Présentation de la Stratégie nationale biodiversité 2030 : le Comité français de l’UICN en demande un renforcement tous les ans d’ici 2030

Le Comité salue la présentation par le Gouvernement de la SNB2030 pour accélérer les actions en faveur de la biodiversité. La France est le 1er pays à renforcer l’application du nouveau cadre mondial de la biodiversité de l’ONU pour répondre à ses engagements internationaux d’inverser la perte de biodiversité d’ici 2030. Les résultats à atteindre  demandent un engagement fort sur le long terme du Gouvernement piloté par la Première ministre, avec l’implication du Secrétariat général à la planification écologique. La réussite dépendra de la mobilisation de l’ensemble des acteurs du niveau national jusqu’au local, et des citoyens, en particulier de la jeunesse. Les moyens nouveaux alloués à la biodiversité pour la mise en œuvre de la stratégie, plus de 1 milliard pour 2024, sont à saluer mais il faut continuer à accroître les financements chaque année et lancer une réforme ambitieuse des financements néfastes à la biodiversité qui totalisent 10 milliards d’euros. L’exemplarité de l’Etat et la cohérence des politiques publiques sont indispensables, en particulier concernant l’agriculture : nouveau plan Ecophyto pour la réduction des pesticides, transition écologique de l’agriculture via l’agroécologie et l’agriculture biologique, restauration des haies en stoppant l’arrachage, protection des forêts… Le Comité attend une stratégie spécifique aux Outre-mer et se réjouit de l’ajout de 2 mesures qu’il a soutenues concernant la protection et la restauration des prairies naturelles, dont 50 000 ha disparaissent chaque année, et la prise en compte de la lutte contre la pollution sonore sous-marine qui est une menace importante pour les mammifères marins. Il attend aussi de rehausser l’ambition en matière de protection forte : l’objectif de 10% doit s’appliquer en métropole et dans les Outre-mer, pour les milieux terrestres et les milieux marins, et en accord avec la protection stricte européenne. L’ambition de restauration de 30% d’écosystèmes dégradés d’ici devra certainement aussi être renforcée. Le Comité est satisfait du soutien annoncé sur de précédentes initiatives comme la Fête de la nature, grande fête citoyenne qu’il a lancée en 2007, des Atlas de la biodiversité communale, ou encore sur les stratégies territoriales de la biodiversité. Il est ainsi primordial, comme l’a déclaré Maud Lelièvre, présidente du Comité français de l’UICN à la présentation de la stratégie ce matin, qu’une évaluation annuelle des résultats obtenus soit réalisée avec des indicateurs précis et fiables sur l’état de la biodiversité, comme la Liste rouge des espèces menacées. Cette évaluation annuelle permettra de rehausser régulièrement le niveau des actions pour atteindre les objectifs biodiversité de la France en 2030.

Cote d’alerte pour la flore de La Réunion

Treize ans après le premier bilan, l’actualisation de l’état de la flore vasculaire de La Réunion fait apparaître une situation très préoccupante marquée par une forte aggravation : 41 % des espèces sont aujourd’hui menacées contre 30 % en 2010. Reconnue pour la richesse et l’originalité de sa flore, l’île de La Réunion abrite de nombreuses espèces qui n’existent nulle part ailleurs au monde. En 13 ans, les connaissances sur le patrimoine végétal de l’île se sont significativement améliorées, mais les mesures de conservation déployées ne portent pas encore leurs fruits et demandent à être renforcées. Les analyses réalisées ont porté sur l’ensemble de la flore vasculaire réunionnaise (orchidées, arbres et autres plantes à fleurs, fougères et plantes alliées), soit au total 962 espèces indigènes. Les résultats montrent que 395 espèces sont menacées et 31 autres quasi menacées, tandis que 41 espèces ont déjà disparu. Le bilan dressé met en évidence les pressions croissantes qui pèsent sur la flore de l’île. Mené dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France, cet état des lieux a été porté par le Comité français de l’UICN et l’unité PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD), grâce à la coordination locale du Conservatoire botanique national de Mascarin (CBN-CPIE Mascarin) et à l’expertise de nombreux spécialistes professionnels et amateurs. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (novembre 2023)• Tableau synthétique avec catégories et critères (xlsx)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Synthèse des changements de catégories entre 2010 et 2023 (pdf)• Publication : UICN Comité français, OFB, MNHN & CBN-CPIE Mascarin (2023). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Flore vasculaire de La Réunion. Paris, France. Photo bandeau :Bois de senteur blanc (Ruizia cordata) © Sonia Françoise

Le Comité français de l’UICN dévoile ses recommandations pour le prochain Congrès mondial de la nature

Le Comité français de l’UICN, qui a réuni 200 représentants de ses organisations membres et experts au Congrès français de la nature 2023 à Fontaineableau, a célébré les 75 ans de l’UICN et lancé la mobilisation française pour le prochain Congrès mondial de la nature 2025. Il a proposé plusieurs projets de recommandations pour répondre à l’engagement d’inverser la perte de biodiversité avant 2030 et de mettre la nature sur la voie de la restauration.

75 ans d’histoire et d’action de l’Union internationale pour la conservation de la nature !

Le 14 novembre prochain sera l’occasion de célébrer les 75 ans de la naissance de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature – l’UICN – rassemblant le plus vaste réseau d’acteurs et de spécialistes engagés dans la protection de la nature. Son expertise et la légitimité accordée à ses travaux ont contribué à structurer et renforcer l’action internationale pour la sauvegarde de la biodiversité, un enjeu vital pour l’avenir de notre planète. Un événement de célébration a lieu le 14 novembre prochain à Fontainebleau et le Congrès français de la nature y lancera la mobilisation française pour préparer le prochain Congrès mondial de l’UICN, après le succès du précédent organisé à Marseille en 2021.

Energies renouvelables et biodiversité : des solutions concrètes de conciliation

Le Comité français de l’UICN publie un recueil de retours d’expériences permettant d’identifier des bonnes pratiques et formulant des recommandations afin d’améliorer la prise en compte de la biodiversité dans la planification et la conception des projets éoliens et photovoltaïques. L’objectif est d’accompagner les porteurs de projets d’énergie renouvelable (EnR), publics ou privés, pour faire évoluer les pratiques et concilier transition énergétique et préservation de la biodiversité, deux politiques indissociables d’une véritable transition écologique.

Interview d’Emmanuelle Sarat

Coordinatrice de NatureXpairs et Membre du Groupe de travail Pays en développement & Biodiversité Emmanuelle, vous êtes aujourd’hui Coordinatrice de NatureXpairs. Pouvez-vous vous présenter, et préciser notamment les raisons qui vous ont conduit à travailler dans la protection de la nature ?  J’ai passé mon enfance dans de jolis coins : Grenoble et ses montagnes, le Var et ses belles forêts méditerranéennes, puis, un grand saut vers la Californie, où j’ai eu la chance de grandir pendant 4 ans. C’est à cette époque que j’ai découvert les grands espaces, la nature encore très sauvage aux alentours de San Francisco, l’océan Pacifique, les forêts de séquoias, les déserts, et surtout les grands parcs américains. J’ai toujours aimé la nature : en primaire, je remplissais déjà les dictionnaires de plantes pour faire des herbiers, je collectionnais les plumes, les insectes… Aux Etats-Unis, quand nous visitions les parcs nationaux, je participais au programme « Junior ranger » et j’étais très fière d’arborer le badge qui nous était attribué en récompense ! C’est donc très naturellement que j’ai orienté mes études vers le métier d’ingénieur forestier puis ma carrière professionnelle vers la protection de la nature. Quel est votre parcours professionnel et quelles sont vos plus belles expériences ? Pendant mes études, l’appel des grands espaces et une soif de découverte d’autres cultures m’ont orientée vers l’option « gestion des écosystèmes forestiers tropicaux » proposée dans ma formation d’ingénieur forestier. Ce parcours m’a permis d’acquérir des notions de sociologie et de découvrir des approches inclusives de gestion des milieux et des ressources naturelles, qui sont indispensables dans la pratique de mon métier aujourd’hui. Il marque aussi le début d’une belle expérience en Guyane, où j’ai pu travailler sur les pratiques de chasse de différentes communautés et sur l’établissement d’un dialogue autour de la mise en place d’une réglementation dédiée, encore balbutiante sur le territoire à cette époque (quelques quotas mais pas encore de permis de chasser). Être confrontée à la multiplicité des pratiques culturelles et à la réalité des enjeux socio-écologiques sur ce territoire a été une première expérience enrichissante et surtout inoubliable. Mon parcours s’est ensuite poursuivi en métropole, à l’Office national de la Chasse et de la Faune Sauvage (devenu une composante de l’OFB en 2020), dans l’animation de réseaux d’acteurs autour de deux espèces protégées emblématiques du bassin de la Loire, le castor et la loutre. Il s’agissait de mettre en lien les diverses communautés naturalistes s’intéressant à ces espèces pour mutualiser les connaissances, se former à des protocoles de suivi communs, et à travailler ensemble sur la résolution de conflits homme-faune sauvage. Car si le Castor et la Loutre ne sont pas de grands prédateurs, ces deux espèces en reconquête de leurs territoires chamboulent les usages humains (le castor et sa construction de barrages provoquant des inondations et la loutre pouvant impacter certaines piscicultures). Trois ans plus tard, cette animation de réseau s’est développée sur une thématique préoccupante pour les gestionnaires d’espaces naturels : les espèces exotiques envahissantes. J’ai alors intégré l’équipe « Espèces » du Comité français de l’UICN, pour coordonner un groupe de travail national dédié aux invasions biologiques dans les milieux aquatiques. Ce groupe de travail a pris de l’ampleur et s’est transformé en Centre de ressources en 2017. Nous avons renforcé l’équipe, élargi le réseau d’acteurs, développé de nombreux outils de partage et d’acquisition de connaissances, mis en place une offre de formation, étendu le périmètre du centre de ressources aux espèces exotiques envahissantes marines et resserré les liens avec le réseau « Espèces exotiques envahissantes outre-mer » piloté par le Comité depuis 2005. Puis, après presque 9 ans en tant que coordinatrice de ce beau dispositif, j’ai eu envie d’élargir mes horizons et de renouer avec une approche multiculturelle de préservation de la biodiversité. En mai 2022, j’ai rejoint Réserves naturelles de France pour développer une initiative de coopération internationale autour des aires protégées, mobilisant les gestionnaires dans une approche de partage d’expérience entre pairs. Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans la conservation de la biodiversité à l’international et en particulier dans les pays en développement ? La biodiversité ne connait pas de frontières et dialoguer avec les autres pays sur sa protection m’a toujours paru comme une évidence. C’était d’autant plus vrai sur la thématique des espèces exotiques envahissantes, qui voyagent avec l’homme. Je me suis tournée vers l’international d’abord par curiosité, pour comprendre comment d’autres pays abordent les différentes problématiques, et voir quelles solutions ont été mises en place, pour s’en inspirer. Puis, pour s’enrichir mutuellement et partager nos réussites, mais aussi nos échecs. Ayant été au contact de gestionnaires d’espaces naturels pendant toute ma vie professionnelle, j’ai toujours apprécié leur humilité, leur capacité à agir à leur niveau, sur les territoires qu’ils chérissent, en toute modestie. Leur curiosité et leur recherche permanente de solutions me donne envie de jouer ce rôle de passerelle entre les gestionnaires de différents pays. Souvent, ils n’osent pas aller au contact de leurs pairs, encore plus dans les pays en développement. Trop éloignés, parfois complexés de ne pas connaitre la langue ou la culture, ou de n’avoir d’expérience qu’au sein de leur territoire, il faut les accompagner pour aller au contact des autres et les rassurer sur le fait qu’ils disposent d’une véritable expertise, qui intéresse et qu’ils sont en mesure de transférer à leurs pairs. Je fais ce constat pour tous les gestionnaires d’aires protégées que je côtoie, un peu partout dans le monde. J’aime jouer ce rôle de facilitatrice et révéler ces compétences cachées, pour aboutir à un enrichissement mutuel des pratiques. Mais c’est voir de belles aventures humaines débuter, et parfois de l’amitié entre gestionnaires de différents pays, qui m’anime le plus. Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez aujourd’hui et quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confrontée dans le cadre de vos actions ? Les réalisations dont vous êtes la plus fière ? Notre initiative, hébergée par Réserves naturelles de France, NaturExpairs, « The French Hub for Protected areas and people”, est récente et nous sommes en pleine phase de construction. C’est une

Pour une société civile africaine porteuse de Solutions fondées sur la Nature : retour sur un atelier d’échanges d’expériences au Bénin !

Comment intégrer le concept international de « Solution Fondées sur la Nature » dans le montage des projets de conservation de la biodiversité  dans les contextes africains ? Depuis un an, ces réflexions font l’objet d’un accompagnement spécifique du Comité Français de l’UICN via son Programme de Petites Initiatives, qui vise à appuyer l’émergence de la société civile africaine engagée dans la conservation de la biodiversité. Après avoir lancé un appel à projet, en février 2022, avec l’appui de la Fondation Groupe EDF, pour soutenir deux projets de Solutions Fondées sur la Nature, au Sénégal et au Bénin, le PPI s’est associé au programme Ecosystèmes du CF UICN et à l’ONG bénéficiaire du financement SfN Centre d’Actions pour l’Environnement et le Développement Durable (ACED)  pour organiser conjointement un atelier les 19 et 20 juillet 2023. Une réelle occasion pour le CF UICN et l’ONG ACED de partager leurs expertises mutuelles en la matière.   Les SfN pour répondre aux enjeux environnementaux et sociaux en Afrique Concept adopté en 2016 par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), les SfN désignent les actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés pour relever directement les enjeux de société de manière efficace et adaptative, tout en assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité. Cependant toutes les actions qualifiées de « SfN » ne procurent pas les bénéfices anticipés tant pour la société que pour la biodiversité et le potentiel mondial des SfN est loin d’être pleinement exploité. C’est particulièrement le cas en Afrique sub-saharienne, alors que de plus en plus de bailleurs présents sur le continent s’intéressent à l’intégration des SfN dans les projets de développement, en cohérence avec le nouveau Standard mondial de l’UICN. Lancé en 2020, ce référentiel entend doter ses utilisateurs d’un cadre rigoureux de conception des SfN et leur permettre de vérifier qu’elles produisent les effets souhaités en répondant à un ou plusieurs enjeux de société.  Dans ce contexte, et avec l’appui de la Fondation Groupe EDF,  le PPI a lancé en février 2022 un appel à projet spécifique qui a permis de financer les projets de deux associations partenaires historiques du PPI en Afrique de l’Ouest : l’ONG sénégalaise de la Réserve Ornithologique de Kalissaye (ROK) avec un projet de « Gestion des Forêts de Mangroves de Kalissaye pour la sécurité alimentaire et la préservation des équilibres écologiques » et l’ONG Béninoise ACED avec un projet de « Renaturation de la ville d’Abomey-Calavi : vers une ville nourricière et biodiversifiée ». Avec cet appel à projet, un constat a été fait : le concept de SfN reste assez flou pour beaucoup d’OSC locales et le standard mondial peu connu.  Ainsi, dans une optique d’accompagnement de la montée en puissance de la société civile africaine sur cette thématique novatrice et porteuse de changement, le PPI s’est associé au programme Ecosystèmes du CF UICN ainsi qu’à l’ONG béninoise ACED, pour organiser un atelier sur les SfN au Bénin, grâce à l’appui de la Fondation Groupe EDF, avec comme objectif final d’appuyer les OSC dans le montage de projet et la recherche de financement sur cette thématique. Un atelier co-conçu et participatif de renforcement des capacités de la société civile sur les SfN Destiné aux OSC béninoises mobilisées sur les questions de développement et de conservation de la biodiversité, l’atelier SfN s’est tenu durant deux jours les 19 et 20 juillet à Abomey Calavi au Bénin, dans les locaux de l’ONG ACED. Une vingtaine d’ONGs étaient présentes, parmi lesquelles les partenaires historiques béninois, les nouveaux partenaires bénéficiaires du PPI  mais aussi des membres de l’UICN Bénin ainsi que trois partenaires historiques régionaux intéressés par les sujets SfN comme BISSAKOUPOU et AGEREF/CL basés au Burkina Faso et l’ONG sénégalaise ROK, lauréate du financement SfN PPI.  Animée par Rodrigue Castro Gbedomon, directeur de la recherche et de l’apprentissage chez ACED, Nicolas Rodrigues, chargé de mission SfN au CF UICN et Damien Martin, coordinateur pour le renforcement de capacités des ONGs PPI pour la zone Afrique de l’Ouest, cette formation participative à la fois théorique et pratique s’est basée sur une démarche de co-apprentissage de manière à faciliter la participation des OSC, et permettre une meilleure compréhension du standard mondial via des exemples concrets extraits des projets PPI. Qu’elles soient spécialistes de la renaturation en ville, de la gestion des forêts, de zones de savanes ou encore de la gestion du littoral ouest Africain, les ONGs participantes ont pu chacune mobiliser leur expertise pour développer des échanges constructifs autour de l’application des SfN dans le montage de projet de conservation de la biodiversité en Afrique de l’Ouest. En mêlant théorie, visite de terrain, exercices pratiques, restitution orales, jeux « brise-glace » et quizz d’évaluation, la formation s’est déroulée dans une vraie dynamique collaborative où les OSC participantes ont pu appréhender l’ensemble des critères au regard de leurs propres projets. Au-delà d’une meilleure appréhension du concept et de la mise en réseau, l’atelier a également permis de présenter aux OSC participantes l’enjeu des opportunités de financements internationaux à venir sur les SfN dans la sous-région. A titre d’exemple, la Banque Mondiale a en effet engagé près de 5,5 milliards de dollars pour financer des projets en liens avec les SfN entre 2012 et 2021, principalement en Afrique. Grâce aux  travaux pratiques en groupe, nous avons eu l’opportunité de nous imprégner du contenu de chaque critère. Aujourd’hui, je comprends mieux le Standard SfN et je compte vraiment l’adapter à nos projets ! L’avantage de cet outil est de pouvoir faire ressortir les aspects positifs dont la biodiversité pourrait bénéficier à travers nos actions. Cet atelier est vraiment arrivé au bon moment car je pense que dans les années à venir, le Standard SfN va devenir un outil indispensable que de plus en plus de partenaires financiers vont exiger. Mariano Gboja  Houngbedji – Directeur technique à ODDB ONG et membre de l’UICN Bénin On est dans un processus d’apprentissage donc appartenir au réseau d’OSC PPI

Colloque international « Défendre la nature – De 1923 à aujourd’hui »

Le Comité français de l’UICN est partenaire du Colloque international « Défendre la Nature. De 1923 à aujourd’hui » qui a lieu du 27 au 29 septembre 2023 prochain au Muséum national d’Histoire naturelle ! À l’occasion du centenaire du 1er Congrès international pour la protection de la nature qui s’est tenu à Paris en 1923, la Société nationale de protection de la nature, l’AHPNE et leurs nombreux partenaires académiques, institutionnels et associatifs organisent un Colloque exceptionnel réunissant près de 70 intervenants sur plus de 30 conférences et table ronde. Son ambition : replacer dans une perspective historique les dynamiques de protection de la nature et questionner l’évolution des discours, figures, récits et pratiques durant plus d’un siècle de combats et de mobilisations. Et pour quels résultats ? Retrouvez notamment notre Présidente, Maud Lelièvre, le 27 septembre à la table-ronde « Sciences et protection de la nature : Quelles histoires communes ? » de 18h00 à 20h00, et notre Président d’honneur, Patrick Blandin, le 29 septembre pour la table-ronde « Le multilatéralisme dans la protection internationale de la nature, depuis 1923 » de 11h00 à 12h30. Plusieurs membres et experts du Comité français de l’UICN interviendront aussi au cours de ces 3 journées. Pour en savoir plus 👉 https://lnkd.in/eFtjpnmv Pour s’inscrire 👉 https://lnkd.in/e-YaqW8K

L’IPBES publie la première évaluation mondiale sur les espèces exotiques envahissantes

Après quatre années d’élaboration, le rapport d’évaluation sur les espèces exotiques envahissantes et leur contrôle a été présenté ce lundi 4 septembre 2023 lors de son lancement officiel. Souvent décrit comme le « GIEC pour la biodiversité », l’IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques) a pour mission de renforcer les politiques et les décisions par le biais de la science, pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité, le bien-être humain à long terme et le développement durable.  Sur la base des conclusions du précédent rapport d’évaluation mondiale publié en 2019 sur la biodiversité et les services écosystémiques, qui identifie les invasions biologiques comme l’un des cinq principaux facteurs directs de la perte de biodiversité (au même titre que le changement climatique ou la pollution), ce nouveau rapport évalue cette fois la gravité des invasions biologiques à l’échelle mondiale et cherche à informer sur les options possibles pour faire face à ce problème, souvent sous-estimées et dans certains cas, négligées par les décideurs politiques.  Lancement du rapport à Bonn, à l’issue de la 10ème session plénière de l’IPBES  Ce rapport a été rédigé par 86 experts internationaux issus de 49 pays de toutes les régions du monde, sous la direction de trois coprésidents : la professeure Helen Roy (Centre britannique d’écologie et d’hydrologie, Royaume-Uni), le professeur Aníbal Pauchard (Faculté des sciences forestières, Université de Concepción et Institut d’écologie et de biodiversité, Chili) et le professeur Peter Stoett (Institut de technologie de l’Université de l’Ontario, Canada). Il s’appuie sur plus de 13 000 références reflétant la diversité des connaissances existantes sur les EEE, notamment des articles scientifiques, des rapports gouvernementaux et des savoirs autochtones et locaux.  Cette nouvelle évaluation a été examinée et approuvée par les 143 états membres présents lors de la dixième plénière de l’IPBES à Bonn, du 28 août au 1er septembre.  Le rapport est structuré en six chapitres, fournissant la base scientifique sur le sujet :   Introduction aux invasions biologiques et à l’évaluation de l’IPBES : concepts, terminologie et risques ; Synthèse des tendances passées et futures, et état des espèces exotiques et des espèces exotiques envahissantes ; Facteurs directs et indirects de changement de la biodiversité affectant les invasions biologiques à différents stades : transport, introduction, établissement et propagation d’espèces exotiques envahissantes ; Impacts des invasions biologiques sur la nature, les contributions de la nature aux populations et la bonne qualité de vie ; Gestion des invasions biologiques : approches, efficacité et contraintes Options futures pour la prévention et le contrôle des invasions biologiques : gouvernance et instruments politiques.    Quelques chiffres clés issus de l’évaluation Avec 200 nouvelles espèces exotiques enregistrées chaque année, ce sont plus de 37 000 espèces exotiques qui ont été introduites par les activités humaines ; et 3 500 de ces espèces ont des impacts négatifs documentés dans la littérature, avec une variabilité du caractère invasif selon les taxons. D’après les données de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™, qui évalue le risque d’extinction de plus de 150 000 espèces, les espèces exotiques envahissantes sont impliquées dans 60 % des extinctions globales d’espèces documentées et 90 % de ces extinctions ont eu lieu dans les îles. Les environnements éloignés sont particulièrement sensibles aux invasions biologiques, comme les îles, les régions montagneuses, polaires et désertiques, ainsi que les zones protégées. En plus de menacer la survie des espèces locales, leur coût économique mondial a dépassé les 390 milliards d’euros par an en 2019, et a au moins quadruplé chaque décennie depuis 1970 et devrait continuer d’augmenter si aucune mesure n’est prise.  Des outils de l’UICN ont alimenté le rapport, en particulier la base de données mondiale sur les espèces exotiques envahissantes coordonnée par l’ISSG (le groupe de spécialistes des espèces exotiques envahissantes de l’UICN) et le Registre mondial des espèces introduites et envahissantes, une initiative de l’ISSG publiant des inventaires nationaux vérifiés d’espèces exotiques. En outre, l’évaluation a utilisé la méthodologie de classification de l’impact environnemental des espèces exotiques (EICAT), récemment publiée par l’UICN. Un résumé à l’intention des décideurs accompagne ce rapport (disponible prochainement) et présente les principaux chiffres et messages clés de l’évaluation.  Il préconise notamment une action intégrée, à travers et au sein des pays et des différents secteurs (commerce, transport, tourisme, santé, agriculture et environnement), afin de soutenir les efforts visant à atteindre l’objectif 6 du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal sur les espèces exotiques envahissantes, ainsi que les Objectifs de développement durable. Anne Larigauderie, secrétaire exécutive de l’IPBES, a déclaré: « L’urgence immédiate des espèces exotiques envahissantes ,qui causent des dommages considérables et croissants à la nature et à l’Homme, rend ce rapport si précieux et si opportun. » « En décembre dernier, les gouvernements du monde entier ont convenu, dans le cadre du nouveau cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal, de réduire l’introduction et l’établissement d’espèces exotiques envahissantes prioritaires d’au moins 50% d’ici à 2030. Il s’agit d’un engagement essentiel, mais aussi très ambitieux. Le rapport de l’IPBES sur les espèces exotiques envahissantes fournit les preuves, les outils et les options nécessaires pour rendre cet engagement plus réalisable»   La situation en France et l’action du Comité français de l’UICN La France n’échappe pas à ce phénomène et figure parmi les pays les plus concernés. Avec trois grandes façades maritime et 4 des 5 principales zones biogéographiques européennes (atlantique, continentale, méditerranéenne et alpine) présentes en métropole, et l’ensemble des collectivités françaises d’outre-mer réparties dans les trois grands océans de la planète, cette diversité de climats et de milieux permet à de nombreuses espèces introduites et aux exigences écologiques variées de s’y installer et de s’y reproduire. Les exemples d’invasions sont nombreux en métropole : Ragondin, Ecrevisse de Louisiane, Vison d’Amérique, Grenouille taureau, Renouée du Japon, Ambroisie, jussies, etc. Les collectivités françaises d’outre-mer, principalement insulaires et avec souvent des forts taux d’endémisme, sont particulièrement touchées. Par exemple, à Tahiti, 40 à 50 espèces de plantes endémiques sont menacées de disparition par l’invasion de l’arbre Miconia. Le Rat

20% des espèces de la planète se trouvent dans les sites du patrimoine mondial de l’UNESCO

Plus de 20 % de la richesse mondiale cartographiée se trouve dans des sites du patrimoine mondial, bien que ces zones représentent seulement 1 % de la surface de la Terre, selon une évaluation conjointe de l’UICN et de l’UNESCO. On estime que les sites du patrimoine mondial (englobant les sites d’importance culturelle et naturelle) abritent 75 000 espèces de plantes et plus de 30 000 espèces de mammifères, d’oiseaux, de poissons, de reptiles et d’amphibiens. Cela comprend notamment 20 000 espèces menacées, avec des populations importantes de nombreuses espèces emblématiques, comme un tiers de tous les éléphants, tigres et pandas, et au moins un dixième des grands singes, girafes, lions et rhinocéros. L’analyse de l’évaluation utilise les données de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™. La Convention du patrimoine mondial – dont l’UICN est le conseiller officiel pour la nature – permet de protéger des sites qui, comme le montre cette étude, sont parmi les plus importants au monde pour la conservation de la biodiversité . Elle joue un rôle unique en veillant à ce que les efforts nécessaire soient consacrés au maintien de la valeur naturelle de ces zones. « Ce rôle doit être plus largement reconnu et soutenu, car la préservation de la nature est essentielle à la réalisation des objectifs mondiaux en matière de biodiversité et de climat », a déclaré M. Tim Badman, responsable du patrimoine et de la culture de l’UICN. Pour certaines espèces en voie d’extinction, les sites du patrimoine mondial sont devenus la dernière ligne de défense. Ces zones abritent tous les rhinocéros, vaquitas et iguanes roses restants de Java, ainsi que plus de la moitié de tous les rhinocéros de Sumatra, orangs-outans de Sumatra et gorilles de montagne. Les sites naturels du patrimoine mondial englobent la plupart des principaux types d’écosystèmes s’étendant sur plus de 3 500 000 km² (une superficie plus grande que l’Inde) et comprennent 15 % de tous les récifs coralliens. Les bénéfices apportés par la biodiversité sont innombrables et constituent le fondement de la relation de l’humanité avec la nature. La biodiversité et la diversité culturelle sont liées, et les sites du patrimoine mondial offrent d’importants services environnementaux aux peuples autochtones et aux communautés locales, tels que la protection des ressources naturelles, et des lieux d’importance religieuse et culturelle, ainsi que la fourniture d’emplois et de revenus grâce à des activités durables. Ces zones jouent également un rôle déterminant dans le renforcement du lien entre nature et culture, dans la mesure où de nombreux sites culturels, y compris ceux situés dans les zones urbaines, peuvent également abriter des écosystèmes importants et constituent un allié inexploité dans les efforts visant à mettre fin à la perte de nature. La conservation de ces sites présente de multiples avantages pour l’homme, tels que la prévention de la transmission de maladies entre la faune sauvage, le bétail et les humains, et la possibilité pour des écosystèmes tels que les forêts et les prairies d’agir comme des puits de carbone, réduisant ainsi les gaz à effet de serre. Les zones naturelles offrent également une protection contre les effets négatifs liés au climat, comme les événements météorologiques extrêmes. Malgré les efforts de protection, ces sites sont de plus en plus menacés par le changement climatique et les pressions humaines ; l’expansion agricole, le développement des infrastructures, le braconnage, la surexploitation des ressources, la pollution et l’introduction d’espèces envahissantes. Ces défis se manifestent dans les sites du patrimoine mondial : l’Horizon du patrimoine mondial 2020 de l’UICN montre qu’un tiers des sites n’ont pas de perspectives sûres, et aujourd’hui 16 sites naturels du patrimoine mondial sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial en péril. L’UICN se joint à l’UNESCO pour encourager les pays à inclure les sites du patrimoine mondial de l’UNESCO dans leurs stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB), car ceux-ci sont essentiels à la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal (GBF). Cette étude est un outil supplémentaire permettant aux pays de travailler à la réalisation de ces objectifs. L’étude complète est disponible ici .