip de Suède, ainsi que de nombreux dirigeants d’entreprises, des ministres et des responsables d’importantes ONG ou agences des Nations Unies. Suivez le Congrès mondial de la nature de l’UICN sur www.iucn.org/congress

11 motions des membres français seront débattues au Congrès mondial de l’UICN

Les membres français de l’UICN présenteront 11 motions lors du 5ème Congrès mondial de la nature sur des sujets cruciaux comme la réforme des aides financières néfastes à la biodiversité, l’exploitation des hydrocarbures, la protection des océans, l’outre-mer européen, la coopération avec les collectivités locales, les aires marines protégées et les énergies renouvelables. Suite au Congrès français de la nature qui s’est tenu en avril 2012, les membres français de l’UICN ont décidé de soumettre 11 motions sur des sujets d’importance internationale au prochain Congrès mondial de la nature (6-15 septembre 2012, Jeju, Corée du Sud). Les 11 motions ont été retenues par le Groupe de travail international sur les résolutions de l’UICN et seront donc soumises au vote de l’Assemblée générale de l’UICN. Ces motions sont les suivantes : MOTION 006 – Coopération avec les collectivités territoriales pour la mise en œuvre du nouveau programme mondial de l’UICN MOTION 059 – Protection des canyons de la Méditerranée MOTION 097 – Renforcement de la politique de la mer et des océans MOTION 098 – Accélérer le rythme de création d’aires marines protégées à l’échelle mondiale et la certification de l’efficacité de leur gestion MOTION 100 – Renforcement des dispositifs européens pour la biodiversité en outre‐mer MOTION 105 – Protéger les écosystèmes et la diversité biologique des grands fonds marins des menaces provoquées par l’exploitation minière des fonds marins MOTION 116 – Développement des énergies renouvelables et conservation de la biodiversité MOTION 118 – Exploration et exploitation des hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels MOTION 119 – Forages pétroliers offshore en Guyane, Surinam et Guyana MOTION 120 – Forages pétroliers offshore en Méditerranée MOTION 143 – Réforme des aides financières dommageables à la biodiversité Au total, 173 motions seront examinées et votées par l’Assemblée générale de l’UICN. Les textes, édités dans les trois langues officielles de l’UICN (anglais, français, espagnol), sont consultables sur le site internet du congrès : http://portals.iucn.org/2012motions/ Vous trouverez ci-dessous un document récapitulatif avec la liste de toutes les motions en français. Deux motions ont été également soutenues par des membres français : la motion 004 « Création d’un mécanisme relatif à l’éthique à l’UICN » et la motion 164 « De l’importance de ne pas régresser dans le domaine du droit et de la politique de l’environnement ». Pour tout savoir sur le prochain Congrès mondial de l’UICN, visitez le site internet dédié à l’événement. Document joint Liste des motions UICN Jeju 2012

Services écologiques en France : publication du 1er volume (contexte et enjeux)

L’UICN France publie un panorama sur les services écologiques fournis par les écosystèmes en France afin renforcer leur connaissance et, dans une seconde étape, leur intégration dans les politiques et projets sur tout le territoire français. Un premier volume fait le point sur leur définition, caractérisation et évaluation aux niveau international et national. Le Comité français de l’UICN mène des travaux depuis 2008 sur les services rendus par les écosystèmes, en lien avec divers travaux produits au niveau international. Ces travaux visent à fournir une base scientifique solide pour guider la décision politique et aider à sensibiliser les décideurs à l’importance de préserver les services écologiques rendus par les écosystèmes en France. Le Comité français de l’UICN propose ainsi de : synthétiser et rendre accessibles les connaissances sur cette thématique, favoriser les échanges entre les acteurs, renforcer la prise en compte des services écologiques dans les politiques et les actions. L’objectif de ces travaux est de parvenir à l’élaboration de recommandations pour guider les politiques publiques afin que les services écologiques fournis par les écosystèmes puissent être préservés, à toutes les échelles, du niveau national au niveau local. Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui le premier volume qui présente le contexte et les enjeux : Qu’est-ce qu’un service écologique ? Comment se caractérise-t-il par rapport à une fonction écologique ? Quelles sont les grandes catégories de services fournis ? Quelles sont les principales menaces pesant sur les écosystèmes et les services qu’ils fournissent ? Dans une seconde partie, les premiers pas du concept sont retracés et les principaux temps forts qu’ont constitués la sortie du MEA (Millennium Ecosystem Assessment), l’étude TEEB (Économie des écosystèmes et de la biodiversité), et les réflexions et travaux qu’ils ont engendrés aux niveaux européen et national. Enfin, la responsabilité française est rappelée, en raison de l’importante richesse en milieux naturels de son territoire et des menaces pesant sur eux, ainsi que les premières questions méthodologiques, liées notamment à la classification. Contact Pauline Teillac-Deschamps, Chargée de Programme Justine Delangue, Chargée de mission Document joint UICN France – Services écologiques (volume 1)

Guyane : permis accordés pour l’exploration pétrolière profonde

La satisfaction du Comité français de l’UICN concernant l’arrêt des forages pétroliers en Guyane, en accord avec sa demande de moratoire adoptée en 2011, aura été de courte durée. Le gouvernement français est revenu sur la décision de la Ministre de l’écologie de suspendre les permis, et les autorisations pour la poursuite des forages exploratoires d’hydrocarbures au large de la Guyane ont été accordées. Alors que la communauté internationale était rassemblée à Rio pour la conférence du vingtième anniversaire du Sommet de la Terre, à quelques kilomètres, la Préfecture de Guyane signait l’autorisation des forages exploratoires au large de la Guyane. Plusieurs organisations environnementales avaient pourtant souligné les lacunes sur la notice d’impact, la consultation publique, les rejets d’hydrocarbures et la gestion des risques de pollution. Les documents fournis par les pétroliers ne proposent notamment pas de solution pour minimiser les impacts des études sismiques sur les nombreux mammifères marins qui fréquentent les eaux guyanaises. Aucun dispositif efficace n’est également prévu en cas de marée noire qui, en plus des impacts sur les écosystèmes marins et littoraux, engendrerait de graves conséquences économiques pour les pêcheries guyanaises. Plus largement, ces projets à hauts risques ne placent pas la France sur la voie de la transition énergétique et de la lutte contre le changement climatique. Les élus guyanais ont joué également un rôle important en soutenant, auprès du gouvernement, la poursuite de l’exploration pétrolière. Le développement durable de la collectivité doit cependant être basé sur la valorisation de ses ressources renouvelables et de ses richesses écologiques. La Guyane a en effet des atouts pour développer d’autres leviers économiques comme les énergies renouvelables, l’écotourisme, la pêche durable ou la recherche. Ce potentiel économique pour la collectivité permettrait d’enclencher la transition écologique, thème central de la campagne présidentielle française et de la Conférence de Rio+20. Photo bandeau : © Arria Belli – Flickr – CC BY-SA 2.0

Un site naturel du Patrimoine mondial sur dix est en péril, d’après l’UICN

La session annuelle du Comité du Patrimoine mondial de l’UNESCO, qui s’ouvre à Saint-Pétersbourg dimanche, va examiner l’inscription de 36 nouveaux sites sur la Liste en tant que bien naturels ou culturels, ainsi qu’un certain nombre de rapports de suivi sur des sites déjà inscrits. Cependant, si les recommandations de l’UICN visant à inscrire quatre nouveaux sites sur la Liste du Patrimoine mondial en péril sont acceptées, 21 sur les 211 sites naturels du Patrimoine mondial, soit un sur dix, sera officiellement « en danger ». « Les sites du Patrimoine mondial ont une valeur emblématique pour la conservation sur la planète, mais ils se trouvent pourtant soumis à des pressions croissantes », dit Tim Badman, Directeur du Programme du Patrimoine mondial à l’UICN. « La Convention, qui fête ses 40 ans cette année, devra en faire beaucoup plus pour protéger les sites inscrits sur la Liste dans les dix années à venir, tout particulièrement pour ceux qui sont en péril, si l’on veut que l’inscription sur la Liste du Patrimoine mondial reste un modèle de référence incontestable. Pour célébrer ses 40 années d’existence, la Convention a choisi le thème des communautés, et nous pensons que les avantages apportés par le Patrimoine mondial aux populations concernées représentent un élément clé du succès de la conservation des sites. » L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), organe consultatif du Patrimoine mondial pour la nature, présentera des recommandations techniques relatives à quatre nouveaux sites naturels et les résultats de ses missions de suivi sur des sites du Patrimoine mondial dont la valeur est menacée. L’UICN propose l’inscription de quatre sites naturels : le Trinational de la Sangha, un complexe partagé par le Cameroun, la République centrafricaine et le Congo, les lacs d’Ounianga (Tchad), le site fossilifère de Chengjiang (Chine) et le lagon sud des îles Chelbacheb (Palaos). En outre, des rapports seront présentés sur 56 autres sites emblématiques, notamment sur les problèmes que rencontrent les îles Galápagos, la Grande Barrière de corail australienne et le Serengeti. L’UICN recommande l’inscription des Parcs nationaux du Lac Turkana (Kenya), de la Zone de gestion des Pitons (Sainte-Lucie), des Forêts vierges de Komi (Fédération de Russie), de la Réserve de faune du Dja (Cameroun) et des Parcs du lac Turkana (Kenya) sur la Liste du Patrimoine mondial en péril. Les sites du Patrimoine naturel d’Afrique centrale et occidentale comptent parmi les plus menacés, en raison des activités minières, du braconnage et des conflits armés. Des sites emblématiques, tels que le Parc national Niokolo-Koba au Sénégal et le Parc national du Manovo-Gounda St Floris en République Centrafricaine sont en danger imminent de perdre leur Valeur universelle exceptionnelle. Dix sur les seize sites naturels et mixtes (naturels et culturels) de la région sont inscrits sur la Liste du Patrimoine en péril. « Le besoin de mesures urgentes pour sauver ce qui reste de ces parcs est évident », dit Mariam Kenza Ali, responsable de la conservation du Patrimoine mondial à l’UICN. « Ainsi, au Niokolo-Koba au Sénégal, la population d’éléphants est presque inexistante, il reste très peu de lions et la population de la plupart des espèces d’antilopes a été décimée. La situation est la même au Parc national de la Comoé en Côte d’Ivoire et elle est également critique dans bien d’autres aires protégées de la région. Il est difficile de trouver du financement pour des plans de sauvetage et, parfois, la volonté politique manque cruellement. » La prospection minière, pétrolière et gazière à l’intérieur des sites du Patrimoine mondial se développe également, d’après l’UICN. Ces activités sont en train de causer des dommages irréversibles à des sites d’une valeur exceptionnelle, comme le Parc national des Virunga en RDC et les forêts vierges de Komi en Russie. Un rapport indépendant sur les sites du Patrimoine mondial et les industries extractives sera présenté pendant la session du Comité à Saint-Pétersbourg. Il recommande notamment d’établir des règles égales pour tous les acteurs, de façon à ce que les politiques liées aux industries extractives soient aussi homogènes que possible, indépendamment du pays où se trouve le site concerné du Patrimoine mondial.

Rio+20 : investissez dans la nature !

Les décideurs politiques doivent repenser la croissance économique, promouvoir l’équité sociale et assurer la protection environnementale, dit l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (CNUDD). L’économie verte et la mise en place d’un cadre institutionnel favorable au développement durable et à l’éradication de la pauvreté sont au coeur des débats. « La nature est toujours le chaînon manquant dans les débats de Rio+20, alors même qu’on ne peut réaliser le développement durable sans elle », dit Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « La nature peut apporter des solutions aux grands défis du développement, comme le changement climatique et la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique. Elle le fait déjà. Le moment est venu pour les gouvernements d’incorporer la nature dans leurs stratégies de développement. » L’UICN prône un développement social et économique qui donne à la nature une place centrale et adopte des mesures pour assurer l’équité. Cette démarche comprend des questions cruciales, comme des emplois décents, l’énergie, le développement durable comme réponse aux crises économiques et financières, la sécurité alimentaire, l’eau, les océans et les mesures de préparation pour faire face aux catastrophes. Pour l’UICN, l’équité sociale et l’inclusion sont des principes fondamentaux des stratégies du développement durable. Rio+20 est une importante occasion de promouvoir les investissements destinés à améliorer les actifs naturels dont dépendent les populations pauvres. Ainsi, la valeur des forêts et les avantages directs qu’elles apportent actuellement à 1,6 milliards d’habitants pauvres des zones rurales sont estimés par l’UICN à 130 milliards de dollars par an. Il s’agit d’un montant pratiquement équivalent à celui de l’aide publique au développement (APD). « La remise en état des milieux naturels aidera les pays à mettre en oeuvre leurs engagements internationaux : ralentir, arrêter et inverser la perte des forêts et du carbone et restaurer les écosystèmes dégradés. En remettant en état les terres agricoles et forestières, des milliards de dollars de revenus seront créés chaque année pour les économies nationales et locales et la sécurité alimentaire sera assurée pour des millions de personnes dont la subsistance dépend des forêts », dit Stewart Maginnis, Directeur mondial du Groupe « Solutions fondées sur la nature et droits » de l’UICN. « Il faudrait aussi, dans ce contexte, investir dans le « Défi de Bonn » et restaurer 150 millions d’hectares de forêts détruites et de terres dégradées d’ici 2020. » L’UICN invite les États à prendre des mesures plus fortes pour améliorer la cohérence politique et institutionnelle. Une meilleure compréhension de l’interaction existante entre la nature et le changement climatique permettra de renforcer les politiques et les engagements. « Rio+20 est une excellente occasion de donner un nouvel élan à la collaboration internationale », dit Constanza Martinez, responsable des politiques à l’Unité Politiques mondiales de l’UICN. « Les États, les organisations de la société civile et le secteur privé savent bien ce qu’il faut : un engagement commun à oeuvrer ensemble dans un même but : protéger la nature pour qu’elle puisse à son tour nous protéger. Nous devons améliorer la résilience de notre planète. » Les positions de l’UICN sur les thèmes de Rio+20 sont consultables ici

Liste rouge 2012 des espèces menacées de l’UICN : la France en première ligne au niveau mondial

Rendue publique le 19 mai, à la veille de la Conférence des Nations Unies de Rio sur le développement durable, la nouvelle mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées montre que 19 817 espèces sont menacées d’extinction sur les 63 837 étudiées à ce jour. Avec le déclin rapide des espèces animales et végétales, nos sources de nourriture, de médicaments et d’eau salubre, tout comme la pollinisation des cultures ou la régénération de la fertilité des sols, risquent de se trouver en danger.   Pour lire le communiqué de presse consacré à la Liste rouge mondiale 2012 >> cliquez ici (en français). Avec cette nouvelle édition, le Comité français de l’UICN souligne la responsabilité majeure de la France dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité mondiale : d’après cet état des lieux, la France est en première ligne, figurant parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées. Pour lire le communiqué de presse faisant le point sur la situation de la France d’après la Liste rouge mondiale >> cliquez ici. Pour en savoir plus sur la Liste rouge des espèces menacées >> voir ici (en français). Toutes les informations sur la Liste rouge 2012 sont disponibles sur le site de l’UICN International >> ici (en anglais). Document joint Communiqué UICN France Liste rouge mondiale 2012

Guyane : après le pétrole, la transition écologique ?

Faisant suite à la motion adoptée en juin 2011 par ses membres au Congrès français de la nature et après des mois de mobilisation des organisations environnementales en Guyane, le Comité français de l’UICN accueille avec satisfaction la décision de la ministre de l’écologie, Nicole Bricq, de suspendre les permis de forages exploratoires d’hydrocarbures au large de la Guyane. Le patrimoine naturel de la Guyane est remarquable. Le littoral est bordé de mangroves sur un linéaire parmi les plus étendus au monde. Les côtes guyanaises abritent la plus grande population d’oiseaux limicoles d’Amérique du sud et les plages sont l’un des plus importants lieux de ponte pour les tortues marines, en particulier les tortues luth, une espèce en danger critique d’extinction selon la Liste rouge de l’UICN. Récemment, une étude conduite par l’Agence des aires marines protégées a révélé la présence de 12 nouvelles espèces de cétacés, toutes protégées au niveau national, soit un total de 27 espèces fréquentant les eaux guyanaises. La ministre de l’Ecologie a annoncé mercredi 13 juin 2012 sa décision de suspendre jusqu’à nouvel ordre ’tous les permis’ de forages exploratoires d’hydrocarbures, notamment celui de la société Shell. Les permis ont été suspendus dans l’attente de plus fortes garanties environnementales. Le Comité français de l’UICN salue cette décision mais souhaite que l’exploration et l’exploitation pétrolière, en particulier en eau profonde, soient abandonnées pour plusieurs raisons : Le pétrole est une énergie fossile dont la combustion contribue massivement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre et à leurs conséquences sur le climat. De plus l’exploitation du pétrole en Guyane est principalement envisagée pour alimenter la demande mondiale en hydrocarbures et non pour répondre aux besoins énergétiques locaux. Les stocks de pétrole sont en diminution constante dans le monde et l’exploitation se fait désormais à des profondeurs très importantes avec des risques technologiques croissants comme le montrent les accidents récents liés à des plateformes pétrolières dans le Golfe du Mexique en avril 2010, au large de Rio en novembre 2011, ou encore au large des côtes nigérianes en décembre 2011. La prospection sismique a des incidences néfastes sur les écosystèmes et la faune marine, en particulier sur les cétacés. La Guyane a toutes les qualités pour devenir le premier département à enclencher une transition écologique en plaçant ses richesses naturelles au coeur de son développement. Par exemple, la création d’un réseau d’aires marines protégées bien gérées permettrait le développement d’activités économiques profitant directement aux populations locales à travers la pêche, l’écotourisme, et les énergies renouvelables. Ces dispositions confirmeraient l’ambition du gouvernement français de définir un nouveau modèle de développement écologique basé sur une gestion durable des ressources naturelles, et la mise en place d’une véritable « économie verte ». Motion sur les forages pétroliers offshore en Guyane (27 juin 2011)   Document joint Forages pétroliers offshore en Guyane

Menaces pétrolières sur le Parc des Virunga

L’UICN France s’inquiète de l’avenir du Parc national des Virunga, en République Démocratique du Congo, menacé par des projets d’exploitation pétrolière. Créé en 1925, le Parc national des Virunga est le plus ancien des parcs nationaux d’Afrique et figure, depuis 1979, sur la liste des sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Le Parc national des Virunga se distingue par sa chaîne de volcans actifs et la grande richesse et diversité de ses habitats qui surpasse celle de tout autre parc africain, allant des marécages et des steppes jusqu’aux neiges éternelles du Rwenzori, à plus de 5 000 m d’altitude, en passant par les plaines de lave et les savanes sur les pentes des volcans. Le Parc national des Virunga abrite une très grande diversité d’espèces végétales et animales : plus de 2000 espèces de plantes supérieures, 218 espèces de mammifères, 706 espèces d’oiseaux, 109 espèces de reptiles et 78 espèces d’amphibiens y ont été recensées. Ces espèces comprennent notamment 3 espèces de grands singes, dont un tiers de la population mondiale du Gorille de montagne. Le parc national est aujourd’hui menacé par des projets d’exploitation pétrolière menés par les compagnies TOTAL et SOCO qui ont obtenu des concessions de la part du gouvernement de la République Démocratique du Congo à l’intérieur et aux abords du parc. L’exploration et l’exploitation pétrolières et minières sont pourtant interdites dans les aires protégées de ce pays en vertu de l’Ordonnance-loi n°69-041 du 22 Août 1969 sur la conservation de la nature et de la loi n°007/2002 du 11 juillet 2002 portant code minier. Le Comité du Patrimoine mondial, organe de décision de la Convention, et l’UICN rappellent également que l’exploration et l’exploitation minières, pétrolières et gazières sont incompatibles avec le statut de site du Patrimoine mondial, dont la valeur universelle exceptionnelle doit être strictement préservée. Suite aux fortes préoccupations exprimées par l’UNESCO vis-à-vis de ce projet, le Premier ministre congolais s’est engagé, en signant la Déclaration de Kinshasa en janvier 2011, à renforcer l’application de la loi et le ministre congolais de l’Environnement, de la Conservation de la nature et du Tourisme a annoncé la suspension des activités de prospection pétrolière dans le parc des Virunga. Il avait, par la même occasion, proposé le lancement d’une « Evaluation environnementale stratégique, exhaustive, transparente et inclusive », y compris pour la périphérie du parc. L’UNESCO et l’UICN demandent en effet à ce que toute activité prévue autour des sites du Patrimoine mondial fasse l’objet d’une étude d’impact environnementale exhaustive, réalisée selon les meilleurs standards internationaux et ouverte à consultation publique. Toute activité doit être proscrite avant que les résultats de cette étude démontrent que les impacts pourront être maîtrisés et évités afin de ne pas affecter la valeur exceptionnelle du site. L’UICN France et de nombreuses autres organisations comme le WWF sont actuellement fortement préoccupées par le fait que cette étude ne tienne compte, pour l’essentiel, ni des effets négatifs éventuels à moyen et long termes de la prospection et de la fermeture de l’exploitation, ni de la mise en œuvre de mesures de réparation et de restauration, y compris des routes d’exploitation des sites vers les ports de départ des matériaux et produits finis. De plus, des prospections aériennes ont été récemment autorisées par le gouvernement. Considérant que les entreprises françaises ont un rôle très important à jouer dans la préservation de la biodiversité et qu’elles doivent s’impliquer davantage pour remplir l’objectif d’enrayer la perte de biodiversité mondiale, réaffirmé par les Nations Unies en 2010, l’UICN France a adressé un courrier au Directeur Général de TOTAL lui demandant de :   – s’engager à ne jamais mener d’exploration ou d’exploitation gazière et pétrolière au sein du Parc National des Virunga, conformément à la réglementation du pays et à la Convention du Patrimoine mondial de l’UNESCO ;   – suspendre toute activité d’exploration ou d’exploitation gazière et pétrolière en périphérie du parc national jusqu’à ce que l’Evaluation Environnementale Stratégique soit disponible et complète, et qu’elle confirme qu’il n’existe aucun risque pour le site du Patrimoine mondial ;   – prendre une position similaire aux entreprises membres du Conseil International sur les Mines et les Métaux (ICMM) qui se sont engagés à respecter les aires protégées désignées légalement, à ne pas conduire d’exploration ou d’exploitation dans les sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO, et à ce que des opérations menées en périphérie ne menacent pas l’intégrité des sites. De tels engagements confirmeraient l’ambition affichée de TOTAL pour le développement durable, le respect des accords internationaux et la préservation des sites naturels les plus emblématiques de la planète, dont le Parc national des Virunga fait partie.

Congrès mondial de l’UICN 2012

L’île de Jeju en République de Corée accueillera, du 6 au 15 septembre 2012, le 5ème Congrès mondial de l’UICN, la plus grande conférence consacrée à la conservation de la nature. Environ 8 000 délégués sont attendus au Congrès mondial de la nature 2012 de l’UICN, qui aura lieu sur l’île de Jeju, en République de Corée, du 6 au 15 septembre. Ce Congrès est le plus grand et le plus important évènement mondial dans le domaine de la conservation de la nature. Organisé tous les quatre ans, il réunit des dirigeants des gouvernements, du secteur public, des organisations non gouvernementales, des entreprises, des agences des Nations Unies et des organisations sociales, pour débattre sur les problèmes environnementaux et de développement les plus pressants dans le monde et identifier les meilleures solutions. Les objectifs du congrès sont de : • Tirer profit de l’influence stratégique potentielle du Congrès dans les domaines de la conservation de la biodiversité, du changement climatique, des moyens de subsistance, de la sécurité alimentaire et d’une économie plus verte ; • Débattre de thèmes prioritaires et trouver un consensus entre la communauté de la conservation et les acteurs qu’elle cherche à influencer (p. ex., le secteur privé, les praticiens du développement, de l’économie politique internationale, les ministères nationaux autres que ceux de l’environnement, etc.) ; • Présenter de nouveaux concepts et faits établis sur le thème de la résilience du point de vue de ses liens avec une gamme de pratiques de conservation soutenant le bien-être humain ; • Présenter les succès et les résultats de la conservation obtenus par l’Union dans la période intersessions écoulée.   Le thème du Congrès 2012 est Nature+, un slogan choisi pour traduire l’importance fondamentale de la nature et son lien inhérent à chaque aspect de nos vies. Le Congrès examinera depuis cette perspective comment une nature forte et résiliente est intrinsèquement liée à la solution des problèmes que rencontre la planète. Nature+climat, nature+sécurité alimentaire, nature+économie : voici quelques-unes des questions que traitera le Congrès de l’UICN. Nature+ pour dynamiser la résilience naturelle. « La nature est intrinsèquement forte, mais nous devons améliorer la rapidité avec laquelle la nature et les populations s’adaptent aux changements » affirme Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Si nous parvenons à améliorer la solidité de la nature, les écosystèmes seront plus résilients et les populations, les communautés et les économies se porteront mieux ». La conservation fonctionne. « La lenteur apparente des décisions mondiales sur les questions environnementales cache ce qui se passe réellement sur le terrain », souligne Enrique Lahmann, Directeur du Congrès de l’UICN. « De nombreux résultats à l’échelle locale montrent qu’investir dans la nature et restaurer des aires naturelles entraîne des bénéfices sociaux et économiques. Même si tous les succès ne peuvent pas toujours être reproduits dans tous les écosystèmes ou systèmes culturels ou politiques, ils indiquent malgré tout comment rendre la nature plus résiliente à l’échelle mondiale ». La nature offre des solutions pour s’adapter aux changements climatiques.« L’adaptation fondée sur les écosystèmes est une solution financièrement intéressante dont les gouvernements devraient se saisir de manière proactive dans les politiques nationales, et la mettre en œuvre immédiatement sur le terrain » déclare Chong-Chun Kim, Secrétaire général du Comité organisateur coréen. « Améliorer la gestion des systèmes fluviaux, des récifs coralliens, des mangroves et des forêts améliore de façon tangible la résilience des communautés voisines pour s’adapter aux conséquences immédiates et à long-terme des changements climatiques ». Durant plus de 10 jours, les membres et les experts de l’UICN, ainsi que de nombreuses autres organisations et personnalités s’engageront dans des débats, partageront leurs expériences, étendront leurs réseaux, enfin prendront des décisions sur notre façon de protéger et gérer l’environnement pour un développement humain, social et économique durable. L’événement débutera avec le Forum, un large espace de débat sur la conservation, comprenant des ateliers, des tables-rondes, des formations, des sessions de posters, et cinq « Dialogues de personnalités » avec des dirigeants mondiaux renommés. Le Forum laissera ensuite place à trois jours d’Assemblée générale des Membres, la plus haute autorité décisionnelle de l’UICN qui constitue un parlement environnemental unique de gouvernements et d’ONG. Toutes les informations (inscription, programme, hébergement…) sont disponibles sur le site internet du congrès mondial.