Les grands singes à l’honneur

Du 17 au 23 octobre 2018, le Comité français de l’UICN a soutenu la participation de 3 membres de l’Alliance pour la conservation des grands singes en Afrique centrale (A-GSAC) à plusieurs événements à Paris. Cette alliance, impulsée en 2016 avec l’appui du Programme de Petites Initiatives (PPI) coordonné par le Comité français de l’UICN, réunit à l’heure actuelle 6 organisations de la société civile issues de 4 pays du Bassin du Congo (Cameroun, République du Congo, Gabon, RDC). Organisé du 17 au 19 octobre au musée de l’Homme, le 31ième colloque de la Société francophone de primatologie a réuni 110 personnes, essentiellement issues du milieu scientifique, pour présenter les dernières études et résultats de recherche ou de conservation sur les primates du monde entier. L’A-GSAC a ainsi pu présenter ses actions auprès d’un public académique et ainsi démarrer des discussions en vue de nouer des partenariats scientifiques pour ses études in situ sur les grands singes. L’objectif était également de faire connaître l’A-GSAC auprès des acteurs français, ce qui semble particulièrement stratégique au vu de l’investissement de la France sur la conservation de la biodiversité dans le Bassin du Congo. Au Sénat, un colloque intitulé « sauver les grands singes, un enjeu pour l’humanité » était organisé le 22 octobre par le sénateur de Loire Atlantique Ronan Dantec en partenariat avec le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et en particulier la primatologue Sabrina Krief. L’objectif : dessiner des perspectives pour renforcer l’action et la mobilisation de l’ensemble des acteurs français (Etat, société civile, secteur privé, …) et internationaux (UNESCO, …) afin de franchir une étape supplémentaire pour la protection des grands singes. L’occasion pour l’ONG congolaise Mbou-Mon-Tour, active sur la conservation des bonobos et partenaire du (PPI) depuis 2012, et l’A-GSAC d’intervenir et de partager leurs travaux devant le Ministre de la Transition écologique et solidaire, d’élus français, du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), de représentants d’institutions internationales (UNESCO, …) et d’ONG françaises. Afin d’identifier des pistes d’actions et de financement à court et moyen termes, l’A-GSAC a ensuite participé à des réunions avec l’UNESCO, les ministères de la Transition écologique et solidaire et de l’Europe et des Affaires étrangères, le FFEM, la Fondation pour la Nature et l’Homme ou encore le RASTOMA (réseau des acteurs africains pour la conservation des tortues marines, également appuyé par le PPI). Cette semaine s’est conclue par un ‘Café brousse’ organisé par le Comité français de l’UICN.  L’occasion pour une vingtaine d’experts français du réseau de se réunir et d’échanger autour des enjeux de la conservation des grands singes en Afrique centrale, grâce aux interventions de Victor Narat, primatologue au MNHN, et de l’AGSAC. La participation de l’A-GSAC à l’ensemble de ces évènements a permis de renforcer sa visibilité et sa reconnaissance institutionnelle et politique et de mettre en avant le travail concret de conservation mis en œuvre par ses membres, les actions menées et les perspectives de collaboration qu’elle offre aux experts français sur la connaissance et le suivi des grands singes des forêts du Bassin du Congo. Des partenariats institutionnels, techniques, académiques et, plus tard espérons-le, financiers devraient ainsi naître suite à cette mission parisienne du réseau, et ce dès l’année 2019. De belles perspectives s’ouvrent donc pour l’Alliance et la conservation des grands singes dont les sept espèces sont aujourd’hui toutes inscrites comme « menacées »1 sur la liste rouge mondiale de l’UICN.   Plus d’informations – Le Programme Coopération internationale de l’UICN France – Le Programme de Petites Initiatives (PPI) – Le site internet du FFEM – Le site internet de RASTOMA – Le Facebook du PPI – Le Facebook de l’ONG Miou-Mon-Tour   1Le Gorille de l’Est (Gorilla beringei) est maintenant classé « en danger critique d’extinction », suite au déclin catastrophique de sa population, réduite de plus de 70% en 20 ans. Le Gorille de l’ouest (Gorilla gorilla) ainsi que les 3 espèces d’Orang-outan sont également en danger critique et les chimpanzés (Pan troglodytes) et Bonobos (Pan paniscus) sont en « en danger ». Photo © Thomas Bacha

Un cinquième des forêts méditerranéennes françaises est menacé

Le Comité français de l’UICN a évalué la vulnérabilité des forêts méditerranéennes de France métropolitaine dans le cadre de « La Liste rouge des écosystèmes en France ». Cette étude dresse un bilan objectif pour les 19 écosystèmes forestiers caractéristiques de cette région. Présentation des résultats 4 de ces 19 écosystèmes (soit 1/5ème) sont menacés en France, évalués Vulnérables ou En danger. Les principales menaces qui pèsent sur ces écosystèmes sont l’introduction d’espèces non indigènes ou de pathogènes pour deux écosystèmes de pinèdes méditerranéennes, et les changements de pratiques sylvicoles pour les forêts de Chêne-liège et les châtaigneraies. Cette étude souligne également la forte sensibilité de 7 écosystèmes forestiers méditerranéens à distribution restreinte qui sont classés « Quasi-menacés », en raison notamment de l’urbanisation du territoire et des impacts du changement climatique à travers l’aridification du climat méditerranéen et l’intensification des régimes d’incendies.  Enfin un important manque de connaissances n’a pas permis d’évaluer la quasi-totalité des forêts riveraines méditerranéennes (classées en Données insuffisantes) bien qu’elles aient probablement fortement régressé. La Liste rouge des écosystèmes de l’UICN La Liste rouge des écosystèmes de l’UICN permet, selon un standard mondial, d’évaluer les menaces pesant sur la biodiversité à l’échelle des écosystèmes. Elle propose pour cela une méthodologie qui introduit le concept de risque d’effondrement d’un écosystème, analogue à celui de risque d’extinction d’une espèce, avec différents critères et les seuils quantitatifs, permettant de caractériser de ce risque. Cette Liste rouge vient ainsi s’inscrire en complément de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN pour apporter des connaissances plus complètes sur l’état de la biodiversité. En plus d’identifier les écosystèmes menacés, la Liste rouge des écosystèmes permet de connaître et de décrire l’ensemble des processus qui les affectent. Ces résultats facilitent la mise en place d’actions et la prise de conscience politique et sociétale face à l’importance des enjeux de conservation de la biodiversité, à l’échelle des écosystèmes. L’élaboration de la Liste rouge des écosystèmes en France est pilotée par le Comité français de l’UICN. Les évaluations sur les forêts méditerranéennes métropolitaines ont été réalisées en partenariat avec le Muséum national d’Histoire naturelle, et en collaboration avec les Conservatoires botaniques et l’expertise de plusieurs membres et des experts du réseau de l’UICN France. >> Retour à la Liste rouge des écosystèmes en France DOCUMENTS JOINTS • Communiqué de presse (décembre 2018) • Publication : UICN France, 2018. La Liste Rouge des Écosystèmes en France – Chapitre Forêts méditerranéennes de France métropolitaine. Paris, France. CONTACT Pauline Teillac-Deschamps, Chargée du programme « Ecosystèmes » Aurélien Carré, Chargé de mission « Liste rouge des écosystèmes »

Retour sur la clôture de l’IYOR 2018

La troisième édition de l’Année Internationale pour les Récifs Coralliens (IYOR 2018) touche à sa fin. Dans ce cadre, une soirée de clôture de l’IYOR 2018 s’est tenue le 18 décembre à l’Institut Océanographique, à Paris. Cet événement, intitulé « Le récif corallien dans tous ses états », a été organisée par le CRIOBE, l’Université PSL, le LabEx Corail et l’Institut Océanographique. Parrainée par l’acteur et militant écologiste Lambert Wilson, la soirée a été l’occasion de clôturer officiellement l’année internationale pour les récifs coralliens en France. Au cours de cette soirée, le secrétariat de l’Initiative Française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR) a passé en revue les actions phares de l’IYOR 2018 en France et a souligné la diversité des cibles atteintes par les nombreux événements de sensibilisation (scolaires, grand public, élus locaux et élus parlementaires, etc). Membre de l’IFRECOR depuis sa création en 1999, le Comité français de l’UICN s’est chargé d’accompagner, recenser, diffuser et valoriser l’ensemble des évènements organisés dans l’hexagone et dans ses Outre-mer dans le cadre de l’IYOR 2018. Le Programme Outre-mer a réalisé ce travail de coordination au niveau national et a organisé des évènements clés de l’IFRECOR comme la Palme IFRECOR 2018. Au total, plus de 50 actions portant le label IYOR 2018 ont eu lieu en France métropolitaine et dans ses Outre-mer.   L’évènement L’acteur Lambert Wilson a présenté le film documentaire « Au delà des récifs Polynésiens, la vie », par Philippe Sintes. Réalisé en étroite collaboration avec l’acteur et avec Serge Planes, directeur scientifique du CRIOBE, ce documentaire explique l’importance des récifs coralliens pour la biodiversité marine tout en soulignant les liens entre ces écosystèmes et la culture polynésienne. Par la suite, Serge Planes a fait une intervention scientifique pour rappeler ce que sont les coraux et pour exposer les différentes menaces auxquelles ils font face, notamment le changement climatique. La soirée s’est terminée par une série de prises de parole de plusieurs artistes ayant participé à l’exposition d’art « Récifs coralliens, objets d’art et de science » (Galerie des Tropiques, Tahiti, du 2 au 10 novembre 2018), suivi d’une projection d’extraits de l’exposition « Récifs coralliens, un enjeu pour l’humanité », réalisée par le photo-journaliste Alexis Rosenfeld et la journaliste Alexie Valois.   S’ouvre à présent une phase rétrospective de l’IYOR 2018 en France qui aboutira à des outils de sensibilisation qui permettront de pérenniser les synergies construites tout au long de l’IYOR 2018 et d’appuyer les efforts de conservation de ces écosystèmes uniques.   PLUS D’INFORMATIONS – Diaporama du secrétariat IFRECOR – Le site web de l’IYOR (en anglais) – Le site internet de l’IFRECOR – Liste des évènements IYOR 2018 au niveau international – Le Programme Outre-mer de l’UICN France Photo bandeau © Kimberly Jefferies / Coral Reef Image Bank

Retour sur la Cérémonie nationale de la Liste Verte des aires protégées de l’UICN 2018

Le Comité français de l’UICN a organisé le 11 décembre 2018 la Cérémonie nationale de remise des diplômes aux lauréats français de la Liste Verte des aires protégées de l’UICN, annoncés lors de  la 14ème Conférence des Nations Unies sur la diversité biologique (COP14). Cet évènement avait pour objectif de récompenser les dix sites naturels labellisés cette année par cette distinction internationale récompensant l’efficacité et la qualité de la gestion des espaces protégés. La France est aujourd’hui le pays comptant le plus grand nombre d’aires protégées inscrites sur la Liste verte. La cérémonie de remise des certificats s’est déroulée au sein du Musée de l’Homme, en présence des gestionnaires des espaces naturels naturels lauréats, à savoir : l’Espace naturel sensible du Marais d’Episy (Département de Seine-et-Marne), le Parc national de Guadeloupe, le Parc national des Pyrénées, le Parc naturel marin d’Iroise, la Réserve naturelle nationale de Cerbères-Banyuls, la Réserve Biologique Intégrale Bois du Loc’h, le Parc marin de la Côte bleue, la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage d’Orlu, la Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises et le Parc naturel régional des Vosges du Nord. Le Président du Comité français de l’UICN, Bernard Cressens, a introduit la cérémonie en indiquant que l’UICN France à travers son groupe national liste verte s’est investi dès l’année 2013 dans cette initiative : « L’UICN France a joué un rôle moteur dans son développement en France et à contribuer activement à l’augmentation du nombre de sites français labellisés à la Liste Verte de l’UICN. » Le secrétariat international de l’UICN, représenté par James Hardcastle a rappelé les objectifs de la liste verte des aires protégées, dont la philosophie est de valoriser les réussites en matière de conservation de la biodiversité et de les mutualiser au bénéfice de l’ensemble des gestionnaires d’aires protégées. Il a souligné la contribution importante des gestionnaires français, qui représentent un quart des sites lauréats dans le monde, et dont le succès permettra d’influencer positivement d’autres pays. La Directrice générale de l’UICN, Inger Andersen, a adressé un message dans lequel elle souligne que « les sites français que nous célébrons […] sur la liste verte de l’UICN sont des modèles d’excellence qui peuvent inspirer les habitants des pays du monde entier à obtenir de meilleurs résultats pour la nature et pour les êtres humains grâce à la conservation in situ. » Jean-Philippe Siblet, Président du groupe national liste verte, a complété la session introductive de la cérémonie en rappelant que les membres français défendent une approche démocratique de la liste verte, qui doit pouvoir s’appliquer à tous les statuts d’aires protégées dès lors qu’ils démontrent des résultats de conservation réussie. L’approche française est donc soucieuse de promouvoir la diversité des candidatures, qui sont représentatives à la fois de la richesse des espaces naturels et de la pluralité des outils de protection : « les sites labellisés sont en effet le reflet de cette stratégie. Ils ont des diversités de taille, de statut de protection, de répartition géographique et de gestionnaires. Enfin, ce label doit être un encouragement pour les espaces labellisés et un outil positif pour attirer d’autres sites vers cette certification mondiale. » Les certificats ont ensuite été remis individuellement à chaque gestionnaire ou représentant de site lauréat, qui ont exprimé leur satisfaction d’être reconnus à l’échelle internationale à travers ce dispositif, qui ne constitue pas une fin en soi mais un engagement à long terme pour maintenir et partager l’excellence de la gestion des aires protégées. Le nouvel Ambassadeur délégué à l’environnement, Yann Wehrling, a prononcé le discours de clôture en exprimant sa fierté de participer à cette célébration : « Je suis ravi de découvrir la labellisation 10 sites naturels français dans la Liste Verte de l’UICN. Le Comité français de l’UICN a joué un rôle de moteur dans cette certification internationale. C’est une valorisation des territoires qui peuvent être fiers de leur patrimoine naturel. »   Revivez la Cérémonie en vidéo :   PLUS D’INFORMATIONS – Le communiqué de presse annonçant les lauréats 2018 – La liste complète des sites labellisés dans La Liste Verte de l’UICN – Le Programme Aires protégées de l’UICN France

Portrait biodiversité de Kwata

Benoît de Thoisy Directeur de l’association Kwata   Qu’est ce que Kwata ? Kwata est une association guyanaise créée en 1994, avec pour missions la connaissance et la préservation de la biodiversité. L’association met en place des programmes d’étude de la faune, de conservation d’espèces et de leurs milieux naturels, des projets d’éducation à l’environnement, et des actions de médiation environnementale.   Quelles sont vos missions au service de la biodiversité ? Kwata intervient depuis 20 ans dans l’acquisition de données sur la faune (inventaires, écologie, réponses aux perturbations), toujours associée à des actions d’information, de communication et de sensibilisation, pour les scolaires, le grand public et les décideurs. Kwata a également développé une capacité d’expertise reconnue, et est régulièrement sollicitée sur un large panel de questions environnementales. Plus récemment, l’association a pris la gestion d’un site du Conservatoire du Littoral. Enfin, elle détient une ressource originale : une collection biologique (échantillons, spécimens) sur la faune guyanaise, mise à disposition pour des études et collaborations scientifiques en taxonomie, génétique, dans le respect des Accès et Partage des Avantages.   Pouvez-vous nous présenter une action phare de votre organisme ? L’association a pendant des années sillonné les forêts et les fleuves de Guyane, à inventorier jaguars, loutres, tapirs, singes, lamantins. Mais le projet phare actuel se situe aux portes de Cayenne, où se concentrent croissance démographique, besoins en infrastructures, développement urbain. Le projet TRAMES s’attache à mieux connaitre les réservoirs de diversité, les continuités écologiques, à faire de ces zones naturelles des supports de projets pédagogiques, de sciences participatives, et surtout le lieu d’un important travail de médiation auprès des élus, afin que ces continuités écologiques soient acceptées comme éléments structurants des planifications communales et des cadres de vie.   Pourquoi avez-vous adhéré au Comité français de l’UICN ? Très impliqués dans de nombreux « Groupes de Spécialistes » au sein de la Commission de Sauvegarde des Espèces de l’UICN et son équivalent à l’UICN France, l’adhésion au Comité français de l’UICN a été motivée par une volonté de participer à ce réseau d’acteurs de la conservation, notamment sur les problématiques de l’Outre-Mer.   Quelle est votre priorité pour les années à venir ? La Guyane connait un fort développement avec des projets industriels et d’infrastructures intégrant peu ou pas les enjeux environnementaux. Que ce soit par ses projets ou par les actions de la fédération Guyane Nature Environnement, dont Kwata est membre fondateur, il sera prioritaire de travailler à la conciliation d’un aménagement territorial nécessaire avec la préservation de la biodiversité, défi majeur des années à venir.   Plus d’informations – Site internet de Kwata : www.kwata.net

COP24 Climat : Les messages clés de l’UICN

Le rapport spécial sur un réchauffement climatique de 1,5°C publié par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en octobre 2018 souligne la gravité de la menace que le changement climatique fait peser sur les systèmes naturels et humains. Pourtant, comme le révèle le Rapport 2018 du PNUE sur les écarts d’émissions, une différence très importante subsiste entre les engagements actuels exprimés par les Parties dans leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN) au titre de l’Accord de Paris, et ce qui serait nécessaire pour maintenir le réchauffement de la planète à un niveau bien inférieur à 2°C et 1,5°C. La nécessité d’une action mondiale urgente et ambitieuse visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) est plus évidente que jamais. Alors que les Parties se réunissent à Katowice pour finaliser les règles, procédures et lignes directrices nécessaires à la mise en œuvre de l’Accord de Paris, c’est-à-dire le Programme de travail de l’Accord de Paris (PTAP), l’UICN tient à souligner le rôle crucial des écosystèmes mondiaux en tant que fournisseurs de solutions pratiques et efficaces, fondées sur la nature, tant pour l’atténuation du changement climatique comme pour l’adaptation à celui-ci. Ces solutions sont également directement pertinentes dans le cadre de la phase politique du Dialogue de Talanoa pendant la COP24, qui dressera un bilan des efforts collectifs des Parties vers les objectifs à long terme de l’Accord de Paris et informera la préparation des futures CDN.   Les recommandations spécifiques de l’UICN concernant le PTAP sont les suivantes : I. Atténuation / Contributions déterminées à l’échelle nationale – Les directives supplémentaires fournies aux Parties quant à la préparation et communication futures de leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN) devraient encourager et permettre une plus grande reconnaissance et intégration des solutions au changement climatique fondées sur la nature, en plus des mesures ambitieuses d’atténuation dans d’autres secteurs. – Ceci tient compte des principaux bénéfices en matière d’atténuation du changement climatique que la conservation, la restauration et la gestion durable des écosystèmes terrestres, côtiers et marins offrent en tant que puits et réservoirs pratiques et rentables de gaz à effet de serre, comme le reconnaît clairement l’Accord de Paris. Une analyse publiée dans les Actes de l’Académie nationale des sciences (PNAS) en 2017 estimait que les solutions climatiques naturelles peuvent fournir plus d’un tiers des mesures rentables d’atténuation climatique nécessaires d’ici 2030 pour stabiliser le réchauffement à moins de 2°C. Le Rapport 2017 du PNUE sur les écarts d’émissions estime que les options terrestres d’élimination du carbone, y compris les forêts, les zones humides et les sols, offrent un potentiel annuel total de réduction d’émissions de 4 à 12 GTCO2e. Ces options aident également à atteindre d’autres objectifs mondiaux en matière de durabilité, tels que l’amélioration de la qualité de l’eau, la conservation de la biodiversité et le renforcement de la sécurité alimentaire.   II. Communications en matière d’adaptation – Les directives supplémentaires fournies aux Parties quant à leurs Communications relatives à l’adaptation, que ce soit dans le cadre de leurs Plans nationaux d’adaptation (PNA), de leurs Communications nationales (CN) ou de leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN), devraient également encourager et permettre une plus grande reconnaissance et inclusion du rôle essentiel que jouent les écosystèmes sains (forêts, mangroves, océans), au travers de l’adaptation basée sur les écosystèmes, en aidant les pays et les communautés vulnérables à mieux s’adapter aux effets néfastes du changement climatique. Une étude récente estime que les zones humides ont permit d’éviter 625 millions de dollars de dommages directs causés par les inondations lors de l’ouragan Sandy, en 2012. De façon plus générale, on estime que les zones humides côtières des États-Unis fournissent des services de protection contre les tempêtes d’une valeur annuelle de 23 milliards de dollars. – Ces directives devraient également encourager les Parties à évaluer systématiquement les risques que représente le changement climatique pour les communautés et les écosystèmes vulnérables, comme souligné dans le Rapport spécial du GIEC sur un réchauffement climatique de 1,5°C, et à en faire une priorité dans la planification et les mesures nationales d’adaptation, afin de renforcer la résilience des personnes comme des écosystèmes.   III. Bilan mondial – Les modalités du Bilan mondial (BM), prévu pour 2023 et par la suite, tous les cinq ans, devraient explicitement tenir compte de la contribution des solutions fondées sur la nature à la lutte contre le changement climatique, et évaluer et rapporter systématiquement le degré d’incorporation par les pays de mesures d’atténuation et d’adaptation fondées sur les écosystèmes dans leurs CDN. – Elles devraient également encourager les Parties à inclure des mesures plus ambitieuses d’atténuation et d’adaptation fondées sur les écosystèmes dans leurs CDN ultérieurs.   Plus d’informations – Télécharger les messages clés de l’UICN pour la COP24 Climat – Les Solutions fondées sur la Nature – Pour tout renseignement, veuillez contacter : Stewart Maginnis, Directeur mondial, Solutions basées sur la nature au siège de l’UICN stewart.maginnis@iucn.org / Cyrie Sendashonga, Directrice mondiale, Politiques et Programme au siège de l’UICN cyriaque.sendashonga@iucn.org / Sandeep Sengupta Coordonnateur mondial, Portefeuille Changement climatique au siège de l’UICN sandeep.sengupta@iucn.org – Le site internet dédié à la COP24 Climat Photo © Mariusz Prusaczyk on Unsplash

Lancement du Comité France Océan

Le Ministre de la Transition écologique et solidaire a officiellement installé lundi 10 décembre le Comité France Océan (CFO), en présence du Secrétaire général de la mer et des organisations de protection de l’environnement marin, dont le Comité français de l’UICN. Présidé par le ministère de la transition écologique et solidaire, le Comité France Océan est composé de représentants des principales organisations non-gouvernementales de protection de l’environnement marin, des administrations en charge de la mer et de la gestion de ses ressources, des grands établissements publics de recherche mobilisés sur le sujet et de personnalités qualifiées. Face à la montée des enjeux liés à la protection de l’environnement marin (changement climatique, érosion de la biodiversité, développement de l’économie bleue, négociations internationales sur la haute-mer, etc.), ce groupe a pour vocation de renforcer le dialogue et de construire des propositions concertées et concrètes. Celles-ci viendront alimenter les travaux du Conseil national de la mer et des littoraux et du Comité national de la biodiversité ainsi que ceux du Congrès mondial de la nature qui se tiendra en 2020 à Marseille. Le principe de la mise en place de ce groupe de concertation sur l’environnement marin avec les acteurs de la société civile avait été acté lors du Comité interministériel de la mer du 15 novembre 2018. Le Comité France Océan se réunira tout particulièrement pour apporter des réflexions et des recommandations sur la problématique des déchets marins, la préservation de la biodiversité marine et les enjeux liés à l’artificialisation. Une cinquantaine de représentants  d’ONG, d’établissements et de services publics étaient réunis pour cette installation, partageant ensemble l’urgence à agir. Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN, est intervenu aux côtés du WWF France pour présenter les enjeux biodiversité liés au milieu marin. François de Rugy, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, a déclaré : « Cette instance est nécessaire pour créer les conditions d’un dialogue à la hauteur des défis environnementaux et permettre une mise en œuvre effective des politiques de protection des milieux marins. Elle s’inscrit dans le cadre de la gouvernance de la politique maritime intégrée qui a été mise en place suite au Grenelle de la mer. Une gouvernance qui rassemble les acteurs économiques, sociaux et de l’environnent, mais aussi élus et services publics. Un grand évènement célébrant les 10 ans de ce Grenelle sera d’ailleurs organisé en 2019 pour dresser le bilan de nos actions et dresser les perspectives de celles des 10 années à venir». Plus d’informations – Le Programme Ecosystèmes de l’UICN France Source : Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire

Un nouveau Centre de ressources dédié aux espèces exotiques envahissantes

Pour faire face au phénomène des espèces exotiques envahissantes et fournir un appui à tous les acteurs qui y sont confrontés, l’UICN France et l’Agence française pour la biodiversité inaugurent un nouveau Centre de ressources. Accompagné d’un réseau d’expertise scientifique et technique, ce dispositif collaboratif permettra de développer la prévention et de renforcer les actions de gestion en métropole et en outre-mer. Avec la mise à disposition d’un grand nombre de ressources et d’informations, en favorisant l’échange d’expériences et le partage de bonnes pratiques, il aidera à répondre aux défis de plus en plus pressants posés par cet enjeu. Les espèces exotiques envahissantes : une menace majeure pour la biodiversité Les espèces exotiques envahissantes sont reconnues comme l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité à l’échelle mondiale. Par leurs multiples impacts, elles menacent les espèces indigènes, le fonctionnement des habitats naturels et les services rendus par les écosystèmes, mais également les activités économiques et la santé humaine. La France n’échappe pas à ce phénomène et les exemples d’invasions sont nombreux : jussies, écrevisses américaines ou frelon asiatique en métropole ; fourmi électrique en Nouvelle-Calédonie, arbre miconia en Polynésie française, raisin marron à la Réunion, etc. Pour l’Europe continentale, par exemple, les coûts générés par la gestion et la réparation des dommages causés par les invasions biologiques ont été estimés à plus de 12,5 milliards d’euros par an. Un outil collaboratif pour accompagner les acteurs et améliorer les connaissances Sur tout le territoire français, un grand nombre d’acteurs se mobilise pour définir des stratégies, mettre en œuvre des actions de gestion, organiser la surveillance, évaluer les impacts et améliorer les connaissances. Pour franchir un nouveau cap, le renforcement de ces actions requiert un effort de partage et de mise à disposition des informations, un appui au développement des compétences et la diffusion de méthodologies, de retours d’expériences et de bonnes pratiques. Pour répondre aux demandes d’accompagnement des acteurs confrontés à ce phénomène, l’Agence française pour la biodiversité et l’UICN France lancent ainsi un Centre de ressources sur les espèces exotiques envahissantes. Ce dispositif répond dans le même temps à l’une des actions phares de la stratégie nationale adoptée sur cet enjeu et au plan biodiversité portés par le Ministère en charge de l’écologie. A l’occasion de ce lancement, l’ancien Groupe de travail national IBMA, qui officiait depuis 10 ans sur les invasions biologiques en milieux aquatiques, devient le réseau d’expertise scientifique et technique destiné à épauler le nouveau dispositif. Le Centre de ressources consacrera ainsi son activité à toutes les espèces exotiques envahissantes de faune et de flore, en milieux terrestres, marins et d’eau douce, en métropole comme en outre-mer. Ce dispositif fournira un appui pratique et contribuera à renforcer l’efficacité des actions sur les espèces exotiques envahissantes. Parmi ses activités, il assurera l’élaboration de méthodes, le développement de formations, la capitalisation des connaissances et la diffusion de savoir-faire et de bonnes pratiques à destination de tous les acteurs concernés : gestionnaires d’espaces naturels, associations, chercheurs, collectivités, entreprises, établissements publics et services de l’Etat notamment. Véritable boîte à outils, le site internet du Centre de ressources propose quant à lui des informations générales et des chiffres-clés sur le sujet, des actualités locales, nationales et internationales régulières, ainsi que de nombreuses ressources réglementaires, techniques et scientifiques. Alors que les Etats signataires de la Convention sur la diversité biologique viennent de se réunir (COP14) pour accroître les efforts, ce nouveau dispositif permettra également à la France de répondre à ses engagements internationaux et aux exigences du règlement européen, en améliorant l’anticipation, la prévention et la gestion des espèces exotiques envahissantes sur son territoire.   Plus d’informations – Site internet du Centre de ressources : www.especes-exotiques-envahissantes.fr – Téléchargez le communiqué de presse Photo bandeau : JP Damien, PNR Brière