Décès de la primatologue Jane Goodall

C’est avec une immense tristesse que le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a appris hier le décès de Jane Goodall, primatologue de renommée mondiale, messagère de la paix des Nations Unies et figure emblématique de la protection de la biodiversité. Son dévouement infatigable et sa passion pour le monde naturel ont inspiré des générations entières de citoyens et citoyennes, de scientifiques et de décideurs/euses (mais aussi de femmes, en obtenant un doctorat si rare à son époque). Jane Goodall entretenait un lien profond et ancien avec l’UICN. En reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à la science et à la conservation, l’UICN lui a décerné sa plus haute distinction, la Médaille commémorative John C. Phillips. Cette médaille a consacré son rôle de pionnière dans la compréhension du monde animal et son engagement de toute une vie pour la protection des chimpanzés et de leurs habitats. Experte de la Commission de sauvegarde des espèces, elle avait également été nommée « Marraine de la Nature » de l’UICN. Le lien entre Jane Goodall et notre organisation est d’autant plus fort que le Jane Goodall Institute France est un membre actif du Comité français. À travers son institut, son travail se poursuit sur le terrain, en France et dans le monde, portant ses valeurs d’espoir, d’éducation et d’action communautaire. Nous saluons l’engagement de ses équipes et leur exprimons notre soutien en ces moments difficiles. Nous nous souvenons avec émotion des interventions marquantes de Jane Goodall, notamment son discours puissant à l’UNESCO le 19 octobre 2024, auxquels nous sommes nombreux à avoir été présents, où elle avait rappelé avec force que chaque individu pouvait faire la différence et que l’espoir résidait dans l’action de la jeunesse. Son message universel, alliant rigueur scientifique et humanisme profond, résonne aujourd’hui avec une acuité particulière face aux défis écologiques planétaires. L’héritage de Jane Goodall perdurera à travers son œuvre scientifique, ses programmes éducatifs « Roots & Shoots », son soutien aux communautés locales qu’elle visitait sans relâche, et les millions de personnes qu’elle a mobilisées. Au nom de l’ensemble des membres du Comité français de l’UICN, j’adresse nos plus sincères condoléances à son fils, sa famille, à ses proches, à Pierre Quintard et à Galitt Kenan, et à tous les membres du Jane Goodall Institute. Maud Lelièvre, présidente du Comité français de l’UICN Photo bandeau : © Sane Noor

Nouvelle étape pour la Liste rouge des mangroves et forêts marécageuses des Antilles françaises

Publication de deux documents clés pour l’évaluation des mangroves des Antilles françaises : l’étude préliminaire à la Liste rouge des écosystèmes pour les mangroves et forêts marécageuses des Antilles françaises, et la dernière phase de l’analyse diachronique des mangroves de l’Outre-mer français.   La Liste rouge des écosystèmes (LRE), développée par l’UICN et adoptée en 2014, est un outil d’évaluation du risque d’effondrement des écosystèmes. Basée sur des critères scientifiques standardisés, elle permet d’identifier les écosystèmes les plus menacés et de guider les actions de conservation et de gestion durable à différentes échelles.   Le Comité français de l’UICN, en collaboration avec Patrinat, décline cette méthodologie pour évaluer l’état de menace des écosystèmes présents sur le territoire français (Hexagone et Corse, collectivités d’outre-mer). Un cycle d’évaluation des mangroves des territoires ultra-marins français a été lancé en 2017, avec un premier chapitre consacré aux mangroves de Mayotte. Deux autres chapitres sont en cours d’élaboration : l’un dédié aux mangroves et forêts marécageuses des Antilles françaises, et l’autre aux mangroves de Nouvelle-Calédonie et de Wallis.   Dans ce cadre, un premier document vient d’être publié, consacré aux mangroves et forêts marécageuses des Antilles françaises. Il constitue l’étude préliminaire descriptive de ce chapitre, fondamental pour l’évaluation de ces écosystèmes selon les critères de la LRE. Ce rapport dresse un état des lieux des connaissances et données disponibles relatives aux mangroves et forêts marécageuses des Antilles françaises. Il présente une description de ces écosystèmes littoraux, en identifiant leurs caractéristiques, les menaces auxquelles ils sont exposés, ainsi que les données mobilisables pour leur évaluation.   L’étude couvre l’ensemble des Antilles françaises (Martinique, Guadeloupe, Saint-Barthélemy, Saint-Martin), tout en tenant compte, lorsque cela est possible, des spécificités propres à chaque territoire.   En parallèle, la phase 3 de l’analyse diachronique des mangroves de l’Outre-mer français a également été publiée. L’objectif de cette analyse est d’obtenir des données sur l’évolution des surfaces de mangroves sur l’ensemble des territoires ultra marins. Cette dernière phase s’est concentrée sur les territoires de Mayotte pour les années 1950 et 1988, la Martinique pour l’année 1988 et Saint-Martin et Saint-Barthélemy pour l’année 1987. La synthèse et le rapport complet peuvent également être téléchargés sur le site du Pôle relais zones humides tropicales. Ces données (ainsi que celles issues des précédentes phases de ce projet) contribueront directement à l’évaluation LRE des mangroves des Antilles.   Publications   Herteman M., 2025. Mangroves et forêts marécageuses des Antilles : une continuité écologique indispensable mais fragile. Étude préliminaire à la Liste rouge des écosystèmes des mangroves et forêts marécageuses des Antilles françaises. Rapport d’étude pour le Comité français de l’UICN. Taureau F., 2025. Analyse diachronique des mangroves de l’Outre-mer français – Phase 3. Rapport d’étude pour le Comité français de l’UICN.   Ces publications ont bénéficié du soutien financier de la Collectivité territoriale de Martinique, de l’IFRECOR, de l’OFB, du ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche et du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.   Pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter Le chapitre mangroves de Mayotte   La page dédiée à la Liste rouge des écosystèmes   La page du Pôle-Relais Zones Humides Tropicales   Photo bandeau © Mélanie Herteman 2023

Nouvelle étape pour la Liste rouge des mangroves des collectivités françaises du Pacifique

Publication d’un document clé pour l’évaluation des mangroves dans le Pacifique : l’étude préliminaire descriptive sur les mangroves de Nouvelle-Calédonie et Wallis.   La Liste rouge des écosystèmes (LRE), développée par l’UICN et adoptée en 2014, est un outil d’évaluation du risque d’effondrement des écosystèmes. Basée sur des critères scientifiques standardisés, elle permet d’identifier les écosystèmes les plus menacés et de guider les actions de conservation et de gestion durable à différentes échelles.   Le Comité français de l’UICN, en collaboration avec Patrinat, décline cette méthodologie pour évaluer l’état de menace des écosystèmes présents sur le territoire français (Hexagone et Corse, collectivités d’outre- mer). Un cycle d’évaluation des mangroves des territoires ultra-marins français a été lancé en 2017, avec un premier chapitre consacré aux mangroves de Mayotte. Deux autres chapitres sont en cours d’élaboration : l’un dédié aux mangroves et forêts marécageuses des Antilles françaises, et le deuxième aux mangroves de Nouvelle-Calédonie et de Wallis.   Dans ce cadre, un premier document vient d’être publié, consacré aux mangroves de Nouvelle-Calédonie et de Wallis. Il constitue l’étude préliminaire descriptive de ce chapitre, fondamental pour l’évaluation de ces écosystèmes selon les critères de la LRE. Ce rapport dresse un état des lieux des connaissances et données disponibles relatives aux mangroves de ces territoires du Pacifique. Il présente une description de ces écosystèmes littoraux, en identifiant leurs caractéristiques, les menaces auxquelles ils sont exposés, ainsi que les données mobilisables pour leur évaluation.   L’étude couvre la Nouvelle-Calédonie et Wallis, tout en tenant compte, lorsque cela est possible, des spécificités propres à chaque territoire. La Polynésie française n’est pas concernée par l’évaluation Liste rouge, car les palétuviers y ont été introduits.   Publications Virly S., Duke N., Ruet-Garioud E., 2025. État des connaissances sur les mangroves du Pacifique (Nouvelle-Calédonie et Wallis) pour la Liste rouge des écosystèmes en France. Nouvelle-Calédonie, Bio eKo Consultants pour le Comité Français de l’UICN.  Cette publication a bénéficié du soutien financier de l’IFRECOR, de l’OFB, du ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche et du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.   Pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter   Le chapitre mangroves de Mayotte   La page dédiée à la Liste rouge des écosystèmes  Photo bandeau © Martial Dosdane

UNOC 3 : le bilan du Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature

La troisième Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC 3), accueillie conjointement par la France et le Costa Rica du 9 au 13 juin 2025 à Nice, a constitué une étape clé de la Décennie onusienne des sciences océaniques pour le développement durable 2021-2030 et a permis des avancées majeures vers l’atteinte de l’Objectif de développement durable (ODD) 14 «Vie aquatique». 55 chefs d’État et de gouvernement, ainsi que 15 000 participant/es issus de la société civile, du secteur privé et des sciences, étaient mobilisés afin d’accélérer l’action en faveur de la conservation et de l’utilisation durable des océans.   Le Comité français de l’UICN était mobilisé pour UNOC 3 et lors des évènements parallèles afin de porter son appel à l’action pour l’Océan, présentant ses recommandations pour protéger et restaurer la santé de l’Océan, signé par près de 80 organisations membres de son réseau et d’autres pays. Le Comité français de l’UICN était représenté à Nice par sa présidente, Maud Lelièvre, son directeur, Sébastien Moncorps, la présidente de son groupe Mer & littoral, Céline Liret, et une partie de son équipe : Florence Clap, Haizea Jimenez, Jean-François Sys, Laurie Lefebvre, Benjamin Konnert, Leilani Wong et Aude Bontemps ; ainsi que de nombreux membres et expert/es du Comité français. Récapitulatif de UNOC 3 Dans son bilan de conclusion, le Comité français de l’UICN propose un récapitulatif des grandes annonces et évènements de UNOC 3, et des synthèses et des liens pour en apprendre plus sur la participation du Comité français, de ses membres et des engagements de la France. Les grandes annonces : L’Accord des Nations Unies sur la haute mer (Traité BBNJ). Le Traité mondial sur le plastique. Le moratoire sur l’exploitation des fonds marins. Le Pacte européen pour les océans. Les engagements de la France. Les engagements des autres Etats. Les évènements spéciaux et parallèles : Retours sur le One Ocean Science Congress (OOSC), 3-6 juin 2025. Le Ocean Rise and Coastal Resilience Summit, 7 juin 2025. Le Blue Economy and Finance Forum (BEFF), 7-8 juin 2025 à Monaco. Les side events du Comité français et de ses membres   Lire le bilan UNOC 3 du Comité français de l’UICN  Photo bandeau © Leilani Wong 2025

Rencontres pour la Planète 2025 & campagne de crowdfunding – 1% for the Planet

Le Comité français de l’UICN a été sélectionné parmi 40 projets associatifs (sur 186 candidatures) pour participer aux Rencontres pour la Planète 2025, un événement organisé par le 1% for the Planet France. Cet événement aura lieu les 7 et 8 octobre 2025 à la Fondation Biermans-Lapôtre à Paris, et nous aurons l’honneur de présenter notre projet devant un public composé d’entreprises, de fondations et de mécènes. Vous pouvez consulter le programme complet de ces journées ici. Notre présentation se déroulera le 7 octobre dans le cadre du pôle « Forêts et vie sauvage » entre 9h35 et 11h, avec 5 autres projets. Le projet que nous allons présenter vise à favoriser l’émergence de conditions réglementaires et juridiques favorables à la libre évolution des espaces naturels. La libre évolution est un principe qui consiste à laisser un espace naturel se développer de manière autonome, sans intervention humaine, permettant ainsi à la nature de reprendre ses droits. Ce concept soulève des questions importantes concernant la responsabilité juridique des acteurs impliqués dans la gestion de ces espaces. Notre objectif est de produire une étude approfondie sur ces enjeux juridiques et d’envisager des évolutions réglementaires qui rendraient le cadre juridique plus favorable au déploiement de la libre évolution en France. En amont des rencontres pour la Planète des 7 et 8 octobre où notre projet sera présenté aux fondations, entreprises et mécènes, nous lançons une campagne de crowdfunding. Celle-ci se déroulera du 1er septembre au 8 octobre, dans l’objectif de contribuer au financement de l’étude juridique et de soutenir l’expansion de la libre évolution des espaces naturels en France. Grâce au partenariat avec le 1% for the Planet France, vos dons seront doublés : pour chaque don de 10€, nous recevrons 20€. Votre soutien est crucial pour nous permettre de mener à bien cette étude. Pour contribuer à notre projet, rendez-vous sur notre page HelloAsso ici, et découvrez notre projet sur le site du 1% for the Planet France ici. Ensemble, créons un cadre juridique favorable à la libre évolution des espaces naturels en France ! Photo bandeau : © Diane Sorel Vidéo de présentation https://uicn.fr/wp-content/uploads/2025/08/video-1pr100-cf-uicn-fr-final.mp4

Renforcer la protection des mangroves par la connaissance, la coopération et l’action !

Des outils concrets pour mieux gérer les mangroves À l’occasion de la Journée internationale des mangroves, le Réseau d’observation et d’aide à la gestion des mangroves (ROM) met en lumière ses actions engagées pour mieux protéger ces forêts littorales uniques. Le ROM est l’un des trois réseaux de surveillance de l’Initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR), porté par le Pôle-relais zones humides tropicales, coordonnée par le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Un annuaire pour valoriser les acteurs, les projets et les compétences des Outre-mer Cet annuaire a pour but de renforcer les liens entre les territoires, de faire connaître les initiatives en cours et de faciliter les synergies entre parties prenantes impliquées dans la conservation des mangroves. Une cartographie de l’évolution des mangroves dans le temps Depuis 2022, le programme Ecosystèmes du Comité français de l’UICN avec l’appui du ROM, étudie l’évolution des mangroves dans les Outre-mer depuis les années 1950. Cette approche a permis d’identifier 3 grandes tendances : des pertes importantes de mangroves à Saint-Martin et Saint-Barthélemy ; des situations stables mais dynamiques à Mayotte et en Martinique ; et des augmentations de surface en Guadeloupe et à Wallis. Ces dernières sont souvent liées à un relâchement des pressions ou à des actions de restauration des mangroves. En Polynésie française, l’augmentation des surfaces est, quant à elle, due à l’expansion du palétuvier introduit Rhizophora stylosa, qui présente un caractère envahissant. MANRAM : un protocole de suivi pour les gestionnaires Le protocole MANRAM (Mangrove Rapid Assessment Method) est un outil de suivi basé sur une méthode d’évaluation rapide. Son objectif est d’évaluer l’état écologique des mangroves à partir d’observations de terrain reproductibles et adaptées aux contextes ultramarins. Ces données sont essentielles pour orienter les actions de gestion et de restauration. Cet outil a été développé par le Groupement d’experts MAREX et le laboratoire LAGAM (Laboratoire de Géographie et d’Aménagement de Montpellier) dans le cadre de travaux de l’IFRECOR et est en cours d’ajustement dans les Antilles par le ROM. Une fois ajusté, le protocole sera intégré dans l’application mobile « ROM mangroves » afin d’offrir aux gestionnaires une interface de saisie des données de terrain. Mais aussi : Une application de sciences participatives L’appli mobile « ROM mangroves » permet à toute personne intéressée — gestionnaires, curieux/ses ou naturalistes — de s’entraîner à reconnaître les différentes espèces de palétuviers, mais aussi de signaler des perturbations ou des observations de faune. Un outil simple et pédagogique pour mieux connaître et protéger les mangroves, accessible sur les Play stores. Une cartographie nationale pour mieux cibler l’action Le ROM a élaboré en 2020 une cartographie à moyenne résolution dénommée CARNAMA, qui permet de visualiser, à l’échelle des territoires ultramarins français, la répartition des mangroves. Un guide technique pour favoriser les bonnes pratiques Le ROM a publié en 2018 le premier guide technique en français sur la restauration des mangroves. Ce guide a pour vocation d’orienter les projets de restauration vers des solutions efficaces et durables, fondées principalement sur le rétablissement des conditions naturelles. Le ROM va engager fin 2025 un travail de production de fiches pratiques de restauration adaptées à chaque territoire, afin de répondre aux spécificités locales. Ce travail sera accompagné de formations à la restauration à destination des gestionnaires, en priorité à Mayotte, fortement touchée par le cyclone Chido de 2024. EN SAVOIR PLUS SUR LES MANGROVES  Des forêts pas comme les autres Les mangroves, ce sont ces forêts tropicales étonnantes, qui poussent dans les zones côtières inondées à marée haute. Des conditions que la plupart des arbres ne supportent pas : eau salée, sols peu oxygénés… Pour pallier ces problèmes, les palétuviers, les arbres qui les composent, ont développé de nombreuses stratégies : racines aériennes pour la respiration, feuilles excrétrices de sel… Elles abritent une vie incroyable Les mangroves servent de lieu de reproduction et de croissance pour une multitude d’espèces : poissons, crabes, crevettes, oiseaux migrateurs… Elles sont un vrai réservoir de biodiversité ! Boucliers naturels des côtes Grâce à leurs racines denses, les mangroves freinent la houle protégeant ainsi les communautés côtières contre les tempêtes, les cyclones et l’érosion. Un rempart naturel bien plus efficace que beaucoup d’infrastructures humaines ! Des filtres à eau géants Les mangroves agissent comme des éponges : elles piègent les sédiments et les polluants venus de la terre, améliorant ainsi la qualité de l’eau qui arrive vers les lagons et les récifs coralliens. Résultat : des eaux plus claires, des coraux en meilleure santé. Des championnes du stockage de carbone Les mangroves sont parmi les écosystèmes qui stockent le plus de carbone. Elles le retiennent dans leurs racines, leurs feuilles mais surtout dans leurs sols riches en matière organique. Ce sont des alliées incontournables dans la lutte contre le changement climatique ! Elles font vivre des millions de personnes En plus de protéger l’environnement, les mangroves offrent des ressources et des emplois : pêche, tourisme, artisanat… Mais elles sont menacées Malheureusement, les mangroves disparaissent à grande vitesse. En cause : la déforestation, l’urbanisation côtière, l’aquaculture… Selon la Liste rouge mondiale des mangroves, publiée par l’UICN en 2024, 50 % des mangroves évaluées sont menacées, dont 19,6 % classées à haut risque (catégories “en danger critique” ou “en danger”). PRÉSERVER LES MANGROVES, C’EST RENFORCER LA RÉSILIENCE DE NOS TERRITOIRES ! Photo bandeau : © Moiz Husein Storyteller

Appel à retours d’expériences – Solutions fondées sur la Nature et approvisionnement en eau

Le Comité français de l’UICN s’est lancé dans la réalisation d’une nouvelle étude sur les Solutions fondées sur la Nature (SfN) pour répondre au défi de l’approvisionnement en eau, en France hexagonale et en Outre-mer. L’objectif est de mettre en lumière le rôle que peuvent jouer les écosystèmes pour garantir un approvisionnement durable de la ressource en eau – en quantité comme en qualité – dans un contexte de changements climatiques et de pressions croissantes sur les milieux aquatiques, tout en contribuant à la préservation de la biodiversité. Cette publication viendra compléter les précédents travaux consacrés aux risques naturels (les risques liés à l’eau (2019), les risques littoraux (2022), les risques gravitaires et incendie (2023) ainsi que la récente publication sur les Solutions fondées sur la Nature et la sécurité alimentaire (2025). L’ensemble de ces documents est disponible sur notre page dédiée. Afin d’identifier les projets à intégrer dans cette nouvelle publication, nous cherchons à recenser des actions de protection, de gestion durable et/ou de restauration d’écosystèmes mises en œuvre pour : sécuriser l’accès à une eau de qualité et en quantité suffisante, soutenir ou restaurer le fonctionnement hydrologique des milieux, notamment en lien avec la recharge des nappes phréatiques, la régulation des étiages ou la réduction des pertes, et/ou renforcer la résilience des territoires face aux pressions sur la ressource en eau (sécheresses, conflits d’usage, artificialisation, etc.), tout en apportant des bénéfices à la biodiversité et aux sociétés humaines. Sont notamment visées des actions dans les milieux aquatiques, humides, agricoles, forestiers ou urbains (exemples : restauration de zones humides, renaturation de cours d’eau, désimperméabilisation favorisant l’infiltration en ville, pratiques agricoles améliorant la rétention d’eau, aménagements favorisant la recharge des nappes phréatiques, etc.). Si votre structure est impliquée dans ce type de démarche, ou si vous avez connaissance de projets pertinents menés en France (Hexagone et Outre-mer), nous vous invitons à nous en faire part en remplissant ce formulaire pour détailler votre projet, puis en l’adressant à fabien.kufel@uicn.fr. Les retours d’expérience (formulaire complété et/ou suggestions de projets) doivent nous être retournés avant le 12 septembre 2025 au plus tard. Merci par avance pour vos contributions et votre participation ! NB : Ce travail n’a pas vocation à traiter des risques d’inondations, déjà abordés dans une publication antérieure, mais bien à se concentrer sur les Solutions fondées sur la Nature contribuant à assurer un accès pérenne à l’eau pour les sociétés humaines et les écosystèmes. Photo bandeau : grafxart8888

8 questions à se poser pour mettre en œuvre les Solutions fondées sur la Nature – Un guide d’appropriation du standard mondial de l’UICN

Dans la perspective de l’actualisation du standard mondial de l’UICN pour les Solutions fondées sur la Nature (SfN), qui sera dévoilée lors du Congrès mondial de la Nature en octobre 2025, le Comité français de l’UICN s’engage dans une démarche de mise à jour de ses outils de référence. À ce titre, il propose de revoir son fascicule intitulé « 8 questions à se poser pour mettre en œuvre les Solutions fondées sur la Nature – Un guide d’appropriation du standard mondial de l’UICN », publié initialement en 2021. L’objectif est de rendre ce document plus didactique et pédagogique pour accompagner efficacement les acteurs dans leur compréhension du concept des SfN. Pour ce faire, le Comité français de l’UICN lance une enquête en ligne afin de recueillir les retours d’expérience des utilisateurs du fascicule. Cette consultation vise à identifier : les points forts du document actuel, ses limites et les éléments manquants, les besoins des acteurs pour mieux comprendre et appliquer le concept des SfN et son standard d’évaluation.   Votre retour – qu’il soit positif ou critique – est essentiel pour construire une version enrichie de ce document de synthèse, au plus près de vos besoins. Vous pouvez participer à cette grande enquête, qui vous prendra une vingtaine de minutes à remplir, jusqu’au vendredi 5 septembre 2025. Photo bandeau : © Justine delangue

Situation préoccupante pour les mille-pattes et les perles de France métropolitaine

Au terme d’un état des lieux conduit sur des espèces méconnues de la faune de France, le bilan dressé est préoccupant : une espèce sur cinq de mille-pattes dit “chilopodes” et une espèce sur trois parmi les insectes de l’ordre des “perles” se révèlent menacées dans l’Hexagone.   Ces invertébrés fournissent des informations précieuses sur l’état de santé de leurs habitats, car ils sont reconnus comme des espèces bioindicatrices de la qualité des milieux naturels. Appartenant au groupe des mille-pattes, les chilopodes vivent principalement dans les forêts, les grottes ou sur les plages, dans la litière ou sous les pierres et les bois morts. Ils jouent un rôle important dans la régulation de la microfaune et la régénération des sols. Vivant sur les cours d’eau, le plus souvent au niveau des sources et des ruisseaux, les perles ou “plécoptères” de leur nom scientifique, sont des insectes aquatiques au stade larvaire et ailés au stade adulte, surnommés aussi “mouches de pierre”. Au total, sur les 146 espèces de mille-pattes chilopodes et les 198 espèces de perles natives du territoire métropolitain, les résultats montrent que respectivement 31 (soit 21%) et 62 (soit 31%) d’entre elles sont menacées de disparition. Les atteintes à leurs milieux naturels et le changement climatique représentent les principales pressions pour ces espèces. Réalisées dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France, ces analyses ont été menées grâce à l’expertise des spécialistes de l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie) et du groupe Myria-France, sous la coordination du Comité français de l’UICN et de l’unité PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD).  Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (juin 2025) Chapitre Mille-pattes chilopodes de France métropolitaine• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN Comité français, OFB, MNHN & Myria-France (2025). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Mille-pattes chilopodes de France métropolitaine. Paris, France Chapitre Perles de France métropolitaine• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN Comité français, OFB, MNHN & Opie (2025). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Perles de France métropolitaine. Paris, France   Photo bandeau :Perle à grosse tête © Bertrand Launay

UNOC 3 : les réactions du Comité français de l’UICN

Alors que la troisième Conférence des Nations Unies sur l’Océan s’achève, le Comité français de l’UICN salue la mobilisation mondiale en faveur de l’Océan. Il demande que les engagements pris se poursuivent et se traduisent en résultats concrets afin de lutter contre les nombreuses menaces pesant sur l’Océan et d’améliorer sa protection. Des avancées pour renforcer le droit international pour la mer Au niveau international, le Comité français de l’UICN salue particulièrement la mobilisation en vue de la ratification du traité sur la haute mer, avec 51 ratifications déposées sur les 60 nécessaires et 15 pays qui se sont engagés à le ratifier. Cela permettra une entrée en vigueur d’ici la fin de l’année du traité ou début 2026. La mobilisation s’est également poursuivie en vue de la négociation finale du traité sur la pollution plastique avec 95 pays demandant un objectif mondial de réduction de la production et de la consommation, ainsi que celle en faveur du moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins, actuellement soutenu par 37 pays. La création de nouvelles aires marines protégées en Polynésie française Au niveau national, le Comité français de l’UICN salue les annonces concernant la création de nouvelles aires marines protégées en Polynésie française, en particulier de deux zones de protection stricte. La première, de 220 000 km2, située près des îles de la Société, et l’autre, de 680 000 km2, près des îles Gambier, qui répondront aux catégories I et II de l’UICN. Une autre zone de 250 000 km2 sera réservée à la pêche artisanale. Des projets sont également en cours dans les îles Marquises et Australes. Le Président de la Polynésie française a également annoncé le classement de l’aire marine gérée, Tainui Atea, qui recouvre l’ensemble de la zone économique exclusive, en aire marine protégée. L’arrêté de classement sera révisé pour que le site corresponde aux standards de l’UICN en matière d’aires marines protégées, notamment concernant l’interdiction des activités industrielles préjudiciables à l’environnement (exploitation minière et pêche industrielle). Des engagements en faveur de la conservation des fonds marins Le Comité français de l’UICN souligne l’effort de la France en faveur de la protection des fonds marins, en ciblant toutes les activités impactantes, particulièrement le chalutage de fond. Ces zones comprennent les écosystèmes marins vulnérables, interdits par la Commission européenne aux en­gins de fond (chaluts de fond, dragues, filets maillants de fond, palangres de fond, casiers et pièges) et d’autres zones. Cet effort de protection doit être complété par des mesures sur l’ensemble de la colonne d’eau, selon une approche écosystémique, et en adéquation avec les lignes directrices de l’UICN sur les aires protégées. Cette stratégie sur les fonds marins va être accompagnée d’un renforcement du niveau de protection des aires marines protégées, comme le demandait le Comité français de l’UICN dans son appel pour l’Océan. L’évaluation des incidences des différentes activités, dont les analyses risque pêche, devront garantir que les activités ne compromettent pas les objectifs de conservation. Elles devront être réglementées afin de correspondre à la définition de l’UICN d’une aire protégée (Recommandation 102 et Résolution 55). Pour aboutir à des zones de protection forte, les activités impactantes devront être supprimées. De l’UNOC3 au Congrès mondial de la nature de l’UICN Dans quatre mois, les enjeux de la protection de l’Océan seront de nouveau mis à l’honneur lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN. Des recommandations sont attendues sur les aires marines protégées en haute mer, l’économie bleue régénérative qui intègre la protection et la restauration des écosystèmes marins et côtiers, ou encore la protection des écosystèmes marins peu profonds (zone mésophotique située entre 30 et 200 mètres de profondeur). Photo bandeau : © Damocean