Biodiversité et changement climatique

L’escalade des effets du changement climatique sur les espèces Une publication scientifique réalisée par 18 experts de l’UICN a évalué la vulnérabilité des espèces face aux changements climatiques et indique que le temps est compté pour la survie de nombreuses espèces. La publication fournit également des conseils sur la réalisation d’évaluations rigoureuses, qui prennent en compte les différentes façons dont le changement climatique peut devenir une menace pour les espèces. Ces travaux contribueront à mieux intégrer les menaces liées aux changements climatiques dans la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. « Avec des espèces dans le monde de plus en plus touchées par le changement climatique, nous avons un besoin urgent de moyens fiables pour mesurer leur vulnérabilité – ce n’est qu’alors que nous pourrons identifier les plus menacées », affirme Wendy Foden, l’auteure principale et présidente du Groupe de spécialistes sur les changement climatiques de la Commission de Sauvegarde des espèces de l’UICN. « Les effets des changements climatiques sur les espèces varient considérablement ; ce document fournit des conseils pratiques sur la façon de mesurer leur vulnérabilité globale de manière précise et comparable, depuis celles vivant dans la toundra jusqu’à celles des forêts équatoriales. Comprendre ce qui rend les espèces vulnérables garantit que les efforts de conservation sont aussi ciblés et efficaces que possible. » Les effets du changement climatique sur les espèces vont de la hausse du niveau de la mer à la destruction des habitats jusqu’aux variations dans la disponibilité des ressources alimentaires, comme c’est le cas pour de nombreux oiseaux marins. Les auteurs soulignent que les évaluations devraient déterminer toutes les pressions auxquelles les plantes, les animaux et les champignons font face à cause du changement climatique, puis choisir les méthodes et données d’évaluation appropriées. Il existe de plus en plus de preuves sur les probabilités d’extinction des espèces due au changement climatique, avec la première disparition documentée du Rat à queue mosaïque de Bramble Cay (Melomys rubicola), enregistrée en 2016. Les changements climatiques anthropiques affectent déjà les espèces dans la plupart des latitudes et dans la plupart des types d’habitats naturels, y compris les récifs coralliens, les forêts, la toundra, les déserts, les prairies et les zones humides. Le changement climatique est une menace pour près d’un cinquième des espèces menacées de la Liste rouge de l’UICN. « Les sociétés du monde entier ont besoin d’écosystèmes sains et fonctionnels pour soutenir la vie humaine », affirme Sandeep Sengupta, Coordinateur mondial sur les changements climatiques de l’UICN. « Le changement climatique transforme de plus en plus les systèmes naturels du monde, et nous devons être en mesure de prédire avec précision comment cela se produira pour se préparer aux conséquences. Des évaluations approfondies sur la vulnérabilité au changement climatique sont essentielles pour que nous soyons aussi préparés que possible face aux changements spectaculaires prévus. » Selon le rapport, à ce jour, les évaluations sur la vulnérabilité au changement climatique ont eu tendance à négliger les espèces qui ont de petites répartitions, comme de nombreux amphibiens subsahariens, et à sous-estimer les risques pour celles qui déclinent en nombre ou en répartition. Les auteurs avertissent que cela est particulièrement préoccupant, car ces espèces sont aussi davantage exposées à un plus grand risque d’extinction. Les auteurs ont apporté leur expertise sur les six continents, pour la plupart des écosystèmes, des océans aux déserts, et à une large gamme d’espèces, de mammifères aux plantes et aux insectes. Les orientations qu’ils présentent reposent sur un consensus élaboré au moyen du document « Lignes directrices de la Commission de sauvegarde des espèces pour évaluer la vulnérabilité des espèces face au changement climatique.«  L’article scientifique intitulé « Évaluation de la vulnérabilité des espèces face aux changements climatiques » a été publié dans la revue WIREs Climate Change.   Le GIEC alerte de son côté sur les conséquences d’un réchauffement des températures au-delà de 1,5°C L’accord de Paris sur le Climat, adopté en décembre 2015 lors de la COP21, prévoit de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. A la demande des pays les plus vulnérables, comme les nations insulaires menacées de submersion par la montée des océans, a été ajoutée la nécessité de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5°C. Les Etats ont alors commandé au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) un rapport spécial sur « les impacts d’un réchauffement global de 1,5 °C et les trajectoires d’émissions mondiales de gaz à effet de serre associées ». Ce rapport de 400 pages, établi par près d’une centaine d’auteurs de 40 pays sur la base de plus de 6 000 études scientifiques, donne lieu à un « résumé à l’intention des décideurs » d’une vingtaine de pages, destiné à éclairer les gouvernements. Il les alertent sur les conséquences d’un réchauffement au-delà de 1,5°C. Vagues de chaleur, extinctions d’espèces, déstabilisation des calottes polaires, montée des océans sur le long terme… Toute augmentation des températures au-delà de 1,5 °C aggraverait ces impacts sur l’environnement. Pour les experts, limiter la hausse à 1,5 °C passe par une réduction massive des émissions de CO2 de 45 % d’ici 2030 et la réalisation d’une « neutralité carbone » en 2050.   Le WWF a aussi étudié l’impact du changement climatique sur la biodiversité au coeur des écorégions prioritaires Une récente étude du WWF, conduite en partenariat avec des experts du Tyndall Centre for Climate Change de l’Université d’East Anglia, modélise les conséquences du réchauffement climatique sur la biodiversité de 35 écorégions selon trois scénarios : un réchauffement à +2°C, un autre à +3,2°C et enfin un scénario à +4,5°C. Dans ce dernier scénario, la moitié des espèces qui peuplent actuellement les écorégions sont menacées d’extinction. Dans le scénario de +2°C, cette perte de biodiversité serait divisée par deux. La biodiversité a une valeur intrinsèque, et la perte de la vie sauvage au sein des aires naturelles les plus exceptionnelles de la planète nous appauvrissent tous. Au-delà des répercussions évidentes aux niveaux économique et social, nous nous exposons à de profonds changements impactant des écosystèmes fournissant des

Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts

Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts et les conséquences seront graves pour notre avenir à moins que des mesures ne soient prises de toute urgence pour les sauver : tel est le cri d’alarme lancé par le rapport mondial de la Convention de Ramsar sur les zones humides. Entre 1970 et 2015, environ 35% des zones humides de la planète ont disparu et le rythme de disparition s’est accéléré depuis 2000, selon les premières Perspectives mondiales pour les zones humides de la Convention de Ramsar, un traité mondial ratifié par 170 pays en vue de les protéger et de promouvoir leur utilisation rationnelle. Le rapport montre qu’aucune région dans le monde n’est épargnée. Cette disparition est le résultat de grandes tendances telles que les changements climatiques, la démographie galopante, l’urbanisation, en particulier des zones côtières et des deltas fluviaux, et de l’évolution des modèles de consommation responsables des changements intervenus dans l’utilisation des terres et de l’eau, ainsi que dans l’agriculture. On estime que les zones humides – lacs, cours d’eau, marais et tourbières mais aussi zones marines et côtières telles que les estuaires, les lagunes, les mangroves et les récifs coralliens – couvrent actuellement plus de 12,1 millions de km2, une superficie plus vaste que celle du Groenland. Entre 13 et 18% sont inscrites sur la Liste de Ramsar des zones humides d’importance internationale et sont des sites protégés. Les zones humides sont cruciales pour l’homme et pour la vie sur la planète. Directement ou indirectement, elles fournissent presque toute l’eau douce consommée dans le monde. Plus d’un milliard de personnes en dépendent pour leur subsistance et 40% des espèces vivent et se reproduisent dans les zones humides. Elles sont une source vitale d’aliments, de matières premières, de ressources génétiques pour la pharmacopée et d’énergie hydroélectrique. Elles atténuent les crues, protègent les littoraux et renforcent la résilience des communautés aux catastrophes et elles jouent un rôle important dans le transport, le tourisme et le bien‑être culturel et spirituel de tous les peuples. Des études montrent que la valeur économique des services fournis par les zones humides dépasse largement celle des écosystèmes terrestres. Ainsi, la valeur économique totale des zones humides intérieures est cinq fois plus élevée que celle des forêts tropicales, l’habitat terrestre le plus précieux. Les zones humides jouent aussi un rôle essentiel dans les efforts de régulation du climat mondial. Les tourbières, qui ne couvrent que 3% de la superficie de la planète, stockent deux fois plus de carbone que toutes les forêts du monde et les marais, les herbiers marins et les mangroves sont aussi des écosystèmes riches en carbone. Toutefois, les zones humides produisent 20 à 25% des émissions mondiales de méthane et l’augmentation des températures due aux changements climatiques devrait augmenter les émissions de gaz à effet de serre des zones humides, en particulier dans les régions de permafrost. Et pourtant, les zones humides restent dangereusement sous-évaluées dans les plans nationaux des décideurs et législateurs. C’est une omission inexplicable si l’on en juge par le rôle pivot que jouent les zones humides en permettant la réalisation des engagements mondiaux relatifs aux changements climatiques, au développement durable, à la biodiversité et à la réduction des risques de catastrophe. En effet, à elles seules, les zones humides contribuent à 75 indicateurs des Objectifs de développement durable (ODD). Les menaces persistantes et croissantes qui pèsent sur les zones humides de la planète sont le drainage de l’eau, la pollution, l’utilisation non durable, les espèces envahissantes, les flux interrompus par les barrages et le déversement de sédiments par le déboisement et l’érosion des sols en amont. Les tendances de la qualité de l’eau se détériorent et près de toutes les sources d’eau douce du monde sont plus ou moins altérées. La pollution de l’eau et la charge de matières nutritives provenant du ruissellement des engrais sont parmi les plus grands problèmes. Selon l’Organisation des Nations Unies, plus de 80% des eaux usées sont déversées dans les zones humides sans traitement adéquat tandis qu’en 2018, la quantité d’engrais utilisée sera supérieure de 25% à celle de 2008, ce qui exacerbera une croissance végétale excessive dans les zones humides et le taux de décomposition, privant la flore et la faune d’oxygène. La crise de la biodiversité est tout aussi alarmante. Plus de 25% de toutes les plantes et de tous les animaux des zones humides sont en danger d’extinction. L’indice de la Liste rouge de l’UICN, qui évalue la probabilité de survie en utilisant les données disponibles, a identifié des tendances négatives pour les mammifères, les oiseaux, les amphibiens et les coraux des zones humides, ce qui signifie que tous se dirigent vers l’extinction. Avec l’élévation des températures de la mer, les récifs coralliens subissent le déclin le plus rapide tandis que les amphibiens sont les moins nombreux et les plus menacés. Les poissons, les reptiles et les grands mammifères des zones humides sont également vulnérables : toutes les espèces de tortues sont menacées au plan mondial et un tiers d’entre elles sont en danger critique d’extinction. Le rapport insiste sur la nécessité de se doter de plans de gestion efficaces des zones humides et d’intégrer les zones humides dans la préparation et l’application de plans nationaux sur le développement durable, les changements climatiques et autres engagements mondiaux importants. Le rapport souligne aussi que la bonne gouvernance et des institutions efficaces aux niveaux local, national et régional sont des facteurs cruciaux pour prévenir la perte et la dégradation des zones humides, y mettre un terme et renverser les tendances. Prenant des exemples de succès obtenus à travers le monde, le rapport recommande notamment de mettre à profit les mécanismes de financement existants pour fournir des incitations économiques et financières aux communautés et aux entreprises et les engager à protéger les zones humides au moyen d’avantages fiscaux. Par ailleurs, il serait faudrait fin aux incitations perverses pour les agriculteurs et les entreprises, par exemple aux subventions à l’agriculture qui encouragent la transformation ou la pollution des zones humides.   Plus d’informations – Télécharger le rapport – Le programme « écosystèmes »

PPI Partner: CEPF

The Partnership Fund for Critical Ecosystems (www.cepf.net) is a joint initiative of the French Development Agency, Conservation International, the European Union, the Global Environment Facility, the Government of Japan, of John D. and Catherine T. MacArthur Foundation and the World Bank. A fundamental goal of CEPF is to enable, through the providing of grants, the civil society to engage in the conservation of the most endangered terrestrial biological resources, known as biodiversity hotspots. In the Guinean Forests Biodiversity Hotspot of West Africa, which extends from southern Guinea to northwestern Cameroon via the Gulf of Guinea islands, the CEPF strategy aims to provide technical and financial means to local, regional, national and international civil society organizations to establish cross-sectoral and cross-border long-term partnerships. CEPF wants these beneficiaries to demonstrate models that combine biodiversity conservation with sustainable socio-economic development. In particular, CEPF’s investment (USD 9 million from 2016 to 2021) aims to: Allow at least 60 local communities to sustainably manage certain priority sites and / or consolidate ecological connectivity at a landscape level ; Target at least 20 Biodiversity Key Areas and 100,000 hectares of production landscapes for better conservation or sustainable use of biodiversity ; Incorporate biodiversity conservation provisions into public policies and / or private sector practices into at least 6 conservation corridors ; Stabilize or increase the populations of at least 30 globally threatened species ; Create at least 15 networks between civil society actors, governments and the private sector to maximize the positive impact on biodiversity ; Improve the organizational capacity of at least 50 civil society organizations. In this hotspot, CEPF entrusted BirdLife International with the responsibility of the Regional Implementation Team (RIT) to provide strategic leadership for its investment. Together, USD 1.7 million grants had been already awarded to 14 organizations. The coming months will focus on the awarding of new grants following the call for proposals closed at the end of 2017, as well as a call for proposals for a mentoring initiative, at the national level, where international organizations having proven capabilities in specific areas can provide relevant guidance to local organizations (including CEPF beneficiaries) in the medium term. CEPF also wished to join the Alliance around the PPI in order to pool resources, create synergies and capitalize on the emergence of environmental organizations that bring changes and innovations, working together to influence public policies and private sector actors in biodiversity conservation and sustainable development. For more informations : https://www.cepf.net/our-work/biodiversity-hotspots/guinean-forests-west-africa

Interview of Osiris Doumbé, SEKAKOH

Osiris, tell us a little bit about the history of SEKAKOH and its creation: what is the ‘raison d’être’ of the organization, its genesis and what is the name of the NGO standing for? Everything started from the Ellioti Project. The goal of this project that I launched in 2013 was to conduct a study on the distribution of the rarest and least known of the chimpanzees, the Elliot chimpanzee (Pan troglodytes ellioti), and to study the diversity of the monkeys of the North West Cameroon region. This region is highly anthropized, and there are not enough conservation projects. In addition to the scientific aspect, we had an approach of sensitizing the inhabitants of the villages surrounding the last fragments of forest, in more or less direct contact with the chimpanzees. After two years of study and walking in the North West, I created with environment passionates friends SEKAKOH, to continue the efforts garnered by the project. The goals of SEKAKOH are to protect wild animals and their habitats while helping people to use their resources sustainably. SEKAKOH means « remember them » in Balikumbat, a language of North West Cameroon. The NGO’s logo is a black rhinoceros from West Africa – a subspecies whose last individuals are now extinct in Cameroon. It is painted in white, the color of mourning in this country.   Since the beginning of the activities, what were your priorities? What actions have already been taken and which ones are you the most happy and proud of? Since 2015, within SEKAKOH we have mainly worked in the Kom forest, in the Department of Boyo, about twenty kilometers from Bamenda. This small forest located in the low mountains along the Bamenda mountain range is home to at least two groups of chimpanzees and 12 other primates according to our studies. Ethnobotanical research has enabled us to highlight more than 90 species of plants used by the inhabitants of the four surrounding villages for food, medicine, timber, and firewood. Even if so far we have favored research, we have not neglected the relationship with local communities with whom we maintain good relations through awareness activities (distribution of school books on the Cameroonian environment) and development (construction of improved ovens and donation of mill to grind corn kernels). I think that the activity that personally made me most proud was the donation of the mill to the village of Baiso. This machine allowed the villagers to stop having to send their children to Fundong (several kilometers from Baiso) to grind corn kernels, the staple food of the region.   What are the current prospects for the year 2018? What particularly exciting activities do you plan to implement? For 2018, SEKAKOH has several planned activities at Kom, the largest part funded by PPI-5. These activities will be developed in collaboration with another NGO, SURUDEV, which will bring its expertise in agroforestry. Within SEKAKOH, we will continue our research with special emphasis on plant diversity and chimpanzee feeding. In addition to this, we have planned to build a research center, which will allow scientists to have a place to stay and rest in this isolated village, close to the forest. In addition, we will start a reforestation project at the edge of the forest, very exciting in my opinion. Indeed, the issue of reforesting tropical forests is often debated but rarely effective in the field, especially because of seasonal bush fires. We hope to innovate and find a sustainable solution, allowing to plant various species of trees useful to both men and primates of the forest.   A word about the civil society… What do you think about its role in the ongoing struggle to protect African biodiversity and save some emblematic species, such as the chimpanzee Nigeria-Cameroon? The civil society is very important for the conservation of the environment and endangered species. It has proven its usefulness many times. A good example is ERuDEF, in South-West Cameroon, which has been the mastermind behind the creation process of the Tofala Hills Sanctuary, a Protected Area where Cross River gorillas (Gorilla gorilla diehli), critically endangered species, live, as well as Elliot Chimpanzees. Cameroon is fortunate to have an active civil society and it is an asset that the country should use wisely, especially for the protection of P. t. ellioti. With probably less than 6,000 individuals in the world, and probably no more than 4,000 in Cameroon, this subspecies of chimpanzees is a regional wealth that we must save. Unfortunately, Cameroon’s Ministry of Forests and Wildlife has too little budget to effectively protect biodiversity at the national level. Thus, who other than the civil societies, close to local communities who share their environment with chimpanzees, can work with them and promote this behavioral change that would give future generations a chance to freely observe their closest cousins in the nature. Plus d’informations – SEKAKOH’s website : https://sekakoh.org – Presentation of the project lead by SEKAKOH et SURUDEV

News from the field : Cameroon Marine Turtles Platform

On August 10th and 11th, 2018, was held in Ebodje, a small village on the Cameroonian coast, the second meeting of the « Cameroon Marine Turtle Platform ». With the support of the IUCN-PACO, through its Small-Scale Initiatives Program (PPI) now in its fifth phase, and the Network of Actors for the Conservation of Marine Turtles in Central Africa (RASTOMA), this platform constitutes an important institutional innovation throughout Cameroon, through its collaborative and integrated dimension. This consultation platform is made up of 4 Cameroonian NGOs all working on the issue of marine turtle protection in Cameroon (ACBM, AMMCO, KUDATUBE and TUBE AWU), most of them being or having been partners of the PPI. This newborn network aims to support collaboration between these actors, particularly with a view to harmonizing practices but also influencing public policies in terms of marine and coastal development, particularly through the production of a national marine turtle report at the end of each season of laying. Two biannual meetings are now scheduled, one before and one at the end of each season of laying. The next platform meeting is scheduled for April 2019. For more informations : alexandre.girard@rastoma.org

On the networks side: AGSAC

SECOND GENERAL ASSEMBLY ALLIANCE GSAC  – MOUKALABA DOUDOU NATIONAL PARK On June 6, 2018, the Third General Assembly (GA) of the Alliance for the Conservation of Great Apes in Central Africa (Alliance-GSAC) was held. Launched in 2016 with the support of the IUCN-PACO through the PPI and now legalized as an association in Cameroonian law, this collaborative dynamic between NGOs currently brings together 6 civil society organizations from 4 Congo Basin countries (Cameroon, Congo Brazzaville, Gabon, DRC). This network aims to strengthen the capacities of its members, as well as their political legitimacy at the sub-regional and international levels, while seeking to support the implementation of concrete actions on the ground. After a first constitutive GA held in Limbé (Cameroon) in October 2016, a second in the North of the Dja Biosphere Reserve (Cameroon), on the field site of the NGO member TF-RD, this third GA of the network was held in the Moukalaba Doudou National Park, in southern Gabon, on the intervention site of the NGO PROGRAM. This site is exceptional because of its high density of western lowland gorillas. The holding of the GA, whose organization was supported by the PPI-PACO, was the occasion to undertake a complete assessment of the activities of the past year and the partnership perspectives in progress. It also made it possible to discuss more strategic aspects such as the strategic plan of the network for the period 2018-2021, the ethical bases and criteria of good associative governance to be respected by the members of the network. A new board was also elected during the event. For more information : alliancegsac@gmail.com – Presentation of the project lead by AGSAC

Interview de Maximin Djondo, BEES

         Maximin, pouvez-vous nous présenter votre organisation et   nous    donner quelques informations sur ses principales réalisations ? BEES, qui veut dire Benin Environment and Education Society, est une ONG reconnue officiellement en 2009 et visant la mise en œuvre de programmes de développement local basés sur la valorisation durable de la biodiversité au Bénin. A cet effet, l’ONG a travaillé à la protection de la sous-espèce endémique du singe à ventre rouge (Cercopithecus erythrogaster) à travers la mise en place de circuits écotouristiques gérés par les communautés. Aussi, l’organisation développe un projet dit « Route des oiseaux du Bénin » qui vise la mise en place de circuits ornithologiques. Sur le plan sous régional, notre organisation œuvre à l’intégration de l’approche de l’adaptation basée sur les écosystèmes dans les politiques nationales de développement.   Votre organisation vient de bénéficier d’une subvention du PPI.5. Quels sont les objectifs visés par ce projet ? Le bas delta de l’Ouémé  ou le complexe « Grand Nokoué » du site RAMSAR 1018 est le plus important complexe humide du Bénin en termes de diversité biologique. Cependant, les pratiques peu durables d’exploitation des ressources naturelles par une population en croissance continue font planer un risque majeur sur l’intégrité du complexe et des services écologiques rendus. Le projet d’appui à la création de la Réserve Intercommunale du Grand Nokoué vise à renforcer la préservation de l’intégrité territoriale de la réserve. Ainsi, il est prévu la mise en place de dispositifs de gouvernance plus inclusifs et participatifs. Aussi, l’efficacité de la gestion de la réserve sera renforcée et l’offre écotouristique améliorée.   Selon vous, quels leviers devraient être actionnés pour favoriser un effet démultiplicateur des bonnes pratiques promues dans le cadre de vos interventions ? L’appropriation des acquis des projets par les communautés constitue une des clefs de la pérennisation et de la large diffusion des bonnes pratiques. Notre organisation travaille donc à faire des bénéficiaires de nos projets les acteurs des changements souhaités. Ces leaders ainsi promus seront en mesure de prendre en charge la formation des paires et la dissémination des solutions développées localement. Aussi, il est important que les organisations se dotent d’une stratégie de communication qui constitue un autre moyen efficace de promotion des résultats et de visibilité.   Quelles sont vos perspectives pour la pérennisation des acquis sur le terrain ? Le renforcement des capacités des acteurs impliqués dans le projet constitue une garantie d’autonomisation des acteurs mais aussi gage de pérennité. La possibilité de création d’emplois verts et de revenus additionnels constitue une excellente motivation susceptible de soutenir l’appropriation du projet par les bénéficiaires. De même, nous espérons lever des financements complémentaires pour traiter de manière intégrée la question de la conservation des ressources de la réserve. Plus d’informations – Site internet de BEES : https://bees-ong.org – La fiche de présentation du projet mené par BEES

Lancement de Zones Humides Educatives en Guadeloupe 

Le Pôle-relais zones humides tropicales, co-animé par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du Littoral, lance pour cette année scolaire, en partenariat avec le Rectorat de Guadeloupe, les premières Zones Humides Educatives (ZHE). Ce dispositif, qui s’inspire du modèle des Aires Marines Educatives (AME), est une démarche citoyenne mettant les élèves au coeur d’une réflexion collective sur la protection et la gestion des zones humides (mangroves, forêts marécageuses, marais, salines, lagunes, cours d’eau) autour d’un site à la surface adaptée, géré de manière participative par des élèves de primaire ou secondaire et leurs enseignants. Une classe pilote, les CM1 de l’école Hippolyte COCLES de Lasserre sur la commune de Morne-à-L’eau, avait testé le concept l’année passée sur le site de Gédéon-Bambou, une ancienne décharge réhabilitée. Sous la houlette de leur enseignante et directrice de l’école, Madame Madly Maximin, les élèves ont ainsi pu se rendre à plusieurs reprises sur le site pour des actions d’entretien et de nettoyage ainsi que d’aménagement, conçu un kit terrain (mètre, corde, kit qualité de l’eau etc.), réalisé une vidéo et une application « petits gestionnaires de ZHE », et présenté leur projet à d’autres établissements et lors d’évènements divers en 2017-2018. Leur projet de gestion s’est articulé autour de trois piliers : un pilier « connaissances » (réalisation de panneaux, poèmes et contes, travaux manuels, dessins et réalisation de fiches identité espèces) ; un pilier « vivre » (sorties terrains, initiations aux relevés scientifiques, jeux ludiques, logo), et un pilier « transmettre et gérer » (page Facebook, tenue de conseils, élaboration du plan de gestion, kit terrain). Ce mois de septembre, le flambeau a été transmis aux nouveaux CM1 de cette école. Mais le concept a fait émule, et cette année scolaire 2018-2019, ce sont 8 nouvelles ZHE qui verront le jour sur le territoire guadeloupéen : trois sur la communauté d’agglomération Cap Excellence regroupant les villes de Pointe à Pitre, Baie Mahault et Abymes, et cinq sur la Communauté d’Agglomération du Nord Grande Terre regroupant les communes de Morne à l’Eau, Petit Canal, Port Louis, Anse Bertrand, et le Moule. Pour répondre aux besoins grandissants exprimés par les classes de ces communes, le Pôle-relais zones humides tropicales a recruté un coordinateur pédagogique, Florian Iglesias, dont le rôle est d’appuyer les enseignants dans la mise en œuvre et la labellisation  de ces nouvelles ZHE. Florian les aide ainsi à définir le programme d’activités des élèves, intervient en classe avec l’enseignant(e), et développe et anime le réseau d’acteurs impliqués dans ces démarches sur le territoire. Les ZHE ont de belles années devant elles, car un nombre croissant d’écoles sont séduites par le concept et souhaitent faire partie de cette démarche ludique, innovante, et citoyenne.  Les ZHE, qui ont pour ambition de déclencher une prise de conscience chez les enfants et à terme, de faire évoluer les mentalités sur la perception des zones humides, ont vocation a être reproduites à plus vaste échelle, non seulement  sur le territoire guadeloupéen mais aussi sur les autres territoires ultramarins tropicaux sur lesquels le Pôle-relais intervient. Les zones humides tropicales des outre-mer sont d’extraordinaires réservoirs de biodiversité, aux valeurs environnementales mais aussi sociales, économiques et culturelles importantes qui sont particulièrement menacées par l’industrialisation, l’urbanisation, l’agriculture et les activités minières, qui entraînent leur dégradation et leur destruction. Le Pôle-relais zones humides tropicales est convaincu qu’obtenir l’adhésion de tous – en particulier les jeunes générations – sur la nécessité de conserver ces écosystèmes, par le biais d’outils pédagogiques originaux et ludiques, est le meilleur moyen de faire émerger une volonté d’agir.     Qu’est-ce qu’une ZHE ? Inspirée par la définition de Ramsar, une ZHE est une « zone comportant des terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée, saumâtre de façon permanente ou temporaire d’une superficie pédagogiquement adaptée, gérée de manière participative par les élèves et les enseignants d’une école primaire ou secondaire, suivants des principes définis par une charte. Elle constitue un projet pédagogique et éco-citoyen de connaissance et de protection du milieu humide par des jeunes publics. La classe est ainsi placée au cœur d’une dynamique territoriale faisant appel à l’expertise de l’école et de la commune concernée, mais aussi d’associations d’usagers ou de protection de l’environnement ».   Plus d’informations Intéressés par le concept des ZHE ? Contactez l’équipe du Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT) : Gaëlle Vandersarren, coordinatrice : gaelle.vandersarren@uicn.fr Florian Iglesias, coordinateur pédagogique : florian.iglesias@uicn.fr Retrouvez les travaux de l’UICN France dans les Outre-mer sur ce lien et ceux du PRZHT sur sa page dédiée

Besançon : Capitale française de la biodiversité 2018

La ville de Besançon, commune de 120 472 habitants de la région Bourgogne-Franche-Comté, est la nouvelle « Capitale française de la biodiversité » pour 2018 dont le thème était «Conception et gestion écologique des espaces de nature ». Le Comité français de l’UICN s’est une nouvelle fois associé à ce concours national qui récompense depuis 2010 les collectivités locales qui s’engagent dans la préservation de la biodiversité. L’édition 2018 a permis de mettre en avant les actions de communes et intercommunalités françaises en matière de conception écologique des espaces de nature (depuis la trame verte et bleue en passant par les plans paysages intégrant les fonctionnalités écologiques jusqu’à la restauration écologique et la création de nouveaux espaces de nature) et de gestion écologique, qu’il s’agisse d’espaces de nature ordinaire ou plus spécifique, espaces verts urbains tout autant que réserves naturelles. Besançon bénéficie de la proximité d’espace de nature, exceptionnels, aux portes de la ville historique qu’elle contribue à entretenir et à protéger mais aussi à connaitre. Grâce à une connaissance scientifique solide, elle peut orienter ses actions et aborder des questions émergentes en matière d’écologie urbaine (plan pour les pollinisateurs sauvages, gestion des espèces exotiques envahissantes, protection des espèces protégées ou menacées – Apron du Rhône, Lynx). Ces équipes gèrent 200 ha de parcs et espaces verts urbains, dont 12 sites labellisés Ecojardin. Elles développent notamment le semis et la plantation de végétaux locaux, des chantiers participatifs ainsi qu’un programme d’animation et d’éducation à la nature. La ville de Besançon recherche également à concilier préservation de la biodiversité et usages des espaces natures (production économique, déplacements, aménagement, prévention des risques, activités sportives ou culturelles…). Pour en savoir plus   Sept autres collectivités récompensées : Saint-Privat-de-Vallongue (230 habitants, Lozère), est désignée « Meilleur village pour la biodiversité 2018 ». Nouvelle catégorie de cette édition, ce village s’est distingué pour sa transition rapide vers le zéro pesticide et sa gestion écologique. Il fournit une illustration des bons résultats obtenus sur des territoires ruraux où se coordonnent les acteurs au travers de projet (atlas de la biodiversité associant habitants, écoles et partenaire ; dépollution lumineuse avec la réserve de ciel étoilé des Cévennes ; projet de voie verte sur l’ancienne voie ferrée). Pour en savoir plus Morne-à-l’Eau (17 407 habitants, Guadeloupe) est désignée « Meilleure petite ville pour la biodiversité 2018 ». Dotée d’un important patrimoine naturel, la commune a largement investi dans la connaissance de la biodiversité locale (inventaires, suivis, participation à des travaux de recherche) et a été pilote dans la mise en place d’une Zone humide éducative en partenariat avec le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales. Ce socle de connaissances ainsi qu’une tradition d’écoute et de participation des habitants et des agriculteurs ont permis la mise en place de travaux exemplaires de restauration écologique des milieux dégradés (plage verte de Babin, ancienne décharge de Gédéon Bambou). Pour en savoir plus Grande-Synthe (23 634 habitants, Nord), est désignée « Meilleure ville moyenne pour la biodiversité 2018 ». Première Capitale de la Biodiversité en 2010, la ville a poursuivi et renforcé ses actions de végétalisation et de gestion écologique de son territoire, marqué par la présence de l’industrie. Le site du Prédembourg a été classé Réserve naturelle régionale grâce au partenariat avec le Conservatoire d’espaces naturels du Nord-Pas-de-Calais. Atlas de la biodiversité communal et suivi participatif de la biodiversité par les agents communaux via les programmes de sciences participatives Propage, Spipoll et Sauvages de ma rue viennent compléter un important travail d’élévation du niveau de connaissance réalisé depuis 2010.  Pour en savoir plus La Métropole Rouen Normandie (489 428 habitants, Seine-Maritime) est désignée « Meilleure intercommunalité pour la biodiversité 2018 ». Distinguée en 2016 autour du thème « Sols et biodiversité », elle mène de nombreuses actions en matière de préservation, gestion et restauration écologique. Et ce en milieu agricole, forestier et en zones humides qu’en milieu urbain (parc linéaire Quai Rive Gauche et presqu’île Rollet, accompagnement des acteurs du territoire dans la démarche zéro pesticide et la gestion différenciée…). Des actions exemplaires qui sont organisées au sein d’un plan d’actions Biodiversité 2016-2020 qui inclut un plan pluriannuel de financement. Pour en savoir plus   Cette année, un prix coup de cœur a été attribué : Saint-Rémy (en Comté) (600 habitants, Bourgogne-Franche-Comté) s’est vue attribuer un prix« Coup de cœur » par le comité scientifique et technique 2018 qui a apprécié la grande quantité d’actions mise en œuvre au regard de la taille de la commune, avec le concours de jeunes en service civique : atlas de la biodiversité communale, création de haies, de vergers conservatoires, aménagement d’un réseau de mares. Pour en savoir plus Un prix régional en Ile-de-France a été décerné : Bonnelles (1 979 habitants, Yvelines) est distinguée par le « Prix régional Île-de-France 2018 » décerné par l’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France (ARB îdF), pour sa politique de longue date de préservation de son patrimoine naturel dont la création de la Réserve naturelle régionale des Étangs de Bonnelles est emblématique. La commune a su s’appuyer sur des acteurs locaux (PNR Haute Vallée, associations) pour mettre en place un plan de gestion communal, un plan d’éclairage nocturne adapté, passer au zéro pesticide, végétaliser les trottoirs avec les habitants, assurer une gestion intégrée de l’eau. Pour en savoir plus Un prix régional en Sud-PACA a été décerné : Avignon (92 130 habitants, Vaucluse) reçoit le trophée de « Capitale régionale de la biodiversité 2018 » décerné par l’Agence régionale pour l’Environnement et l’écodéveloppement Provence-Alpes-Côte d’Azur (ARPE). La commune anime un atlas de la biodiversité communale, n’utilise plus aucun produit phytosanitaire dangereux pour l’environnement et consacre une part importante de son budget aux initiatives citoyennes, dont les actions de végétalisation de la ville. La désimperméablisation et la végétalisation des anciens parkings au pied des remparts sont un exemple réussi de transformation et d’amélioration paysagère en site historique classé. Pour en savoir plus Plus d’informations – Gilles Lecuir, Agence régionale de la Biodiversité en Île-de-France – gilles.lecuir@iau-idf.fr –  tél. 06 09 69 00 61 – Aurore Micand, Plante & Cité –  aurore.micand@plante-et-cite.fr  –  tél. 02 22 06 41 27 – Anne Lambert, Agence française pour la biodiversité  –  anne.lambert@afbiodiversite.fr  –  tél. 04 67 10 76 68 – Les travaux de l’UICN France sur les collectivités et la biodiversité

Un nouveau site Internet sur les espèces exotiques envahissantes en outre-mer

L’initiative de l’UICN France sur les espèces exotiques envahissantes en outre-mer se dote d’un nouveau site Internet ! Conçu comme un véritable portail d’informations, il s’adresse à tous les acteurs concernés et impliqués dans la prévention et la gestion des invasions biologiques. Les espèces exotiques envahissantes sont l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité en outre-mer. Ces territoires sont souvent confrontés aux mêmes espèces problématiques et partagent des enjeux communs. Alors que l’ampleur de la problématique des espèces invasives est croissante, le partage et la mise à disposition des connaissances scientifiques, des outils techniques et réglementaires et des pratiques de gestion sont de plus en plus essentiels. A travers ses différentes rubriques, ce nouveau site Internet permet d’accéder à des informations générales sur les enjeux, à des actualités régulières dans chacune des collectivités et à de nombreux documents comme les stratégies de lutte élaborées localement, les textes de réglementation applicables, des outils de sensibilisation ou des guides pratiques pour favoriser la gestion. Développée avec l’appui du réseau de l’initiative, une base de données permet de rechercher des informations sur près de 700 espèces introduites. Une autre base permet quant à elle de consulter la bibliographie disponible parmi plus de 600 références. Mise en oeuvre depuis maintenant 13 ans, l’initiative de l’UICN France mobilise un réseau de plus de 80 experts et personnes ressources avec l’appui de points focaux dans chacune des collectivités ultra-marines, pour renforcer la prévention et développer les réponses face aux impacts écologiques, économiques et sanitaires des invasions biologiques. Pour découvrir le site internet de l’initiative : www.especes-envahissantes-outremer.fr