Appel à retours d’expérience de bonnes pratiques dans la planification et la conception des projets photovoltaïques et éoliens pour limiter leurs impacts sur la biodiversité

La transition énergétique est au cœur de la lutte contre les changements climatiques. Cependant, quels sont ses impacts sur la biodiversité et comment les éviter ? Pourquoi n’est-elle pas systématiquement associée à la transition écologique ? La France vise à augmenter à 32% la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici 2030. Face à l’urgence de la lutte contre les changements climatiques, le comité français de l’UICN soutient une transition énergétique basée sur une réduction drastique de notre consommation énergétique et de nos émissions de gaz à effets de serre, et le développement des énergies renouvelables. Toutefois, celui-ci ne doit pas se faire au détriment de la préservation de la biodiversité, qui fait déjà face à de nombreuses pressions aussi bien en France métropolitaine et d’outre-mer que dans le reste du monde. Dans le cadre de nos travaux sur la conciliation des énergies renouvelables avec la préservation de la biodiversité, nous démarrons un nouvel axe de travail sur les leviers d’évitement des impacts des projets ENR terrestres sur la biodiversité et sur l’importance de la planification des ENR à l’échelle territoriale. Dans ce contexte , le Comité français de l’UICN lance un appel à retour d’expérience de bonnes pratiques dans la planification et la conception des ENR terrestres pour l’évitement de leurs impacts sur la biodiversité. Cette enquête sera valorisé sous la forme d’un recueil de retours d’expérience de collectivités et de porteurs de projets ENR ayant mené des démarches innovantes de conciliation des enjeux de transition énergétique et de préservation de la biodiversité. Vous souhaitez valoriser votre projet ou vos démarches de planification pour renforcer l’évitement des impacts des ENR sur la biodiversité? Si oui, n’hésitez pas à compléter l’une des enquêtes suivantes : Formulaire à destination des territoires Formulaire à destination des porteurs de projets (Temps estimé 20 minutes, date limite de participation le 15 juillet 2022)   N’hésitez pas à les diffuser dans votre réseau également !

Revitaliser les océans !

Réservoirs de biodiversité, régulateurs climatiques, sources d’alimentation … les océans sont cruciaux pour une planète vivante À l’occasion de la journée mondiale des océans, nous avons dressé un panorama des 8 demandes du Comité français de l’UICN pour protéger et restaurer les océans : 1. Protéger la haute mer en mettant en place un réseau d’aires protégées efficaces dont une partie hautement et entièrement protégées. 2. Combattre la pollution plastique en éliminant la production et l’utilisation des plastiques non nécessaires et à usage unique.3. Appliquer des démarches rigoureuses de planification des espaces maritimes pour préserver et protéger les écosystèmes marins.4. Réduire l’incidence de la pêche sur la biodiversité marine et adopter des pratiques durables et respectueuses de l’environnement. 5. Adopter un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins, afin de garantir la protection des écosystèmes et de la biodiversité des grands fonds.6. Renforcer les mesures de protection des espèces marines telles que les mammifères marins et les requins et raies, dont respectivement 25% et 37% sont menacés sur la Liste Rouge mondiale des espèces menacées. 7. Poursuivre la création d’aires marines protégées couvrant au moins 30% de l’océan d’ici 2030 et les gérer efficacement selon le standard de la Liste Verte de l’IUCN. 8. Respecter l’Accord de Paris sur le climat en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et développer les Solutions fondées sur la Nature pour renforcer la résilience des écosystèmes. Pour aller plus loin One Ocean Summit : 8 engagements forts pour l’océan

Nous n’avons qu’une seule Terre

Le 5 juin 2022, ce sera la journée Mondiale de l’Environnement avec pour thématique « Une seule Terre ». Une thématique faisant écho à celle du 1er Sommet de la Terre de Stockholm qui s’ouvrait il y a 50 ans, le 5 juin 1972, et dont l’événement anniversaire s’est déroulé du 2 au 3 juin 2022 à Stockholm.  A cette occasion, le Comité français de l’UICN vous propose de revenir sur quelques dates clés qui ont fait avancer la cause de la protection de l’environnement au niveau mondial. 1972 : Sommet de la terre de stockholm Les questions écologiques sont pour la première fois au premier rang des préoccupations mondiales. La même année, l’UICN a œuvré pour la signature de la convention du patrimoine mondial de l’UNESCO qui protège les sites naturels et culturels les plus remarquables de la planète.  Le Comité français de l’UICN appuie depuis plusieurs années l’inscription de nouveaux sites naturels en France et la bonne gestion des sites déjà inscrits. 1971 : signature de la convention ramsar Un an auparavant, en 1971, l’UICN a soutenu la signature de la première grande convention internationale sur la biodiversité : la convention sur la protection des zones humides de Ramsar. Le Comité français de l’UICN est engagé pour leur préservation en pilotant le Pôle Relais des Zones humides Tropicales. 1973 : signature de la cites Un après, en 1973, l’UICN est à l’initiative de la signature de la Convention sur le Commerce international des espèces menacées (CITES). Un sujet toujours d’actualité : en 2022, à l’occasion de la 74ème du comité de la CITES à Lyon, le Comité français de l’UICN a publié 10 recommandations pour lutter contre le trafic d’espèces. 1980 : Publication de la stratégie mondiale de la conservation Publication de La stratégie mondiale de la conservation par l’UICN, en collaboration avec le WWF et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, dans laquelle y est fait mention pour la première fois le concept de « développement durable ».  1992 : Sommet de la terre de rio Le développement durable y est entériné et la Convention sur la diversité biologique adoptée, ainsi que la convention de lutte contre les changements climatiques et celle de lutte contre la désertification.  En préparation de ce sommet, l’UICN publie la Stratégie mondiale de la biodiversité qui a permis de structurer et l’élaborer cette convention.    C’est grâce à cette convention, que la France s’est engagée en 2004 en lançant sa première stratégie nationale de la biodiversité. Comme au niveau mondial, le Comité français de l’UICN a élaboré en 2003 une proposition de stratégie qui a été reprise par le Ministère de l’Environnement.  Aujourd’hui, la convention prépare sa nouvelle stratégie mondiale avec des objectifs à 2030, un enjeu qui mobilise le Comité français de l’UICN pour avoir des actions ambitieuses et opérationnelles. 2002 : Sommet de la terre à johannesburg La communauté internationale réaffirme son engagement pour le développement durable et le Comité français de l’UICN, présent sur place, rappelle que la conservation de la biodiversité en est une condition essentielle. 2021 : congrès mondial de la nature de l’uicn à marseille Le Manifeste de Marseille affirme que les crises du climat et de la biodiversité sont intrinsèquement liées et doivent être traitées conjointement. Il faut réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre pour diminuer les impacts sur la nature et investir dans les solutions fondées sur la nature, un sujet que le Comité français de l’UICN a introduit et développé en France à l’occasion de la COP 21 à Paris en 2015. Et pour la suite ? Pour répondre à l’urgence climatique et celle de l’érosion de la biodiversité, il est nécessaire de mettre en place des changements transformateurs dans nos modes de production et de consommation et de déployer largement des actions efficaces et concrètes.  Depuis la crise COVID, le Comité français de l’UICN demande à mettre en place l’approche « Une seule santé » pour prévenir les risques de pandémies.  Le prochain grand-rendez international : la COP 15 Biodiversité qui doit se tenir en Chine pour stopper l’érosion de la biodiversité et remettre la nature sur la voie du rétablissement. Nous n’avons qu’une seule Terre, protégeons là !

Journee mondiale pour la biodiversite 2022 – batissons un avenir collectif pour toute vie sur terre !

A l’occasion de la journée mondiale pour la biodiversité du 22 mai 2022, le Comité français de l’UICN s’associe à la campagne de la Convention sur la Diversité Biologique qui cette année a pour thème « Bâtir un avenir collectif pour toute vie sur Terre ». Alors que la communauté internationale est appelée à adopter cette année la nouvelle stratégie mondiale pour la biodiversité lors de la COP15 Biodiversité, l’humanité réexamine sa relation avec la nature. Et le constat est unanime, l’action de l’homme sur terre diminue la biodiversité et son appauvrissement impacte le fonctionnement des écosystèmes et les services qu’ils nous rendent (santé, sécurité alimentaire, régulation du climat…).  Poursuivant la dynamique impulsée par le Congrès mondial de l’UICN de Marseille en septembre, le Comité français de l’UICN encourage tous les acteurs à mettre en œuvre les solutions proposées dans le Manifeste de Marseille et les motions adoptées au Congrès pour bâtir ce nouvel avenir collectif et répondre à la double crise du climat et de la biodiversité.  « La nature doit être au cœur de la reconstruction pour un monde résilient et durable » déclare Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN Pour y répondre, le Comité français de l’UICN appelle à stopper la dégradation actuelle de la diversité biologique et à la placer sur la voie du rétablissement d’ici à 2030, en inscrivant cet objectif dans la prochaine stratégie mondiale de la biodiversité. Ce rétablissement passe par un soutien plus fort à la restauration des écosystèmes, aux Solutions fondées sur la Nature, telles que définies et encadrées par l’UICN, et à l’approche globale Une seule santé / One health pour garantir une sécurité sanitaire mondiale et durable en s’attaquant aux causes de la perte de la biodiversité.  Cet élan s’inscrit dans la Vision 2050 « Vivre en harmonie avec la Nature », pour laquelle il est nécessaire de redéfinir nos valeurs communes et de s’engager sur des modifications plus profondes pour habiter autrement la Terre et s’engager vers un « mieux-vivre ensemble » avec toutes les autres espèces, tel que le Comité français de l’UICN l’a proposé dans son Manifeste éthique.

7 collectivités locales adhèrent à l’UICN

Le Comité français de l’UICN se félicite de l’adhésion des premières collectivités suite à l’adoption,le 10 septembre 2021, par l’Assemblée des membres de l’UICN réunie au Congrès mondial de la nature à Marseille, de la motion (A) visant à inclure les autorités locales dans la gouvernance de l’UICN, comme membres à part entière. Désormais 7 collectivités territoriales rejoignent cette nouvelle catégorie de membres : Le Gouvernement Basque Le Gouvernement de la Catalogne Le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie Le Conseil Régional Sud-PACA Le Conseil Régional d’Île-de-France La Ville de Paris La Ville de Curridabat  L’UICN, dont le rôle est d’être l’union de tous les acteurs impliqués dans la conservation de la nature dans le monde, inclut désormais de façon claire les collectivités territoriales, volontaires et actives sur la biodiversité, dans sa gouvernance. Avec 4 collectivités locales françaises admises sur 7, ces adhésions montrent la mobilisation mise en place avec les collectivités par le Comité français de l’UICN, à l’initiative de la motion adoptée au congrès mondial. Ces premières adhésions de collectivités démontrent qu’elles font partie des acteurs majeurs pour répondre de manière concrète aux enjeux internationaux sur la préservation de la biodiversité et la lutte contre les changements climatiques dans les territoires. En effet, « le rôle des collectivités territoriales est majeur dans le monde sur les questions environnementales. C’est une remarquable avancée qui permettra de renforcer la gouvernance de la nature avec des actions locales aussi bien dans les villes qu’à l’échelle de grandes régions et territoires » déclare Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN. Les collectivités sont directement concernées par la mise en œuvre de nombreuses résolutions du Congrès mondial de l’UICN de Marseille comme la lutte contre l’artificialisation des sols, les solutions fondées sur la nature, la planification des espaces maritimes, la pollution plastique marine et lumineuse, ou encore les alternatives aux pesticides. Elles ne seront pas les seules, puisque l’adhésion de la Ville de Fontainebleau, lieu de la création de l’UICN, est en cours, tout comme celle du Département des Bouches-du-Rhône qui prépare son dossier de candidature. Cela est le fruit d’un travail que le Comité français de l’UICN porte depuis plus de 15 ans, et qui a progressé grâce à la mobilisation collective de ses membres et des participants de son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » présidée par Stéphane Woynaroski, Conseiller régional délégué à la biodiversité et à l’eau du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Ces adhésions ouvrent la voie à un renforcement des actions des collectivités en faveur de la biodiversité à la veille de l’adoption de la prochaine stratégie mondiale de la biodiversité à la COP15 Biodiversité cette année. G

La Fête de la Nature démarre !

La 16e édition de la Fête de la Nature se tient du 18 au 22 mai 2022, partout en France métropolitaine et en Outre-mer. Créée en 2006 par le Comité Français de l’UICN et le magazine Terre Sauvage, elle est désormais installée et identifiée dans l’ensemble du territoire français, et même au-delà puisqu’elle s’est implantée dans 7 pays. Découvrez les animations près de chez vous : Cette 16ème édition met l’accent sur plusieurs thématiques qui permettront notamment de fêter avec les gestionnaires des Réserves naturelles les 40 ans de leur réseau ou, dans un cadre plus intimiste, de rencontrer des propriétaires de jardin qui ouvrent exceptionnellement les portes de leur écrin de verdure. Les villes seront aussi au rendez-vous ! Et certaines en profiteront pour présenter leur Atlas de la Biodiversité Communale. Une façon de mieux connaître et de préserver la nature tout près de chez soi. Diverses animations seront l’occasion de laisser parler la nature et apprendre à l’écouter, de se laisser émerveiller par la richesse du monde nocturne et de poser un regard sur la nature sauvage présente en ville. En autonomie, de nombreux jeux de piste numérique avec l’application Explorama ou contribuer à un inventaire des espèces en utilisant les programmes de sciences participatives et participer au Grand observatoire de la nature mené par Science & Vie. Les personnes accompagnées par le Secours Populaire et certaines personnes placées sous main de justice pourront, elles aussi, bénéficier de sorties exceptionnelles pour renouer avec la nature et le vivant, Et enfin parce que la Fête de la Nature n’a pas de frontières, les citoyens et citoyennes de 7 pays se joignent à la célébration pour prendre part à cette grande fête ! Pour tout savoir, rendez-vous sur le site de la Fête de la Nature. Plus d’informations Site de la Fête de la Nature Page dédiée à la Fête de la Nature Programme Éducation Communication du Comité français

Quarry Life Award : Découvrez les deux projets de la catégorie « Initiatives sociétales » !

Tous les deux ans, le Groupe HeidelbergCement organise le Quarry Life Award, un concours scientifique et éducatif qui se déroule dans plus de vingt pays à travers le monde. L’ambition de ce concours est d’améliorer les connaissances en matière de biodiversité sur les sites de carrières, de la favoriser et d’informer et de sensibiliser le grand public à l’importance de sa préservation. Durant cette édition, quatre projets français concourent dans les catégories « Recherche et gestion de la biodiversité » et « Initiatives sociétales ». Depuis février et jusqu’à septembre, les porteurs de projet vont mettre en œuvre leurs projets sur les carrières de Bazoches, Achères, Ségrie et La Huellerie. Dans cet article, découvrez les deux projets de la catégorie « Initiatives sociétales » qui regroupe les projets d’engagement et de sensibilisation des parties prenantes de la carrière. Ces projets seront évalués au regard de plusieurs critères comme la sensibilisation réalisée, la participation des parties prenantes locales et la valeur ajoutée pour la collectivité et la carrière. Sensibiliser à la préservation de la biodiversité et fédérer grâce à l’entretien participatif Des îlots de La Grande Bosse et de Champmorin – carrière de Bazoches (77) Précédent Suivant Porté par l’ANVL (Association des naturalistes de la Vallée du Loing), ce projet consiste à réaliser des chantiers d’entretien participatifs sur les îlots de La Grande Bosse et de Champmorin grâce à l’appui des salariés de l’entreprise et des habitants de Balloy, Bazoches-les-Bray et des communes environnantes. L’objectif est de conserver le caractère pionnier des îlots et de favoriser la nidification d’espèces d’oiseaux menacés via la gestion de la végétation herbacée. « Dans le cadre de la participation de l’ANVL au programme QLA, trois chantiers ont déjà pu être réalisés. Ces chantiers avaient pour mission l’entretien, dans la bonne humeur, grâce à la remise à nu des îlots de Champmorin et Champ Courceaux. L’objectif derrière ce maintien d’une terre sablo-granuleuse sans végétation est de favoriser la nidification de certaines espèces avifaunistiques : les Laridés. En effet, chaque année des colonies de Mouettes mélanocéphales, de Mouettes rieuses et de sternes nichent de manière privilégiée sur ces sols pionniers. De plus, ces actions nous ont permis de sensibiliser les bénévoles et les salariés de GSM sur la préservation de ces espèces. » Thomas Béthencourt, ANVL Consultez le blog du projet pour suivre sa mise en œuvre ! Biodiversité et changement climatique : implication de la carrière d’Achères et des exploitants de granulats – Carrière d’Achères (78) Précédent Suivant Ce projet mené par la LPO Normandie a pour but de sensibiliser, de former et d’impliquer les salariés et les citoyens aux effets du changement climatique sur notre société et sur la biodiversité. Cette sensibilisation est réalisée grâce à des outils pédagogiques, développés par l’association avec l’appui des salariés de la carrière, qui présentent les liens entre l’activité extractive, ses impacts et les leviers qu’offre la biodiversité pour faire face au changement climatique. « Deux premiers ateliers de conception des supports pédagogiques ont déjà été organisés avec les salariés et certains sous-traitants de la carrière. Ils ont ainsi pu aider la LPO Normandie en leur proposant des idées notamment pour adapter les outils aux enjeux et problématiques rencontrés dans leur métier. Ces actions ont été un vrai succès ! Nous avons maintenant hâte de voir ces outils utilisés lors des deux journées de sensibilisation prévues en juin pour l’ensemble des collaborateurs du secteur Ile-de-France Ouest. » Virginie Crenn, Responsable foncier et environnement, GSM Granulats Consultez le blog du projet pour suivre sa mise en œuvre ! Rendez vous en juin pour découvrir les deux projets de la catégorie « Recherche et gestion de la biodiversité » ! Plus d’informations Consultez les blogs des projets français sur le site du concours Contacter Fanny Brunstein, chargée de mission “Entreprises et biodiversité” Contacter Ludovic Pero, le référent national du concours (HeidelbergCement France) Les travaux du Comité français de l’UICN sur les entreprises et la biodiversité

Liste rouge des espèces menacées : 1 reptile sur 5 menacé d’extinction

Pour la première fois, l’évaluation de la Liste rouge mondiale sur l’ensemble des reptiles a été publiée le 27 avril dernier par l’UICN. 1 espèce sur 5 est en voie d’extinction. « Maintenant que les reptiles du monde sont évalués de manière exhaustive dans la Liste rouge de l’UICN, nous comprenons plus finement leur état de conservation et à quelles menaces ils doivent faire face » explique Craig Hilton-Taylor, directeur du programme Liste rouge de l’UICN. « Bien que ces résultats soient particulièrement préoccupants, cette étape nous donne des raisons d’espérer car elle pourrait nous permettre d’identifier là où les actions de conservation sont les plus urgentes ».  Plus de 10 000 espèces de reptiles ont été évaluées, révélant que 21% de la totalité de ces espèces sont en voie d’extinction. La perte d’habitat due à l’agriculture intensive, la déforestation ou l’urbanisation croissante sont les plus grandes menaces qui pèsent sur les reptiles dans le monde, notamment en Asie du Sud et du Sud-Est qui sont des centres de diversité pour les reptiles où ces menaces dominent. Parmi les autres menaces touchant significativement ces espèces, on retrouve les espèces exotiques envahissantes, en particulier la pression exercée par les prédateurs, la chasse non encadrée et le braconnage. Près de 900 experts du monde entier ont contribué aux évaluations du risque d’extinction des reptiles et à cartographier leur aire de répartition à travers le monde. Ce projet a été piloté conjointement par NatureServe, Conservation International et l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. « La Liste rouge de l’UICN est un outil parfait pour évaluer le risque d’extinction des espèces de façon standardisée. Nous avons pu comparer nos résultats à ceux de la Liste rouge pour les autres vertébrés dans une étude séparée, et démontrer que le groupe des reptiles est plus menacé que celui des oiseaux, mais moins que les mammifères ou les amphibiens » explique le Dr Bruce Young, zoologiste et scientifique pour NatureServe. La moitié des crocodiles (11 espèces sur 23) est considérée comme menacée sur la Liste rouge mondiale. La destruction de leur habitat et les conflits directs avec les humains sont les deux principales menaces auxquelles ils doivent faire face. À titre d’exemple, le gavial du Gange est en danger critique d’extinction à cause des barrages et de l’urbanisation qui ont fragmenté les rivières où il vit, tandis que le pompage de l’eau pour l’irrigation a réduit leur débit et diminué la qualité de son habitat. Cette espèce est dépendante de la poursuite des programmes de conservation en Inde et au Népal, qui ont permis d’augmenter le nombre de gavials depuis les années 1970. « Cette étude ne laisse aucun doute sur les menaces auxquelles les reptiles sont confrontés. Si nous les laissons disparaître, nous perdrons des milliards d’années d’histoire évolutive cumulée » déplore Neil Cox, manager au sein du programme d’Étude internationale pour la conservation de la biodiversité à l’UICN. « La communauté mondiale a une opportunité sans précédent d’inverser la crise d’extinction dès maintenant en établissant un cadre mondial de la biodiversité post-2020 solide et en mettant en œuvre des objectifs de conservation ambitieux et atteignables ». PLUS D’INFORMATIONS : L’article original sur le site de l’UICN (en anglais) Etude comparative entre les reptiles et le reste des tétrapodes – Nature (en anglais) La Liste rouge nationale des reptiles et amphibiens de France métropolitaine La Liste rouge des reptiles et amphibiens de Mayotte La Liste rouge des espèces menacées en France Crédit photo : Claudine Delmas – Lézard d’Aurelio, classé « En danger » sur la Liste rouge nationale des espèces menacées

Un webinaire pour mieux comprendre les Solutions Fondées sur la Nature et leur déploiement dans le monde francophone

Lors du dernier Congrès Mondial de la Nature, l’UICN a appelé à déployer les Solutions Fondées sur la Nature dans les territoires. Précieuses alliées pour lutter et s’adapter aux effets des changements climatiques, elles nécessitent cependant d’être déployées selon des critères précis.  Lors d’un webinaire sur les Solutions Fondées sur la Nature au sein du monde francophone, le Comité français de l’UICN a rappelé l’origine de ce concept forgé par l’UICN et les différents critères nécessaires à leur mise en place qui sont décrits en détails dans le standard mondial de l’UICN et présentés de façon synthétique dans un guide d’accompagnement publié par le Comité français de l’UICN. Des experts de l’UICN, du Centre béninois d’action pour l’environnement et le développement durable (ACED) et du Conservatoire du Littoral ont ensuite présenté des exemples concrets de Solution Fondées sur la Nature déployées en Afrique occidentale et en Méditerranée. Envie d’en savoir plus ?  Retrouvez l’intégralité du webinaire et les présentations dans le lien ci-dessous : Le déploiement des SFN est essentiel pour assurer la résilience des territoires face aux changements climatiques tout en protégeant et restaurant la biodiversité. L’accompagnement et la formation des acteurs et des porteurs de projets est nécessaire pour permettre une mise en œuvre efficace de ces solutions. Pour aller plus loin : Les Solutions fondées sur la Nature8 questions à se poser pour mettre en oeuvre les Solutions fondées sur la NatureStandard mondial de l’UICN pour les Solutions fondées sur la Nature : première édition

La préservation des tortues marines en Afrique : la société civile se mobilise

Du 7 au 12 mars 2022 s’est tenu le premier Congrès africain des tortues marines. A cette occasion, Alexandre Girard, Président du Réseau des Acteurs de la Sauvegarde des Tortues Marines en Afrique Centrale (RASTOMA) dresse un état des lieux de la situation des tortues marines en Afrique et présente la dynamique de leur protection, notamment grâce aux réseaux régionaux de la société civile. Les côtes atlantiques de l’Afrique accueillent 5 espèces de tortues marines, classées sur la liste rouge de l’UICN : la tortue olivâtre et la tortue luth (toutes deux classées vulnérables), la tortue verte (en danger), la tortue imbriquée (en danger critique), et la tortue caouanne (vulnérable). L’Afrique atlantique abrite des sites de ponte d’importance mondiale pour ces espèces : les plages du Gabon et du Congo accueillent actuellement le plus grand nombre de pontes au monde pour la tortue luth. Les tortues olivâtres pondent régulièrement le long de l’ensemble de la côte atlantique de l’Afrique depuis l’Angola jusqu’à la Mauritanie ; l’Afrique centrale et de l’Ouest héberge ainsi l’une des plus importantes populations d’olivâtre non-arribadas. Les tortues vertes pondent quant à elles en masse sur certaines îles, notamment l’île de Poilao dans l’archipel des Bijagos (Guinée Bissau) en Afrique de l’Ouest avec plusieurs dizaines de milliers de ponte de cette espèce chaque année et sur l’île de Bioko (Guinée équatoriale) en Afrique centrale. La tortue imbriquée est très rare dans la région, elle pond à Sao Tomé et cette population relictuelle de l’Atlantique Est, réduite à quelques dizaines de femelles seulement constitue une priorité de conservation à l’échelle mondiale. Enfin l’archipel du Cap-Vert est le site de ponte le plus important de l’Atlantique Est pour la tortue Caouanne. Les eaux côtières des plateaux continentaux d’Afrique centrale et de l’Ouest sont également des aires d’alimentation où les tortues vertes et imbriquées se développent, se nourrissant sur les herbiers, et sur les fonds rocheux riches en faune et flore benthiques. Les statuts de la liste rouge de l’UICN sont fondés sur des évaluations globales à l’échelle mondiale de ces espèces. Mais la situation régionale reste globalement inconnue en raison du manque de données pour ces espèces en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. C’est pourquoi il est urgent d’évaluer l’abondance et les tendances des populations de tortues marines en recueillant des données sur leurs sites de ponte et d’alimentation dans l’Atlantique Est. Principales menaces et pressions Les menaces sont nombreuses et la pression anthropique sur les tortues marines et leurs habitats est forte le long des côtes atlantiques de l’Afrique. Les tortues sont fréquemment braconnées lorsqu’elles sortent sur les plages pour pondre. Leurs œufs sont régulièrement collectés. La consommation de la viande de tortues et des œufs est une pratique coutumière. Il existe pourtant des lois pour protéger ces espèces dans la plupart des pays d’Afrique atlantique mais leur mise en application est faible. Les captures accidentelles des tortues marines par les pêcheurs artisanaux et les pêcheries industrielles constituent aussi une menace de premier ordre pour les tortues marines le long de la côte Atlantique de l’Afrique. Les pêcheries artisanales côtières, notamment les filets maillants interagissent fortement avec les tortues marines. La pêche industrielle et semi-industrielle à la palangre, au chalut, à la seine sont également responsables de captures accidentelles. L’impact de ces pêcheries sur les tortues marines est encore mal évalué en Afrique Atlantique et mérite d’être mieux suivi. A cela s’ajoute le développement côtier : les constructions et extensions d’installations portuaires, l’urbanisation galopante des côtes en lien avec l’exode rural, la création de complexes touristiques, les installations pétrolières, etc. détruisent ou dégradent les habitats côtiers des tortues marines. Le réchauffement climatique provoque également une accélération de l’érosion côtière et la survenue plus fréquente d’évènements climatiques extrêmes. Ces phénomènes concourent à une plus grande vulnérabilité de la côte et à la détérioration des plages de ponte des tortues marines en Afrique. Enfin, la pollution physique (macro et micro-plastiques) et chimique (marée noire, dégazage, etc.) sont également responsables d’une détérioration de l’habitat des tortues marines. Les plastiques déversés dans la mer peuvent en outre être ingérés par les tortues marines, provoquant une surmortalité chez ces espèces déjà menacées. Les outils et solutions disponibles pour protéger les tortues marines Sur le terrain ces vingt dernières années, les Etats d’Afrique de l’Ouest et du Centre ont accéléré la sanctuarisation de zones côtières et marines en créant des aires marines protégées (AMP). Ces AMP sont une bonne nouvelle pour les tortues marines et certaines d’entre-elles ont été créés pour protéger ce groupe d’espèces sous l’impulsion des ONG (Grand bérébi en Côte d’Ivoire sous l’impulsion de CEM, Pointe Indienne en cours de création en République du Congo sous l’impulsion de Rénatura). Toutefois, la délimitation d’une AMP promulguée par la loi sur le papier ne protège pas. Les Etats oublient très souvent d’allouer des moyens humains et financiers pour la gestion de ces AMP et, le plus souvent, la protection effective de ces territoires dits protégés n’est pas réelle. Dans le meilleur des cas, de grandes ONG internationales de la conservation lèvent des fonds et créent des partenariats avec les Etats pour cogérer les Aires Protégées. Cette situation n’est pas souhaitable sur le long terme et il convient que les Etats africains s’emparent du sujet et fasse de la conservation de la biodiversité et de la gestion des Aires protégées une priorité méritant des moyens importants. Les tortues marines sont des espèces qui se déplacent parfois sur des milliers de kilomètres au cours de leur développement et entre leurs sites de reproduction et leurs sites d’alimentation. Elles peuvent utiliser l’ensemble de la bande sableuse littorale pour pondre et broutent dans les eaux côtières peu profondes pour les espèces herbivores et omnivores, ou chassent dans l’Océan ouvert pour les espèces carnivores. La protection de territoires circonscrits dans les AMP n’est donc pas une approche suffisante pour les protéger. C’est pourquoi l’action des communautés, des usagers de la mer et de la société civile est cruciale : les acteurs non-étatiques sont les seuls à assurer la protection de ces