Le Cadre mondial de la biodiversité post-2020 adopté à la COP15

Après 4 ans de négociations, dix jours et une nuit d’intenses sessions, les représentants des 196 pays membres à la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) réunis à Montréal du 7 au 19 décembre, ont adopté le cadre mondial de la biodiversité post-2020 Kunming-Montréal appelé « Pacte de paix avec la nature ».  Cette COP15 Biodiversité, présidée par la Chine, aura rassemblé plus de 17 000 délégués des Etats et des représentants de la société civile, des peuples autochtones et communautés locales, du secteur privé, des femmes et de la jeunesse. En tant que membre de la délégation internationale de l’UICN, le Comité français de l’UICN était présent sur place à Montréal du 6 au 15 décembre et a pu suivre activement l’avancée des négociations et l’adoption de ces engagements forts dont nous nous réjouissons. Le Comité français de l’UICN salue des engagements forts et ambitieux. La mission 2030 a été validée de la façon suivante : “Prendre des mesures urgentes pour stopper et inverser la perte de biodiversité afin de mettre la nature sur la voie du rétablissement au profit des personnes et de la planète en conservant et en utilisant durablement la biodiversité et en garantissant une utilisation équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques, tout en fournissant les moyens de mise en œuvre nécessaires« .  23 cibles d’action ont été adoptées pour 2030 dont plusieurs sont conformes aux recommandations émises par le Comité français de l’UICN et l’UICN. Parmi celles-ci :  Tous les espaces avec une planification spatiale intégrant la biodiversité pour lutter contre l’artificialisation des terres et des mers et pas de perte de zones importantes pour la biodiversité La restauration de 30% de la superficie d’écosystèmes terrestres et marins dégradés (cible 2) ; 30% d’aires protégées et conservées, terrestres et marines, qui sont efficacement et équitablement gérées, et écologiquement représentatives, par le biais des aires protégées et des AMCEZ, en respectant les droits des peuples autochtones et communautés locales sur leurs territoires (cible 3 ou objectif 30×30) ; Stopper les extinctions d’espèces menacées connues et agir en urgence pour leur conservation et rétablissement (cible 4) La réduction de 50% de l’introduction des espèces exotiques envahissantes(cible 6) ; La réduction de toutes les pollutions dont au moins de moitié pour les engrais (« nutriments en excès »), les risques liés aux pesticides et les substances chimiques dangereuses, et agir pour l’élimination de la pollution plastique (cible 7) ; L’inclusion des Solutions fondées sur la nature dans les cibles 8 (comme moyen de minimiser les impacts du changement climatique et de l’acidification des océans sur la biodiversité) et 11 (comme appui au maintien des contributions de la nature aux populations) ; L’augmentation de façon substantielle des pratiques agricoles favorables à la biodiversité comme l’agroécologie (cible 10) ; La mobilisation des collectivités locales et des entreprises pour aligner leurs activités et leurs financements en conformité avec les objectifs du cadre mondial (cible 14 et 15) La réduction de l’empreinte écologique de la consommation mondiale en réduisant de moitié le gaspillage alimentaire (cible 16). Outre le cadre mondial, les délégués également ont adopté 5 propositions de décisions permettant sa mise en oeuvre à savoir : les mécanismes de planification, suivi, rapportage et révision ; les indicateurs du cadre de suivi ; l’information sur le séquençage génétique des ressources génétiques ; la mobilisation des ressources ; le renforcement des capacités, le développement, la coopération scientifique et technique. Sur les financements, dont la question a occupé les débats jusqu’à la session plénière d’adoption et a vu de nombreuses oppositions Nord/Sud, les engagements finaux sont d’identifier d’ici 2025 puis éliminer ou réformer les incitations financières néfastes à la biodiversité d’au moins 500 milliards de dollars par an d’ici 2030 (cible 18) et augmenter les financements publics et privés à 200 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour la mise en œuvre des stratégies nationales de la biodiversité, dont au moins 20 milliards réservés aux pays du Sud d’ici 2025 et 30 milliards d’ici 2030 (cible 19).  Le Fonds pour l’environnement mondial devra en outre établir en 2023 et jusqu’à 2030 un fonds d’affectation spécial pour soutenir la mise en œuvre du cadre. Certains objectifs restent cependant moins ambitieux qu’escomptés en particulier sur la protection des espèces. Selon l’objectif A et la cible 4, les Etats devront stopper les extinctions d’espèces menacées connues d’ici 2030, mais le texte prévoit la réduction par dix du rythme et du risque d’extinction de toutes les espèces à 2050 alors que l’UICN demandait un objectif de 0 extinction pour toutes les espèces en 2050 au vu de l’urgence de la situation. Concernant le secteur privé, l’UICN demandait que les entreprises, quelle que soient leur taille, rapportent de façon transparente sur leurs impacts et leurs dépendances sur la biodiversité et de réduire de moitié leurs impacts négatifs. Si la cible 15 “encourage et permet” aux entreprises le rapportage et la réduction des impacts, le caractère obligatoire et chiffré de l’objectif font défaut. Soulignons également l’absence d’objectifs chiffrés sur l’augmentation de la surface des espaces naturels d’ici à 2050 et sur la réduction de l’empreinte écologique. Le Comité français de l’UICN se félicite de ces engagements ambitieux et demande un passage à l’action immédiat, notamment en France à travers le renouvellement de la troisième Stratégie Nationale pour la Biodiversité.

Liste rouge de l’UICN : Les activités humaines dévastent les espèces marines, des mammifères aux coraux

La dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ met en lumière le grand nombre de menaces affectant les espèces marines, dont la pêche illégale et non durable, la pollution, les changements climatiques et les maladies. Les populations de dugongs, de grands mammifères marins herbivores, et 44% de tous les ormeaux rejoignent les espèces menacées d’extinction sur la Liste rouge de l’UICN, et le statut du Corail de pilaires s’est détérioré à « En danger critique » en raison de pressions accumulées. La Liste rouge de l’UICN comprend désormais 150 388 espèces, dont 42 108 menacées d’extinction. Plus de 1 550 des 17 903 espèces d’animaux et végétaux marins évaluées sont menacées d’extinction, les changements climatiques ayant un impact sur au moins 41% des espèces marines menacées. « La dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN révèle une combinaison parfaite d’activités humaines non durables décimant la vie marine dans le monde entier. Au moment où le monde se tourne vers la conférence des Nations Unies sur la biodiversité pour tracer la voie du rétablissement de la nature, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’échouer », a déclaré le Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN. « Nous devons d’urgence nous attaquer aux crises interconnectées du climat et de la biodiversité par des changements profonds dans nos systèmes économiques, ou nous risquons de perdre les avantages cruciaux que les océans nous procurent. » Les différentes espèces d’ormeaux sont récoltées pour être vendues parmi les fruits de mer les plus chers du monde, la récolte et le braconnage non durables constituant des menaces primaires aggravées par les changements climatiques, les maladies et la pollution. Vingt des 54 espèces mondiales d’ormeaux sont aujourd’hui menacées d’extinction, selon la première évaluation mondiale de ces espèces sur la Liste rouge. En Afrique du Sud, le braconnage par des réseaux criminels, dont beaucoup sont liés au commerce international de la drogue, a ravagé les populations d’Ormeau de Mida (Haliotis midae), considéré comme « En danger ». Des vagues de chaleur marines de plus en plus fréquentes et sévères ont causé des phénomènes de mortalité massive, tuant 99% des ormeaux de Roe (H. roei) dans la partie la plus septentrionale de son aire de répartition en Australie-Occidentale, en 2011. Les vagues de chaleur marines ont exacerbé les maladies affectant les ormeaux dans le monde entier, dont l’Ormeau noir (H. cracherodii), « En danger critique », en Californie et au Mexique, et l’Ormeau tuberculeux (H. tuberculata), « Vulnérable », présent de la Manche à l’Afrique du Nord-Ouest et à la Méditerranée. Les vagues de chaleur marines tuent également les algues dont les ormeaux dépendent pour leur nourriture. La pollution causée par le ruissellement agricole et industriel cause des proliférations d’algues nuisibles, qui ont par exemple éliminé l’Ormeau d’Oman (H. mariae), une espèce commerciale présente dans la péninsule arabique, de la moitié de son aire de répartition. Des toxines telles que la peinture antisalissure des bateaux affaiblissent encore plus les populations. « Les ormeaux reflètent l’intendance désastreuse de nos océans par l’humanité dans un microcosme : surpêche, pollution, maladies, perte d’habitats, proliférations d’algues, réchauffement et acidification, pour ne nommer que quelques menaces. Ils sont comme les canaris des mines de charbon », a déclaré Dr Howard Peters, membre du Groupe de spécialistes des mollusques de la CSE-UICN et associée en recherche à l’Université de York, Royaume Uni, qui a dirigé l’évaluation des ormeaux. « La mesure la plus immédiate que nous pouvons tous prendre est de ne manger que des ormeaux d’élevage ou d’origine durable. L’application des quotas de pêche et des mesures de lutte contre le braconnage est également essentielle. Cependant, nous devons également stopper les changements dans la chimie et la température des océans pour préserver la vie marine, y compris les espèces d’ormeaux, à long terme. » Les populations de dugongs d’Afrique de l’Est et de Nouvelle-Calédonie ont été respectivement ajoutées à la Liste rouge de l’UICN dans les catégories « En danger critique » et « En danger ». L’espèce reste « Vulnérable » à l’échelle mondiale. Il reste aujourd’hui moins de 250 individus matures en Afrique de l’Est et moins de 900 en Nouvelle-Calédonie. Les principales menaces sont les captures involontaires dans les engins de pêche en Afrique de l’Est et le braconnage en Nouvelle-Calédonie, ainsi que les blessures causées par des bateaux dans les deux localités. En Afrique de l’Est, l’exploration et la production de pétrole et de gaz, le chalutage, la pollution chimique et les développements côtiers non autorisés endommagent et détruisent les herbiers marins dont dépendent les dugongs pour se nourrir. La dégradation et la perte des herbiers marins en Nouvelle-Calédonie sont le résultat du ruissellement agricole, d’une pollution due à l’extraction de nickel et au développement côtier, ainsi que des dommages causés par les ancres des bateaux. Les impacts des changements climatiques représentent une menace sur toute l’aire de répartition des dugongs. « Le renforcement de la gouvernance de la pêche communautaire et l’élargissement des opportunités d’emploi au-delà de la pêche sont essentiels en Afrique de l’Est, où les écosystèmes marins sont fondamentaux pour la sécurité alimentaire et les moyens d’existence des populations », a déclaré Evan Trotzuk, qui a dirigé l’évaluation de la Liste rouge en Afrique de l’Est. « En outre, la création d’aires de conservation supplémentaires dans les zones où vivent les dugongs, en particulier autour du parc national de l’archipel de Bazaruto, permettrait également aux communautés locales et autres parties prenantes de trouver, mettre en œuvre et bénéficier des solutions qui mettent fin au déclin à long terme des dugongs et de l’étendue et de la qualité des herbiers marins. » Le Corail de pilaires (Dendrogyra cylindrus), présent partout dans les Caraïbes, de la péninsule du Yucatan et de la Floride à Trinité-et-Tobago, est passé de la catégorie « Vulnérable » à « En danger critique » sur la Liste rouge de l’UICN, après que ses populations aient diminué de plus de 80% sur la majeure partie de son aire de répartition depuis 1990. La menace la plus urgente est la maladie de la perte de tissu des coraux, apparue au cours des quatre dernières années et très contagieuse, qui infecte

COP15 Biodiversité – la nature n’attendra pas 2030

Alors que la nouvelle stratégie mondiale pour la biodiversité va être discutée à Montréal, les membres du Comité français de l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature – lancent un appel dans une tribune pour que cette COP se traduise par des résultats concrets, ambitieux et efficaces avant 2030. À un moment où les pressions qui s’exercent sur le vivant n’ont jamais été aussi fortes, de grandes attentes reposent sur la COP15 Biodiversité. Sur fond de double crise du climat et de la biodiversité, les 196 États Parties à la Convention de la Diversité Biologique doivent adopter le nouveau cadre mondial pour la biodiversité. Si la pandémie a retardé l’agenda international, la nature n’attend pas. Notre planète est en crise et la situation va empirer si nous n’agissons pas davantage dès maintenant. Une action décisive face à une crise sans précédent Comme pour l’Accord de Paris sur le Climat, nous avons besoin d’une haute ambition politique des États pour enrayer la perte de la biodiversité d’ici 2030 et en assurer sa restauration d’ici 2050. Œuvrons pour un monde positif envers la nature tout comme nous œuvrons pour un monde neutre en carbone car les crises du climat et de la biodiversité sont intimement liées et doivent être résolues ensemble. Évitons de répéter les erreurs Les négociations finales de Montréal seront cruciales pour la sauvegarde de la planète. Alors qu’aucun des précédents objectifs fixés à horizon 2020 n’a été atteint et que la pression sur les milieux naturels ne cesse de s’accroître, nous demandons un cadre d’action robuste avec des objectifs chiffrés et précis tels que : L’objectif 30×30 de conservation d’au moins 30% des écosystèmes terrestres, d’eau douce, marins et souterrains d’ici 2030 à l’échelle mondiale, et l’amélioration de l’efficacité de gestion des aires protégées ; L’arrêt de la perte de superficie et d’intégrité des écosystèmes et la restauration d’au moins 2 milliards d’hectares de milieux naturels dégradés ; Un renforcement de la conservation des espèces pour empêcher toute nouvelle extinction, améliorer le statut de celles qui sont menacées et rétablir l’abondance des espèces ; Le déploiement des Solutions fondées sur la Nature pour lutter et s’adapter au changement climatique et répondre à d’autres défis comme l’alimentation et l’approvisionnement en eau ; Nous avons en outre besoin d’une stratégie mondiale qui fasse l’objet d’un meilleur suivi avec des évaluations régulières et obligatoires des actions mises en oeuvre par les Etats, à chaque COP Biodiversité, tous les 2 ans, pour vérifier que l’atteinte des objectifs est en bonne voie. Ce système de rapportage régulier des États devra être basé sur des indicateurs fiables. Il est urgent de repenser notre rapport au reste de la nature Un enjeu crucial du cadre mondial concerne la réduction des menaces qui pèsent sur la biodiversité et la préservation des 70 % de zones non protégées. Pour relever ce défi, des changements importants sont nécessaires dans nos modes de production et de consommation. D’autant que la pandémie nous a rappelé que plus nous détruisons les environnements, plus les risques d’émergence de nouvelles maladies sont grands. Nous devons nous engager sur des modifications profondes et, pour y parvenir, renouveler nos relations au reste de la nature pour mieux vivre ensemble et interagir autrement avec le vivant, comme nous l’avons rappelé dans notre rapport, en 2021[1]. [1] Comité français de l’UICN (2021). L’avenir du vivant – nos valeurs pour l’action. Investir financièrement dans de nouvelles solidarités Alors que la moitié du PIB mondial dépend de la nature, le budget actuel de financement pour préserver la biodiversité affiche toujours un déficit de l’ordre de 700 milliards de dollars (663 milliards d’euros) par an d’ici à 2030[1]. Nous appelons à une mobilisation beaucoup plus forte de financements pour la biodiversité, afin d’atteindre au moins 200 milliards de dollars par an (contre seulement 130 milliards annuels aujourd’hui). Nous réclamons également la baisse des subventions néfastes à la nature et la réallocation d’au moins 500 milliards de dollars par an (476 milliards d’euros). Nous voulons enfin que la COP15 soit le démarrage d’une plus grande mobilisation de l’ensemble des acteurs, et en particulier les scientifiques, les ONG, les collectivités locales, les peuples autochtones et communautés locales, les citoyens, les jeunes et les femmes. Et nous demandons aux entreprises publiques et privées d’évaluer, de rendre compte et de réduire leurs impacts négatifs – de moitié au moins – pour enrayer la crise de la biodiversité. [1] Deutz et al. (2020). Financing Nature: Closing the Global Biodiversity Financing Gap VOIR LA TRIBUNE SUR LE SITE DU MONDE Liste des signataires Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN Bruno David, Président du Muséum national d’Histoire naturelle Jean Jalbert, Directeur général de la Fondation Tour du Valat Véronique Andrieux, Directrice Générale du WWF France Bernard Cressens, Président d’honneur du Comité français de l’UICN Élisabeth Claverie de Saint Martin, Présidente Directrice Générale du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) Rodolphe Delord, Président de Beauval Nature Valérie Verdier, Présidente Directrice Générale de l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) Allain Bougrain-Dubourg, Président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux Philippe Mauguin, Président-Directeur général d’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) Arnaud Schwartz, Président de France Nature Environnement Charlotte Meunier, Présidente de Réserves Naturelles de France Marie-Hélène Aubert, Présidente du Partenariat Français pour l’Eau Patrick Blandin, Attaché honoraire du Muséum National d’Histoire Naturelle et Président d’honneur du Comité français de l’UICN Bernard Chevassus-au-Louis, Président d’Humanité & Biodiversité Erik Orsenna, Président d’Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves (IAGF) Guillaume Réveilhac, Président de l’Alliance pour la Préservation des Forêts Valérie Collin, Secrétaire Générale de Noé Jérôme Fromageau, Président de la Société Française pour le Droit de l’Environnement Patricia Ricard, Présidente de l’Institut Océanographique Paul Ricard Christophe Lépine, Président de la Fédération des Conservatoires d’Espaces Naturels Gilles Kleitz, Président de la commission des aires protégées du Comité français de l’UICN et Directeur Exécutif Développement Durable de l’Agence Française de Développement Agnès Vince, Directrice du Conservatoire du Littoral Jean-Pierre Bouquet, Président délégué des Eco Maires Michaël

Les zones humides sont notre « assurance-vie » face aux crises combinées du climat et de la biodiversité

A l’occasion des COP Climat et Ramsar qui se tiennent en Egypte et en Suisse, il est urgent de donner une nouvelle impulsion à la protection des zones humides qui sont de véritables solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique et l’érosion de la biodiversité. 2022 est en passe de battre tous les records – températures, vagues de chaleur, sécheresses – en Europe, révélant la vulnérabilité de notre agriculture, de notre gestion forestière, de notre mix énergétique et de nos économies face à ces phénomènes annoncés depuis longtemps par les scientifiques mais mal anticipés. Rhin, Loire, Pô, mais également Yangtsé ou Parana… autant de fleuves jusque-là puissants qui cet été n’étaient que des fantômes se faufilant dans un lit de sédiments craquelés par le soleil. Dans le même temps, les rapports s’accumulent attestant l’accélération de l’effondrement de la biodiversité, tissu vivant de la planète. Les effectifs des populations de vertébrés sur la planète ont diminué de 69% depuis 1970, et cet effondrement atteint 83% pour les espèces d’eau douce[1], signe de la destruction massive des zones humides. Ces deux crises, climat et biodiversité, sont intimement liées et s’alimentent l’une l’autre. Elles sont les deux facettes d’une crise systémique qui puise ses racines dans notre relation erronée au monde du vivant. Une relation “contre Nature”, contre ces millions d’espèces dont nous sommes partie intégrante, dépendante et solidaire. C’est dans ce contexte de tensions inégalées que se déploie en l’espace de seulement quelques semaines une série inédite d’évènements internationaux dédiés à la nature et au climat : les Conférences des parties (COP) des traités intergouvernementaux portant sur les zones humides[2], le climat[3], le commerce des espèces[4] et enfin la biodiversité[5]. Cette séquence est une occasion unique de faire un arrêt sur image, interroger les engagements, les ambitions et les articulations entre ces traités… et donner une nouvelle impulsion. Une transition urgente, mais entravée par de trop nombreuses résistances Les motifs d’inquiétude ne manquent pas à l’approche de ces rendez-vous internationaux : Le rythme de disparition des zones humides sur la planète ne faiblit pas malgré les engagements répétés des Etats ; un récent rapport du PNUE[6] sur le climat montre que les progrès de la communauté internationale sont « terriblement insuffisants » pour tracer un chemin crédible vers l’atteinte des objectifs de l’accord de Paris ; côté biodiversité, après l’échec patent des objectifs d’Aïchi qui devaient engager la reconquête de la biodiversité au cours de la période 2011-2020, le nouveau cadre qui se dessine pour la décennie en cours s’annonce trop peu ambitieux et manque toujours cruellement d’un mécanisme de redevabilité des Etats. Inventer un nouveau partage de l’eau en plaçant le vivant au centre Accaparement de l’eau en plaine dans des méga-bassines ou en montagne pour produire de la neige de culture, « chant du cygne » d’acteurs agricoles ou touristiques qui refusent de s’adapter face à l’inéluctable. Arbitrages impossibles entre irrigation des cultures, production hydroélectrique, refroidissement des centrales nucléaires, usages domestiques ou industriels face à une eau trop rare pour satisfaire les divers besoins auxquels nos modèles de production et de consommation nous ont habitués. Il est urgent d’accepter l’évidence, de reconsidérer notre rapport à l’eau et au vivant, de changer nos comportements qui affectent profondément le grand cycle de l’eau. Face à des besoins grandissants et à une disponibilité en eau de moins en moins prévisible et pilotable, nous devons réinventer ses usages et son partage, en laissant sa juste part à la nature. Cette nature que nous ne devons plus considérer comme une variable d’ajustement de nos systèmes de production, mais bien comme leur socle, comme le fondement de nos vies et de nos économies. Les zones humides, pourvoyeuses de solutions face aux défis sociétaux croissants Les zones humides[7], longtemps perçues comme insalubres, constituent l’écosystème le plus détruit de la planète, connaissant un déclin trois fois plus rapide que la forêt. Mais au fil de leur disparition, elles se révèlent être l’écosystème qui contribue le plus à l’humanité. Plus d’un milliard de personnes en dépendent directement pour leur existence et bien plus encore bénéficient de leurs pouvoirs extraordinaires. Elles sont les « reins de la nature », purifiant l’eau que nous polluons. Gigantesques éponges, elles captent les précipitations de plus en plus irrégulières et souvent massives, atténuent les pics de crue, rechargent les nappes phréatiques et soutiennent les débits des rivières lors des sécheresses plus longues et intenses. Les hydrologues l’attestent : la façon la plus efficace et durable de stocker l’eau et de la rendre disponible pour divers usages est de s’assurer que les nappes phréatiques et les zones humides soient pleinement fonctionnelles et interconnectées. Alors que les défis sociétaux – sécurité alimentaire, changement climatique, approvisionnement en eau, santé humaine… – n’ont jamais été aussi intenses, il est urgent de protéger et restaurer massivement les zones humides. Ce sont des solutions très efficaces, peu coûteuses et offrant de multiples bénéfices collatéraux. Des Solutions fondées sur la Nature. Notre assurance-vie. Ce texte est soutenu par Francis Hallé, Botaniste Erik Orsenna, écrivain, membre de l’Académie frnçaise, Président de l’Initiative pour l’Avenir des Grands fleuves Françoise Nyssen, Editrice et ancienne ministre Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO Jean-Paul Capitani, Editeur Vincent Munier, Photographe Charlélie Couture, Artiste Emma Haziza, Hydrologue Jérôme Bignon, Président de RAMSAR France Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature André Hoffmann, Président de la Fondation Tour du Valat Maja Hoffmann, Fondation LUMA Arles Vera Michalski-Hoffmann, Fondation Tour du Valat Frédérique Tuffnell, Vice-Présidente de RAMSAR France Wolfgang Cramer, Biologiste CNRS, Institut Méditerranéen Patrick Duncan, Biologiste CNRS Marc-André Selosse, Biologiste Rémi Luglia, Président de la Société Nationale de Protection de la Nature Véronique Andrieux, Directrice Générale, WWF France Charlotte Meunier, Présidente des Réserves Naturelles de France Didier Babin, Président du comité français du programme Man and Biosphere Didier Réault, Président de Rivages de France Jean Jalbert, Directeur général de la Tour du Valat Jean-Marie Gilardeau, Président du Forum des Marais Atlantiques Luc Barbier, Vice-Président du CEN Hauts de France Laurent Godé, Secrétaire de Ramsar

Zones de protection forte en mer : nos propositions pour la métropole

Poursuivant son engagement en faveur de la mise en œuvre de zones de protection forte en mer, le Comité français de l’UICN publie des propositions pour identifier les sites à enjeux et poursuivre les désignations afin de créer un réseau efficace dans les quatre grandes façades maritimes métropolitaines. Ces propositions s’inscrivent dans la mise en œuvre de la stratégie natio­nale 2020-2030 pour les aires protégées, qui est fondée sur l’ambition portée par le Président de la République de protéger, d’ici 2030, au moins 30 % des espaces nationaux sous juridiction dont un tiers sous protection forte. Lors du Congrès mon­dial de la nature de l’UICN (Marseille, 2021), le Président de la République s’est par ailleurs engagé à protéger fortement 5 % de la façade méditerranéenne française d’ici 2027. Elles complètent la parution d’un premier rapport du Comité français de l’UICN qui formulait des recommandations sur la définition et la mise en œuvre des zones de protection forte en mer en accord avec les standards internationaux de l’UICN en matière d’aires marines protégées. Ce second rapport est une contribution aux travaux en cours pour l’identification et la création des zones de protection forte. Ainsi pour chacune des 4 quatre grandes façades maritimes métropolitaines, le rapport présente les enjeux de conservation décrits dans les documents stratégiques de façade (DSF), le réseau d’aires marines protégées en place, ainsi que les zones de protection forte, existantes et potentielles, qui ont été recensées. Sur la base de ce bilan et en s’appuyant sur l’expertise de son réseau, le Comité français de l’UICN émet des recommandations pour répondre efficacement aux enjeux de conservation de la biodiversité marine et progresser rapidement vers la mise en place d’un réseau cohérent et représentatif de zones de protection forte en mer. Il sera prochainement suivi de 2 autres rapports dédiés aux zones de protection forte dans les espaces maritimes français de l’océan Indien, des Antilles, et de la Guyane. Téléchargez la publication Pour aller plus loin Zones de protection forte en mer : état des lieux et recommandations (Publication) Programme Aires protégées 

Vigilance pour les poissons récifaux de La Réunion

Dans les eaux récifales de La Réunion, la situation des poissons marins appelle à une vigilance renforcée. Pour la première fois, l’examen complet réalisé montre que 36 espèces sont menacées et 23 autres quasi menacées. L’état des lieux indique également que 42 % des espèces ne sont pas encore assez connues pour déterminer leur situation. Les analyses menées ont porté sur l’ensemble des 732 espèces de poissons récifaux vivant dans les eaux peu profondes de La Réunion, jusqu’à 50 m de profondeur, à l’exclusion des espèces de haute mer, des requins et des raies. Le bilan fait apparaître une série de menaces, parmi lesquelles la surpêche, l’urbanisation croissante du littoral, les pollutions issues des terres et le réchauffement climatique.  Publiés dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France, ces résultats sont issus d’analyses coordonnées par le Comité français de l’UICN et l’unité PatriNat (OFB-CNRS-MNHN), avec l’implication d’un groupe de spécialistes. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale     DOCUMENTS ET LIENS   • Communiqué de presse (octobre 2022)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN Comité français, OFB & MNHN (2022). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Poissons récifaux de La Réunion. Paris, France.   Photo bandeau :Poisson-clown de Maurice © Julien Wickel

Les Autres Mesures de Conservation Efficace par Zone

Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui un rapport sur les Autres mesures de conservation efficace par zone – appelées aussi “Aires conservées”. Ce rapport présente, pour la première fois en France, ce concept qui se développe dans le monde et propose des recommandations pour une possible déclinaison en France.  Les AMCEZ (OECM pour Other Effective Conservation Measures en anglais) sont apparues pour la première fois à Nagoya lors de la Conférence de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) de 2010. Elles avaient alors été intégrées aux côtés des réseaux d’aires protégées pour concourir à l’atteinte de l’objectif 11 d’Aichi visant la conservation d’au moins 17% d’espaces terrestres et de 10% d’espaces côtiers et marins d’ici 2020. Ceci dans l’objectif de faire connaître et de valoriser les expériences de gestion qui ont pour résultat de conserver efficacement la nature, dans des sites qui ne sont pas des aires protégées.  Les AMCEZ ont une définition officielle depuis 2014 au sein de la Convention sur la Diversité Biologique, et figureront vraisemblablement également dans les moyens d’atteindre la cible 2 du futur cadre mondial pour la biodiversité pour l’après-2020. L’UICN a publié, en 2019 des lignes directrices pour les identifier et depuis, plusieurs pays dans le monde ont adapté le concept à leurs contextes nationaux et ont reconnus des AMCEZ, rapportées au même titre que les aires protégées, au sein de la Base Mondiale des Aires Protégées.  Que sont ces outils existants, autres que des aires protégées, qui pour autant contribuent à la conservation de la nature? Quels sont les intérêts de mettre en place ce système de reconnaissance en France et dans le monde ? Quelle procédure pourrait être mise en place pour formaliser cette reconnaissance ? Quels types de sites et de formes de gouvernance y correspondent potentiellement en métropole et dans les territoires ultra-marins ?  C’est à ces questionnements, entre autres interrogations soulevées par ce nouveau concept, que le rapport du Comité français de l’UICN : Aires conservées françaises – Recommandations pour une future déclinaison du concept d’AMCEZ en France et sa brochure de synthèse apportent des éléments de compréhension et des recommandations pour y répondre.  TÉLÉCHARGEZ LE RAPPORT C’est sur la base de retours d’expérience de 4 pays - Afrique du sud, Canada, Colombie et Malaisie – mais également d’ateliers de travail et d’échanges avec les experts internationaux dont certains sont à l’origine du concept, et d’experts du Comité français de l’UICN, que ces documents ont été élaborés, dans l’objectif de proposer des pistes pour leur déclinaison dans le contexte français. Ces travaux ont été soutenus financièrement par le Ministère de la transition écologique et l’Office français de la biodiversité. TÉLÉCHARGEZ LA BROCHURE POUR ALLER PLUS LOIN Programme « Aires protégées »  Liste verte des aires protégées et conservées

Les solutions fondées sur la nature : un concept dont les entreprises doivent s’emparer

Fortes d’une expertise en ingénierie, en gestion de projets, mais aussi dotées de ressources foncières et financières, les entreprises ont un rôle clé à jouer dans le déploiement des SfN. Mettre en œuvre des SfN – notamment en lieu et place ou en complément d’infrastructures grises « traditionnelles » – peut permettre aux entreprises de démontrer leur volonté d’agir concrètement en faveur, d’une part, des enjeux propres à leurs territoires d’implantation et, d’autre part, de la lutte contre l’érosion globale de la biodiversité. C’est donc pour accompagner les entreprises à se saisir des SfN que le Comité français de l’UICN, dans le cadre de son groupe de travail Entreprises & Biodiversité, publie : « Entreprises et Solutions fondées sur la nature : s’emparer du concept pour passer à l’action ». Cette étude s’adresse à tous les acteurs du secteur privé qui souhaitent mieux appréhender le concept en vue de les développer au sein de leurs activités : Responsables stratégiques de l’entreprise, Techniciens sur le terrain, Responsables RSE, développement durable, biodiversité et leurs équipes, etc. Un état des lieux et des fiches recommandations Qu’est-ce qu’une SfN ? Qu’est-ce qui n’en est pas une ? Pourquoi et comment s’engager dans les SfN en tant qu’entreprise ? A l’aide de 8 fiches recommandations, la publication fournit des réponses étape par étape aux questions les plus fréquentes des entreprises pour les aider à se saisir efficacement des SfN : Identifier un défi sociétal  Intégrer son projet de SfN au territoire  Assurer un gain net pour la biodiversité  Mobiliser les parties prenantes  Concevoir une SfN efficace et économiquement viable  Financer sa SfN  Améliorer et adapter son projet de SfN au cours du temps  Intégrer les SfN à sa stratégie d’entreprises  Des retours d’expérience portés par le secteur privé La publication présente 11 retours d’expériences de projets de SfN, conformes au Standard mondial de l’UICN, portés par le secteur privé dans le monde  : Réaliser une Sfn liée à son cœur de métier : l’exemple de la gestion durable du champ de captage de Crépieux-Charmy Veolia et Eau du Grand Lyon, Crépieux-Charmy (Rhône-Alpes) Afin de préserver la ressource en eau tout en garantissant l’approvisionnement en eau de la Métropole de Lyon, Veolia et sa filiale Eau du Grand Lyon ont mis en place une gestion durable sur le champ captant de Crépieux-Charmy. Développer une SfN pour améliorer ses pratiques sur sa chaîne de valeur : l’exemple du réaménagement de la carrières de Martot selon les principes de la permaculture SPS (HeidelebergCement France et Cemex), Martot (Normandie) Ce projet innovant de réaménagement de carrière vise à favoriser la coexistence de divers systèmes de production plus vertueux pour la santé et l’environnement, promouvoir l’ancrage de la production, notamment maraîchère qui tend à décroître au profit d’exploitations céréalières sur le territoire, et développer des circuits courts de distribution pour permettre aux habitants d’avoir accès à des produits alimentaires locaux de qualité. Soutenir financièrement un projet de sfn : l’exemple de la réhabilitation de mangroves pour lutter contre le changement climatique et les risques naturels ENGIE, Mirfa (Abu Dhabi) Afin de contribuer à la résilience du territoire face aux effets du changement climatique et de renforcer la capacité des mangroves à jouer leur rôle de puits de carbone, l’Agence de l’environnement d’Abu Dhabi a semé 10 000 plants de mangroves à partir de semences locales de palétuviers. Cette opération a été réalisée avec le soutien de l’entreprise ENGIE qui possède un site à proximité. Télécharger la publication Pour en savoir plus : Le travail du Comité français de l’UICN avec les entreprises Les travaux du Comité français de l’UICN sur les Solutions fondées sur la nature Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui « Solutions fondées sur la nature et entreprises : s’emparer du concept pour passer à l’action », un guide à destination du secteur privé et de ses parties prenantes pour faciliter le déploiement des Solutions fondées sur la nature auprès des entreprises. Les Solutions fondées sur la Nature (SfN) invitent à intégrer davantage la biodiversité dans des projets de territoire répondant aux enjeux du développement durable (climat, risques naturels, approvisionnement en eau, alimentation, santé, développement socioéconomique), en investissant dans la préservation et la restauration des écosystèmes. Le Comité français de l’UICN est engagé dans le déploiement des SfN en France, et est également partenaire d’entreprises volontaires et désireuses de renforcer leur implication en faveur de la biodiversité. Fortes d’une expertise en ingénierie, en gestion de projets, mais aussi dotées de ressources foncières et financières, les entreprises ont un rôle clé à jouer dans le déploiement des SfN. Mettre en œuvre des SfN – notamment en lieu et place ou en complément d’infrastructures grises « traditionnelles » – peut permettre aux entreprises de démontrer leur volonté d’agir concrètement en faveur, d’une part, des enjeux propres à leurs territoires d’implantation et, d’autre part, de la lutte contre l’érosion globale de la biodiversité. C’est donc pour accompagner les entreprises à se saisir des SfN que le Comité français de l’UICN, dans le cadre de son groupe de travail Entreprises & Biodiversité, publie : « Entreprises et Solutions fondées sur la nature : s’emparer du concept pour passer à l’action ». Cette étude s’adresse à tous les acteurs du secteur privé qui souhaitent mieux appréhender le concept en vue de les développer au sein de leurs activités : Responsables stratégiques de l’entreprise, Techniciens sur le terrain, Responsables RSE, développement durable, biodiversité et leurs équipes, etc. Un état des lieux et des fiches recommandations Qu’est-ce qu’une SfN ? Qu’est-ce qui n’en est pas une ? Pourquoi et comment s’engager dans les SfN en tant qu’entreprise ? A l’aide de 8 fiches recommandations, la publication fournit des réponses étape par étape aux questions les plus fréquentes des entreprises pour les aider à se saisir efficacement des SfN : Identifier un défi sociétal  Intégrer son projet de SfN au territoire  Assurer un gain net pour la biodiversité  Mobiliser les parties prenantes  Concevoir une SfN efficace et économiquement viable  Financer sa SfN  Améliorer et adapter son

Congrès français de la nature : le Comité français de l’UICN appelle à une plus grande mobilisation pour la sauvegarde de la biodiversité

Le Comité français de l’UICN, qui a réuni 150 de ses membres et experts en Congrès les 10 et 11 octobre 2022 en présence de la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, demande de prendre des décisions fortes pour la protection de la biodiversité tant au niveau national que lors des prochaines conférences internationales qui vont se tenir d’ici la fin de l’année. Ce Congrès français de la nature, organisé au ZooParc de Beauval, s’inscrit à la suite des événements climatiques de cet été (incendies géants, sécheresse historique, canicules…), et de leurs conséquences graves sur les populations et la nature, ainsi que dans la crise énergétique en cours. Le Comité français de l’UICN renouvelle un message clair : il est urgent d’accélérer les efforts pour protéger conjointement la biodiversité et le climat, et éviter la “maladapatation”. Au-delà de l’indispensable sobriété énergétique – qui ne doit pas simplement être conjoncturelle, mais bien une politique volontariste de long terme -, il est nécessaire de mieux prendre en compte la biodiversité dans le développement des énergies renouvelables et de favoriser la résilience et la diversité des écosystèmes, tant dans le renouvellement des forêts que dans la préservation des zones humides et des ressources en eau. Ce Congrès a aussi dressé le bilan un an après la tenue du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseilleen septembre 2021 où les 1500 membres de l’UICN ont adopté des résolutions sur les grands enjeux de la préservation de la nature. Le Comité français de l’UICN, 2ème plus grand comité national de l’UICN dans le monde par le nombre de ses membres, est depuis mobilisé pour leur mise en œuvre. Plusieurs avancées ont été présentées au congrès : La préparation d’un projet de loi “Une seule santé”pour conjuguer santé humaine, santé animale et santé environnementale, et éviter l’apparition de nouvelles maladies émergentes ; La protection des vieilles forêts inscrites comme une priorité aux niveaux national et européen et qui font l’objet d’un nouveau plan national d’action “vieux bois et forêts subnaturelles” suite aux Assises nationales de la forêt ; La proposition de 10 recommandations pour mieux lutter contre le trafic d’espèces sauvages et la criminalité organisée, diffusées auprès de tous les députés dont plusieurs soutiennent un projet de loi et ont formulé des questions écrites au gouvernement ; L’identification de solutions fondées sur la nature pour la réduction des risques littoraux en France et aider à leur déploiement dans les territoires ; Le moratoire sur l’exploitation minière des grands fonds marins et l’adoption d’un traité sur la haute merambitieux et opérationnel, que le Président de la République a soutenu à la conférence de l’ONU sur les océans à Lisbonne. Le Comité français de l’UICN demande au gouvernement, aux parlementaires, aux collectivités territoriales, aux entreprises et aux ONG de poursuivre et amplifier les efforts engagés pour prendre des décisions fortes et obtenir des résultats concrets. Lors du congrès, la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Bérangère Couillard, a annoncé que 150 millions d’euros seront consacrés à la protection et la restauration de la biodiversité dans le cadre du fonds vert d’accélération de la transition écologique dans les territoires. Aussi, une séquence internationale importante va s’ouvrir d’ici la fin de l’année avec la COP14 Ramsar sur les zones humides, la COP27 Climat, la COP19 CITES sur le commerce des espèces menacées et se conclura avec la tant attendue COP15 Biodiversité, qui approuvera la nouvelle stratégie mondiale pour la biodiversité. Cette séquence offre une occasion unique de prendre des décisions fortes pour stopper et inverser d’ici 2030 la courbe du déclin de la biodiversité. Le Comité français de l’UICN appelle la France à jouer un rôle clé pour prendre des engagements ambitieux et les traduire rapidement par des actions concrètes, en particulier au sein de la nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité. Parmi les attentes du Comité français de l’UICN figurent des objectifs chiffrés pour la conservation et la restauration des écosystèmes, incluant le renforcement des aires protégées (zones de protection forte, efficacité de gestion, connectivité) et des autres mesures de conservation efficace par zone – que le Comité français de l’UICN a commencé à identifier en France -, la réduction des pressions sur la biodiversité et l’augmentation des financements pour la biodiversité dans les pays du Nord et du Sud. A l’occasion de son Congrès français de la nature, le Comité français de l’UICN invite ainsi l’ensemble des acteurs de la société à repenser autrement nos façons d’interagir avec le monde vivant et mettre en œuvre une transition écologique ambitieuse. Précédent Suivant Crédits photos : Fabien Kufel le congrès français de la nature en ligne sur youtube Lire Lire Lire Précédent Suivant

Congrès français de la nature : le Comité français toujours mobilisé pour la protection de la biodiversité

Le Comité français de l’UICN organise le Congrès français de la Nature les 10 et 11 octobre prochains au ZooParc de Beauval. Cet événement rassemblera les représentants des organismes membres, les experts du Comité français de l’UICN et ses partenaires. Cet événement constituera le dernier temps fort de mobilisation et de présentation des travaux et principaux messages du Comité français de l’UICN pour la biodiversité, avant la COP15 Biodiversité qui se tiendra à Montréal du 5 au 17 décembre. Il sera également l’occasion de dresser un bilan du Congrès Mondial de la nature à Marseille en septembre 2021, où les 1500 membres de l’UICN ont adopté des résolutions sur les grands enjeux de la préservation de la nature. 2 journées pour planifier la protection de la biodiversité La journée du 10 sera dédiée aux membres du Comité français et aux échanges informels entre les différents programmes. La journée du 11 octobre sera consacrée au Congrès en lui-même. Le Congrès français de la nature sera ouvert par Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN, suivi d’un message de Bruno Oberle, Directeur Général de l’UICN.  Erik Orsenna, Membre de l’Académie Française et Président d’Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves fera une intervention. L’ouverture se clôturera par une allocution de Bérangère Couillard, Secrétaire d’Etat à l’Écologie. programme Partie 1 : COP15 biodiversité – qu’attendre de la nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité Qu’attendre de la nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité ? 9h45 – 9h55 – Les négociations internationales sur le nouveau cadre mondial pour l’après 2020 9h55 – 10h05 – La stratégie européenne de la biodiversité et le règlement européen sur la restauration de la nature 10h05 – 10h15 : Attentes et perspectives méditerranéennes sur la nouvelle stratégie mondiale 10h15 – 10h25 – La nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité pour la mise en oeuvre du cadre post 2020 Partie 2 : 1 an après le Congrès mondial de l’UICN à Marseille Quelle mise en oeuvre des résolutions et quelles perspectives ? 10h40-10h50 – Retour sur le bilan du Congrès mondial de l’UICN à Marseille et la mobilisation française Sessions parallèles 11h00-11h40 – Session « Droit et politiques de la biodiversité 11h00-11h05 – Introduction et animation   11h05-11h15 – Focus sur les avancées dans la généralisation des pratiques alternatives aux pesticides de synthèse   11h15-11h25 – Focus sur un projet de loi « Une seule santé »    11h25-11h40 – Questions/réponses avec la salle 11h00-11h40 – Session « Outre-mer » 11h00-11h05 – Introduction et animation 11h05-11h10 – Focus sur les enjeux de l’exploitation du sable 11h10 -11h15 – Focus sur la protection des zones humides d’outre mer 11h15-11h25 – Focus sur les enjeux miniers dont l’exploitation des grands fonds marins 11h25-11h40 – Questions/réponses avec la salle  11h45 – 12h25 – Session « Espèces » 11h45-11h50 – Introduction et animation 11h50-12h00 – Focus sur la lutte contre le trafic des espèces sauvages 12h00-12h10 – Focus sur la gestion des espèces exotiques envahissantes pour préserver la biodiversité exceptionnelle des outre mer 12h10-12h25 – Questions/réponses avec la salle 11h45 – 12h25 – Session « Aires Protégées » 11h45-11h50 – Introduction et animation 11h50-12h00 – Focus sur les zones de haute naturalité et les enjeux de leur gestion 12h00-12h10 – Focus sur les Autres mesures de conservation efficace par zone (AMCEZ)  12h10-12h25 – Questions/réponses avec la salle. 14h00-14h50 – Session « Écosystèmes » 14h00-14h05 – Introduction et animation 14h05-14h15 – Focus sur les océans : planification maritime, haute mer et pollution plastique 14h15-14h25 – Focus sur la protection des vieilles forêts  14h25-14h35 – Focus sur les Solutions fondées sur la nature  14h35-14h50 – Questions/réponses avec la salle  14h00-14h50 – Session « Coopération internationale » 14h00-14h10 – Introduction et animation  Focus sur le financement de la conservation de la biodiversité dans les pays du Sud 14h10-14h20 – Focus sur la lutte contre la déforestation importée 14h20-14h30 – Focus sur le renforcement de la coopération internationale pour atteindre l’objectif mondial 30×30 14h30-14h40 – Focus sur la biodiversité et le changement climatique en Afrique  14h40-14h50 – Questions/réponses avec la salle Partie 3 : Après le congrès mondial de l’UICN et avant la COP15 Quelles attentes des acteurs pour la conservation de la nature ? 15h05-15h10 – Introduction et animation 15h10-15h20 – Le point de vue d’un établissement public 15h20-15h30 – Le point de vue d’une ONG  15h30-15h40 – Le point de vue d’une collectivité territoriale 15h40-15h50 – Le point de vue d’entreprises  15h50-15h55 – Conclusion Téléchargez le programme complet Lire Lire Lire Précédent Suivant

Découvrez 4 aires protégées méditerranéennes françaises inscrites sur la Liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN 

Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui, en partenariat avec The Dreamer, 4 vidéos mettant à l’honneur des espaces naturels protégés en zone méditerranéenne inscrits sur la Liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN. Du Parc marin de la Côte Bleue à la Réserve Naturelle marine de Cerbère-Banyuls, en passant par la Tour du Valat et la Sainte-Victoire, découvrez ces sites qui allient bonne gouvernance, gestion équitable et efficace. QU’EST-CE QUE LA LISTE VERTE DE L’UICN ? La Liste verte est un programme mondial de l’UICN qui vise à reconnaître et à valoriser les aires protégées et conservées qui sont équitablement et efficacement gérées, et qui offrent à la nature et aux populations des résultats durables de conservation. Il s’agit à la fois d’un label portant sur la qualité de gouvernance et de gestion des aires protégées et d’une méthodologie reposant sur une procédure et des standards définis à l’échelle internationale et adaptables dans tous les pays. La Liste verte vise autant à valoriser les sites exemplaires qu’à aider ceux qui n’atteignent pas immédiatement le standard de la Liste verte en appuyant leur engagement dans la démarche. En France, 22 sites sont aujourd’hui inscrits sur la Liste verte et 3 sont actuellement candidats. LA LISTE VERTE EN MEDITERRANEE FRANCAISE Le bassin méditerranéen constitue l’un des 36 points chauds de la biodiversité dans le monde, définis comme les zones de la planète où la biodiversité est à la fois particulièrement riche et menacée, et les eaux sous juridiction française se trouvent dans une « aire marine d’importance écologique et biologique » au titre de la Convention sur la diversité biologique. La façade méditerranéenne française compte 94 aires marines protégées couvrant ainsi un peu plus de 52% de sa zone économique exclusive, dont quasiment la moitié est constituée par le sanctuaire Pelagos. Au niveau continental, ce sont 45% de l’écorégion terrestre méditerranéenne française qui sont couverts par un statut de protection (UNEP-WCMC 2018 et UICN 2018). Aujourd’hui, en France, 5 sites méditerranéens sont inscrits sur la Liste verte et 1 site est actuellement candidat. Nous vous proposons ici de découvrir les témoignages et expériences inspirantes de quatre d’entre eux ayant justifié, entre autres, de leur inscription sur la Liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN. https://youtu.be/m_5FGWQyP9U Pilier I de la Liste verte Bonne gouvernance Entre la rade de Marseille et le Golfe de Fos, le Parc marin de la Côte bleue est une aire protégée née de l’initiative des Collectivités locales et des organisations professionnelles de pêche locales, et est aujourd’hui un exemple, entre autres, de gouvernance collaborative réussie. Labellisation en 2018 Pilier II de la Liste verte Conception et planification solides Le Domaine de la Tour du Valat a opté pour une conception et planification stratégiques et partagées de cette portion de la Camargue. Le site est composé d’une réserve naturelle régionale et de systèmes de gestion alentours permettant la coexistence d’usages et d’activités durables et compatibles avec les enjeux de conservation du milieu naturel concourant ainsi au bien-être social, économique et culturel local. Labellisation en 2021 https://youtu.be/WpI8oRLxsUUhttps://youtu.be/FEzy-v-oV24 Pilier III de la Liste verte Gestion efficace Au nord-est d’Aix-en-Provence, au pied de la célèbre montagne éponyme, la réserve naturelle de Sainte-Victoire, gérée par le département des Bouches du Rhône, démontre que grâce à l’efficacité de la gestion et de la protection de son patrimoine géologique, les enjeux relatifs au patrimoine naturel le sont également. La Réserve a, depuis son engagement dans la Liste verte, intégré les enjeux relatifs au patrimoine vivant au sein de ses objectifs de gestion Labellisation en 2021 Pilier IV de la Liste verte Conservation réussie La Réserve Naturelle marine de Cerbère-Banyuls, est un exemple de réussite d’atteinte de ses objectifs de conservation. L’effet réserve mis en évidence par la réaugmentation de la population de Mérous bruns depuis la création du site est une illustration de l’atteinte des objectifs de conservation de cette aire protégée située dans les Pyrénées orientales.   Labellisation en 2014 https://youtu.be/01hCeCaXMOQ Pour aller plus loin La Liste Verte des aires protégées et conservées Le Guide du candidat à la Liste Verte

La Fête de la Nature démarre !

La 16e édition de la Fête de la Nature se tient du 18 au 22 mai 2022, partout en France métropolitaine et en Outre-mer. Créée en 2006 par le Comité Français de l’UICN et le magazine Terre Sauvage, elle est désormais installée et identifiée dans l’ensemble du territoire français, et même au-delà puisqu’elle s’est implantée dans 7 pays. Découvrez les animations près de chez vous : Cette 16ème édition met l’accent sur plusieurs thématiques qui permettront notamment de fêter avec les gestionnaires des Réserves naturelles les 40 ans de leur réseau ou, dans un cadre plus intimiste, de rencontrer des propriétaires de jardin qui ouvrent exceptionnellement les portes de leur écrin de verdure. Les villes seront aussi au rendez-vous ! Et certaines en profiteront pour présenter leur Atlas de la Biodiversité Communale. Une façon de mieux connaître et de préserver la nature tout près de chez soi. Diverses animations seront l’occasion de laisser parler la nature et apprendre à l’écouter, de se laisser émerveiller par la richesse du monde nocturne et de poser un regard sur la nature sauvage présente en ville. En autonomie, de nombreux jeux de piste numérique avec l’application Explorama ou contribuer à un inventaire des espèces en utilisant les programmes de sciences participatives et participer au Grand observatoire de la nature mené par Science & Vie. Les personnes accompagnées par le Secours Populaire et certaines personnes placées sous main de justice pourront, elles aussi, bénéficier de sorties exceptionnelles pour renouer avec la nature et le vivant, Et enfin parce que la Fête de la Nature n’a pas de frontières, les citoyens et citoyennes de 7 pays se joignent à la célébration pour prendre part à cette grande fête ! Pour tout savoir, rendez-vous sur le site de la Fête de la Nature. Plus d’informations Site de la Fête de la Nature Page dédiée à la Fête de la Nature Programme Éducation Communication du Comité français

Quarry Life Award : Découvrez les deux projets de la catégorie « Initiatives sociétales » !

Tous les deux ans, le Groupe HeidelbergCement organise le Quarry Life Award, un concours scientifique et éducatif qui se déroule dans plus de vingt pays à travers le monde. L’ambition de ce concours est d’améliorer les connaissances en matière de biodiversité sur les sites de carrières, de la favoriser et d’informer et de sensibiliser le grand public à l’importance de sa préservation. Durant cette édition, quatre projets français concourent dans les catégories « Recherche et gestion de la biodiversité » et « Initiatives sociétales ». Depuis février et jusqu’à septembre, les porteurs de projet vont mettre en œuvre leurs projets sur les carrières de Bazoches, Achères, Ségrie et La Huellerie. Dans cet article, découvrez les deux projets de la catégorie « Initiatives sociétales » qui regroupe les projets d’engagement et de sensibilisation des parties prenantes de la carrière. Ces projets seront évalués au regard de plusieurs critères comme la sensibilisation réalisée, la participation des parties prenantes locales et la valeur ajoutée pour la collectivité et la carrière. Sensibiliser à la préservation de la biodiversité et fédérer grâce à l’entretien participatif Des îlots de La Grande Bosse et de Champmorin – carrière de Bazoches (77) Précédent Suivant Porté par l’ANVL (Association des naturalistes de la Vallée du Loing), ce projet consiste à réaliser des chantiers d’entretien participatifs sur les îlots de La Grande Bosse et de Champmorin grâce à l’appui des salariés de l’entreprise et des habitants de Balloy, Bazoches-les-Bray et des communes environnantes. L’objectif est de conserver le caractère pionnier des îlots et de favoriser la nidification d’espèces d’oiseaux menacés via la gestion de la végétation herbacée. « Dans le cadre de la participation de l’ANVL au programme QLA, trois chantiers ont déjà pu être réalisés. Ces chantiers avaient pour mission l’entretien, dans la bonne humeur, grâce à la remise à nu des îlots de Champmorin et Champ Courceaux. L’objectif derrière ce maintien d’une terre sablo-granuleuse sans végétation est de favoriser la nidification de certaines espèces avifaunistiques : les Laridés. En effet, chaque année des colonies de Mouettes mélanocéphales, de Mouettes rieuses et de sternes nichent de manière privilégiée sur ces sols pionniers. De plus, ces actions nous ont permis de sensibiliser les bénévoles et les salariés de GSM sur la préservation de ces espèces. » Thomas Béthencourt, ANVL Consultez le blog du projet pour suivre sa mise en œuvre ! Biodiversité et changement climatique : implication de la carrière d’Achères et des exploitants de granulats – Carrière d’Achères (78) Précédent Suivant Ce projet mené par la LPO Normandie a pour but de sensibiliser, de former et d’impliquer les salariés et les citoyens aux effets du changement climatique sur notre société et sur la biodiversité. Cette sensibilisation est réalisée grâce à des outils pédagogiques, développés par l’association avec l’appui des salariés de la carrière, qui présentent les liens entre l’activité extractive, ses impacts et les leviers qu’offre la biodiversité pour faire face au changement climatique. « Deux premiers ateliers de conception des supports pédagogiques ont déjà été organisés avec les salariés et certains sous-traitants de la carrière. Ils ont ainsi pu aider la LPO Normandie en leur proposant des idées notamment pour adapter les outils aux enjeux et problématiques rencontrés dans leur métier. Ces actions ont été un vrai succès ! Nous avons maintenant hâte de voir ces outils utilisés lors des deux journées de sensibilisation prévues en juin pour l’ensemble des collaborateurs du secteur Ile-de-France Ouest. » Virginie Crenn, Responsable foncier et environnement, GSM Granulats Consultez le blog du projet pour suivre sa mise en œuvre ! Rendez vous en juin pour découvrir les deux projets de la catégorie « Recherche et gestion de la biodiversité » ! Plus d’informations Consultez les blogs des projets français sur le site du concours Contacter Fanny Brunstein, chargée de mission “Entreprises et biodiversité” Contacter Ludovic Pero, le référent national du concours (HeidelbergCement France) Les travaux du Comité français de l’UICN sur les entreprises et la biodiversité

Liste rouge des espèces menacées : 1 reptile sur 5 menacé d’extinction

Pour la première fois, l’évaluation de la Liste rouge mondiale sur l’ensemble des reptiles a été publiée le 27 avril dernier par l’UICN. 1 espèce sur 5 est en voie d’extinction. « Maintenant que les reptiles du monde sont évalués de manière exhaustive dans la Liste rouge de l’UICN, nous comprenons plus finement leur état de conservation et à quelles menaces ils doivent faire face » explique Craig Hilton-Taylor, directeur du programme Liste rouge de l’UICN. « Bien que ces résultats soient particulièrement préoccupants, cette étape nous donne des raisons d’espérer car elle pourrait nous permettre d’identifier là où les actions de conservation sont les plus urgentes ».  Plus de 10 000 espèces de reptiles ont été évaluées, révélant que 21% de la totalité de ces espèces sont en voie d’extinction. La perte d’habitat due à l’agriculture intensive, la déforestation ou l’urbanisation croissante sont les plus grandes menaces qui pèsent sur les reptiles dans le monde, notamment en Asie du Sud et du Sud-Est qui sont des centres de diversité pour les reptiles où ces menaces dominent. Parmi les autres menaces touchant significativement ces espèces, on retrouve les espèces exotiques envahissantes, en particulier la pression exercée par les prédateurs, la chasse non encadrée et le braconnage. Près de 900 experts du monde entier ont contribué aux évaluations du risque d’extinction des reptiles et à cartographier leur aire de répartition à travers le monde. Ce projet a été piloté conjointement par NatureServe, Conservation International et l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. « La Liste rouge de l’UICN est un outil parfait pour évaluer le risque d’extinction des espèces de façon standardisée. Nous avons pu comparer nos résultats à ceux de la Liste rouge pour les autres vertébrés dans une étude séparée, et démontrer que le groupe des reptiles est plus menacé que celui des oiseaux, mais moins que les mammifères ou les amphibiens » explique le Dr Bruce Young, zoologiste et scientifique pour NatureServe. La moitié des crocodiles (11 espèces sur 23) est considérée comme menacée sur la Liste rouge mondiale. La destruction de leur habitat et les conflits directs avec les humains sont les deux principales menaces auxquelles ils doivent faire face. À titre d’exemple, le gavial du Gange est en danger critique d’extinction à cause des barrages et de l’urbanisation qui ont fragmenté les rivières où il vit, tandis que le pompage de l’eau pour l’irrigation a réduit leur débit et diminué la qualité de son habitat. Cette espèce est dépendante de la poursuite des programmes de conservation en Inde et au Népal, qui ont permis d’augmenter le nombre de gavials depuis les années 1970. « Cette étude ne laisse aucun doute sur les menaces auxquelles les reptiles sont confrontés. Si nous les laissons disparaître, nous perdrons des milliards d’années d’histoire évolutive cumulée » déplore Neil Cox, manager au sein du programme d’Étude internationale pour la conservation de la biodiversité à l’UICN. « La communauté mondiale a une opportunité sans précédent d’inverser la crise d’extinction dès maintenant en établissant un cadre mondial de la biodiversité post-2020 solide et en mettant en œuvre des objectifs de conservation ambitieux et atteignables ». PLUS D’INFORMATIONS : L’article original sur le site de l’UICN (en anglais) Etude comparative entre les reptiles et le reste des tétrapodes – Nature (en anglais) La Liste rouge nationale des reptiles et amphibiens de France métropolitaine La Liste rouge des reptiles et amphibiens de Mayotte La Liste rouge des espèces menacées en France Crédit photo : Claudine Delmas – Lézard d’Aurelio, classé « En danger » sur la Liste rouge nationale des espèces menacées

Un fax en 2026 ? L’idée du Comité français de l’UICN pour attirer l’attention des élu.e.s sur l’avenir de la biodiversité

Sensibiliser les élu.es locaux sur la nécessité de protéger efficacement les espaces naturels pour préserver la biodiversité en les inscrivant sur la « Liste verte », tel est l’objectif du Comité français de l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature. Mais après les élections municipales, les nouveaux et nouvelles élu.e.s croulent sous les courriers, coups de fil, et autres sollicitations. Leur boîte mail est saturée, leur attention est diluée.  Alors, pour capter l’attention des nouveaux et nouvelles élu.e.s, le Comité français de l’UICN a décidé de leur envoyer un message d’une manière pour le moins inattendue… Pas de coup de fil, pas de SMS, pas de courriers, mais… Un fax. Oui, vous avez bien lu, un fax. Le Comité français de l’UICN a fait un pari original : réveiller ces vieilles machines, bizarrement encore présentes dans les mairies et les collectivités, qui fonctionnent toujours. Un bruit qu’on n’entend plus. Une curiosité immédiate. Un message impossible à ignorer, directement faxé sur le bureau des maires et des élu.e.s dans tous les territoires. Une annonce intégralement conçue en « ASCII », une technique visant à former une image à partir de caractères spéciaux, permettant à la fois de minimiser la quantité d’encre requise à l’impression, mais aussi d’illustrer avec finesse la biodiversité qui évolue sur nos territoires, qu’ils soient terrestres ou marins. Le fax envoyé permet aux élu.e.s d’agir à leur échelle. Il contient un QR code les invitant à se rendre sur une page dédiée, prendre contact avec l’équipe en charge du programme Liste verte et engager une démarche pour y inscrire les forêts, les lacs, les rivières, les montagnes ou les océans présents dans leur collectivité. Un message également repris et amplifié sur les réseaux sociaux du Comité français de l’UICN, grâce à une vidéo de lancement pour inviter le grand public à interpeller les élu.e.s de leur collectivité. « Au lieu de passer par une campagne classique, nous avons trouvé une solution bien plus originale pour toucher directement les élu.es et les interpeller sur l’importance de préserver la biodiversité : les fax. » indique Maud Lelièvre, présidente du Comité français de l’UICN. Cette opération contribue à enrayer la perte de la biodiversité en renforçant l’efficacité de la gestion des aires protégées. L’objectif appelé « 30×30 » du Cadre mondial de la Biodiversité vise à protéger efficacement 30% de la superficie terrestre et 30% de la superficie marine à horizon 2030. Rejoindre la liste mondiale des 104 sites lauréats de la Liste verte, c’est participer à réhausser l’ambition collective mondiale pour les aires protégées et atteindre le plus haut niveau de protection des milieux naturels. « C’est aussi un pont entre l’ancien et le moderne. Comme les aires protégées, dont la première a été créée en France en 1861, et qui continuent d’assurer la préservation à long terme des milieux naturels, des espèces et des paysages. Parce que parfois pour protéger l’avenir, il faut réveiller le passé. Cette campagne pour nous c’était une évidence », ajoute Sébastien Moncorps, directeur du Comité français de l’UICN. Une initiative lancée avec le soutien de la marque Fujifilm, fabriquant de solutions innovantes pour photocopieurs et fax. Parce que pour protéger l’avenir, même un vieux fax peut suffire. Plus d’informations sur la campagne : https://uicn.fr/fax-for-future/ https://www.youtube.com/watch?v=o6DY6F7ESRA

Vers une loi Une seule santé

Le One Health Summit, qui s’est tenu à Lyon le 7 avril, a été l’occasion pour le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) d’appeler à l’adoption d’un cadre juridique et règlementaire clair et ambitieux visant à favoriser l’intégration de l’approche Une seule santé au cœur de l’action publique. L’approche Une seule santé a fait de la santé de toutes les espèces – humaine, animales, végétales – et des écosystèmes une seule et même priorité. Pour mettre en place ce cadre juridique, les travaux de la Société Française pour le Droit de l’Environnement, membre de l’UICN, soulignent l’importance de l’adoption d’une loi Une seule santé et montrent les évolutions juridiques et règlementaires nécessaires à son opérationnalisation à toutes les échelles, du national au local. Une occasion unique pour la France de faire preuve du même avant-gardisme qui a guidé l’adoption de la loi de protection de la nature en 1976, dans l’intérêt de toutes les santés. Repenser notre rapport au vivant et à l’action publique Faisant le constat de l’interdépendance de toutes les santés, dont la pandémie du COVID-19 a apporté une démonstration tragique à l’échelle mondiale, elle souligne l’urgence d’une mobilisation large, multi-sectorielle et multidisciplinaire pour « travailler ensemble à promouvoir le bien-être et à lutter contre les menaces pour la santé et les écosystèmes »[1]. Elle invite ainsi à forger des collaborations et des partenariats entre des secteurs aujourd’hui peu intégrés, en particulier ceux de la conservation de la nature et de la santé publique, dont l’histoire récente est pourtant marquée par une préoccupation commune vis-à-vis des défis posés par l’industrialisation de nos sociétés et des pollutions qui y sont associées. Elle doit permettre de renforcer les actions sur la santé environnementale car les nombreuses pollutions sont à l’origine de multiples pathologies, notamment cancéreuses, sur laquelle de nombreuses données et recommandations sont disponibles. Au Congrès mondial de l’UICN qui s’est tenu à Abou Dabi en 2025, ses membres gouvernementaux et non-gouvernementaux ont ainsi largement adopté deux résolutions visant à renforcer les partenariats entre ces secteurs et à promouvoir une gouvernance intégrée et multi-échelle de l’approche Une seule santé. Au sein de cette alliance unique rassemblant plus de 1400 gouvernements, organisations non gouvernementales, établissements publics, collectivités locales et organisations représentatives de peuples autochtones, il s’agit désormais d’une priorité stratégique pour les prochaines décennies, sur un enjeu qu’elle avait déjà identifié dès 1990[2]. Conserver la nature pour protéger les santés Face aux défis que posent les zoonoses, l’antibiorésistance et les différents types de pollutions pour toutes les santés, la conservation de la nature est porteuse de solutions. Ses outils fournissent un cadre d’action clair et robuste, prenant pleinement en compte la dimension systémique de la triple crise du climat, de la biodiversité et des pollutions et de ses implications pour les santés. A ce titre, les Solutions fondées sur la Nature convergent avec les approches Une seule santé. Elles visent à « protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés dans le but de répondre de manière efficace et adaptative à des défis sociétaux, tout en assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité ». La santé est l’un de ces défis sociétaux et les démarches de renaturation de quartiers urbains, de restauration de zones de captage d’eau et d’agroécologie, pour ne citer que quelques exemples, apportent des solutions durables et pérennes pour toutes les santés. Les aires protégées, qui couvrent 33 % du territoire national, produisent aussi des effets tangibles. Elles contribuent à la santé mentale et physique des populations humaines, à la réduction des risques de zoonoses en limitant la dégradation et la fragmentation des habitats et favorisant le bon état écologique des espèces, ou encore à l’amélioration de la qualité de l’air et de l’eau. Elles constituent aussi des laboratoires pour l’émergence de nouveaux modèles. A titre d’exemple, elles participent à des contrats locaux de santé et favorisent des pratiques agricoles, telle que l’agroécologie, permettant de limiter voire supprimer les intrants agricoles et les pesticides. Les analyses du Comité français de l’UICN, publiées le 30 mars dernier, mettent en évidence que les approches Une seule santé prennent d’ores et déjà vie dans les territoires. Ainsi, des régions, départements, agglomérations et villes intègrent l’approche Une seule santé dans leurs stratégies territoriales de biodiversité et initient des actions concrètes visant à concilier toutes les santés, et des projets d’associations de protection de la nature émergent localement. La France est-elle prête à voter une loi « Une seule santé ? » Il y a 50 ans, le Parlement français adoptait à l’unanimité la loi de protection de la nature. Tournée vers l’avenir, elle insuffla une dynamique forte en faveur de la protection de l’environnement : création du statut d’espèces protégées et de celui des Réserves naturelles (la France en compte aujourd’hui 370 contre une trentaine avant la loi), généralisation des études d’impact dans le cadre de projets d’aménagement, renforcement du rôle et des capacités d’action des associations de protection de l’environnement etc.. Elle ouvrit aussi la voie à plusieurs grandes lois environnementales, telles que la loi Grenelle 1 de 2009 ou encore la Charte de l’environnement de 2004. En 2016, la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages inscrivit dans le droit les principes de non-régression environnementale et de solidarité écologique. Cette dynamique est aujourd’hui fortement remise en question par les bouleversements politiques en cours et leurs manifestations à l’échelle européenne et nationale. Face à la tentation du désengagement d’un combat pourtant existentiel pour l’humanité – celui de la préservation de toutes les santés humaine, animale, végétale et environnementale qui se conditionnent entre elles – de nouvelles approches de l’action publique sont nécessaires. Signataires : Ghislain Bardout, co-fondateur et co-directeur de Under The Pole et co-président de la Commission Climat et biodiversité du Comité français de l’UICN Martine Bigan, présidente de la Commission de la sauvegarde des espèces du Comité français de l’UICN Patrick Blandin, ancien président du Comité français de l’UICN Allain Bougrain Dubourg, président

Une seule santé : le Comité français de l’UICN appelle à intégrer la biodiversité au cœur des politiques de santé

Face à l’accélération conjointe des crises sanitaire et écologique, le Comité français de l’UICN soutient l’urgence d’adopter une vision de la santé fondée sur l’interdépendance entre humains, animaux, plantes et écosystèmes. Dans une publication diffusée aujourd’hui, il montre, avec de nombreux exemples à l’appui, que protéger la santé humaine doit se faire en prenant soin de celle des autres animaux, des plantes et des écosystèmes. Depuis plus de deux décennies, les expert/es de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) et de l’IPBES (plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) démontrent que les humains, les autres espèces animales, végétales, et les écosystèmes sont conjointement affectés par l’artificialisation et la dégradation des habitats naturels, les pollutions, le changement climatique, et la multiplication des interactions entre humains et faune sauvage. La pandémie de Covid‑19 a propulsé ces avertissements au premier plan : 75 % des maladies humaines émergentes sont d’origine zoonotique, et jusqu’à 25 % des pathologies chroniques sont aujourd’hui liées à des facteurs environnementaux. Ces chiffres illustrent une réalité longtemps ignorée : la santé humaine est indissociable de celle des autres êtres vivants et des écosystèmes. « Notre approche sanitaire a oublié le lien qui existait entre le vivant et les humains, elle est trop anthropocentrique, plaçant la santé humaine au-dessus de la nature et sans lien avec elle. Les crises récentes ont mis en exergue les relations d’interdépendance existant entre la nature et les êtres humains, en soulignant leur dimension planétaire », déclare Violaine du Pontavice, présidente de la commission droit et politiques environnementales du Comité français de l’UICN. Depuis 2004, l’UICN joue un rôle moteur dans la promotion et l’ancrage de l’approche Une seule santé au niveau international. Lors des Congrès mondiaux de la nature, ses organisations membres ont adopté plusieurs résolutions appelant les États à intégrer le concept Une seule santé (« One Health ») dans leurs politiques publiques. L’approche est inscrite dans la Vision stratégique à 20 ans de l’UICN comme l’un des huit domaines clés présentant un potentiel transformateur pour la biodiversité. Pourtant, en France comme ailleurs, ces recommandations peinent encore à irriguer le cadre législatif et les politiques sectorielles, malgré des avancées ponctuelles et des tentatives de structuration. Dans une nouvelle publication, le Comité français de l’UICN propose de mieux comprendre ce concept devenu incontournable et de l’intégrer dans les politiques et les décisions publiques. Ce travail de long terme a mobilisé un grand nombre d’organisations membres et d’expert/es du Comité français de l’UICN, issus d’horizons disciplinaires variés. A l’occasion de la Journée mondiale de la santé le 7 avril prochain, et de l’organisation par la France du One Health Summit à Lyon, le Comité français de l’UICN appelle à travers les recommandations de cette brochure, à une transformation profonde des politiques de santé pour intégrer le vivant. Parmi les 19 recommandations du Comité français de l’UICN pour la mise en œuvre de l’approche Une seule santé, les recommandations suivantes peuvent être considérées comme prioritaires : Adopter une loi et une stratégie nationale Une seule santé, soutenues par une gouvernance interministérielle dédiée. Cette proposition vise à intégrer de manière cohérente les dimensions de santé animale, végétale, humaine et environnementale dans l’ensemble des politiques publiques, en garantissant l’harmonisation des cadres normatifs. La gouvernance proposée devra associer les ministères chargés de la Santé, de l’Agriculture et de l’Agro-alimentaire, de la Transition écologique, et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, afin d’assurer un pilotage coordonné, un suivi renforcé et une véritable transversalité des actions.   Faire de la lutte contre le commerce illégal et de la réduction des interactions inutiles ou illicites entre humains et faune sauvage une priorité nationale et de coopération transfrontière. Le commerce, l’utilisation ou la consommation d’animaux sauvages — qu’il s’agisse d’alimentation, de pharmacopée, de mode, d’animaux de compagnie, de pratiques culturelles ou de tourisme — constituent des pressions majeures sur de nombreuses espèces. Ces pratiques représentent également un risque important pour la santé publique en favorisant la transmission d’agents pathogènes entre la faune sauvage et l’être humain. Les flux liés au trafic engendrent aussi une importante dispersion géographique de ces agents pathogènes, et accroissent le risque de transmission entre populations animales de régions différentes et de contamination. Une action renforcée est donc essentielle pour protéger la biodiversité tout en limitant les risques sanitaires associés.   Faire de la préservation et de la restauration de la biodiversité un pilier structurant de la politique sanitaire nationale. Les actions de protection, de restauration et d’amélioration de la gestion durable des écosystèmes contribuent directement à la réduction des risques sanitaires, en renforçant les fonctions écologiques qui régulent les agents pathogènes, les vecteurs et les pressions environnementales. Dans cette perspective, les aires protégées et les Solutions fondées sur la Nature (SfN), qui s’inscrivent dans une approche systémique et intégrée du vivant, constituent des leviers particulièrement efficaces pour opérationnaliser l’approche Une seule santé. Il est donc nécessaire de renforcer leur déploiement et leur efficacité, notamment par la mobilisation de financements dédiés, par leur intégration dans les politiques sectorielles et par le développement de dispositifs d’évaluation de leurs bénéfices sanitaires et écologiques.   Renforcer la mobilisation des territoires dans le déploiement de politiques et d’actions relevant de l’approche Une seule santé. Il s’agit d’encourager les collectivités territoriales à poursuivre et structurer leurs initiatives en élaborant des stratégies Une seule santé intégrant ce principe dans l’ensemble des secteurs d’action publique, notamment via des outils tels que la planification écologique, les documents de planification territoriale ou encore l’évaluation environnementale. Cette dynamique devra être accompagnée par une reconnaissance nationale des initiatives territoriales exemplaires ainsi que par la mise en place de dispositifs financiers adaptés pour soutenir leur mise en œuvre, leur diffusion et leur pérennisation.   Consultez et téléchargez la brochure Comprendre le concept Une seul santé Lire le communiqué de presse  Contact  Florence Clap Responsable Politiques de la biodiversitéComité français de l’UICNflorence.clap@uicn.fr  Photo bandeau : © Olivier Briand 

Parcs éoliens terrestres et marins : quels leviers pour réduire leurs impacts sur la biodiversité ?

Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui une analyse et des recommandations sur la réduction des impacts des parcs éoliens terrestres et marins sur la biodiversité. L’objectif de cette publication est de faire évoluer les pratiques pour une meilleure conciliation entre transition énergétique et préservation de la nature, en accompagnant la filière éolienne et les pouvoirs publics, dans la réduction des impacts. Le Comité français de l’UICN poursuit ainsi ses travaux sur la séquence « Eviter-Réduire-Compenser », après sa publication sur l’amélioration de la prise en compte de la biodiversité dans la planification et la conception des projets éoliens et photovoltaïques*, correspondant au nécessaire évitement des impacts sur la biodiversité. Dans sa stratégie de transition énergétique, la France prévoit la décarbonation du mix énergétique en réduisant les consommations, en électrifiant les usages et en développant les énergies bas-carbone. La nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) prévoit entre autres de tenir un rythme de déploiement d’environ 1,3 GW de puissance éolienne terrestre chaque année, soit 35 à 40 GW d’ici 2035, et de viser 15 GW de puissance installée d’éolien offshore à ce même horizon. Le Comité français de l’UICN soutient le développement des énergies renouvelables comme un levier important d’atténuation du changement climatique et de sécurisation de l’approvisionnement énergétique français, mais appelle à ce que les enjeux de biodiversité soient systématiquement pris en compte dans la planification et la mise en œuvre de chaque projet. En effet, le développement des énergies renouvelables, comme tout projet d’infrastructures, engendre des impacts potentiellement significatifs sur les habitats naturels et les espèces. Les parcs éoliens, à terre comme en mer, peuvent engendrer une dégradation des écosystèmes, une perte d’habitats naturels pour les espèces, des perturbations comportementales et des mortalités de la faune volante comme les oiseaux et les chauves-souris. Les incidences des parcs éoliens dépendent de leur localisation et de la nature des sites d’implantation, d’où l’importance, en premier lieu, de la planification spatiale et des mesures d’évitement. En phase de construction, d’exploitation et de démantèlement, des mesures de réduction visent à limiter les impacts n’ayant pas pu être évités. L’efficacité de certaines de ces mesures est démontrée par la science, comme par exemple l’arrêt des éoliennes dans les conditions d’activité des chauves-souris ou les rideaux de bulles pour limiter la propagation du bruit sous-marin. D’autres mesures, comme les Systèmes de Détection Automatique de l’Avifaune (SDA), font l’objet d’une évolution et d’une diffusion rapides, suivant les progrès des technologies sur lesquelles elles se reposent. L’efficacité de ces dernières doit cependant systématiquement être évaluée afin que leur intérêt pour la réduction des impacts de l’éolien sur la biodiversité soit prouvée de manière transparente.  Au fil de quatre grandes fiches thématiques, où des retours d’expérience de développeurs éoliens sont mis au regard des connaissances scientifiques, le Comité français de l’UICN montre que la prise en compte de la biodiversité est nécessaire et possible dans la réalisation et l’exploitation des projets éoliens, au travers de mesures de réduction pensées avec rigueur et pragmatisme. Cette publication conduit, en conclusion, à la formulation de recommandations pour améliorer les pratiques en matière de réduction d’impacts sur la biodiversité et poursuivre leur déploiement. Le Comité français de l’UICN s’est appuyé sur l’expertise de son réseau de membres et d’expert(e)s et a pu compter sur la mobilisation de chercheurs/euses français.e.s et internationaux pour l’accompagner dans la réalisation de ce travail. Celui-ci s’inscrit dans une démarche de facilitation du dialogue et de partage de connaissances entre les différents acteurs de la transition énergétique et de la conservation de la nature. Cette brochure a été réalisée avec le soutien de l’Ademe, du Ministère de la Transition écologique, du Fonds AXA pour le Progrès Humain, de la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale et d’Engie Green France. Consulter la brochure : La réduction des impacts sur la biodiversité des parcs éoliens terrestres et marins. Visionner le Webinaire Réduction éolien terrestre et marin. Lire la brochure précédente : Améliorer la prise en compte de la biodiversité dans la planification et la conception des projets éoliens et photovoltaïques. Photo bandeau : © Paul Bonfils, Freepik, Aurélien Audevard.

Deuxième appel BESTLIFE2030 visant à mobiliser plus de 8 millions d’euros pour 81 projets en faveur de la biodiversité dans les régions ultrapériphériques et les PTOM de l’UE

Le deuxième appel à propositions dans le cadre du programme BESTLIFE2030 mobilisera plus de 8 millions d’euros pour soutenir 81 projets locaux en faveur de la biodiversité dans les régions ultrapériphériques (RUP) et les pays et territoires d’outre-mer (PTOM) de l’Union européenne. Les résultats confirment le vif intérêt suscité par le programme et marquent une étape importante dans la mise en œuvre de son budget global de 23,4 millions d’euros, qui devrait permettre de soutenir environ 234 projets dans le cadre de quatre appels à propositions. S’appuyant sur le premier appel, qui a octroyé 57 subventions et mobilisé 5,57 millions d’euros, ce deuxième cycle élargit à la fois le nombre d’initiatives soutenues et la diversité des organisations menant des efforts de conservation sur le terrain. Résultats du portefeuille Les 81 projets recommandés pour un financement reflètent une large couverture géographique dans les RUP et les PTOM. L’appel confirme l’intérêt continu des parties prenantes dans tous les territoires et démontre une adoption régulière à mesure que le programme progresse dans sa phase de mise en œuvre. Ensemble, les premier et deuxième appels représentent une part substantielle du soutien prévu par le programme, renforçant le rôle de BESTLIFE2030 dans le renforcement des capacités de conservation de la biodiversité dans certaines des régions les plus riches et les plus vulnérables d’Europe sur le plan écologique. Thèmes prioritaires Le portefeuille du deuxième appel met fortement l’accent sur les actions écologiques pratiques et concrètes. La restauration des écosystèmes et la conservation des espèces apparaissent comme les types d’actions les plus courants, ce qui confirme l’importance accordée à la lutte contre la dégradation des habitats et à la protection des espèces menacées et endémiques. Les principales catégories thématiques comprennent la restauration des écosystèmes, la restauration des espèces, la gestion durable, les zones protégées et la gestion des espèces exotiques envahissantes. Dans l’ensemble, le portefeuille montre une concentration sur les résultats directs en matière de biodiversité, conformément à l’objectif du programme qui consiste à renforcer la résilience des écosystèmes et à intensifier les efforts de conservation dans les territoires d’outre-mer de l’UE. Large participation et leadership local Le deuxième appel reflète un large engagement de la part de différents types d’organisations. Les principaux candidats sont des organisations non gouvernementales, des instituts de recherche, des autorités locales et d’autres entités éligibles. L’élargissement des critères d’éligibilité entre les appels a permis une plus grande participation, soutenant ainsi un large éventail d’acteurs travaillant au niveau territorial. Cette approche renforce l’engagement du programme à renforcer l’appropriation locale et la prise de décision dans le domaine de la biodiversité. En permettant aux organisations implantées dans les régions de diriger des projets, BESTLIFE2030 continue de promouvoir un modèle qui soutient les initiatives de conservation locales adaptées à des contextes écologiques spécifiques. Prochaine phase Avec deux appels à projets désormais clôturés et deux autres prévus, BESTLIFE2030 progresse régulièrement vers la mise en œuvre complète de son budget de 23,4 millions d’euros. Les 81 projets recommandés vont maintenant passer à la phase de contractualisation et de mise en œuvre. À mesure que les activités commenceront sur le terrain, elles contribueront directement à renforcer les actions de conservation dans les RUP et les PTOM et à faire progresser les objectifs de l’UE en matière de biodiversité. Les résultats du deuxième appel témoignent de la dynamique continue et de l’intérêt soutenu pour le programme, renforçant son rôle en tant que mécanisme clé pour soutenir la conservation de la biodiversité dans les régions d’outre-mer de l’Europe. Photo bandeau : © La société PRO-VISION

Publication d’une évaluation de l’IPBES sur le lien entre entreprises et biodiversité

L’IPBES a publié son dernier rapport sur les entreprises et la biodiversité : le Comité français de l’UICN soutient pleinement les analyses et constats et appelle l’ensemble des acteurs à collaborer et s’en saisir. Selon la nouvelle évaluation de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité, les actions positives des entreprises et des institutions financières sont essentielles à la transition vers un système économique juste et durable. Cette évaluation met en garde contre le fait que le déclin accéléré de la biodiversité et des contributions de la nature à l’humanité n’est pas seulement un problème environnemental, mais aussi un risque systémique qui menace la stabilité économique mondiale, les marchés financiers et le bien-être humain. L’évaluation méthodologique par l’IPBES[1] des conséquences de l’activité des entreprises sur la biodiversité et sur les contributions de la nature aux populations et de la dépendance des entreprises à leur égard (connu sous le nom de Rapport « Entreprises & biodiversité » ou « Business and Biodiversity Report ») a été approuvée lors de la 12e session de la plénière de l’IPBES, qui s’est tenue à Manchester, au Royaume-Uni, (du 3 au 8 février 2026) par les représentants des 150 gouvernements membres de l’IPBES. Le rapport constate que les conditions actuelles dans lesquelles les entreprises opèrent ne sont globalement pas compatibles avec la réalisation d’un avenir juste et durable, et que ces conditions perpétuent également des risques systémiques. Le rapport souligne qu’un changement fondamental est possible et nécessaire pour créer un environnement propice permettant d’aligner ce qui est rentable pour les entreprises sur ce qui est bénéfique pour la biodiversité et les populations. « S’engager en faveur de la nature n’est pas une option pour les entreprises, c’est une nécessité. Les entreprises sont à la fois des bénéficiaires de la nature et des acteurs majeurs de son déclin. Elles ont donc un rôle essentiel à jouer pour garantir une gestion responsable de notre environnement. Cette démarche est vitale pour leurs résultats financiers, leur prospérité à long terme et la transformation nécessaire à un avenir plus juste et plus durable. » explique le Professeur Ximena Rueda Fajardo, School of Management de l’Universidad de los Andes, coprésidente de l’Evaluation des Entreprises et de la Biodiversité de l’IPBES. Cette évaluation préparée par 80 experts internationaux issus de 35 pays de toutes les régions du monde et de diverses disciplines, a nécessité trois ans de développement et s’appuie sur des milliers de références. Le rapport, composé de six chapitres est accompagné par un résumé pour décideurs (gouvernements, entreprises, société civile) avec l’énonciation de messages-clés pour faciliter le passage à l’action. Il met en évidence des méthodes et plus de 100 actions spécifiques pour mesurer et répondre aux impacts et dépendances des entreprises, à l’intention des entreprises, des gouvernements, des institutions financières et de la société civile, notamment : Des stratégies transparentes et crédibles pour suivre les impacts et les dépendances vis-à-vis de la nature. Des indicateurs spécifiques à chaque secteur pour mesurer les résultats en matière de biodiversité tout au long des chaînes de valeur. Un engagement inclusif avec les peuples autochtones et les communautés locales, reconnaissant leurs connaissances et leurs droits. Le Comité français de l’UICN est déjà mobilisé sur un certain nombre des solutions proposées telles que : Accompagnement d’entreprises pour évaluer leurs impacts et dépendances vis-à-vis de la biodiversité, intégrer la biodiversité dans leur stratégie et renforcer leurs actions pour la préserver Contributeur et évaluateur des initiatives telles que « Act4Nature International » et « Entreprise engagée pour la nature » Soutien à des actions de protection et de restauration de la nature d’entreprises Développement et accompagnement sur des outils et des approches permettant de mieux connaître les impacts des entreprises et cibler les actions à mener (STAR, listes rouges, standard mondial des Solutions fondées sur la Nature, RHINO). Sensibilisation des dirigeants et collaborateurs aux enjeux biodiversité. Réalisation d’études sur les impacts biodiversité sur la chaîne de valeur amont de certains produits et sensibilisation des connaissances des services achats des entreprises. Réflexions et travaux pour structurer et améliorer l’action des entreprises (reporting biodiversité, certificats biodiversité, cadre d’action positif pour la nature, économie de régénération). L’évaluation de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité donne également un nouvel élan à la mise en œuvre de la résolution approuvée par les membres de l’UICN lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN en 2025 et proposée par le Comité français de l’UICN, intitulée « Définir un cadre solide pour le Positif pour la nature pour les entreprises ». Cette évaluation arrive à point nommé, après l’adoption du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité en 2022 et à quatre ans de l’échéance pour atteindre ses objectifs pour 2030. Le Cadre précise clairement que la mise en place d’un avenir positif pour la nature nécessite une approche globale de la société, y compris du secteur privé, et comprend un objectif spécifique en matière d’engagement et de divulgation d’informations par les entreprises. Cela signifie que les entreprises et les institutions financières sont tenues non seulement d’atténuer leurs propres impacts négatifs, mais aussi de contribuer aux objectifs mondiaux en faveur de la nature, c’est-à-dire d’obtenir des résultats positifs pour la nature. L’ensemble des acteurs doivent maintenant collaborer et se saisir de ce rapport dans cette perspective. Photo bandeau : © Jevgenij Voronov/Unsplash [1] Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques  

Pour une stratégie dédiée aux outre-mer pour le 4ᵉ Plan national milieux humides (2026–2030)

A l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, le Comité français de l’UICN, via le Pôle relais Zones humides tropicales (PRZHT) qu’il anime, a publié sa Proposition de stratégie outre-mer du 4ᵉ Plan national milieux humides (PNMH 2026–2030). Remise au ministère de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, cette proposition de stratégie constitue une feuille de route inédite et ambitieuse, spécifiquement pensée pour répondre aux enjeux écologiques, climatiques, sociaux et culturels des zones humides des territoires ultramarins. Des milieux clés pour l’avenir des territoires Mangroves, mares, lagunes, forêts marécageuses, vasières ou encore ripisylves : les milieux humides d’outre-mer concentrent une biodiversité exceptionnelle, fournissent des services écosystémiques essentiels (régulation de l’eau, protection contre les risques naturels, stockage du carbone) et sont au cœur des équilibres sociaux et culturels des territoires. Pourtant, ces milieux restent parmi les plus menacés : urbanisation, pollutions, espèces exotiques envahissantes, artificialisation, impacts croissants du changement climatique et événements extrêmes. Une proposition co-construite, territorialisée et opérationnelle Cette proposition de stratégie est le fruit d’un important travail de co-construction, mené par l’équipe du PRZHT, épaulée par Mélanie Herteman – docteure en écologie, spécialiste mangroves & zones humides – en partenariat avec 151 acteurs mobilisés en Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte (services de l’État, collectivités, gestionnaires, chercheurs, associations, usagers). Structurée autour de trois grands axes – AGIR, MOBILISER, CONNAÎTRE – cette proposition décline : des mesures concrètes de protection, de gestion et de restauration des milieux humides par territoire, le renforcement des compétences locales, de la gouvernance et des coopérations régionales, le développement de la connaissance, de la cartographie et du suivi des milieux humides ultramarins. Elle s’inscrit pleinement dans les objectifs de la Stratégie nationale biodiversité 2030 et du PNMH4, en proposant une approche adaptée aux réalités locales des outre mer. Ce travail a bénéficié du soutien financier du ministère de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, de la DEAL Guadeloupe et de la DGTM Guyane, ainsi que d’un comité de relecture rassemblant de nombreux partenaires institutionnels. Lien vers la stratégie Photo bandeau © Pôle Relais sur les Zones Humides Tropicales

Biodiversité et chaîne de valeur amont des entreprises : le cas du bois d’œuvre et d’industrie

Le Comité français de l’UICN a initié dès 2023 des travaux avec son groupe de travail « Entreprises& Biodiversité » sur la chaîne de valeur amont des entreprises*, afin d’identifier les impacts et dépendances sur la biodiversité et les services écosystémiques liés à leurs achats, ainsi que pour leur proposer des recommandations. Une première fiche a été publiée en mai 2024 sur les impacts de l’approvisionnement en aluminium (à retrouver ici) Une nouvelle fiche publiée aujourd’hui, concerne le bois d’œuvre et d’industrie et a pour vocation d’accompagner les entreprises dans :   L’identification de leurs impacts et de leurs dépendances vis-à-vis de la biodiversité et des services écosystémiques liés à leurs achats de produits en bois ou de produits dérivés du bois ; L’établissement d’une vue d’ensemble des principaux mécanismes de certification existants ; L’intégration de cet enjeu dans leurs stratégies biodiversité, leur charte RSE ou d’achats responsables, en lien avec leurs fournisseurs. Selon les estimations de la FAO (Food and Agriculture Organization), la production mondiale de bois a atteint en 2022 un niveau sans précédent de 4 milliards de m² par an et les estimations projettent une augmentation de 50% de la demande en bois rond d’ici 2050.  De plus, les pratiques d’industrialisation des forêts cultivées et des plantations d’arbres à croissance rapide se sont accélérées dans les années 1960. Aujourd’hui, elles couvrent environ 7 % de la superficie forestière mondiale et produisent 46 % du bois rond à l’échelle mondiale.   Cette augmentation de la production mondiale de bois et des plantations industrielles engendre un fort impact sur les forêts et plus largement sur la biodiversité puisque les celles-ci fournissent un habitat à 80% des espèces d’amphibiens, 75% des espèces d’oiseaux et 68% des espèces de mammifères dans le monde. Ainsi, l’exploitation forestière non durable et les opérations de transformation du bois contribuent àtoutes les pressions sur la biodiversité et en particulier : la dégradation des forêts, la surexploitation des la ressource en eau, la réduction des stocks de carbone et les émissions de GES ainsi que l’introduction d’espèces exotiques envahissantes dans les forêts.   Au regard de l’augmentation mondiale de la production et de la demande en bois, le Comité français de l’UICN propose quatre recommandations aux entreprises afin d’assurer une exploitation durable des forêts ainsi qu’une diminution des pressions sur la biodiversité : Établir au préalable un diagnostic des impacts, dépendances et risques pour évaluer les liens de l’activité de l’entreprise et de ses fournisseurs vis-à-vis de la biodiversité. Favoriser les produits en bois et produits dérivés du bois recyclés et recyclables dans le but de réduire les pressions sur les forêts.  Favoriser les produits certifiés FSC ou PEFC afin de garantir une gestion durable et traçable des ressources forestières et de promouvoir des chaînes de valeurs plus vertueuses. Privilégier les produits issus de bois local de manière à réduire l’empreinte carbone liée au transport, soutenir les filières locales et renforcer la traçabilité des produits.  À noter que ces recommandations s’adressent aux entreprises dont le bois d’œuvre et d’industrie n’est pas le cœur de métier, mais fait néanmoins partie de leurs achats notamment pour le fonctionnement de l’entreprise (palettes, cartons mobilier, bois de construction etc.). Les entreprises des secteurs spécialisés dans le bois d’œuvre et d’industrie auront besoin d’éléments plus détaillés, en raison de la complexité des enjeux spécifiques à ce domaine, cette fiche ne leur est donc pas adressée.   Ce travail a été soutenu par les huit entreprises partenaires du Comité français de l’UICN : Heidelberg Materials France, EDF, Veolia, ENGIE, Storengy France, EQIOM, Primagaz et Nestlé Waters France.   * La notion de chaîne de valeur d’une entreprise désigne l’ensemble des processus et des interactions qui ont pour objectifs de générer une certaine valeur (à travers la création de produits et de services) à destination de ses clients. Au sein de ces processus, la chaîne de valeur amont concerne toutes les activités liées à l’approvisionnement en matières premières pour la fabrication des produits et par conséquent les interactions entre l’entreprise et ses fournisseurs. A travers l’achat de matières premières extraites des milieux naturels, les entreprises ont ainsi un impact indirect sur la biodiversité. PUBLICATION : Les chaînes de valeur amont des entreprises – Fiches bois d’oeuvre et d’industrie (2025) © Photo bandeau : tookapic

Les mangroves de Nouvelle-Calédonie et de Wallis menacées, selon la Liste rouge des écosystèmes en France

La Liste rouge des écosystèmes en France évalue pour la première fois les mangroves de Nouvelle-Calédonie et de Wallis, selon les critères et la méthodologie de l’UICN. Ces deux écosystèmes, respectivement classés « Vulnérable » et « En danger critique », sont menacés par de multiples pressions, à la fois locales et globales, parmi lesquelles le changement climatique joue un rôle central. Des écosystèmes sous pressions Les mangroves de Nouvelle-Calédonie et de Wallis subissent des pressions importantes comme l’urbanisation, les remblaiements et les pollutions, qui entraînent une réduction de leur surface et une dégradation de leur état écologique. Elles sont également particulièrement exposées à l’élévation du niveau de la mer, l’un des effets majeurs du changement climatique sur les zones littorales. Les mangroves de Wallis sont évaluées « En danger critique » (CR). Si récemment leur surface semble stable, voire en légère augmentation, leur distribution très restreinte, leur structure en étroites franges côtières, ainsi que la configuration de l’île, basse et entièrement ceinturée par une route limitant leur extension dans les terres, les rendent éminemment sensibles aux événements climatiques extrêmes et à la montée des eaux. Les mangroves de Nouvelle-Calédonie sont évaluées « Vulnérables » (VU) avec un niveau d’incertitude compris entre les catégories « Vulnérable » et « En danger » (VU-EN). L’urbanisation est la pression principale qui affecte la distribution de ces mangroves. Bien que concentrée localement, elle a déjà entraîné des pertes importantes de superficies de mangroves par le passé. Aujourd’hui encore, la pression sur ces milieux fragiles reste bien réelle. Tout comme les mangroves de Wallis, l’élévation du niveau de la mer constitue un facteur déterminant du risque d’effondrement de l’écosystème. En raison des incertitudes quant aux effets du changement climatique à moyen terme, qui peuvent varier selon le contexte et les différents scénarios, le niveau de menaces pesant sur les mangroves de Nouvelle-Calédonie oscille entre les catégories « Vulnérable » et « En danger ». Renforcer la protection et les connaissances La Liste rouge des écosystèmes de mangroves de Nouvelle-Calédonie et de Wallis révèle également qu’un certain nombre de critères ont abouti à l’évaluation « Données Insuffisantes » (DD), faute de données suffisantes ou homogènes sur le long terme. Ceci souligne l’importance de renforcer, parallèlement aux efforts de conservation, des programmes d’acquisition de connaissances sur le fonctionnement des mangroves dans ces deux collectivités d’outre-mer. Outre leur biodiversité remarquable, les mangroves ont de multiples rôles écologiques et rendent de nombreux services écosystémiques essentiels à la résilience des territoires, tels que le stockage de carbone, la limitation des risques naturels (érosion côtière, submersion marine, impacts des tempêtes) ou la filtration des eaux. Pour anticiper l’évolution de ces écosystèmes clés et afin d’assurer leur avenir, il apparaît nécessaire de pérenniser les programmes de suivi de la biodiversité des mangroves et des processus écologiques qu’elles soutiennent, et de mieux connaître les réponses de ces écosystèmes au changement climatique, notamment face à la montée du niveau marin, et en tenant compte du contexte particulier de chaque collectivité. Ces connaissances sont essentielles pour renforcer les actions de conservation et de restauration menées sur ces écosystèmes menacés. Consulter la brochure : La Liste rouge des écosystèmes en France – Les mangroves du Pacifique Nouvelle-Calédonie et Wallis, Le rapport technique : La Liste rouge des écosystèmes en France – Les mangroves du Pacifique Nouvelle-Calédonie et Wallis, Le communiqué de presse. Photo bandeau © Sylvain Corbel

Le B.A.-BA des stratégies régionales pour la biodiversité

Les stratégies régionales pour la biodiversité (SRB), devenues obligatoires avec la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages de 2016, constituent aujourd’hui l’un des principaux cadres d’action pour préserver et restaurer la biodiversité à l’échelle régionale. Mais concrètement, qu’est-ce qu’une SRB ? Quels sont ses objectifs et ses caractéristiques ? Qui en sont les acteurs clés, et comment ces stratégies sont-elles déployées sur l’ensemble du territoire ? Pour répondre à ces questions, le Comité français de l’UICN publie, en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et le Ministère de la transition écologique, la fiche introductive de la boîte à outils des SRB. Cette nouvelle fiche, intitulée « Le B.A.-BA des stratégies régionales pour la biodiversité », plante le décor : elle offre une vision claire et synthétique de ce qu’est une SRB, et du déploiement de ces stratégies en France métropolitaine et d’outre-mer. Elle propose notamment : une présentation des caractéristiques fondamentales d’une SRB : définition, objectifs, contenu, gouvernance ; un état des lieux national des SRB ; une introduction à la boîte à outils et aux fiches qui la composent. Élaborée par le Comité français de l’UICN et son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité », en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et le Ministère de la transition écologique, la boîte à outils des SRB est un outil opérationnel destiné à accompagner les territoires dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de leurs stratégies en faveur de la biodiversité. Chaque fiche propose des pistes méthodologiques illustrées par des retours d’expériences territoriales sur des thèmes identifiés par le groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » comme étant prioritaires pour « réussir » sa stratégie. Si elle s’adresse en priorité aux Régions et à leurs partenaires (ARB, services et opérateurs de l’État principalement), elle peut également être mobilisée par toute collectivité (Département, Intercommunalité, Ville) engagée dans une stratégie biodiversité. Ce travail s’inscrit dans plus de dix années d’accompagnement du Comité français de l’UICN pour soutenir le développement et le renforcement des SRB. Plus d’informations ici. Contact : Valérie Moral, Coordinatrice “Collectivités & Biodiversité”. Télécharger la fiche « Le B.A.-BA des SRB »