Le B.A.-BA des stratégies régionales pour la biodiversité

Les stratégies régionales pour la biodiversité (SRB), devenues obligatoires avec la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages de 2016, constituent aujourd’hui l’un des principaux cadres d’action pour préserver et restaurer la biodiversité à l’échelle régionale. Mais concrètement, qu’est-ce qu’une SRB ? Quels sont ses objectifs et ses caractéristiques ? Qui en sont les acteurs clés, et comment ces stratégies sont-elles déployées sur l’ensemble du territoire ? Pour répondre à ces questions, le Comité français de l’UICN publie, en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et le Ministère de la transition écologique, la fiche introductive de la boîte à outils des SRB. Cette nouvelle fiche, intitulée « Le B.A.-BA des stratégies régionales pour la biodiversité », plante le décor : elle offre une vision claire et synthétique de ce qu’est une SRB, et du déploiement de ces stratégies en France métropolitaine et d’outre-mer. Elle propose notamment : une présentation des caractéristiques fondamentales d’une SRB : définition, objectifs, contenu, gouvernance ; un état des lieux national des SRB ; une introduction à la boîte à outils et aux fiches qui la composent. Élaborée par le Comité français de l’UICN et son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité », en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et le Ministère de la transition écologique, la boîte à outils des SRB est un outil opérationnel destiné à accompagner les territoires dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de leurs stratégies en faveur de la biodiversité. Chaque fiche propose des pistes méthodologiques illustrées par des retours d’expériences territoriales sur des thèmes identifiés par le groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » comme étant prioritaires pour « réussir » sa stratégie. Si elle s’adresse en priorité aux Régions et à leurs partenaires (ARB, services et opérateurs de l’État principalement), elle peut également être mobilisée par toute collectivité (Département, Intercommunalité, Ville) engagée dans une stratégie biodiversité. Ce travail s’inscrit dans plus de dix années d’accompagnement du Comité français de l’UICN pour soutenir le développement et le renforcement des SRB. Plus d’informations ici. Contact : Valérie Moral, Coordinatrice “Collectivités & Biodiversité”. Télécharger la fiche « Le B.A.-BA des SRB »
Quarry Life Award : découvrez les lauréats de la 6ème édition !

Le concours scientifique et éducatif international Quarry Life Award, créé par Heidelberg Materials, récompense les actions novatrices ou exemplaires en faveur de la biodiversité en carrière. L’ambition de ce concours est d’améliorer les connaissances en matière de biodiversité sur les sites de carrières, de la favoriser et de sensibiliser le grand public à l’importance de sa préservation. A cette occasion, chercheurs, étudiants, techniciens ou citoyens sont invités à participer à ce concours en répondant à l’appel à projets lancé par le groupe Heidelberg Materials en France. En décembre 2024, le jury national du Quarry Life Award, dont le Comité français de l’UICN fait partie, a sélectionné 5 projets pour deux catégories, Recherche et Initiatives sociétales. Ces projets ont commencé leur mise en œuvre en 2025. Le jury national s’est réuni en octobre 2025 pour déterminer un classement des projets pour chaque catégorie. LE lauréat de la catégorie Recherche Le jury a attribué le 1er prix de la catégorie Recherche à un projet porté par le CPIE Loire Anjou – Carrefour des Mauges sur la carrière de Sainte-Pazanne. En déclinaison du Plan national pollinisateurs, ce projet vise à étudier les espèces d’abeilles sauvages présentes sur la carrière, notamment dans les sablières et les carrières de roche massive. L’objectif du projet est d’acquérir des connaissances sur les modes de reproduction et d’alimentation des abeilles sauvages. Le projet intègre également une sensibilisation des salariés aux enjeux de protection de ces espèces et l’installation d’aménagements dans la carrière pour favoriser leur présence. Deux autres projets étaient en lice dans cette catégorie : La 2ème place est attribuée au le projet d’inventaire des papillons de nuit, porté par le Conservatoire d’espaces naturels Centre-Val de Loire sur la carrière de Baccon. Enfin, le projet relatif à l’identification des pollinisateurs sauvages sur une carrière de craie, porté par le Conservatoire d’espaces naturels de Champagne-Ardenne sur la carrière de Couvrot, est classé à la 3ème place. LE lauréat de la catégorie Initiatives sociétales Le projet sur la carrière de Pont-à-Mousson dédié à la mise en place d’un parcours pédagogique a été désigné comme lauréat pour la catégorie Initiatives sociétales. Ce projet, porté par l’association NEOMYS et impliquant divers acteurs du territoire, vise à préserver et valoriser un site restauré au sein d’une ancienne carrière. Le projet s’articule selon trois axes : la création de supports pédagogiques, la mise en place d’aménagements favorisant l’observation et le développement de formations professionnelles assurées par des experts. Ces actions se font de manière respectueuse avec la biodiversité présente localement, notamment avec des chevaux tarpans qui assurent l’entretien du site. Le projet classé second concerne la mise en place d’un éco-pâturage pour la préservation d’une pelouse sèche sur dalles calcaires. Ce projet est porté par le Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine sur la carrière d’Arancou. Le Comité français de l’UICN est partenaire de la filiale française d’Heildeberg Materials depuis plus de 15 ans. Il accompagne les porteurs de projets dans leur démarche et apporte son soutien pour l’organisation du concours en France. Un projet français recompensé au concours international ! L’ensemble de ces projets ont représenté la France au concours international des QLA organisé par Heidelberg Materials. L’annonce des résultats et la remise des prix ont été effectués lors d’une cérémonie organisée le jeudi 27 novembre 2025 au siège d’Heidelberg Materials, à Heidelberg en Allemagne. Pour la 3ème édition consécutive la France se démarque ! En effet, dans la 6ème catégorie « Recherche sur les habitats et les espèces », c’est un site français, la carrière de Sainte-Pazanne, qui remporte le prix avec son projet dédié aux abeilles sauvages. Ce prix vient récompenser les travaux menés par le CPIE Loire-Anjou sur le rôle des carrières comme habitats pour les pollinisateurs. Le Grand Prix du concours a été attribué à un projet réalisé en Pologne portant sur la transformation d’une ancienne carrière en site modèle pour la restauration d’habitats naturels. D’autres projets ont été récompensés : la préservation des amphibiens au Maroc ou encore l’éducation à l’environnement grâce à l’observation d’oiseaux en Indonésie. Plus d’informations Consulter le site internet dédié au Quarry Life Award Consulter le communiqué de presse Consulter la vidéo de présentation Contacter Pierre Reaud, chargé de mission “Entreprises et biodiversité” Contacter Ludovic Pero, le référent national du concours (Heidelberg Materials France) Les travaux du Comité français de l’UICN sur les entreprises et la biodiversité
Congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature – Bilan du Comité français de l’UICN

Bilan du Comité français de l’UICN à Abu Dhabi Du 9 au 15 octobre, plus de 10 000 participants se sont réunis à Abu Dhabi à l’occasion du 8ème Congrès mondial de la nature de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Face à l’accélération de l’érosion de la biodiversité et la fragilisation du multilatéralisme, cet événement majeur, à la fois fédérateur et structurant, a permis de dégager de nouvelles orientations et d’adopter des décisions qui façonneront l’agenda environnemental international, dans la continuité de la dynamique amorcée lors du Congrès de Marseille en 2021. En ce sens, le Congrès a adopté 148 motions portant sur divers enjeux prioritaires afin d’amplifier les efforts de conservation de la biodiversité dont 8 motions nouvelles et urgentes. Parmi celles-ci, 38 motions avaient été préparées par les Membres et les experts du Comité français de l’UICN, qui les a appuyés dans leur rédaction et leur valorisation. Cinq grands enseignements peuvent être tirés du Congrès mondial de la nature 2025 et de la participation française à cet évènement que nous vous proposons de découvrir dans notre bilan en téléchargement. Consulter la note bilan du Congrès mondial de la nature. Photo bandeau : © IUCN
Le Congrès mondial de la nature de l’UICN se termine à Abu Dhabi avec une vision ambitieuse pour la conservation de la nature

Abu Dhabi, Émirats arabes unis, 15 octobre 2025 (UICN) – Le Congrès mondial de la nature de l’UICN s’est clôturé aujourd’hui à Abu Dhabi, Émirats arabes unis, définissant la vision pour la conservation de la nature pour les 20 prochaines années. Organisé pour la première fois aux Émirats arabes unis, le Congrès s’est déroulé sous le généreux patronage du Président des Émirats arabes unis, Son Altesse Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan. Le Congrès de l’UICN 2025 a réuni plus de 10 000 participants, sur place et en ligne, et a été le premier à accueillir un Sommet mondial des peuples autochtones et de la nature. Le Congrès de l’UICN a réuni des décideurs gouvernementaux, de la société civile, des organisations de peuples autochtones, du monde universitaire et des entreprises pour plus de 1 000 événements visant à définir l’agenda de travail en matière de conservation et de développement durable pour les décennies à venir. Les Membres ont approuvé la Vision stratégique à 20 ans et un nouveau programme pour la prochaine période quadriennale. Son Excellence Razan Khalifa Al Mubarak exercera un deuxième mandat en tant que Présidente de l’Union aux côtés des membres nouvellement élus des Commissions et du Conseil de l’UICN. Elle a déclaré : « Notre tâche n’est pas facile, mais elle est essentielle : combler les fossés entre la science et les politiques, entre le climat et la biodiversité, entre les personnes et la planète elle-même. Pour rappeler au monde que la nature n’est pas seulement victime de nos excès, mais un allié puissant dans notre survie… Quittons Abu Dhabi avec la certitude que ce qui nous unit est bien plus grand que ce qui nous divise : notre croyance commune dans la résilience de la vie elle-même ». S’exprimant lors de la cérémonie de clôture, la Directrice générale de l’UICN, la Dr Grethel Aguilar, a déclaré : « Ce Congrès témoigne du pouvoir de la collaboration, du travail d’équipe et de l’engagement… Depuis Abu Dhabi, nous envoyons un message clair et uni. Nous sommes une Union déterminée à inverser la tendance. Quittons ce Congrès avec un espoir et une détermination renouvelés : défendre la vie, agir pour la nature et construire un avenir où les personnes et la planète prospéreront ensemble ». Alors qu’il ne reste que cinq ans pour atteindre les objectifs de 2030 définis dans le Cadre mondial pour la biodiversité, l’Accord de Paris et les Objectifs de développement durable, le Congrès d’Abu Dhabi a exhorté la communauté mondiale à accroître son ambition et à intensifier ses efforts collectifs pour mettre en œuvre des solutions collaboratives transformatrices qui profitent à la fois aux personnes et à la nature. Les participants ont particulièrement souligné la nécessité de tirer parti de l’élan actuel pour renforcer les synergies entre les accords multilatéraux sur l’environnement et pour assurer une action audacieuse et coordonnée vers un avenir net zéro, résilient et positif pour la nature lors de la COP30 de la CCNUCC à Belém, et au-delà. La première politique sur la biologie de synthèse en relation avec la conservation de la nature, une motion visant à reconnaître l’écocide comme un crime et des motions visant à renforcer la gouvernance et l’inclusion figuraient parmi les 148 résolutions adoptées par les Membres de l’UICN lors de l’Assemblée des Membres de l’UICN à Abu Dhabi. L’Assemblée des Membres est l’organe décisionnel suprême de l’Union et rassemble les Membres de l’UICN pour débattre et établir des politiques environnementales, approuver le Programme de l’UICN et élire le Conseil et le Président de l’Union. Les résolutions et recommandations finales, telles qu’adoptées par le Congrès de l’UICN 2025 seront disponibles ici. Les résultats des votes sont disponibles ici. Plusieurs annonces et engagements à fort impact ont été dévoilés pour renforcer les efforts mondiaux de conservation. L’Appel à l’action d’Abu Dhabi appelle la communauté mondiale, sous la direction de l’UICN, à accélérer les actions urgentes et pratiques dans cinq domaines clés : réaffirmer la nature comme fondement du bien-être, renforcer le multilatéralisme, assurer la justice et l’inclusion, faire progresser les connaissances et l’innovation et accroître les ressources pour la nature et l’action climatique. Il définit une vision collective pour un changement transformateur, unissant les gouvernements, les communautés et les secteurs pour parvenir à un avenir juste, résilient et positif pour la nature, pour les personnes et la planète. L’UICN a accueilli plus de 100 nouveaux Membres dans son Union pendant le Congrès, dont six États : l’Arménie, le Tadjikistan, les Îles Marshall, le Gabon, Tuvalu et le Zimbabwe. Plusieurs initiatives mondiales et à l’échelle de l’Union ont été annoncées, notamment la sélection de la République du Panama pour accueillir le prochain Congrès mondial des aires protégées et conservées de l’UICN en septembre 2027, premier forum mondial pour définir l’agenda de travail des aires protégées et conservées. Le Congrès de l’UICN 2025 a été certifié conforme à la norme ISO 20121:2024, en reconnaissance de son engagement à garantir que tous les aspects du Congrès adhèrent à des normes de durabilité rigoureuses. Les principales annonces scientifiques comprenaient la dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™, qui a révélé des menaces croissantes pour les phoques de l’Arctique dues aux changements climatiques. Une autre évaluation a révélé que près de 100 espèces supplémentaires d’abeilles sauvages en Europe ont été classées comme menacées. L’UICN a également lancé le 4e rapport Perspectives du Patrimoine mondial, qui révèle que les changements climatiques menacent 43% des sites naturels du Patrimoine mondial. POUR ALLER PLUS LOIN : Le communiqué de presse du Congrès mondial de la nature 2025 Photo bandeau : © IUCN
Congrès mondial de la nature : les grandes conclusions

Le Congrès mondial de la nature, organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) s’achève aujourd’hui à Abu Dabi. Il a rassemblé plus de 10 000 participant.es sur place, et plusieurs milliers en visioconférence. Le réseau français de l’UICN y était particulièrement bien représenté (ONG, ministères, collectivités locales) et y a fait adopter le plus grand nombre de résolutions. Organisé tous les 4 ans, le Congrès mondial rassemble les organisations membres de l’UICN (plus de 1 400 Etats, agences gouvernementales, collectivités locales, ONG, représentant.es des peuples autochtones) et ses expert.es (plus de 16 000). Il permet d’identifier, de débattre et d’adopter des positions sur les enjeux prioritaires de conservation de la nature à travers des évènements organisés dans deux enceintes – le Forum et l’Exposition, vastes espaces d’échange et de débat – et l’Assemblée générale, par le vote de motions. Le Congrès mondial 2025 a été marqué par plusieurs temps forts, tels que : l’actualisation de la Liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN et de la Liste rouge européenne des pollinisateurs ; le lancement du nouveau standard mondial de l’UICN pour les Solutions fondées sur la Nature ; l’annonce des sites labellisés dans la Liste verte des aires protégées de l’UICN ; l’adoption de la vision stratégique de l’UICN à 20 ans et son programme mondial pour les 4 prochaines années ; L’annonce de l’organisation du prochain Congrès mondial des aires protégées et conservées, qui se tiendra au Panama en 2027. Une cérémonie en l’honneur de Jane Goodall, figure emblématique de la conservation de l’UICN, y a également été organisée. Les acteurs français de la conservation à l’honneur Les acteurs français de la conservation se sont distingués par leur mobilisation et leurs nombreuses contributions aux actions de l’UICN : Parmi les sites labellisés de la Liste verte des aires protégées, trois sites – la réserve biologique forestière du Champ du Feu et celle de Hochfeld (Bas-Rhin), ainsi que le parc naturel marin d’Iroise (Finistère) – ont vu leur label renouvelé ; Le Comité français de l’UICN a organisé et participé à de nombreux évènements de présentation du nouveau standard international des Solutions fondées sur la Nature, auquel il a largement contribué, et travaille d’ores et déjà à faciliter sa mise en œuvre, à travers des outils et ressources à destination des acteurs publics et privés ; Le lancement de la 7e phase du Programme de Petites Initiatives, programme historique du Comité français de l’UICN en appui aux organisations de la société civile. Benjamin Bassono de l’ONG « les Anges Gardiens de la Nature », partenaire du PPI au Burkina Faso depuis 2019, a reçu le prestigieux Ranger Award lors du Congrès mondial ; Une déclaration commune des acteurs francophones de la conservation identifiant les priorités d’action pour les prochaines décennies ; Dix motions portées par des membres français de l’UICN ont été adoptées sur des sujets de première importance pour l’atteinte des objectifs du Cadre mondial pour la biodiversité. Celles-ci s’ajoutent aux 28 motions portées par des membres français de l’UICN adoptées par vote électronique en amont du Congrès. Les premières motions portées par des collectivités locales ont été adoptées, sur les forêts urbaines et péri-urbaines (Ville de Paris) et le rôle des des aires protégées régionales ou infranationales dans l’atteinte de l’objectif 30×30 (Région Ile-de-France) ; En réaction aux feux de forêts d’une ampleur inédite à travers le monde en 2025, le Comité français de l’UICN et ses membres ont déposé une motion nouvelle et urgente pour renforcer la prévention et la lutte contre les incendies qui ravagent les milieux naturels. Avec 38 motions, la France est le pays dont le plus grand nombre de motions a été adopté. « Ce congrès nous a permis de présenter nos propositions sur plusieurs enjeux portés par les membres français de l’UICN comme le financement de la conservation de la biodiversité, la protection de la haute mer et des glaciers, ou des approches nouvelles comme la libre évolution et Une seule santé. Nous étions aussi à nouveau présents pour montrer notre engagement en faveur des Solutions fondées sur la Nature et de la Liste verte des aires protégées de l’UICN », indique Sébastien Moncorps, directeur du Comité français de l’UICN. Le renouvellement de la Présidence et la déclaration finale Les Membres ont également approuvé le nouveau programme de l’UICN pour les quatre années à venir et élu le nouveau Conseil d’administration international de l’UICN, avec la réélection de la présidente, Razan Al Mubarak, et celle de Maud Lelièvre, réélue en tant que conseillère régionale pour l’Europe de l’Ouest, également présidente du Comité français de l’UICN. Le Congrès de l’UICN a adopté sa déclaration finale, l’Appel à l’action d’Abu Dabi, réaffirmant la nature comme fondation de notre humanité et de notre bien-être, l’importance du multilatéralisme, de la coopération, de la justice, de l’équité, de la science et de l’éducation pour amplifier les actions pour la conservation. « La dynamique du Congrès doit maintenant se traduire en actions concrètes. Notre rôle, au sein du Comité français, est de décliner la feuille de route mondiale à l’échelle nationale. Cela passe par l’accompagnement des acteurs – entreprises, collectivités, gestionnaires d’espaces naturels – avec les standards et l’expertise scientifique de l’UICN, comme la Liste rouge des écosystèmes ou la Liste verte des aires protégées. », conclut Maud Lelièvre, présidente du Comité français de l’UICN. Pour aller plus loin : Le communiqué de presse du Congrès mondial de la nature 2025 Photo bandeau : © IUCN
L’UICN lance la deuxième édition du Standard mondial de l’UICN pour les solutions fondées sur la nature

Abu Dhabi, Émirats arabes unis, 10 octobre 2025 (UICN) – L’UICN a officiellement lancé la deuxième édition du Standard mondial de l’UICN pour les solutions fondées sur la nature™ lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN 2025, marquant une étape cruciale dans les efforts de l’Union pour promouvoir des solutions fondées sur la nature™ efficaces et solidement ancrées dans la science. « Les solutions fondées sur la nature sont essentielles pour lutter contre le changement climatique, la perte de biodiversité et promouvoir le développement durable. Elles nous rappellent que lorsque nous travaillons avec la nature, et non contre elle, nous ouvrons la voie à la résilience, à l’équité et à l’espoir. Le standard mondiale actualisée de l’UICN renforce cette vision en fournissant des orientations plus claires, des garanties plus solides et en mettant à nouveau l’accent sur l’impact à long terme. Elle permet à nos membres et partenaires de concevoir et de mettre en œuvre des solutions pratiques, inclusives et transformatrices, qui restaurent non seulement les écosystèmes, mais aussi le bien-être des communautés qui en dépendent », a déclaré la Dr Grethel Aguilar, directrice générale de l’UICN. La publication d’aujourd’hui, produite par le Centre de gestion des solutions fondées sur la nature de l’UICN et la Commission de gestion des écosystèmes de l’UICN, a été lancée lors d’un événement de haut niveau du Forum organisé par le Secrétariat et la Commission de gestion des écosystèmes (CGE) de l’UICN avec l’Agence française de développement. Le document constitue une publication marquante qui souligne le leadership de l’Union dans la promotion de Solutions fondées sur la nature (SfN) à l’échelle mondiale. « Le nouveau Standard mondial de l’UICN pour les Solutions fondées sur la Nature est un outil essentiel pour renforcer la qualité et la crédibilité des projets SfN. Alors que nous célébrons les 10 ans de l’Accord de Paris, il nous rappelle le chemin parcouru depuis la COP21, lorsque la France et l’UICN ont uni leurs efforts pour placer les Solutions fondées sur la Nature au cœur de l’action mondiale pour le climat et la biodiversité. Pour une banque publique de développement comme l’AFD, ce Standard fournit des repères précieux pour promouvoir des approches solides, inclusives et à fort impact – et renforcer la confiance nécessaire pour accélérer le financement des SfN. » a déclaré Marie Bjornson-Langen, directrice exécutive adjointe Solutions de développement durable de l’AFD. « Le Standard mondial révisé reflète les leçons apprises depuis 2020 et la demande croissante d’actions crédibles et fondées sur la science. Il donne aux professionnels et aux décideurs les outils nécessaires pour concevoir des solutions efficaces, équitables et durables, fondées à la fois sur la science et sur l’expérience du monde réel », a souligné Angela Andrade, Présidente de la Commission de gestion des écosystèmes (CGE) de l’UICN et Présidente du Comité international de normalisation (ISC, en anglais). « La nouvelle version du Standard mondial renforce le lien entre l’intégrité écologique et l’investissement durable. Elle met l’accent sur la faisabilité financière, l’équité et la gestion adaptative — aidant les gouvernements, les entreprises et les communautés à concevoir des Solutions fondées sur la nature qui apportent des bénéfices mesurables aux populations, à la nature et aux économies, tout en restant résilientes dans le temps », a ajouté Charles Karangwa, Directeur mondial du Centre des Solutions fondées sur la nature de l’UICN. L’UICN a été pionnière du concept de Solutions fondées sur la nature (SfN) il y a vingt ans, définissant d’abord les Solutions fondées sur la nature comme des « actions visant à protéger, utiliser de manière durable, gérer et restaurer les écosystèmes naturels ou modifiés, qui répondent aux défis sociétaux de manière efficace et adaptative, offrant des avantages pour le bien-être humain et la biodiversité ». L’UICN a depuis développé un standard rigoureux pour éclairer la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des interventions : le Standard mondial de l’UICN pour les solutions fondées sur la nature™. La première édition du standard a été publiée en 2020. L’objectif du Standard mondial de l’UICN pour les solutions fondées sur la nature™ est de fournir des orientations et un cadre mondial pour la conception, la vérification et l’ampliation de SfN. Le standard comprend des critères et des indicateurs cohérents à l’échelle mondiale, étayés par des Principes pour des Solutions fondées sur la nature, afin de mesurer la force des interventions. Structurée comme un outil d’apprentissage systématique et d’assurance qualité, le standard garantit que les SfN soient appliquées de manière efficace et durable, en maximisant leur potentiel pour relever les défis sociétaux tout en offrant des avantages mesurables pour les personnes et la nature. La deuxième édition comprend des mises à jour importantes qui renforcent la clarté, la convivialité et les garanties. S’appuyant sur cinq ans d’expérience, le standard révisé va au-delà d’une approche de liste de contrôle pour adopter une pensée systémique, mettant l’accent sur les interconnexions entre les dimensions écologique, sociale et économique. Elle rationalise le langage et la structure pour plus de clarté, tout en renforçant l’équité et les droits en plaçant les peuples autochtones et les communautés locales au centre de la prise de décision. Les garanties, les mécanismes de grief et la gestion adaptative sont renforcés pour garantir que les SfN restent efficace au fil du temps. La mise à jour introduit également une définition plus claire de la faisabilité financière et de la viabilité à long terme, et met davantage l’accent sur les conditions favorables, telles que les cadres politiques, financiers et réglementaires, pour aider à étendre l’échelle des SfN en toute confiance dans le monde entier. Les révisions et mises à jour du standard ont été examinées et approuvées par d’éminents organes d’experts et techniques impliqués dans sa gouvernance, y compris le groupe de travail central au sein de l’équipe SfN du secrétariat, le Comité international de normalisation (ISC, en anglais) et le Conseil de l’UICN. Le Standard mondial pour les SfN est accompagné d’un guide et d’un outil d’auto-évaluation en ligne. L’équipe SfN du secrétariat aide les gouvernements à intégrer les
Des forêts aux récifs coralliens : l’excellence dans la conservation au cœur des Prix de la Liste verte

Au cours d’une nuit de célébration, de reconnaissance et de détermination mondiale renouvelée, la cérémonie de remise des prix de la Liste verte a illuminé le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2025 à Abu Dhabi avec un message puissant : lorsque la nature gagne, nous gagnons tous. © Marcus Rose / Workers Photos – Green List Awards at the IUCN World Conservation Congress 2025 in Abu Dhabi Organisée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la cérémonie a honoré 27 nouvelles inscriptions sur la Liste verte de l’UICN des aires protégées et conservées au cours de l’année écoulée, portant le total à 104 inscriptions, couvrant désormais 230 sites individuels dans le monde. Ces sites illustrent des succès vérifiés de la conservation, combinant une gouvernance équitable, un fort engagement communautaire, l’intégrité écologique et une gestion efficace. « En un peu plus d’une décennie, la Liste verte de l’UICN est devenue une référence mondiale pour l’excellence en matière de conservation », a déclaré la Dr Grethel Aguilar, Directrice générale de l’UICN. « Avec plus de 100 sites inscrits, elle inspire des communautés du monde entier à viser les plus hauts standards, pour la nature et pour les personnes ». Soutenus par le mécanisme de garantie mondialement reconnu de l’UICN, les sites de la Liste verte sont des exemples rigoureusement analysés, évalués par des pairs et des références internationales en matière de conservation efficace et équitable. La Norme de la Liste verte de l’UICN constitue la base de cette qualité et crédibilité, donnant aux parties prenantes nationales et internationales la confiance nécessaire pour investir dans des aires protégées et conservées qui profitent à la fois à la nature et aux personnes. « La Liste verte est la norme mondiale ouvrant la voie vers des aires protégées et conservées efficaces et équitables, inspirant des actions qui offrent de réels avantages à la fois pour les personnes et pour la planète », a déclaré Thierry Lefebvre, Responsable du programme de la Liste verte à l’UICN. Une célébration mondiale, des champions locaux Les sites récompensés cette année couvrent 13 pays d’Afrique, d’Asie, des Amériques, de France et d’Asie occidentale, y compris des sanctuaires marins, des parcs nationaux, des réserves privées et des sites du Patrimoine mondial. Des forêts luxuriantes de Côte d’Ivoire aux merveilles côtières du Vietnam, ces sites sont la preuve qu’une conservation efficace est en cours à grande échelle. Les sites récompensés incluent : Côte d’Ivoire : parc national de la Comoé et complexe du parc national de Taï – réserve partielle de faune N’zo Chili : parc national du Cerro Castillo Brésil : réserve privée de Lote Cristalino Colombie : sanctuaire de la flore et de la faune des Galères et parc naturel national de Gorgona États-Unis : réseau d’aires marines protégées de Californie Chine : composante Bogda du site du Patrimoine naturel mondial du Xinjiang Tianshan, site du Patrimoine naturel mondial de Huanglong, réserve naturelle nationale du Hubei Dalaoling, réserve naturelle nationale du Hubei Mulinzi, réserve naturelle nationale du Hubei Wufeng Houhe, réserve naturelle nationale de la salamandre géante du Hunan Zhangjiajie, réserve naturelle nationale des oiseaux rares des zones humides du Jiangsu Yancheng, réserve naturelle nationale de Shaanxi Zhouzhi France : réserve biologique gérée du Champ du Feu, réserve biologique gérée de Hochfeld, parc naturel marin d’Iroise Malaisie : réserve forestière de Pin Supu Jordanie : réserve marine d’Aqaba Liban : réserve naturelle des cèdres d’Al Shouf Arabie Saoudite : réserve d’Ibex, réserve royale du roi Abdulaziz, réserve naturelle royale du roi Salman, parc national de Sharaan et aire protégée UruqBani Ma’ arid Émirats Arabes Unis : aire protégée de l’île Sir Bu Nair Vietnam : parc national de Con Dao Une conservation crédible : une assurance qui donne des résultats Ce qui distingue la Liste verte de l’UICN, c’est son processus de garantie indépendant. Chaque site est évalué par rapport à la Norme de la Liste verte de l’UICN, qui repose sur quatre éléments : une bonne gouvernance, une conception et une planification saines, une gestion efficace et des résultats éprouvés en matière de conservation. Ce processus est dirigé par plus de 300 experts locaux et internationaux, et vérifié par des évaluateurs indépendants, garantissant que les résultats soient fiables et les progrès mesurables. Stimuler les engagements mondiaux et l’élan régional La Liste verte de l’UICN est plus qu’une reconnaissance, c’est une norme pour des engagements nationaux, des objectifs politiques mondiaux et une transformation positive pour la nature. Alors que le monde s’efforce de mettre en œuvre le Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité, la Liste verte offre un moyen pratique de suivre la cible 3 (30×30) tout en garantissant la qualité, l’équité et la durabilité. Un élan croissant : Plus de 300 sites dans le monde sont désormais sur la voie d’une certification par la Liste verte de l’UICN. De nouveaux engagements nationaux ont émergé en Asie centrale, dans la région du Triangle de corail, en Europe de l’Est et en Amérique centrale et latine, ouvrant la voie à une collaboration régionale plus étendue. Les gouvernements et les partenaires adoptent la Liste verte de l’UICN non seulement pour évaluer les progrès accomplis, mais aussi pour stimuler les investissements et la responsabilité dans les aires protégées et conservées. Envisager l’avenir La cérémonie de cette année marque également l’intégration croissante de la Liste verte de l’UICN dans les programmes d’adaptation climatique, de conservation autochtone et de finance durable. Alors que le monde se prépare à franchir des étapes importantes en 2026 et au-delà, la Liste verte de l’UICN se positionne comme un puissant levier pour une action unifiées, par-delà les secteurs et les frontières. À Abu Dhabi, la célébration rejoignait la détermination : une détermination à développer le mouvement, à soutenir davantage de sites et à faire en sorte que les aires protégées et conservées soient plus que des traits sur une carte. Ce sont des paysages d’espoir vivants et florissants. Le partenariat France-UICN a été un moteur clé dans le soutien et l’expansion du programme de la Liste verte de l’UICN. Avec le soutien financier de la France, notamment à travers l’Agence française de développement (AFD), le ministère de la Transition écologique et le
Des risques croissants menacent la survie des pollinisateurs européens sauvages – Liste rouge de l’UICN

Abu Dhabi, Émirats arabes unis, 11 octobre 2025 (UICN) – Près de 100 espèces supplémentaires d’abeilles sauvages en Europe ont été classées comme menacées dans une nouvelle évaluation de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™, plus de 20% des espèces dans des groupes tels que les bourdons et les abeilles cellophanes étant désormais menacées d’extinction. De nouvelles évaluations de la Liste rouge de l’UICN révèlent également que le nombre d’espèces de papillons européennes menacées a fortement augmenté de 76% au cours de la dernière décennie. Financées par la Commission européenne, ces dernières évaluations à l’échelle européenne pour la Liste rouge de l’UICN réévaluent l’état de conservation d’un grand nombre de groupes d’espèces pour la première fois depuis le début ou le milieu des années 2010 : abeilles, papillons, mammifères, amphibiens, reptiles, poissons et mollusques d’eau douce, coléoptères saproxyliques (dépendants du bois), libellules et demoiselles. « Au-delà de leur beauté et de leur importance culturelle, les pollinisateurs comme les abeilles et les papillons sont des bouées de sauvetage pour notre santé, nos systèmes alimentaires et nos économies, soutenant les fruits, les légumes et les graines qui nous nourrissent. En fait, quatre espèces de cultures et de fleurs sauvages sur cinq dans l’UE dépendent d’une pollinisation par les insectes. Les dernières évaluations de la Liste rouge européenne révèlent de sérieux défis, avec des menaces croissantes pour les papillons et des espèces d’abeilles sauvages cruciales. Pourtant, cette connaissance est puissante : en mettant en évidence les pressions auxquelles les espèces sont confrontées, la Liste rouge nous aide également à tracer la voie à suivre. Elle fournit les données nécessaires pour mener des actions de conservation urgentes, guider les efforts de rétablissement et aider les pays européens à atteindre les objectifs du Cadre mondial pour la biodiversité. Bien que les défis soient réels, ce travail éclaire les solutions, nous aidant à assurer un avenir prospère pour les personnes et la nature », a déclaré la Dr Grethel Aguilar, Directrice générale de l’UICN. « Cette nouvelle évaluation montre que l’état de conservation des abeilles sauvages, des papillons et autres pollinisateurs européens est désastreux. Ces espèces sont les fondements de nos systèmes alimentaires, de nos écosystèmes et de nos sociétés. Une action urgente et collective est nécessaire pour faire face à cette menace. En collaboration avec les États membres, la Commission européenne a mis en place un système de suivi des pollinisateurs à l’échelle de l’UE, basé sur le Règlement de l’UE sur la restauration de la nature, qui aidera à suivre nos progrès. Maintenant, nous devons nous concentrer sur la mise en œuvre et la coopération avec les États membres pour protéger nos pollinisateurs », a déclaré Jessika Roswall, Commissaire européenne à l’environnement, à la résilience hydrique et à une économie circulaire compétitive. DES MENACES CROISSANTES POUR LES ABEILLES SAUVAGES, LES BOURDONS ET LES PAPILLONS On estime que 10% des abeilles sauvages en Europe (au moins 172 des 1 928 espèces évaluées) sont menacées d’extinction. Cela se compare à 77 espèces menacées en 2014. À l’époque, 57% des espèces d’abeilles sauvages étaient classées dans la catégorie Données insuffisantes, un pourcentage qui a été réduit à 14% dans cette nouvelle évaluation, ce qui en fait l’évaluation la plus complète de la situation des abeilles sauvages européennes à ce jour. Quinze espèces de bourdons, connues pour leur rôle dans la pollinisation de légumineuses comme les pois, les haricots, les arachides et le trèfle, ainsi que 14 espèces d’abeilles cellophanes, qui aident à polliniser les plantes de la famille des marguerites et des arbres comme les érables rouges et les saules, sont désormais considérées comme menacées. L’espèce d’abeille minière Simpanurgus phyllopodus, la seule espèce de ce genre en Europe et unique sur le continent, est désormais considérée comme En danger critique d’extinction. Les nouvelles évaluations de la Liste rouge indiquent que 15% des papillons sont menacés d’extinction en Europe (65 des 442 espèces évaluées), contre 37 espèces en 2010. Plus de 40% des papillons uniques à la région européenne et présents nulle part ailleurs dans le monde sont désormais menacés ou sur le point de l’être. Une espèce, la piéride du chou de Madère (Pieris wollastoni), qui était limitée à l’île portugaise de Madère, est aujourd’hui officiellement considérée comme Éteinte. L’agriculture intensive, la pollution et la hausse des températures constituent les principales menaces La perte d’habitats continue d’être la principale menace pour les abeilles sauvages et les papillons européens, mais elle affecte désormais un plus grand nombre d’espèces. Les pollinisateurs européens dépendent largement des paysages ruraux traditionnels, en particulier les prairies riches en fleurs créées par une gestion non intensive. L’intensification de l’agriculture et de la sylviculture, combinée à un abandon des terres dans les zones moins productives, contribue à la dégradation et à la fragmentation d’habitats essentiels à la survie des pollinisateurs. Les dépôts d’azote provenant des engrais et les applications généralisées de pesticides, y compris des herbicides réduisant la diversité des fleurs, ont un impact négatif sur de nombreux pollinisateurs tels que Dufourea minuta, une espèce d’abeille autrefois répandue qui a presque entièrement disparu des plaines d’Europe centrale et est classée comme En danger. En plus de ces défis, les changements climatiques affectent désormais 52% des espèces de papillons menacées, soit environ deux fois plus que dans le rapport précédent. Les périodes chaudes prolongées, les sécheresses et les incendies de forêt détériorent de plus en plus les habitats des papillons dans le sud de l’Europe, tout en empiétant sur les habitats sensibles de tourbières et de toundra dans les zones alpines et boréales. Plusieurs espèces, comme l’ocellé andalou (Pseudochazara williamsi), En danger critique et aujourd’hui limité à quelques zones montagneuses dans le sud-est de l’Espagne, souffrent de la combinaison d’une perte d’habitat et des changements climatiques. Les effets de températures plus chaudes sur les abeilles sont divers. Alors que les bourdons et d’autres groupes d’espèces adaptées au froid sont affectés négativement, d’autres, comme les abeilles charpentières, bénéficient de températures plus chaudes, qui accélèrent leur développement et leur reproduction. Le Dr Denis Michez, Professeur à l’Université de Mons et coordinateur principal
Les phoques arctiques menacés par les changements climatiques, les oiseaux déclinent à l’échelle mondiale – Liste rouge de l’UICN

Abu Dhabi, Émirats arabes unis, 10 octobre 2025 (UICN) – Trois espèces de phoques arctiques se sont rapprochées de l’extinction, selon la dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™. La mise à jour d’aujourd’hui révèle également que plus de la moitié des espèces d’oiseaux dans le monde sont en déclin. Parallèlement, la population mondiale de tortues vertes rebondit grâce à la conservation. La mise à jour a été publiée aujourd’hui lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Abu Dhabi. La Liste rouge de l’UICN comprend désormais 172 620 espèces dont 48 646 menacées d’extinction. « La mise à jour de la Liste rouge d’aujourd’hui, publiée lors du Congrès de l’UICN à Abu Dhabi, met en lumière à la fois les défis urgents et les puissantes opportunités qui se présentent à nous. Alors que des espèces comme les phoques arctiques et de nombreux oiseaux font face à des menaces croissantes, le rétablissement de la tortue verte nous rappelle que la conservation fonctionne lorsque nous agissons avec détermination et unité. Alors que nous nous tournons vers la COP sur le climat à Belém, les gouvernements et les communautés ont une occasion cruciale d’accélérer les actions qui protègent la biodiversité, stabilisent notre climat et construisent un avenir où les personnes et la nature pourront s’épanouir ensemble », a déclaré la Dr Grethel Aguilar, Directrice générale de l’UICN. Les changements climatiques rapprochent les phoques de l’Arctique de l’extinction La mise à jour d’aujourd’hui montre que le phoque à capuchon (Cystophora cristata) est passé de Vulnérable à En danger, tandis que le phoque à moustaches (Erignathus barbatus) et le phoque du Groenland (Pagophilus groenlandicus) sont passés de Préoccupation mineure à Quasi menacés. La principale menace pour les phoques de l’Arctique est la perte de glace marine causée par le réchauffement climatique. Les phoques arctiques dépendent de la glace marine pour leur reproduction et l’élevage de leurs petits, ainsi que pour leur mue, leur repos et pour accéder aux zones d’alimentation. L’amincissement et la disparition de la glace marine affectent également les habitudes alimentaires des phoques arctiques et rendent l’Arctique plus accessible aux humains, ce qui augmente encore le risque global pour ces espèces. Le réchauffement climatique se produit quatre fois plus rapidement dans l’Arctique que dans les autres régions, ce qui réduit considérablement l’étendue et la durée de la couverture de glace marine. Cela menace tous les phoques dépendants des glaces, les morses (Odobenus rosmarus) et autres mammifères marins de l’Arctique, ainsi que les phoques de l’Antarctique et les espèces de phoques subpolaires tributaires de la glace, comme le phoque de la mer Caspienne (Pusa caspica). Les phoques tributaires de la glace sont une source de nourriture essentielle pour d’autres animaux. Dans l’Arctique, cela inclut les ours polaires, ainsi que les peuples autochtones vivant dans toute la région. Ils jouent également un rôle central dans la chaîne alimentaire, en consommant des poissons et des invertébrés et en recyclant les nutriments. Leur impact disproportionné sur l’écosystème en fait des « espèces clés », ce qui signifie que la santé de l’ensemble du milieu marin est liée à leur survie. « Chaque année dans le Svalbard, le recul de la glace marine révèle à quel point les phoques de l’Arctique sont de plus en plus menacés. En effet, ce phénomène les empêche de se reproduire, de se reposer et de se nourrir. Leur situation est un rappel brutal que les changements climatiques ne sont pas un problème lointain, mais qu’ils se produisent depuis des décennies et ont des impacts ici et maintenant. La protection des phoques arctiques va au-delà de ces espèces. Il s’agit de préserver l’équilibre délicat de l’Arctique, ce qui est essentiel pour nous tous », a déclaré la Dr Kit Kovacs, Coprésidente du Groupe de spécialistes des pinnipèdes de la Commission pour la sauvegarde des espèces de l’UICN et Responsable du programme Svalbard à l’Institut polaire norvégien. Les pressions supplémentaires sur les phoques de l’Arctique comprennent la navigation, le bruit, l’exploitation pétrolière et minérale, la chasse et les prises accessoires dans les engins de pêche. La protection des habitats clés contre les activités humaines, la réduction des prises accessoires, une chasse durable et la réduction des impacts sonores sont des étapes essentielles pour mettre fin au déclin des phoques de l’Arctique. La déforestation à l’origine du déclin mondial des oiseaux Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN comprend des réévaluations de 1 360 espèces d’oiseaux et complète la huitième évaluation exhaustive de toutes les espèces d’oiseaux du monde par BirdLife International. Impliquant des milliers d’experts depuis neuf ans, 1 256 (11,5%) des 11 185 espèces évaluées sont globalement menacées. Globalement, 61% des espèces d’oiseaux présentent des populations en déclin, une estimation qui était de 44% en 2016. La cause la plus répandue du déclin des populations d’oiseaux est la perte et la dégradation de leurs habitats, entraînées en particulier par l’expansion et l’intensification de l’agriculture et l’exploitation forestière, principales menaces pour les oiseaux en danger. Cette mise à jour identifie Madagascar, l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique centrale en tant que régions où la perte de forêts tropicales constitue une menace croissante pour les oiseaux. À Madagascar, 14 espèces d’oiseaux forestiers endémiques ont été classées dans la catégorie Quasi menacée et trois dans la catégorie Vulnérable, y compris le philépitte de Schlegel (Philepitta schlegeli), dont les mâles sont connus pour leur plumage bleu et vert vif autour des yeux. En Afrique de l’Ouest, cinq espèces sont aujourd’hui Quasi menacées, dont le calao à casque noir (Ceratogymna atrata), qui est également chassé et commercialisé. En Amérique centrale, la perte de forêts a conduit le troglodyte à ailes blanches (Microcerculus philomela) vers la catégorie Quasi menacé. « Le fait que trois espèces d’oiseaux sur cinq dans le monde présentent des populations en déclin montre à quel point la crise de la biodiversité est devenue profonde et à quel point il est urgent que les gouvernements prennent les mesures qu’ils se sont engagés à prendre en vertu de plusieurs conventions et accords », a déclaré le Dr Ian Burfield, Coordinateur scientifique mondial de BirdLife (Espèces)
Le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2025 commence !

Le Congrès mondial de la nature de l’UICN débute aujourd’hui ! Il se tient du 9 au 15 octobre 2025 à Abu Dhabi (Émirats arabes unis) dans un format hybride (participation sur place ou en ligne). Vous pouvez donc suivre les cérémonies à distance. Retrouvez les événements du Comité français de l’UICN et de son réseau ! Notre Congrès est à la fois : Une assemblée des membres où sont débattues et votées des motions qui orientent l’agenda environnemental mondial, Un forum avec des centaines de sessions pour partager connaissances, solutions et innovations, Une exposition ouverte au public. Restez connectés ! Photo bandeau : © IUCN https://youtu.be/uIrbk7CXlzU?si=YKhFKJ-njow1MLJw