Quelles Solutions fondées sur la Nature en Méditerranée ?

L’atelier international sur la « mise en œuvre des Solutions fondées sur la Nature pour lutter contre le changement climatique – focus sur la région méditerranéenne » a rassemblé du 22 au 24 janvier 2019 à Marseille plus d’une centaine de participants intéressés par l’utilisation et la diffusion de ces solutions. Organisé conjointement par le Plan Bleu, le Centre de coopération de l’UICN pour la Méditerranée, le Comité français de l’UICN, le Conservatoire du Littoral, la Tour du Valat, MedWet et Wetlands International, cet événement a réuni les chercheurs, gestionnaires d’espaces naturels, décideurs, collectivités locales, société civile et ONG de la région méditerranéenne et de l’Union européenne afin de partager les défis et leviers pour la dissémination des Solutions fondées sur la Nature dans les territoires. Les Solutions fondées sur la Nature sont définies comme des actions de protection, de gestion durable et de restauration permettant de répondre à la fois aux enjeux de l’atténuation et l’adaptation au changement climatique et de la conservation de la biodiversité. Si, en France, ces solutions sont intégrées au nouveau Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC 2) ainsi que dans le Plan Climat et le Plan Biodiversité, elles sont encore peu identifiées parmi le panel des réponses possibles face au changement climatique dans le monde. Cet atelier visait en premier lieu à partager les meilleures pratiques européennes et méditerranéennes en termes de Solutions fondées sur la Nature afin sensibiliser les décideurs politiques à l’importance de la restauration, la gestion durable et la préservation des écosystèmes pour une adaptation efficace au changement climatique. Il était également l’occasion d’inciter à de nouvelles collaborations en faveur de la mise en œuvre de ces solutions en Europe et dans tout le bassin méditerranéen. Les conclusions de cet atelier viendront alimenter les réflexions nationales, européennes et internationales sur les Solutions fondées sur la Nature en particulier dans la perspective du Congrès mondial de la nature qui se tiendra en 2020 à Marseille.   Un policy brief de l’atelier sera publié en février 2019   Plus d’informations – Les Solutions fondées sur la Nature – Le Communiqué de presse annonçant l’évènement – Consulter le site web du Plan Bleu – Contacts UICN France : Pauline Teillac-Deschamps, Chargée de Programme « Ecosystèmes », pauline.teillac-deschamps@uicn.fr et Justine Delangue, Chargée de mission « Services écologiques’ », justine.delangue@uicn.fr bandeau photo © N. Poulet

Un cinquième des forêts méditerranéennes françaises est menacé

Le Comité français de l’UICN a évalué la vulnérabilité des forêts méditerranéennes de France métropolitaine dans le cadre de « La Liste rouge des écosystèmes en France ». Cette étude dresse un bilan objectif pour les 19 écosystèmes forestiers caractéristiques de cette région. Présentation des résultats 4 de ces 19 écosystèmes (soit 1/5ème) sont menacés en France, évalués Vulnérables ou En danger. Les principales menaces qui pèsent sur ces écosystèmes sont l’introduction d’espèces non indigènes ou de pathogènes pour deux écosystèmes de pinèdes méditerranéennes, et les changements de pratiques sylvicoles pour les forêts de Chêne-liège et les châtaigneraies. Cette étude souligne également la forte sensibilité de 7 écosystèmes forestiers méditerranéens à distribution restreinte qui sont classés « Quasi-menacés », en raison notamment de l’urbanisation du territoire et des impacts du changement climatique à travers l’aridification du climat méditerranéen et l’intensification des régimes d’incendies.  Enfin un important manque de connaissances n’a pas permis d’évaluer la quasi-totalité des forêts riveraines méditerranéennes (classées en Données insuffisantes) bien qu’elles aient probablement fortement régressé. La Liste rouge des écosystèmes de l’UICN La Liste rouge des écosystèmes de l’UICN permet, selon un standard mondial, d’évaluer les menaces pesant sur la biodiversité à l’échelle des écosystèmes. Elle propose pour cela une méthodologie qui introduit le concept de risque d’effondrement d’un écosystème, analogue à celui de risque d’extinction d’une espèce, avec différents critères et les seuils quantitatifs, permettant de caractériser de ce risque. Cette Liste rouge vient ainsi s’inscrire en complément de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN pour apporter des connaissances plus complètes sur l’état de la biodiversité. En plus d’identifier les écosystèmes menacés, la Liste rouge des écosystèmes permet de connaître et de décrire l’ensemble des processus qui les affectent. Ces résultats facilitent la mise en place d’actions et la prise de conscience politique et sociétale face à l’importance des enjeux de conservation de la biodiversité, à l’échelle des écosystèmes. L’élaboration de la Liste rouge des écosystèmes en France est pilotée par le Comité français de l’UICN. Les évaluations sur les forêts méditerranéennes métropolitaines ont été réalisées en partenariat avec le Muséum national d’Histoire naturelle, et en collaboration avec les Conservatoires botaniques et l’expertise de plusieurs membres et des experts du réseau de l’UICN France. >> Retour à la Liste rouge des écosystèmes en France DOCUMENTS JOINTS • Communiqué de presse (décembre 2018) • Publication : UICN France, 2018. La Liste Rouge des Écosystèmes en France – Chapitre Forêts méditerranéennes de France métropolitaine. Paris, France. CONTACT Pauline Teillac-Deschamps, Chargée du programme « Ecosystèmes » Aurélien Carré, Chargé de mission « Liste rouge des écosystèmes »

Lancement du Comité France Océan

Le Ministre de la Transition écologique et solidaire a officiellement installé lundi 10 décembre le Comité France Océan (CFO), en présence du Secrétaire général de la mer et des organisations de protection de l’environnement marin, dont le Comité français de l’UICN. Présidé par le ministère de la transition écologique et solidaire, le Comité France Océan est composé de représentants des principales organisations non-gouvernementales de protection de l’environnement marin, des administrations en charge de la mer et de la gestion de ses ressources, des grands établissements publics de recherche mobilisés sur le sujet et de personnalités qualifiées. Face à la montée des enjeux liés à la protection de l’environnement marin (changement climatique, érosion de la biodiversité, développement de l’économie bleue, négociations internationales sur la haute-mer, etc.), ce groupe a pour vocation de renforcer le dialogue et de construire des propositions concertées et concrètes. Celles-ci viendront alimenter les travaux du Conseil national de la mer et des littoraux et du Comité national de la biodiversité ainsi que ceux du Congrès mondial de la nature qui se tiendra en 2020 à Marseille. Le principe de la mise en place de ce groupe de concertation sur l’environnement marin avec les acteurs de la société civile avait été acté lors du Comité interministériel de la mer du 15 novembre 2018. Le Comité France Océan se réunira tout particulièrement pour apporter des réflexions et des recommandations sur la problématique des déchets marins, la préservation de la biodiversité marine et les enjeux liés à l’artificialisation. Une cinquantaine de représentants  d’ONG, d’établissements et de services publics étaient réunis pour cette installation, partageant ensemble l’urgence à agir. Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN, est intervenu aux côtés du WWF France pour présenter les enjeux biodiversité liés au milieu marin. François de Rugy, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, a déclaré : « Cette instance est nécessaire pour créer les conditions d’un dialogue à la hauteur des défis environnementaux et permettre une mise en œuvre effective des politiques de protection des milieux marins. Elle s’inscrit dans le cadre de la gouvernance de la politique maritime intégrée qui a été mise en place suite au Grenelle de la mer. Une gouvernance qui rassemble les acteurs économiques, sociaux et de l’environnent, mais aussi élus et services publics. Un grand évènement célébrant les 10 ans de ce Grenelle sera d’ailleurs organisé en 2019 pour dresser le bilan de nos actions et dresser les perspectives de celles des 10 années à venir». Plus d’informations – Le Programme Ecosystèmes de l’UICN France Source : Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire

Concours Quarry Life Award : les lauréats français dévoilés

Le concours international Quarry Life award, organisé par HeildelbergCement, récompense les chercheurs, associations, étudiants, scolaires et citoyens qui mettent en œuvre des actions novatrices en faveur de la biodiversité sur ses carrières. Le Comité de l’UICN est partenaire des filiales françaises d’HeildebergCement, Ciments Calcia et GSM, depuis 11 ans. Il a contribué à l’organisation du concours et soutenu les projets, au côté des équipes de Ciments Calcia et de GSM. Le 14 novembre, le Jury national composé de représentants de l’entreprise et de personnalités externes (Agence française pour la biodiversité, Muséum national d’Histoire naturelle, association Entreprises pour l’Environnement et UNICEM), a décerné les prix du concours français.   Catégorie recherche : 1er prix : étude des papillons nocturnes sur une carrière calcaire – Marek Banasiak & Raphaël Bourigault 2eme prix : restauration d’un chenal en faveur d’espèces piscicoles, le Brochet et la Loche d’étang – Sébastien Cormont, Fédération de la Meuse pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique 3eme prix : aménagement d’un cours d’eau et création d’une frayère à brochets – Anne Brangeon et David Bouché, Syndicat Mixte des Vallées du Clain Sud     Catégorie initiatives sociétales : 1er prix : espace pédagogique et initiation à l’observation naturaliste – Marion Parisot, association ROSELIERE 2ème prix : sciences participatives pour les écoliers – Patrick Lapouyade, CPIE Médoc 3ème Prix : la biodiversité des carrières en bande dessinée – Virginie Leenknegt, Conservatoire d’espaces naturels d’Aquitaine       Les actions engagées par les porteurs de projets et les dynamiques créées avec les équipes de Ciments Calcia et GSM se poursuivront après le concours.   Ces six projets participent également au concours à l’international. Les prix internationaux seront décernés lors de la cérémonie du 5 décembre.   POUR PLUS D’INFORMATIONS – Communiqué de presse d’HeidelbergCement France – Précédents articles sur le concours – Blog des porteurs de projets – Page du partenariat UICN France/ Ciments Calcia-GSM

L’UICN France s’inquiète du projet de piste «supermotard» qui menace une zone humide en Guadeloupe

Un projet de piste dédié à la pratique des sports mécaniques (motos, karting..) menace directement une zone humide en Guadeloupe. Le projet, en gestation depuis 10 ans, se construit depuis 2016 sans que les procédures réglementaires soient achevées. L’UICN France souligne l’absence d’étude d’impact environnemental sur ce projet, et demande à ce qu’une enquête publique soit menée, dans le respect des procédures requises légalement pour ce type de projets.   L’origine du projet Ce projet de circuit moto date de 2008, lorsque la Ville de Baie-Mahault avait organisé des « Etats généraux de la jeunesse » dont était ressortie l’idée d’un « lieu dédié à la pratique des sports mécaniques, en toute légalité et sécurité ». Une zone humide en partie dégradée (mais en voie de cicatrisation) au milieu de la mangrove, à proximité du pont de la Gabarre, près de la Rivière Salée, avait été privilégiée pour ce circuit (voir images ci-dessous). L’accord de principe de l’Etat sur cet emplacement avait été donné par le Préfet dès 2012, à condition que l’emprise du projet ne dépasse pas 2 hectares et s’implante « sur la partie la plus dégradée du site». Le projet a évolué, ses ambitions revues à la baisse pour éviter l’épreuve de l’enquête publique, et les travaux de défrichage ont démarré dès 2016 (voir image aérienne de droite ci-dessous). Cependant la demande de concession sur le Domaine Public Maritime (DPM) de 30 ans n’a été déposée qu’en 2017, malgré un avis « très défavorable » du Conseil scientifique du Parc National de Guadeloupe, et le dossier complet en juillet 2018.   Un chantier en pleine zone humide, à l’emprise mal appréhendée Pour qu’un projet de telle ampleur puisse se construire en DPM, la loi exige de prouver qu’il répond à un service public nécessitant la proximité de la mer (loi pour les concessions sur le DPM, article L.2124-2 du CG3P) – ce qui n’est a priori pas le cas pour un circuit moto. D’autre part, ce type de projet doit comporter au titre de la loi sur l’eau « une analyse des avantages liés à l’aménagement de la zone humide au regard des dommages prévisibles et de l’absence de solutions alternatives dans des zones voisines », analyse qui n’a pas été faite ici alors que d’autres sites, aux enjeux écologiques moindres, auraient pu être étudiés. Enfin, le projet est incompatible avec les documents de planification territoriale, développés par la Région, que sont le Schéma d’Aménagement Régional (SAR) et son chapitre valant Schéma de Mise en Valeur de la Mer (SMVM), qui classent le site comme « espace naturel à forte protection ». Malgré ceci, en mars dernier (et donc après que les travaux de remblaiement aient déjà démarré) la DEAL a publié un arrêté dispensant le projet de réaliser une étude d’impact, considérant que « le projet n’est pas susceptible d’entraîner des impacts notables sur l’environnement », alors qu’il engendrera inévitablement des dommages conséquents sur un site à valeur écologique importante. Lorsque l’on se penche sur les détails du dossier, de nombreuses contradictions apparaissent : le projet, pourtant présenté comme accueillant des manifestations d’envergure nationale, ne prévoit ni voie d’accès, ni parking, ni de bâtiments type hangar, tribune, ou espaces de restauration. L’emprise réelle du projet une fois finalisé sera donc possiblement le double de ce qui est affiché dans le dossier du projet, et ce au sein d’une zone humide, inondable, parmi les plus emblématiques de Guadeloupe, à proximité immédiate d’un espace remarquable du littoral, au sein de l’aire maritime adjacente du Parc National de Guadeloupe et de la Réserve de Biosphère. Ce site est aussi l’un des derniers couloirs écologiques entre la Grande-Terre et la Basse-Terre, habitat important pour nombre d’espèces d’oiseaux protégées dont le Pic de la Guadeloupe (Melanerpes herminieri, localement nommé « toto bwa »), un oiseau endémique et classé Quasi menacé sur la Liste rouge des espèces menacées en France. Le projet, dont l’impact sonore (estimé entre 95 à 102 décibels) causera de profonds dérangements à la faune alentour, perturbera pendant la phase de construction, comme pendant la phase d’utilisation, certaines espèces migratrices comme les parulines, ainsi qu’un nombre important d’espèces protégées de mammifères comme les chauves-souris, de végétaux et de reptiles, tels que le Sphérodactyle bizarre (Sphaerodactylus fantasticus) et l’Anolis (Anolis marmoratus) qui ont été observées sur le site.               Les recommandations du Comité français de l’UICN Le Comité français de l’UICN demande à ce que la Région Guadeloupe étudie la possibilité de construire ce circuit sur un site alternatif, aux enjeux environnementaux moindres. Si le choix du site est maintenu, il demande qu’une étude d’impact environnemental complète soit menée au regard des enjeux écologiques cités plus haut. Le dossier dans son intégralité doit être rendu disponible lors d’une enquête publique, nécessaire aux titres de la Loi du l’eau et de la convention d’utilisation du DPM, afin de permettre à tous de prendre officiellement connaissance du projet, et de pouvoir exprimer son point de vue. Le Comité français de l’UICN rappelle que la France se doit d’être exemplaire sur la gestion de zones humides sensibles et particulièrement en outre-mer, où elles rendent des services écosystémiques essentiels dans un contexte d’élévation du niveau de la mer et d’intensification des cyclones. Une convention internationale, ratifiée par la France, défend leur préservation. Les zones humides ne doivent pas être considérées comme des réserves foncières pour des projets d’intérêt public discutables et qui dans tous les cas, ne nécessitent pas d’être localisés en zone littorale. Le terrain concerné ici, qui relève du domaine public de l’Etat, est certes en partie dégradé mais il pourrait être intégralement restauré. A quelques centaines de mètres de là seulement, de nombreuses actions de restauration et de sensibilisation à l’importance des zones humides sont entreprises (zone humide de Jarry notamment), et il est contradictoire que l’Etat puisse investir dans ces projets de restauration et autoriser dans le même temps la dégradation d’une autre zone humide, sans suivre les procédures usuelles d’autorisation de projets

Revue Billebaude : « Affronter la sixième extinction »

A partir du constat alarmant de l’extinction des espèces, le dernier numéro de la revue Billebaude, réalisé en partenariat avec le Comité français de l’UICN, explore les enjeux de la crise du vivant et envisage de nouvelles façons de penser nos relations à la nature et d’affronter la sixième extinction. Pour croiser différents regards et interroger la crise écologique, cet opus réunit des spécialistes de la conservation de la nature, des artistes et des chercheurs en écologie et en sciences humaines. Il propose des histoires de conservation en France, sur l’ours, les papillons ou la réintroduction du vautour fauve par exemple, des récits d’extinction comme celle des escargots d’Hawaï, une réflexion sur les promesses évolutives d’une éponge de mer, ou des explorations artistiques et des entretiens sur les grands défis de la conservation. Quels sont les enjeux de la Liste rouge des espèces menacées ? Comment retisser des liens et une sensibilité à la biodiversité qui nous entoure ? Comment repenser nos relations au vivant et affronter la 6ème extinction ? Au fil des pages, alors que les données scientifiques sur la crise de la biodiversité sonnent l’alerte, les contributeurs apportent des clés pour comprendre les enjeux et ouvrent des chemins pour renouer avec le vivant et affronter la 6ème extinction. Billebaude est une revue d’exploration et de réflexion, située au croisement de la recherche, des arts graphiques et du terrain, éditée par la Fondation François Sommer et les Editions Glénat, disponible en librairie.   Plus d’informations – La revue Billebaude – Acheter en ligne le numéro 13 « Affronter la sixième extinction » – La Liste rouge mondiale des espèces menacées – La Liste rouge des espèces menacées en France Bandeau © Détail d’une oeuvre de Brandon Ballengée

Liste rouge : le rorqual commun et le gorille des montagnes en voie de récupération

Les efforts de conservation apportent un nouvel espoir pour le rorqual commun et le gorille de montagne, selon la dernière mise à jour de la Liste Rouge de l’UICN des espèces menacées publiée aujourd’hui. Le rorqual commun a bénéficié des interdictions de chasse à la baleine et passe de la catégorie « En Danger » à la catégorie « Vulnérable », tandis que la sous-espèce de gorille des montagnes passe de « En Danger Critique » à « En Danger » grâce aux efforts concertés de conservation. La mise à jour de la Liste Rouge de l’UICN publiée le 14 novembre révèle également que la surpêche provoque un déclin des espèces de poissons dans certaines parties du monde en voie de développement, 13% des espèces mondiales de mérous et 9% des poissons du lac Malawi étant ainsi menacés d’extinction. La surexploitation menace également le Vène (Pterocarpus erinaceus), source importante de bois, qui fait son entrée dans la Liste Rouge de l’UICN dans la catégorie « En Danger ». La Liste Rouge de l’UICN couvre maintenant 96 951 espèces dont 26 840 sont menacées d’extinction. « Cette nouvelle mise à jour de la Liste Rouge de l’UICN illustre la portée des actions de conservation, à travers les améliorations de statut constatées pour le rorqual commun et le gorille des montagnes », selon Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Ces succès de conservation sont la preuve que les efforts ambitieux et concertés des gouvernements, des entreprises et de la société civile peuvent inverser la tendance de la perte d’espèces. Malheureusement, cette dernière mise à jour illustre également comment les menaces à la biodiversité continuent de freiner les avancées vers certains des objectifs les plus importants de la société, comme la sécurité alimentaire. Il est urgent de voir les mesures de conservation efficaces renforcées et soutenues. Le sommet de l’ONU sur la biodiversité qui se tient actuellement en Égypte constitue une occasion précieuse pour une action décisive pour protéger la diversité de la vie sur notre planète ».   Augmentation des effectifs de baleines Autrefois « En Danger », le rorqual commun (Balaenoptera physalus) est désormais considéré comme « Vulnérable », la population mondiale de l’espèce ayant presque doublé depuis les années 1970. Cette augmentation fait suite aux interdictions internationales de chasse commerciale à la baleine dans le Pacifique Nord et dans l’hémisphère Sud, en vigueur depuis 1976, ainsi qu’à des réductions importantes des captures dans l’Atlantique Nord depuis 1990. Le statut de la sous-population occidentale de baleines grises (Eschrichtius robustus) s’est également amélioré, passant de « En Danger Critique » à « En Danger ». Ces deux espèces de baleines étaient historiquement menacées par la surexploitation de leur graisse, de leur huile et de leur viande. « Les populations de rorquals communs et de baleines grises occidentales ont été gravement réduites par la chasse, et c’est un grand soulagement de voir enfin leurs effectifs repartir à la hausse. Ces baleines se rétablissent en grande partie grâce aux interdictions de chasse commerciale, aux accords internationaux et à diverses mesures de protection. Les efforts de conservation doivent continuer jusqu’à ce que les populations ne soient plus menacées », indique Randall Reeves, Président du groupe de spécialistes des cétacés de la CSE de l’UICN. « Ces exemples de gouvernements, industries et société civile agissant de concert pour la conservation devraient inspirer les Parties réunies en Égypte, cette semaine, pour la conférence de la Convention sur la diversité biologique ». La protection presque complète des rorquals communs sur l’ensemble de leur aire de répartition a permis à la population mondiale d’atteindre environ 100 000 individus matures. Les baleines grises occidentales sont protégées de la chasse à la baleine dans presque tous les États de leur aire de répartition depuis 1980, mais ce n’est que récemment que l’on a clairement constaté une augmentation de leur nombre dans le Pacifique occidental, en particulier au large de l’île de Sakhalin, en Russie. La différence entre les effets des mesures de conservation et la détection du rétablissement des populations de baleines est en partie due au faible taux de reproduction de ces animaux. Cinq États de l’aire de répartition de la baleine grise occidentale (le Japon, la Fédération de Russie, la République de Corée, les États-Unis et le Mexique) ont signé un mémorandum de coopération concernant les mesures de conservation des populations de cette espèce. L’activité industrielle, y compris l’exploitation pétrolière et gazière et la pêche commerciale, représente également une menace potentielle pour les baleines grises. Depuis 2004, un groupe de scientifiques indépendants dirigé par l’UICN conseille Sakhalin Energy, l’une des plus grandes sociétés opérant en offshore dans l’Extrême-Orient russe, sur comment gérer les impacts potentiels de ses activités sur les baleines.   Un espoir pour le gorille des montagnes Cette mise à jour de la Liste Rouge de l’UICN apporte également un espoir concernant le gorille des montagnes (Gorilla beringei beringei), dont le statut de conservation s’est amélioré de « En Danger Critique » à « En danger » grâce aux efforts de conservation concertés, par-delà les frontières nationales, et à l’engagement positif des communautés vivant autour de l’habitat des gorilles. Le gorille des montagnes est l’une des deux sous-espèces de gorille oriental (Gorilla beringei). Celui-ci reste « En Danger Critique ». Des mesures conséquentes de conservation, y compris des patrouilles anti-braconnage et des interventions vétérinaires in-situ telles que l’élimination des pièges, ont contribué à la croissance des populations de gorilles des montagnes depuis leur précédente évaluation par la Liste Rouge de l’UICN, en 2008. Alors que les populations de gorilles des montagne n’étaient estimées qu’à environ 680 individus en 2008, les estimations de 2018 montrent qu’elles sont passées à plus de 1 000 individus, chiffre le plus élevé jamais enregistré pour la sous-espèce. La croissance des populations a été confirmée par des méthodes de comptage coordonnées et améliorées. L’habitat des gorilles des montagnes est limité à des aires protégées couvrant environ 792 Km2 dans deux régions de la République démocratique du Congo, du Rwanda et de l’Ouganda: le

Biodiversité et changement climatique

L’escalade des effets du changement climatique sur les espèces Une publication scientifique réalisée par 18 experts de l’UICN a évalué la vulnérabilité des espèces face aux changements climatiques et indique que le temps est compté pour la survie de nombreuses espèces. La publication fournit également des conseils sur la réalisation d’évaluations rigoureuses, qui prennent en compte les différentes façons dont le changement climatique peut devenir une menace pour les espèces. Ces travaux contribueront à mieux intégrer les menaces liées aux changements climatiques dans la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. « Avec des espèces dans le monde de plus en plus touchées par le changement climatique, nous avons un besoin urgent de moyens fiables pour mesurer leur vulnérabilité – ce n’est qu’alors que nous pourrons identifier les plus menacées », affirme Wendy Foden, l’auteure principale et présidente du Groupe de spécialistes sur les changement climatiques de la Commission de Sauvegarde des espèces de l’UICN. « Les effets des changements climatiques sur les espèces varient considérablement ; ce document fournit des conseils pratiques sur la façon de mesurer leur vulnérabilité globale de manière précise et comparable, depuis celles vivant dans la toundra jusqu’à celles des forêts équatoriales. Comprendre ce qui rend les espèces vulnérables garantit que les efforts de conservation sont aussi ciblés et efficaces que possible. » Les effets du changement climatique sur les espèces vont de la hausse du niveau de la mer à la destruction des habitats jusqu’aux variations dans la disponibilité des ressources alimentaires, comme c’est le cas pour de nombreux oiseaux marins. Les auteurs soulignent que les évaluations devraient déterminer toutes les pressions auxquelles les plantes, les animaux et les champignons font face à cause du changement climatique, puis choisir les méthodes et données d’évaluation appropriées. Il existe de plus en plus de preuves sur les probabilités d’extinction des espèces due au changement climatique, avec la première disparition documentée du Rat à queue mosaïque de Bramble Cay (Melomys rubicola), enregistrée en 2016. Les changements climatiques anthropiques affectent déjà les espèces dans la plupart des latitudes et dans la plupart des types d’habitats naturels, y compris les récifs coralliens, les forêts, la toundra, les déserts, les prairies et les zones humides. Le changement climatique est une menace pour près d’un cinquième des espèces menacées de la Liste rouge de l’UICN. « Les sociétés du monde entier ont besoin d’écosystèmes sains et fonctionnels pour soutenir la vie humaine », affirme Sandeep Sengupta, Coordinateur mondial sur les changements climatiques de l’UICN. « Le changement climatique transforme de plus en plus les systèmes naturels du monde, et nous devons être en mesure de prédire avec précision comment cela se produira pour se préparer aux conséquences. Des évaluations approfondies sur la vulnérabilité au changement climatique sont essentielles pour que nous soyons aussi préparés que possible face aux changements spectaculaires prévus. » Selon le rapport, à ce jour, les évaluations sur la vulnérabilité au changement climatique ont eu tendance à négliger les espèces qui ont de petites répartitions, comme de nombreux amphibiens subsahariens, et à sous-estimer les risques pour celles qui déclinent en nombre ou en répartition. Les auteurs avertissent que cela est particulièrement préoccupant, car ces espèces sont aussi davantage exposées à un plus grand risque d’extinction. Les auteurs ont apporté leur expertise sur les six continents, pour la plupart des écosystèmes, des océans aux déserts, et à une large gamme d’espèces, de mammifères aux plantes et aux insectes. Les orientations qu’ils présentent reposent sur un consensus élaboré au moyen du document « Lignes directrices de la Commission de sauvegarde des espèces pour évaluer la vulnérabilité des espèces face au changement climatique.«  L’article scientifique intitulé « Évaluation de la vulnérabilité des espèces face aux changements climatiques » a été publié dans la revue WIREs Climate Change.   Le GIEC alerte de son côté sur les conséquences d’un réchauffement des températures au-delà de 1,5°C L’accord de Paris sur le Climat, adopté en décembre 2015 lors de la COP21, prévoit de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. A la demande des pays les plus vulnérables, comme les nations insulaires menacées de submersion par la montée des océans, a été ajoutée la nécessité de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5°C. Les Etats ont alors commandé au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) un rapport spécial sur « les impacts d’un réchauffement global de 1,5 °C et les trajectoires d’émissions mondiales de gaz à effet de serre associées ». Ce rapport de 400 pages, établi par près d’une centaine d’auteurs de 40 pays sur la base de plus de 6 000 études scientifiques, donne lieu à un « résumé à l’intention des décideurs » d’une vingtaine de pages, destiné à éclairer les gouvernements. Il les alertent sur les conséquences d’un réchauffement au-delà de 1,5°C. Vagues de chaleur, extinctions d’espèces, déstabilisation des calottes polaires, montée des océans sur le long terme… Toute augmentation des températures au-delà de 1,5 °C aggraverait ces impacts sur l’environnement. Pour les experts, limiter la hausse à 1,5 °C passe par une réduction massive des émissions de CO2 de 45 % d’ici 2030 et la réalisation d’une « neutralité carbone » en 2050.   Le WWF a aussi étudié l’impact du changement climatique sur la biodiversité au coeur des écorégions prioritaires Une récente étude du WWF, conduite en partenariat avec des experts du Tyndall Centre for Climate Change de l’Université d’East Anglia, modélise les conséquences du réchauffement climatique sur la biodiversité de 35 écorégions selon trois scénarios : un réchauffement à +2°C, un autre à +3,2°C et enfin un scénario à +4,5°C. Dans ce dernier scénario, la moitié des espèces qui peuplent actuellement les écorégions sont menacées d’extinction. Dans le scénario de +2°C, cette perte de biodiversité serait divisée par deux. La biodiversité a une valeur intrinsèque, et la perte de la vie sauvage au sein des aires naturelles les plus exceptionnelles de la planète nous appauvrissent tous. Au-delà des répercussions évidentes aux niveaux économique et social, nous nous exposons à de profonds changements impactant des écosystèmes fournissant des

Lancement de Zones Humides Educatives en Guadeloupe 

Le Pôle-relais zones humides tropicales, co-animé par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du Littoral, lance pour cette année scolaire, en partenariat avec le Rectorat de Guadeloupe, les premières Zones Humides Educatives (ZHE). Ce dispositif, qui s’inspire du modèle des Aires Marines Educatives (AME), est une démarche citoyenne mettant les élèves au coeur d’une réflexion collective sur la protection et la gestion des zones humides (mangroves, forêts marécageuses, marais, salines, lagunes, cours d’eau) autour d’un site à la surface adaptée, géré de manière participative par des élèves de primaire ou secondaire et leurs enseignants. Une classe pilote, les CM1 de l’école Hippolyte COCLES de Lasserre sur la commune de Morne-à-L’eau, avait testé le concept l’année passée sur le site de Gédéon-Bambou, une ancienne décharge réhabilitée. Sous la houlette de leur enseignante et directrice de l’école, Madame Madly Maximin, les élèves ont ainsi pu se rendre à plusieurs reprises sur le site pour des actions d’entretien et de nettoyage ainsi que d’aménagement, conçu un kit terrain (mètre, corde, kit qualité de l’eau etc.), réalisé une vidéo et une application « petits gestionnaires de ZHE », et présenté leur projet à d’autres établissements et lors d’évènements divers en 2017-2018. Leur projet de gestion s’est articulé autour de trois piliers : un pilier « connaissances » (réalisation de panneaux, poèmes et contes, travaux manuels, dessins et réalisation de fiches identité espèces) ; un pilier « vivre » (sorties terrains, initiations aux relevés scientifiques, jeux ludiques, logo), et un pilier « transmettre et gérer » (page Facebook, tenue de conseils, élaboration du plan de gestion, kit terrain). Ce mois de septembre, le flambeau a été transmis aux nouveaux CM1 de cette école. Mais le concept a fait émule, et cette année scolaire 2018-2019, ce sont 8 nouvelles ZHE qui verront le jour sur le territoire guadeloupéen : trois sur la communauté d’agglomération Cap Excellence regroupant les villes de Pointe à Pitre, Baie Mahault et Abymes, et cinq sur la Communauté d’Agglomération du Nord Grande Terre regroupant les communes de Morne à l’Eau, Petit Canal, Port Louis, Anse Bertrand, et le Moule. Pour répondre aux besoins grandissants exprimés par les classes de ces communes, le Pôle-relais zones humides tropicales a recruté un coordinateur pédagogique, Florian Iglesias, dont le rôle est d’appuyer les enseignants dans la mise en œuvre et la labellisation  de ces nouvelles ZHE. Florian les aide ainsi à définir le programme d’activités des élèves, intervient en classe avec l’enseignant(e), et développe et anime le réseau d’acteurs impliqués dans ces démarches sur le territoire. Les ZHE ont de belles années devant elles, car un nombre croissant d’écoles sont séduites par le concept et souhaitent faire partie de cette démarche ludique, innovante, et citoyenne.  Les ZHE, qui ont pour ambition de déclencher une prise de conscience chez les enfants et à terme, de faire évoluer les mentalités sur la perception des zones humides, ont vocation a être reproduites à plus vaste échelle, non seulement  sur le territoire guadeloupéen mais aussi sur les autres territoires ultramarins tropicaux sur lesquels le Pôle-relais intervient. Les zones humides tropicales des outre-mer sont d’extraordinaires réservoirs de biodiversité, aux valeurs environnementales mais aussi sociales, économiques et culturelles importantes qui sont particulièrement menacées par l’industrialisation, l’urbanisation, l’agriculture et les activités minières, qui entraînent leur dégradation et leur destruction. Le Pôle-relais zones humides tropicales est convaincu qu’obtenir l’adhésion de tous – en particulier les jeunes générations – sur la nécessité de conserver ces écosystèmes, par le biais d’outils pédagogiques originaux et ludiques, est le meilleur moyen de faire émerger une volonté d’agir.     Qu’est-ce qu’une ZHE ? Inspirée par la définition de Ramsar, une ZHE est une « zone comportant des terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée, saumâtre de façon permanente ou temporaire d’une superficie pédagogiquement adaptée, gérée de manière participative par les élèves et les enseignants d’une école primaire ou secondaire, suivants des principes définis par une charte. Elle constitue un projet pédagogique et éco-citoyen de connaissance et de protection du milieu humide par des jeunes publics. La classe est ainsi placée au cœur d’une dynamique territoriale faisant appel à l’expertise de l’école et de la commune concernée, mais aussi d’associations d’usagers ou de protection de l’environnement ».   Plus d’informations Intéressés par le concept des ZHE ? Contactez l’équipe du Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT) : Gaëlle Vandersarren, coordinatrice : gaelle.vandersarren@uicn.fr Florian Iglesias, coordinateur pédagogique : florian.iglesias@uicn.fr Retrouvez les travaux de l’UICN France dans les Outre-mer sur ce lien et ceux du PRZHT sur sa page dédiée

Besançon : Capitale française de la biodiversité 2018

La ville de Besançon, commune de 120 472 habitants de la région Bourgogne-Franche-Comté, est la nouvelle « Capitale française de la biodiversité » pour 2018 dont le thème était «Conception et gestion écologique des espaces de nature ». Le Comité français de l’UICN s’est une nouvelle fois associé à ce concours national qui récompense depuis 2010 les collectivités locales qui s’engagent dans la préservation de la biodiversité. L’édition 2018 a permis de mettre en avant les actions de communes et intercommunalités françaises en matière de conception écologique des espaces de nature (depuis la trame verte et bleue en passant par les plans paysages intégrant les fonctionnalités écologiques jusqu’à la restauration écologique et la création de nouveaux espaces de nature) et de gestion écologique, qu’il s’agisse d’espaces de nature ordinaire ou plus spécifique, espaces verts urbains tout autant que réserves naturelles. Besançon bénéficie de la proximité d’espace de nature, exceptionnels, aux portes de la ville historique qu’elle contribue à entretenir et à protéger mais aussi à connaitre. Grâce à une connaissance scientifique solide, elle peut orienter ses actions et aborder des questions émergentes en matière d’écologie urbaine (plan pour les pollinisateurs sauvages, gestion des espèces exotiques envahissantes, protection des espèces protégées ou menacées – Apron du Rhône, Lynx). Ces équipes gèrent 200 ha de parcs et espaces verts urbains, dont 12 sites labellisés Ecojardin. Elles développent notamment le semis et la plantation de végétaux locaux, des chantiers participatifs ainsi qu’un programme d’animation et d’éducation à la nature. La ville de Besançon recherche également à concilier préservation de la biodiversité et usages des espaces natures (production économique, déplacements, aménagement, prévention des risques, activités sportives ou culturelles…). Pour en savoir plus   Sept autres collectivités récompensées : Saint-Privat-de-Vallongue (230 habitants, Lozère), est désignée « Meilleur village pour la biodiversité 2018 ». Nouvelle catégorie de cette édition, ce village s’est distingué pour sa transition rapide vers le zéro pesticide et sa gestion écologique. Il fournit une illustration des bons résultats obtenus sur des territoires ruraux où se coordonnent les acteurs au travers de projet (atlas de la biodiversité associant habitants, écoles et partenaire ; dépollution lumineuse avec la réserve de ciel étoilé des Cévennes ; projet de voie verte sur l’ancienne voie ferrée). Pour en savoir plus Morne-à-l’Eau (17 407 habitants, Guadeloupe) est désignée « Meilleure petite ville pour la biodiversité 2018 ». Dotée d’un important patrimoine naturel, la commune a largement investi dans la connaissance de la biodiversité locale (inventaires, suivis, participation à des travaux de recherche) et a été pilote dans la mise en place d’une Zone humide éducative en partenariat avec le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales. Ce socle de connaissances ainsi qu’une tradition d’écoute et de participation des habitants et des agriculteurs ont permis la mise en place de travaux exemplaires de restauration écologique des milieux dégradés (plage verte de Babin, ancienne décharge de Gédéon Bambou). Pour en savoir plus Grande-Synthe (23 634 habitants, Nord), est désignée « Meilleure ville moyenne pour la biodiversité 2018 ». Première Capitale de la Biodiversité en 2010, la ville a poursuivi et renforcé ses actions de végétalisation et de gestion écologique de son territoire, marqué par la présence de l’industrie. Le site du Prédembourg a été classé Réserve naturelle régionale grâce au partenariat avec le Conservatoire d’espaces naturels du Nord-Pas-de-Calais. Atlas de la biodiversité communal et suivi participatif de la biodiversité par les agents communaux via les programmes de sciences participatives Propage, Spipoll et Sauvages de ma rue viennent compléter un important travail d’élévation du niveau de connaissance réalisé depuis 2010.  Pour en savoir plus La Métropole Rouen Normandie (489 428 habitants, Seine-Maritime) est désignée « Meilleure intercommunalité pour la biodiversité 2018 ». Distinguée en 2016 autour du thème « Sols et biodiversité », elle mène de nombreuses actions en matière de préservation, gestion et restauration écologique. Et ce en milieu agricole, forestier et en zones humides qu’en milieu urbain (parc linéaire Quai Rive Gauche et presqu’île Rollet, accompagnement des acteurs du territoire dans la démarche zéro pesticide et la gestion différenciée…). Des actions exemplaires qui sont organisées au sein d’un plan d’actions Biodiversité 2016-2020 qui inclut un plan pluriannuel de financement. Pour en savoir plus   Cette année, un prix coup de cœur a été attribué : Saint-Rémy (en Comté) (600 habitants, Bourgogne-Franche-Comté) s’est vue attribuer un prix« Coup de cœur » par le comité scientifique et technique 2018 qui a apprécié la grande quantité d’actions mise en œuvre au regard de la taille de la commune, avec le concours de jeunes en service civique : atlas de la biodiversité communale, création de haies, de vergers conservatoires, aménagement d’un réseau de mares. Pour en savoir plus Un prix régional en Ile-de-France a été décerné : Bonnelles (1 979 habitants, Yvelines) est distinguée par le « Prix régional Île-de-France 2018 » décerné par l’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France (ARB îdF), pour sa politique de longue date de préservation de son patrimoine naturel dont la création de la Réserve naturelle régionale des Étangs de Bonnelles est emblématique. La commune a su s’appuyer sur des acteurs locaux (PNR Haute Vallée, associations) pour mettre en place un plan de gestion communal, un plan d’éclairage nocturne adapté, passer au zéro pesticide, végétaliser les trottoirs avec les habitants, assurer une gestion intégrée de l’eau. Pour en savoir plus Un prix régional en Sud-PACA a été décerné : Avignon (92 130 habitants, Vaucluse) reçoit le trophée de « Capitale régionale de la biodiversité 2018 » décerné par l’Agence régionale pour l’Environnement et l’écodéveloppement Provence-Alpes-Côte d’Azur (ARPE). La commune anime un atlas de la biodiversité communale, n’utilise plus aucun produit phytosanitaire dangereux pour l’environnement et consacre une part importante de son budget aux initiatives citoyennes, dont les actions de végétalisation de la ville. La désimperméablisation et la végétalisation des anciens parkings au pied des remparts sont un exemple réussi de transformation et d’amélioration paysagère en site historique classé. Pour en savoir plus Plus d’informations – Gilles Lecuir, Agence régionale de la Biodiversité en Île-de-France – gilles.lecuir@iau-idf.fr –  tél. 06 09 69 00 61 – Aurore Micand, Plante & Cité –  aurore.micand@plante-et-cite.fr  –  tél. 02 22 06 41 27 – Anne Lambert, Agence française pour la biodiversité  –  anne.lambert@afbiodiversite.fr  –  tél. 04 67 10 76 68 – Les travaux de l’UICN France sur les collectivités et la biodiversité