Vers une loi Une seule santé

Le One Health Summit, qui s’est tenu à Lyon le 7 avril, a été l’occasion pour le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) d’appeler à l’adoption d’un cadre juridique et règlementaire clair et ambitieux visant à favoriser l’intégration de l’approche Une seule santé au cœur de l’action publique. L’approche Une seule santé a fait de la santé de toutes les espèces – humaine, animales, végétales – et des écosystèmes une seule et même priorité. Pour mettre en place ce cadre juridique, les travaux de la Société Française pour le Droit de l’Environnement, membre de l’UICN, soulignent l’importance de l’adoption d’une loi Une seule santé et montrent les évolutions juridiques et règlementaires nécessaires à son opérationnalisation à toutes les échelles, du national au local. Une occasion unique pour la France de faire preuve du même avant-gardisme qui a guidé l’adoption de la loi de protection de la nature en 1976, dans l’intérêt de toutes les santés. Repenser notre rapport au vivant et à l’action publique Faisant le constat de l’interdépendance de toutes les santés, dont la pandémie du COVID-19 a apporté une démonstration tragique à l’échelle mondiale, elle souligne l’urgence d’une mobilisation large, multi-sectorielle et multidisciplinaire pour « travailler ensemble à promouvoir le bien-être et à lutter contre les menaces pour la santé et les écosystèmes »[1]. Elle invite ainsi à forger des collaborations et des partenariats entre des secteurs aujourd’hui peu intégrés, en particulier ceux de la conservation de la nature et de la santé publique, dont l’histoire récente est pourtant marquée par une préoccupation commune vis-à-vis des défis posés par l’industrialisation de nos sociétés et des pollutions qui y sont associées. Elle doit permettre de renforcer les actions sur la santé environnementale car les nombreuses pollutions sont à l’origine de multiples pathologies, notamment cancéreuses, sur laquelle de nombreuses données et recommandations sont disponibles. Au Congrès mondial de l’UICN qui s’est tenu à Abou Dabi en 2025, ses membres gouvernementaux et non-gouvernementaux ont ainsi largement adopté deux résolutions visant à renforcer les partenariats entre ces secteurs et à promouvoir une gouvernance intégrée et multi-échelle de l’approche Une seule santé. Au sein de cette alliance unique rassemblant plus de 1400 gouvernements, organisations non gouvernementales, établissements publics, collectivités locales et organisations représentatives de peuples autochtones, il s’agit désormais d’une priorité stratégique pour les prochaines décennies, sur un enjeu qu’elle avait déjà identifié dès 1990[2]. Conserver la nature pour protéger les santés Face aux défis que posent les zoonoses, l’antibiorésistance et les différents types de pollutions pour toutes les santés, la conservation de la nature est porteuse de solutions. Ses outils fournissent un cadre d’action clair et robuste, prenant pleinement en compte la dimension systémique de la triple crise du climat, de la biodiversité et des pollutions et de ses implications pour les santés. A ce titre, les Solutions fondées sur la Nature convergent avec les approches Une seule santé. Elles visent à « protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés dans le but de répondre de manière efficace et adaptative à des défis sociétaux, tout en assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité ». La santé est l’un de ces défis sociétaux et les démarches de renaturation de quartiers urbains, de restauration de zones de captage d’eau et d’agroécologie, pour ne citer que quelques exemples, apportent des solutions durables et pérennes pour toutes les santés. Les aires protégées, qui couvrent 33 % du territoire national, produisent aussi des effets tangibles. Elles contribuent à la santé mentale et physique des populations humaines, à la réduction des risques de zoonoses en limitant la dégradation et la fragmentation des habitats et favorisant le bon état écologique des espèces, ou encore à l’amélioration de la qualité de l’air et de l’eau. Elles constituent aussi des laboratoires pour l’émergence de nouveaux modèles. A titre d’exemple, elles participent à des contrats locaux de santé et favorisent des pratiques agricoles, telle que l’agroécologie, permettant de limiter voire supprimer les intrants agricoles et les pesticides. Les analyses du Comité français de l’UICN, publiées le 30 mars dernier, mettent en évidence que les approches Une seule santé prennent d’ores et déjà vie dans les territoires. Ainsi, des régions, départements, agglomérations et villes intègrent l’approche Une seule santé dans leurs stratégies territoriales de biodiversité et initient des actions concrètes visant à concilier toutes les santés, et des projets d’associations de protection de la nature émergent localement. La France est-elle prête à voter une loi « Une seule santé ? » Il y a 50 ans, le Parlement français adoptait à l’unanimité la loi de protection de la nature. Tournée vers l’avenir, elle insuffla une dynamique forte en faveur de la protection de l’environnement : création du statut d’espèces protégées et de celui des Réserves naturelles (la France en compte aujourd’hui 370 contre une trentaine avant la loi), généralisation des études d’impact dans le cadre de projets d’aménagement, renforcement du rôle et des capacités d’action des associations de protection de l’environnement etc.. Elle ouvrit aussi la voie à plusieurs grandes lois environnementales, telles que la loi Grenelle 1 de 2009 ou encore la Charte de l’environnement de 2004. En 2016, la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages inscrivit dans le droit les principes de non-régression environnementale et de solidarité écologique. Cette dynamique est aujourd’hui fortement remise en question par les bouleversements politiques en cours et leurs manifestations à l’échelle européenne et nationale. Face à la tentation du désengagement d’un combat pourtant existentiel pour l’humanité – celui de la préservation de toutes les santés humaine, animale, végétale et environnementale qui se conditionnent entre elles – de nouvelles approches de l’action publique sont nécessaires. Signataires : Ghislain Bardout, co-fondateur et co-directeur de Under The Pole et co-président de la Commission Climat et biodiversité du Comité français de l’UICN Martine Bigan, présidente de la Commission de la sauvegarde des espèces du Comité français de l’UICN Patrick Blandin, ancien président du Comité français de l’UICN Allain Bougrain Dubourg, président

Une seule santé : le Comité français de l’UICN appelle à intégrer la biodiversité au cœur des politiques de santé

Face à l’accélération conjointe des crises sanitaire et écologique, le Comité français de l’UICN soutient l’urgence d’adopter une vision de la santé fondée sur l’interdépendance entre humains, animaux, plantes et écosystèmes. Dans une publication diffusée aujourd’hui, il montre, avec de nombreux exemples à l’appui, que protéger la santé humaine doit se faire en prenant soin de celle des autres animaux, des plantes et des écosystèmes. Depuis plus de deux décennies, les expert/es de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) et de l’IPBES (plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) démontrent que les humains, les autres espèces animales, végétales, et les écosystèmes sont conjointement affectés par l’artificialisation et la dégradation des habitats naturels, les pollutions, le changement climatique, et la multiplication des interactions entre humains et faune sauvage. La pandémie de Covid‑19 a propulsé ces avertissements au premier plan : 75 % des maladies humaines émergentes sont d’origine zoonotique, et jusqu’à 25 % des pathologies chroniques sont aujourd’hui liées à des facteurs environnementaux. Ces chiffres illustrent une réalité longtemps ignorée : la santé humaine est indissociable de celle des autres êtres vivants et des écosystèmes. « Notre approche sanitaire a oublié le lien qui existait entre le vivant et les humains, elle est trop anthropocentrique, plaçant la santé humaine au-dessus de la nature et sans lien avec elle. Les crises récentes ont mis en exergue les relations d’interdépendance existant entre la nature et les êtres humains, en soulignant leur dimension planétaire », déclare Violaine du Pontavice, présidente de la commission droit et politiques environnementales du Comité français de l’UICN. Depuis 2004, l’UICN joue un rôle moteur dans la promotion et l’ancrage de l’approche Une seule santé au niveau international. Lors des Congrès mondiaux de la nature, ses organisations membres ont adopté plusieurs résolutions appelant les États à intégrer le concept Une seule santé (« One Health ») dans leurs politiques publiques. L’approche est inscrite dans la Vision stratégique à 20 ans de l’UICN comme l’un des huit domaines clés présentant un potentiel transformateur pour la biodiversité. Pourtant, en France comme ailleurs, ces recommandations peinent encore à irriguer le cadre législatif et les politiques sectorielles, malgré des avancées ponctuelles et des tentatives de structuration. Dans une nouvelle publication, le Comité français de l’UICN propose de mieux comprendre ce concept devenu incontournable et de l’intégrer dans les politiques et les décisions publiques. Ce travail de long terme a mobilisé un grand nombre d’organisations membres et d’expert/es du Comité français de l’UICN, issus d’horizons disciplinaires variés. A l’occasion de la Journée mondiale de la santé le 7 avril prochain, et de l’organisation par la France du One Health Summit à Lyon, le Comité français de l’UICN appelle à travers les recommandations de cette brochure, à une transformation profonde des politiques de santé pour intégrer le vivant. Parmi les 19 recommandations du Comité français de l’UICN pour la mise en œuvre de l’approche Une seule santé, les recommandations suivantes peuvent être considérées comme prioritaires : Adopter une loi et une stratégie nationale Une seule santé, soutenues par une gouvernance interministérielle dédiée. Cette proposition vise à intégrer de manière cohérente les dimensions de santé animale, végétale, humaine et environnementale dans l’ensemble des politiques publiques, en garantissant l’harmonisation des cadres normatifs. La gouvernance proposée devra associer les ministères chargés de la Santé, de l’Agriculture et de l’Agro-alimentaire, de la Transition écologique, et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, afin d’assurer un pilotage coordonné, un suivi renforcé et une véritable transversalité des actions.   Faire de la lutte contre le commerce illégal et de la réduction des interactions inutiles ou illicites entre humains et faune sauvage une priorité nationale et de coopération transfrontière. Le commerce, l’utilisation ou la consommation d’animaux sauvages — qu’il s’agisse d’alimentation, de pharmacopée, de mode, d’animaux de compagnie, de pratiques culturelles ou de tourisme — constituent des pressions majeures sur de nombreuses espèces. Ces pratiques représentent également un risque important pour la santé publique en favorisant la transmission d’agents pathogènes entre la faune sauvage et l’être humain. Les flux liés au trafic engendrent aussi une importante dispersion géographique de ces agents pathogènes, et accroissent le risque de transmission entre populations animales de régions différentes et de contamination. Une action renforcée est donc essentielle pour protéger la biodiversité tout en limitant les risques sanitaires associés.   Faire de la préservation et de la restauration de la biodiversité un pilier structurant de la politique sanitaire nationale. Les actions de protection, de restauration et d’amélioration de la gestion durable des écosystèmes contribuent directement à la réduction des risques sanitaires, en renforçant les fonctions écologiques qui régulent les agents pathogènes, les vecteurs et les pressions environnementales. Dans cette perspective, les aires protégées et les Solutions fondées sur la Nature (SfN), qui s’inscrivent dans une approche systémique et intégrée du vivant, constituent des leviers particulièrement efficaces pour opérationnaliser l’approche Une seule santé. Il est donc nécessaire de renforcer leur déploiement et leur efficacité, notamment par la mobilisation de financements dédiés, par leur intégration dans les politiques sectorielles et par le développement de dispositifs d’évaluation de leurs bénéfices sanitaires et écologiques.   Renforcer la mobilisation des territoires dans le déploiement de politiques et d’actions relevant de l’approche Une seule santé. Il s’agit d’encourager les collectivités territoriales à poursuivre et structurer leurs initiatives en élaborant des stratégies Une seule santé intégrant ce principe dans l’ensemble des secteurs d’action publique, notamment via des outils tels que la planification écologique, les documents de planification territoriale ou encore l’évaluation environnementale. Cette dynamique devra être accompagnée par une reconnaissance nationale des initiatives territoriales exemplaires ainsi que par la mise en place de dispositifs financiers adaptés pour soutenir leur mise en œuvre, leur diffusion et leur pérennisation.   Consultez et téléchargez la brochure Comprendre le concept Une seul santé Lire le communiqué de presse  Contact  Florence Clap Responsable Politiques de la biodiversitéComité français de l’UICNflorence.clap@uicn.fr  Photo bandeau : © Olivier Briand 

Parcs éoliens terrestres et marins : quels leviers pour réduire leurs impacts sur la biodiversité ?

Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui une analyse et des recommandations sur la réduction des impacts des parcs éoliens terrestres et marins sur la biodiversité. L’objectif de cette publication est de faire évoluer les pratiques pour une meilleure conciliation entre transition énergétique et préservation de la nature, en accompagnant la filière éolienne et les pouvoirs publics, dans la réduction des impacts. Le Comité français de l’UICN poursuit ainsi ses travaux sur la séquence « Eviter-Réduire-Compenser », après sa publication sur l’amélioration de la prise en compte de la biodiversité dans la planification et la conception des projets éoliens et photovoltaïques*, correspondant au nécessaire évitement des impacts sur la biodiversité. Dans sa stratégie de transition énergétique, la France prévoit la décarbonation du mix énergétique en réduisant les consommations, en électrifiant les usages et en développant les énergies bas-carbone. La nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) prévoit entre autres de tenir un rythme de déploiement d’environ 1,3 GW de puissance éolienne terrestre chaque année, soit 35 à 40 GW d’ici 2035, et de viser 15 GW de puissance installée d’éolien offshore à ce même horizon. Le Comité français de l’UICN soutient le développement des énergies renouvelables comme un levier important d’atténuation du changement climatique et de sécurisation de l’approvisionnement énergétique français, mais appelle à ce que les enjeux de biodiversité soient systématiquement pris en compte dans la planification et la mise en œuvre de chaque projet. En effet, le développement des énergies renouvelables, comme tout projet d’infrastructures, engendre des impacts potentiellement significatifs sur les habitats naturels et les espèces. Les parcs éoliens, à terre comme en mer, peuvent engendrer une dégradation des écosystèmes, une perte d’habitats naturels pour les espèces, des perturbations comportementales et des mortalités de la faune volante comme les oiseaux et les chauves-souris. Les incidences des parcs éoliens dépendent de leur localisation et de la nature des sites d’implantation, d’où l’importance, en premier lieu, de la planification spatiale et des mesures d’évitement. En phase de construction, d’exploitation et de démantèlement, des mesures de réduction visent à limiter les impacts n’ayant pas pu être évités. L’efficacité de certaines de ces mesures est démontrée par la science, comme par exemple l’arrêt des éoliennes dans les conditions d’activité des chauves-souris ou les rideaux de bulles pour limiter la propagation du bruit sous-marin. D’autres mesures, comme les Systèmes de Détection Automatique de l’Avifaune (SDA), font l’objet d’une évolution et d’une diffusion rapides, suivant les progrès des technologies sur lesquelles elles se reposent. L’efficacité de ces dernières doit cependant systématiquement être évaluée afin que leur intérêt pour la réduction des impacts de l’éolien sur la biodiversité soit prouvée de manière transparente.  Au fil de quatre grandes fiches thématiques, où des retours d’expérience de développeurs éoliens sont mis au regard des connaissances scientifiques, le Comité français de l’UICN montre que la prise en compte de la biodiversité est nécessaire et possible dans la réalisation et l’exploitation des projets éoliens, au travers de mesures de réduction pensées avec rigueur et pragmatisme. Cette publication conduit, en conclusion, à la formulation de recommandations pour améliorer les pratiques en matière de réduction d’impacts sur la biodiversité et poursuivre leur déploiement. Le Comité français de l’UICN s’est appuyé sur l’expertise de son réseau de membres et d’expert(e)s et a pu compter sur la mobilisation de chercheurs/euses français.e.s et internationaux pour l’accompagner dans la réalisation de ce travail. Celui-ci s’inscrit dans une démarche de facilitation du dialogue et de partage de connaissances entre les différents acteurs de la transition énergétique et de la conservation de la nature. Cette brochure a été réalisée avec le soutien de l’Ademe, du Ministère de la Transition écologique, du Fonds AXA pour le Progrès Humain, de la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale et d’Engie Green France. Consulter la brochure : La réduction des impacts sur la biodiversité des parcs éoliens terrestres et marins. Visionner le Webinaire Réduction éolien terrestre et marin. Lire la brochure précédente : Améliorer la prise en compte de la biodiversité dans la planification et la conception des projets éoliens et photovoltaïques. Photo bandeau : © Paul Bonfils, Freepik, Aurélien Audevard.

Deuxième appel BESTLIFE2030 visant à mobiliser plus de 8 millions d’euros pour 81 projets en faveur de la biodiversité dans les régions ultrapériphériques et les PTOM de l’UE

Le deuxième appel à propositions dans le cadre du programme BESTLIFE2030 mobilisera plus de 8 millions d’euros pour soutenir 81 projets locaux en faveur de la biodiversité dans les régions ultrapériphériques (RUP) et les pays et territoires d’outre-mer (PTOM) de l’Union européenne. Les résultats confirment le vif intérêt suscité par le programme et marquent une étape importante dans la mise en œuvre de son budget global de 23,4 millions d’euros, qui devrait permettre de soutenir environ 234 projets dans le cadre de quatre appels à propositions. S’appuyant sur le premier appel, qui a octroyé 57 subventions et mobilisé 5,57 millions d’euros, ce deuxième cycle élargit à la fois le nombre d’initiatives soutenues et la diversité des organisations menant des efforts de conservation sur le terrain. Résultats du portefeuille Les 81 projets recommandés pour un financement reflètent une large couverture géographique dans les RUP et les PTOM. L’appel confirme l’intérêt continu des parties prenantes dans tous les territoires et démontre une adoption régulière à mesure que le programme progresse dans sa phase de mise en œuvre. Ensemble, les premier et deuxième appels représentent une part substantielle du soutien prévu par le programme, renforçant le rôle de BESTLIFE2030 dans le renforcement des capacités de conservation de la biodiversité dans certaines des régions les plus riches et les plus vulnérables d’Europe sur le plan écologique. Thèmes prioritaires Le portefeuille du deuxième appel met fortement l’accent sur les actions écologiques pratiques et concrètes. La restauration des écosystèmes et la conservation des espèces apparaissent comme les types d’actions les plus courants, ce qui confirme l’importance accordée à la lutte contre la dégradation des habitats et à la protection des espèces menacées et endémiques. Les principales catégories thématiques comprennent la restauration des écosystèmes, la restauration des espèces, la gestion durable, les zones protégées et la gestion des espèces exotiques envahissantes. Dans l’ensemble, le portefeuille montre une concentration sur les résultats directs en matière de biodiversité, conformément à l’objectif du programme qui consiste à renforcer la résilience des écosystèmes et à intensifier les efforts de conservation dans les territoires d’outre-mer de l’UE. Large participation et leadership local Le deuxième appel reflète un large engagement de la part de différents types d’organisations. Les principaux candidats sont des organisations non gouvernementales, des instituts de recherche, des autorités locales et d’autres entités éligibles. L’élargissement des critères d’éligibilité entre les appels a permis une plus grande participation, soutenant ainsi un large éventail d’acteurs travaillant au niveau territorial. Cette approche renforce l’engagement du programme à renforcer l’appropriation locale et la prise de décision dans le domaine de la biodiversité. En permettant aux organisations implantées dans les régions de diriger des projets, BESTLIFE2030 continue de promouvoir un modèle qui soutient les initiatives de conservation locales adaptées à des contextes écologiques spécifiques. Prochaine phase Avec deux appels à projets désormais clôturés et deux autres prévus, BESTLIFE2030 progresse régulièrement vers la mise en œuvre complète de son budget de 23,4 millions d’euros. Les 81 projets recommandés vont maintenant passer à la phase de contractualisation et de mise en œuvre. À mesure que les activités commenceront sur le terrain, elles contribueront directement à renforcer les actions de conservation dans les RUP et les PTOM et à faire progresser les objectifs de l’UE en matière de biodiversité. Les résultats du deuxième appel témoignent de la dynamique continue et de l’intérêt soutenu pour le programme, renforçant son rôle en tant que mécanisme clé pour soutenir la conservation de la biodiversité dans les régions d’outre-mer de l’Europe. Photo bandeau : © La société PRO-VISION

Publication d’une évaluation de l’IPBES sur le lien entre entreprises et biodiversité

L’IPBES a publié son dernier rapport sur les entreprises et la biodiversité : le Comité français de l’UICN soutient pleinement les analyses et constats et appelle l’ensemble des acteurs à collaborer et s’en saisir. Selon la nouvelle évaluation de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité, les actions positives des entreprises et des institutions financières sont essentielles à la transition vers un système économique juste et durable. Cette évaluation met en garde contre le fait que le déclin accéléré de la biodiversité et des contributions de la nature à l’humanité n’est pas seulement un problème environnemental, mais aussi un risque systémique qui menace la stabilité économique mondiale, les marchés financiers et le bien-être humain. L’évaluation méthodologique par l’IPBES[1] des conséquences de l’activité des entreprises sur la biodiversité et sur les contributions de la nature aux populations et de la dépendance des entreprises à leur égard (connu sous le nom de Rapport « Entreprises & biodiversité » ou « Business and Biodiversity Report ») a été approuvée lors de la 12e session de la plénière de l’IPBES, qui s’est tenue à Manchester, au Royaume-Uni, (du 3 au 8 février 2026) par les représentants des 150 gouvernements membres de l’IPBES. Le rapport constate que les conditions actuelles dans lesquelles les entreprises opèrent ne sont globalement pas compatibles avec la réalisation d’un avenir juste et durable, et que ces conditions perpétuent également des risques systémiques. Le rapport souligne qu’un changement fondamental est possible et nécessaire pour créer un environnement propice permettant d’aligner ce qui est rentable pour les entreprises sur ce qui est bénéfique pour la biodiversité et les populations. « S’engager en faveur de la nature n’est pas une option pour les entreprises, c’est une nécessité. Les entreprises sont à la fois des bénéficiaires de la nature et des acteurs majeurs de son déclin. Elles ont donc un rôle essentiel à jouer pour garantir une gestion responsable de notre environnement. Cette démarche est vitale pour leurs résultats financiers, leur prospérité à long terme et la transformation nécessaire à un avenir plus juste et plus durable. » explique le Professeur Ximena Rueda Fajardo, School of Management de l’Universidad de los Andes, coprésidente de l’Evaluation des Entreprises et de la Biodiversité de l’IPBES. Cette évaluation préparée par 80 experts internationaux issus de 35 pays de toutes les régions du monde et de diverses disciplines, a nécessité trois ans de développement et s’appuie sur des milliers de références. Le rapport, composé de six chapitres est accompagné par un résumé pour décideurs (gouvernements, entreprises, société civile) avec l’énonciation de messages-clés pour faciliter le passage à l’action. Il met en évidence des méthodes et plus de 100 actions spécifiques pour mesurer et répondre aux impacts et dépendances des entreprises, à l’intention des entreprises, des gouvernements, des institutions financières et de la société civile, notamment : Des stratégies transparentes et crédibles pour suivre les impacts et les dépendances vis-à-vis de la nature. Des indicateurs spécifiques à chaque secteur pour mesurer les résultats en matière de biodiversité tout au long des chaînes de valeur. Un engagement inclusif avec les peuples autochtones et les communautés locales, reconnaissant leurs connaissances et leurs droits. Le Comité français de l’UICN est déjà mobilisé sur un certain nombre des solutions proposées telles que : Accompagnement d’entreprises pour évaluer leurs impacts et dépendances vis-à-vis de la biodiversité, intégrer la biodiversité dans leur stratégie et renforcer leurs actions pour la préserver Contributeur et évaluateur des initiatives telles que « Act4Nature International » et « Entreprise engagée pour la nature » Soutien à des actions de protection et de restauration de la nature d’entreprises Développement et accompagnement sur des outils et des approches permettant de mieux connaître les impacts des entreprises et cibler les actions à mener (STAR, listes rouges, standard mondial des Solutions fondées sur la Nature, RHINO). Sensibilisation des dirigeants et collaborateurs aux enjeux biodiversité. Réalisation d’études sur les impacts biodiversité sur la chaîne de valeur amont de certains produits et sensibilisation des connaissances des services achats des entreprises. Réflexions et travaux pour structurer et améliorer l’action des entreprises (reporting biodiversité, certificats biodiversité, cadre d’action positif pour la nature, économie de régénération). L’évaluation de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité donne également un nouvel élan à la mise en œuvre de la résolution approuvée par les membres de l’UICN lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN en 2025 et proposée par le Comité français de l’UICN, intitulée « Définir un cadre solide pour le Positif pour la nature pour les entreprises ». Cette évaluation arrive à point nommé, après l’adoption du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité en 2022 et à quatre ans de l’échéance pour atteindre ses objectifs pour 2030. Le Cadre précise clairement que la mise en place d’un avenir positif pour la nature nécessite une approche globale de la société, y compris du secteur privé, et comprend un objectif spécifique en matière d’engagement et de divulgation d’informations par les entreprises. Cela signifie que les entreprises et les institutions financières sont tenues non seulement d’atténuer leurs propres impacts négatifs, mais aussi de contribuer aux objectifs mondiaux en faveur de la nature, c’est-à-dire d’obtenir des résultats positifs pour la nature. L’ensemble des acteurs doivent maintenant collaborer et se saisir de ce rapport dans cette perspective. Photo bandeau : © Jevgenij Voronov/Unsplash [1] Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques  

Pour une stratégie dédiée aux outre-mer pour le 4ᵉ Plan national milieux humides (2026–2030)

A l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, le Comité français de l’UICN, via le Pôle relais Zones humides tropicales (PRZHT) qu’il anime, a publié sa Proposition de stratégie outre-mer du 4ᵉ Plan national milieux humides (PNMH 2026–2030). Remise au ministère de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, cette proposition de stratégie constitue une feuille de route inédite et ambitieuse, spécifiquement pensée pour répondre aux enjeux écologiques, climatiques, sociaux et culturels des zones humides des territoires ultramarins. Des milieux clés pour l’avenir des territoires Mangroves, mares, lagunes, forêts marécageuses, vasières ou encore ripisylves : les milieux humides d’outre-mer concentrent une biodiversité exceptionnelle, fournissent des services écosystémiques essentiels (régulation de l’eau, protection contre les risques naturels, stockage du carbone) et sont au cœur des équilibres sociaux et culturels des territoires. Pourtant, ces milieux restent parmi les plus menacés : urbanisation, pollutions, espèces exotiques envahissantes, artificialisation, impacts croissants du changement climatique et événements extrêmes. Une proposition co-construite, territorialisée et opérationnelle Cette proposition de stratégie est le fruit d’un important travail de co-construction, mené par l’équipe du PRZHT, épaulée par Mélanie Herteman – docteure en écologie, spécialiste mangroves & zones humides – en partenariat avec 151 acteurs mobilisés en Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte (services de l’État, collectivités, gestionnaires, chercheurs, associations, usagers). Structurée autour de trois grands axes – AGIR, MOBILISER, CONNAÎTRE – cette proposition décline : des mesures concrètes de protection, de gestion et de restauration des milieux humides par territoire, le renforcement des compétences locales, de la gouvernance et des coopérations régionales, le développement de la connaissance, de la cartographie et du suivi des milieux humides ultramarins. Elle s’inscrit pleinement dans les objectifs de la Stratégie nationale biodiversité 2030 et du PNMH4, en proposant une approche adaptée aux réalités locales des outre mer. Ce travail a bénéficié du soutien financier du ministère de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, de la DEAL Guadeloupe et de la DGTM Guyane, ainsi que d’un comité de relecture rassemblant de nombreux partenaires institutionnels. Lien vers la stratégie Photo bandeau © Pôle Relais sur les Zones Humides Tropicales

Biodiversité et chaîne de valeur amont des entreprises : le cas du bois d’œuvre et d’industrie

Le Comité français de l’UICN a initié dès 2023 des travaux avec son groupe de travail « Entreprises& Biodiversité » sur la chaîne de valeur amont des entreprises*, afin d’identifier les impacts et dépendances sur la biodiversité et les services écosystémiques liés à leurs achats, ainsi que pour leur proposer des recommandations. Une première fiche a été publiée en mai 2024 sur les impacts de l’approvisionnement en aluminium (à retrouver ici) Une nouvelle fiche publiée aujourd’hui, concerne le bois d’œuvre et d’industrie et a pour vocation d’accompagner les entreprises dans :   L’identification de leurs impacts et de leurs dépendances vis-à-vis de la biodiversité et des services écosystémiques liés à leurs achats de produits en bois ou de produits dérivés du bois ; L’établissement d’une vue d’ensemble des principaux mécanismes de certification existants ; L’intégration de cet enjeu dans leurs stratégies biodiversité, leur charte RSE ou d’achats responsables, en lien avec leurs fournisseurs. Selon les estimations de la FAO (Food and Agriculture Organization), la production mondiale de bois a atteint en 2022 un niveau sans précédent de 4 milliards de m² par an et les estimations projettent une augmentation de 50% de la demande en bois rond d’ici 2050.  De plus, les pratiques d’industrialisation des forêts cultivées et des plantations d’arbres à croissance rapide se sont accélérées dans les années 1960. Aujourd’hui, elles couvrent environ 7 % de la superficie forestière mondiale et produisent 46 % du bois rond à l’échelle mondiale.   Cette augmentation de la production mondiale de bois et des plantations industrielles engendre un fort impact sur les forêts et plus largement sur la biodiversité puisque les celles-ci fournissent un habitat à 80% des espèces d’amphibiens, 75% des espèces d’oiseaux et 68% des espèces de mammifères dans le monde. Ainsi, l’exploitation forestière non durable et les opérations de transformation du bois contribuent àtoutes les pressions sur la biodiversité et en particulier : la dégradation des forêts, la surexploitation des la ressource en eau, la réduction des stocks de carbone et les émissions de GES ainsi que l’introduction d’espèces exotiques envahissantes dans les forêts.   Au regard de l’augmentation mondiale de la production et de la demande en bois, le Comité français de l’UICN propose quatre recommandations aux entreprises afin d’assurer une exploitation durable des forêts ainsi qu’une diminution des pressions sur la biodiversité : Établir au préalable un diagnostic des impacts, dépendances et risques pour évaluer les liens de l’activité de l’entreprise et de ses fournisseurs vis-à-vis de la biodiversité. Favoriser les produits en bois et produits dérivés du bois recyclés et recyclables dans le but de réduire les pressions sur les forêts.  Favoriser les produits certifiés FSC ou PEFC afin de garantir une gestion durable et traçable des ressources forestières et de promouvoir des chaînes de valeurs plus vertueuses. Privilégier les produits issus de bois local de manière à réduire l’empreinte carbone liée au transport, soutenir les filières locales et renforcer la traçabilité des produits.  À noter que ces recommandations s’adressent aux entreprises dont le bois d’œuvre et d’industrie n’est pas le cœur de métier, mais fait néanmoins partie de leurs achats notamment pour le fonctionnement de l’entreprise (palettes, cartons mobilier, bois de construction etc.). Les entreprises des secteurs spécialisés dans le bois d’œuvre et d’industrie auront besoin d’éléments plus détaillés, en raison de la complexité des enjeux spécifiques à ce domaine, cette fiche ne leur est donc pas adressée.   Ce travail a été soutenu par les huit entreprises partenaires du Comité français de l’UICN : Heidelberg Materials France, EDF, Veolia, ENGIE, Storengy France, EQIOM, Primagaz et Nestlé Waters France.   * La notion de chaîne de valeur d’une entreprise désigne l’ensemble des processus et des interactions qui ont pour objectifs de générer une certaine valeur (à travers la création de produits et de services) à destination de ses clients. Au sein de ces processus, la chaîne de valeur amont concerne toutes les activités liées à l’approvisionnement en matières premières pour la fabrication des produits et par conséquent les interactions entre l’entreprise et ses fournisseurs. A travers l’achat de matières premières extraites des milieux naturels, les entreprises ont ainsi un impact indirect sur la biodiversité. PUBLICATION : Les chaînes de valeur amont des entreprises – Fiches bois d’oeuvre et d’industrie (2025) © Photo bandeau : tookapic

Les mangroves de Nouvelle-Calédonie et de Wallis menacées, selon la Liste rouge des écosystèmes en France

La Liste rouge des écosystèmes en France évalue pour la première fois les mangroves de Nouvelle-Calédonie et de Wallis, selon les critères et la méthodologie de l’UICN. Ces deux écosystèmes, respectivement classés « Vulnérable » et « En danger critique », sont menacés par de multiples pressions, à la fois locales et globales, parmi lesquelles le changement climatique joue un rôle central. Des écosystèmes sous pressions Les mangroves de Nouvelle-Calédonie et de Wallis subissent des pressions importantes comme l’urbanisation, les remblaiements et les pollutions, qui entraînent une réduction de leur surface et une dégradation de leur état écologique. Elles sont également particulièrement exposées à l’élévation du niveau de la mer, l’un des effets majeurs du changement climatique sur les zones littorales. Les mangroves de Wallis sont évaluées « En danger critique » (CR). Si récemment leur surface semble stable, voire en légère augmentation, leur distribution très restreinte, leur structure en étroites franges côtières, ainsi que la configuration de l’île, basse et entièrement ceinturée par une route limitant leur extension dans les terres, les rendent éminemment sensibles aux événements climatiques extrêmes et à la montée des eaux. Les mangroves de Nouvelle-Calédonie sont évaluées « Vulnérables » (VU) avec un niveau d’incertitude compris entre les catégories « Vulnérable » et « En danger » (VU-EN). L’urbanisation est la pression principale qui affecte la distribution de ces mangroves. Bien que concentrée localement, elle a déjà entraîné des pertes importantes de superficies de mangroves par le passé. Aujourd’hui encore, la pression sur ces milieux fragiles reste bien réelle. Tout comme les mangroves de Wallis, l’élévation du niveau de la mer constitue un facteur déterminant du risque d’effondrement de l’écosystème. En raison des incertitudes quant aux effets du changement climatique à moyen terme, qui peuvent varier selon le contexte et les différents scénarios, le niveau de menaces pesant sur les mangroves de Nouvelle-Calédonie oscille entre les catégories « Vulnérable » et « En danger ». Renforcer la protection et les connaissances La Liste rouge des écosystèmes de mangroves de Nouvelle-Calédonie et de Wallis révèle également qu’un certain nombre de critères ont abouti à l’évaluation « Données Insuffisantes » (DD), faute de données suffisantes ou homogènes sur le long terme. Ceci souligne l’importance de renforcer, parallèlement aux efforts de conservation, des programmes d’acquisition de connaissances sur le fonctionnement des mangroves dans ces deux collectivités d’outre-mer. Outre leur biodiversité remarquable, les mangroves ont de multiples rôles écologiques et rendent de nombreux services écosystémiques essentiels à la résilience des territoires, tels que le stockage de carbone, la limitation des risques naturels (érosion côtière, submersion marine, impacts des tempêtes) ou la filtration des eaux. Pour anticiper l’évolution de ces écosystèmes clés et afin d’assurer leur avenir, il apparaît nécessaire de pérenniser les programmes de suivi de la biodiversité des mangroves et des processus écologiques qu’elles soutiennent, et de mieux connaître les réponses de ces écosystèmes au changement climatique, notamment face à la montée du niveau marin, et en tenant compte du contexte particulier de chaque collectivité. Ces connaissances sont essentielles pour renforcer les actions de conservation et de restauration menées sur ces écosystèmes menacés. Consulter la brochure : La Liste rouge des écosystèmes en France – Les mangroves du Pacifique Nouvelle-Calédonie et Wallis, Le rapport technique : La Liste rouge des écosystèmes en France – Les mangroves du Pacifique Nouvelle-Calédonie et Wallis, Le communiqué de presse. Photo bandeau © Sylvain Corbel

Le B.A.-BA des stratégies régionales pour la biodiversité

Les stratégies régionales pour la biodiversité (SRB), devenues obligatoires avec la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages de 2016, constituent aujourd’hui l’un des principaux cadres d’action pour préserver et restaurer la biodiversité à l’échelle régionale. Mais concrètement, qu’est-ce qu’une SRB ? Quels sont ses objectifs et ses caractéristiques ? Qui en sont les acteurs clés, et comment ces stratégies sont-elles déployées sur l’ensemble du territoire ? Pour répondre à ces questions, le Comité français de l’UICN publie, en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et le Ministère de la transition écologique, la fiche introductive de la boîte à outils des SRB. Cette nouvelle fiche, intitulée « Le B.A.-BA des stratégies régionales pour la biodiversité », plante le décor : elle offre une vision claire et synthétique de ce qu’est une SRB, et du déploiement de ces stratégies en France métropolitaine et d’outre-mer. Elle propose notamment : une présentation des caractéristiques fondamentales d’une SRB : définition, objectifs, contenu, gouvernance ; un état des lieux national des SRB ; une introduction à la boîte à outils et aux fiches qui la composent. Élaborée par le Comité français de l’UICN et son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité », en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et le Ministère de la transition écologique, la boîte à outils des SRB est un outil opérationnel destiné à accompagner les territoires dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de leurs stratégies en faveur de la biodiversité. Chaque fiche propose des pistes méthodologiques illustrées par des retours d’expériences territoriales sur des thèmes identifiés par le groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » comme étant prioritaires pour « réussir » sa stratégie. Si elle s’adresse en priorité aux Régions et à leurs partenaires (ARB, services et opérateurs de l’État principalement), elle peut également être mobilisée par toute collectivité (Département, Intercommunalité, Ville) engagée dans une stratégie biodiversité. Ce travail s’inscrit dans plus de dix années d’accompagnement du Comité français de l’UICN pour soutenir le développement et le renforcement des SRB. Plus d’informations ici. Contact : Valérie Moral, Coordinatrice “Collectivités & Biodiversité”. Télécharger la fiche « Le B.A.-BA des SRB »

Quarry Life Award : découvrez les lauréats de la 6ème édition !

Le concours scientifique et éducatif international Quarry Life Award, créé par Heidelberg Materials, récompense les actions novatrices ou exemplaires en faveur de la biodiversité en carrière. L’ambition de ce concours est d’améliorer les connaissances en matière de biodiversité sur les sites de carrières, de la favoriser et de sensibiliser le grand public à l’importance de sa préservation. A cette occasion, chercheurs, étudiants, techniciens ou citoyens sont invités à participer à ce concours en répondant à l’appel à projets lancé par le groupe Heidelberg Materials en France. En décembre 2024, le jury national du Quarry Life Award, dont le Comité français de l’UICN fait partie, a sélectionné 5 projets pour deux catégories, Recherche et Initiatives sociétales. Ces projets ont commencé leur mise en œuvre en 2025. Le jury national s’est réuni en octobre 2025 pour déterminer un classement des projets pour chaque catégorie.  LE lauréat de la catégorie Recherche Le jury a attribué le 1er prix de la catégorie Recherche à un projet porté par le CPIE Loire Anjou – Carrefour des Mauges sur la carrière de Sainte-Pazanne. En déclinaison du Plan national pollinisateurs, ce projet vise à étudier les espèces d’abeilles sauvages présentes sur la carrière, notamment dans les sablières et les carrières de roche massive.  L’objectif du projet est d’acquérir des connaissances sur les modes de reproduction et d’alimentation des abeilles sauvages. Le projet intègre également une sensibilisation des salariés aux enjeux de protection de ces espèces et l’installation d’aménagements dans la carrière pour favoriser leur présence. Deux autres projets étaient en lice dans cette catégorie : La 2ème place est attribuée au le projet d’inventaire des papillons de nuit, porté par le Conservatoire d’espaces naturels Centre-Val de Loire sur la carrière de Baccon.  Enfin, le projet relatif à l’identification des pollinisateurs sauvages sur une carrière de craie, porté par le Conservatoire d’espaces naturels de Champagne-Ardenne sur la carrière de Couvrot, est classé à la 3ème place.   LE lauréat de la catégorie Initiatives sociétales Le projet sur la carrière de Pont-à-Mousson dédié à la mise en place d’un parcours pédagogique a été désigné comme lauréat pour la catégorie Initiatives sociétales. Ce projet, porté par l’association NEOMYS et impliquant divers acteurs du territoire, vise à préserver et valoriser un site restauré au sein d’une ancienne carrière.  Le projet s’articule selon trois axes : la création de supports pédagogiques, la mise en place d’aménagements favorisant l’observation et le développement de formations professionnelles assurées par des experts. Ces actions se font de manière respectueuse avec la biodiversité présente localement, notamment avec des chevaux tarpans qui assurent l’entretien du site. Le projet classé second concerne la mise en place d’un éco-pâturage pour la préservation d’une pelouse sèche sur dalles calcaires. Ce projet est porté par le Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine sur la carrière d’Arancou. Le Comité français de l’UICN est partenaire de la filiale française d’Heildeberg Materials depuis plus de 15 ans. Il accompagne les porteurs de projets dans leur démarche et apporte son soutien pour l’organisation du concours en France. Un projet français recompensé au concours international ! L’ensemble de ces projets ont représenté la France au concours international des QLA organisé par Heidelberg Materials. L’annonce des résultats et la remise des prix ont été effectués lors d’une cérémonie organisée le jeudi 27 novembre 2025 au siège d’Heidelberg Materials, à Heidelberg en Allemagne.  Pour la 3ème édition consécutive la France se démarque ! En effet, dans la 6ème catégorie « Recherche sur les habitats et les espèces », c’est un site français, la carrière de Sainte-Pazanne, qui remporte le prix avec son projet dédié aux abeilles sauvages. Ce prix vient récompenser les travaux menés par le CPIE Loire-Anjou sur le rôle des carrières comme habitats pour les pollinisateurs.  Le Grand Prix du concours a été attribué à un projet réalisé en Pologne portant sur la transformation d’une ancienne carrière en site modèle pour la restauration d’habitats naturels. D’autres projets ont été récompensés : la préservation des amphibiens au Maroc ou encore l’éducation à l’environnement grâce à l’observation d’oiseaux en Indonésie. Plus d’informations Consulter le site internet dédié au Quarry Life Award Consulter le communiqué de presse Consulter la vidéo de présentation Contacter Pierre Reaud, chargé de mission “Entreprises et biodiversité” Contacter Ludovic Pero, le référent national du concours (Heidelberg Materials France) Les travaux du Comité français de l’UICN sur les entreprises et la biodiversité