Le Cadre mondial de la biodiversité post-2020 adopté à la COP15

Après 4 ans de négociations, dix jours et une nuit d’intenses sessions, les représentants des 196 pays membres à la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) réunis à Montréal du 7 au 19 décembre, ont adopté le cadre mondial de la biodiversité post-2020 Kunming-Montréal appelé « Pacte de paix avec la nature ».  Cette COP15 Biodiversité, présidée par la Chine, aura rassemblé plus de 17 000 délégués des Etats et des représentants de la société civile, des peuples autochtones et communautés locales, du secteur privé, des femmes et de la jeunesse. En tant que membre de la délégation internationale de l’UICN, le Comité français de l’UICN était présent sur place à Montréal du 6 au 15 décembre et a pu suivre activement l’avancée des négociations et l’adoption de ces engagements forts dont nous nous réjouissons. Le Comité français de l’UICN salue des engagements forts et ambitieux. La mission 2030 a été validée de la façon suivante : “Prendre des mesures urgentes pour stopper et inverser la perte de biodiversité afin de mettre la nature sur la voie du rétablissement au profit des personnes et de la planète en conservant et en utilisant durablement la biodiversité et en garantissant une utilisation équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques, tout en fournissant les moyens de mise en œuvre nécessaires« .  23 cibles d’action ont été adoptées pour 2030 dont plusieurs sont conformes aux recommandations émises par le Comité français de l’UICN et l’UICN. Parmi celles-ci :  Tous les espaces avec une planification spatiale intégrant la biodiversité pour lutter contre l’artificialisation des terres et des mers et pas de perte de zones importantes pour la biodiversité La restauration de 30% de la superficie d’écosystèmes terrestres et marins dégradés (cible 2) ; 30% d’aires protégées et conservées, terrestres et marines, qui sont efficacement et équitablement gérées, et écologiquement représentatives, par le biais des aires protégées et des AMCEZ, en respectant les droits des peuples autochtones et communautés locales sur leurs territoires (cible 3 ou objectif 30×30) ; Stopper les extinctions d’espèces menacées connues et agir en urgence pour leur conservation et rétablissement (cible 4) La réduction de 50% de l’introduction des espèces exotiques envahissantes(cible 6) ; La réduction de toutes les pollutions dont au moins de moitié pour les engrais (« nutriments en excès »), les risques liés aux pesticides et les substances chimiques dangereuses, et agir pour l’élimination de la pollution plastique (cible 7) ; L’inclusion des Solutions fondées sur la nature dans les cibles 8 (comme moyen de minimiser les impacts du changement climatique et de l’acidification des océans sur la biodiversité) et 11 (comme appui au maintien des contributions de la nature aux populations) ; L’augmentation de façon substantielle des pratiques agricoles favorables à la biodiversité comme l’agroécologie (cible 10) ; La mobilisation des collectivités locales et des entreprises pour aligner leurs activités et leurs financements en conformité avec les objectifs du cadre mondial (cible 14 et 15) La réduction de l’empreinte écologique de la consommation mondiale en réduisant de moitié le gaspillage alimentaire (cible 16). Outre le cadre mondial, les délégués également ont adopté 5 propositions de décisions permettant sa mise en oeuvre à savoir : les mécanismes de planification, suivi, rapportage et révision ; les indicateurs du cadre de suivi ; l’information sur le séquençage génétique des ressources génétiques ; la mobilisation des ressources ; le renforcement des capacités, le développement, la coopération scientifique et technique. Sur les financements, dont la question a occupé les débats jusqu’à la session plénière d’adoption et a vu de nombreuses oppositions Nord/Sud, les engagements finaux sont d’identifier d’ici 2025 puis éliminer ou réformer les incitations financières néfastes à la biodiversité d’au moins 500 milliards de dollars par an d’ici 2030 (cible 18) et augmenter les financements publics et privés à 200 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour la mise en œuvre des stratégies nationales de la biodiversité, dont au moins 20 milliards réservés aux pays du Sud d’ici 2025 et 30 milliards d’ici 2030 (cible 19).  Le Fonds pour l’environnement mondial devra en outre établir en 2023 et jusqu’à 2030 un fonds d’affectation spécial pour soutenir la mise en œuvre du cadre. Certains objectifs restent cependant moins ambitieux qu’escomptés en particulier sur la protection des espèces. Selon l’objectif A et la cible 4, les Etats devront stopper les extinctions d’espèces menacées connues d’ici 2030, mais le texte prévoit la réduction par dix du rythme et du risque d’extinction de toutes les espèces à 2050 alors que l’UICN demandait un objectif de 0 extinction pour toutes les espèces en 2050 au vu de l’urgence de la situation. Concernant le secteur privé, l’UICN demandait que les entreprises, quelle que soient leur taille, rapportent de façon transparente sur leurs impacts et leurs dépendances sur la biodiversité et de réduire de moitié leurs impacts négatifs. Si la cible 15 “encourage et permet” aux entreprises le rapportage et la réduction des impacts, le caractère obligatoire et chiffré de l’objectif font défaut. Soulignons également l’absence d’objectifs chiffrés sur l’augmentation de la surface des espaces naturels d’ici à 2050 et sur la réduction de l’empreinte écologique. Le Comité français de l’UICN se félicite de ces engagements ambitieux et demande un passage à l’action immédiat, notamment en France à travers le renouvellement de la troisième Stratégie Nationale pour la Biodiversité.

Liste rouge de l’UICN : Les activités humaines dévastent les espèces marines, des mammifères aux coraux

La dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ met en lumière le grand nombre de menaces affectant les espèces marines, dont la pêche illégale et non durable, la pollution, les changements climatiques et les maladies. Les populations de dugongs, de grands mammifères marins herbivores, et 44% de tous les ormeaux rejoignent les espèces menacées d’extinction sur la Liste rouge de l’UICN, et le statut du Corail de pilaires s’est détérioré à « En danger critique » en raison de pressions accumulées. La Liste rouge de l’UICN comprend désormais 150 388 espèces, dont 42 108 menacées d’extinction. Plus de 1 550 des 17 903 espèces d’animaux et végétaux marins évaluées sont menacées d’extinction, les changements climatiques ayant un impact sur au moins 41% des espèces marines menacées. « La dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN révèle une combinaison parfaite d’activités humaines non durables décimant la vie marine dans le monde entier. Au moment où le monde se tourne vers la conférence des Nations Unies sur la biodiversité pour tracer la voie du rétablissement de la nature, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’échouer », a déclaré le Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN. « Nous devons d’urgence nous attaquer aux crises interconnectées du climat et de la biodiversité par des changements profonds dans nos systèmes économiques, ou nous risquons de perdre les avantages cruciaux que les océans nous procurent. » Les différentes espèces d’ormeaux sont récoltées pour être vendues parmi les fruits de mer les plus chers du monde, la récolte et le braconnage non durables constituant des menaces primaires aggravées par les changements climatiques, les maladies et la pollution. Vingt des 54 espèces mondiales d’ormeaux sont aujourd’hui menacées d’extinction, selon la première évaluation mondiale de ces espèces sur la Liste rouge. En Afrique du Sud, le braconnage par des réseaux criminels, dont beaucoup sont liés au commerce international de la drogue, a ravagé les populations d’Ormeau de Mida (Haliotis midae), considéré comme « En danger ». Des vagues de chaleur marines de plus en plus fréquentes et sévères ont causé des phénomènes de mortalité massive, tuant 99% des ormeaux de Roe (H. roei) dans la partie la plus septentrionale de son aire de répartition en Australie-Occidentale, en 2011. Les vagues de chaleur marines ont exacerbé les maladies affectant les ormeaux dans le monde entier, dont l’Ormeau noir (H. cracherodii), « En danger critique », en Californie et au Mexique, et l’Ormeau tuberculeux (H. tuberculata), « Vulnérable », présent de la Manche à l’Afrique du Nord-Ouest et à la Méditerranée. Les vagues de chaleur marines tuent également les algues dont les ormeaux dépendent pour leur nourriture. La pollution causée par le ruissellement agricole et industriel cause des proliférations d’algues nuisibles, qui ont par exemple éliminé l’Ormeau d’Oman (H. mariae), une espèce commerciale présente dans la péninsule arabique, de la moitié de son aire de répartition. Des toxines telles que la peinture antisalissure des bateaux affaiblissent encore plus les populations. « Les ormeaux reflètent l’intendance désastreuse de nos océans par l’humanité dans un microcosme : surpêche, pollution, maladies, perte d’habitats, proliférations d’algues, réchauffement et acidification, pour ne nommer que quelques menaces. Ils sont comme les canaris des mines de charbon », a déclaré Dr Howard Peters, membre du Groupe de spécialistes des mollusques de la CSE-UICN et associée en recherche à l’Université de York, Royaume Uni, qui a dirigé l’évaluation des ormeaux. « La mesure la plus immédiate que nous pouvons tous prendre est de ne manger que des ormeaux d’élevage ou d’origine durable. L’application des quotas de pêche et des mesures de lutte contre le braconnage est également essentielle. Cependant, nous devons également stopper les changements dans la chimie et la température des océans pour préserver la vie marine, y compris les espèces d’ormeaux, à long terme. » Les populations de dugongs d’Afrique de l’Est et de Nouvelle-Calédonie ont été respectivement ajoutées à la Liste rouge de l’UICN dans les catégories « En danger critique » et « En danger ». L’espèce reste « Vulnérable » à l’échelle mondiale. Il reste aujourd’hui moins de 250 individus matures en Afrique de l’Est et moins de 900 en Nouvelle-Calédonie. Les principales menaces sont les captures involontaires dans les engins de pêche en Afrique de l’Est et le braconnage en Nouvelle-Calédonie, ainsi que les blessures causées par des bateaux dans les deux localités. En Afrique de l’Est, l’exploration et la production de pétrole et de gaz, le chalutage, la pollution chimique et les développements côtiers non autorisés endommagent et détruisent les herbiers marins dont dépendent les dugongs pour se nourrir. La dégradation et la perte des herbiers marins en Nouvelle-Calédonie sont le résultat du ruissellement agricole, d’une pollution due à l’extraction de nickel et au développement côtier, ainsi que des dommages causés par les ancres des bateaux. Les impacts des changements climatiques représentent une menace sur toute l’aire de répartition des dugongs. « Le renforcement de la gouvernance de la pêche communautaire et l’élargissement des opportunités d’emploi au-delà de la pêche sont essentiels en Afrique de l’Est, où les écosystèmes marins sont fondamentaux pour la sécurité alimentaire et les moyens d’existence des populations », a déclaré Evan Trotzuk, qui a dirigé l’évaluation de la Liste rouge en Afrique de l’Est. « En outre, la création d’aires de conservation supplémentaires dans les zones où vivent les dugongs, en particulier autour du parc national de l’archipel de Bazaruto, permettrait également aux communautés locales et autres parties prenantes de trouver, mettre en œuvre et bénéficier des solutions qui mettent fin au déclin à long terme des dugongs et de l’étendue et de la qualité des herbiers marins. » Le Corail de pilaires (Dendrogyra cylindrus), présent partout dans les Caraïbes, de la péninsule du Yucatan et de la Floride à Trinité-et-Tobago, est passé de la catégorie « Vulnérable » à « En danger critique » sur la Liste rouge de l’UICN, après que ses populations aient diminué de plus de 80% sur la majeure partie de son aire de répartition depuis 1990. La menace la plus urgente est la maladie de la perte de tissu des coraux, apparue au cours des quatre dernières années et très contagieuse, qui infecte

COP15 Biodiversité – la nature n’attendra pas 2030

Alors que la nouvelle stratégie mondiale pour la biodiversité va être discutée à Montréal, les membres du Comité français de l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature – lancent un appel dans une tribune pour que cette COP se traduise par des résultats concrets, ambitieux et efficaces avant 2030. À un moment où les pressions qui s’exercent sur le vivant n’ont jamais été aussi fortes, de grandes attentes reposent sur la COP15 Biodiversité. Sur fond de double crise du climat et de la biodiversité, les 196 États Parties à la Convention de la Diversité Biologique doivent adopter le nouveau cadre mondial pour la biodiversité. Si la pandémie a retardé l’agenda international, la nature n’attend pas. Notre planète est en crise et la situation va empirer si nous n’agissons pas davantage dès maintenant. Une action décisive face à une crise sans précédent Comme pour l’Accord de Paris sur le Climat, nous avons besoin d’une haute ambition politique des États pour enrayer la perte de la biodiversité d’ici 2030 et en assurer sa restauration d’ici 2050. Œuvrons pour un monde positif envers la nature tout comme nous œuvrons pour un monde neutre en carbone car les crises du climat et de la biodiversité sont intimement liées et doivent être résolues ensemble. Évitons de répéter les erreurs Les négociations finales de Montréal seront cruciales pour la sauvegarde de la planète. Alors qu’aucun des précédents objectifs fixés à horizon 2020 n’a été atteint et que la pression sur les milieux naturels ne cesse de s’accroître, nous demandons un cadre d’action robuste avec des objectifs chiffrés et précis tels que : L’objectif 30×30 de conservation d’au moins 30% des écosystèmes terrestres, d’eau douce, marins et souterrains d’ici 2030 à l’échelle mondiale, et l’amélioration de l’efficacité de gestion des aires protégées ; L’arrêt de la perte de superficie et d’intégrité des écosystèmes et la restauration d’au moins 2 milliards d’hectares de milieux naturels dégradés ; Un renforcement de la conservation des espèces pour empêcher toute nouvelle extinction, améliorer le statut de celles qui sont menacées et rétablir l’abondance des espèces ; Le déploiement des Solutions fondées sur la Nature pour lutter et s’adapter au changement climatique et répondre à d’autres défis comme l’alimentation et l’approvisionnement en eau ; Nous avons en outre besoin d’une stratégie mondiale qui fasse l’objet d’un meilleur suivi avec des évaluations régulières et obligatoires des actions mises en oeuvre par les Etats, à chaque COP Biodiversité, tous les 2 ans, pour vérifier que l’atteinte des objectifs est en bonne voie. Ce système de rapportage régulier des États devra être basé sur des indicateurs fiables. Il est urgent de repenser notre rapport au reste de la nature Un enjeu crucial du cadre mondial concerne la réduction des menaces qui pèsent sur la biodiversité et la préservation des 70 % de zones non protégées. Pour relever ce défi, des changements importants sont nécessaires dans nos modes de production et de consommation. D’autant que la pandémie nous a rappelé que plus nous détruisons les environnements, plus les risques d’émergence de nouvelles maladies sont grands. Nous devons nous engager sur des modifications profondes et, pour y parvenir, renouveler nos relations au reste de la nature pour mieux vivre ensemble et interagir autrement avec le vivant, comme nous l’avons rappelé dans notre rapport, en 2021[1]. [1] Comité français de l’UICN (2021). L’avenir du vivant – nos valeurs pour l’action. Investir financièrement dans de nouvelles solidarités Alors que la moitié du PIB mondial dépend de la nature, le budget actuel de financement pour préserver la biodiversité affiche toujours un déficit de l’ordre de 700 milliards de dollars (663 milliards d’euros) par an d’ici à 2030[1]. Nous appelons à une mobilisation beaucoup plus forte de financements pour la biodiversité, afin d’atteindre au moins 200 milliards de dollars par an (contre seulement 130 milliards annuels aujourd’hui). Nous réclamons également la baisse des subventions néfastes à la nature et la réallocation d’au moins 500 milliards de dollars par an (476 milliards d’euros). Nous voulons enfin que la COP15 soit le démarrage d’une plus grande mobilisation de l’ensemble des acteurs, et en particulier les scientifiques, les ONG, les collectivités locales, les peuples autochtones et communautés locales, les citoyens, les jeunes et les femmes. Et nous demandons aux entreprises publiques et privées d’évaluer, de rendre compte et de réduire leurs impacts négatifs – de moitié au moins – pour enrayer la crise de la biodiversité. [1] Deutz et al. (2020). Financing Nature: Closing the Global Biodiversity Financing Gap VOIR LA TRIBUNE SUR LE SITE DU MONDE Liste des signataires Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN Bruno David, Président du Muséum national d’Histoire naturelle Jean Jalbert, Directeur général de la Fondation Tour du Valat Véronique Andrieux, Directrice Générale du WWF France Bernard Cressens, Président d’honneur du Comité français de l’UICN Élisabeth Claverie de Saint Martin, Présidente Directrice Générale du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) Rodolphe Delord, Président de Beauval Nature Valérie Verdier, Présidente Directrice Générale de l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) Allain Bougrain-Dubourg, Président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux Philippe Mauguin, Président-Directeur général d’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) Arnaud Schwartz, Président de France Nature Environnement Charlotte Meunier, Présidente de Réserves Naturelles de France Marie-Hélène Aubert, Présidente du Partenariat Français pour l’Eau Patrick Blandin, Attaché honoraire du Muséum National d’Histoire Naturelle et Président d’honneur du Comité français de l’UICN Bernard Chevassus-au-Louis, Président d’Humanité & Biodiversité Erik Orsenna, Président d’Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves (IAGF) Guillaume Réveilhac, Président de l’Alliance pour la Préservation des Forêts Valérie Collin, Secrétaire Générale de Noé Jérôme Fromageau, Président de la Société Française pour le Droit de l’Environnement Patricia Ricard, Présidente de l’Institut Océanographique Paul Ricard Christophe Lépine, Président de la Fédération des Conservatoires d’Espaces Naturels Gilles Kleitz, Président de la commission des aires protégées du Comité français de l’UICN et Directeur Exécutif Développement Durable de l’Agence Française de Développement Agnès Vince, Directrice du Conservatoire du Littoral Jean-Pierre Bouquet, Président délégué des Eco Maires Michaël

Les zones humides sont notre « assurance-vie » face aux crises combinées du climat et de la biodiversité

A l’occasion des COP Climat et Ramsar qui se tiennent en Egypte et en Suisse, il est urgent de donner une nouvelle impulsion à la protection des zones humides qui sont de véritables solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique et l’érosion de la biodiversité. 2022 est en passe de battre tous les records – températures, vagues de chaleur, sécheresses – en Europe, révélant la vulnérabilité de notre agriculture, de notre gestion forestière, de notre mix énergétique et de nos économies face à ces phénomènes annoncés depuis longtemps par les scientifiques mais mal anticipés. Rhin, Loire, Pô, mais également Yangtsé ou Parana… autant de fleuves jusque-là puissants qui cet été n’étaient que des fantômes se faufilant dans un lit de sédiments craquelés par le soleil. Dans le même temps, les rapports s’accumulent attestant l’accélération de l’effondrement de la biodiversité, tissu vivant de la planète. Les effectifs des populations de vertébrés sur la planète ont diminué de 69% depuis 1970, et cet effondrement atteint 83% pour les espèces d’eau douce[1], signe de la destruction massive des zones humides. Ces deux crises, climat et biodiversité, sont intimement liées et s’alimentent l’une l’autre. Elles sont les deux facettes d’une crise systémique qui puise ses racines dans notre relation erronée au monde du vivant. Une relation “contre Nature”, contre ces millions d’espèces dont nous sommes partie intégrante, dépendante et solidaire. C’est dans ce contexte de tensions inégalées que se déploie en l’espace de seulement quelques semaines une série inédite d’évènements internationaux dédiés à la nature et au climat : les Conférences des parties (COP) des traités intergouvernementaux portant sur les zones humides[2], le climat[3], le commerce des espèces[4] et enfin la biodiversité[5]. Cette séquence est une occasion unique de faire un arrêt sur image, interroger les engagements, les ambitions et les articulations entre ces traités… et donner une nouvelle impulsion. Une transition urgente, mais entravée par de trop nombreuses résistances Les motifs d’inquiétude ne manquent pas à l’approche de ces rendez-vous internationaux : Le rythme de disparition des zones humides sur la planète ne faiblit pas malgré les engagements répétés des Etats ; un récent rapport du PNUE[6] sur le climat montre que les progrès de la communauté internationale sont « terriblement insuffisants » pour tracer un chemin crédible vers l’atteinte des objectifs de l’accord de Paris ; côté biodiversité, après l’échec patent des objectifs d’Aïchi qui devaient engager la reconquête de la biodiversité au cours de la période 2011-2020, le nouveau cadre qui se dessine pour la décennie en cours s’annonce trop peu ambitieux et manque toujours cruellement d’un mécanisme de redevabilité des Etats. Inventer un nouveau partage de l’eau en plaçant le vivant au centre Accaparement de l’eau en plaine dans des méga-bassines ou en montagne pour produire de la neige de culture, « chant du cygne » d’acteurs agricoles ou touristiques qui refusent de s’adapter face à l’inéluctable. Arbitrages impossibles entre irrigation des cultures, production hydroélectrique, refroidissement des centrales nucléaires, usages domestiques ou industriels face à une eau trop rare pour satisfaire les divers besoins auxquels nos modèles de production et de consommation nous ont habitués. Il est urgent d’accepter l’évidence, de reconsidérer notre rapport à l’eau et au vivant, de changer nos comportements qui affectent profondément le grand cycle de l’eau. Face à des besoins grandissants et à une disponibilité en eau de moins en moins prévisible et pilotable, nous devons réinventer ses usages et son partage, en laissant sa juste part à la nature. Cette nature que nous ne devons plus considérer comme une variable d’ajustement de nos systèmes de production, mais bien comme leur socle, comme le fondement de nos vies et de nos économies. Les zones humides, pourvoyeuses de solutions face aux défis sociétaux croissants Les zones humides[7], longtemps perçues comme insalubres, constituent l’écosystème le plus détruit de la planète, connaissant un déclin trois fois plus rapide que la forêt. Mais au fil de leur disparition, elles se révèlent être l’écosystème qui contribue le plus à l’humanité. Plus d’un milliard de personnes en dépendent directement pour leur existence et bien plus encore bénéficient de leurs pouvoirs extraordinaires. Elles sont les « reins de la nature », purifiant l’eau que nous polluons. Gigantesques éponges, elles captent les précipitations de plus en plus irrégulières et souvent massives, atténuent les pics de crue, rechargent les nappes phréatiques et soutiennent les débits des rivières lors des sécheresses plus longues et intenses. Les hydrologues l’attestent : la façon la plus efficace et durable de stocker l’eau et de la rendre disponible pour divers usages est de s’assurer que les nappes phréatiques et les zones humides soient pleinement fonctionnelles et interconnectées. Alors que les défis sociétaux – sécurité alimentaire, changement climatique, approvisionnement en eau, santé humaine… – n’ont jamais été aussi intenses, il est urgent de protéger et restaurer massivement les zones humides. Ce sont des solutions très efficaces, peu coûteuses et offrant de multiples bénéfices collatéraux. Des Solutions fondées sur la Nature. Notre assurance-vie. Ce texte est soutenu par Francis Hallé, Botaniste Erik Orsenna, écrivain, membre de l’Académie frnçaise, Président de l’Initiative pour l’Avenir des Grands fleuves Françoise Nyssen, Editrice et ancienne ministre Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO Jean-Paul Capitani, Editeur Vincent Munier, Photographe Charlélie Couture, Artiste Emma Haziza, Hydrologue Jérôme Bignon, Président de RAMSAR France Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature André Hoffmann, Président de la Fondation Tour du Valat Maja Hoffmann, Fondation LUMA Arles Vera Michalski-Hoffmann, Fondation Tour du Valat Frédérique Tuffnell, Vice-Présidente de RAMSAR France Wolfgang Cramer, Biologiste CNRS, Institut Méditerranéen Patrick Duncan, Biologiste CNRS Marc-André Selosse, Biologiste Rémi Luglia, Président de la Société Nationale de Protection de la Nature Véronique Andrieux, Directrice Générale, WWF France Charlotte Meunier, Présidente des Réserves Naturelles de France Didier Babin, Président du comité français du programme Man and Biosphere Didier Réault, Président de Rivages de France Jean Jalbert, Directeur général de la Tour du Valat Jean-Marie Gilardeau, Président du Forum des Marais Atlantiques Luc Barbier, Vice-Président du CEN Hauts de France Laurent Godé, Secrétaire de Ramsar

Zones de protection forte en mer : nos propositions pour la métropole

Poursuivant son engagement en faveur de la mise en œuvre de zones de protection forte en mer, le Comité français de l’UICN publie des propositions pour identifier les sites à enjeux et poursuivre les désignations afin de créer un réseau efficace dans les quatre grandes façades maritimes métropolitaines. Ces propositions s’inscrivent dans la mise en œuvre de la stratégie natio­nale 2020-2030 pour les aires protégées, qui est fondée sur l’ambition portée par le Président de la République de protéger, d’ici 2030, au moins 30 % des espaces nationaux sous juridiction dont un tiers sous protection forte. Lors du Congrès mon­dial de la nature de l’UICN (Marseille, 2021), le Président de la République s’est par ailleurs engagé à protéger fortement 5 % de la façade méditerranéenne française d’ici 2027. Elles complètent la parution d’un premier rapport du Comité français de l’UICN qui formulait des recommandations sur la définition et la mise en œuvre des zones de protection forte en mer en accord avec les standards internationaux de l’UICN en matière d’aires marines protégées. Ce second rapport est une contribution aux travaux en cours pour l’identification et la création des zones de protection forte. Ainsi pour chacune des 4 quatre grandes façades maritimes métropolitaines, le rapport présente les enjeux de conservation décrits dans les documents stratégiques de façade (DSF), le réseau d’aires marines protégées en place, ainsi que les zones de protection forte, existantes et potentielles, qui ont été recensées. Sur la base de ce bilan et en s’appuyant sur l’expertise de son réseau, le Comité français de l’UICN émet des recommandations pour répondre efficacement aux enjeux de conservation de la biodiversité marine et progresser rapidement vers la mise en place d’un réseau cohérent et représentatif de zones de protection forte en mer. Il sera prochainement suivi de 2 autres rapports dédiés aux zones de protection forte dans les espaces maritimes français de l’océan Indien, des Antilles, et de la Guyane. Téléchargez la publication Pour aller plus loin Zones de protection forte en mer : état des lieux et recommandations (Publication) Programme Aires protégées 

Vigilance pour les poissons récifaux de La Réunion

Dans les eaux récifales de La Réunion, la situation des poissons marins appelle à une vigilance renforcée. Pour la première fois, l’examen complet réalisé montre que 36 espèces sont menacées et 23 autres quasi menacées. L’état des lieux indique également que 42 % des espèces ne sont pas encore assez connues pour déterminer leur situation. Les analyses menées ont porté sur l’ensemble des 732 espèces de poissons récifaux vivant dans les eaux peu profondes de La Réunion, jusqu’à 50 m de profondeur, à l’exclusion des espèces de haute mer, des requins et des raies. Le bilan fait apparaître une série de menaces, parmi lesquelles la surpêche, l’urbanisation croissante du littoral, les pollutions issues des terres et le réchauffement climatique.  Publiés dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France, ces résultats sont issus d’analyses coordonnées par le Comité français de l’UICN et l’unité PatriNat (OFB-CNRS-MNHN), avec l’implication d’un groupe de spécialistes. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale     DOCUMENTS ET LIENS   • Communiqué de presse (octobre 2022)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN Comité français, OFB & MNHN (2022). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Poissons récifaux de La Réunion. Paris, France.   Photo bandeau :Poisson-clown de Maurice © Julien Wickel

Les Autres Mesures de Conservation Efficace par Zone

Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui un rapport sur les Autres mesures de conservation efficace par zone – appelées aussi “Aires conservées”. Ce rapport présente, pour la première fois en France, ce concept qui se développe dans le monde et propose des recommandations pour une possible déclinaison en France.  Les AMCEZ (OECM pour Other Effective Conservation Measures en anglais) sont apparues pour la première fois à Nagoya lors de la Conférence de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) de 2010. Elles avaient alors été intégrées aux côtés des réseaux d’aires protégées pour concourir à l’atteinte de l’objectif 11 d’Aichi visant la conservation d’au moins 17% d’espaces terrestres et de 10% d’espaces côtiers et marins d’ici 2020. Ceci dans l’objectif de faire connaître et de valoriser les expériences de gestion qui ont pour résultat de conserver efficacement la nature, dans des sites qui ne sont pas des aires protégées.  Les AMCEZ ont une définition officielle depuis 2014 au sein de la Convention sur la Diversité Biologique, et figureront vraisemblablement également dans les moyens d’atteindre la cible 2 du futur cadre mondial pour la biodiversité pour l’après-2020. L’UICN a publié, en 2019 des lignes directrices pour les identifier et depuis, plusieurs pays dans le monde ont adapté le concept à leurs contextes nationaux et ont reconnus des AMCEZ, rapportées au même titre que les aires protégées, au sein de la Base Mondiale des Aires Protégées.  Que sont ces outils existants, autres que des aires protégées, qui pour autant contribuent à la conservation de la nature? Quels sont les intérêts de mettre en place ce système de reconnaissance en France et dans le monde ? Quelle procédure pourrait être mise en place pour formaliser cette reconnaissance ? Quels types de sites et de formes de gouvernance y correspondent potentiellement en métropole et dans les territoires ultra-marins ?  C’est à ces questionnements, entre autres interrogations soulevées par ce nouveau concept, que le rapport du Comité français de l’UICN : Aires conservées françaises – Recommandations pour une future déclinaison du concept d’AMCEZ en France et sa brochure de synthèse apportent des éléments de compréhension et des recommandations pour y répondre.  TÉLÉCHARGEZ LE RAPPORT C’est sur la base de retours d’expérience de 4 pays - Afrique du sud, Canada, Colombie et Malaisie – mais également d’ateliers de travail et d’échanges avec les experts internationaux dont certains sont à l’origine du concept, et d’experts du Comité français de l’UICN, que ces documents ont été élaborés, dans l’objectif de proposer des pistes pour leur déclinaison dans le contexte français. Ces travaux ont été soutenus financièrement par le Ministère de la transition écologique et l’Office français de la biodiversité. TÉLÉCHARGEZ LA BROCHURE POUR ALLER PLUS LOIN Programme « Aires protégées »  Liste verte des aires protégées et conservées

Les solutions fondées sur la nature : un concept dont les entreprises doivent s’emparer

Fortes d’une expertise en ingénierie, en gestion de projets, mais aussi dotées de ressources foncières et financières, les entreprises ont un rôle clé à jouer dans le déploiement des SfN. Mettre en œuvre des SfN – notamment en lieu et place ou en complément d’infrastructures grises « traditionnelles » – peut permettre aux entreprises de démontrer leur volonté d’agir concrètement en faveur, d’une part, des enjeux propres à leurs territoires d’implantation et, d’autre part, de la lutte contre l’érosion globale de la biodiversité. C’est donc pour accompagner les entreprises à se saisir des SfN que le Comité français de l’UICN, dans le cadre de son groupe de travail Entreprises & Biodiversité, publie : « Entreprises et Solutions fondées sur la nature : s’emparer du concept pour passer à l’action ». Cette étude s’adresse à tous les acteurs du secteur privé qui souhaitent mieux appréhender le concept en vue de les développer au sein de leurs activités : Responsables stratégiques de l’entreprise, Techniciens sur le terrain, Responsables RSE, développement durable, biodiversité et leurs équipes, etc. Un état des lieux et des fiches recommandations Qu’est-ce qu’une SfN ? Qu’est-ce qui n’en est pas une ? Pourquoi et comment s’engager dans les SfN en tant qu’entreprise ? A l’aide de 8 fiches recommandations, la publication fournit des réponses étape par étape aux questions les plus fréquentes des entreprises pour les aider à se saisir efficacement des SfN : Identifier un défi sociétal  Intégrer son projet de SfN au territoire  Assurer un gain net pour la biodiversité  Mobiliser les parties prenantes  Concevoir une SfN efficace et économiquement viable  Financer sa SfN  Améliorer et adapter son projet de SfN au cours du temps  Intégrer les SfN à sa stratégie d’entreprises  Des retours d’expérience portés par le secteur privé La publication présente 11 retours d’expériences de projets de SfN, conformes au Standard mondial de l’UICN, portés par le secteur privé dans le monde  : Réaliser une Sfn liée à son cœur de métier : l’exemple de la gestion durable du champ de captage de Crépieux-Charmy Veolia et Eau du Grand Lyon, Crépieux-Charmy (Rhône-Alpes) Afin de préserver la ressource en eau tout en garantissant l’approvisionnement en eau de la Métropole de Lyon, Veolia et sa filiale Eau du Grand Lyon ont mis en place une gestion durable sur le champ captant de Crépieux-Charmy. Développer une SfN pour améliorer ses pratiques sur sa chaîne de valeur : l’exemple du réaménagement de la carrières de Martot selon les principes de la permaculture SPS (HeidelebergCement France et Cemex), Martot (Normandie) Ce projet innovant de réaménagement de carrière vise à favoriser la coexistence de divers systèmes de production plus vertueux pour la santé et l’environnement, promouvoir l’ancrage de la production, notamment maraîchère qui tend à décroître au profit d’exploitations céréalières sur le territoire, et développer des circuits courts de distribution pour permettre aux habitants d’avoir accès à des produits alimentaires locaux de qualité. Soutenir financièrement un projet de sfn : l’exemple de la réhabilitation de mangroves pour lutter contre le changement climatique et les risques naturels ENGIE, Mirfa (Abu Dhabi) Afin de contribuer à la résilience du territoire face aux effets du changement climatique et de renforcer la capacité des mangroves à jouer leur rôle de puits de carbone, l’Agence de l’environnement d’Abu Dhabi a semé 10 000 plants de mangroves à partir de semences locales de palétuviers. Cette opération a été réalisée avec le soutien de l’entreprise ENGIE qui possède un site à proximité. Télécharger la publication Pour en savoir plus : Le travail du Comité français de l’UICN avec les entreprises Les travaux du Comité français de l’UICN sur les Solutions fondées sur la nature Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui « Solutions fondées sur la nature et entreprises : s’emparer du concept pour passer à l’action », un guide à destination du secteur privé et de ses parties prenantes pour faciliter le déploiement des Solutions fondées sur la nature auprès des entreprises. Les Solutions fondées sur la Nature (SfN) invitent à intégrer davantage la biodiversité dans des projets de territoire répondant aux enjeux du développement durable (climat, risques naturels, approvisionnement en eau, alimentation, santé, développement socioéconomique), en investissant dans la préservation et la restauration des écosystèmes. Le Comité français de l’UICN est engagé dans le déploiement des SfN en France, et est également partenaire d’entreprises volontaires et désireuses de renforcer leur implication en faveur de la biodiversité. Fortes d’une expertise en ingénierie, en gestion de projets, mais aussi dotées de ressources foncières et financières, les entreprises ont un rôle clé à jouer dans le déploiement des SfN. Mettre en œuvre des SfN – notamment en lieu et place ou en complément d’infrastructures grises « traditionnelles » – peut permettre aux entreprises de démontrer leur volonté d’agir concrètement en faveur, d’une part, des enjeux propres à leurs territoires d’implantation et, d’autre part, de la lutte contre l’érosion globale de la biodiversité. C’est donc pour accompagner les entreprises à se saisir des SfN que le Comité français de l’UICN, dans le cadre de son groupe de travail Entreprises & Biodiversité, publie : « Entreprises et Solutions fondées sur la nature : s’emparer du concept pour passer à l’action ». Cette étude s’adresse à tous les acteurs du secteur privé qui souhaitent mieux appréhender le concept en vue de les développer au sein de leurs activités : Responsables stratégiques de l’entreprise, Techniciens sur le terrain, Responsables RSE, développement durable, biodiversité et leurs équipes, etc. Un état des lieux et des fiches recommandations Qu’est-ce qu’une SfN ? Qu’est-ce qui n’en est pas une ? Pourquoi et comment s’engager dans les SfN en tant qu’entreprise ? A l’aide de 8 fiches recommandations, la publication fournit des réponses étape par étape aux questions les plus fréquentes des entreprises pour les aider à se saisir efficacement des SfN : Identifier un défi sociétal  Intégrer son projet de SfN au territoire  Assurer un gain net pour la biodiversité  Mobiliser les parties prenantes  Concevoir une SfN efficace et économiquement viable  Financer sa SfN  Améliorer et adapter son

Congrès français de la nature : le Comité français de l’UICN appelle à une plus grande mobilisation pour la sauvegarde de la biodiversité

Le Comité français de l’UICN, qui a réuni 150 de ses membres et experts en Congrès les 10 et 11 octobre 2022 en présence de la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, demande de prendre des décisions fortes pour la protection de la biodiversité tant au niveau national que lors des prochaines conférences internationales qui vont se tenir d’ici la fin de l’année. Ce Congrès français de la nature, organisé au ZooParc de Beauval, s’inscrit à la suite des événements climatiques de cet été (incendies géants, sécheresse historique, canicules…), et de leurs conséquences graves sur les populations et la nature, ainsi que dans la crise énergétique en cours. Le Comité français de l’UICN renouvelle un message clair : il est urgent d’accélérer les efforts pour protéger conjointement la biodiversité et le climat, et éviter la “maladapatation”. Au-delà de l’indispensable sobriété énergétique – qui ne doit pas simplement être conjoncturelle, mais bien une politique volontariste de long terme -, il est nécessaire de mieux prendre en compte la biodiversité dans le développement des énergies renouvelables et de favoriser la résilience et la diversité des écosystèmes, tant dans le renouvellement des forêts que dans la préservation des zones humides et des ressources en eau. Ce Congrès a aussi dressé le bilan un an après la tenue du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseilleen septembre 2021 où les 1500 membres de l’UICN ont adopté des résolutions sur les grands enjeux de la préservation de la nature. Le Comité français de l’UICN, 2ème plus grand comité national de l’UICN dans le monde par le nombre de ses membres, est depuis mobilisé pour leur mise en œuvre. Plusieurs avancées ont été présentées au congrès : La préparation d’un projet de loi “Une seule santé”pour conjuguer santé humaine, santé animale et santé environnementale, et éviter l’apparition de nouvelles maladies émergentes ; La protection des vieilles forêts inscrites comme une priorité aux niveaux national et européen et qui font l’objet d’un nouveau plan national d’action “vieux bois et forêts subnaturelles” suite aux Assises nationales de la forêt ; La proposition de 10 recommandations pour mieux lutter contre le trafic d’espèces sauvages et la criminalité organisée, diffusées auprès de tous les députés dont plusieurs soutiennent un projet de loi et ont formulé des questions écrites au gouvernement ; L’identification de solutions fondées sur la nature pour la réduction des risques littoraux en France et aider à leur déploiement dans les territoires ; Le moratoire sur l’exploitation minière des grands fonds marins et l’adoption d’un traité sur la haute merambitieux et opérationnel, que le Président de la République a soutenu à la conférence de l’ONU sur les océans à Lisbonne. Le Comité français de l’UICN demande au gouvernement, aux parlementaires, aux collectivités territoriales, aux entreprises et aux ONG de poursuivre et amplifier les efforts engagés pour prendre des décisions fortes et obtenir des résultats concrets. Lors du congrès, la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Bérangère Couillard, a annoncé que 150 millions d’euros seront consacrés à la protection et la restauration de la biodiversité dans le cadre du fonds vert d’accélération de la transition écologique dans les territoires. Aussi, une séquence internationale importante va s’ouvrir d’ici la fin de l’année avec la COP14 Ramsar sur les zones humides, la COP27 Climat, la COP19 CITES sur le commerce des espèces menacées et se conclura avec la tant attendue COP15 Biodiversité, qui approuvera la nouvelle stratégie mondiale pour la biodiversité. Cette séquence offre une occasion unique de prendre des décisions fortes pour stopper et inverser d’ici 2030 la courbe du déclin de la biodiversité. Le Comité français de l’UICN appelle la France à jouer un rôle clé pour prendre des engagements ambitieux et les traduire rapidement par des actions concrètes, en particulier au sein de la nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité. Parmi les attentes du Comité français de l’UICN figurent des objectifs chiffrés pour la conservation et la restauration des écosystèmes, incluant le renforcement des aires protégées (zones de protection forte, efficacité de gestion, connectivité) et des autres mesures de conservation efficace par zone – que le Comité français de l’UICN a commencé à identifier en France -, la réduction des pressions sur la biodiversité et l’augmentation des financements pour la biodiversité dans les pays du Nord et du Sud. A l’occasion de son Congrès français de la nature, le Comité français de l’UICN invite ainsi l’ensemble des acteurs de la société à repenser autrement nos façons d’interagir avec le monde vivant et mettre en œuvre une transition écologique ambitieuse. Précédent Suivant Crédits photos : Fabien Kufel le congrès français de la nature en ligne sur youtube Lire Lire Lire Précédent Suivant

Congrès français de la nature : le Comité français toujours mobilisé pour la protection de la biodiversité

Le Comité français de l’UICN organise le Congrès français de la Nature les 10 et 11 octobre prochains au ZooParc de Beauval. Cet événement rassemblera les représentants des organismes membres, les experts du Comité français de l’UICN et ses partenaires. Cet événement constituera le dernier temps fort de mobilisation et de présentation des travaux et principaux messages du Comité français de l’UICN pour la biodiversité, avant la COP15 Biodiversité qui se tiendra à Montréal du 5 au 17 décembre. Il sera également l’occasion de dresser un bilan du Congrès Mondial de la nature à Marseille en septembre 2021, où les 1500 membres de l’UICN ont adopté des résolutions sur les grands enjeux de la préservation de la nature. 2 journées pour planifier la protection de la biodiversité La journée du 10 sera dédiée aux membres du Comité français et aux échanges informels entre les différents programmes. La journée du 11 octobre sera consacrée au Congrès en lui-même. Le Congrès français de la nature sera ouvert par Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN, suivi d’un message de Bruno Oberle, Directeur Général de l’UICN.  Erik Orsenna, Membre de l’Académie Française et Président d’Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves fera une intervention. L’ouverture se clôturera par une allocution de Bérangère Couillard, Secrétaire d’Etat à l’Écologie. programme Partie 1 : COP15 biodiversité – qu’attendre de la nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité Qu’attendre de la nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité ? 9h45 – 9h55 – Les négociations internationales sur le nouveau cadre mondial pour l’après 2020 9h55 – 10h05 – La stratégie européenne de la biodiversité et le règlement européen sur la restauration de la nature 10h05 – 10h15 : Attentes et perspectives méditerranéennes sur la nouvelle stratégie mondiale 10h15 – 10h25 – La nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité pour la mise en oeuvre du cadre post 2020 Partie 2 : 1 an après le Congrès mondial de l’UICN à Marseille Quelle mise en oeuvre des résolutions et quelles perspectives ? 10h40-10h50 – Retour sur le bilan du Congrès mondial de l’UICN à Marseille et la mobilisation française Sessions parallèles 11h00-11h40 – Session « Droit et politiques de la biodiversité 11h00-11h05 – Introduction et animation   11h05-11h15 – Focus sur les avancées dans la généralisation des pratiques alternatives aux pesticides de synthèse   11h15-11h25 – Focus sur un projet de loi « Une seule santé »    11h25-11h40 – Questions/réponses avec la salle 11h00-11h40 – Session « Outre-mer » 11h00-11h05 – Introduction et animation 11h05-11h10 – Focus sur les enjeux de l’exploitation du sable 11h10 -11h15 – Focus sur la protection des zones humides d’outre mer 11h15-11h25 – Focus sur les enjeux miniers dont l’exploitation des grands fonds marins 11h25-11h40 – Questions/réponses avec la salle  11h45 – 12h25 – Session « Espèces » 11h45-11h50 – Introduction et animation 11h50-12h00 – Focus sur la lutte contre le trafic des espèces sauvages 12h00-12h10 – Focus sur la gestion des espèces exotiques envahissantes pour préserver la biodiversité exceptionnelle des outre mer 12h10-12h25 – Questions/réponses avec la salle 11h45 – 12h25 – Session « Aires Protégées » 11h45-11h50 – Introduction et animation 11h50-12h00 – Focus sur les zones de haute naturalité et les enjeux de leur gestion 12h00-12h10 – Focus sur les Autres mesures de conservation efficace par zone (AMCEZ)  12h10-12h25 – Questions/réponses avec la salle. 14h00-14h50 – Session « Écosystèmes » 14h00-14h05 – Introduction et animation 14h05-14h15 – Focus sur les océans : planification maritime, haute mer et pollution plastique 14h15-14h25 – Focus sur la protection des vieilles forêts  14h25-14h35 – Focus sur les Solutions fondées sur la nature  14h35-14h50 – Questions/réponses avec la salle  14h00-14h50 – Session « Coopération internationale » 14h00-14h10 – Introduction et animation  Focus sur le financement de la conservation de la biodiversité dans les pays du Sud 14h10-14h20 – Focus sur la lutte contre la déforestation importée 14h20-14h30 – Focus sur le renforcement de la coopération internationale pour atteindre l’objectif mondial 30×30 14h30-14h40 – Focus sur la biodiversité et le changement climatique en Afrique  14h40-14h50 – Questions/réponses avec la salle Partie 3 : Après le congrès mondial de l’UICN et avant la COP15 Quelles attentes des acteurs pour la conservation de la nature ? 15h05-15h10 – Introduction et animation 15h10-15h20 – Le point de vue d’un établissement public 15h20-15h30 – Le point de vue d’une ONG  15h30-15h40 – Le point de vue d’une collectivité territoriale 15h40-15h50 – Le point de vue d’entreprises  15h50-15h55 – Conclusion Téléchargez le programme complet Lire Lire Lire Précédent Suivant

Découvrez 4 aires protégées méditerranéennes françaises inscrites sur la Liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN 

Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui, en partenariat avec The Dreamer, 4 vidéos mettant à l’honneur des espaces naturels protégés en zone méditerranéenne inscrits sur la Liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN. Du Parc marin de la Côte Bleue à la Réserve Naturelle marine de Cerbère-Banyuls, en passant par la Tour du Valat et la Sainte-Victoire, découvrez ces sites qui allient bonne gouvernance, gestion équitable et efficace. QU’EST-CE QUE LA LISTE VERTE DE L’UICN ? La Liste verte est un programme mondial de l’UICN qui vise à reconnaître et à valoriser les aires protégées et conservées qui sont équitablement et efficacement gérées, et qui offrent à la nature et aux populations des résultats durables de conservation. Il s’agit à la fois d’un label portant sur la qualité de gouvernance et de gestion des aires protégées et d’une méthodologie reposant sur une procédure et des standards définis à l’échelle internationale et adaptables dans tous les pays. La Liste verte vise autant à valoriser les sites exemplaires qu’à aider ceux qui n’atteignent pas immédiatement le standard de la Liste verte en appuyant leur engagement dans la démarche. En France, 22 sites sont aujourd’hui inscrits sur la Liste verte et 3 sont actuellement candidats. LA LISTE VERTE EN MEDITERRANEE FRANCAISE Le bassin méditerranéen constitue l’un des 36 points chauds de la biodiversité dans le monde, définis comme les zones de la planète où la biodiversité est à la fois particulièrement riche et menacée, et les eaux sous juridiction française se trouvent dans une « aire marine d’importance écologique et biologique » au titre de la Convention sur la diversité biologique. La façade méditerranéenne française compte 94 aires marines protégées couvrant ainsi un peu plus de 52% de sa zone économique exclusive, dont quasiment la moitié est constituée par le sanctuaire Pelagos. Au niveau continental, ce sont 45% de l’écorégion terrestre méditerranéenne française qui sont couverts par un statut de protection (UNEP-WCMC 2018 et UICN 2018). Aujourd’hui, en France, 5 sites méditerranéens sont inscrits sur la Liste verte et 1 site est actuellement candidat. Nous vous proposons ici de découvrir les témoignages et expériences inspirantes de quatre d’entre eux ayant justifié, entre autres, de leur inscription sur la Liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN. https://youtu.be/m_5FGWQyP9U Pilier I de la Liste verte Bonne gouvernance Entre la rade de Marseille et le Golfe de Fos, le Parc marin de la Côte bleue est une aire protégée née de l’initiative des Collectivités locales et des organisations professionnelles de pêche locales, et est aujourd’hui un exemple, entre autres, de gouvernance collaborative réussie. Labellisation en 2018 Pilier II de la Liste verte Conception et planification solides Le Domaine de la Tour du Valat a opté pour une conception et planification stratégiques et partagées de cette portion de la Camargue. Le site est composé d’une réserve naturelle régionale et de systèmes de gestion alentours permettant la coexistence d’usages et d’activités durables et compatibles avec les enjeux de conservation du milieu naturel concourant ainsi au bien-être social, économique et culturel local. Labellisation en 2021 https://youtu.be/WpI8oRLxsUUhttps://youtu.be/FEzy-v-oV24 Pilier III de la Liste verte Gestion efficace Au nord-est d’Aix-en-Provence, au pied de la célèbre montagne éponyme, la réserve naturelle de Sainte-Victoire, gérée par le département des Bouches du Rhône, démontre que grâce à l’efficacité de la gestion et de la protection de son patrimoine géologique, les enjeux relatifs au patrimoine naturel le sont également. La Réserve a, depuis son engagement dans la Liste verte, intégré les enjeux relatifs au patrimoine vivant au sein de ses objectifs de gestion Labellisation en 2021 Pilier IV de la Liste verte Conservation réussie La Réserve Naturelle marine de Cerbère-Banyuls, est un exemple de réussite d’atteinte de ses objectifs de conservation. L’effet réserve mis en évidence par la réaugmentation de la population de Mérous bruns depuis la création du site est une illustration de l’atteinte des objectifs de conservation de cette aire protégée située dans les Pyrénées orientales.   Labellisation en 2014 https://youtu.be/01hCeCaXMOQ Pour aller plus loin La Liste Verte des aires protégées et conservées Le Guide du candidat à la Liste Verte

La Fête de la Nature démarre !

La 16e édition de la Fête de la Nature se tient du 18 au 22 mai 2022, partout en France métropolitaine et en Outre-mer. Créée en 2006 par le Comité Français de l’UICN et le magazine Terre Sauvage, elle est désormais installée et identifiée dans l’ensemble du territoire français, et même au-delà puisqu’elle s’est implantée dans 7 pays. Découvrez les animations près de chez vous : Cette 16ème édition met l’accent sur plusieurs thématiques qui permettront notamment de fêter avec les gestionnaires des Réserves naturelles les 40 ans de leur réseau ou, dans un cadre plus intimiste, de rencontrer des propriétaires de jardin qui ouvrent exceptionnellement les portes de leur écrin de verdure. Les villes seront aussi au rendez-vous ! Et certaines en profiteront pour présenter leur Atlas de la Biodiversité Communale. Une façon de mieux connaître et de préserver la nature tout près de chez soi. Diverses animations seront l’occasion de laisser parler la nature et apprendre à l’écouter, de se laisser émerveiller par la richesse du monde nocturne et de poser un regard sur la nature sauvage présente en ville. En autonomie, de nombreux jeux de piste numérique avec l’application Explorama ou contribuer à un inventaire des espèces en utilisant les programmes de sciences participatives et participer au Grand observatoire de la nature mené par Science & Vie. Les personnes accompagnées par le Secours Populaire et certaines personnes placées sous main de justice pourront, elles aussi, bénéficier de sorties exceptionnelles pour renouer avec la nature et le vivant, Et enfin parce que la Fête de la Nature n’a pas de frontières, les citoyens et citoyennes de 7 pays se joignent à la célébration pour prendre part à cette grande fête ! Pour tout savoir, rendez-vous sur le site de la Fête de la Nature. Plus d’informations Site de la Fête de la Nature Page dédiée à la Fête de la Nature Programme Éducation Communication du Comité français

Quarry Life Award : Découvrez les deux projets de la catégorie « Initiatives sociétales » !

Tous les deux ans, le Groupe HeidelbergCement organise le Quarry Life Award, un concours scientifique et éducatif qui se déroule dans plus de vingt pays à travers le monde. L’ambition de ce concours est d’améliorer les connaissances en matière de biodiversité sur les sites de carrières, de la favoriser et d’informer et de sensibiliser le grand public à l’importance de sa préservation. Durant cette édition, quatre projets français concourent dans les catégories « Recherche et gestion de la biodiversité » et « Initiatives sociétales ». Depuis février et jusqu’à septembre, les porteurs de projet vont mettre en œuvre leurs projets sur les carrières de Bazoches, Achères, Ségrie et La Huellerie. Dans cet article, découvrez les deux projets de la catégorie « Initiatives sociétales » qui regroupe les projets d’engagement et de sensibilisation des parties prenantes de la carrière. Ces projets seront évalués au regard de plusieurs critères comme la sensibilisation réalisée, la participation des parties prenantes locales et la valeur ajoutée pour la collectivité et la carrière. Sensibiliser à la préservation de la biodiversité et fédérer grâce à l’entretien participatif Des îlots de La Grande Bosse et de Champmorin – carrière de Bazoches (77) Précédent Suivant Porté par l’ANVL (Association des naturalistes de la Vallée du Loing), ce projet consiste à réaliser des chantiers d’entretien participatifs sur les îlots de La Grande Bosse et de Champmorin grâce à l’appui des salariés de l’entreprise et des habitants de Balloy, Bazoches-les-Bray et des communes environnantes. L’objectif est de conserver le caractère pionnier des îlots et de favoriser la nidification d’espèces d’oiseaux menacés via la gestion de la végétation herbacée. « Dans le cadre de la participation de l’ANVL au programme QLA, trois chantiers ont déjà pu être réalisés. Ces chantiers avaient pour mission l’entretien, dans la bonne humeur, grâce à la remise à nu des îlots de Champmorin et Champ Courceaux. L’objectif derrière ce maintien d’une terre sablo-granuleuse sans végétation est de favoriser la nidification de certaines espèces avifaunistiques : les Laridés. En effet, chaque année des colonies de Mouettes mélanocéphales, de Mouettes rieuses et de sternes nichent de manière privilégiée sur ces sols pionniers. De plus, ces actions nous ont permis de sensibiliser les bénévoles et les salariés de GSM sur la préservation de ces espèces. » Thomas Béthencourt, ANVL Consultez le blog du projet pour suivre sa mise en œuvre ! Biodiversité et changement climatique : implication de la carrière d’Achères et des exploitants de granulats – Carrière d’Achères (78) Précédent Suivant Ce projet mené par la LPO Normandie a pour but de sensibiliser, de former et d’impliquer les salariés et les citoyens aux effets du changement climatique sur notre société et sur la biodiversité. Cette sensibilisation est réalisée grâce à des outils pédagogiques, développés par l’association avec l’appui des salariés de la carrière, qui présentent les liens entre l’activité extractive, ses impacts et les leviers qu’offre la biodiversité pour faire face au changement climatique. « Deux premiers ateliers de conception des supports pédagogiques ont déjà été organisés avec les salariés et certains sous-traitants de la carrière. Ils ont ainsi pu aider la LPO Normandie en leur proposant des idées notamment pour adapter les outils aux enjeux et problématiques rencontrés dans leur métier. Ces actions ont été un vrai succès ! Nous avons maintenant hâte de voir ces outils utilisés lors des deux journées de sensibilisation prévues en juin pour l’ensemble des collaborateurs du secteur Ile-de-France Ouest. » Virginie Crenn, Responsable foncier et environnement, GSM Granulats Consultez le blog du projet pour suivre sa mise en œuvre ! Rendez vous en juin pour découvrir les deux projets de la catégorie « Recherche et gestion de la biodiversité » ! Plus d’informations Consultez les blogs des projets français sur le site du concours Contacter Fanny Brunstein, chargée de mission “Entreprises et biodiversité” Contacter Ludovic Pero, le référent national du concours (HeidelbergCement France) Les travaux du Comité français de l’UICN sur les entreprises et la biodiversité

Liste rouge des espèces menacées : 1 reptile sur 5 menacé d’extinction

Pour la première fois, l’évaluation de la Liste rouge mondiale sur l’ensemble des reptiles a été publiée le 27 avril dernier par l’UICN. 1 espèce sur 5 est en voie d’extinction. « Maintenant que les reptiles du monde sont évalués de manière exhaustive dans la Liste rouge de l’UICN, nous comprenons plus finement leur état de conservation et à quelles menaces ils doivent faire face » explique Craig Hilton-Taylor, directeur du programme Liste rouge de l’UICN. « Bien que ces résultats soient particulièrement préoccupants, cette étape nous donne des raisons d’espérer car elle pourrait nous permettre d’identifier là où les actions de conservation sont les plus urgentes ».  Plus de 10 000 espèces de reptiles ont été évaluées, révélant que 21% de la totalité de ces espèces sont en voie d’extinction. La perte d’habitat due à l’agriculture intensive, la déforestation ou l’urbanisation croissante sont les plus grandes menaces qui pèsent sur les reptiles dans le monde, notamment en Asie du Sud et du Sud-Est qui sont des centres de diversité pour les reptiles où ces menaces dominent. Parmi les autres menaces touchant significativement ces espèces, on retrouve les espèces exotiques envahissantes, en particulier la pression exercée par les prédateurs, la chasse non encadrée et le braconnage. Près de 900 experts du monde entier ont contribué aux évaluations du risque d’extinction des reptiles et à cartographier leur aire de répartition à travers le monde. Ce projet a été piloté conjointement par NatureServe, Conservation International et l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. « La Liste rouge de l’UICN est un outil parfait pour évaluer le risque d’extinction des espèces de façon standardisée. Nous avons pu comparer nos résultats à ceux de la Liste rouge pour les autres vertébrés dans une étude séparée, et démontrer que le groupe des reptiles est plus menacé que celui des oiseaux, mais moins que les mammifères ou les amphibiens » explique le Dr Bruce Young, zoologiste et scientifique pour NatureServe. La moitié des crocodiles (11 espèces sur 23) est considérée comme menacée sur la Liste rouge mondiale. La destruction de leur habitat et les conflits directs avec les humains sont les deux principales menaces auxquelles ils doivent faire face. À titre d’exemple, le gavial du Gange est en danger critique d’extinction à cause des barrages et de l’urbanisation qui ont fragmenté les rivières où il vit, tandis que le pompage de l’eau pour l’irrigation a réduit leur débit et diminué la qualité de son habitat. Cette espèce est dépendante de la poursuite des programmes de conservation en Inde et au Népal, qui ont permis d’augmenter le nombre de gavials depuis les années 1970. « Cette étude ne laisse aucun doute sur les menaces auxquelles les reptiles sont confrontés. Si nous les laissons disparaître, nous perdrons des milliards d’années d’histoire évolutive cumulée » déplore Neil Cox, manager au sein du programme d’Étude internationale pour la conservation de la biodiversité à l’UICN. « La communauté mondiale a une opportunité sans précédent d’inverser la crise d’extinction dès maintenant en établissant un cadre mondial de la biodiversité post-2020 solide et en mettant en œuvre des objectifs de conservation ambitieux et atteignables ». PLUS D’INFORMATIONS : L’article original sur le site de l’UICN (en anglais) Etude comparative entre les reptiles et le reste des tétrapodes – Nature (en anglais) La Liste rouge nationale des reptiles et amphibiens de France métropolitaine La Liste rouge des reptiles et amphibiens de Mayotte La Liste rouge des espèces menacées en France Crédit photo : Claudine Delmas – Lézard d’Aurelio, classé « En danger » sur la Liste rouge nationale des espèces menacées

COP 17 Biodiversité: mobilisation du Comité français et des partenaires des programmes Coopération Internationale et Politiques de la Biodiversité

La dix-septième Conférence des Parties de la Convention sur la Diversité Biologique se tient du 19 au 30 octobre à Erevan en Arménie. Elle aura pour thème « Taking Action for Nature », et sera l’occasion de faire un premier bilan de la mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal (KMGBF) adopté en 2022. Les thèmes abordés incluront notamment l’importance d’accélérer les efforts pour atteindre les engagements du KMGBF, de mobiliser les financements requis, de renforcer les synergies entre les enjeux biodiversité et climat, et de garantir une participation effective des communautés locales et peuples autochtones.  La COP 17 est décomposée en plusieurs espaces dont : la Zone Bleue, qui comprend la partie de négociations, l’exposition de plusieurs stands et pavillons ainsi que de nombreux évènements parallèles.  la Zone Verte, accessible au grand public, et qui comprend des évènements et expositions sur des thématiques diverses, ainsi qu’un agenda culturel.   Une délégation du Comité français de l’UICN sera présente, ainsi que des membres du Groupe de Travail Pays en développement & Biodiversité issu·es des organisations suivantes : All4trees, HUMY, Tour du Valat, Naturevolution et NatureXpairs; des membres du GT Groupe de Travail entreprise et biodiversité : EpE, Act4N International, Veolia, EDF; des représentant·es d’OSC soutenues par le programme ProBioDev: ACED, A Rocha Ghana, Nature Conserv’Action et SMILO; et des représentant·es des partenaires PPI suivants: ABOYERD, Eco-Bénin, Mbou-Mon Tour, et SOS Savane.  La Zone Bleue Elle se situe au Meridian Expo and Event Centre, situé au 1 Voskerichneri Street, Yerevan 0015. Pour y accéder, il est nécessaire d’être accrédité par la Convention sur la Diversité Biologique. Voici le programme de la Zone Bleue : L’agenda complet est détaillé jour par jour ici. Plusieurs journées ou sommets thématiques vont être organisés dans le cadre de la Zone Bleue dont : Sommet mondial de la jeunesse pour la biodiversité – 17 et 18 octobre  Forum sur le renforcement des capacités et le développement – 24 octobre  Sommet Nature et Culture – 24 octobre  Sommet des gouvernements infranationaux et des villes – 24 octobre  Forum science-politique pour la biodiversité – 24 et 25 octobre  Forum Entreprises et Biodiversité – 25 octobre  Journée du financement – 26 octobre  Forum sur le genre – 27 octobre  Journée des juges – 29 octobre    Le Secrétariat de la CDB coordonnera par ailleurs les activités thématiques ou ateliers suivants: Exposition 2026 sur les technologies et l’innovation en matière de biodiversité – 19-30 octobre Salon virtuel et d’affiches consacré aux connaissances sur les mécanismes de chambres de compensation – 19-30 octobre Zone d’Action – 19-29 octobre  Atelier de formation sur la biosécurité et l’évaluation des risques – 17-18 octobre Atelier sur l’Accès et partage des avantages : Renforcer les relations en matière d’APA, l’échange d’informations et la mise en œuvre effective – 25 octobre Il y aura également de nombreux stands et Pavillons dans la Zone Bleue qui disposeront de leur propre programmation : Pavillon de l’UICN  Pavillon du GEF Pavillon de l’Arménie Pavillon Nature Positive  Pavillon du cadre mondial de Kunming-Montreal sur la biodiversité mondiale Pavillon des Pays-Bas   Le Pavillon de Kunming-Montreal accueillera par ailleurs les journées thématiques suivantes:  Journée Espèces exotiques envahissantes (9h00-13h00), eau et biodiversité (14h00-18h00) – 24 octobre 2026  Journée Cible 3 (09h00 – 18h00) et changement transformateur (18h30 – 20h00) – 25 octobre 2026  Journée Ecosystèmes de montagne – 26 octobre Journée Accélération de la mise en œuvre des SPANB (08h30 – 13h00) et éducation (14h00 – 18h00) – 27 octobre 2026  Journée Agriculture et alimentation (09h00 – 18h00) – 28 octobre 2026 Journée Restauration (09h00 – 18h00) – 29 octobre   Enfin, la programmation officielle des évènements parallèles se tenant en Zone Bleue et sélectionnés par le Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique est disponible sur ce lien.  La Zone Verte Elle se situe Sport/Concert Complex after Karen Demirtchian, Tsitsernakaberdi zbosaygi 1, Yerevan 0028. C’est un espace ouvert au public dont l’objectif principal est de faciliter les partages de connaissances et d’expériences, d’inspirer à l’action et de renforcer la participation citoyenne dans la prise de décisions environnementales. Le programme de l’agenda est disponible sur ce lien. Interventions des programmes Politiques de la Biodiversité et Coopération Internationale, et des partenaires techniques et financiers Le Comité français de l’UICN, notamment via ses programmes Politiques de la Biodiversité et Coopération Internationale, des membres du Groupe de Travail « Pays en Développement et Biodiversité » et d’OSC soutenues par les programmes ProBioDev et PPI, des membres du GT Entreprises et Biodiversité, ainsi que des partenaires techniques ou financiers, interviendront lors de la COP 17, que ce soit au sein de la Zone Bleue ou de la Zone Verte. Voici un aperçu de leur implication : Comité français de l’IUCN: De l’engagement à l’action : les Régions françaises pour la nature, 22 octobre / 14h-15h, (Zone bleue: Hub des gouvernements infranationaux et locaux –  KMGBF Room, L1 Level, N° de salle:38) Biodiversity, Water, Soils and Health: Delivering on the Nexus and One Health approach to Accelerate Progress on Targets 8, 10 and 15 of the Kunming-Montreal Global Biodiversity Framework, 23 octobre / 17h-17h45  (Zone Bleue: Business and Finance Hub – KMGBF Room, L1 Level, N° de salle:38) Minimizing the Impacts of Climate Change: Unlocking the Potential of Nature-based Solutions to adapt and to deliver on Target 8 of the Kunming-Montreal Global Biodiversity Framework, 24 octobre / 12h45 – 13h45 (Zone Bleue: Pavillon UICN) Nature Credits as a catalyst for mobilizing finance for biodiversity: aligning public, private and territorial action to boost demand and deliver Target 19, 26 octobre / 11h30-13h  (Zone Bleue: Spitak – Side-event Room 2) From Commitment to Impact: Accelerating Corporate Biodiversity Action to Deliver on Targets 15, 18 and 19 of the Kunming-Montreal Global Biodiversity Framework, 26 octobre / 16h30-18h (Zone Bleue: Vayk – Side-event Room 3)    UICN: Lancement du Standard mondial de l’UICN pour les aires protégées et conservées, 20 octobre 2026 / 12h45–13h45 (Zone Bleue: Pavillon de l’UICN)  Enabling Nature-based Solutions for Global Biodiversity Framework action and reporting: Launch of the Global NbS Navigator, 20 octobre 2026 / 16h30–17h45 (Zone Bleue: Pavillon de l’UICN)  Status and Risks to the world’s coral reefs: the First Global Red List of Coral Ecosystems, 23 octobre / 18h15-19h45 (Zone Bleue: Sisian – Eastern

Agir pour restaurer la nature : une nouvelle étape franchie

Le Comité français de l’UICN contribue et continuera de contribuer au plan national de restauration de la nature (PNRN) et au Règlement européen sur la restauration de la nature, à travers : Programme « Ecosystèmes » : Liste rouge des écosystèmes qui permet d’évaluer le degré de menace des écosystèmes dans l’hexagone et les outre-mer, et d’identifier les écosystèmes menacés à restaurer en priorité. Plusieurs évaluations sont déjà disponibles sur les forêts, les littoraux et les mangroves.   Solutions fondées sur la Nature (SfN) qui permettent de concevoir des projets de restauration des écosystèmes alignés sur standard mondial de l’UICN, notamment en réponse au défi du changement climatique et des risques naturels associés, visé par le Règlement européen. L’outil d’accompagnement mis en place par le Comité français de l’UICN intitulé « De la planification à l’évaluation d’un projet SfN » peut être mobilisé directement par les acteurs publics et privés dans la planification d’actions de restauration. Les recueils d’expériences produits par le Comité français de l’UICN sur les SfN pour répondre aux grands défis sociétaux mettent en évidence plusieurs retours d’expérience inspirants de projets de restauration, en hexagone comme en outre-mer.   Programme « Espèces » Liste rouge des espèces menacées en France qui dresse un bilan scientifique et objectif du degré de menace des espèces (faune, flore, fonge) en métropole et en outre-mer. Elle fournit un cadre de référence et peut servir à prioriser les actions et à suivre les indicateurs du Règlement pour les abeilles (suivi des pollinisateurs), les papillons de jour (suivi des populations de prairies) et les oiseaux (suivi des populations agricoles et forestières), ou d’autres groupes d’espèces (comme les invertébrés chilopodes et perles) qui constituent des bioindicateurs clés pour la restauration.   La réduction des pressions exercées par les espèces exotiques envahissantes via les activités du Centre de ressources sur les espèces exotiques envahissantes (CDR EEE) animé par le Comité français de l’UICN avec l’OFB. Ceci inclue un appui méthodologique, des formations des praticiens de terrain et 135 retours d’expériences de gestion pour lutter contre les EEE. L’expertise et les outils du CDR EEE peuvent jouer un rôle clé dans la mise en œuvre du PNRN, y compris dans les outre-mer, avec la mobilisation du Réseau EEE Outre-mer que le Comité anime.   Programme « Aires Protégées » La cartographie des zones de naturalité (CartNat) qui permet d’identifier les zones fragmentées ou dégradées, pour la restauration. Elle a été réalisée pour les écosystèmes terrestres métropolitains et elle en en cours de déclinaison pour les écosystèmes littoraux et marins. Elle peut ainsi venir en appui au PNRN et à sa mise en œuvre à l’échelle locale (croisement avec CarHab pour identifier plus précisément les habitats dégradés à restaurer, priorisation des actions, suivi de l’efficacité des mesures de restauration, etc.).   Le Comité français de l’UICN a permis de développer l’intérêt et l’opérationnalisation de la libre évolution des espaces naturels, avec les principaux acteurs concernés (définition, typologie, retours d’expérience, évolution du cadre juridique…). Celle-ci peut concerner aussi bien des espaces à très forte naturalité, comme les forêts anciennes, que des espaces naturels ou semi-naturels à restaurer, en favorisant l’expression des dynamiques naturelles des écosystèmes.   La Liste Verte des aires protégées, sur la base du standard mondial de l’UICN, qui permet d’évaluer et de labelliser une gestion efficace des espaces protégés en France. Les sites labellisés peuvent servir de modèles pour diffuser des bonnes pratiques et initier des projets de restauration dont la pérennité des bénéfices est garantie par la qualité et l’efficacité de gestion des sites.   Programme « Outre-Mer » Le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales (PRZHT), que le Comité français de l’UICN anime, qui contribue à des actions concrètes de restauration sur le terrain dans les Antilles, à Mayotte et en Polynésie française (zones humides, agroécosystèmes, littoraux).   Programme « Politiques de la biodiversité » Mobilisation des collectivités territoriales : une boîte à outils des Stratégies Régionales pour la Biodiversité (SRB) a été réalisée par le Comité français de l’UICN, en collaboration avec l’OFB et le MTE, avec un guide technique (fiches méthodologiques + retours d’expérience) qui permet de mobiliser les acteurs (ex : Régions Bourgogne-Franche-Comté, Grand-Est, etc.) pour la déclinaison territoriale de cadres nationaux comme le PNRN, de faciliter l’articulation entre les différentes échelles de gouvernance (locale/régionale/nationale), et de mobiliser les outils existants (Trame verte et bleue, CartNat). Les enjeux de restauration figurant dans les SRB existantes ont également été identifiés.   Mobilisation des entreprises : Le Comité français de l’UICN possède des partenariats avec 7 grandes entreprises engagées pour la biodiversité (cadres EEN et Act4N) et leur apporte un appui pour définir des objectifs de restauration de la nature in situ (site de production), notamment dans leur plan de gestion de la biodiversité, et ex situ (chaîne de valeur).

Le Comité français de l’UICN, un acteur engagé pour faire avancer l’approche Une Seule Santé à travers l’exemple de Marseille, qui en fait une réalité sur son territoire.

Depuis plus de vingt ans, l’UICN contribue au développement et à la reconnaissance internationale de l’approche Une seule santé (One Health), qui souligne les liens étroits entre la santé humaine, animale, végétale et celle des écosystèmes. Adoptée à plusieurs reprises par les membres de l’organisation lors des Congrès mondiaux de la nature, cette approche est aujourd’hui identifiée comme l’un des leviers stratégiques majeurs pour répondre conjointement aux défis de la biodiversité et de la santé. Malgré cette reconnaissance croissante, son intégration dans les politiques publiques et les cadres législatifs reste encore inégale, en France comme à l’international. Afin d’accompagner son appropriation et sa mise en œuvre, le Comité français de l’UICN a publié en avril 2026 un rapport de référence intitulé Comprendre le concept Une seule santé : prendre soin des vivants et des milieux pour passer à l’action. Fruit d’un travail collectif mobilisant de nombreuses organisations membres et experts du Comité français de l’UICN issus de disciplines complémentaires, cette publication vise à clarifier les fondements du concept, à en illustrer les applications concrètes et à fournir des pistes d’action pour mieux l’intégrer dans les processus de décision publique. Les journées marseillaises des 8 et 9 avril ont constitué une occasion privilégiée de célébrer la parution de cet ouvrage et de mettre en lumière la diversité des acteurs qui contribuent à faire vivre l’approche Une seule santé sur le terrain. La brochure Comprendre le concept Une seule santé : prendre soin des vivants et des milieux pour passer à l’action © Malika Turin, PNR Causses du Quercy — Getty Images, Angelo Jesus/Unsplash — Frank Miramand Télécharger la brochure Une seule santé : Marseille a réuni les acteurs du territoire pour faire progresser les synergies entre santé et biodiversité En effet, les 8 et 9 avril derniers, la Ville de Marseille a réuni de nombreux acteurs du territoire autour de l’approche « Une Seule Santé » (One Health), en partenariat avec le Comité français de l’UICN, l’IHU Méditerranée Infection, Aix-Marseille Université et quatre de ses instituts interdisciplinaires (ITEM, IM2B, IPCV et ISSPAM), ainsi que Plastic Odyssey. Organisées dans le prolongement du One Health Summit présidentiel tenu le 7 avril 2026 à Lyon, ces rencontres avaient pour ambition de promouvoir une vision intégrée de la santé, fondée sur les liens étroits entre la santé humaine, la santé animale, la santé des végétaux et le bon fonctionnement des écosystèmes. Pendant deux jours, les échanges ont mis en lumière la richesse des initiatives et collaborations développées entre les acteurs institutionnels, scientifiques, associatifs et politiques du territoire. Face aux défis environnementaux, sanitaires et sociaux auxquels elle est confrontée, Marseille apparaît comme un terrain particulièrement pertinent pour expérimenter et déployer concrètement l’approche Une Seule Santé. Cette rencontre a permis de mieux comprendre les liens entre biodiversité, santé des écosystèmes et bien-être des populations dans le contexte marseillais. Chercheurs, collectivités, associations, professionnels de terrain et citoyens ont partagé leurs expériences et leurs engagements, illustrant la diversité des actions menées au quotidien. Les initiatives portées par la Ville de Marseille et ses partenaires témoignent de l’intérêt d’une approche collective pour répondre aux enjeux de santé et de biodiversité. Cette dynamique a également été marquée par le retour du navire Plastic Odyssey, après trois années d’expédition consacrées à la lutte contre la pollution plastique à travers le monde, ainsi que par les contributions scientifiques de l’IHU Méditerranée Infection et d’Aix-Marseille Université, partenaires clés de l’événement. Ensemble, ils ont souligné l’importance de la coopération entre recherche, action publique et société civile pour relever les défis environnementaux et sanitaires. Faire de Une seule santé une réalité à l’échelle de la ville de Marseille Marseille : une stratégie Une seule santé au service de la ville Depuis 2024, la Ville de Marseille s’est dotée d’une mission dédiée Une seule santé afin d’intégrer les liens entre santé humaine, animale, végétale et santé des écosystèmes dans l’ensemble de ses politiques publiques. Inscrite dans le Contrat local de santé, cette démarche vise à apporter des réponses plus cohérentes aux enjeux sanitaires, environnementaux et sociaux du territoire. Elle s’appuie notamment sur les engagements de la ville en faveur du climat, de la biodiversité et d’un urbanisme favorable à la santé. Les Friches Urbaines Naturelles : la nature au bénéfice de la santé Parmi les actions emblématiques de cette démarche, le programme des Friches Urbaines Naturelles (FUN) illustre les synergies entre biodiversité, qualité de vie et adaptation au changement climatique. Lancé à partir de terrains municipaux non urbanisables, il constitue aujourd’hui un réseau d’environ 300 espaces sur 160 hectares. Véritables refuges pour la faune et la flore, ces sites contribuent à préserver la biodiversité, à sensibiliser les habitants et à enrichir les connaissances scientifiques. Ils offrent également des espaces de fraîcheur, de découverte et de bien-être, renforçant ainsi la résilience de la ville face au changement climatique. À travers ce programme, Marseille démontre concrètement qu’investir dans la nature constitue aussi un investissement pour la santé humaine. Inauguration de la Friche Urbaine Naturelle Auguste Martin, 8ème arondissement © Ville de Marseille Un livre blanc pour faire de Une seule santé un projet collectif pour Marseille À l’issue de ces rencontres, la Ville de Marseille et ses partenaires ont souhaité inscrire cette dynamique dans la durée à travers la publication d’un premier Livre blanc Une seule santé pour Marseille : chercheurs, citoyens et décideurs réunis pour la santé des vivants et des milieux ». Élaboré sous l’égide de la Mission Une seule santé en collaboration avec de nombreux partenaires institutionnels, scientifiques et associatifs, cet ouvrage restitue les principaux enseignements des échanges qui se sont tenus à Marseille. Il met en lumière les initiatives présentées lors de l’événement, valorise les engagements collectifs des acteurs du territoire et identifie des pistes d’action pour renforcer la mise en œuvre de l’approche Une seule santé à l’échelle locale. Au-delà du compte rendu de ces rencontres, ce livre blanc témoigne d’une ambition partagée : construire un territoire plus résilient en prenant soin du vivant sous toutes ses formes. Il rappelle que les enjeux de santé humaine, de santé animale,

Après les feux de juillet 2026 à Fontainebleau : quel avenir pour le massif forestier ?

Recommandations du Comité français de l’UICN Durant l’été 2026, plus de 2000 hectares ont été incendiés dans le Massif de Fontainebleau et notamment dans la forêt des Trois-Pignons. La proximité de l’agglomération parisienne a assuré à cette catastrophe sans précédent une médiatisation très importante. En réponse, le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui un document « Après les feux de juillet 2026 à Fontainebleau : Quel avenir pour le massif forestier ? ». En se fondant sur son manifeste éthique, et après avoir établi un certain nombre de faits et de constats dans la première partie du document, la seconde et la troisième partie formulent 17 recommandations pour favoriser la résilience du massif forestier de Fontainebleau face aux incendies, dont les experts prévoient l’augmentation tant dans leur nombre, que dans leur intensité, dans le contexte du dérèglement climatique majeur en cours. Si les causes directes de l’incendie sont aujourd’hui clairement identifiées – les différents départs de feux à Fontainebleau cet été sont d’origines humaines (accidentelles et criminelles) – des facteurs aggravants sont à considérer : – le dérèglement climatique dont l’intensité va, selon les prévisions concordantes des experts, augmenter à court et moyen termes ; –  la présence importante de peuplements dominés par le Pin sylvestre dans certains secteurs du massif constitue un des facteurs majeurs à prendre en compte dans l’analyse du comportement des incendies ; – l’urbanisation en bordure de la forêt mal maîtrisée dans le passé et pour l’avenir ; – la gestion de l’accessibilité et des usages du massif qui doit désormais mieux intégrer l’évolution du climat et l’augmentation du risque incendie ; – le manque des moyens de prévention, surveillance et lutte des services de l’Office National des Forêts (ONF) et du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), notamment face à des feux majeurs et à leurs conséquences sur les écosystèmes forestiers. Les 17 recommandations visent à prévenir et limiter les impacts des feux dans le massif forestier de Fontainebleau et d’assurer une restauration basée sur la résilience écologique, les fonctions et services écosystémiques et la préservation de la biodiversité remarquable du Massif de Fontainebleau : Pour une restauration des écosystèmes après incendie Poser le bon diagnostic dans le cadre d’un objectif de gestion soutenable Préserver les sols : un enjeu majeur Privilégier la régénération naturelle  Limiter drastiquement la place du Pin sylvestre Mettre en place un dispositif performant pour le sauvetage des animaux blessés par le feu Etudier l’impact du feu sur les milieux humides Préserver les abris gravés Rester vigilant quant au faux débat « Climat versus Biodiversité »   Pour diminuer les risques d’incendie et limiter leurs impacts dans le massif forestier de Fontainebleau Réduire les facteurs aggravants la sensibilité du massif à l’incendie Consolider la stratégie intégrée de prévention du risque incendie à l’échelle du Massif de Fontainebleau Adapter les dispositifs de coupure de combustible à Fontainebleau Gérer la fréquentation du public lors des épisodes de risque incendie Augmenter la superficie des Réserves Biologiques Intégrales Utiliser l’incendie de juillet 2026 pour innover en matière de gestion Augmenter les moyens du gestionnaire et des services de Défense des Forêts Contre Ies Incendies Favoriser la concertation et la communication Mettre en place un observatoire de la résilience de la forêt suite aux incendies   Les recommandations formulées ne sont pas à prendre en compte individuellement mais doivent être mises en œuvre de façon complémentaire et interdépendante. Par ailleurs, elles doivent être mises en œuvre rapidement, afin de ne pas compromettre le projet de classement de la forêt de Fontainebleau au Patrimoine mondial de l’Humanité (classement UNESCO) et s’inscrire dans une nouvelle trajectoire, impliquant tous les acteurs, et permettant d’interagir autrement avec la forêt et d’habiter autrement le territoire.   Consulter la note « Après les feux de juillet 2026 à Fontainebleau : Quel avenir pour le massif forestier ? » Contacts  Jean-Philippe Siblet, membre du Groupe de travail « Forêts » du Comité français de l’UICN : jean-philippe.siblet@mnhn.fr Camille Aspar, chargée de communication : communication@uicn.fr    Photo bandeau : © Jean-Philippe Siblet

Entreprises et Solutions fondées sur la Nature : lancement d’une nouvelle page ressource et retours d’expérience d’ENGIE accompagné par le Comité français de l’UICN

Après son premier guide, publié en 2022 « Entreprises et Solutions fondées sur la Nature : s’emparer du concept pour passer à l’action », le Comité français de l’UICN dévoile aujourd’hui une page Internet dédiée aux entreprises et aux Solutions fondées sur la Nature. A travers son programme Politiques de la biodiversité, le Comité français de l’UICN se mobilise depuis de nombreuses années pour renforcer l’implication des entreprises. Considérant qu’elles ont un rôle majeur à jouer — en évitant et réduisant leurs impacts sur la biodiversité, mais aussi en contribuant activement à la protection et à la restauration des écosystèmes, il accompagne au quotidien six grands groupes : EDF, ENGIE et STORENGY, VEOLIA, HEIDELBERG MATERIALS, EQIOM, NESTLE WATERS FRANCE. Au travers de ces partenariats et d’un groupe de travail dédié, un guide de référence sur les Solutions fondées sur la Nature (SfN), a été publiée en 2022. Le concept des Solutions fondées sur la Nature (ou SfN) émerge en 2009 sous l’impulsion de l’UICN. En 2016, à l’occasion du Congrès mondial de la nature, les SfN sont devenues internationalement reconnues et inscrites dans l’agenda des solutions avec l’adoption d’une définition officielle par les membres de l’UICN : « les actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés pour relever directement les défis de société de manière efficace et adaptative, tout en assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité ». Il s’agit par exemple de la préservation d’un écosystème en bon état, l’amélioration de sa gestion, ou la restauration d’un milieu dégradé. Face à l’intérêt croissant suscité pour les SfN — et à certaines dérives, comme certains projets de plantation d’arbres qui se révèlent néfastes pour la biodiversité locale — l’UICN a développé en 2020 un Standard mondial, articulé autour de 8 critères et 27 indicateurs, et a déposé en 2025 un TradeMark, affirmant sa volonté d’encadrer rigoureusement l’utilisation des SfN. Pour accompagner les acteurs de manière opérationnelle, le Comité français de l’UICN a créé un outil d’accompagnement « de la planification à l’évaluation d’un projet SfN ». Ainsi, les entreprises sont encouragées à s’en saisir avec l’accompagnement du Comité français : une première étape consiste à vérifier que le projet répond à trois critères essentiels : apporter une réponse à un défi sociétal identifié sur le territoire, s’appuyer sur le fonctionnement des écosystèmes et générer des bénéfices concrets pour la biodiversité et le défi sociétal visé. Les projets qui franchissent ce premier filtre font ensuite l’objet d’une auto-évaluation réalisée par l’entreprise à l’aide d’un outil dédié. Un dialogue s’engage alors avec les équipes afin de préciser certains éléments et d’améliorer les réponses apportées. Lorsque cette première analyse est jugée satisfaisante, l’entreprise renseigne la grille complète du standard, composée de 27 indicateurs. Les échanges se poursuivent tout au long du processus pour compléter les informations, affiner le projet et formuler des recommandations. Cette démarche, résolument itérative, repose sur un engagement fort des équipes de terrain. Dans cette nouvelle page Internet qui est aujourd’hui proposée, l’ensemble des ressources essentielles sont décrites pour comprendre et évaluer les Solutions fondées sur la Nature (SfN) : On y retrouve des éléments de définition et de cadrage du concept, les grilles d’évaluation du standard international ainsi que l’outil développé par le Comité français de l’UICN pour évaluer ses propres projets. La page propose également une carte interactive recensant, à travers le monde, des projets reconnus comme SfN au regard du standard mondial, ainsi que de nombreuses fiches de retour d’expérience destinées à inspirer les acteurs souhaitant s’engager dans cette démarche.   En mettant en lumière ces initiatives concrètes, le Comité français de l’UICN souhaite montrer que les Solutions fondées sur la Nature constituent déjà une réalité opérationnelle pour de nombreuses entreprises. Ces retours d’expérience démontrent qu’il est possible pour le secteur privé de s’approprier les SfN de manière rigoureuse et ambitieuse, tout en contribuant directement à l’atteinte des objectifs du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité. Grâce à la carte interactive et aux fiches projets, cette page offre ainsi un véritable espace de référence et d’inspiration pour passer de l’intention à l’action. ©ENGIE ©ENGIE FOCUS ENGIE  Dans le cadre de son partenariat avec le Comité français de l’UICN, et parmi ses engagements avec Act4Nature International, ENGIE s’est fixé pour objectif d’atteindre la reconnaissance de 10 projets comme des Solutions fondées sur la Nature (SfN) selon le Standard mondial de l’UICN pour les SfN™ d’ici fin 2025. En répondant aux critères rigoureux et scientifiques de ce Standard, ENGIE porte une ambition forte et fait figure de précurseur dans le secteur privé. Nous présentons aujourd’hui 4 projets exemplaires, portés par ENGIE dans des contextes et des territoires variés. Chacun d’eux répond à un défi sociétal spécifique, tout en générant des bénéfices mesurables pour la biodiversité et les communautés locales. Regenera+ | Promotion de la sécurité alimentaire via l’agriculture régénérative au Brésil A Passo Fundo, les propriétaires fonciers sont encouragés à mettre en place une agriculture régénératrice autour du réservoir hydroélectrique, réduisant les coûts de production et d’utilisation d’intrants, et améliorant la santé des agriculteurs.   Création d’une Aire Marine Protégée à Madagascar A Sainte-Marie, la Fondation ENGIE (avec GoodPlanet et le GRET) se porte mécène d’un projet visant la création d’une Aire Marine Protégée en gouvernance partagée, où récifs et mangroves sont restaurés pour réduire les risques naturels et promouvoir un écotourisme communautaire   Restauration d’écosystèmes dégradés au Brésil Dans l’Etat du Paraná, des espèces d’arbres indigènes comme l’Araucaria sont plantés et les agriculteurs locaux formés pour assurer la viabilité de leur développement socio-économique ce qui permet aussi de garantir la conservation génétique des arbres   Lutter contre les risques naturels au Bangladesh Dans le district de Satkhira, une plantation de mangroves est mise en œuvre pour lutter contre l’érosion des sols et protéger les exploitations agricoles contre la salinisation avec un accompagnement des populations locales pour diversifier leurs moyens de subsistance   Ces projets illustrent la diversité des défis auxquels les Solutions fondées sur la

Biodiversité et zones d’accélération des énergies renouvelables : un défi pour les communes et un rôle crucial des acteurs des territoires

Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui une analyse sur la prise en compte de la biodiversité dans les zones d’accélération des énergies renouvelables terrestres. Elle s’appuie sur des retours d’expérience montrant diverses démarches réalisées par les communes pour cette planification territoriale des énergies renouvelables. Des recommandations sont formulées pour renforcer la conciliation du développement des énergies renouvelables avec la préservation de la biodiversité. Le 10 mars 2023, le gouvernement français a promulgué la loi n°2023-175 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables, dite « loi APER ». Celle-ci vise à simplifier les procédures de déploiement des énergies renouvelables, pour pallier le retard de la France vis-à-vis de ses engagements (en 2023, la part des renouvelables dans le mix énergétique national était de 22,2 %, pour un objectif fixé à 23 % pour 2020) et dans un contexte de crise énergétique. Cette loi crée un dispositif de zones d’accélération pour l’implantation des installations terrestres d’énergies renouvelables (ZAER – Article 15 de la loi APER). Ce dispositif implique les communes, qui sont appelées à identifier ces zones en concertation avec les citoyens et les acteurs du territoire, selon des modalités laissées libres. Cet exercice répond à une demande des élus locaux de mieux contrôler le développement des énergies renouvelables, en particulier l’éolien et le photovoltaïque au sol, sur leurs territoires. Près de trois ans après la publication de la loi APER, 14 955 communes (représentant 43 % du nombre total en France y compris Outre-mer) ont ainsi remonté leurs zones d’accélération sur le portail cartographique mis à disposition par l’État. Il apparaît que la désignation de zones d’accélération qui seraient représentatives du potentiel énergétique réel des territoires est un exercice complexe, demandant une analyse fine du foncier communal ainsi que des arbitrages entre production d’énergie, préservation de la biodiversité, des paysages et respect des usages. Ce travail nécessite un investissement en temps et en ingénierie, que toutes les communes françaises n’ont pas les moyens de fournir. L’exercice est donc réalisé de manière inégale avec une grande variabilité dans la méthode utilisée et des résultats très hétérogènes, parfois difficiles à harmoniser et donc à convertir en potentiel énergétique. A travers une explication détaillé de la réglementation et du contexte lié à la définition des zones d’accélération des énergies renouvelables (ZAER) et quatre retours d’expériences de territoires confrontés à l’exercice de définition de leurs ZAER, le Comité français de l’UICN met en lumière les démarches, les outils employés (différant selon les caractéristiques et les enjeux de chaque territoire), les acteurs mobilisés (mettant notamment en avant le rôle des parcs naturels régionaux), les énergies renouvelables privilégiées et les enseignements à retenir de ces retours d’expériences en terme de conciliation de la définition des ZAER avec les enjeux de biodiversité des territoires. Cette publication conduit, en conclusion, à la formulation de 24 recommandations réparties dans 7 grandes thématiques pour une meilleure prise en compte par les communes de la biodiversité et des enjeux paysagers dans la définition et la planification de leurs zones d’accélération des énergies renouvelables. Le Comité français de l’UICN s’est appuyé sur l’expertise de son réseau de membres et d’expert/es pour la réalisation de ce travail. Celui-ci s’inscrit dans une démarche de facilitation du dialogue et de partage de connaissances entre les différents acteurs de la transition énergétique et de la conservation de la nature. Cette brochure a été réalisée avec le soutien de l’Ademe, du Ministère de la Transition écologique, du Fonds AXA pour le Progrès Humain, de la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale et d’Engie Green France.  Découvrez la brochure une analyse sur la prise en compte de la biodiversité dans les zones d’accélération des énergies renouvelables terrestres.   Photo bandeau : © Paul Bonfils

Le déclin se poursuit pour les reptiles et amphibiens de l’Hexagone

À l’issue de la troisième évaluation des reptiles et amphibiens de France hexagonale, le bilan dressé fait apparaître une situation toujours préoccupante : près d’un amphibien sur cinq et un reptile sur quatre sont actuellement menacés.    Après un premier état des lieux réalisé en 2008 et un second en 2015, la situation de l’ensemble des espèces a été réexaminée. Malgré les actions de conservation mises en place et la progression des connaissances, cette révision fait apparaître une détérioration de la situation en raison de l’accentuation forte des pressions. Depuis le dernier bilan, la tendance au déclin des populations s’est renforcée et touche désormais deux tiers des espèces. Au terme des analyses, six espèces ont connu une véritable dégradation de leur statut tandis qu’aucune n’a vu sa situation s’améliorer significativement. Au total, sur les 37 espèces d’amphibiens et les 39 espèces de reptiles (incluant les tortues marines) présentes naturellement sur le territoire métropolitain, les résultats montrent que respectivement 19 % et 26 % d’entre elles sont menacées de disparition. La dégradation et la fragmentation des habitats naturels et les répercussions du changement climatique représentent les principales pressions. Réalisées dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France, ces analyses ont été menées par le Comité français de l’UICN et PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD), en collaboration avec la Société herpétologique de France (SHF) et grâce à l’expertise d’un panel de spécialistes. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Rapport d’évaluation• Tableau synthétique avec catégories et critères (xlsx)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN Comité français, OFB, MNHN & SHF (2026). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Reptiles et amphibiens de France hexagonale. Paris, France Photo bandeau :Émergence de Tortue caouanne © Stéphane Jamme

La Forêt de Fontainebleau brûle : en tirer les vraies leçons !

Plus de 2000 hectares sont partis en fumée dans le Massif de Fontainebleau et notamment dans la forêt des Trois-Pignons. La proximité de l’agglomération parisienne assure à cette catastrophe sans précédent une médiatisation inédite qui conduit à des discours parfois étonnants, voire scandaleux et souvent contradictoires. Les associations signataires de cette tribune, au-delà du soutien qu’elles apportent à toutes celles et tous ceux ont luttés contre ce feu à l’échelle de cette forêt emblématique, souhaitent rappeler les points suivants : – Il y a toujours eu des feux en Forêt de Fontainebleau, certains très importants. Chaque année, les feux deviennent plus nombreux sans qu’une réelle prise de conscience ne soit réalisée, ni ne débouche sur la mise en œuvre de moyens de lutte adéquats. Bien sûr, des dispositifs ont été prévus, des exercices réalisés. Mais aucune de ces mesures ne sont à la hauteur des enjeux. Il était statistiquement évident qu’un feu de grande ampleur allait intervenir à court terme. Les prévisions du Groupe Régional d’Expertise sur le Changement climatique et la transition écologique en Île-de-France (GREC) ne laissent aucun doute sur cette question. – Le dérèglement climatique augmente de façon drastique les conséquences de ces feux, leur ampleur et leur récurrence. Les conséquences étaient prévisibles. Elles avaient été anticipées par l’ensemble de la communauté scientifique locale, régionale, nationale et internationale. Les décideurs qui découvrent l’ampleur du phénomène en se cachant derrière le caractère criminel de ces incendies sont dans le déni des conséquences de ce dérèglement. – Les changements en cours, climatiques ou globaux, s’accélèrent et s’emballent, là aussi comme l’avaient prévu les experts de ces questions et notamment le GIEC et la Plateforme Intergouvernementale sur la Biodiversité et les Services Écosystémiques (IPBES). Ce que certains considèrent aujourd’hui comme exceptionnel sera la norme dès demain. – On a laissé, au fil du temps, des maisons se construire au sein ou en lisière de la forêt. On pourrait croire que cela est une époque révolue. Et pourtant, on construit encore ou on prévoit de le faire. Il existe des projets d’urbanisme qui prévoient des constructions à ses marges notamment dans le Plan Local d’Urbanisme intercommunal de la Communauté d’Agglomération du Pays de Fontainebleau. Au-delà des risques que cette situation fait courir aux habitant.es, on mesure à quelle point la priorisation de l’action des pompiers est conditionnée par la présence de ces équipements. En plus des impacts écologiques de ces constructions, l’exposition des biens et des personnes aux risques générés par les incendies est une faute grave. – Le traitement médiatique de ce feu et les prises de position de certains acteurs nous alertent sur les conséquences différées de celui-ci. La Défense des Forêts Contre les Incendies (DFCI), poussée à l’extrême, risque d’avoir des impacts très importants sur les paysages et écosystèmes bellifontains. Il faut d’ailleurs rappeler que la Forêt de Fontainebleau est une des forêts françaises qui possèdent le réseau de chemins, pistes et routes intra-forestières le plus important de France. Le discours « anti-friche » est aussi à la mode. Il est utile de rappeler que les « friches » sont en fait à Fontainebleau des milieux naturels « ouverts » qui abritent une faune et une flore remarquables, souvent très menacées. À l’instar des réponses à l’emporte-pièce que l’on a connues avec les fortes températures (canicule = climatiseur), l’inquiétude est grande face à des réponses du même type pour les forêts et notamment pour celle de Fontainebleau. La mise en prison des pyromanes comme des incendiaires ne résoudra pas le problème à lui seul. En conséquence de ces constats, les associations signataires exhortent les pouvoirs publics à prendre en compte les éléments qui suivent : – Il doit être mis un terme immédiatement à la poursuite de l’artificialisation qui est aujourd’hui le principal obstacle à la résilience climatique et plus globalement écologique de la forêt. L’artificialisation des sols à la lisière de la forêt doit cesser. Le strict respect des dispositifs réglementaires tels que celui de la « Forêt de Protection » ne doit plus souffrir aucune dérogation. Il est maintenant patent, que faute d’obtenir les résultats attendus en matière de prévention ou de sanction, seule une anticipation des risques représente la solution. La création ou le renforcement d’infrastructures au sein ou à proximité des forêts ne doit plus être une hypothèse acceptable. – Les caractéristiques écologiques et paysagères doivent être respectées pour permettre une meilleure résistance de la Forêt de Fontainebleau aux changements climatiques. Une solution de type« bandes pare feux » de 400 m de large, comme cela a été parfois évoqué, n’est à l’évidence, ni acceptable, ni raisonnable. Par ailleurs, les conséquences des pistes créées par des bulldozers pour faciliter l’accès des services de secours seront beaucoup plus difficiles à cicatriser que le feu lui-même dans de nombreux secteurs. La Forêt de Fontainebleau n’est pas Notre-Dame de Paris. Il ne s’agit pas de la reconstruire. Il s’agit de faciliter et d’étudier, avec humilité, les conditions de sa résilience. – La monoculture du Pin sylvestre et du Pin maritime dans certains secteurs de la forêt a montré ses conséquences désastreuses pour l’évolution des feux et leur ampleur. Il y a lieu de tirer toutes les conséquences de cet évènement dramatique pour privilégier une sylviculture diversifiée prenant en compte, de façon prioritaire et urgente, la naturalité des écosystèmes. À cet effet, l’extension du réseau des Réserves Biologiques Intégrales doit être mise à l’étude. Et les solutions de plantation d’essences résilientes aux changements climatiques, surtout si elles sont allochtones, ne peuvent être une réponse réaliste ou efficiente. Les solutions fondées sur la nature seront toujours plus performantes que celles initiées par la main de l’homme. – Il est indispensable de tirer rapidement les conséquences de cet épisode dramatique pour lancer une vaste étude pluridisciplinaire visant à mesurer ses impacts, notamment sur la biodiversité et de mesurer les modalités de restauration des écosystèmes. – Si la Forêt de Fontainebleau bénéficie du label « Forêt d’exception », force est de constater que les moyens humains et financiers mis en

Financer la conservation de la biodiversité : 10 recommandations pour encadrer les certificats et crédits biodiversité

Face à l’accélération de l’érosion de la biodiversité, les besoins de financement n’ont jamais été aussi importants pour sa préservation et restauration. Alors qu’un déficit annuel de 700 milliards de dollars reste à combler au niveau mondial, l’identification et la diversification de nouvelles sources de financements sont essentielles. Dans ce contexte, les certificats et crédits biodiversité suscitent un intérêt croissant en tant que mécanismes de financement innovants, tout en soulevant de nombreuses questions sur leur efficacité, leur gouvernance et leur intégrité. Le Comité français de l’UICN s’est ainsi emparé de la question avec la publication d’une note de position préparée à l’occasion de la COP 16 Biodiversité à Cali, et a porté, lors du dernier Congrès Mondial de la Nature de l’UICN, une motion visant à mieux réglementer ces mécanismes, adoptée par les membres en Assemblée générale. Dans la continuité de ces travaux, le programme Coopération Internationale et le Groupe de Travail “Pays en Développement et Biodiversité” du Comité français de l’UICN, a organisé le 10 décembre 2025   le colloque “Financer la protection de la nature au Sud : le rôle des crédits et certificats biodiversité”. Réunissant une centaine de participant.es, cette journée d’échanges a permis à des expert·es issu.es d’horizons variés de croiser leurs analyses autour de plusieurs enjeux majeurs à avec une attention particulière envers les pays du Sud : définir les certificats et crédits biodiversité, dresser un panorama des cadres existants, identifier les risques et les conditions d’intégrité à faire respecter, et enfin présenter plusieurs projets pilotes développés dans les pays. Afin de capitaliser sur ces échanges et de les rendre accessibles au plus grand nombre, le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui une synthèse du colloque. Ce document rassemble les principaux enseignements des discussions ainsi que des recommandations destinées à alimenter les réflexions des décideurs publics, des acteurs économiques, des porteurs de projets et de l’ensemble des parties prenantes. Cette synthèse met en avant recommandations : Clarifier les objectifs poursuivis par les mécanismes en distinguant explicitement la logique de compensation par les crédits de celle de contribution portée par les certificats biodiversité, afin d’éviter les confusions et usages inappropriés.   Mieux encadrer la compensation biodiversité, en renforçant les exigences (équivalence écologique, additionnalité, permanence) et en limitant son recours aux contextes disposant de cadres juridiques solides.   Valoriser les certificats comme instruments de contribution volontaire, destinés à financer des actions positives et additionnelles pour la biodiversité, en particulier celles fondées sur des pratiques favorables à la nature et alignées avec des stratégies territoriales.   Garantir des critères d’intégrité de l’offre élevés, reposant sur des méthodes transparentes d’évaluation des résultats, une gouvernance claire et la séparation des rôles entre porteur·ses de projets, certificateurs et financeurs.   Faire preuve d’une grande prudence quant au développement de marchés secondaires, afin d’éviter les dérives spéculatives, et de garantir un partage équitable de la valeur au bénéfice des porteur·ses de projets et des résultats écologiques supplémentaires.   Assurer une gouvernance multipartite et un ancrage territorial fort, incluant autorités publiques, acteur·ices économiques, société civile, peuples autochtones et communautés locales, 15 et la possibilité de politiques d’exclusion envers certain·es acheteur·ses, pour prévenir les atteintes aux droits humains et les risques d’une faible intégrité environnementale.   Orienter la demande des entreprises vers le financement de projets réduisant leurs impacts et ceux de leurs chaînes de valeurs, en articulant ces mécanismes avec leurs stratégies de transformation alignées sur les limites planétaires, ou contribuant à la préservation des territoires dans lesquels elles opèrent, et prévenir le greenwashing (intégrité de la demande).   Renforcer le rôle des États et décideur·ses public.que.s afin de définir des cadres règlementaires crédibles et d’assurer la cohérence avec les objectifs du Cadre Mondial de la Biodiversité.   Soutenir des projets pilotes et des démarches d’expérimentation, afin de tester les méthodes, les cadres de gouvernance et les modèles économiques des certificats et crédits biodiversité, d’en tirer des enseignements opérationnels, et d’alimenter progressivement les cadres réglementaires et méthodologiques.   Positionner les certificats et crédits biodiversité comme des outils complémentaires, et non comme des substituts aux financements publics et aux politiques de conservation, en les inscrivant dans une palette plus large de leviers financiers, notamment la réallocation des subventions néfastes pour la nature.   La synthèse est téléchargeable ici dans son intégralité. Le Comité français de l’UICN remercie chaleureusement les intervenant·es et les membres comité de relecture pour leur précieux appui, ainsi ses partenaires stratégiques et financiers. Les travaux se poursuivront dans les prochains mois avec les membres du Comité et son Groupe de travail « Pays en développement et biodiversité », dans le cadre des actions de plaidoyer menées sur ces enjeux. Le Comité continuera également à participer à des initiatives communes avec ses partenaires privés et publics et à porter ces recommandations lors de grands rendez-vous internationaux comme la COP 17 Biodiversité, qui se tiendra du 19 au 30 octobre 2026 à Erevan, en Arménie. Ce colloque et sa synthèse ont été produits dans le cadre du programme ProBioDev, mis en œuvre par le Comité français de l’UICN, avec le soutien de AFD – Agence Française de Développement, de l’Office français de la biodiversité  et de la Fondation Audemars Piguet pour les Arbres. Photo bandeau © Guy-ozenne

50 ans de la loi de 1976 : avancées historiques et reculs récents pour la protection de la nature en France

Adoptée dans un contexte de prise de conscience internationale de la crise écologique, la première grande loi relative à la protection de la nature en France célèbre cette année ses 50 ans. Pour le Comité français de l’UICN, cet anniversaire est l’occasion de rappeler les succès marquants obtenus pour la faune, la flore et les écosystèmes grâce à ce socle juridique fondateur, qui a été porteur d’une véritable dynamique pour la nature. Mais si cette loi emplie de modernité a permis des avancées déterminantes, des reculs préoccupants sont récemment venus émailler le droit de l’environnement. Ces affaiblissements soulignent l’importance de continuer à faire preuve de vigilance et à être porteurs d’initiatives, pour ne pas perdre les progrès accomplis et défendre l’ambition d’une nature préservée pour l’avenir. La loi du 10 juillet 1976 a posé les fondements juridiques pour la préservation des espèces et des écosystèmes en France, et elle a permis la création d’outils importants pour les mettre en œuvre (réserves naturelles, arrêtés de protection d’espèces, études d’impact environnemental). Cinquante ans après son adoption, des espèces autrefois très menacées ou au bord de la disparition, comme le Flamant rose, le Gypaète barbu, le Bouquetin des Alpes ou la Loutre d’Europe, ont pu reconstituer leurs populations. Ces succès remarquables ont été obtenus grâce à la combinaison de leur protection juridique, de la préservation des espaces naturels et souvent, d’actions de conservation comme des réintroductions, portées par la mobilisation des associations, des scientifiques et des pouvoirs publics. Ce bilan encourageant est toutefois contrasté par des lacunes et de récentes régressions préoccupantes. Aujourd’hui, plus d’une espèce menacée sur deux ne bénéficie toujours pas de protection réglementaire en France, comme le Squale-chagrin de l’Atlantique ou le Nymphale brun des mangroves, un requin et un papillon tous deux classés « En danger » dans la Liste rouge nationale des espèces menacées. En parallèle, plusieurs évolutions législatives et réglementaires récentes sont venues fragiliser les dispositifs existants, suscitant de fortes inquiétudes sur la capacité de la France à tenir ses engagements internationaux en faveur de la préservation des espèces et des milieux naturels. Le Comité français de l’UICN rappelle l’importance de renforcer l’action sur les deux volets complémentaires que sont la protection des espèces et la protection des espaces naturels. Il appelle tout particulièrement à retrouver l’ambition et l’inspiration de la loi de 1976, consacrant la protection du vivant comme un principe d’intérêt général, et à concilier les activités humaines avec l’exigence d’une nature préservée. Le communiqué de presse présentant la position du Comité français de l’UICN et l’annexe détaillant les principales régressions récentes observées dans la protection de la nature, élaborés avec les expert.es de la Commission de sauvegarde des espèces, sont disponibles en téléchargement ci-dessous. > Communiqué de presse (juillet 2026) > Annexe : liste non exhaustive des régressions recensées dans la protection de la nature depuis 2023 LIENS UTILES • Analyse de la couverture de protection des espèces menacées en France• Résultats de la Liste rouge nationale des espèces menacées Photo bandeau :Flamant rose (Phoenicopterus roseus) © Laurie Lefebvre